n'ayant pas encore péri sous les coups je vous poste la suite ;-)
Bonne lecture !
Je suis toujours assise par terre en pyjama quand la porte d'entrée s'ouvre brusquement. Rachel arrive en courant et vient se blottir contre moi. Sans trop comprendre ce qui m'arrive, je resserre mes bras autour d'elle et glisse ma tête dans ses cheveux aux parfums fruités.
« Microbe vas donc ranger tes affaires tu veux. »
Sa voix est douce mais son regard est toujours aussi sombre. Rachel court vers lui pour récupérer son petit sac à dos et se dirige sagement vers sa chambre.
Il m'observe sans bouger, sans flancher et je sens déjà les larmes rouler sur ma peau. Sans savoir pourquoi je me lève et me jette contre lui, m'accrochant à ses épaules de toutes mes forces. Je pleurniche comme une enfant dans ses bras, incapable de formuler une pensée cohérente.
« J'ai eu si peur… j'ai eu si peur House. »
Il ne bouge pas, ne me touche pas mais me laisse faire, complètement impassible.
« Je suis désolée, je suis tellement désolée si tu savais. »
Enfin il réagit et je le sens remuer. Ses mains saisissent mes bras et il me repousse brusquement.
« Non mais tu te rends compte de ce que tu fais ? »
Je le regarde sans comprendre, comme si j'avais perdu la capacité de réfléchir.
« Après ce que je t'ai dit tu devrais me foutre dehors et exiger des excuses ! Pas me sauter dans les bras et implorer mon pardon.»
Les larmes s'estompent peu à peu mais je reste muette, bouleversée par cette histoire. Devant mon air perdu, il pousse un profond soupir avant de refermer ses bras autour de moi. Mes mains agrippent fermement sa chemise et je cache mon visage contre son épaule, priant tous les dieux pour qu'il ne s'éloigne pas.
« Tu ne dois jamais me laisser te parler comme ça. Peu importe que tu te sentes coupable ou non. Tu ne dois jamais tolérer ça.
- Je sais.
- Alors pourquoi t'as rien dit ?
- J'avais trop peur que tu t'en ailles.»
J'ai parlé si doucement que je me demande un instant s'il a pu m'entendre. Ses bras se resserrent encore autour de moi : il ressent ma détresse. Lentement il caresse mes cheveux en pagaille et me rassure sans bruit.
« Il faut qu'on parle House.
- Quand on sera calmé.
- Non. Maintenant. Tu ne diras pas les choses comme tu les penses sinon, pas après m'avoir vu craquer comme ça. »
Il me repousse un peu pour plonger ses yeux dans les miens. Je soutiens son regard, sûre de ma décision.
« Viens.»
D'un geste il m'entraine sur le canapé et attends sagement que je cesse définitivement de pleurer. Malgré la peine, je me décide à l'interroger.
« Pourquoi tu as dit que je me vendais ? »
Il soupire, visiblement gêné.
« Tu te laissais draguer par les donateurs de l'hôpital. Ça m'a toujours exaspéré.
- Je faisais ça quand j'étais avec toi ?
- Non, du moins je ne l'ai jamais vu. Ça n'empêche que tu mérites mieux que d'être écoutée parce que ton décolleté est plongeant. »
Les choses s'éclairent un peu. Cependant je sens que le malaise est plus profond. Sans trop réfléchir, je me risque à lui parler franchement.
« Tu m'en veux parce que j'ai perdu la mémoire. »
Il me regarde et esquisse un rictus avant de répondre.
« Non, je suis énervé parce que tu ne veux pas la retrouver. »
Je baisse la tête, coupable. Je pensais naïvement pouvoir lui dissimuler mes arrière-pensées. Une fois de plus je me trompais.
« J'ai peur.
-Je croyais que tout ce que j'avais pu faire n'avait aucune importance ? »
Son ton se veut ironique mais je sens que j'ai éveillé son intérêt.
« Ce n'est pas ce que tu as pu faire qui m'effraie ».
Je glisse une main dans mes cheveux, essayant vainement de contenir ma nervosité.
« C'est ce que j'ai fait »
House me dévisage, visiblement surpris. Je poursuis sans oser croiser son regard.
«J'ai peur de ce que j'étais, de ce que j'ai pu dire, de ce que j'ai pu faire. J'ai peur de découvrir que ma vie n'avait aucun sens. Comment savoir si j'étais quelqu'un de bien ? Si je n'ai pas gâché des années entières ? »
- Tu as toujours été une fille bien Lisa.
- Tu as dit toi-même qu'on avait radicalement changé de vie ! Aujourd'hui je suis heureuse, vraiment heureuse. Si ma vie était à l'opposée de celle qu'on a je ne vois pas comment….
- C'est pas comparable. En ce moment tu vis dans une bulle. Tu sais comme moi que ça ne peut pas durer. »
Au fond il a raison. House passe un bras autour de mes épaules et me laisse me blottir contre son torse. Ses doigts effleurent doucement ma peau tandis qu'il niche son visage dans mes cheveux.
« J'aime cette bulle.
-Je sais. »
Evidemment qu'il le sait, il me connait par cœur.
« Tu dois te souvenir Lisa, tu dois savoir qui tu es. On pourrait revoir ta sœur, s'opposer à la mise sous tutelle, retrouver notre liberté et faire tout ce qu'on veut.
- Tu retrouveras ton travail.
- Bon sang Cuddy je me contrefiche de ce boulot ! »
Je me souviens pourtant du lien étrange qu'il entretenait avec son travail, de cette obsession pour les mystères.
« Je croyais que c'était ce que tu avais de plus cher…
-Ça l'était. Avant que je réalise qu'il y avait autre chose et que cette chose passerait toujours avant. »
Je me redresse et croise son regard inquiet. Une image me revient soudain en mémoire et mon sourire le rassure vite.
« Tu m'as déjà dit ça je crois.
-J'étais complètement saoul, ça ne compte pas! »
Je ris de sa bêtise et l'enlace tendrement. Il resserre sa prise autour de moi et glisse lentement ses lèvres dans mon cou. Un baiser, un autre et il s'attaque déjà à mon épaule. Je bascule la tête en arrière et m'abandonne à ses baisers toujours plus sensuels. En quelques secondes je me retrouve étendue sur le canapé, House allongé sur moi. Il continue son manège un moment avant de s'arrêter brusquement.
« C'est comme ça qu'on réglait nos problèmes… n'est ce pas ?
- Tu te souviens toujours quand tu vas mal, c'est quand même fou.
- Tu n'as pas répondu. »
Il m'adresse un sourire penaud avant de se relever et déjà je m'en veux d'avoir ouvert la bouche.
« Souvent.
-Tu as peut-être eu raison de nous imposer cette distance alors. »
Il me sourit avant d'embrasser mon front. Je glisse mes doigts dans ses cheveux grisonnants et le caresse un long moment.
« Distance, distance tu parles. T'as jamais été aussi souvent dans mes bras. »
House se relève finalement et pars en boitant vers la cuisine.
« Je le ferrais House.
- Fais le pour toi.
- Je le ferrais pour les raison que j'ai choisies.
- Tête de mule. »
Amusée, je le rejoints aussitôt. La journée ne sera peut-être pas si mauvaise.
TBC
