Un petit chapitre pour vous donner quelques éléments de réponse :)

bonne lecture!


« Ça va mieux ? »

Vêtue d'un de ses t-shirts cent fois trop grand pour moi et d'un short, je m'avance doucement vers lui et me blottis dans ses bras sans répondre. Il dépose ses douces lèvres sur mon front avant de m'entrainer vers le lit.

« Tu avais prévu deux lits ?

- Non, j'ai demandé à changer quand j'ai su où tu allais. »

Son air gêné m'arrache un mince sourire et j'observe quelques instants Rachel, profondément endormie à l'autre bout de la chambre. Pendant ce temps, House noue ses grands bras autour de moi et m'attire tendrement contre lui tout en caressant mes cheveux.

« Je crois que je me souviens de certaines choses, je ne suis pas très sûre.

- Raconte-moi »

Sa voix est aussi douce que réconfortante et je m'installe tout contre lui sur la couette pour lui raconter ces dernières heures. Il m'écoute avec attention, cherchant le moindre détail encourageant.

« Quand j'ai trouvé le mot j'étais totalement perdue, abasourdie. Je suis partie dans notre chambre et je me suis effondrée sur le lit en cherchant ton odeur. J'avais tellement mal…. Et là ça m'a fait comme chez Sarah, une espèce de flash qui n'a duré que quelques secondes. J'étais avec Julia, je pleurais là aussi. Je crois que c'était après notre rupture, j'étais complètement anéantie. C'est vraiment étrange de revivre un évènement passé comme si on y était tu sais. Je me suis sentie tellement vide, j'avais l'impression d'être en morceaux et j'aurais donné n'importe quoi pour que ça s'arrête. »

J'interromps un instant mon récit et risque un coup d'œil vers House. Il m'observe avec toute la tristesse du monde dans les yeux et je me sens tout de suite coupable.

«Je me plains alors que j'ai du te faire subir mille fois pire.

- C'est pas le problème, je ne tenais pas à te blesser c'est tout.

- Je sais, je sais House. »

Je caresse doucement sa joue et me laisse enlacer encore un moment. Ses lèvres remontent doucement le long de mon visage.

« Continue »

Un regard échangé et le peu de colère qui restait tapie au fond de moi s'envole. Je lui raconte comment j'ai pensé à Wilson, le trajet en voiture, le coup de téléphone…

« Il m'avait promis…

- Je sais, je l'ai menacé de retourner à Princeton.

- Pas très original.

- Mais visiblement très efficace. »

Nous échangeons notre premier sourire après ces deux jours difficiles. Je poursuis mon récit sans oublier le moindre détail, du retour à la maison en passant par le coup de téléphone à nos employeurs. House m'offre un sourire admiratif et caresse distraitement mon bras du bout des doigts.

« Quand on a repris la voiture pour te rejoindre, j'ai commencé à réfléchir à tout ça et d'autres fragments de souvenirs me sont revenus.

- Quel genre ?

- Des moments où j'étais en colère après toi, d'autres où j'ai eu peur. Chaque fois ça correspondait à ce que je ressentais.

- Toujours des flashs ?

- Oui, j'ai même dû m'arrêter pour me calmer. »

House demande encore et toujours plus de détails alors je raconte de nouveau.

Je lui raconte les larmes, la peur et la colère.

Je lui raconte ces images floues et si réelles.

Je lui raconte ces moments de vie manqués.

« J'ai même pensé que c'était un plan stupide pour me faire retrouver la mémoire.

- J'ai envisagé cette solution tellement de fois… j'aurais jamais pensé la mettre en place de cette manière.

- Tu es un vraiment un crétin. »

Un sourire, un baiser et tout parait plus léger. Je réalise combien c'est bon d'avoir une vraie discussion ensemble, combien c'est important de pouvoir être avec lui, d'avoir confiance. Je me laisse alors aller à un aveu, je sais qu'il n'aime pas les mots mais j'en ai besoin.

« J'étais perdue sans toi.

- Tu ne devrais pas.

- Je sais. »

J'ai à nouveau le droit à un véritable câlin et glisse timidement une main sous son t-shirt pour profiter de sa chaleur.

« Pourquoi tu ne m'as pas parlé ?

- Je voulais te tenir loin de tout ça

- Ça a été sacrément efficace. »

Un mince sourire traverse son visage, ses yeux pétillent de malice.

« Pas ma faute si tu es bornée. »

Nous restons là un moment, serrés l'un contre l'autre. House se recule un peu et m'entraine sous les draps pour me réchauffer resserrant toujours plus sa prise autour de moi. Si ses gestes sont d'une tendresse infinie, ils n'empêchent tout de même pas mon inquiétude de refaire surface.

« Comment on va faire ?

- Tu vas rentrer demain matin.

- Quoi ? Pas question ! »

Je me relève brusquement et lui lance un regard assassin. Alors que je m'apprête à lui faire part de ma façon de penser il pose un doigt sur mes lèvres et me prend la main.

« T'énerves pas et écoute une minute tu veux ? »

Je ne décolère pas mais écoute sagement.

« Si Wilson sait pour ma mère, Lucas est forcément au courant. Et si la police de Princeton n'est pas complètement incompétente elle a forcément été alertée aussi. On m'attend là bas… Je dois être sûr que tu es en sécurité sinon je vais y penser. Plus je suis déconcentré et plus j'ai de chances de me faire avoir…

- Je peux t'attendre ici !

- Non, j'ai besoin de savoir que tu es en lieu sûr…»

J'hoche vaguement la tête, peu convaincue par son laïus. cet élan protecteur est pour le moins surprenant.

« Je veux t'aider…

- Alors rentre à la maison. »

A la maison

Cette phrase sonne étrangement à mes oreilles et ma colère s'estompe dès que je l'entends.

A la maison

Comme si nous formions une famille, comme une promesse de vraie vie de couple.

Mon instant d'égarement ne dure pas et je me remets très vite à m'inquiéter.

« Et si tu te fais prendre ?

- Tu restes là bas et tu appelles Wilson pour suivre les événements, je te rejoindrai.

- C'est ça et j'attends gentiment que tu prennes 20 ans de prison.

- On est plus à 20 ans près. »

Mes nerfs sont à vifs et j'hésite entre rire et m'énerver franchement. Finalement je rends les armes et me laisse tomber dans ses bras, luttant de toutes mes forces contre les larmes.

« Je ne fais pas ça par plaisir Lisa. Si tu retournes à Princeton tu vas te retrouver une nouvelle fois dans une clinique et, cette fois, rien ne dit que Julia aura le droit de garder Rachel. Tu ferras quoi quand elle sera en famille d'accueil ?»

Je ne réponds pas et peste intérieurement contre sa manie d'avoir toujours raison. Je me colle un peu plus contre lui, cherchant désespérément un peu de chaleur et de tendresse.

« Je dois y aller Lisa.

- Je sais, je ne te le reproche pas.

- Même si je nous mets en danger ?

- C'est ta mère House, cette discussion n'a même pas lieu d'être. Et même si ça ne me plaisait pas, je serais obligée de te laisserfaire. Si tu restes, que tu ne lui dis pas au revoir, tu le regretteras et un jour ou l'autre tu finiras par me le reprocher.

- Je t'ai déjà dit quelque chose du même genre.

- Les grands esprits se rencontrent. »

Nous échangeons un sourire complice et House glisse lentement ses lèvres dans mon cou. Mes bras se nouent automatiquement autour de ses épaules et je me colle contre lui. Ses mains glisse dans mon dos, passent doucement sous mon t-shirt et ma peau s'enflamme. Je l'étends sur le lit et m'allonge à ses côtés, dévorant toujours sa peau de baisers brûlants.

« Cuddy »

Sa voix rauque me fait frissonner et je m'arrête à contre cœur, callant ma tête contre son épaule.

« Je sais. »

Un regard tendre échangé et je m'allonge sagement à ses côtés.

« Tu devrais dormir, la route sera longue.»

Je m'installe sans broncher et écoute attentivement les battements de son cœur avant de passer ma main sous son T-shirt. Mes yeux se ferment peu à peu mais je continue de lutter contre le sommeil, trop effrayée à l'idée de le perdre.

« House…

- Mmm ?

- J'ai pris des photos pour ta mère, des photos de nous trois.

- Pourquoi faire?

- Pour qu'elle voit que son fils est heureux, qu'elle sache pourquoi tu m'as emmenée. »

Il ne répond pas mais resserre sa prise autour de moi. Ses doigts courent sous ce T-shirt bien trop grand et il finit par me l'enlever délicatement. Surprise par ce geste, je plonge mes yeux dans les siens à la recherche d'une réponse. House ne dit rien et enlève le sien avant de reprendre sa place à mes côtés. D'une simple pression il m'attire contre lui et m'encourage à dormir contre sa peau chaude.

Je souris face à ce petit geste tendre et embrasse sa peau nue avant de fermer les yeux, priant tous les dieux pour qu'il soit là à mon réveil.

TBC