Désolée pour ce retard, les journées ne sont vraiment pas assez longues ^^
Merci à Belle Cuddy pour son aide et à vous tous de me suivre encore après de si nombreux chapitres !
Bonne lecture et bonnes vacances :)
De retour dans cette fichue clinique je m'enferme dans ma chambre pour réfléchir. Cette fois c'est à moi de l'aider, de me reprendre pour le sortir de cet endroit austère. Cette tête de mule n'arrivera jamais à se tenir tranquille, même en prison. Le docteur Weir apparait soudain dans l'ouverture de la porte et coupe court à mes réflexions. Sa présence m'irrite aussitôt : je sais qu'elle a suivi nos retrouvailles, écouter le moindre de nos mots. Ça m'apprendra à signer des papiers sans les lire.
« Vous semblez être très liés.
- Il me semble que je vous le répète depuis un moment déjà. »
Le ton sec et dur que j'emploie me surprend une fois de plus, cette autre moi parait tellement plus forte et déterminée… La jeune femme s'assied simplement et me regarde. Je sens qu'elle n'en a pas fini avec moi seulement je refuse d'entendre encore qu'on me manipule.
« Je sais pertinemment que vous n'aimez pas cette idée pourtant il est tout à fait normal de se poser la question…
- J'ai choisi de partir avec lui !
- Je vous crois, je m'interroge seulement sur vos motivations. »
Je la regarde sans vraiment comprendre et attends la suite avec appréhension.
« Je ne doute pas que vous l'aimiez c'est même une évidence. Cependant mon rôle est de savoir si vous l'aimez réellement ou si vous croyez l'aimer. Je ne peux pas y arriver sans votre aide Lisa.
- J'ai besoin de lui…
- Il n'y a qu'un moyen de le retrouver. »
Le docteur Weir est douée je dois bien l'admettre, en quelques minutes elle a réussi à m'apaiser mais, surtout, à m'intéresser. Je me redresse un peu et me tourne vers elle, réellement intriguée par son attitude.
« Je vous écoute.
- Vous devez faire remonter les souvenirs à la surface et je suis à pour vous y aider.
- Je veux me souvenir pour le faire sortir, vous aidez ma mère à le faire plonger.
- Mes intentions n'ont pas d'importance, dans tous les cas nous avons le même objectif à court terme. »
Loin de l'image douce et compatissante que je me faisais de ma psychiatre, ce nouveau personnage éveille mon intérêt. Il n'y a que House qui avait réussi à provoquer des souvenirs et je ne suis visiblement pas capable d'y arriver seule, peut-être est-il temps d'envisager une nouvelle méthode…
« Que proposez-vous ?
- Demain je vous emmènerai quelque part.
- Je doute que vos méthodes soient très conventionnelles.
- Que ce soit le docteur House ou vous-même, vous n'êtes ni des médecins, ni des patients conventionnels. »
La jeune femme se lève lentement et quitte la pièce sans un mot de plus, me laissant seule avec mes réflexions. Je fouille dans ma mémoire, essayant de retracer mon passé et les lieux qui l'ont marqué sans succès. Les heures passent et je finis par m'étendre sur mon lit étroit. Mes yeux sont fermés mais, malgré la tentative de réconfort de House, j'ai froid. Je me sens seule et un peu perdue sans ses grands bras qui m'enlacent et les battements de son cœur qui me rassurent. Il n'y a plus qu'à attendre que la fatigue ait raison de tout le reste.
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Nous roulons depuis bientôt une demi-heure sans échanger la moindre parole digne d'intérêt. J'observe distraitement la ville qui nous entoure sans vraiment la reconnaitre. La voiture s'arrête soudain dans une rue calme. Le quartier est résidentiel et les maisons plutôt jolies. Mon regard se fixe sur l'une d'entre elle, un peu en retrait de la route et entourée de nombreuses plantes et arbustes. Une grande porte verte se cache derrière la glycine qui grimpe le long du toit, de larges fenêtres à carreaux parcourent la façade. Elle est trop loin pour que je distingue les détails et pourtant cet endroit m'évoque quelque chose.
« Vous reconnaissez ?
- Je crois que j'ai habité ici, House m'avait montré une photo.
- Allons voir de plus près. »
Sans l'attendre j'avance à pas vifs vers la maison et m'arrête juste en face de la porte. Mes yeux se posent sur chaque détail, chaque couleur, chaque… défaut. Une partie de la bâtisse semble avoir subie des travaux. Je m'approche encore et mon cœur rate un battement.
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Un crissement de pneu,
Un bruit sourd de moteur,
Un fracas immense dans la pièce voisine.
Je me précipite dans l'entrée et vacille en découvrant le tableau qui s'offre à mes yeux. Je m'appuie sur le mur pour ne pas flancher et observe ahurie la voiture sombre au milieu de ma salle à manger. Le lustre s'effondre brusquement et mon cœur menace de s'arrêter à tout instant tant le choc est grand.
Il sort de la voiture et jette un vague coup d'œil à la pièce dévastée avant de refermer la portière comme si de rien n'était. Son regard se pose sur moi et il avance péniblement à travers les gravas. Je le regarde faire sans pouvoir bouger, la bouche encore grande ouverte. J'ai mal, j'ai terriblement mal et pourtant je suis incapable de réagir.
Le voilà face à moi dans sa veste cintrée que j'aimais tant. Je lâche enfin le mur et m'avance légèrement sans savoir quoi faire. Mes yeux horrifiés croisent les siens, détaillent son air impassible alors qu'il me tend ma brosse. Mes doigts se nouent autour d'elle par réflexe et il se dirige vers la sortie comme si tout allait bien. Son détachement me glace le sang, Mes mains tremblent, l'air me manque et mon cœur semble être brisé. Je reste là, tétanisée pendant qu'il quitte la maison et repars en boitant après avoir glissé quelques mots à Wilson, visiblement aussi médusé que moi.
Julia tend un bras vers moi mais je la vois à peine. J'ai envie de hurler, envie de pleurer, envie de le rattraper… je n'arrive pas à comprendre ce qui lui a pris et donnerait n'importe quoi pour revenir en arrière, pour tout recommencer. Une larme parvient enfin à couler le long de ma joue et je me laisse tomber sur les marches du perron, enlacée par ma sœur. Ma vie s'est effondrée en même temps que ces murs…
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J'ouvre les yeux et m'écroule sur le sol tant le flash était violent. Le docteur Weir se précipite à mes côtés et me relève péniblement. Mon souffle saccadé l'interpelle et elle m'éloigne de la maison avant de m'aider à m'assoir sur le trottoir. Comme par réflexe je me recroqueville sur moi-même et cache mon visage entre mes mains, prise de violents tremblements. Je me sens trahie, blessée, dévastée… Mon monde idyllique s'effondre, la bulle si douce et rassurante que House m'avait crée vient d'exploser. Je pleure sans pouvoir me contrôler sous les yeux effarés de la jeune femme.
Elle peut pourtant se réjouir, elle vient probablement de trouver la cause de mon amnésie. Je regrette désormais d'avoir accepter de venir, oublier est tellement plus facile.
XXXXXX
De retour à la clinique, la psychiatre s'installe avec moi dans une petite pièce et tente d'en savoir plus.
« J'imagine qu'il ne vous en avait pas parlé.
- Il voulait que je me rappelle toute seule.
- Tout en sachant que vous ne voudriez jamais vous souvenir de ce moment terrible. »
J'ai beau lutté de toutes mes forces le doute s'installe, la peur m'envahit peu à peu. Mes réponses ne sont plus que des murmures et mes yeux rougis de larmes trahissent le chaos qui m'habite.
« Il ne s'est pas servi de moi…
- Comment pouvez-vous en être vraiment sûre Lisa ?
- J'ai oublié pour nous donner une autre chance.
- C'est en effet une possibilité. Seulement, avez-vous envisagé votre amnésie comme le dernier recours pour le sortir de votre vie ? »
Sa voix est douce et apaisante mais ses paroles me glacent. Le peu que je croyais savoir de moi, de nous n'est finalement que du vent. La violence de ce souvenir me dépasse et je peine à imaginer que l'homme si tendre qui partage ma vie soit capable de tels actes. Face à mon manque de réaction, Weir reprend ses questions.
« Pouvez-vous vraiment affirmer qu'il vous aime ? Quelles preuves avez-vous réellement Lisa ? »
Je tente de remettre mes idées et commence à réfléchir. Malgré la déception et la surprise de cette journée, les souvenirs de l'année écoulée sont bien présents. Les visites secrètes à la clinique, la superbe maison, son attitude avec Rachel, nos escapades aux quatre coins du pays… ces douces pensées me réchauffent le cœur et me rassurent. Je suis sans doute bien naïve mais je refuse de croire qu'il a menti et triché pendant si longtemps. Il a trop souvent prouvé qu'il tenait à ma mémoire.
« Il ne m'a jamais touchée…
- Que voulez vous dire ?
- Nous n'avons jamais fait l'amour. »
Les mots sont sortis sans peine, comme une preuve irréfutable, une évidence première. Le docteur Weir parait surprise de cette révélation et m'observe avec attention. Ses sourcils se froncent et quelque chose semble lui échapper.
« Vous avez toujours évoqué une relation de couple. »
Un vague sourire étire mes lèvres en entendant ses mots. Je décide alors de me confier, encore trop perturbée par mon récent souvenir pour penser correctement.
« Il ne m'a jamais touché, il voulait que je me souvienne, que je décide en ayant toutes les cartes en main. Je n'ai eu le droit qu'à un unique baiser, la veille de son arrestation.
- C'était votre idée ?
- Non. Croyez moi j'ai tout fait pour le faire céder. »
La jeune femme m'observe sans vraiment comprendre. Cette situation la surprend autant qu'elle l'intrigue et elle cherche à en savoir plus. Je la coupe rapidement, épuisée par tous ses évènements.
« Je vous expliquerai tout ce que vous voulez docteur Weir mais je vous demande une chose en échange.
- Je vous y ai déjà emmenée Lisa.
- Je dois comprendre ce qu'il s'est passé.
- Vous n'êtes pas en colère ? »
Une fois encore mon psychiatre vise juste. Je me fige un bref instant et laisse mon regard se perdre. Les sentiments qui m'animent sont aussi variés que bouleversants. Je suis en colère après lui tout en étant terrifiée à l'idée de le perdre. House est le seul à pouvoir m'expliquer tout ça.
« S'il vous plait, j'ai besoin de réponses. »
TBC
