Chapitre 14 : Le diner de tous les dangers.

Finalement Ryô et Sylia passèrent bien la nuit ensemble. Il ne se passa rien, ils ne firent que partager un lit. Après les aveux du nettoyeur ils étaient restés longtemps enlacés en silence, tant et si bien qu'ils avaient commencé à somnoler. Au bout d'un moment ils avaient décidé de vraiment dormir (la chambre étant payée pour la nuit autant en profiter). Ils s'étaient déshabillés, avaient enfilé les peignoirs mis à leur disposition, puis s'étaient glissés côte à côte sous les couvertures et s'étaient endormis face à face en se tenant la main.

Ils se réveillèrent dans la même position vers sept heures du matin. Ils s'habillèrent, sans oublier de se détailler une dernière fois d'un regard aussi appréciateur qu'amusé, et sortirent de l'hôtel. Ryô la raccompagna jusqu'à l'hôtel où elle était descendue avec ses sœurs et son père. Au moment de se dire au revoir, Ryô la surprit en la serrant dans ses bras :

« Merci chaton de m'avoir écouté une fois de plus !

Tu n'as pas à me remercier, c'est toujours un plaisir de discuter avec toi. Répondit-elle en enroulant ses bras autour de son torse. Moi aussi ça m'a fait du bien de te parler à nouveau.

Tu sais quoi ? Je pense qu'à présent on est vraiment seulement amis !

Oui on aura fini par y arriver…Tu remercieras ta partenaire …

Ryô fut secoué d'un petit rire et lui caressa les cheveux, avant de s'écarter d'elle

Tu devrais y aller, tes sœurs vont se poser des questions.

Au diable mes sœurs et leurs questions ! Tu vois, pour ça rien n'a changé, il va encore falloir que je me justifie. »

Ils éclatèrent de rire puis se séparèrent enfin. Ryô prit la direction de sa maison en riant toujours du bout des lèvres. Elle devrait se justifier ça ne faisait aucun doute, mais ce qu'elle ignorait c'est que Ryô aussi était dans ce cas à présent. Il avait intérêt à s'échauffer parce qu'en rentrant, il savait qu'il devrait se montrer véloce et aux aguets pour éviter les massues qui ne manqueraient pas d'essayer de le cueillir.

Sylia monta à pas de loup dans l'hôtel. Elle ouvrit la porte de sa chambre, qu'elle partageait avec Alex, avec beaucoup de précautions et constata que sa petite sœur dormait encore à poings fermés. Profitant de cette chance inouïe, elle défit son lit et froissa un peu les draps pour faire croire qu'elle y avait dormit, puis se faufila dans la salle de bain pour prendre une douche.

Quand Ryô arriva devant la porte de son appartement, il savait déjà que Kaori l'attendait. Il ouvrit la porte en n'oubliant pas de s'écarter afin de ne recevoir aucune massue. En voyant passer un konpeito énorme il sut qu'il avait été bien inspiré. Il attendit quelques instants, car en général le konpeito ne venait jamais seul. Comme aucune autre arme n'arriva il risqua un œil en hélant sa partenaire « Kaori, je rentre » Il eut juste le temps d'apercevoir la massue et se décala de justesse.

« Où tu étais encore saligaud ? Cria-t-elle tandis qu'il tentait une entrée.

Pas en train de boire dans un bar si c'est ça ta question.

Tu as passé la nuit avec Sylia, avoue !

Oui, mais pas à faire ce que tu crois !

Menteur ! Je savais que c'était ta maîtresse ! Cria Kaori avec colère en s'approchant de lui pour le frapper.

NON ! Il esquiva un coup de massue, Je te jure sur mon amitié avec ton frère que je ne l'ai pas touché !

Elle savait que Ryô ne jurait jamais sur rien, alors s'il jurait sur son amitié avec Hideyuki c'est qu'il était sérieux. Elle baissa sa massue et lui adressa un regard suspicieux

Vous avez fait quoi alors sinon des choses inavouables ?

On a discuté longtemps et puis on s'est endormi…sur un banc dans le parc. Depuis six ans qu'on ne s'était pas vu on avait pas mal de choses à se raconter.

Elle le considéra quelques instants puis sembla prendre une décision.

Mouais… on va dire que pour cette fois je te crois…

Tu as l'air d'aller beaucoup mieux toi ! Enchaina Ryô très soucieux de changer de sujet (même si pour une fois il n'avait rien fait)

Encore une fois elle fut surprise par l'intérêt qu'il portait à sa santé. Il était bizarre depuis la veille. Etait-ce la présence de son amie qui le rendait si attentionné ? Si oui, il faudrait vraiment garder contact.

Oui ça va mieux merci. La nuit a été réparatrice.

Tant mieux ! Donc tu ne vois pas d'inconvénient à me faire un café alors ?

Oh mais tu pourrais te le préparer seul quand même !

Aller steplé ! steplé steplé steplé!

Bon d'accord…

Super ! Je vais prendre une petite douche pendant ce temps. Puisque tu seras dans la cuisine profites en aussi pour me faire un petit déj ! Japonais hein.

Ryô tu exagères !

Ouais ouais… aller dépêche toi ! »

Il s'enfuit vers la salle de bain en évitant de justesse la nouvelle massue qu'elle lui lançait. Finalement rien ne pouvait le changer, sa gentillesse n'était qu'une illusion ! Songea Kaori.

Loin de son amie, Ryô retrouva sa vraie nature auprès de sa partenaire. Mais le « mal » était fait et Kaori se posait plusieurs questions. Dans l'après midi elle réalisa que Ryô avait invité chez eux pas moins de cinq personnes, quatre étant des adultes qu'il faudrait nourrir. Elle alla voir son partenaire les poings faits et commença à lui expliquer qu'il n'était pas juste qu'il l'oblige à cuisiner pour autant de monde. Elle s'apprêtait à crier plus fort pour le secouer, lorsqu'il lui avoua qu'avant de rentrer il était passé chez un traiteur pour commander leur repas du lendemain. Pour le prouver il lui brandit même le reçut sous le nez. La nouvelle la laissa évidemment pantoise et de nouvelles interrogations se formèrent dans son esprit.

Dans l'après midi, après avoir vérifié le tableau, Kaori réussit à le trainer dans les rues de la ville pour faire leur rituelle distribution de tracts. Comme toujours Ryô tenta de s'enfuir et d'aller draguer les femmes, mais sa partenaire veillait au grain et l'empêcha de lui filer entre les doigts. C'est cependant en lui courant après qu'ils firent une rencontre inattendue.

Kaori poursuivait Ryô dans une rue marchande et elle venait d'abattre sa massue sur sa tête pour l'incruster dans le macadam lorsqu'une voix appela son nom. Elle lança un regard circulaire à la rue jusqu'à ce qu'elle aperçoive Alex. Celle-ci se tenait devant un magasin de vêtements les bras chargés de paquets et lui faisait de grands signes. La massue disparût et Kaori s'approcha pour la saluer. Ryô parvint à s'extraire du trottoir juste à temps pour apercevoir sa partenaire en grande conversation avec la jeune sœur Chamade et le reste de la petite famille qui sortait du magasin. Le temps de les rejoindre il avait guérit et les salua chaleureusement à son tour.

Après quelques échanges de banalités, le petit groupe décida d'aller se balader en ville ce qui permettait au uns de continuer leurs emplettes, aux autres de poursuivre leur distribution de tracts. Ryô et Kaori servaient de guides dans cette vielle qui avait tant changé, ce qui laissa place à des situations assez comiques. Le nettoyeur fit de son mieux pour éviter les chamailleries avec sa partenaire, chamailleries qui laissaient trop souvent transparaître leurs sentiments l'un pour l'autre, cependant il remarqua bien vite qu'ils ne connaissaient que ce moyen de communication. Plusieurs disputes éclatèrent donc en pleine rue (notamment parce qu'en donnant les tracts à des jeunes femmes Ryô leur promettait des tarifs réduits si elles s'engageaient à payer en mokkori), suivies des habituelles poursuites à la massue. La petite famille prenait tout ça pour de la camaraderie et c'était tant mieux. Rien n'échappa à Sylia qui se demandait pourquoi Ryô se faisait surprendre par des coups si prévisibles, jusqu'au moment où elle comprit qu'en réalité il se laissait taper…peut-être était-ce sa façon de donner des preuves d'amour silencieuses à sa partenaire.

Alex tenait l'un des tracts et le détaillait depuis plusieurs minutes en compagnie de Tam, peut-être en cherchant à lire entre les lignes.

Ryô venait de recevoir un autre coup sur la tête, lorsqu'il s'approcha de Sylia pour se plaindre et « pleurer ».

« Tu as vu comme elle est méchante avec moi ? Tu as vu ce qu'elle me fait subir ? Pleurnicha-t-il dans le cou de Sylia, qui, mû par un ancien réflexe l'avait entouré de ses bras et lui caressait à présent la nuque.

Oh là là mon pauvre petit. Plaisanta-t-elle. »

Soudain elle sentit sa main sur ses fesses et poussa une exclamation de stupeur en l'écartant d'elle.

« Salaud ! Tu n'as pas pu t'empêcher d'en profiter pour faire n'importe quoi ! » S'exclama-t-elle en lui donnant une tape sur le bras.

La massue s'éleva dans les airs tandis que Ryô présentait de fausses excuses à Sylia. Alex fut la seule à la voir et remarqua que Kaori avait vraiment l'air en rogne. Sentant venir un autre drame elle se précipita sur elle pour la ceinturer par derrière.

« Arrêtez Kaori ! Ne vous inquiétez pas ma sœur s'est chargée de lui. Et puis si vous continuez à le taper comme ça vous risquez de l'abimer !

Tant pis pour lui, il le mérite !

Mais non enfin ! Et puis avec cette énorme massue vous attirez beaucoup trop l'attention ! Aller, calmez vous s'il vous plait. »

Lorsque les deux jeunes femmes se retournèrent, Ryô boudait et Sylia paraissait fâchée, ce qui rassura Alex et Kaori.

Plus tard, alors qu'ils se reposaient dans le parc de Shinjuku, et que Kaori et Ryô se chamaillaient une nouvelle fois, Quentin leur posa enfin la question qui le démangeait depuis un moment :

« Vous êtes mariés depuis longtemps ?

Les deux partenaires stoppèrent net leurs chamailleries et s'écrièrent d'une même voix

Qui ça nous ?

Oui vous.

Mais on n'est pas marié ! S'exclama Kaori !

On est même pas ensemble d'abord ! Ajouta Ryô

Vous m'imaginez vraiment avec ce…. Ce… avec cet engin ?

Dis donc toi ça va comme ça maintenant ! Comme si moi je pouvais vouloir sortir avec un …(il se reprit de justesse avant de dire travelo et reformula) avec une bourrique comme toi !

Bourrique toi-même !

Je vous en prie ne vous disputez pas à nouveau ! Objecta Quentin. Pardonnez-moi si je vous ai vexé. C'est juste qu'à vous voir comme ça je pensais que vous étiez un couple.

Vous trouvez qu'on a l'air d'un couple ? Demanda tout à coup Kaori dont les joues rosirent légèrement.

Eh bien je… oui…

Mon vieux ne m'en veuillez pas, commença Ryô, mais vous devriez investir dans une paire de lunettes. Moi avec elle, ça jamais ! finit-il d'un air dégoûté.

Et on peut savoir pourquoi ? S'indigna Kaori.

Parce que je ne sors pas avec les hommes ! Il se rendit compte trop tard de ce qu'il avait dit. Porté par l'habitude il ne s'était pas contrôlé cette fois.

Quoi ? Tu viens encore de me traiter d'homme ! Espèce d'enfoiré ! »

Ryô eut beau s'enfuir en courant, la mille tonne s'abattit sur lui et l'incrusta dans la pelouse. Le spectacle laissa les autres un peu mal à l'aise, tandis que Ryôichi, lui, se mit à applaudir très fort en riant. Décidément ce spectacle ravissait vraiment tous les enfants.

Pendant que son partenaire s'extrayait de la pelouse, Kaori expliqua qu'ils travaillaient juste ensemble et qu'il n'y avait jamais rien eu entre eux et que c'était tant mieux. Personne ne remarqua la lueur déterminée qui s'alluma dans les yeux d'Alex. Lorsqu'il fut à nouveau assis près d'eux, Alex lui demanda alors si sa petite amie n'était pas jalouse qu'il travaille avec une femme. La question surprit l'assistance, et mit Sylia sur la défensive : elle voyait déjà sa sœur lancer un filet de séduction de mauvaise augure. Naturellement Ryô répondit qu'il n'avait pas de petite amie, ce à quoi Alex répondit un simple « ah bon », tandis qu'elle songeait qu'à présent ça ne serait plus qu'une question de temps avant qu'elle lui fasse tourner la tête.

Ils se séparèrent en milieu d'après midi, chacun retourna vaquer à ses occupations. Sylia et sa famille retournèrent à leur hôtel, saluèrent leur père et chacun retourna dans sa chambre afin de se préparer pour leur sortie du soir. Sylia voulut attaquer mais Alex fut plus rapide.

« Sylia, je voulais te parler de Ryô.

A quel propos ?

Je voulais être sûre qu'il n'y avait rien eut entre vous.

On te l'a dit, on a toujours été amis.

Ryô et elle, avaient décidé pour le bien de tous que ce mensonge devait perdurer. Sylia avait déjà mentit à Tam ce matin là en lui assurant qu'il n'était pas l'homme à l'origine de sa crise de larmes. Elle venait de mentir à Alex en doutant cependant que c'était une bonne idée vu ce qu'elle savait qui allait suivre.

Maintenant non plus, il n'y a toujours rien entre vous à part de l'amitié ?

Non, on est toujours de très bons amis. Alex, où tu veux en venir ?

Voilà..Il… il me plait beaucoup ! Mais avant de faire quoi que ce soit je veux être sûre que ça ne te pose aucun problème.

Eh bien en fait, je dois t'avouer que l'idée ne me réjouit pas vraiment…

Pourquoi ?

C'est juste que, tu es ma sœur, et lui… eh bien tu l'as vu, il est un peu coureur de jupons… et encore il se contrôlait un peu aujourd'hui…

Il court les filles parce qu'il est célibataire.

Hmm…

Tu sais quelque chose que j'ignore ?

Non, simplement il est tout le temps coureur.

J'aviserai ne t'inquiètes pas pour moi.

D'ailleurs il se pourrait qu'il ne soit pas célibataire du tout.

Pourquoi tu dis ça ?

Parce que Ryô n'avoue jamais qu'il est en couple, ça entacherait sa réputation de Don Juan.

Et qu'est-ce qui te fait croire qu'en ce moment il voit quelqu'un ?

Je ne saurais pas l'expliquer, mais en discutant avec lui j'ai eu le sentiment que son cœur n'était plus à prendre.

Bon écoute, encore une fois j'aviserai !

Mais Alex….

Je vais me doucher sinon on sera en retard ! A tout à l'heure ! »

La jeune fille s'éclipsa dans la salle de bain en laissant sa sœur en plan. Elle avait demandé à Sylia si elle pouvait sortir avec Ryô, mais il était évident qu'elle avait déjà pris sa décision. Il fallait qu'elle arrive à la dissuader de faire quoi que ce soit et ce même si elle devait lui raconter la vérité une fois de plus.

Ryô était nerveux comme il l'avait rarement été. Après réflexion, il se demandait si inviter tous ces gens chez lui était une bonne idée…ça faisait beaucoup de femmes à affronter à la fois…Mais bon il n'était plus temps de se poser la question, ils n'allaient pas tarder à arriver.

Il faisait semblant de lire, assis sur le canapé, tandis que Kaori vérifiait les derniers détails d'une main tremblante. Dans l'après midi, alors qu'ils préparaient la maison (Ryô portait les choses lourdes rien d'autre), Kaori avait remarqué que c'était la première fois qu'ils recevaient du monde de cette façon. En général leur hôtes étaient des clients et dépassaient rarement le nombre de deux. Là c'était totalement différent, et depuis qu'ils s'en étaient rendu compte, ils étaient rongés par la nervosité.

Pour ajouter à leur malaise, ils avaient passé une journée tranquille, sans réelle dispute, à se préparer à recevoir des amis…comme un couple l'aurait fait. Si Kaori et Ryô avait secrètement balayé cette idée au moment où elle se formait dans leur esprit, Ryô lui, avait eu plus de mal à s'en défaire en regardant Kaori aux fourneaux. Certes, elle n'avait fait que réchauffer les plats du traiteur, mais lorsqu'elle s'était tournée vers lui pour lui faire goûter un plat qu'elle estimait un peu fade, il avait senti son cœur s'emballer. Et dire qu'elle ne se rendait pas compte de l'effet qu'elle avait sur lui…

Kaori avait pris place sur le canapé et faisait également semblant de lire un magasine. A un moment Ryô leva les yeux, rapidement imité par sa partenaire, ils échangèrent un regard entendu, tels deux soldats qui s'apprêtent à passer à l'attaque, inspirèrent profondément puis de redressèrent d'un même mouvement. D'un accord tacite, Ryô prit les magasines et les rangea sous un des coussins du canapé. Kaori lissa sa robe et se dirigea vers la porte juste avant qu'on ne frappe. Elle ouvrit donc la porte tout de suite en affichant son plus beau sourire.

« Bonsoir ! Scanda la maitresse de maison.

Bonsoir ! Lui répondirent en cœur les invités.

Entrez, ne restez pas dehors. Les invita Kaori. »

On échangea les politesses habituelles, Quentin tendit une bouteille de vin à Ryô, puis ce dernier proposa de prendre les vestes et les sacs. Il aida les femmes à se dévêtir de bon cœur, remarqua qu'Alex semblait y prendre un plaisir particulier, puis fonça pour tout poser dans la chambre de Kaori qui était la plus proche. Il passa ensuite par la cuisine pour y déposer la bouteille de vin et revint s'installer dans le salon. Kaori avait fait asseoir tout le monde sur le canapé, Ryôichi jouait sur une petite couverture par terre, Ryô prit donc place sur la chaise libre à côté de Kaori et ils commencèrent à discuter.

« Tu sais Ryô, j'ai faillit ne pas reconnaître ton appartement. Commença Sylia.

Ah bon ? Demanda celui-ci qui se doutait où elle voulait en venir.

A l'époque où j'étais venue, c'était beaucoup moins bien rangé…qu'est-ce qui t'es arrivé pour que tu te transforme en fée du logis ?

Je ne me suis jamais transformé…

Tu n'as quand même pas une femme de ménage ?

Je ne l'appelle pas vraiment comme ça, en général je l'appelle Kaori. Plaisanta Ryô en jetant un regard amusé à sa partenaire. Pour une fois celle-ci goûta à la plaisanterie et ajouta

Oui c'est moi qui fais le ménage depuis que j'ai emménagé ici.

Vous vivez ensemble ? Demanda Tam étonnée.

Sylia jeta un regard à Alex, pour qui la nouvelle avait fait son effet.

Oui c'est plus pratique pour le travail. Répondit tranquillement Kaori

Cette fois Sylia haussa les sourcils en direction de Ryô, tandis qu'elle essayait de ne pas lui adresser un sourire entendu. Celui-ci la mitrailla du regard.

Et vous vivez ensemble depuis longtemps ? Interrogea Alex.

Bientôt six ans. J'ai emménagée ici lorsque Ryô et moi avons commencé à travailler ensemble. Répondit Kaori.

L'ainée des sœurs Chamade préféra regarder ses genoux pour reprendre son sérieux, tandis que Tam remarquait

Ah là là ces hommes, lorsqu'ils sont seuls ils ne savent pas se débrouiller. Mon chéri tu te souviens de ton appartement quand tu vivais seul ?

J'avoue que le ménage et le rangement n'étaient pas mon fort.

J'espère au moins que sous prétexte que vous êtes une femme, enchaina Sylia, ce grand escogriffe ne vous oblige pas à faire le ménage !

Vous ne voulez pas qu'on oublie le vouvoiement ? Proposa Ryô. On est entre amis, on peu arrêter les formalités.

Les convives approuvèrent puis Kaori reprit

Non il ne m'oblige pas à faire le ménage. De toute façon, il ne sait pas le faire, alors autant que je le fasse.

Laissez…euh pardon, laisse moi deviner, enchaina Tam, je parie que tu fais aussi la cuisine !

Il vaut mieux si elle veut manger autre chose que des cup ramen. Expliqua Ryô. Bon qui veut boire quoi ? »

Il énonça les alcools qu'il avait en omettant volontairement certaines bouteilles qu'il gardait pour sa consommation personnelle, puis commença à distribuer les boissons. Lorsque tout le monde fut servit Tam résuma

« En somme, Kaori, tu as un peu les même fonctions qu'une épouse dans cette maison.

Alex pinça les lèvres, Sylia but une gorgée pour éviter de rire, Ryô sourit malgré lui tandis que Kaori haussait les épaules

C'est un peu ça, je n'ai que les désagréments d'une épouse sans aucun avantage.

Tu penses à un dédommagement en nature ? Risqua Quentin du bout des lèvres.

Ce genre de paroles était si inhabituel dans sa bouche que les femmes de sa famille ne réagirent pas tout de suite. Kaori par contre rougit, et Ryô resta bouche bée devant l'audace du jeune homme. Soudain Tam réalisa ce qu'il venait de dire et se tourna pour lui taper le bras.

Mais enfin, ça ne va pas de dire des âneries pareilles ! Tu devrais avoir honte de mettre Kaori mal à l'aise comme ça. Elle tapa à nouveau sur son bras mais cette fois un peu plus fort.

Aïe ! Mais c'était pour rire ! On est entre adultes, si on peut plus plaisanter !

Ce n'est pas une raison ! Excuse-toi !

Pardon Kaori, Ryô, je ne voulais pas vous offenser.

Il n'y a pas de mal… bredouilla cette dernière.

Eh bin mon vieux, tu es assez direct ! Enchaina Ryô pour détendre l'atmosphère. Moi qui m'étais imaginé que tu étais plutôt timide…

Il n'est pas comme ça d'habitude. Expliqua Tam sur un ton d'excuse en mitraillant son mari du regard. »

Elle lança un regard mauvais au verre de whisky qu'il tenait, puis d'un mouvement rapide lui prit le verre et le posa sur la table. Le pauvre Quentin tout penaud ne pensa même pas à protester.

Ryô fit semblant de ne pas avoir vu et enchaina à nouveau pour éviter que s'installe un malaise. Et dire qu'il avait peur de provoquer lui-même ce genre de situation.

« Sinon, Sylia tu n'as pas eu de mal à retrouver le chemin ?

Non pas tant que ça, mentit elle, j'ai hésité à quelques intersections, mais j'ai une assez bonne mémoire.

Tu étais venue souvent ici ? Demanda Alex.

Oh je dirais…. Pas plus de trois ou quatre fois…

Oui c'est ça. Continua Ryô.

C'est tout de même une chance que vous vous soyez retrouvés comme ça après tant d'année. Remarqua Tam.

Le hasard a vraiment bien fait les choses, c'est vrai. Concéda Ryô.

Oui notamment parce qu'au départ on ne devait même pas aller boire un café. Continua Kaori.

Le café a l'air d'être votre point de chute. Remarqua Alex. Vous semblez très bien connaître les patrons.

Umi et moi nous nous connaissons depuis longtemps. Nos chemins se sont recroisés il y a quelques années lorsqu'il est venu travailler ici. Expliqua Ryô en ne manquant pas de surprendre Kaori par tant de paroles. On a connu Miki, et sa nouvelle version du Cat's Eye un peu plus tard lorsqu'elle est venue vivre ici.

Excuse-moi, risqua Quentin, mais pourquoi tu appelles cet homme « Umi » ?

C'est le diminutif d'Umibôzu. Expliqua Kaori. Ryô aime bien le taquiner sur sa taille.

Tu n'as pas trouvé plus ridicule comme surnom pour un ami ? Objecta Sylia en secouant la tête.

C'est justement pour le rendre ridicule que je ne l'appelle pas Falcon. Et puis ce gros poulpe n'est pas mon ami, c'est tout juste une connaissance.

Ils disent ça tous les deux, mais en réalité ils s'adorent. Précisa Kaori en souriant.

Ah mais oui, évidemment tu ne peux pas être ami avec un homme c'est ça ? Ironisa Sylia.

Tu as tout compris.

La jeune femme lui adressa un sourire qui signifiait « toi tu n'as pas changé ». Alex lui enleva les mots de la bouche en continuant

Enfin de là à l'appeler « éléphant de mer » ou « gros poulpe »… qu'est-ce que ce pauvre homme a bien pu faire pour mériter de tels surnoms ?

Bah ça lui va bien au teint c'est tout. » Déclara Ryô sur le ton de la plaisanterie.

Tout le monde se mit à rire et la conversation s'orienta dans une autre direction.

Alex tenta de se lancer dans une conversation avec Ryô, mais celui-ci avait épuisé sa réserve de longues phrases pour la soirée et se contentait de répondre par des phrases très courtes ou par des monosyllabes lorsqu'il en avait l'occasion. Il avait bien sûr remarqué qu'elle déployait à chaque mouvement des ondes de séductions et elle attendait visiblement un retour de sa part. Difficile de jouer les indifférents lorsque cette belle jeune femme le couvait de regards charmeurs en croisant, décroisant et recroisant élégamment ses longues jambes, ne perdait pas une occasion de mettre ses atouts en avant et ne semblait reculer devant rien pour attirer l'attention du nettoyeur.

A plusieurs reprises, celui-ci serra les dents pour ne pas faire mokkori. Elle était vraiment douée ! Elle alla même jusqu'à mordre de façon provocante dans l'un des amuse gueule, et cela en étant extrêmement discrète. Même Sylia qui la surveillait de près n'avait pas vu ça. A la réflexion, cette jeune femme était diabolique ! Elle adressait un regard intense à Ryô par-dessus son verre de vin blanc, lorsqu'elle fut interrompue par une petite voix :

« Tatie, tu zou o tutures ?

Elle baissa les yeux et découvrit son neveu, debout devant elle, prenant appui sur ses genoux. Elle posa son verre, avala et lui offrit un grand sourire.

Bien sûr mon petit chéri ! »

Elle le prit dans ses bras et l'assit sur ses genoux, puis prit la petite voiture qu'il lui tendait et commença à la lui faire rouler dessus pour le faire rire.

« Ouf, enfin un peu de répit » Songea Ryô en buvant une gorgée pour hydrater sa gorge devenue très sèche au cours des dernières secondes.

Peu avant d'aller diner, Tam récupéra son fils et le posa dans sa poussette pour le faire dormir. Kaori lui proposa de l'emmener dans sa chambre afin qu'il ne soit pas dérangé par le bruit. Lorsque les deux femmes rejoignirent le groupe dans la cuisine, ils étaient en train d'essayer de décider où chacun allait s'asseoir. Pour l'occasion, Ryô était allé piquer une grande table chez Miki, de sorte qu'ils pourraient être à six sur la même table. Celle qu'il avait choisit était très grande avec ses rallonges et permettait à tous d'être assis confortablement.

Kaori se plaça en bout de table, proche des fourneaux, Tam en face d'elle, près de la porte, au cas où son fils se mettrait à pleurer. Quentin se plaça naturellement à côté de sa femme, et choisit de se mettre à sa gauche. Ryô qui voulait être loin de Kaori, se plaça en face de Quentin. Il ignorait pourquoi, mais il semblait que quelqu'un avait décidé qu'Alex serait mieux assise à côté de lui, ce qui laissa à Sylia la place à la droite de Kaori. Ryô se demanda si finalement en choisissant sa place avant la plus jeune des sœurs il n'avait pas fait une grosse bourde. La suite de la soirée allait lui prouver qu'il avait raison.

Kaori qui n'avait jamais eut le bonheur de recevoir des amis chez elle, avait souhaité faire les choses en grand. D'abord elle avait sortit sa plus belle robe et avait obligé Ryô à se mettre aussi sur son trente et un. Il avait revêtit son costume blanc qui lui avait valut un compliment chuchoté de la part de Sylia qui avait profité qu'il lui levait sa veste pour lui souffler « tu es bien beau ce soir ! » Ce à quoi il avait bien sûr répondu « toi aussi tu es pas mal » ne voyant donc pas le regard appréciateur que lui lançait Alex.

En dehors des jolis vêtements, Kaori avait tenu à rendre sa table impeccable. Elle avait mis les plus jolis couverts et assiettes qu'elle avait trouvés dans le placard et avait agrémenté la table d'une longue nappe beige qu'elle avait aussi emprunté à Miki. Une fois assis, les convives se retrouvaient recouverts jusqu'à la taille, de sorte que personne ne pouvait remarquer si l'on se grattait discrètement la cuisse.

Ils venaient de commencer le diner lorsque Ryô sentit une main se poser sur sa cuisse droite. Alex s'était rapprochée imperceptiblement de lui, à tel point que leurs chaises se touchaient presque, et profita de cette promiscuité pour commencer à lui pincer la cuisse. Ryô fit comme si de rien n'était, mais mordit néanmoins un peu fort dans son repas.

« C'est super bon ! commenta-t-il pour penser à autre chose. Kaori il faudra qu'on pense à retourner chez ce traiteur.

C'est vrai que c'est bon. Admit Kaori. »

Chacun alla de son petit commentaire, tandis qu'Alex continuait son petit manège. Finalement elle se rendit compte qu'elle avait besoin de sa main gauche pour couper les aliments et retira sa main…pour mieux la remettre trois minutes plus tard. Ryô n'osait pas la fusiller du regard, le moindre mouvement suspect dans sa direction lui aurait attiré les foudres de son amie et de sa partenaire. Une à la fois c'était déjà quelque chose, il imaginait mal devoir gérer les deux en même temps. Mais tant qu'Alex ne faisait que poser sa main, ça n'était rien de bien méchant. Comme si elle avait pu lire dans ses pensées, elle se mit à lui caresser la cuisse cette fois, l'air de rien, tout en discutant avec sa sœur et Kaori. Cette fille avait vraiment le cœur bien accroché ! Se rendait-elle au moins compte qu'elle narguait directement l'ennemi ?

Le fait est que la bouchée de Ryô passa de travers et celui-ci se mit à tousser. Elle le dévisagea pendant qu'il vidait son verre d'eau et de surprise releva légèrement sa main… pour encore une fois la replacer presque instantanément.

Elle parvint à engager la conversation avec Ryô, qui savait qu'au moins pendant qu'il lui parlait elle ne le touchait pas. Elle recommença ses petits mouvement de séduction, en faisant bien en sorte de mettre en avant son décolleté. Le nettoyeur posait ses yeux partout, tant que ça n'était pas sur elle, il savait que si ses yeux s'égaraient ça serait la fin.

Leur discussion ne dura pas longtemps, et il commença à parler avec Tam et Quentin avant que ce dernier ne se mette à raconter une histoire. Ryô l'écouta en s'appuyant sur le dossier de sa chaise. Il sentait toujours la main de la jeune fille lui caresser la cuisse et faisait de son mieux pour se concentrer. La pression de la main remonta le long de sa cuisse, glissa sur l'intérieur et s'arrêta à quelques centimètres de son entrejambes. Ryô déglutit, mais parvint à rester impassible. Cette fille n'avait vraiment pas froid aux yeux ! Après tout il ne faisait rien pour l'encourager et elle continuait à le toucher le plus naturellement du monde. Il n'osait pas bouger de peur de se faire repérer, mais la situation devenait périlleuse. Elle continuait à le caresser. Les pensées du nettoyeur commençaient à s'embrouiller. Rester concentré sur ce que disait Quentin ! C'était vraiment de plus en plus difficile de penser à autre chose qu'à la main de cette jeune femme qui bougeait sur la cuisse. Il tenta de se redresser pour cacher la nervosité qui le gagnait. C'était peut-être la pire idée qu'il aurait pu avoir : La main d'Alex, toujours à quelques centimètres de son entre jambes, fut entrainée par le mouvement de Ryô et effleura le dit entre jambes. C'en fut trop pour Ryô, qui incapable de se contenir plus longtemps se mit à faire mokkori. Alex n'avait pas eut le temps de réaliser et de retirer sa main, lorsqu'elle sentit le phénomène étrange. En comprenant de quoi il s'agissait, elle laissa sa main s'éloigner lentement mais ne manqua pas d'afficher un léger sourire satisfait. Elle croisa le regard de Ryô et lui offrit un sourire qui aurait pu faire fondre un glacier avant de détourner le regard pour se ré intéresser à son beau frère.

Avec la chance qu'il avait, quelqu'un allait forcément se débrouiller de le faire lever dans les minutes qui suivrait. Il fit appel à tout son calme et son self-control et parvint à se calmer.

La fin du repas fut heureusement un peu plus calme car elle ne tenta plus rien.

Ils décidèrent de retourner dans le salon pour prendre le dessert et le café. Alex passa de nouveau à l'attaque en usant de séduction discrète mais directe et Ryô se sentait défaillir petit à petit. Pour se changer les idées, il proposa d'aider Kaori à débarrasser. Sylia se pencha à l'oreille de la jeune femme et lui murmura quelque chose. Kaori sembla hésiter et regarda Sylia en secouant la tête de droite à gauche. Cette dernière l'encouragea silencieusement, tandis que Kaori hésitait encore. Elle finit par céder, et déclara que puisqu'il se sentait d'humeur charitable, autant qu'il en profite pour faire les cafés en allant dans la cuisine. Elle s'appuya de bon cœur sur le dossier du canapé et attendit sa réaction en le gratifiant d'un joli sourire. Les yeux de Ryô se rétrécirent tandis qu'il la mitraillait du regard et murmurait d'un air méchant « Il ne faudra pas te plaindre si ton café est dégueulasse ». Elle haussa un sourcil et sourit de plus belle…se permettant un moment de complicité avec lui totalement inédit. Il la mitrailla difficilement du regard, saisit les assiettes d'un mouvement vif, puis partit en bougonnant qu'elle faisait la mariole devant les invités etc etc. Il passait l'encadrement de la porte lorsque Sylia le héla

« Et n'oublie pas de nous servir en faisant des courbettes !

Alors toi tu ne paies rien pour attendre ! Assura-t-il. Je sais bien que c'est toi la fautive !

Ouhh j'ai peur… Se moqua son amie en provoquant l'hilarité de tout le monde.

Ryô se retourna pour lui tirer la langue et croisa le regard amusé de Kaori.

Ah et Ryô… commença celle-ci, pas d'entourloupe hein. On veut du café moulu pas soluble. Finit-elle avec une audace qu'il ne lui connaissait pas.

Toi attends un peu qu'on soit seuls et je te dirai ma façon de penser !

Kaori ne te laisse pas faire, Enchaina Tam, il faut que tu lui montres qui est la patronne ici ! »

Tout le monde se mit à rire. Kaori tourna la tête vers Ryô et tout en continuant à sourire, le caressa du regard en le regardant droit dans les yeux. Celui-ci tourna les talons en hâte et se dirigea vers la cuisine en bougonnant. Qu'est-ce qu'il lui arrivait à elle aussi ce soir ? Jamais elle n'osait le regarder comme ça directement !

Il entra dans la cuisine posa les assiettes dans l'évier, en songeant que sa partenaire faisait chier aussi ce soir, qu'est-ce qu'elle avait besoin d'être aussi belle… puis il ouvrit la boite de café moulu que Kaori planquait dans un coin, et lança la machine. Il sortit quelques tasses et un plateau puis posa tout à côté.

Il s'appuya face l'évier et baissa la tête pour réfléchir. Tout à coup il sentit une présence et se redressa en faisant volte face. Alex l'avait rejoint dans la cuisine et se trouvait assez près de lui. Comment avait-elle pu approcher d'aussi près sans qu'il s'en rende compte ?

Elle lui expliqua qu'elle était venue voir s'il s'en sortait, et si éventuellement il avait besoin d'aide. Il la remercia, mais n'avait besoin de rien, elle pouvait retourner s'asseoir avec les autres. Il avança de quelques pas pour jeter un œil à la machine qui faisait du café au compte goûte. Le temps qu'il relève les yeux, Alex n'était plus qu'à quelques centimètres de lui. Il recula, et elle se rapprocha.

« Ryô… en vérité je suis venue parce que je voulais te voir en tête à tête…Minauda-t-elle.

Ah…ah bon ? Demanda celui-ci d'un air ahuri.

Cette fois elle avança et le fit reculer d'un pas.

Tu sais tu m'as vraiment tapé dans l'œil…

Oui…j'avais cru comprendre…

Et moi j'ai cru comprendre que tu n'étais pas indifférent à mes avances… ta réaction à table tout à l'heure…

Mais ça je peux tout à fait l'expliquer ! Coupa-t-il en reculant une fois de plus tandis qu'elle avançait vers lui.

Tu ne m'as pas repoussé…

Ça aussi je peux l'expliquer !

Ne t'inquiètes pas il n'y a rien à dire. Il évita le mouvement qu'elle fit vers lui et continua à reculer en faisant le tour de la table.

Si, en fait il y aurait pas mal de choses à dire…

Comme quoi ?

Que par exemple tu vas me faire rater mon café à me faire faire le tour la cuisine…

Personne ne t'oblige à bouger autant. »

Ils continuèrent à jouer au chat et à la souris autour de la table puis tout à coup, sans trop savoir comment elle avait réussit ce coup de maître il se retrouva appuyé contre l'évier.

« Ryô, j'ai eu envie de faire ça toute la soirée !

Non on ne peut pas !

Personne ne nous verra.

On ne peut vraiment…. »

Il ne réussit pas à finir sa phrase car la jeune femme venait de se coller à lui et surtout de poser ses lèvres sur les siennes !