Chapitre 7 : Quand les jeunes s'en mêlent.
A partir de ce rendez-vous là, leurs rencontres s'espacèrent progressivement. Comme à leur habitude ce soir là, ils avaient fait mokkori, mais ils avaient surtout beaucoup discuté, riant notamment des évènements de la journée. Mais leurs rendez-vous se firent plus rares par hasard. Sylia avait de moins en moins de temps car Cat's Eye et ses sœurs devenaient difficiles à gérer. Ryô quant à lui fût aussi emporté par le travail, et notamment par l'arrivée de son nouveau partenaire en la personne de Makimura à peu près un an après cette folle heure dans le café. Celui-ci n'avait pas supporté le drame de sa dernière affaire en tant qu'inspecteur et avait préféré tirer sa révérence pour rendre la justice de façon un peu plus libre comme Ryô.
Tout avait commencé quelques mois avant qu'il ne démissionne, à la fin de l'année 1981. Plusieurs jeunes filles avaient été enlevées et l'on pensait en haut lieu qu'elles étaient revendues pour alimenter les réseaux de prostitutions. Makimura avait été chargé de l'affaire et il avait décidé de placer un agent sous couverture, une jeune femme qui devait servir d'appât. Mais, malheureusement, cela tourna mal et la policière se fit tuer. Makimura se sentit responsable et surtout il fût réellement frappé par l'incapacité du système à punir certains types de crimes. Il avait donc rejoint son ami en tant que nettoyeur. Mais il ne fit pas que ça. Makimura souhaitait avant tout aider au mieux les habitants de la ville et savait que City Hunter pouvait y faire quelque chose. Il créa donc un nouveau système de contact: les gens désireux d'engager le groupe City Hunter devaient laisser un message simple « XYZ » sur le tableau de la gare de Shinjuku, accompagné de leur nom et leurs coordonnées. Makimura rencontrait donc les clients et négociait les contrats, et laissait à Ryô l'exécution du travail.
Parallèlement, des liens particuliers se créèrent avec Saeko qui après avoir vu son partenaire démissionner avait commencé à broyer un peu de noir. Elle voyait souvent Ryô et Makimura et ils sortaient prendre des verres ensemble comme trois amis. Ils formaient vraiment un drôle de trio vu de l'extérieur, mais en réalité ils n'auraient pu trouver des amis plus assortis.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes, et ce même lorsque Makimura émettait des doutes sur sa nouvelle profession : Il savait que sa jeune sœur Kaori n'aurait pas compris son choix, elle était encore un peu jeune pour bien cerner les raisons qui l'avaient poussé à laisser tomber la police. Cependant il aimait faire le bien et il en avait vraiment la possibilité avec ce travail alors il se disait que cacher son métier à sa sœur n'était pas si grave.
Quant à Ryô il continuait à voir sa miss mokkori préférée dès qu'il le pouvait. Avec le temps elle était devenue son amie au même titre que Saeko, dépassant même ce qu'il avait connu avec sa seconde équipière aux Etats-Unis, et son premier amour, la jolie Bloody Mary.
Sylia et lui se confiaient toujours plus l'un à l'autre. Elle avait le don de lui tirer les vers du nez quand il se refusait à parler. Un jour où ils mangeaient une glace ensemble elle lui avait confié qu'elle détestait lui voir cet air triste qu'il arborait parfois et l'avait convaincu une fois pour toute de lui expliquer pourquoi il allait mal.
A force de patience et de confidence, elle avait réussit à le faire parler progressivement de son passé. Bien sûr il n'entra jamais dans le détail, mais lui donna les grandes lignes : il avait perdu ses parents dans un accident d'avion en Amérique centrale et avait longtemps vécu au milieu des guérillas. Il avait ensuite vécu aux Etats-Unis, où il avait commencé son métier et avait eu plusieurs partenaires. Un jour il en avait eu marre et avait décidé de revenir au Japon.
En contrepartie elle lui avait raconté son propre passé à l'époque où son père était encore avec elles, puis sa disparition et comment du jour au lendemain elle avait prit le statu de mère pour ses deux jeunes sœurs. Ryô était sa bouffée d'air frais, les seuls moments où elle ne portait aucun masque du tout elle les passait avec lui, ça aussi elle le lui avait dit. D'ailleurs ils se disaient tout depuis longtemps, depuis le début, depuis trois ans qu'ils se connaissaient en fait. Il n'y avait qu'une seule chose qu'ils ne disaient jamais, parce que ça n'était pas nécessaire, et parce qu'ils c'étaient juré dès le début de ne jamais le dire. Deux mots qui s'ils n'avaient jamais été formulés à haute voix, n'en étaient pas moins pensés très fort à chaque baiser qu'ils échangeaient, à chaque nuit passée ensemble. Ils s'aimaient, en sachant parfaitement que le sentiment était partagé et c'étaient tout ce qu'ils demandaient. Ils vivaient leur histoire au jour le jour, au nez et à la barbe de leurs proches et ça les rendait heureux.
Sylia aimait de plus en plus flirter avec le danger, et elle passait son temps à lui donner des rendez-vous de plus en plus fous : elle passait beaucoup de ses journées dans un country club avec monsieur Durieux, à s'entrainer au tir et à goûter à toutes sortes de plaisir un peu bourgeois. Sa grande passion du moment était de partager ses activités avec Ryô. Il avait fallut plusieurs rendez-vous mkr et de longues heures de persuasions pour qu'enfin il accepte de mettre un pied dans cet endroit. Elle lui avait trouvé les vêtements adéquats et l'avait présenté comme un camarade d'université (en veillant toujours à ce que monsieur Durieux soit occupé ailleurs ces jours là). Ryô avait donc été initié au golf et aux danses de salon, et aux dirty dancings sous les conseils aussi avisés qu'intéressés de sa jolie miss mokkori, tandis qu'il avait montré à Sylia de quoi il était capable en tir aux pigeons et qu'il s'était perfectionné en plongée sous marine et en équitation. Evidemment tout ça n'était que préludes qui se finissaient généralement en mokkori times enflammés dans les coins les moins fréquentés du country club. Elle semblait apprécier de plus en plus de vivre une passion secrète et cette double vie lui donnait des idées toujours plus folles et plus dangereuses.
C'est ainsi qu'une après midi que Ryô était passé la voir en catimini au café pour qu'ils aillent au country club, les choses avaient échappées à leur contrôle… Grisée par le baiser que Ryô venait de lui voler, et le fait qu'ils soient seuls dans le café et que tout soit fermé, Sylia avait commencé à promener ses mains sur lui et de fil en aiguille ils avaient fait mokkori dans le café, appuyés sur le comptoir. Au lieu d'aller au country club, le rendez-vous s'était poursuivi dans la chambre de Sylia, ce qui avait faillit leur coûter leur secret.
Trop occupés pour se soucier de l'heure, ils avaient perdus la notion du temps. Ils étaient en train de recommencer une partie de chatouilles, lorsque les voix d'Alex et de Tam avaient retentit dans l'escalier.
« Sylia ? T'es là ? Avait ensuite crié Alex.
Mon dieu mais qu'est-ce qu'elles font là ? S'était affolée Sylia en bondissant hors de son lit
Il est 17h elles ont le droit d'être là. On n'a pas vu l'heure passer. Répondit Ryô en se levant à son tour.
On s'amusait bien trop pour ça. Reste ici et cache toi, je te ferais sortir dès que je pourrais. Continua Sylia en enfilant rapidement une nuisette et une robe de chambre qui la couvrait plus bas que les genoux.
Je peux passer par la fenêtre. Assura Ryô en jetant un coup d'œil dehors tout en enfilant son pantalon.
Ne dis pas n'importe quoi, tu pourrais te tuer !
Les pas et les appels de ses sœurs se rapprochèrent
C'est une voleuse qui passe sa vie à crapahuter sur les façades qui me dit ça ! Plaisanta Ryô.
Tais-toi elles approchent. Caches-toi !»
Elle ouvrit la porte alors qu'il venait de se glisser sous son lit. Elle sortit et referma la porte juste à temps et tomba nez à nez avec ses sœurs.
« Beh alors pourquoi tu nous répondais pas ? Interrogea Alex en posant ses mains sur ses hanches, l'une d'entre elle tenant encore son sac d'école.
J'étais dans ma chambre, je vous ai entendu quand vous étiez presque sur le palier.
Et qu'est-ce que tu faisais dans ta chambre dans cette tenue, en pleine après midi ? Demanda Alex très vite sans laisser le temps à Tam d'en placer une. La jeune fille affichait un sourire malicieux que Sylia reconnaissait bien puisque c'était le sien. Elle remarqua aussi que sa petite sœur n'avait fait aucun effort pour dissimuler les sous entendus contenus dans sa question. Sous entendus qui n'étaient d'ailleurs pas de son âge.
Je dormais figures-toi. Répondit Sylia en vrillant ses yeux dans ceux de sa sœur.
Tu dormais…seule ? Interrogea Alex avec un sourire jusqu'aux oreilles.
La question si directe choqua ses deux sœurs qui poussèrent des exclamations de surprises.
Mais dis donc à quoi tu penses toi ? S'exclama Sylia tout en se demandant pourquoi elle avait posé directement ce genre de question. Est-ce que la petite peste savait quelque chose ?
Alex tu n'as pas honte de poser ce genre de questions ? Ce ne sont pas des choses à dire ! S'exclama Tam qui paraissait plus choquée que Sylia.
Alex fixa Sylia pendant quelques instants avec le regard triomphant de celle qui connait un secret, confirmant les craintes de sa sœur avant de se tourner pour afficher un grand sourire à Tam.
Oh ça va si on ne peut plus plaisanter !
Tu as vraiment l'esprit mal tourné ! Déclara Sylia. A ton âge ça fait mauvais genre…Ajouta-t-elle pour sauver les apparences. Elle se promit d'avoir une discussion seule à seule avec elle plus tard.
Ce n'est pas le genre de choses qu'une jeune fille devrait dire ! Et surtout pas à 17 ans ! Ajouta Tam toujours aussi outrée.
C'est sûr quand on en a 24 et que ça défrise toujours…
Ça veut dire quoi ça ?
Ça suffit toutes les deux ! Alex, Tam a raison ! Les jeunes filles de bonne famille n'ont pas ce genre de langage ! Néanmoins pour que tu ne sois pas tentée de revenir à l'attaque avec tes sous entendus de mauvais goûts, je vais te dire ce que je faisais dans ma chambre : je me sentais patraque cet après midi, alors j'ai profité que nous avions annoncé la fermeture exceptionnelle du café pour aller me coucher.
Désolée…Je voulais juste plaisanter. Répondit Alex. Je voulais rien dire de particulier, je voulais pas te vexer. J'espère que ça va mieux. Conclut-elle en croisant le regard noir de Tam.
Oui je vais mieux merci. Une bonne après midi de sommeil m'a remise sur pied.
Je te jure, on pas idée de dire de pareilles bêtises ! Intervint Tam, toujours en colère contre sa jeune sœur.
Ça va Tam, laisse. Alex, je ne veux plus entendre ce genre de bêtises dans ta bouche, d'accord ?
Ok promis, jte jure que c'était pour rire.
Aller on en parle plus, petite peste. Concéda Sylia en lui posant une main sur l'épaule. Je suppose que tu as des devoirs à faire ?
Oui deux trois petites choses à apprendre.
Alors vas-y ne perd pas de temps.
Ok.
La jeune fille partit docilement dans sa chambre.
J'aimerais bien savoir où elle a appris ce genre de saletés ? Demanda Tam à mi voix.
A l'école sans doute.
Mais tout de même elle a un sacré culot de te poser ce genre de questions !
Alors là, c'est vrai qu'elle ne manque pas de culot la petite peste !
Dire ça à son âge.
En même temps c'est de son âge de commencer à se poser des questions sur le sujet.
Tu ne vas pas me dire que tu la défends ?
Non mais j'explique c'est tout. Ecoute Tam, si tu nous préparais un café ou un thé, pendant ce temps je vais aller m'habiller et ensuite tu me raconteras ton rendez-vous avec Quentin.
D'accord. »
Pendant que Tam descendait les escaliers, Sylia jeta un regard vers la chambre d'Alex. Cette petite lui rappelait de plus en plus ce qu'elle avait été à son âge et si elle ne se trompait pas une sérieuse conversation s'imposait. Elle retourna dans sa chambre et constata que Ryô n'y était plus. Il avait posé un mot sur son lit « Pas voulu risquer que tes sœurs me trouvent alors je passe par la fenêtre. T'inquiètes pas c'est pas haut. Appel moi la semaine prochaine pour rdv mkr. ».
Sylia ferma correctement sa fenêtre et commença à s'habiller.
Plus tard dans la soirée elle expliqua à Tam qu'elle voulait parler à Alex en privé et attrapa cette dernière à sa sortie de la salle de bain pour lui parler. Elles allèrent dans la chambre d'Alex qui marchait comme une condamnée. Sylia s'assit sur le lit et commença :
« Je voulais discuter avec toi à propos de ce que tu as dit cet après midi…
Tu avais dit qu'on en parlait plus. Coupa Alex. Je t'ai dit que je voulais plaisanter…
Ce qui m'étonne c'est que tu ais lancé cette plaisanterie aussi directement.
Ça…ça m'est venu comme ça.
Ecoutes je sais que c'est de ton âge de faire ce genre de plaisanteries, d'ailleurs tu ne te prives jamais de taquiner Tam…
Ah tiens, comment ça se fait qu'elle ne soit pas venue me voir me faire passer un savon celle là ?
Ne parles pas d'elle comme ça ! Et puis je ne suis pas venue te passer un savon, je suis venue pour discuter. Je disais donc, je sais qu'à ton âge ces plaisanteries viennent facilement en tête, mais généralement avec Tam tu n'en fais pas d'aussi directes…
Si je le faisais, ça pourrait la tuer. Tu la connais elle s'offusque pour un rien.
C'est vrai. Reconnut Sylia en souriant. Quelque part je trouve ça amusant que tu me trouves plus réceptive à ce genre de blague.
Ecoutes Sylia, je te jure que je ne voulais pas te vexer !
Mais tu ne m'as pas vexée du tout. Tu m'as beaucoup étonnée, ça oui, mais tu n'as pas tort je suis effectivement plus réceptive…Mais pour les nerfs de notre petite Tam, je préfère ne pas trop le montrer.
Tu es en train de me dire quoi là ?
Tu as 17 ans et tu commences à avoir des pensées plus adultes, n'est-ce pas ?
Euh si par adulte tu sous entends que je pense au mot de quatre lettre qui commence par « s » et de finit par « e » je te répondrais oui.
Oui c'est ce mot que je sous entends. Ce que je veux te dire c'est que les adultes ont aussi ce genre de pensées, de façon plus ou moins prononcée, ce n'est pas spécifique aux adolescents.
Mais personne le dit ça que vous y pensez aussi.
Ça fait partie des choses que la bienséance nous oblige à cacher.
Tu veux dire que Tam y pense aussi ?
Certainement, mais à sa manière.
Et toi alors tu y penses…plus ?
Sylia comprit qu'elle avait vu juste, Alex mourrait d'envie d'avoir ce genre de discussion. Mais plus que ça elle en avait besoin. Après tout, on avait tous besoin à un moment ou à un autre que quelqu'un de plus expérimenté nous guide dans une voix, peu importe laquelle.
Alex, avant de continuer cette conversation, je veux que tu me promettes que ce que je vais te dire ne sortira pas d'ici.
En clair tu ne veux pas que j'en parle à Tam.
Oui c'est ça.
Ok jte le promets ! ça me viendrait pas à l'idée d'aller discuter de ça avec elle.
Bon du moment que je peux te faire confiance… pour te répondre, oui j'y pense et je n'éprouve aucune gêne à en parler. D'ailleurs si d'aventure tu as des questions précises sur le sujet, n'hésite pas. Tu es à un âge où non seulement on y pense, mais où on peut commencer à pratiquer, et je préfèrerais largement que tu viennes me voir avant de faire une bêtise.
C'est gentil, j'y penserais le moment venu…
Ça veut dire que pour l'instant tu en restes à la théorie ?
Oui absolument ! Qu'est-ce que tu vas imaginer ?
Oh, rien je voulais juste être sûre…
Alex l'observait attentivement, après tout elle découvrait sa sœur ainée sous un jour qu'elle n'avait fait qu'imaginer. Elle semblait hésiter à poser une question mais commença
Sylia….
N'aie pas peur poses ta question.
Tu…tu l'as déjà fait n'est-ce pas ?
Oui.
Mais et tout ce qu'on nous raconte à propos du mariage, d'attendre tout ça…
De nos jours ce sont des idées un peu vieux jeu, mais le choix appartient à chacun. L'essentiel c'est d'être sûre de le vouloir, à aucun moment tu ne dois laisser personne te forcer la main, et de pas faire n'importe quoi. Et puis c'est mieux lorsque l'on partage des sentiments avec l'autre personne.
C'est pour ça que je ne comprends pas : Tam aime beaucoup Quentin, c'est pas possible que depuis si longtemps elle n'ai pas eut envie d'aller plus loin avec lui.
Je pense que le problème Cat's Eye n'est pas étranger à tout ça. Tam veut attendre l'homme de sa vie avant de passer à l'acte, et c'est son choix. Si un jour elle pense qu'elle passera sa vie avec lui, ou si elle change d'avis elle se jettera à l'eau.
Mais toi tu n'as pas attendu l'homme de ta vie…
A l'époque je me disais qu'il aurait pu l'être, je ne savais pas que la vie nous séparerait. Le fait est que nous nous aimions éperdument depuis des années, alors nous aimer physiquement n'a été qu'une suite logique.
Tu avais quel âge ? pendant combien de temps vous êtes restés ensemble ?
J'avais 18 ans, et on était ensemble depuis 4 ans. C'était mon premier amour.
Pourquoi vous vous êtes quittés ?
Ses parents ont déménagés à l'autre bout du pays quand nous avions 19 ans. Il n'avait pas d'argent pour vivre seul alors il les a suivi.
C'est triste.
Au début ça m'a fait beaucoup de peine c'est sûr mais avec le temps, j'ai appris à vivre sans lui. Et puis par la suite j'ai à nouveau connu l'amour.
Tu as eu combien d'hommes dans ta vie ? Physiquement je veux dire.
Quatre.
Tam le sait ?
J'ai préféré ne pas la mettre au courant de tout.
Dans les quatre tu comptes celui avec qui tu étais cet après midi ?
La question était si directe et soudaine que Sylia eût un instant d'hésitation.
Tu reviens à la charge avec ça ?
Sylia…je vous ai entendu. Trancha-t-elle en baissant les yeux.
Tu … tu veux bien me… redire ça ? Balbutia Sylia.
Je suis sortie plus tôt du lycée et je suis rentrée directement à la maison. En arrivant sur le palier je t'ai entendu rire dans ta chambre. J'allais venir taper pour savoir ce qui te faisait tant rire quand j'ai entendu la voix d'un homme…. Je voulais pas écouter je t'assure, mais je l'ai entendu dire quelque chose à propos de ta poitrine… J'étais morte de honte alors je suis partie en courant et en faisant attention de ne pas faire de bruit. Ensuite je suis allée faire un tour et j'ai attendue que Tam rentre pour retenter une entrée dans la maison. »
Elle releva des yeux hésitant vers sa sœur et la découvrit les yeux fermés, ses deux mains couvrant sa bouche. Sylia ouvrit les yeux et croisa le regard d'Alex qui attendait que la sentence tombe. Sylia se redressa pour se donner une contenance et déclara :
« Je ne crois pas avoir déjà été aussi gênée de toute ma vie…
Je te rassure tu n'es pas la seule !…
Oh ça je m'en doute bien ! Mon dieu, quand je pense que c'était ce que je craignais le plus… que toi ou Tam vous nous surpreniez.
C'est pas la première fois qu'il vient ici ?
Ah non c'est la première fois qu'il vient ici ! D'ailleurs nous n'aurions même pas dû être là ! Je suis vraiment désolée Alex ! ça ne se reproduira plus ne t'inquiètes pas !
Eh attends tu as bien le droit de faire venir qui tu veux dans ta chambre, je ne juge pas ! Par contre la prochaine fois mets une serviette blanche ou quelque chose comme ça à l'entrée, ça évitera ce genre de surprise. Répondit Alex en riant.
Tu es en train de me dire que ça ne te gêne pas qu'il y ait eut un homme dans ma chambre ?
Mais enfin pas du tout ! Au contraire ça me fait plaisir qu'au moins l'une de mes sœurs vive une histoire où il se passe quelque chose !
« Alors Alex est au courant ?
Oui. Enfin elle sait que je vois un homme.
Tu lui as balancé des détails ?
Pas vraiment je m'en suis tenue au minimum, je lui ai dit qu'on était ensemble depuis quelques mois, je n'ai pas risqué de lui dire qu'on était juste amants.
Tu n'as pas voulu la choquer ?
Non en fait je ne voulais pas lui donner d'idées. Cette petite a l'esprit très moderne, elle aurait été capable de trouver ça super cool.
Mais c'est cool !
Oui mais elle a 17 ans, j'aimerais autant qu'elle découvre l'amour avant de penser au concept du sexfriend.
Donc elle a promit de se taire ?
Oui mais pas avant de m'avoir obligé à lui donner quelques détails supplémentaires.
Laisses moi deviner, elle t'a demandé du croustillant ?
Heureusement ce qui l'est pour elle, n'est pas la même chose que pour nous. Elle m'a demandé ton nom, je me suis souvenue du nom que tu avais inventé pour Quentin alors je lui ai donné celui là.
Tu as bien fait. C'est tout ce qu'elle t'a demandé ?
Elle voulait savoir un peu comment tu étais physiquement et moralement. Sur ça je n'ai pas menti. Quand elle a compris que j'avais choisis un homme complètement à l'opposé de notre cher beau frère si empoté elle m'a serrée dans ses bras en me félicitant de n'avoir pas les même goûts pourris que notre chère sœur.
Haha haha ! Elle a l'air sympa cette petite !
Elle me rappelle moi quand j'avais son âge. Si plus tard elle est aussi portée sur le mokkori que moi vous vous entendriez bien. Plaisanta Sylia.
Ça dépend, elle te ressemble ?
Elle a ma bouche et mon menton, tout le reste du visage et du corps c'est Tam.
Hm laisse moi réfléchir… Si je me souviens bien Tam est assez mignonne, donc un mélange de vous deux ça devrait être pas mal ! Dis lui qu'elle me téléphone quand elle aura 18 ou 19 ans, on pourra s'arranger pour un petit rendez-vous mokkori.
Ryô avait à peine finit sa phrase qu'il reçut un coup de poing magistral dans les côtes qui le plia en deux.
T'as pas honte dis ? S'indigna Sylia. Tu te rends compte que tu me parles de coucher avec ma petite sœur ?
Mais c'est toi qui as commencé ! Répliqua Ryô avec colère. Tu as dit que si elle aimait autant le mokkori que toi on s'entendrait bien.
C'était pour rire !
Fallait pas me dire des idioties aussi. Tu me parles de belle femme, moi je pense mokkori c'est pas ma faute !lança Ryô en lui tirant la langue.
Mais je te parle pas d'une femme je te parle de ma sœur !
Et alors ?
Elle ouvrit la bouche, complètement outrée et lui balança un autre coup de poing en le traitant de mufle. Elle se leva du lit et croisa les bras en lui tournant le dos.
Sylia… Sylia chérie c'était une blague ! chantonna-t-il en s'approchant d'elle. Ryô chouchou voulait plaisanter ! Il lui mit la main sur l'épaule.
Ah ne me touche pas hein ! S'exclama-t-elle en s'écartant.
Enfin puisque je te dis que c'était une blague !
Ce ne sont pas des choses à dire !
Ok désolé, j'aurais pas dû je suis allé trop loin. Mais je n'ai fait que renchérir sur ta propre plaisanterie. Pas de quoi en faire une maladie.
Elle le considéra quelques instants d'un œil noir puis demanda
Dis, tu n'essaieras pas de sortir avec mes sœurs ?
L'une est fiancée et l'autre a 17 ans quel intérêt tu veux que je leur trouve ?
Non mais je veux dire, … Alex n'aura pas toujours 17 ans et Tam elle n'est pas encore mariée…promets moi que tu ne leur tourneras pas autour si un jour tu les vois.
C'est vexant ça, tu me prends pour quel genre de salaud pour essayer de draguer les sœurs de ma maitresse ?
Je ne voulais pas dire que tu es un salaud… seulement je sais que tu aimes les belles femmes et parfois tu te laisses aller. Je dois te rappeler que tu as déjà dragué des femmes dans la rue devant moi ?
Et moi je dois te rappeler que j'ai déjà vu Tam et que je n'ai rien fait ?
C…C'est vrai…. Concéda Sylia en rougissant comme une pivoine.
Ahha ! Tel est prit qui croyait prendre, hein chaton ?
Oui bon ça va…
Si je ne te connaissais pas, je penserais que tu pourrais avoir peur que je te préfère tes sœurs.
Il ne faut pas exagérer non plus…
Tu vas bouder longtemps chaton ?
Je ne boude pas !
En attendant tu es toute mignonne rouge comme ça… chaton.
Bon on peut passer à autre chose ? Il me semblait que tu devais me raconter quelque chose toi aussi.
Oui mais Ryô chouchou ne veut pas raconter d'histoire à un chaton en colère. Ryô chouchou n'aime pas les griffures.
Sylia ne put s'empêcher de sourire. Elle soupira et retourna s'asseoir.
C'est bon je t'écoute.
Il reprit sa place à côté d'elle, s'appuya en arrière sur ses bras et raconta
Je crois que j'ai vu la sœur de Makimura la semaine dernière.
Comment ça tu crois ? Demanda-t-elle soudain plus du tout fâchée.
Comment dire… voilà, Maki et moi on venait de rencontrer un client dans le parc de Shinjuku, un gars de la pègre qui voulait que j'assassine un journaliste gênant, et à ce moment là j'ai senti qu'un gamin nous espionnait. Ensuite dans la rue le gamin m'a prit en photo alors que je draguais. Du coup je suis allé le voir pour lui dire de me foutre la paix ! Il se trouve qu'on a été attaqué par des sbires du client car j'avais refusé le contrat.
Quel rapport avec la sœur de ton partenaire ?
Attends écoutes la suite ! Donc le gamin, qui doit avoir dans les 17 ans, a eu très peur et s'est évanouit. Je l'ai ramené chez moi, mais j'avais jamais vu un gamin si bizarre et sensible alors je l'ai appelé sugar boy. Sur le coup ça l'a vexé et il m'a dit de pas l'appeler boy, j'avais pas compris pourquoi.
Ne me dis pas que…
Attends ! Espèce de chaton impatient ! » Il s'allongea sur le lit les mains croisées derrière la tête.
« Bref le sugar boy est parti, mais je l'ai vu débarquer devant ma bagnole dans l'après midi. J'allais remplir un autre contrat lié à celui que j'avais refusé le matin même quand j'ai failli l'écraser. D'un coup comme ça il s'est mis à pleurer alors je me suis dis tant pis et je l'ai emmené avec moi. Dans la bagnole il m'a raconté je sais pas trop quelles histoires sur son frangin qui n'était pas son frangin, qu'il aurait été adopté. Enfin l'idée générale c'est qu'il avait peur du boulot de son frangin, il l'aimait trop il voulait pas le perdre parce que c'était sa seule famille.
Il était avec moi quand j'ai filé la trouille de sa vie à ce vieux salaud des industries Fusei…
Le revendeur d'armes ?
Lui-même. Le sugar boy a tenu bon tout le long et ensuite s'est évanoui. Du coup je l'ai porté sur mon dos et là j'ai compris que ça n'était pas un sugar boy mais une sugar girl.
Comment TOI tu as pu confondre une fille de 17 ans avec un jeune garçon ?
Elle a les cheveux courts, et elle était pas du tout fringuée comme une fille. Son sweater large couvrait sa poitrine. Par contre je vais te dire, si elle prend encore un peu de poitrine elle aura une sacrée paire de…
Oui bon j'ai compris. Mais tu ne m'a pas dis le rapport avec la sœur de ton partenaire.
Je suis pas sûr que ça soit elle. Au début quand elle est partie je me suis dis qu'elle était juste timide et qu'elle avait décampé en voyant arriver Maki. Le truc c'est que le lendemain quand on s'est revu, il m'a dit que sa sœur avait découvert deux jours plus tôt quel métier il exerçait et qu'au début elle avait super mal réagit. Il m'a dit qu'elle était même partie de la maison, qu'elle lui avait fait une peur bleue et qu'il avait passé la nuit à la chercher. Quand il l'a revue le lendemain, à savoir quelques minutes après m'avoir quitté, sa sœur l'attendait dans la rue comme si elle l'avait suivi et avait l'air d'avoir accepté son nouveau boulot.
Je comprends, ça fait un peu trop de coïncidences.
Voilà ! Le seul détail qui cloche c'est la partie de l'adoption. Maki n'a jamais laissé sous entendre que Kaori n'était pas sa sœur de sang.
Tu en as parlé à ton partenaire ?
Non. Comme je t'ai dit je ne suis pas sûr à cent pour cent que ce soit elle. Je n'ai pas de preuve, juste des suppositions.
Attends un peu, tu me dis qu'il a passé la nuit à la chercher, où elle était toute la nuit ?
Avec moi dans ma voiture. Enfin la gamine qui m'avait suivi était avec moi.
Tu n'as quand même pas….
Mais non andouille ! Je suis pas un lollicom moi oh ! Je t'ai dit que la gamine s'était évanouie, j'allais pas la poser n'importe où dans la rue ! Je l'ai assise dans ma voiture et elle a dormi à la place du passager.
Et toi tu as dormi où ?
Beh derrière le volant, tu aurais voulu que je me mette où ?
Non mais je sais pas moi…
Dis donc toi, tu réfléchis pas trop aujourd'hui avant de parler…
Oui je m'en rends compte désolée, je suis un peu fatiguée.
La fatigue n'excuse pas tout chaton. Je te trouve un peu nounouille aujourd'hui.
Je te remercie pour ses paroles pleines de chaleur. Ironisa-t-elle.
De rien c'est gratuit. Par contre, tu sais que j'adore ton sourire, m ais tu ne voudrais pas venir un peu plus près pour un câlin ? »
Il lui ouvrit les bras et elle vint s'y blottir de bon cœur.
