Bonjour à tous ! J'espère que vous n'êtes pas fâchés après le dernier chaputre ;-)

Je vous en poste pas un rapidement car je dois m'absenter plusieurs jours...

En attendant bonne lecture !


Les couloirs gris.

Les barreaux.

Les portes sécurisées.

Je traverse tout ça sans y porter la moindre attention. Tout s'est enchainé tellement vite, tout parait tellement flou… Il est pourtant la seule chose qui compte. Le docteur Weir prononce quelques mots que je n'écoute pas : il est là, juste derrière une porte. La jeune femme me tend un papier et un stylo, demande vaguement mon accord...mon accord pour quoi d'abord ? Rien n'a d'importance je lui donne tous les accords qu'elle souhaite et me précipite vers le gardien qui va enfin me rendre l'homme que j'aime.

Une dernière porte.

Une légère ouverture.

Je l'aperçois enfin. Un homme lui retire ses menottes et sort de la pièce. La porte s'ouvre et je peux finalement entrer. Je crois pouvoir respirer à nouveau.

« House ! »

Je me jette dans ses bras sans la moindre retenue, pleurant toutes les larmes de mon corps. Ses bras s'enroulent instinctivement autour de moi et il me berce doucement.

« Chut, calme toi Lisa. Je suis là »

Sa voix chaude et douce m'apaise, ses caresses me font un bien fou. Je reste un long moment blottie dans ses bras sans pouvoir bouger.

« Tu m'as tellement manqué. »

Ma voix tremblante et faible trahit les sanglots qui me nouent encore la gorge, je ne suis même pas sûre qu'il m'ait entendue. Je glisse mes mains sur son torse, ses épaules, ses bras. Je redécouvre ce corps musclé dont j'ai été privé trop longtemps. Il grimace soudain sous la pression de mes doigts. J'écarte un peu cet affreux tissu orange et découvre une marque sur sa peau.

« Tu vas me raconter que tu t'es pris un mur ?

- Non. »

Je m'écarte un peu, surprise par cette réponse sans détour et croise soudain son air malicieux.

« C'était une armoire à glace ! »

Un petit sourire traverse son visage, il parait fier de lui.

« Tu ne peux donc pas apprendre à éviter les ennuis ?

- Je pourrais mais si je le faisais je deviendrai parfait. Ya que Dieu qui est censé être parfait et je crois pas en Dieu… tu vois le problème ?

- Je te trouverai tout un tas de défauts si c'est ce qui te tracasse, j'aimerai juste te récupérer en vie et en un seul morceau… »

Je laisse mes doigts courir sur sa joue rugueuse et niche ma tête au creux de son épaule. Ses bras s'enroulent tendrement autour de moi et il me berce avec douceur. Je réalise soudain à quel point j'ai besoin de lui.

« Je te sortirai de là.

- J'en doute pas.

- C'est ma faute... »

Il soupire fortement et m'oblige à relever la tête pour croiser mon regard. Son pouce effleure ma joue et redessine mes lèvres avec douceur.

« Bon alors écoute bien parce que je le répéterai pas, t'emmener est la meilleure chose que j'ai faite jusqu'à présent. C'est bien clair ?

- Tu ne m'en veux pas … d'être là ?

- Tu es une tête de mule, on finit par s'y faire.»

Je hoche la tête sans un mot et retourne me blottir dans ses bras, glissant mon nez dans son cou à la recherche de son parfum si entêtant. Je pose mes mains sur ses épaules et l'attire le plus possible contre moi. J'ai besoin de sa présence, je me sens revivre à ses côtés.

« Ton odeur a changé.

- Cachot numéro 5, t'aimes pas ? »

Je souris de sa bêtise et profite de son regard tendre. Ses yeux se détournent soudainement et descendent vers ma robe. Il me détaille un moment et ses lèvres se plissent en un sourire satisfait. Je réponds alors à sa question silencieuse, ravie de mon petit effet. Finalement ça valait le coup de perdre trois minutes pour se changer.

« Julia me l'a achetée quand elle a su que je voulais te voir. »

Ses yeux pétillent un bref instant avant qu'il reprenne son sérieux. Ses doigts se nouent aux miens et sa voix rauque se fait entendre.

« Tu peux la voir quand tu veux ?

- Elle vient tous les deux jours et a récupéré Rachel la semaine dernière.

- Et avec la petite ? Comment tu t'en es sortie ?

- J'ai essayé de lui faire comprendre, je lui ai dit où tu étais et pourquoi. J'aurais aimé que tu puisses la voir, lui expliquer. Tu as toujours su le faire à merveille.

- Tu es sa mère Lisa, tu n'as pas douté des explications que tu lui donnes.

- Elle sent que j'ai peur… tu savais la rassurer.

Je me cache une nouvelle fois dans ses bras et il caresse mes cheveux distraitement. Un léger sourire traverse son visage. Ses yeux doux m'apaisent, ses caresses me rassurent. Je lui prends alors la main et me laisse aller. Tant pis si c'est pathétique. Tant pis si je ne parviens plus à gérer les émotions.

« Tu me manques tellement.

- Ferme les yeux. »

Je lui offre un regard interrogatif mais m'exécute face à son manque de réaction. Il entoure ses bras autour de moi, plaque ses paumes dans mon dos et les fais glisser lentement. Une main joue dans mes cheveux, l'autre s'installe sur le haut de mes fesses. Son souffle chaud court dans mon cou et me fait frissonner. Sa voix rauque me rassure aussitôt.

« Tu sens mes bras autour de toi ? Retiens mon odeur, écoute ma voix et oublie tout le reste. »

Je me laisse aller dans ses bras et savoure ses caresses, ses baisers. Il s'arrête finalement avant de m'observer, prêt à m'expliquer cette étrange attitude.

« Tu n'auras plus qu'à fermer les yeux … »

Fermer les yeux pour le retrouver, cette idée et ce geste me bouleversent. Et je retourne aussitôt contre lui de peur d'oublier cette sensation de bien être. Cet homme est une véritable addiction.

« Wilson m'a dit qu'il te voyait reprendre confiance un peu plus tous les jours, qu'il te voyait lutter.

- C'est ce qu'ils voient tous, le masque tombe avec toi. »

Il semble s'interroger sur mes propos et glisse sa main dans mon dos pour me rassurer. Je continue alors, décidée à être parfaitement honnête avec lui.

« Tu es le seul avec qui je peux me laisser aller, je ne voulais pas craquer comme ça… Rachel gère ça beaucoup mieux que moi.

- Rachel a le même foutu caractère que sa mère, c'est normal qu'elle arrive à gérer tout ça. Elle suit ton exemple Lisa, crois un peu en toi. »

Ces paroles me réconfortent et je reprends doucement confiance, j'ai à nouveau envie de me battre. J'entends le gardien se rapprocher de la porte, il sera bientôt l'heure. Je me rapproche un peu plus de lui et plonge mes yeux dans les siens. Le regard qu'il me lance est tellement intense que je m'y noie complètement, submergée par l'émotion qui me gagne.

La porte s'ouvre et je ferme les yeux, comme si cela pouvait me faire gagner du temps. Je finis par les rouvrir à contre cœur et retire mes bras qui encerclaient son cou. Un baiser sur sa joue et je m'éloigne la mort dans l'âme. Je sais que je dois respecter les consignes à la lettre si je veux le revoir mais cela parait désormais bien difficile.

Alors que je me retourne il saisit ma main et m'attire vers lui. Ses yeux bleus qui brillent, son souffle qui s'accélère, sa bouche entrouverte. Je souris devant ce tableau, comprenant bien vite que les mots refusent de franchir ses lèvres. Ma main passe dans ses cheveux et je m'approche doucement de son oreille pour y glisser quelques mots.

« Je t'aime aussi. »

Son regard reconnaissant me fait sourire et je me rapproche encore un peu, nos fronts s'entrechoquent mais je dois déjà partir. Il embrasse ma joue et me désigne la porte d'un vague signe de tête. Il est déjà temps de retourner à la clinique…

Il est plus qu'urgent de retrouver la mémoire…

TBC