Prologue
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Bonjour !
J'avais cette histoire dans la tête depuis un petit moment et du coup je me suis finalement décidée à l'écrire.
C'est ma première fanfiction donc si vous voyez la moindre erreur ou si les personnages vous semblent trop OOC, n'hésitez pas à me le faire savoir pour que je puisse m'améliorer !
J'essayerais de mettre à jour aussi souvent que possible, mais ça risque d'être assez irrégulier.
J'espère sincèrement que ça vous plaira. Bonne lecture !
…
Grèce, Avril 1909
Gellert venait de quitter son hôtel dans le quartier magique d'Athènes pour se rendre sur la petite clairière déserte au milieu d'une forêt qu'il avait repérée précédemment en survolant le territoire.
Avec les bonnes protections, ce sera l'endroit idéal pour effectuer un rituel sans se faire repérer.
Il venait de remettre les pieds sur le continent après un voyage de cinq mois en Turquie et au Moyen-Orient. Le sorcier avait décidé de rester quelque temps à Athènes avant de retourner en Autriche, le gouvernement magique Grecque étant l'un des plus accommodants d'Europe. Il avait passé les trois derniers jours à lire avec avidité les différents livres particulièrement rares qu'il avait réussi à obtenir. Finalement, il trouva dans un très vieux livre écrit en latin, la description d'un rituel qui selon l'auteur permettrait de localiser des objets perdus ou disparus. Cela lui semblant utile, il avait de ce fait, décidé de le tenter afin de mettre la main sur la pierre de résurrection.
Ayant en sa possession depuis plus de huit ans la baguette de sureau qu'il avait volée à Gregorovitch, la pierre résurrection venait donc en seconde position dans son classement des reliques les plus utiles pour ses projets. Puis il récupérerait la cape et deviendrait le Maître de la mort. Il devait à tout prix les trouver, il en avait rêvé et ils les avaient vues.
Avec les trois reliques, personne ne pourrait l'arrêter et il aurait alors la possibilité de pouvoir enfin supprimer le Statut International du Secret Magique, permettant ainsi aux sorciers de cesser d'avoir à se cacher et de vivre dans la peur d'être repéré par les moldus. Depuis bien trop longtemps, ce maudit statut les avait opprimés plus qu'il ne les avait protégés et il fallait que cela cesse. Pour « le plus grand bien » comme l'aurait dit Albus.
Il atterrit dans la clairière ensoleillée. Les conditions étaient idéales, l'espace était dégagé et il n'y avait pas de vent. Il s'installa et commença à aménager l'endroit mettant tout en place pour le rituel. Il s'apprêtait à tracer les runes lorsqu'il se rendit compte que certaines d'entre elles étaient quelque peu effacées dues à la vieillesse du livre. Et s'il pouvait en deviner certaines, d'autres lui étaient totalement inconnues.
Gellert s'arrêta et réfléchit à la marche à suivre. L'étude des runes était connue comme une discipline très compliquée, car les runes ne fonctionnaient que si elles étaient tracées de façon correcte, à la bonne place et dans le bon ordre.
Dans un rituel même l'écartement entre les symboles était important. Si toutes ces conditions n'étaient pas réunies, s'il y avait la moindre erreur, rien ne fonctionnerait. Cela rendait la recherche des runes et la création de rituels très longue, ennuyante et particulièrement pénible.
Cette discipline était donc devenue quelque peu désuète, car le plus souvent pour le même résultat, une alternative plus simple était possible dans un autre domaine magique comme les enchantements ou la magie du sang, bien que cette dernière soit extrêmement contrôlée, voire parfois carrément répertoriée comme magie noire.
La particularité de ce rituel était justement qu'il alliait les runes et la magie du sang, chose que Gellert n'avait encore jamais mis en pratique personnellement. L'hypothèse la plus logique pour expliquer un tel choix serait que le sang servirait à renforcer le lien avec le sorcier, rendant ainsi la focalisation sur l'objet perdu plus intense, augmentant donc les chances de succès.
Mais les runes restaient des runes, peu importe avec quoi elles étaient tracées et il serait hautement improbable qu'il en crée de nouvelles ou modifie le rituel d'une quelconque façon s'il se trompait en complétant les parties légèrement effacées qui lui étaient inconnues.
Non, il ne se passerait tout simplement rien, le seul effet indésirable qui pourrait en découler serait de devoir tout recommencer entièrement, et ce dans un autre endroit.
Décidant de poursuivre le rituel, Gellert termina de tracer les runes avec son sang, les complétant avec ce qui lui semblait être les formes les plus probables.
Lorsqu'il eut fini de réciter l'incantation en se concentrant sur la pierre de résurrection, il se mit à observer le sol avec attention. Normalement, si tout se passait comme prévu, les runes devraient s'activer dans une lumière bleue, puis l'objet perdu apparaîtrait dans le centre du cercle. Cependant, contrairement aux effets précisément décrits dans le livre, le rituel effectué par Gellert vira au violet foncé faisant trembler le sol. Il y eut ensuite une violente détonation d'énergie qui l'assomma.
Il reprit connaissance sous l'effet du froid et d'une pluie battante. Observant son environnement, le sorcier réalisa qu'il avait bougé et n'était plus dans la clairière. Il se trouvait à présent devant une petite maison en ruine avec un serpent placarder sur la porte et à en juger par le temps et la température qui semblait avoir chuté d'au moins dix degrés, il n'était probablement même plus en Grèce.
Il y avait apparemment eu un problème avec le rituel. Heureusement, il avait encore sa baguette et son manteau dans lequel se trouvaient ses affaires les plus importantes grâce à un charme d'agrandissement des poches.
Gellert dégaina la baguette de sureau. Il n'avait pas la moindre idée de la raison pouvant expliquer qu'il ne soit plus au même endroit et rien dans l'incantation n'impliquait son déplacement, ça il en était certain.
Cela pouvait provenir des runes inconnues ou encore du livre lui-même. Le fait d'être très ancien ne rendait pas l'auteur bien intentionné pour autant. Et vu le contenu de certains rituels et la description des sorts, il ne faisait quasiment aucun doute que ce serait classé comme hautement illégal par la quasi-totalité des gouvernements magiques.
Il y avait également à prendre en compte le fait qu'il avait volé le livre en question à un vampire dans l'un des endroits les plus mal famés de Constantinople.
Gellert se décida finalement à se diriger vers la petite maison lançant un sort de détection de la magie environnante. Le sort revint positif. Il y avait bien de la magie à l'intérieur de la maison en ruine. Il s'avança prudemment, sa baguette brandie et poussa doucement la porte ouverte avec un regard dégoûté.
Qui pouvait bien clouer un serpent sur sa porte ?!
La maison était à l'abandon, mais avait définitivement appartenu à un sorcier à en juger par le chaudron et l'arbre généalogique des vieilles familles de sang pur anglaises sur le mur. Ce qui signifiait également qu'il avait une chance terriblement mauvaise et se trouvait actuellement selon toute probabilité quelque part en Angleterre.
Priant Merlin pour que toute cette histoire n'ait absolument rien à voir avec Albus Dumbledore, qu'il n'avait pas revu depuis cette tragique nuit d'été il y a dix ans, son attention fut attirée par une bague. La bague était sertie d'une grosse pierre noire sur laquelle était gravé le symbole des reliques de la mort. Le cœur battant il s'approcha. Il fut soudain submergé par une envie irrépressible des'en saisir et de la mettre sur son doigt.
Étant sur ses gardes et reconnaissant un sortilège de compulsion pour l'avoir malheureusement déjà expérimenté, il fit immédiatement plusieurs pas en arrière. Reprenant ses esprits, il enleva la compulsion d'un rapide contre-sort et analysa les différentes magies restantes sur la bague.
Il semblerait qu'il y ait une sorte de maléfice dont il n'était pas totalement sûr des effets, mais lesquels étaient sans aucun doute très désagréables. Puis encore en dessous il y avait une sorte de magie noire très atypique qu'il avait déjà vue une fois il y a environ quatre ans de cela, lors d'un voyage en Chine.
Il avait entendu parler d'un groupe de sorciers vivant dans les montagnes et ce faisant appeler le clan des immortels.
Par pure curiosité, Gellert avait décidé d'aller les rencontrer. L'accueil qu'il reçut ne fut cependant pas très agréable et il se retrouva emprisonner dans une sorte de temple rempli de talismans dégageant le même type de magie noire que la bague qu'il avait sous les yeux maintenant.
À l'époque, il utilisait encore sa vieille baguette et se contentait de garder la baguette de sureau caché sur lui.
Cela lui avait sauvé la vie puisqu'ils ne lui avaient confisqué qu'une seule de ses deux baguettes. Les murs du temple dans lequel il était emprisonné étant en bois, ce qui est la norme en Chine, Gellert s'était contenté de jeter le sort de feu le plus puissant qu'il connaissait, à savoir un feudeymon, pour se libérer.
Son sort avait apparemment eu pour effet secondaire de détruire également les talismans, rendant les immortels un peu moins immortels et beaucoup plus énervés.
Il avait appris par la suite qu'il s'agissait en réalité d'un groupe de nécromanciens et que personne n'en revenait en vie à moins d'avoir une invitation officielle de leurs parts.
Contemplant la bague, Gellert se demanda ce qu'il devait en faire. Il y avait vraiment peu de chance qu'il s'agisse de la vraie pierre de résurrection. C'était probablement un leurre qui prenait l'apparence de quelque chose qu'il désirait pour le pousser à activer le maléfice en complément du sort de compulsion. Ou juste un piège assez bien élaboré. Cela pouvait également être n'importe quoi d'autre auquel il ne pouvait pas penser dans l'immédiat.
Il décida de récupérer la bague le temps de comprendre de quoi il en retournait, et la fit léviter directement dans une pochette à artefact.
Son choix de la conserver était également motivé par l'hypothèse assez improbable que ce soit bel et bien la pierre et que de ce fait, il existe sur cette planète quelqu'un d'assez idiot pour penser que parmi tous les objets possibles, la pierre de résurrection ferait un réceptacle approprié pour un Horcruxe.
Ressortant de la maison il constata que la pluie s'était arrêtée et qu'il y avait maintenant quelques rayons de soleil. Soupirant de dépit sur le fait qu'il s'agissait définitivement du climat anglais il se mit à explorer les environs pour comprendre dans quel endroit perdu de la campagne, il avait bien pu atterrir et surtout pourquoi ici précisément.
Au bout de quelques minutes, il aperçut au loin ce qui ressemblait à un village. Gellert se dirigea donc dans cette direction en espérant, pas pour la première fois aujourd'hui, de ne pas avoir à croisé Albus. Il n'avait vraiment aucune idée de comment gérer ce qui en découlerait.
Lorsqu'il arriva, le village lui parut quelque peu désert, mais il aperçut néanmoins deux jeunes filles qui discutaient appuyées contre un mur. Elles avaient l'air assez jeunes entre quinze et vingt ans et étaient toutes deux vêtues de pantalons avec des vestes courtes plutôt vulgaires. Un style vestimentaire très étrange qui ne correspondait ni à la mode moldue ni à la mode sorcière.
Préparant son plus beau sourire, Gellert s'avança dans leur direction.
— Excusez-moi mesdemoiselles, je me suis perdu un peu plus haut. Pourriez-vous m'indiquer où je me trouve ?
Les deux filles se regardèrent. Puis l'une d'elles lui répondit :
— Vous êtes tombé en panne ? Parce que je crois que Mark est au pub juste là-bas. Il vous aidera sûrement si vous lui demandez.
— C'est le garagiste, ajouta l'autre fille avec des cheveux bruns. Et ici, c'est Little Hangleton. Est-ce que ça va, vous êtes blessé ? demanda-t-elle en fixant le sang sur sa main.
— Tout va bien, juste une petite coupure, répondit Gellert en leur adressant un sourire rassurant.
Ces filles étaient apparemment moldues. Elles ne pourraient sans doute pas lui fournir beaucoup d'explications sur quoi que ce soit qui pourrait se passer ici.
— Le village est-il toujours aussi vide à cette heure-ci ? demanda-t-il finalement sur le ton de la conversation.
— Oh, non. Normalement il y plus de monde dehors, mais comme il y a eu cet incident hier, vous savez avec le match de foot à Sheffield, la plupart d'entre eux discutent dans le pub devant la télé. Il paraît que la reine va faire un discours.
… La télé … ? … La reine… ? … Les moldus Britanniques n'avaient-ils pas un roi ? ... Bathilda l'avait mentionné quand il vivait encore avec elle … Edward … Quelque chose…
— Vous n'êtes pas au courant ? s'exclama-t-elle en remarquant l'air confus sur le visage de Gellert. Il y a eu des bagarres dans un stade hier. Plus de quatre-vingt-dix personnes sont mortes. C'est dans le journal, regarder, dit-elle en allant récupérer un journal qui traînait sur un banc vide pour le lui monter.
Sur le titre on pouvait y lire : Catastrophe d'Hillsborough. Un mouvement de foule tue 97 personnes. Qui est responsable ? Mais ce qui attira particulièrement l'attention de Gellert fut la date. Le 16 avril 1989. Impossible. On était en 1909, pas 1989.
— Ils se sont trompés sur la date, leur dit-il. Ils ont écrit 1989.
Les deux filles le regardèrent sans comprendre.
— Ouais et alors ? C'est la bonne date, répliqua la première.
— On est en 1909.
Les moldus le fixèrent un moment avant de se mettre à rire.
— Très drôle, répondit sarcastiquement l'une d'elle. Bien que 1909 expliquerait probablement la chemise bouffante et la cravate écharpe.
— On est en 1909, répéta Gellert incrédule et agacé. Qui êtes-vous toutes les deux ? Et à quoi rime cette mascarade ? Vous savez pertinemment que nous ne sommes pas en 1989. Aucune forme de magie ne peut faire ça.
La brune leva les yeux au ciel et attrapa l'autre fille par le bras.
— Vient Katie, il se moque clairement de nous.
— Moi je trouve ça plutôt rigolo. Il a même pris la peine de s'habiller pour être dans le thème, répondit la dénommée Katie. Elle se tourna ensuite vers Gellert avec un sourire.
— Cette blague aurait sûrement mieux marché dans une grande ville, il n'y a que nous et des personnes âgées, ici. Mais je suis curieuse, comment êtes-vous arrivé à notre époque ? Avec un Tardis ou une Delorean ?
Avant que Gellert n'ait eu la moindre chance de répondre à la question à laquelle il n'avait absolument rien compris, la fille brune parla à nouveau :
— Arrête de l'encourager. On le connaît même pas et il est bizarre. Vient, on va rejoindre les autres, dit-elle en entraînant son amie.
Les deux jeunes filles s'éloignèrent, marchant rapidement en direction du pub. Gellert les regarda partir avec choc, tenant toujours le journal dans sa main, et commençant à sentir une horreur stupéfaite monter en lui.
Il ne pouvait pas être en 1989. C'était impossible. Aucun rituel aussi puissant soit-il, ne pouvait faire voyager quelqu'un dans le temps. Comment une telle chose avait bien pu arriver ?
Tout cela n'était peut-être qu'une blague ou une vengeance. En y repensant bien, il avait énervé pas mal de monde, et parmi eux, certaines personnes particulièrement puissantes et influentes. Il était possiblement empoisonné ou sous l'effet d'une illusion. Mais les deux filles moldues, si tant est qu'elles le soient réellement, n'avaient pas l'air de plaisanter et leurs façons de parler étaient encore plus étranges que la façon dont elles s'habillaient.
Il sursauta en entendant un bruit assourdissant et remarqua un engin moldu qu'il n'avait jamais vu auparavant passé à toute vitesse dans la rue en contrebas.
Il lui arrivait parfois d'avoir des visons qui lui venaient naturellement de manière incontrôlable et qu'il ne comprenait pas toujours, héritage d'un vieux don de famille, mais alors ça, il ne l'avait littéralement pas vu venir. Un comble pour un soi-disant voyant.
S'il était réellement 80 ans dans le futur, cela voulait dire qu'il devait avoir plus de 100 ans maintenant. S'il était toujours en vie. Il aurait besoin de savoir ce qu'il était devenu et de rechercher les faits historiques majeurs.
Beaucoup de choses pouvaient arriver en 80 ans et si le moindre de ses plans s'était concrétisé, il aurait probablement provoqué quelques vagues.
Ou alors, selon une tout autre possibilité, il ne serait rien de plus que cet étrange sorcier qui s'était fait expulser de Dumstrang pour magie noire et qui avait disparu sans laisser de trace cette journée d'avril 1909 en Grèce.
À vérifier donc… Et de préférence dans la plus grande discrétion, lorsque l'on manque d'informations, mieux vaut être extrêmement discret et prudent. On ne sait jamais ce qui pourrait se passer.
Avec un sursaut, il se demanda sur un coup de tête si Albus allait bien. Si c'était bien 1989, alors son vieil ami devait avoir 108 ans. Bien que l'espérance de vie moyenne d'un sorcier soit d'environ 150 ans, ça ne lui coûtait rien de vérifier. Il extirpa le pacte de sang de sous sa chemise et l'observa attentivement. Tout semblait normal. Cela voulait probablement dire qu'Albus était en vie. Après tout, s'il était bien dans le futur et que Albus était mort, le pacte n'aurait plus pu accéder à sa magie et aurait cessé de fonctionner ou se serait brisé.
Métamorphosant légèrement son apparence à l'aide d'un glamour pour ne pas être reconnaissable, Gellert transplana à Londres pour rejoindre le chemin de traverse. Avant de faire quoi que ce soit, il avait besoin de comprendre ce qui venait de lui arriver.
