Bethsabée Isobel Meredith s'avança avec appréhension jusqu'à la lisière de la forêt interdite. Auparavant, ce n'était qu'une forêt commune, et les sorcières pouvaient s'y balader avec la certitude qu'il n'y avait rien de pire qu'elles-mêmes pour s'y balader, mais depuis l'âge d'or où Helga Poufsouffle y chassait encore les bons coins à champignons, l'endroit avait beaucoup changé. Des siècles d'expérimentations magiques et d'élèves coupables se débarrassant discrètement de leurs animaux de compagnie encombrants s'étaient entreposés entre ces arbres. Hagrid lui avait notamment parlé d'une créature qui tuait régulièrement les licornes, ces temps-ci.

- Il y a aussi le garçon mi-licorne mi-centaure, j'aimerais être sûr qu'il ne lui est rien arrivé.

- Quoi, les centaures et les licornes se reproduisent entre eux ?

- Qu'est-ce que tu crois qu'ils peuvent faire d'autre pour passer le temps dans cette forêt ? Aller au cinéma ? En tout cas, je suis content de t'avoir avec moi, même quand j'y amène les molosses pour m'accompagner, je ne me sens pas rassuré, ces temps-ci.

Bethsabée Isobel Meredith déglutit en repensant aux monstrueuses bêtes qui servaient de toutous au géant. Elles étaient restées en couinant sous le lit et refusaient de sortir.

Il y avait aussi ce sentiment qu'il allait se passer quelque chose de mauvais, des images lui venaient par intermittence d'une silhouette noire… Avec deux visages. Avec agacement, la jeune fille se tapa la tête de la paume de la main, comme pour retaper un téléviseur mal réglé. Voilà, c'était encore cette précognition que Rowena Serdaigle lui avait mis dans la tête, elle faisait encore des siennes.

La patronne de Serdaigle était en réalité particulièrement habile, non pas dans les arts obscurs, mais dans la magie tortueuse et compliquée, elle avait décelé un don chez Bethsabée Isobel Meredith, l'avait poussée à le développer, et la jeune élève, effrayée, s'était empressée d'oublier autant que possible tous ses cours dès l'instant où elle s'était rendue compte que lire dans les pensées et voir l'avenir pouvait devenir un véritable enfer.

Elle finissait par répondre aux autres avant même qu'ils viennent la saluer, et comme ses interlocuteurs, troublés, finissaient par poser d'autres questions, perplexes, cela lui fichait un mal de crâne de tous les diables. C'était tout de même curieux, comme l'avenir était mouvant, alors que le passé était immuable.

Quant à lire dans les pensées… Après bien des expériences gênantes, elle y avait aussi renoncé. Enterrer ces pouvoirs sous son crâne était comme s'empêcher d'écouter une musique. On pouvait boucher ses oreilles pour que ce ne soit plus qu'un son diffus, mais c'était incommodant, et à la moindre perte de concentration, cela vous revenait comme une porte en pleine figure.

Hagrid et elle s'enfonçaient dans le sous-bois, tandis que le ciel s'assombrissait.

- Tu dois admettre que c'est une très mauvaise fanfiction.

Nicole se tortilla sur son siège, mais elle eut la générosité de prendre l'air gêné.

Élisa et elle étaient au Starbucks, on ne changeait pas les mauvaises habitudes. C'était les vacances d'été, et la fillette avait réclamé à ses parents un week-end à Paris, dans l'intention évidente, bien entendu, de rencontrer de visu sa nouvelle amie. Elles étaient maintenant installées, face-à-face, devant leurs boissons, en gigotant un peu, à cause de l'embarras qu'était une première confrontation après bien des échanges via des médiums bien commodes. Nicole se sentait gênée par son apparence physique, ses dents mal fichues et ses grosses lunettes de myope. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter des regards anxieux à la gamine, en essayant de déceler de la moquerie sur son visage.

Mais Élisa, mis à part son embarras bien légitime de départ, paraissait curieusement sereine, adulte, en dépit de sa silhouette gracile de petit moineau sous-alimenté qui touchait tout juste le sol de la pointe des pieds une fois qu'elle était assise sur une chaise.

Nicole capitula et passa par le langage du corps pour confirmer que oui, effectivement Élisa ne risquait pas d'avoir un Pulitzer.

- Mais ce n'est pas grave. Parce que quand elle sera finie, je la réécrirai, je la retravaillerai. Je ferais mon possible pour l'aimer de nouveau, parce que je crois que c'est ça, aussi, l'écriture, c'est de l'édition.

Elle avait appuyé sur le dernier mot. Elle arrêta de parler à son Frappucino fraise et osa regarder franchement la personne assise avec elle, dans les yeux. C'était l'une des nouvelles résolutions d'Élisa, surmonter sa timidité.

- Enfin, si j'ai le temps avec le collège, et puis j'aimerais m'inscrire à un club de théâtre, aussi. Oui, parce que j'ai décidé que j'irais au collège. Je vais continuer de vivre avec ma maman, mais je crois que papa a raison, je dois le faire. Tu sais, c'est drôle, mais je commence à me dire que si j'ai commencé à écrire, c'est parce qu'inconsciemment, je sentais déjà que ça n'allait plus trop entre eux.

Les parents d'Élisa avaient décidé de divorcer.

- Je voulais m'isoler de la réalité, je veux dire, encore plus que d'habitude, et je ne me sentais jamais à l'aise avec eux, au dîner. J'avais l'impression ces derniers temps qu'ils me cachaient des choses et je voulais, peut-être pour me venger, avoir moi aussi mes secrets.

Ses yeux se perdirent dans le vague.

- Je me sens mal à cause de ça, les disputes, le nouvel appartement de maman et moi, mais je me sens beaucoup mieux que quand personne ne disait rien. Je pense qu'ils ne s'aimaient plus trop depuis longtemps mais qu'ils ne se l'étaient même pas dit à eux-mêmes. Je pense que j'écrirais une histoire là-dessus, mais pas une fanfiction, une histoire bien à moi, mais avec une part inventée, j'aimerais bien écrire une histoire de fantômes qui se passerait dans les Caraïbes.

Sa voix se cassa.

- Je pense que ce sera très bien, dit Nicole d'une voix douce.

Elles finirent le cheese-cake à deux parce qu'Élisa n'arrivait pas à le manger toute seule en entier.

Bethsabée Isobel Meredith avait couru à en perdre le souffle et le sens de l'orientation. Elle avait aperçu la silhouette blanche d'un centaure au loin, entre les arbres, et il lui était venu à l'idée que ce devait être la fameuse licorne centaure. Sans crier pour ne pas l'effrayer, en s'éloignant de Hagrid sans trop y penser, elle s'était frayé un chemin entre les ombres, exaltée, ravie de pouvoir enfin commencer à s'amuser dans ce sinistre endroit. Mais la silhouette du quadrupède à la robe immaculée s'évanouit, et la jeune fille se retrouva bientôt seule dans une clairière sombre.

Une boule se forma dans sa gorge et l'angoisse s'accrut lorsqu'elle se rendit compte qu'elle n'était pas seule, quelqu'un venait de se glisser derrière elle. Faisant un tour sur elle-même, elle se retrouva nez-à-nez avec un homme vêtu d'une cape noire et d'un gigantesque turban. L'individu ne lui disait rien du tout, elle ne l'avait encore jamais rencontré. Une voix sifflante se fit cependant entendre, comme si l'homme cachait un serpent sous sa robe. Toujours en surveillant Bethsabée Isobel Meredith d'un air neutre, il se mit à dérouler son turban, tandis que la jeune fille, tendue, ne savait plus quoi faire. Elle cherchait du coin des yeux un chemin par lequel détaler, mais tout en même temps, quelque chose lui paralysait les membres et l'obligeait à regarder.

Le turban finit par tomber totalement en un long ruban sur le sol. Il révéla un crâne chauve et étonnamment petit. Le sinistre individu tourna alors les talons, et Bethsabée Isobel Meredith crut qu'elle allait s'enfuir, mais alors, la monstruosité à l'arrière de son crâne l'emplit d'horreur et de répulsion. C'était une ignoble face d'être humain, qui apparaissait comme une difformité dérangeante en cet endroit, pire que s'il lui avait montré une partie de son anatomie couverte de furoncles purulents.

Et comme elle était Bethsabée Isobel Meredith, elle sut sans qu'il ait besoin de le dire, que c'était son père. Il s'agissait de Lord Voldemort, à présent de retour sous la forme de ce monstre bicéphale.

Hagrid brisa la tension plus lourde qu'un bol de caramel en surgissant de derrière sa protégée, tout en hurlant et en faisant tournoyer son petit parapluie rose tel un nunchaku pour la défendre. Lord Voldemort, derechef, sortit une baguette magique qu'il braqua sur le compagnon de la jeune fille en disant :

- Avada Kedavra.

Elle ne comprit pas tout de suite ce qui s'était passé. Un éclair vert l'éblouit et celui qui l'avait sauvé des Dursley tombait comme une pierre face contre terre. Elle voulut s'agenouiller pour essayer de le relever mais il était trop lourd. Elle s'effondra lorsqu'elle se rendit compte qu'en réalité, il ne respirait plus du tout. Des paillettes dorées tombèrent de ses yeux pour s'amonceler sur le dos de son ami. Des larmes qu'elles n'avaient pas laissé tomber en dépit de tous les mauvais traitements de Pétunia Dursley.

Élisa regretta d'avoir écrit cette scène de scarification quelques chapitres plus tôt, lorsque Bethsabée Isobel Meredith pleurait parce qu'en fait, elle ne faisait que pleurnicher sur son sort. Il y en avait du coup un peu moins, de larmes, pour les moments importants comme celui-là.

Voldemort, dans sa grande cape noire, s'avança pour porter le coup fatal à sa fille honnie… Lorsque les éclats de voix d'une foule bruyante le poussèrent à s'évanouir furtivement entre les branches, après un dernier regard en arrière pour Bethsabée Isobel Meredith.

C'était Albus Dumbledore, ainsi que les professeurs de Poudlard et même une foule d'élèves. Ils arrivaient sur les lieux et il y eut un mouvement de recul général lorsque l'on découvrit que Hagrid était mort. Puis deux personnes se portèrent volontaires pour faire reculer Bethsabée Isobel Meredith qui poussa un cri de chat écrasé.

Puis elle s'éveilla à l'infirmerie.

Quelques semaines, déjà, s'étaient écoulées depuis l'incident. Les professeurs avaient fait plusieurs battues dans la forêt, avec l'aide d'hommes du Ministère, mais le mystérieux assassin était plus insaisissable qu'un ninja. Bientôt, il commença à se murmurer des choses étranges sur l'instabilité de Bethsabée Isobel Meredith, des propos qu'elle n'entendit que de loin, par bribes, mais qui s'accompagnaient dans l'école de regards suspicieux comme des poignards dans le cœur. Les recherches s'étaient finalement estompées avant de s'arrêter, la scolarité avait repris son cours, mais la petite sorcière aux cheveux roses avait arrêté de fréquenter les couloirs de Poudlard. Elle passait maintenant son temps à éviter les autres, et pour l'heure, elle frissonnait à la fontaine durant les leçons, tandis que le printemps essuyait les derniers jours d'hiver.

Et ce fut là qu'elle eut la surprise de trouver Hermione à ses côtés. La jeune fille, nouvelle amie de Harry et Gryffondor, ne lui avait pratiquement plus adressé la parole depuis leur tout premier jour à Poudlard, et voilà qu'elle se trouvait maintenant assise à ses côtés, ses cheveux toujours en bataille, un livre épais pressé contre sa poitrine. Ce fut donc étrange lorsqu'elle demanda à Bethsabée Isobel Meredith comment elle se sentait. Mais c'était aussi la première personne à le demander, alors la jeune fille explosa en sanglotant. Elle avait l'impression que c'était de sa faute si Hagrid était mort, elle avait l'impression que c'était de sa faute si tout allait mal dans cette école, les cours, les maisons, le Quidditch… Elle aurait voulu être morte.

- C'est très facile de dire que tout est de ta faute.

Cette remarque sèche gifla Bethsabée Isobel Meredith qui releva la tête, secouée. Hermione reprit une inspiration en regardant droit devant elle.

- C'est facile parce que du coup, les autres n'ont plus grand-chose à rétorquer, pas vrai ? Tu donnes l'air de tout prendre sur toi, d'assumer tes responsabilités, mais en réalité, c'est très facile de sortir des paroles en l'air et de dire ces choses. D'autant que très souvent, les gens sont satisfaits de cela, tant qu'on ne dit pas que c'est leur faute à eux. Il n'y a pas de conflits.

Elle tourna la tête pour regarder Bethsabée Isobel Meredith.

- Tu sais, en début d'année, je ne t'aimais pas. Parce que tu répondais toujours aux questions des professeurs, tu te mettais toujours en avant pendant les cours, tu te donnais l'air si brillante !

Elle se remit à contempler l'horizon.

- Mais après, j'ai réfléchi. Je me suis rendu compte qu'il y avait peu de monde qui t'appréciait, et que tu n'avais pas beaucoup d'amis. Déjà, ça m'a fait pas mal réfléchir. Et puis, surtout, je me suis rendu compte que si tu n'avais pas été là, ça aurait été moi, la bêcheuse, j'étais tellement prête à vouloir attirer toute l'attention sur moi. En fait, si tu n'avais pas été là, je n'aurais peut-être pas vécu une si bonne année que cela. Les autres m'aiment bien, ils ne me cherchent pas d'histoires. Je dois dire que je suis plutôt contente de cette année, finalement.

Elle se retourna en souriant vers Bethsabée Isobel Meredith, ébahie.

- Je veux dire que je suis plutôt contente que tu sois là.

Un hoquet de poulet l'interrompit. La sorcière aux cheveux roses ouvrit sa veste pour en sortir Fumseck. Hermione pencha la tête avec intérêt. Le phénix avait l'air d'un affreux dindon déplumé. Bethsabée Isobel Meredith parut réfléchir longuement, tandis que Fumseck se dandinait entre les deux jeunes filles sur la rambarde de la fontaine en poussant tour à tour des caquètements et des croassements. Puis les traits de son visage parurent se contracter, comme si elle avait enfin pris une décision.

- Est-ce que je peux te demander un service, alors ? J'aurais besoin de quelqu'un pour s'occuper de mon phénix, j'ai une course à faire.

Le soleil était déjà bas lorsqu'elle s'avança à grands pas vers la forêt interdite. Elle essayait de ne pas trop réfléchir à ce qui l'attendait, mais évidemment, c'était comme se dire de ne pas penser à un éléphant rose. On y pensait forcément. Ou alors, sauf si on ne savait pas ce que c'était. Hagrid, qui n'avait pas acquis sa réputation de garde forestier d'un coup de baguette magique, aurait sans doute dit qu'il s'agissait d'une sorte de gros blaireau.

Quelqu'un la héla. Elle soupira, fatiguée. Ce n'était donc pas assez difficile comme ça ?

C'était Drago, accompagné de ses larrons, Crabbe et Goyle.

- Attends, ne t'en vas pas ! Je sais que tu vas te mettre en danger.

Bethsabée lui jeta un regard triste.

- On le sait, parce qu'on le sent à cause de ces marques que tu nous as fait, c'est comme si tu avais mis une part de toi en nous. C'est nous qui avons prévenu tout le monde la dernière fois avec Hagrid. Laisse-nous venir avec toi pour te protéger, cette fois.

Bethsabée Isobel Meredith eut une vision fugitive de l'avenir. Elle s'humecta les lèvres et prit la parole.

- Dans ce cas, si j'ai toujours du pouvoir sur vous, je vous ordonne de ne pas me suivre et de vivre une très longue vie, heureuse.

Elle prit un instant de réflexion.

- En tout cas, plus longue et heureuse que si vous pouviez me suivre dans cette forêt.

Et elle les planta là, toujours en se dirigeant vers la forêt.

- Tu vas te faire tuer, Bethsabée Isobel Meredith, cria Drago Malefoy.

- Ne t'en fais pas, j'ai un garçon mi-licorne mi-centaure pour me protéger.

- Quoi, les centaures et les licornes se reproduisent entre eux ? hurla le petit garçon blond.

- Qu'est-ce que tu crois, qu'ils vont au cinéma ? lança-t-elle, mais elle ne fut pas sure que sa dernière remarque soit entendue, elle était déjà loin, et les garçons ne pouvaient pas la suivre à cause de son sortilège.

Lord Voldemort l'attendait à l'entrée de la forêt. Elle le voyait, dans sa grande cape noire. Elle inspira un bon coup, et passa la frontière entre les arbres.

- Je savais que tu viendrais, siffla-t-il.

Bethsabée Isobel Meredith sortit la baguette magique jumelle de celle de Harry dans sa main droite, et la baguette de sureau de Dumbledore de la main gauche.

Elle se concentra tandis que son père attaquait le fameux chapitre si galvaudé du serpent tentateur. Il lui suggérait de le rejoindre, dans le camp des ténèbres, de devenir son bras droit, si elle ne voulait pas mourir. Bethsabée Isobel Meredith se concentrait sur ce sortilège, qu'elle avait inventé, il y a bien longtemps, lorsqu'elle avait commencé à s'ennuyer pendant les cours des professeurs et à se former toute seule. C'était un sort qu'elle avait bricolé parce qu'elle avait deux baguettes. Les fondateurs de Poudlard avaient trouvé l'idée intéressante et l'avaient aidé à le perfectionner.

Son père continuait sa litanie tentatrice, la sermonnant sur son incapacité à reconnaître la puissance des ténèbres. Bethsabée Isobel Meredith rattrapait dix années de relation père-fille en l'écoutant d'une oreille distraite et en pensant à complètement autre chose.

Et le sortilège fut près.

Les deux baguettes se tordirent puis se tortillèrent avant de se changer en deux serpents, Bethsabée Isobel Meredith leur murmura des mots en fourchelangue et les reptiles glissèrent le long de ses bras pour se rejoindre. Ils s'entremêlèrent alors pour former une espèce de caducée, une baguette magique que Bethsabée Isobel Meredith saisit entre ses doigts. Lord Voldemort, d'abord les yeux écarquillés par ce prodige, se mit à hurler en jetant son sortilège de mort, et sa fille en fit autant de son côté.

Sauf que son sortilège de mort, elle l'avait amélioré. Non seulement sa baguette deux-en-un était plus forte, mais la puissance en était augmentée parce qu'elle puisait dans sa propre énergie vitale. Les serpents qui composaient sa baguette avaient les crocs plantés dans sa main et pompaient tout ce qu'ils pouvaient. Il n'avait aucune chance, elle le voyait tandis que l'éclair vert qui sortait de sa baguette faiblissait sous l'impact de l'éclair rose étoilé que jetait Bethsabée Isobel Meredith. Cependant, il y eut un retournement de situation lorsque Lord Voldemort sortit lui aussi une nouvelle baguette magique. Elle devait sans doute appartenir à son autre tête. Dans un sourire de vampire, il lança les mots :

- Accio Pierre Philosophale !

La pierre rouge sang montée en pendentif autour du cou de Bethsabée Isobel Meredith fut soudain arrachée pour se retrouver dans les doigts crochus du maître des Ténèbres. La petite sorcière aux cheveux roses se rendit compte avec effroi qu'il puisait progressivement de l'énergie vitale de la pierre tandis qu'il reprenait le dessus dans leur duel avec un grand rire sardonique.

Elle savait qu'elle ne pouvait plus reculer, elle devait tout donner. Après tout, se dit-elle pour se réconforter, ce n'était pas la mort qui faisait mal, c'était la douleur, la séparation et l'oubli. Bethsabée Isobel Meredith devait sacrifier sa vie pour donner la mort à son père. Dans son dernier souffle, elle laissa échapper un juron moyenâgeux que Helga Poufsouffle lui avait appris et qui semblait approprié dans ces circonstances.

- Foutrecouille par la malpeste !

Le torrent de lumière rose et or désintégra Lord Voldemort qui s'éparpilla façon puzzle en un torrent de cendres. Et le corps sans vie, étrangement bleu et glacé de Bethsabée Isobel Meredith s'effondra sur le sol, les yeux fixes.

À Poudlard, au dortoir de Gryffondor, Hermione poussa un cri. Fumseck avait spontanément pris feu et agonisait dans un torrent de flammes impressionnantes. Du côté de Serpentard, les garçons tâtèrent, étonnés, les endroits où se trouvaient à l'origine leurs tatouages en forme d'étoiles. Ils avaient disparus. Les trois s'entre-regardèrent et Drago poussa un gémissement d'angoisse avant de prendre son manteau pour sortir dans la nuit noire, Crabbe et Goyle sur ses talons.

La lune était à présent haute dans le ciel. Des araignées mangeuses d'hommes commençaient à tricoter de leurs petites pattes vers le cadavre de Bethsabée Isobel Meredith afin de s'en repaître. Cela faisait un moment qu'elles observaient. Les araignées de la forêt interdite savaient que généralement, en observant assez longtemps, les choses finissaient par mourir et devenir comestibles.

Bethsabée Isobel Meredith quant à elle se retrouvait à flotter dans un tout autre monde. Tout lui semblait flou et confus. Hagrid posa la main sur son épaule. Elle lui sourit.

Une galopade la réveilla. Elle ouvrit les yeux, un centaure avec une corne sur le front et une robe immaculée chassait les araignées qui la recouvraient. La petite sorcière se leva d'un coup et exécuta une petite danse angoissée pour essayer d'évacuer les plus petites bestioles qui s'accrochaient à elle. Bethsabée Isobel Meredith remercia la créature pour son aide. Le centaure s'inclina.

- Il n'y a pas de quoi. Je m'appelle Victor.

- Je savais que tu viendrais. Je l'avais vu.

Ensuite, il serait sans doute intéressant de dire que Bethsabée Isobel Meredith revint à Poudlard, qu'elle fut portée en triomphe, et que tout alla mieux pour elle. Il serait sans doute important de préciser également qu'elle avait sûrement survécu à la mort grâce à la part d'elle-même qu'elle avait laissé chez Drago, Crabbe et Goyle. Sans doute qu'avec un peu de chance, ses pouvoirs ont fortement diminué après ce rude combat, faisant d'elle une élève presque normale et beaucoup plus heureuse. Mais pour finir, l'on dira surtout qu'Élisa mit le point final à son histoire.

Et quitta l'ordinateur avec un sourire. Et voilà, c'était fini. On n'entendrait plus jamais parler de Bethsabée Isobel Meredith.

Et pendant qu'elle tournait le dos, sans se douter que son amie Nicole avait fait des pieds et des mains pour cela en secret, sur l'internet, les reviews positives se multiplièrent.

FIN

Note de l'Auteur : Je voudrais remercier les lectrices qui m'ont accompagné tout au long de cette histoire, Caprice K, Dark-Kumiko, Dogywoman, Eleyon, Feufollet, Gene Rottenapple, Ignie, Les Nerles, Lindamire, Mak64, Mikan-Naranja, N la C, Roseblack31, Tartaupoil et Yakumo17. Ainsi que les lectrices anonymes, comme Lapin d'Alice et Kelly. Je voudrais remercier les lecteurs qui sont venus m'encourager après que j'ai fait de la publicité sur le forum français : Agrond et CuteCiboulette. Et enfin ma dernière lectrice, qui m'a découvert par hasard : Mevanoui. Et aussi tous ceux qui ne se sont jamais manifestés. J'espère que je n'oublie personne. À bientôt.