250 reviews ! j'hallucine simplement!
Merci, merci encore!
J'ouvre péniblement les yeux, attirée par le bruit de l'eau dans la salle de bain. J'entre sans bruit et le découvre me tournant le dos, au centre de la pièce. Il a noué une serviette blanche autour de sa taille et une seconde sur sa tête. Les gouttes d'eau glissent encore sur sa peau halée et m'arrachent un sourire. J'ai décidément beaucoup de chance.
« Tu es réveillé depuis longtemps ? »
Il se retourne vers moi et tend les bras, m'attirant contre lui avant de déposer ses lèvres dans mon cou.
« Un moment oui. »
Il désigne d'un geste la serviette nouée sur sa tête avant de prendre un air désolé.
« Ça va pas te plaire. »
Intriguée, je l'observe avec prudence et retire lentement le tissu.
« Mais qu'est ce que t'as fait ? »
Ses cheveux poivre et sel ont cédé la place à une tignasse châtain pour mon plus grand désespoir. Son charme fou vient d'en prendre un sacré coup mais il rit devant mon air hébété.
« Je t'avais prévenue. »
Je glisse prudemment mes doigts dans ses cheveux, analysant cette nouvelle couleur avec attention. Ses mains courent dans mon dos, recherchant un maximum de contact avant la séparation qui s'annonce.
« Tu m'aides à les couper ? »
Cette fois je ne retiens pas une grimace.
« Tu plaisantes ?
- Non, je me rends méconnaissable. »
Il embrasse ma joue et me lance un regard amusé.
«Ça repoussera vite. »
Avant même que j'ai eu le temps d'assimiler la nouvelle, je le vois s'installer sur un tabouret et me glisser une tondeuse entre les mains. Un profond soupir m'échappe ce qui l'amuse davantage.
« C'est bien parce que c'est toi. »
Je m'installe derrière lui et regarde tomber chaque mèche sur le sol. Avant même de l'avoir terminée je déteste déjà cette nouvelle coupe, symbole de cette période incertaine, de cette fin annoncée. Je me place ensuite face à lui, glissant ma jambe entre ses genoux. Ses mains remontent aussitôt le long de mes cuisses nues en un geste tendre et sensuel. Ses yeux rivés sur mon visage me procurent des frissons alors que j'essaie tant bien que mal de me concentrer sur ma tâche.
Je termine rapidement et retire délicatement les quelques cheveux restés sur ses épaules. House, lui, n'a pas cessé son manège et me caresse toujours aussi tendrement. Je l'aide à se relever et me cache contre son torse, serrée entre ses grands bras.
Savourer le moindre contact… c'est tout ce qui compte désormais.
« Tu devrais retourner dans la chambre.
- Pourquoi ?
- Il faut encore que je me rase. »
Je relève doucement les yeux vers lui et croise un regard malicieux. Il essaie de rendre à chaque minute la saveur de notre vie canadienne et y parviens avec brio. Je noue alors mes bras autour de son cou et embrasse presque convulsivement ses joues. Nos regards s'accrochent soudain pour ne plus se quitter. Nos fronts s'entrechoquent, nos nez se frôlent. La sensualité reprend le pas sur le jeu l'espace de quelques secondes.
Ses mains saisissent brusquement mes hanches et mes pieds décollent du sol. Comme guidée par l'instinct j'enroule mes jambes autour de lui et ressers ma prise sur ses épaules je me laisse simplement porter. Il s'appuie alors contre un mur et m'observe un long moment avant de recouvrir lentement mon cou de baisers. Nos peaux se frôlent, s'effleurent, s'enflamment. Une sensation de bien-être m'envahit tout à coup et je dépose simplement ma tête dans le creux de mon épaule, serrée le plus possible contre lui.
« Quand je rentrerai tu ne verras même pas que je m'étais rasé. Je serai de nouveau le mec le plus sexy que tu connaisses. »
L'humour pour soulager la peine. Je lui offre mon plus beau sourire avant de me laisser retomber sur le sol, histoire de soulager sa jambe meurtrie.
« Avec ces cheveux là ça m'étonnerait. »
Sans lui laisser le temps de répondre, je file dans ma chambre pour réveiller Rachel.
XXXXXXX
« Tu t'habilles comme Wilson ?
- C'est une source d'inspiration inépuisable. »
Il m'adresse un sourire timide avant de passer un bras autour de ma taille. Rachel est assise sur le lit, grignotant des céréales devant un dessin animé. House l'observe avec tendresse avant de plonger ses yeux dans les miens.
« Tu devrais partir avant moi, ça te laissera le temps de faire de la route. Passe la frontière au plus vite, on ne sait jamais. »
L'espace d'un instant j'avais réussi à oublier tous nos problèmes…
Sa mère mourante.
Le mandat d'arrêt.
Lucas qui guette son retour.
Tout ça m'avait presque échappé.
Je me contente de hocher la tête, soudainement envahie par l'émotion. Il le sent aussitôt et tourne le dos à Rachel avant de me serrer contre lui. Un léger sourire m'échappe devant cette petite attention, il veut dissimuler mes larmes pour ne pas l'inquiéter.
« N'oublies pas les photos.
- Je les ai déjà sorties. »
J'ai tellement de choses à lui dire et tellement peu de mots, tellement peu de temps pour m'exprimer.
« Fais attention House.
- Ne t'en fais pas. »
J'inspire profondément avant de me lancer, l'instant est fragile. Nos mots ne sont que des murmures.
« Je ne te l'ai jamais dit avant… j'avais trop peur que les mots te fassent fuir.
- Je sais.
- Je t'aime.
- Je sais.
- Non tu ne sais pas Greg. Ce n'est pas juste un souvenir. Je suis tombée amoureuse, une fois de plus.»
Je plonge alors mon regard dans le sien et rencontre un sourire triste sur son visage. Je me cache à nouveau contre son torse et sens une main glisser dans mes cheveux. Ses caresses se veulent douces et rassurantes.
« Je ne pleurerai pas, je ne veux pas que tu gardes cette image de moi. »
Il sourit et me serre un peu plus dans ses bras, poursuivant ses douces caresses.
« Promets-moi de ne pas venir.
- Tu n'as pas pu me promettre de rentrer...
- Ne vous met pas en danger Lisa. »
Un dernier regard et il me laisse m'agripper à son cou. Notre étreinte dure de longues minutes et rien ne pourrait venir la perturber.
« Je vais mettre les sacs dans la voiture, habille la petite. »
XXXXXXX
Alors que je finis d'installer le siège enfant dans la voiture, House se baisse vers Rachel.
« Hey microbe »
Ma fille tend aussitôt les bras vers lui et se laisser soulever. Comme toujours, il passe la main dans ses longs cheveux bruns et la décoiffe totalement. Leurs rires me réchauffent le cœur et je m'arrête un instant pour les contempler.
« Écoute bien Rachel. Je ne rentrerai pas tout de suite à la maison, j'ai beaucoup de travail. »
Rachel se fige et son sourire s'efface.
« Mais j'ai une mission pour toi moussaillon. J'ai entendu dire que les pirates étaient partout ces temps ci, alors tu dois veiller sur ta maman. Les pirates sont des brutes avec les jolies filles tu te souviens ? »
La petite hoche la tête, concentrée.
« Je deviendrais capitaine alors?
- Mmm on verra pour le grade de mini capitaine, d'accord ? »
Rachel lui offre son plus beau sourire pour toute réponse et House l'installe dans son siège avant de déposer un baiser sur son front. Je tends sa peluche à ma fille avant de fermer la portière.
« Tu es doué. »
Il me sourit et pose ses mains sur mes hanches, m'attirant un peu plus vers lui.
« Tu devrais y aller.
- Je le sais mon capitaine. »
Je me blottis une dernière fois contre lui, humant son parfum pour ne jamais risquer de l'oublier.
« Tu as intérêt à revenir, sinon je te retrouverai et tu subiras le supplice de la planche.
- Tu n'as pas trouvé plus attrayant ? »
Je ne peux m'empêcher de lui sourire avant d'embrasser tendrement sa joue. Ses bras se resserrent autour de moi et il s'approche doucement de mon oreille.
« Je t'aime…
- Alors fais attention à toi House. »
Alors qu'il s'éloigne lentement j'attrape sa main et me rapproche, son nom m'échappe dans un murmure. Il croise mon regard et parait tout à coup plus inquiet, sa main glisse lentement dans mes cheveux qu'il caresse du bout des doigts. Je m'approche le plus doucement possible de son visage et dépose mes lèvres sur sa joue. Aussitôt mon cœur s'emballe.
« Lisa...
- Je me rappelle, tu as trouvé le déclic alors laisse nous une chance. »
Une petite phrase comme un murmure. Ses bras se nouent délicatement autour de mes hanches pendant que j'effleure sa joue du bout des lèvres. Mon nez frôle son menton, rencontre doucement le sien et nos souffles se mêlent. L'instant est précieux et j'hésite à faire le moindre geste de peur de le briser. Sa chaleur m'entoure et me rassure et je décide finalement de me lancer.
Ma bouche rencontre la sienne un bref instant. J'ai à peine senti le gout de ses lèvres mais déjà je crois perdre la tête tant le bonheur que je ressens est grand. La timidité de ce premier baiser s'estompe et nos lèvres se rencontrent à nouveau. Mieux, elles se caressent. Je suis déjà collée contre son torse mais cela ne me semble toujours pas assez: j'en veux plus, encore et toujours plus. Mes mains glissent autour de son cou et l'attirent toujours plus près. Je dévore ses lèvres avec passion et il répond à chacun de mes gestes avec ardeur.
Je sens son cœur cogner contre sa poitrine et me suspend à sa bouche comme si ma vie en dépendait. Nos langues se rencontrent soudain en un ballet sucré, simplement délicieux. Une main glisse dans mon dos, une autre dans mes cheveux et je m'abandonne complètement à ce baiser passionné, à ses lèvres délicates, à sa langue experte.
Une larme de bonheur roule sur ma joue sans que je puisse la retenir. Tous ces mois sans avoir le droit de le toucher semblent désormais insignifiants en comparaison de cet instant de grâce. Je me hisse sur la pointe des pieds pour gouter à chaque parcelle de ses lèvres : je veux graver leur saveur à tout jamais, pouvoir revivre cet instant rien qu'en fermant les yeux. Le manque d'air finit tout de même par se faire sentir et House se détache lentement de moi. Je n'ose pas ouvrir les yeux de peur de rompre cet instant magique et enfouis mon visage dans son cou.
Déjà ses lèvres parcourent ma joue et reviennent à l'assaut.
« Si tu m'embrasses encore je n'arriverai jamais à te laisser House »
Il rit, dépose un baiser dans mon cou et glisse un instant ses doigts dans les miens. Nous échangeons alors un regard d'une intensité sans pareil, les mots ne comptent vraiment pas dans ces moments là. House embrasse finalement mon front avant de me laisser m'installer au volant et murmure simplement quelques mots.
« Ne t'inquiètes pas. »
J'ai tellement envie de le croire et de ne pas m'inquiéter que je lui souris, presque confiante pour l'avenir. Je démarre sans me retourner de peur de changer d'avis au moindre regard échangé. Désormais, il n'y a plus qu'à attendre.
TBC
