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J'espère que la suite vous plaira toujours.

Bonne lecture à tous et encore merci!


De retour à la clinique je m'installe directement dans ma chambre et m'étend sur mon lit enfin apaisée. Plus de secrets, plus de peur, juste l'espoir. L'espoir que nos sentiments soient enfin compris, l'espoir d'une liberté prochaine.

Le docteur Weir frappe à la porte et entre discrètement, même sa présence ne parvient pas à entacher mon bonheur.

"J"imagine que vous avez suivi notre échange.

- Effectivement, vous m'avez donné votre accord en signant les papiers."

Je me retourne finalement vers elle et devine un changement dans son attitude sans pour autant parvenir à l'identifier. Elle pose son regard sur chaque détail de la pièce: les vêtements rangés, les bijoux offerts par House, les photos.. Je l'observe un long moment avant de l'interrompre, trop curieuse de ce comportement.

"Vous cherchez quelques choses?

- Une confirmation."

D'un vague signe de tête elle me salue avant de quitter la pièce sans un mot, me laissant dans l'ignorance la plus totale.

XXXXXXX

Les semaines passent et la situation reste inchangée, les mêmes murs, le même enfermement, la même douleur. Loin de House je me sens perdue et l'inquiétude me ronge: l'audience avec le juge approche et je suis toujours sous l'autorité étouffante de ma mère. Les souvenirs réapparaissent cependant peu à peu, les flashs se font plus rares et les images reviennent en douceur, semblables à des souvenirs auxquels on pense les jours de mauvais temps. Weir me pose encore et toujours des questions mais quelque chose à changer...

Me voilà d'ailleurs convoquée dans son bureau à peine éveillée. Je m'avance de mauvaise humeur dans les couloirs gris qui m'évoquent chaque fois les murs de la prison. Un mois et demi s'est écoulé depuis l'arrestation de House et je n'ai pu le voir que deux fois... le manque est chaque jour plus difficile à supporter. C'est sur ces pensées bien sombres que j'ouvre la porte de ma psychiatre sans même frapper pour découvrir avec surprise ma mère et ma sœur assises dos à moi. Instinctivement, la méfiance prend le dessus.

"J'ai raté quelque chose?

-Asseyez vous Lisa."

J'embrasse rapidement ma sœur et m'exécute sans broncher, bien trop intriguée par cette situation inédite. Weir s'éclaircit rapidement la gorge avant de se décider à parler.

"Lisa, vous avez été amenée ici pour que je décide si vous étiez ou non capable de penser et de prendre des décisions par vous même. Si je vous ai convoquées c'est parce que j'ai fini par me faire mon opinion.

-Enfin! Il vous en aura fallu du temps pour faire votre travail!" intervient soudain ma mère.

Je ne lui accorde pas un regard mais le simple fait d'entendre sa voix me met les nerfs à vifs. Malgré toutes les bonnes excuses que Julia lui trouve, elle reste responsable de l'enfermement de l'homme que j'aime... Le docteur Weir ne semble pas non plus se préoccuper de cette intervention et poursuit d'une voix douce.

"Vous avez été capable de prendre du recul face à vos souvenirs et à votre vie avec House. Plus qu'à le défendre vous avez surtout voulu comprendre ses actes. A mes yeux, cela prouve que vous ne le suivez pas aveuglement. Si tout ce que vous dites es bien vrai, et je pense que ça l'est, il s'est comporté de manière exemplaire avec vous. J'ai donc écrit au juge, la mise sous tutelle va être annulée."

Je la regarde avec des yeux ronds sans oser y croire. Est-il enfin possible que ce calvaire prenne fin? A ma gauche ma mère se relève d'un bond et crie déjà à l'injustice.

"Vous êtes complètement inconsciente! Cet homme l'a enlevée, a kidnappé ma petite fille!"

Cette fois s'en est trop. Je me lève à mon tour et décide de lui faire face, sans doute pour la première fois de mon existence.

"J'ai demandé à House de m'emmener parce qu'il me faisait du bien, j'avais besoin et envie de lui plus que de n'importe quoi. Il n'a jamais enlevé Rachel, Julia nous l'a confié une nuit avec toutes ses affaires. Tu sais pourquoi? parce qu'elle au moins avait compris qu'il était ma seule chance! Tout le monde s'en rend compte à part toi.

-Lisa tu n'es pas...

-Je n'ai pas fini!"

Ma mère reste bouche bée, visiblement peu habituée à ce qu'on lui réponde.

"Tu n'as jamais cessé de t'opposer à moi et aujourd'hui le seul homme que j'ai vraiment aimé est en prison à cause de toi. Je ne me laisserai plus faire."

La colère qui m'anime laisse Julia hébétée, son regard se pose successivement sur ma mère et sur moi sans qu'elle montre la moindre réaction. Le docteur Weir décide tout de même d'intervenir et entraine ma mère à l'extérieur sans un mot. Dès que la porte se referme derrière elles, je m'effondre sur une chaise et tente de remettre mes idées en ordre.

Je suis libre.

Enfin je retrouve mon indépendance, ma liberté de choisir. Mes yeux s'arrêtent instinctivement sur mon alliance et cette simple vision me redonne le sourire: je vais pouvoir le sortir de prison.

XXXXXXX

Il n'aura fallu que deux jours pour que je quitte la clinique et retrouve enfin ma fille. Nous nous sommes toutes les deux installées chez Willson, dans le grand appartement qu'il occupait avec House. Rachel passe son temps à jouer avec Sarah pendant que je passe des centaines de coups de téléphone pour revoir mon homme. Aucune démarche ne semble aboutir.

"Vous le reverrez bientôt Lisa, l'audience est dans deux jours.

- Il me manque Wilson, il me manque affreusement.

- J'ai vu ça oui. Rachel le réclame beaucoup ces temps ci.

- Elle l'aime..."

J'ign,ore pourquoi cette pensée me fait sourire. Pourtan Wilson a raison: à ma propre peine s'ajoute celle de ma fille. Comment lui expliquer ce qui nous arrive? Comment justifier l'absence de celui qu'elle aime comme un père? La joie et l'espoir cèdent peu à peu la place aux doutes et à la peur. Notre vie entière se jouera dans deux jours, il suffit de quelques mots du juge pour la détruire.

Sentant mon trouble, le médecin pose une main amicale sur mon bras et tente de me rassurer. J'entends ses paroles mais ne les écoute pas, bien trop absorbée par mes pensées lugubres.

XXXXXXX

Je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit, trop préoccupée par l'audience de ce matin. Wilson me rejoint dans la cuisine les yeux rougis de fatigue et m'adresse un sourire réconfortant auquel je suis incapable de répondre. L'angoisse me noue la gorge, mon corps tout entier semble tétanisé par la peur.

"Lisa vous devriez essayer de vous calmer, vous ne l'aidez pas ainsi.

- Je suis heureuse de le revoir mais terrorisée à l'idée de le perdre... J'ai trop besoin de lui."

Alors que l'oncologue s'apprête à répondre, il se fige et fixe un point derrière moi. En me retournant je retrouve ma fille en pyjama, trainant sa peluche dans une main et tenant Sarah dans l'autre.

"On va voir House?"

L'espoir qui illumine son regard me boulverse, cet air innocent et ses yeux brillants me fendent le cœur. Je m'approche doucement et la serre contre moi le plus possible. Sans trop comprendre, Rachel relâche le chat de Wilson et se blottit contre moi.

"Je veux le voir aussi Maman"

Ses quelques mots m'achèvent mais je lui souris, essayant tant bien que mal d'être rassurante. Je caresse doucement ses cheveux et contemple un instant ses magnifiques yeux verts avant de lui répondre.

"House ne peut pas encore rentrer ma chérie, il a des problèmes mais je te promets que dès qu'il pourra te voir je t'emmènerai. Tu lui manques aussi tu sais."

A peine ai-je fini ma phrase que son regard se brouille et les premières larmes perlent au coin de ses yeux. Elle retourne dans sa chambre sans un mot et je reste plantée là, boulversée par le chagrin de ma fille.

"Je peux la prendre avec moi."

La voix de Wilson me fait sursauter et je me retourne vers lui sans vraiment comprendre.

"House pourra peut-être la voir, Julia doit rester dans la salle d'audience pour être entendue mais personne n'a demandé à me voir. Si l'occasion se présente, Rachel sera sur place avec moi..

- Vous passeriez la journée au tribunal avec Rachel?

- Je crois qu'elle a autant besoin de le revoir que vous Lisa."

La proposition de Wilson me touche et j'accepte avec joie. Aussi idiot que cela puisse paraitre, je me surprend à espérer de nouveau. C'est donc le coeur plus léger que je vais retrouver ma fille pour l'habiller, le tribunal nous attend.

XXXXXXX

L'audience présidée par le juge Helen Davis dure depuis près d'une heure maintenant. House est assis devant moi sans que je puisse lui parler, sans que je puisse le toucher. Nous n'avons pu partager qu'un regard d'une intensité sans pareil. Je suis avec attention les échanges houleux entre notre avocat maître Garner et le procureur Florrick, accompagnés des sbires de ma mère.

C'est désormais au tour du docteur Weir de témoigner. Julia serre ma main avec douceur, devinant mon trouble en un instant, elle non plus n'aura pas été épargné par les avocats. Sans surprise, la psychiatre répète l'intégralité de son rapport, attestant de ma pleine capacité de jugements. Florrick crie au scandale, évoque des pratiques douteuses et je me sens chaque instant plus mal encore. Comme s'il m'avait entendu, House se tourne discrètement vers moi et m'incite à me calmer d'un simple signe de tête. Son regard tendre m'apaise quelques secondes et je lui offre un sourire timide, teinté de toute l'inquiétude qui meronge. Un bruit sourd brise tout à coup cet instant fragile et je me retourne brusquement vers la juge

"Le témoin peut disposer.

- Mais madame la présidente il est évident que...

- Silence!"

Le marteau de bois frappe une nouvelle fois sur le pupitre, faisant régner en un éclair un silence de cathédrale dans la salle. La juge semble réfléchir un instant, soupire et relève la tête vers House.

"Monsieur House veuillez vous lever."

Il s'éxécute avec difficulté, privé de sa canne et contraint d'être menotté. Mon coeur se serre devant cette image et mon souffle semble s'être coupé. Je reste désormais suspendue aux lèvres de la juge, attendant le verdict dans une angoisse indescriptible.

"Mon sentiment est... Je ne suis pas certaine de saisir la nature exacte de votre relation avec Lisa Cuddy. Néanmoins il est clair pour moi qu'elle a choisi de vous suivre et qu'il n'y a eu ni enlèvement, ni séquestration. Étant donné le témoignage de Julia Cuddy, il me semble évident que la jeune Rachel a simplement été confié à sa mère et non arrachée de force par monsieur House. Cette affaire ne sera pas porté devant un jury, l'affaire est donc classée."

Le juge Davis frappe une nouvelle fois le bois et je crois revivre. Enfin nous allons retrouvé une vie normale, enfin je vais pouvoir me blottir dans les bras de l'homme que j'aime. A mes côtés, Julia laisse échapper un profond soupir avant de m'enlacer tant sa joie est immense. Nous partageons cet instant de pur bonheur quand une voix s'élève à nouveau.

"Cependant, vous restez coupable d'agression sur la personne de Matthew Flanigan et d'usage de faux. Pour cela vous serez condamné à un an de prison dont six avec sursis, la séance est levée. Huissier veuillez conduire Monsieur House au dépôt."

Abasourdie je me retourne vers ma soeur qui semble aussi surprise que moi. Un homme s'approche déjà de House et, sans réfléchir, je me précipite vers lui. La salle entière se retourne vers moi mais peu importe, il est la seule chose qui compte. A la surprise générale je me jette contre lui et l'enlace de toutes mes forces, nichant ma tête dans son cou. Une main s'abat déjà sur mon épaule pour m'éloigner de lui quand Maitre Garner prend soudainement la parole.

"Madame la présidente, mademoiselle Cuddy a fait de très nombreuses démarches pour rendre visite à son compagnon et toutes se sont soldées par un échec. Je crois que mon client a le droit à quelques minutes pour retrouver sa famille.

-C'est aussi mon avis maitre Garner."

Je bredouille un bref merci et reprend ma place contre lui, nouant mes bras autour de son cou avec tendresse. L'huissier s'approche pour retirer ses menottes et enfin je retrouve la douce chaleur de ses étreintes. Ses bras caressent lentement mon dos et je lève vers lui des yeux rougis de larmes. Sans un mot il m'embrasse avec douceur, frôlant à peine mes lèvres entrouvertes. Mes mains se nouent autour de sa taille et je me colle à lui, savourant cet instant de grâce. Il s'arrête subitement pour caresser mes cheveux du bout des doigts et sécher les larmes naissantes au coin de mes yeux.

"Six mois, je vais être privée de toi encore six mois."

House me sourit avant de m'attirer un peu plus contre lui, visiblement satisfait de la tournure des évènements. Son souffle chaud parcourt mon cou et je le sens s'approcher lentement de mon oreille.

"Avec ce que j'ai déjà fait et ce que Garner va négocier je serai très vite dehors, quelques semaines au plus. Ne t'en fais pas."

Un sourire éclaire tout à coup mon visage et je ne peux résister à l'envie de gouter encore à ses lèvres. Sans la moindre hésitation je reprends possession de sa bouche délicate et me laisse envahir par les émotions qui me bouleversent. Le soulagement, la joie, l'envie, l'amour... tout se bouscule et mon corps tout entier semble reprendre vie sous cette caresse.

La porte de la salle d'audience s'ouvre tout à coup et Julia apparait, accompagnée de Rachel et de apercevant House, le visage de ma fille s'illumine et elle nous rejoint en courant malgré les protestations de Wilson. En quelques secondes elle arrive dans mes bras et se laisse soulever pour atteindre mon compagnon. Ses petits bras se tendent vers lui et House la laisse s'acccrocher à son cou, un léger sourire au coin des lèvres.

"Bien le bonjour capitaine"

Rachel rit de ses bêtises et embrasse tendrement sa joue.

"J'ai chassé tous les pirates!"

Comme si le tribunal avait disparu, je m'approche de mon "mari" et cale ma tête sur son épaule, caressant d'une main le dos de ma fille. Rachel se cache elle aussi contre House, savourant ce rare contact avec bonheur.

L'huissier s'approche déjà, faisant signe à House qu'il est l'heure. Il repose Rachel au sol avant de lui murmurer quelques mots.

"Je te confie encore un peu ta maman.

- Je veux que tu reviennes jouer!

- Je reviendrais très vite microbe."

D'un geste tendre il décoiffe rapidement la petite avant de se tourner vers moi et de capturer mes lèvres un bref instant.

"Ne t'en fais pas."

Il s'éloigne lentement aux côtés de l'huissier, dissimulant ses menottes du mieux qu'il le peut. Un dernier regard, un clin d'oeil à Rachel et il disparait derrière la porte, prêt à passer une nouvelle nuit en prison...

TBC