Et voilà un nouveau chapitre ! Je serais peut-être un peu plus longue ces temps: ci je n'écris pas tous les chapitres dans l'ordre. ^^

Encore merci pour tout vos commentaires, j'en reviens toujours pas de tant d'encouragements !

Bonne lecture.


Je soulève difficilement mes paupières encore lourdes, chatouillée par les rayons du soleil qui passent à travers les rideaux. Il est là, m'observant avec des yeux d'une douceur incroyable. J'embrasse alors son épaule et referme les yeux en me blottissant un peu plus contre lui. Nous restons encore quelques minutes sans rien dire, savourant simplement la présence de l'autre.

« Hey.

- Déjà réveillé ?

- Yep, surement parce que j'ai bien dormi.

- Tant mieux. »

Il glisse un baiser sur mon front et attrape ma main.

« Merci.

- Tu l'as déjà dit hier.

- Merci d'avoir été sage. »

J'ouvre à nouveau les yeux, surprise de cette précision. Je sais que cette situation est difficile pour lui mais j'ai souvent tendance à l'oublier : lui aussi souffre parfois. Je pose sur House un regard des plus tendres et me cale entre ses bras.

« Je ne te rends pas la vie facile tous les jours…

-C'est ce qui fait qu'on se voit encore vingt cinq ans après notre rencontre. »

Vingt cinq ans et je me souviens difficilement d'une année.

J'ai peu de souvenir et pourtant j'ai l'impression de le connaitre depuis toujours, de lire en lui comme il lit en moi. Sentant mon trouble, il caresse distraitement ma joue. Il est temps de tout lui dire.

« J'ai déjeuné avec McKay hier…

- Non c'est vrai ?

- Parce que je l'avais invité. »

House cesse toute caresse et se redresse sur le lit, interloqué. Il reste quelques secondes les yeux dans le vide, réfléchissant à toute vitesse. Son regard s'assombrit.

« Mais enfin pourquoi t'as fait ça ? »

Je savais qu'il serait en colère, il reste désormais à lui expliquer sans l'énerver davantage. Je me demande déjà dans quoi je me suis embarquée lorsqu'il me secoue.

« Cuddy !

-Une place de médecins s'est libérée au dispensaire. Je voulais voir s'il était prêt à te la donner malgré le fait que tu n'exerces plus. »

Les mots étaient sortis à une vitesse folle, comme s'ils me brulaient. Il ne répond pas et semble toujours aussi contrarié. Je m'installe à ses côtés et reprends d'une voix hésitante. La partie s'annonce plus difficile que prévue.

« Il m'a laissé deux jours pour t'en parler, après il embauchera un autre médecin »

Il se tait toujours, ne me regarde pas et se lève brusquement.

« Des consultations toute la journée ? Tu délires Cuddy.

- C'est pas ce qu'il y a de plus excitant mais je sais que tu t'ennuies, je voulais te laisser le choix.

- Si j'avais voulu soigné des nez bouchés je me serai débrouillé, j'ai pas besoin que tu reprennes tes sales habitudes.

- Quelles sales habitudes ?

- Celle de te vendre pour avoir ce que tu veux ! »

Il quitte la chambre sans le moindre regard et part s'exiler sur la terrasse, furieux. Je le laisse faire, incapable de réagir face à ces propos. Me vendre… je ne comprends pas ce qu'il a voulu dire. Je crois que je ne veux pas comprendre.

Je décide cependant de prendre sur moi et d'attendre quelques minutes avant de le rejoindre. Je ne me suis pas encore assise qu'il s'emporte déjà.

« Tu crois que tu me connais par cœur mais c'est pas le cas Cuddy ! Tu sais pourquoi ? Parce que tu as oublié ! »

Une fois de plus le coup est rude, efficace. Je baisse la tête et hésite à répondre de peur de l'énerver davantage. Seuls quelques mots m'échappent dans un murmure.

« Je te connais bien.

- C'est ce que tu as envie de croire.

- Je voulais juste t'aider House !

- Tu veux m'aider ? Retrouve cette foutue mémoire ! »

Il fuit de nouveau et s'enferme dans la chambre quelques instants avant d'en ressortir, habillé et prêt à partir. La panique me gagne.

« Où vas –tu ? »

Pas un regard.

Pas un mot.

Une porte claque.

La voiture démarre et je reste seule dans le salon, complètement déboussolée par les récents évènements. Je savais qu'il serait agacé par mon petit mensonge mais je n'aurais jamais imaginé que cela tournerait au règlement de compte. Ses mots résonnent encore dans ma tête et je me laisse tomber sur le sol en proie à un désespoir profond. Je vais le perdre, je vais le perdre pour une bêtise. Mon cœur se serre à cette idée et je peine soudainement à respirer. Les larmes dévalent silencieusement mes joues et je ne parviens même pas à me relever. La peur surpasse le chagrin…


Me tapez pas ^^