Bonjour à tous !

Toutes mes excuses pour l'attente: mon ordinateur a rendu l'âme au retour de mes vacances et j'ai dû tout réécrire...

J'espère que cette suite vous plaira n'anmoins

Bonne lecture!


Assise dans la grande salle de la clinique, j'attends sagement l'arrivée de ma sœur, encore bouleversée par mes derniers souvenirs. Une main se pose soudain sur mon épaule et me fait sursauter.

"Du calme! Tout va bien!"

Julia se tourne vers moi et m'adresse un sourire radieux avant de détailler mon visage.

"Quoique... à l'évidence ça ne va pas bien."

Je tente de lui offrir un sourire rassurant mais sans grand succès avant de remarquer l'absence de ma fille. Un instant la peur s'invite sur mon visage.

"Rachel est malade, j'ai préféré la laisser à la maison.

- Malade? mais...

- Un gros rhume, rassure toi."

Ses doigts se posent lentement sur mon bras et elle me caresse un moment, essayant tant bien que mal de m'apaiser. Il ne lui faut qu'un bref instant pour comprendre ce qui m'arrive.

"un problème avec House?

- Weir m'a emmenée à la maison... je me souviens."

Une phrase, une malheureuse phrase pour que ma sœur se crispe aussitôt. Le malaise apparait soudain sur son visage et elle semble perdue. Je continue pourtant, espérant obtenir quelques réponses.

"Je ne comprends pas ce qui lui a pris, ce qui a pu se passer pour qu'on en arrive là.

- Tu as demandé à le voir j'imagine.

- Je ne peux pas y aller avant plusieurs jours."

Ma voix trahit l'immense déception qui m'habite mais, curieusement, Julia semble se détendre un peu. Je l'entends prononcer quelques paroles de réconfort sans écouter, les questions se bousculent dans ma tête sans que je puisse me concentrer sur autre chose.

"Tu verras vos vies redeviendront normales et ...

- Tu savais.

- Quoi?"

Cette fois je me redresse et plonge mon regard dans le sien pour essayer de comprendre.

"Tu étais là le jour où il a subitement décidé de détruire ma maison. Tu étais là, tu m'as encouragé à porter plainte, à l'oublier."

Julia se fige, comme prise de panique.

"Tu savais tout et tu m'as laissé partir avec lui sans rien dire! Tu n'as pas jugé utile de me prévenir?

- Tu me le reproches?

- Tu m'as confié à lui alors que tu ne savais même pas que je le voyais, tu l'as laissé emmener ma fille sans réagir, je veux savoir pourquoi!

- Ce n'est pas à moi de te dire ça Lisa...

- Bien sûr que si!"

Ma voix est tellement forte que le silence s'installe dans la salle, tous les regards se tournent désormais vers nous. Consciente du malaise, ma sœur essaie de me calmer.

"Arrête de crier ça va mal finir.

- Alors explique toi!"

Elle laisse échapper un profond soupir avant de détourner le regard. Tout en fixant le sol avec insistance, elle commence son récit.

"Tu as effectivement porté plainte... pendant une journée. Tu l'as retiré en moins de vingt-quatre heures et tu as refusé de revoir Jerry. J'étais déçue et surtout très inquiète pour toi mais tu n'écoutais rien, tu te renfermais complètement. J'en ai voulu à House, pas tant pour la maison mais surtout pour l'effet que ça avait eu sur toi: tu te contentais de survivre, plus rien n'avait d'importance à tes yeux... un vrai fantôme. Deux semaines plus tard tu te faisais renverser parce que tu étais encore plongée dans tes pensées."

Jerry... voilà donc l'homme qui était chez moi. Je me pose encore des questions sur lui mais elles attendront. Julia continue son récit sans relever la tête, visiblement gênée.

"Personne n'avait revu House pendant tout ce temps, Wilson n'avait aucune nouvelle. Pourtant, le soir même de ton accident, il était là.

- C'était bien lui alors? Quand je me suis réveillée?

- Oui."

Les choses semblent s'éclaircirent un peu et, d'un signe de tête, j'encourage ma sœur à continuer. Enfin, elle ose croiser mon regard et me raconte à d'une voix douce.

"Quand il a débarqué Maman est devenue folle, elle lui a interdit de s'approcher de toi et a prévenu la sécurité. Il a de nouveau disparu deux jours. Tu sais pendant que tu étais dans le coma mes insomnies empiraient, je n'arrivais presque plus à dormir alors, un soir, je suis venue te voir. Je suis venue en pleine nuit et j'ai trouvé la porte entrouverte, les rideaux tirés... il était là.

- House est venu me voir?

- Oui, toutes les nuits."

Cette révélation me bouleverse et la colère retombe. Je prends ma tête entre mes mains et ferme les yeux, essayant vaguement de remettre mes idées en ordre.

"J'allais entrer quand je l'ai entendu parler, il te parlait.

- Il trouve ça idiot de parler aux comateux...

- Oui, c'est ce qu'il t'a dit. Seulement, il a ajouté que tu trouvais ça important et que c'était la seule raison qui pourrait le pousser à faire une chose aussi stupide."

Un sourire éclaire mon visage, je reconnais bien là son style délicat.

"Étrangement on a peu parlé ce soir là mais j'ai tout de même fini par comprendre ce qu'il y avait entre vous, il y avait quelque chose quand il te regardait... J'ai pris un risque en te laissant partir avec lui Lisa mais...c'était ta meilleure chance."

Julia semble réellement bouleversée et je tends une main vers elle pour la rassurer. Nos regards se croisent et un sourire prend forme sur nos visages. Je comprends enfin son attitude envers House et elle semble soulager d'avoir pu se confier. Désormais, il n'y a plus qu'une personne qui peut répondre à mes questions.

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La porte s'ouvre et il pénètre dans cette petite pièce grise, les yeux rivés sur la porte: il m'attend. Je finis par entrer avec prudence, hésitant encore sur l'attitude à adopter. A peine a t-il aperçu mon visage que son mince sourire s'efface.

"Oh la.."

Je n'ose même pas le regarder, j'ai voulu venir ici pendant des jours et me voilà face aux réponses, incapable de me reprendre.

"Qu'est ce que j'ai raté?

- Un souvenir."

Son regard s'assombrit, il recule légèrement. Un air soucieux s'installe sur son visage mais je décide malgré tout de me lancer.

"Je n'arrive pas à comprendre ce qui t'as pris, ce que j'ai bien pu faire pour mériter un truc pareil House!

- Comment tu as su?

- On s'en fiche! J'étais détruite après ça, complètement détruite et tu ne m'as rien dit, tu ne t'es jamais expliqué ..."

Il me détaille un instant et se retourne, prêt à quitter la pièce. Sans réfléchir je me rue sur lui et saisit son bras avec force.

"House!"

Une fois encore il m'observe, intrigué par mon attitude.

"Tu n'es pas en colère.

- Bien sûr que si.

- Non. J'ai passé mes journées à te rendre folle, je sais quand tu es en colère."

Je le défie un bref instant du regard avant s'abandonner la partie. A l'évidence il a raison: je ne suis pas véritablement en colère. Le besoin de comprendre son geste est plus fort que tout autre chose.

"Je dois comprendre, j'ai besoin que tu me parles.

- Je t'avais dit qu'on en arriverait là.

- Je me fiche de ce que tu as dit, c'est sans doute notre dernière chance... je ne partirai pas sans réponse."

Ma voix est forte, assurée et l'espace d'une minute je devine une lueur de fierté dans ses yeux bleus. Nos regards s'accrochent et je crois le voir céder peu à peu.

"On en a tout les deux besoin House."

Un profond soupir me répond. Il me tourne les dos et fixe le mur durant de longues secondes avant de prendre la parole. Sa façon de parler, son ton plein de reproches me fait frissonner.

"Tu voulais que je te parle, que je t'explique pourquoi je faisais n'importe quoi, que "j'exprime ma colère". J'ai fini par te dire oui, on a déjeuné ensemble... c'est là que tu m'as dit que tu ne voyais personne depuis notre rupture et que tu m'as réclamé cette brosse idiote.

- On s'est disputé?

- Plus ou moins."

En me concentrant je revois vaguement ce déjeuner à l'hôpital mais rien d'autre ne me revient en mémoire. Je m'approche un peu et aperçois soudain ce regard sombre et triste qui me fait froid dans le dos...je l'ai déjà vu..

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"House! Parle moi.

- Je l'ai déjà fait."

Il marche sans se retourner, sans même ralentir mais je ne le laisserai pas fuir: je veux l'aider, je veux avancer.

"Non tu n'as fait que répéter ce que Wilson et moi te disons depuis des jours."

Enfin je le rattrape et arrive à l'arrêter. Je me sens minuscule face à lui mais je tiens bon, cette fois il ne partira pas, on a trop besoin de cette discussion.

"Laisse moi passer.

- Non !"

Je l'observe rapidement et mes yeux s'arrête sur sa jambe, du sang tâche désormais son jean sombre.

"L'un de tes points de suture a sauté... House s'il te plait parle moi."

J'attrape doucement ses bras et sursaute tant sa réaction est violente. D'un coup il se retourne vers moi en criant et je ne peux m'empêcher de reculer.

"Tu veux savoir ce que je ressens?"

Me voilà maintenant plaquée au mur, toujours agrippée à lui et, l'espace d'un instant, il me fait peur. Cette détresse dans son regard me fend le cœur et j'ai mal rien que de le regarder. Pourtant je ne céderai pas, je ne lâcherai rien. Ses yeux croisent les miens et il se radoucit aussitôt, relâchant sa prise sur moi. La détresse laisse alors place à la douleur sur son visage et enfin il ouvre la bouche pour laisser échapper quelques mots.

"J'ai mal."

Je prends doucement sa main sans me détacher de ses yeux tristes, j'aimerai pouvoir calmer sa peine, j'aimerai pouvoir tout recommencer, le réconforter mais aucun mot ne vient. Je ne trouve qu'une phrase idiote à lui dire.

"Je le sais."

Mes yeux se remplissent de larmes, sa douleur réveille la mienne et le contact de sa main évoque encore les souvenirs de ces merveilleux mois ensemble. Les sanglots nouent ma gorge mais je parviens finalement à articuler quelques mots.

"Je suis désolée."

Il se détache lentement de moi et m'observe longuement avant de s'éloigner.

"C'est pas ta faute."

Je reste là, seule au monde et bouleversée par cet aveu à demi-mots...

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"Lisa? Lisa?"

Je sors de cet état de transe et me retrouve aussitôt face à House. Il se tient tout près de moi, une main entourant ma joue et visiblement inquiet.

"Un flash?"

Un bref hochement de tête suffit à lui répondre et je me mets à réfléchir à toute vitesse. D'un geste tendre il m'attire vers la table et m'appuie dessus sans que j'y prête la moindre attention. Cette discussion, la brosse, Jerry... les pièces du puzzle semblent enfin s'assembler.

"Tu me l'as rendue.

- Quoi?

- Ma brosse... tu étais venu me la rendre."

Je relève les yeux vers lui et il se détourne immédiatement comme un enfant pris en faute. Son malaise est palpable mais je poursuis. Mes doigts effleurent lentement son bras pour le rassurer sans qu'il le remarque.

"Tu as cru que je t'avais menti...

- De toute évidence tu voyais quelqu'un.

- C'était la première fois!

- A l'époque je l'ignorai."

Enfin je comprends ce geste fou. Je devine sa colère et sa détresse. Je prends la véritable mesure de sa douleur. La tension s'efface en un instant, mes doutes s'envolent mais il fuit déjà, trop inquiet de ma réaction. Le voilà à nouveau devant la porte prêt à rejoindre sa cellule.

"Et maintenant?"

Sa question me ramène brusquement à la réalité et je le rejoins sans attendre. D'un geste je me glisse devant lui et nouent mes doigts aux siens avec bonheur.

"Maintenant on te fait sortir de là, le plus vite possible."

Il me dévisage un instant, surpris de ma réponse si rapide.

"Tu devrais vraiment être en colère tu sais?

- On s'est fait suffisamment de mal House. Tout ça remonte à plus d'un an et demi et depuis tu m'as prouvé tous les jours que je pouvais compter sur toi, que nous deux ça pouvait marcher. Je ne sacrifierai pas cette année pour un souvenir de cinq minutes."

Un sourire illumine enfin son visage et je me laisse tomber contre son torse, serrée par ses bras puissants. Je sais d'avance que rien ne sera facile mais désormais j'y crois: je crois enfin à notre liberté prochaine.

"Ta psy va être déçue.

- ça n'a pas la moindre importance."

Un gardien tape à la porte, arrachant ainsi un grognement à House. Je m'éloigne à regrets et dépose un tendre baiser sur ses lèvres, le plus naturellement du monde. Il ne lui faut qu'une seconde pour me rapprocher de lui et répondre à mon baiser avec douceur. Ses mains glissent lentement dans mon dos avant de trouver refuge dans mes cheveux bruns. Les coups retentissent à nouveau et je me défais péniblement de son étreinte avant de quitter la pièce sans un mot: nous n'en avons pas besoin davantage.

TBC