Merci encore pour tout vos messages!

Ils reconfortent et m'encouragent, j'espère que vous aimerez :s

Bonne lecture.


Les jours passent mais ne se ressemblent pas. Chaque journée apporte son lot de découvertes, de surprises. Notre complicité grandit et notre vie prend doucement forme. Rachel vient d'entrer à l'école après un long briefing de House sur notre nouvelle identité. J'ignore comment il a réussi à lui expliquer tout ça mais ma fille ne semble pas le moins du monde perturbée par cette histoire. Quant à nous, nous avons décidé de nous accorder du temps. Du temps pour vivre, simplement.

Après avoir révisé quelques bases, me voilà secrétaire médicale au dispensaire de la ville. House croit que je m'y ennuie, que je mérite mieux mais j'aime cet endroit. Je reprends peu à peu contact avec le monde hospitalier et renoue avec les responsabilités. Les gens qui travaillent à mes côtés sont plutôt gentils mais je me sens toujours un peu différente. C'est assez perturbant de ne pas avoir de souvenir à évoquer.

De son côté, House a décidé de jouer du piano. J'ai découvert avec délice ses talents de musiciens et il joue le soir dans différents bars du coin. Je sais pertinemment que cette situation ne le comble pas vraiment. Il est en manque de mystère, de pouvoir. Ce rôle d'homme aimable l'étouffe parfois mais il ne dit rien, ne se plaint jamais.

Notre relation est toujours aussi complexe. Les sentiments sont bien là mais il est difficile de définir la véritable nature de nos rapports. Il n'assume pas vraiment. Je peux l'approcher et le cajoler autant que j'en ai envie mais il ne fait jamais un geste vers moi.

Un regard.

Un sourire.

Je n'ai pas le droit d'avoir plus. Jack et Kate sont mariés, nous ressemblons à deux adolescents : l'un bien décidé, l'autre toujours en proie aux doutes… Tout ça va changer.

Comme tous les soirs je le retrouve au salon après avoir couché Rachel. Comme tous les soirs il me fait une place à ses côtés et nous regardons des émissions toujours plus stupides à la télévision. Au fond, je crois que j'adore ça. Il est désormais temps d'aller se coucher et je reprends ma place habituelle, bien calée contre lui. Il passe toujours un bras sous ma nuque, caresse mon épaule pour m'aider à m'endormir. C'est sans doute le seul geste intime qu'il se permet.

Ce soir, je décide de tenter un nouveau coup. Je prends l'air et la voix les plus neutres possible avant de prononcer ces quelques mots.

« Un des médecins du dispensaire compte m'inviter à déjeuner. »

La réponse ne se fait pas attendre, House n'est pas du genre à se laisser faire.

« Et tu as su ça en lisant l'avenir dans des feuilles de thé ?

- Plutôt en suivant ton enseignement avec attention…

- Mouais dit plutôt que t'écoutes aux portes! Trop primitif pour moi. »

Sa bêtise me fait rire. Je me tourne un peu plus vers lui et laisse ma main se balader sur son t-shirt.

« T'es sûre de ton coup ?

- Pourquoi ? Tu crois que personne ne voudrait m'inviter ?

- Je crois plutôt que ton alliance est suffisamment voyante pour qu'on ne s'y risque pas. »

Il plonge ses magnifiques yeux bleus dans les miens avant de m'offrir une grimace à laquelle je réponds immédiatement. J'embrasse ensuite son épaule et reste un moment lovée dans ses bras. A mon grand désespoir, House ne réagit pas: il est temps de prendre les choses en main.

Je m'allonge sur le ventre tout en prenant appuie sur mes coudes. Il a fermé les yeux et croisé les bras derrière sa tête.

« J'aimerais qu'on aille diner tous les deux.

- Nous y voilà.

- On sort toujours tous les trois, pas une fois on s'est accordé une sortie en tête à tête. »

Son sourie satisfait s'estompe et il me détaille longuement avant de détourner les yeux.

« C'est plus facile quand la gamine est là.

- Vraiment ?

- Tu as un énorme avantage : tu ne te souviens pas. Moi quand je te dis non, je sais ce que je rate. »

Nos regards se croisent et je ne peux m'empêcher de sourire. Un rire un peu nerveux franchit mes lèvres, la gêne se mêle à la fierté lorsque j'entends ces quelques mots. Après tout il a raison, autant resté léger.

« Je n'ai dérapé qu'une fois ! C'est pas comme si c'était récurrent…

- Tu m'avais quasiment agressé !

- Une fois House !

- Mouais. Et c'est le hasard si tu dors à moitié nue dans mon lit ?»

Faussement agacée, j'attrape mon oreiller et l'abats sans scrupule sur son visage. Il s'en saisit en souriant, le glisse derrière sa nuque avant de se réinstaller. Ses yeux pétillent. D'un regard il me défie de recommencer. Je me contente de lui sourire et de reprendre ma place contre lui, appuyant désormais ma tête sur son torse. Un bras m'entoure avec douceur.

« Je crois que c'est important qu'on passe du temps ensemble House. »

J'attends mais il ne réagit toujours pas. Ce n'est pas le moment d'abandonner.

« Au fond, on est quand même un couple. Un couple d'abstinents mais un couple quand même…enfin je crois, j'aimerais.»

Ma voix est plus tremblante que je ne l'aurai souhaité. Je reste un bref instant contre lui avant d'oser affronter son regard.

« On est ensemble ? »

Je déteste ce visage impassible qu'il arrive à afficher, ces yeux qui ne laissent rien paraitre si ce n'est une profonde réflexion. Je suspends ma respiration, guettant le moindre signe.

« Si tu ne prononce plus jamais ce mot oui.

- Abstinent ?

- Chut ! »

Il me fait croire qu'il m'ignore pendant quelques secondes avant de m'adresser un clin d'œil des plus craquants. Je respire à nouveau, soulagée… presque euphorique. Malgré mon immense sourire mes yeux s'embrument un peu sous le coup de l'émotion et je préfère cacher mon visage dans son t-shirt. House en a pourtant décidé autrement.

« Tu es à moi. »

Des bras puissants m'attrapent avec force et m'attirent contre lui.

Une main dans mes cheveux.

Des lèvres sur mon front.

Un rire franc qui nous échappe.

Lui aussi parait soulagé, il m'observe avec tendresse avant de relâcher son étreinte.

« Et ton toubib devrait le savoir! On ne drague pas les femmes mariées. »

Je souris contre lui avant de me tourner de l'autre côté.

« Qui a dit que je refuserais ? »

- Voyez vous ça, t'espères une crise de jalousie en plus ?

- Non, simplement si je refuse il va croire que j'ai peur de lui céder et continuera à me tourner autour. »

House rumine quelques mots dans son coin, visiblement agacé par cette remarque. Tout est parfait.

« Logique de bonne femme »

C'est à mon tour de râler.

« Mais encore ?

- Si tu dis oui, n'importe quel homme comprendra « je suis intéressée ».

- Durant les trente premières secondes peut-être. Il changera vite d'avis en m'entendant parler de mon fabuleux mari. Et puis on ne parle à personne ici, c'est mauvais pour notre couverture. »

D'un geste House me fait rouler sur le dos, se redresse et place son visage juste au dessus du mien. Deux regards s'affrontent, la confrontation est intense mais aucun des deux ne cèdent.

« Je trouverai ce que tu manigances. Ce n'est pas juste une histoire puérile de jalousie.

- Je ne manigance rien.

- T'as toujours été aussi manipulatrice que moi. Je trouverai.

- Bonne nuit. »

Innocemment je le repousse un peu et m'installe comme toujours dans ses bras, les yeux clos.

« Tu me balances que tu vas accepter une tête à tête avec un homme qui t'allume et tu te couches contre moi pour dormir ?

- Oui. »

Cette fois ma voix n'a pas tremblé. House semble ravi de la tournure des évènements et ne se prive pas pour en rajouter.

« Mais qui m'a laissé une bonne femme pareille ? »

Je souris mais ne réponds pas, il est temps de dormir et surtout de le laisser réfléchir. House remet mon oreiller à sa place et glisse un bras dans mon dos. Alors que je me laisse doucement happer par le sommeil, je sens ses doigts qui jouent distraitement avec le bas de mon T-shirt. Je me concentre un moment sur ce geste inattendu et découvre avec délice la chaleur de sa main qui se fraye un chemin sous le tissu. Un frisson me traverse et il s'arrête aussitôt. Sans retirer sa main il s'approche de mon oreille et murmure alors un simple « bonne nuit ».

Cette manigance est décidément une franche réussite.

TBC