HUNGER GAMES : La vengeance des sacrifiés !

Notes d'auteurs :

En premier lieu, je remercie encore et toujours mes bétas : Ljay et MarsJovial2312.

L'univers de Hunger Games appartient bien sur à Suzanne Collins, ce n'est malheureusement qu'un emprunt de ma part, ainsi que certains personnages.

Chapitre 3 : Le grand frère amoureux :

Je regarde les rayons du magasin d'un air désabusé. Aujourd'hui ne sera pas une meilleure journée qu'hier. Pourtant à cette période, les années précédentes, « Le chant de Panem » comptait le double de sa clientèle.

Je soupire en recoiffant mes cheveux à l'aide d'un peigne. On sent la peur du quartier face à la Moisson qui se profile comme une punition de la part des districts.

Ça fait maintenant quatre ans que je suis rentré dans cette boutique avec l'idée de devenir vendeur. Je viens en dehors des heures de cours, j'aime aider les clients et l'ambiance qu'il règne ici.

Je range les articles dans les rayons, quand une silhouette svelte me saute dessus.

-Pâris ! s'exclame Allison avec sa voix chantante.

La jeune Spider est une charmante jeune fille et, dans une autre situation, j'aurais pu en tomber amoureux. Parfois je regrette que ce ne soit pas le cas. Tout aurait été si simple ainsi.

Ses ravissantes petites oreilles blanches de lapin lui confèrent un air attendrissant qui donne envie de la protéger et avec ses yeux en amande et sa bouche en cœur, elle doit faire chavirer le cœur de beaucoup de jeunes au Capitole. Pourtant, il me semble qu'ils ne l'intéressent pas.

Oui. Dans une autre situation, nous aurions pu être ensemble. Mais mon cœur appartient déjà à quelqu'un d'autre. Je songe à mon amour, ma princesse, ma petite Hélène. Comme j'aimerais qu'on puisse être ensemble.

Un bruit derrière moi me signale une autre présence. C'est son jumeau, ce cher Mike. Il est presque un frère pour moi. Ses yeux, semblables à ceux de sa sœur, brillent en nous regardant. Ses oreilles de félin et sa longue queue de renard, bougeant au rythme de la musique qui passe à la radio du magasin, font comprendre sa joie en ce jour de fête.

Notre patron, Jason Kerlee, leur a laissé leur journée pour qu'ils puissent fêter dignement leurs quinze ans. Ce soir, nous célébreront leurs anniversaires tous ensemble. Ça sera peut-être la dernière fois car nous sommes tous éligibles pour la Moisson.

Je sais que nous avons cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et que, peut-être, l'un de nous irait dans l'arène. Mais, je ne peux m'empêcher de croire que la chance sera avec nous.

Les jumeaux, après les dernières directives pour ce soir, me laissent seul dans la boutique.

Je n'ai que deux clientes dans les heures qui suivent, des vieilles dames qui, n'ayant pas d'enfants, ne se laissent pas dominer par la peur de ce qui arrivera demain matin.

Je jette un œil sur ma montre et comprends qu'il est l'heure de rentrer manger; mère et Hélène m'attendent.

Je me rends au bureau de monsieur Kerlee pour lui rendre les clés du magasin qui sera fermé cette après-midi.

Le vieil homme m'ouvre la porte avec un faible sourire. Ça n'est pas un bon présage. Il me fait rentrer dans la pièce où se trouve un bureau en bois et deux chaises tapissée de lin.

Il est une personne un peu simple mais son sourire me donne des frissons. Monsieur Kerlee n'a souri de cette façon que trois fois dans sa vie. La première fois, il l'avait adressé au boulanger quand son fils était tombé malade. Celui-ci n'a pas survécu à l'hiver.

La deuxième fois, ce fut juste avant le départ de mon père pour le district Huit. Il voulait récupérer une étoffe en soie pour mon Hélène qui allait fêter ses dix ans. Il n'en est jamais revenu, une révolte ayant éclaté dans le district. Lui, et les cinq autres personnes qui l'accompagnaient, furent tués par les rebelles

Voilà trois ans que notre père nous a quitté. Je n'oublierai jamais ce sourire triste sur le visage de mon mentor quand il l'a regardé mon père partir.

La dernière fois qu'il l'a eu, ce fut juste avant la dernière expiation. Celle qui lia le destin du Capitole et amena ces derniers hunger games.

C'est pour cela que son étrange sourire me stresse, j'ai peur de comprendre sa signification.

Je reviens à la réalité en sentant ses bras m'enlacer et des larmes tomber sur mes épaules.

-Vous serez ensemble pour l'éternité, dit-il dans un murmure à peine audible.

Puis il me fit signe de partir, sans un autre mot. Je m'exécute en réfléchissant à ses paroles.

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Auguste m'attend devant l'entrée. J'ai oublié que ma mère l'a invité.

J'ai connu le jeune Darkell dès l'enfance, nos pères étaient amis et nous ont élevés ensemble. Mon ami étant mannequin, il ne passe pas inaperçu. Ses cheveux coiffés de façon « bad boy » sont noirs avec des mèches bleutées, sa peau bronzée laisse apercevoir les multiples changements qu'il a opéré sur son corps. Parmi celles-ci, il y a ses canines pointues et les écailles sur ses bras. Il m'a parlé aussi, un jour, d'un tatouage mouvant qu'il s'était fait faire à son anniversaire.

Mon ami est un être à part et avec une personnalité déconcertante.

-Pâris, je t'attends depuis près d'une heure, tu sais ?

Peu enclin à croire ses divagations, je levai un sourcil perplexe qu'il remarque et d'adoucit aussitôt :

-D'accord même pas une demi-heure, consent-il. Mais tu sais que je déteste attendre ! J'ai eu ta mère au téléphone. Je lui ai dit qu'on allait manger « chez Renée » pour décompresser avant la moisson de demain ! J'ai un truc à te faire voir, j'espère que ça ne t'ennuie pas ?

J'hésite entre l'étriper ou passer sur lui une crise de nerfs. Il m'empêche de voir ma princesse. Je lui lance un regard noir qui le fait rire.

-Ne t'inquiète pas ! Tu la verras ce soir ta petite sœur chérie ! taquine-t-il.

Vous avez bien entendu, Hélène est ma sœur. Enfin, elle n'est pas ma sœur de sang ! Ça serai glauque quand même, quoi que cette situation l'est un petit peu.

Il faut savoir que j'ai été adopté, nourrisson, par les Shayne qui n'arrivaient pas à avoir d'enfants. Etrangement, Hélène naquit deux ans plus tard et elle était un ravissant bébé.

Je l'ai vu grandir et c'est à la mort de notre père que j'ai vraiment réaliser mes sentiments pour elle. J'ai lutté, les premiers temps. Comment pouvais-je être amoureux de ma petite sœur ?

Mais les années ont passées et m'ont fait réfléchir.

Nous ne sommes pas du même sang. Alors… Est-ce vraiment un crime de l'aimer ? À priori, non. Mais j'ai peur de ce qu'en penseront les autres.

Que dirai-je à mère ? Si elle savait ce que je désire faire à son trésor… Et Hélène, comment le prendrait-elle ? J'ai peur de perdre son amour, même s'il n'est que fraternel.

Seul Auguste est au courant. Il s'en est rendu compte l'année passée et depuis ce jour, il tente de me trouver une copine qui rentrerait dans les normes. Je ne compte plus ses plans foireux pour me faire rencontrer une énième conquête qui pourrait être la femme de ma vie, selon lui.

J'ai bien peur qu'aujourd'hui, il ait encore un plan en tête.

L'idée se confirme quand il m'emmène à la table de deux jeunes filles où je reconnais Salia Lymner, sa dernière conquête en date. L'autre, je ne la connais pas encore, mais je suppose que cela ne saurait tarder.

-Pâris, tu déjà connais Salia. Je te présente Antonia, sa cousine. Elle est nouvelle dans la boite, explique-t-il.

Encore un top model ! Je ne compte plus le nombre de ses pimbêches qu'il m'a présentées. Ce n'est pas qu'elles sont laides, c'est même tout le contraire, mais la plupart que j'ai rencontrée ont le Q.I d'une huître.

Après une heure de calvaire, non je n'exagère pas, les deux charmantes demoiselles nous laissent enfin.

-Tu aurais pu, au moins, faire semblant de t'amuser, Pâris ! reproche mon ami. Vu comment tu soufflais toutes les cinq minutes, elles ont bien remarquées que leur présence ne te plaisait pas ! ronchonne-t-il.

-En plus, je devais faire semblant d'apprécier leur présence ? je rétorque. Elles me font mourir d'ennui. Et puis, ce n'est pas moi qui les aient invitées !

On peut dire que c'est agressif comme réaction, mais il m'énerve avec ses rendez-vous.

-Allez viens ! crie-t-il, en me tirant à lui. Je vais t'offrir un tatouage comme le mien. Tu vas voir, tu vas l'adorer !

Il ne semble pas vouloir savoir si je suis d'accord ou pas. Il m'entraîne tout au bout de la rue, sans ménagement, vers la dernière maison.

-Kevin ! Kevin ! Je t'amène un nouveau client, hurle-t-il en sonnant. Kevin !

Personne ne répond et j'espère que le dit Kevin n'est pas là.

Je ne suis pas partisan des extravagances du Capitole. Mais, connaissant Auguste, je vais me retrouver avec des attributs dont je ne veux pas. Que quelqu'un ait pitié de moi.

Je me retourne pour partir, vu que le dit Kevin ne se pointe pas pour ouvrir la porte, mais je suis coupé dans mon élan quand un homme qui apparait dans l'encadrement.

Le jeune homme, à l'allure efféminée, porte des oreilles et une queue de chat roses qui contrastent avec sa peau bleue parsemée de cœurs pastel.

Je prends peur. Si c'est le fameux Kevin, ça en est fini de moi ! Hélas, quand il prend la parole, mes doutes sont confirmés.

-Auguste, comment vas-tu ? Je suis désolé de l'attente, mais je me prépare, s'excuse-t-il. Ah ! Devine quoi ? J'ai été choisi comme styliste pour ce secteur ! C'est formidable, n'est -ce pas ? s'enthousiasme-t-il. Mais qui est ce charmant jeune homme ? Rentrer tous les deux, je vais m'occuper de ton ami. Tu ne le reconnaîtras pas quand vous sortirez, tellement il sera mignon !

Je ne l'aime mais vraiment pas. Moi, mignon ? Non, mais quelle honte ! Cet homme ne mettra pas un seul doigt sur moi !

J'entre et découvre un salon décoré de jolis papillons bleus et roses.

Mes bourreaux me font assoir sur une table d'opération et le styliste commence sa besogne sur les conseils de mon plus ancien ami, malgré les multiples refus de ma part. Ça n'a pas l'air de les déranger que la personne, possédant le corps qu'ils voulaient modifier, ne soit pas d'accord.

Kevin apporte plusieurs instruments qui me font frémir. Je dois être d'un vert maladif à la vision des oreilles de lapin roses qu'il approche de moi. Je ne remercierai jamais assez mon ami de l'avoir empêché de se servir de cette chose, et aussi de cette ignoble couleur bonbon dont il voulait colorer ma peau. Selon lui ça aurait été une couleur attendrissante pour un garçon aussi mignon. Je suis rassuré que Auguste ait eu, au moins, la décence d'empêcher ça.

Il m'énerve ce type avec ses mignon par ci, mignon par-là ! Je ne suis, et ne serai, jamais mignon, jamais !

Trois heures plus tard, je me retrouve devant un miroir qui me renvoie ce qu'il reste mon image.

Ma peau très pâle est parsemée de paillettes argentées et saupoudrées d'or. Je dois avouer que ça donne un très bel effet. Sur mon poignet se balade un mini serpent argenté qui, changeant de place, vient autour de mon cou. Mes cheveux blonds vénitien, qui me tombaient dans le dos, sont désormais coupés courts et colorés d'un noir de jais et agrémentés du même genre de paillettes argentées qui se trouvent sur mon corps.

Mes yeux bleus ressortent, c'est la seule choses que Kevin n'a pas modifié.

Le styliste m'a aussi refilé un pantalon et une veste en cuir. En complétant l'ensemble avec une camisole blanche, j'ai un air sexy. Pourvu que ça plaise à Hélène.

Je le remercie du bout des lèvres en bourgeonnant un peu et quitte l'étrange maison.

Je dois encore aller faire les courses pour la fête.

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Le soir arrive bien vite.

Je retrouve ma sœur dans sa chambre, en train de se préparer. Pour patienter, je me rends en cuisine histoire de grignoter en l'attendant.

J'ouvre la porte et constate que ma mère est déjà présente. Le bruit la fait se retourner. Son regard indique clairement que ma nouvelle apparence ne lui plait pas.

-Pâris qu' as-tu encore fait ? C'est quoi cet accoutrement ? Où es-tu allé faire ça ? As-tu pensé à ce que diront les voisins ? Je parie, que c'est encore ce Darkell ! peste-t-elle. Moi qui pensais être débarrassée de cette famille à la mort de ton père, il a fallu que toi et ta sœur deveniez amis avec leur fils ! Tu aurais pu au moins me demander la permission, tu n'as que 15 ans à ce que je sache ! Tu m'écoutes quand je te parle ? sermonne-t-elle.

Je savais que ça ne lui plairait pas ! Ma mère n'est jamais contente, quoi que je fasse, et cela a toujours été ainsi. Ce qui me plait le moins, c'est cette haine qu'elle a pour le pauvre Auguste qui ne lui a jamais rien fait.

Surtout qu'en sa présence, elle fait comme s'il était le bienvenu dans sa maison, l'hypocrite. J'ai appris à ignorer son mépris, même si au fond de moi, son comportement me fait mal.

Ça a commencé à la mort de père. Parfois j'ai l'impression qu'elle aurait aimé ne jamais m'avoir adopté. Je le vois à son regard quand elle le pose sur moi. C'est douloureux.

Mais elle n'a pas l'air d'avoir fini son plaidoyer :

-Tu pourrais me répondre quand je te parle ! Et ces vêtements ? Tu te prends pour un prostitué des bas quartiers ? C'est quoi ton but, de nous ridiculiser ? Pense à ta sœur ! Tu ne réfléchis donc pas ?

Un prostitué ? Elle ne s'est pas regardée avec son tas de peinture sur la figure et ses vêtements de jeune fille, à son âge. J'allais lui dire ma façon de penser quand on entendit ma sœur arriver dans le couloir en chantonnant :

« Aimer, c´est ce qu´il y a de plus beau

Aimer, c´est monter si haut

Et toucher les ailes des oiseaux

Aimer, c´est ce qu´il y a de plus beau! »

Avec ma mère nous l'observons, silencieusement.

-Maman, tu sais quand, commence-t-elle. Ah! Pâris ! Justement je t'attendais. Mais… Oh ! Tu es trop… ça te va trop bien ! Hein, maman qu'il est beau comme ça ? sourit-elle.

Hélène me serre dans ses bras. Je rougis au compliment de ma sœur, tout en me demandant ce que ma mère va répondre vu qu'elle n'a pas eu les mêmes réactions qu'elle.

- Cela lui va très bien, ma chérie, répondit-elle avec un rictus hypocrite.

Je regarde la tenue de ma sœur pour me changer les idées. Elle est resplendissante dans sa robe bleue à froufrous.

Ses cheveux blonds, coiffés en chignon, lui donnent un air angélique. Cette impression est affirmée par les deux petites ailes bleutées dans son dos. Ses yeux violets pétillent de malice alors qu'elle tournoi sur elle-même pour nous montrer sa tenue. Elle remarque qu'elle a oublié son sac en haut. Il contient les cadeaux de nos amis.

Alors qu'elle disparaît dans l'escalier, je rêve béatement. Jusqu'à ce qu'une gifle me réveille.

-Tu es dégoûtant Pâris ! C'est ta petite sœur, comment peux-tu la regarder ainsi ! Ta. Petite. Sœur, crie-t-elle. Si j'avais su, je ne t'aurais jamais accepté dans notre famille ! Va-t'en, je ne veux plus te voir !

Sur ces mots qui me glacent le sang, ma mère me fusille du regard.

Je m'enfuie de cette maison, en proie aux larmes.

J'arrive vite chez les Spider où j'oublie, mon chagrin dans l'alcool, buvant plus que de raison, jusqu'à m'en rendre malade. Hélène essaye de me parler, mais je l'évite. La honte aveugle ma raison. Je ne veux pas voir la haine dans ses yeux.

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Le matin arrive bien vite, accompagné par la lueur du jour. Je me suis endormi sur les lieux. Je rassemble mes idées dans mon esprit embrumé et découvre que je suis dans le lit d'Allison.

Un frisson de dégoût me parcours, je me suis servi de l'amour de mon amie pour me consoler. Je suis vraiment un monstre, ma mère avait raison.

Très doucement, pour ne pas réveiller ma maitresse d'une nuit, je sors du lit et récupère mes vêtements au passage.

Je quitte la maison et me réfugie dans le parc de la ville où il n'y a personne en cette journée malheureuse.

Le cœur lourd, je me rends à la Moisson. Sur la route, je me promets d'essayer d'oublier Hélène, car cela ne m'apporte que des ennuis.

La place est bondée de monde. Je réussis à me frayer un chemin à travers la foule pour m'enregistrer, quand je sens une pression sur mon bras.

-Je te cherche partout, depuis hier ! réprimande Auguste

Il me regarde tristement, comme s'il savait déjà ce qu'il c'était produit, mais il ne dit rien. Il passe seulement ses bras autour de mes épaules comme pour me réconforter.

Nous nous enregistrons, rejoins par Mike et Allison. Je n'ose pas la regarder dans les yeux. Ce que je lui ai fait est horrible. Je n'aurais pas dû me servir de ses sentiments, même si l'alcool embrumait mon cerveau.

Pourtant, on aurait dit que rien ne c'était passé, car elle agit comme si de rien n'était.

-Allez venez ! l'hôtesse va bientôt faire la sélection ! déclare la jeune femme en nous tirant vers le rang des quinze ans.

L'hôtesse est, en fait, un hôte, Drake Young. L'homme est un vieil ami de mère.

Il scrute les gens d'un œil moqueur sachant qu'ils observent d'une drôle de façon sa peau sombre et ses ailes noires. Ses cornes de diable accentuent son allure ténébreuse. Dans sa jeunesse, il avait dû être un bel homme.

Mon père m'avait dit, un jour, qu'il avait dû batailler avec lui pour obtenir la main de ma mère. Je ne sais pas ce que je pourrais lui dire, si je me trouvais devant lui.

À ses côtés se trouve Annie Odair, la gagnante des soixante-dixièmes Hunger Games. La jeune maman tient Finnick Jr dans ses bras. Elle est d'ailleurs une très belle femme avec ses longs cheveux bruns et ses yeux verts d'eau.

Elle ne semble pas remarquer où elle est, ni pourquoi, perdue dans son monde, seule avec son enfant.

-Bonjour Messieurs, Dames ! entonne Drake Young. Je suis heureux d'être ici avec vous pour ce jour de Moisson. Et en premier lieu, que le sort vous soit favorable ! Comme vous le savez, nous allons commencer par les filles.

Anxieux, j'observe le rang des filles de treize ans, la peur au ventre pendant que l'hôte met sa main dans l'urne. Pas elle, je vous en supplie.

-Le tribut féminin qui nous représentera est : Hélène Shayne, clame-t-il.

Le bonheur dans la voix de Drake a disparu. Il se rend compte qu'il vient de condamner la fille de celle qu'il aime.

Mon cœur s'est arrêté. Elle n'a aucune chance. Mais elle ne peut pas mourir comme ça, loin de moi. Je l'aime tellement. Non. Si elle doit partir, je partirais avec elle et s'il le faut, je me sacrifierai.

Je la vois sortir de son rang, tremblante. Ma décision est prise.

-Je suis volontaire ! je rugis en me précipitant vers elle pour la serrer dans mes bras.

Notre lien familial n'est plus rien face à la mort qui est si proche.

Je l'aime ! Et c'est plus fort que moi.

Elle pleure sur mon épaule comme quand nous étions jeunes, si vulnérables et je risque un regard sur la foule où sont dispersés les parents du secteur. Je croise les yeux de ma mère, elle pleure, la mort prochaine d'Hélène, sans doute.

Je repense, alors, aux mots de mon patron : « Vous serez ensemble pour l'éternité.»

Il a tort, elle va survivre ! Je vais tout faire pour qu'elle revienne en vie. Elle sera la gagnante de ces Jeux et elle retournera auprès de notre mère.

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On nous emmène vers la mairie où a lieu la dernière rencontre avec la famille.

En arrivant dans la salle, je la traîne vers l'un des fauteuils de la pièce où je l'assoie avant de tourner les talons pour sortir, n'ayant pas le courage de voir ma mère.

Mais, au moment où je franchis la porte, ma mère me fait face.

Elle me dévisage un moment avant de s'avancer pour, à mon grand étonnement, me prendre dans ses bras.

-Je suis désolée, tellement désolée Pâris, sanglote-t-elle ? J'avais peur, tellement peur des conséquences de votre amour. Je l'avais remarqué très vite à votre façon de vous observer et j'ai voulu agir en conséquence. Mais je remarque aujourd'hui que j'ai agi comme une idiote et maintenant, je vais vous perdre tous les deux. Tu n'aurais pas dû faire çà ! Vous ne devez pas mourir ainsi.

Ses mots raisonnent dans mon cœur et mon esprit. Peu à peu, ils soignent des blessures encore vives, jusqu'à ce que je comprenne ce qu'elle avait insinué.

Je lève les yeux et questionne Hélène du regard. Elle bondit de son fauteuil et court dans mes bras.

-Je t'aime aussi Pâris, murmure-t-elle. Si nous mourrons dans ces jeux, Nos âmes resteront à jamais ensemble dans les cieux et personne ne pourra nous juger.

Je la serre encore plus fort contre moi et nous oublions tout ce qui nous entourent. Nous ignorons notre mère qui quitte la salle avec un sourire triste et savourons l'instant.