hello! ça va?

moi, je rame avec mes révisions. à force de bosser, j'ai la tête qui menace d'exploser, surtout que je ne retiens rien de rien. enfin bref, OSEF. je profite de ce blabla pour répondre à la review de Juliette:

"je suis contente que tu trouves Emma attachante. ce n'était pas le but recherché, mais si c'est un effet secondaire, il est tout à fait admis^^ c'est vrai que ses réactions sont rares, c'est dû au fait qu'elle se retient tellement que plus rien n'est spontané chez elle. j'espère que la suite te plaira autant, et merci de ta review!"

mis à part ça, je n'ai rien à dire. merci d'être ici, et on se retrouve en bas!

Il y a de l'animation dans le couloir des garçons. Je ne sais si c'est coutumier, après tout c'est la première fois que je monte jusqu'ici, mais la moindre des choses à dire est que le calme me paraît…impossible.

Pour vous donner une idée, j'ai croisé dans l'escalier un élève de première année avec son sous-vêtement sur la tête. Et c'est tout. Je crois qu'il a pris peur en me voyant. C'est assez naturel, compte tenu que j'ai construit mon masque d'impassibilité pour qu'il soit interprété comme le veut mon destinataire.

Ce pauvre garçon a dû croire que j'allais m'empresser de raconter son méfait au Professeur Mac Gonagall. Ne pas l'informer de ma loi du silence lui suffira de leçon, cependant. Je sais beaucoup de choses, mais n'en répète aucune. Je me suis faite cette promesse lorsque j'ai appris que Lupin était un loup-garou.

Il me paraissait inutile de changer de traitement avec les autres secrets qui me sont venus ensuite, et je me tiens encore à cette ligne. Je n'ai aucun ami à qui les répéter, et de toute manière, je limite ainsi les risques de débordement.

Une des nombreuses raisons pour lesquelles je n'ai pas du tout apprécié que Lupin me considère comme hypocrite. Pas qu'il le dise, la sincérité est une bonne chose, mais qu'il le pense m'a mise hors de moi.

D'un autre côté… Bref. Je me suis mal conduite, et j'ai de la chance que Lupin ait décidé de ne rien raconter. Le problème, maintenant, c'est que certains garçons ont pensé depuis que la voie était libre. J'ai dû déployer des trésors de diplomatie pour leur faire croire qu'un avenir pouvait être considéré, mais que je ne suis absolument pas disponible pour le moment.

En parlant de disponibilité, justement…

- J'ose espérer que tu as conscience d'être dans le couloir des garçons à l'heure des douches ?

Devant moi se tient Sirius. Il vient de quitter un des dortoirs, celui que je suppose être celui des garçons de septième année. Je ne sais pas comment il a su que je venais, mais en tous cas il m'attend.

Je ne suis pas si prévisible, non ? Le seul fait, déjà, que j'ai giflé Lupin, me paraît être motif de surprise. Je n'ai pas levé la main sur qui que ce soit depuis que j'ai l'âge de raison, et croyez bien qu'il m'est venu tôt.

Toutefois, il est possible que la rareté de l'événement, justement, ait poussé Sirius à prédire ma venue. Lily a fini par aller s'excuser auprès de James pour l'avoir autant frappé six ans de suite, et il en a résulté que maintenant ils sont en couple.

Ils le peuvent, eux. Ils peuvent choisir. Moi, devant les courriers et propositions diverses dont j'ai été assaillie, j'ai formulé mon troisième jugement de la journée.

Pas très charitable, celui-là. Je ne vous le répèterai donc pas. Si je n'avais pris l'habitude d'accueillir les choses comme elles sont, je pourrais être très mauvaise langue.

Passons sous silence ce côté peu reluisant de la personnalité que je tente de dégager.

- J'ai aussi conscience que tu es parfaitement décent.

Contrairement à cet enfant qui hurlait avec son slip sur la tête. Je ne peux nier, au moins, que mon éducation m'a appris à conserver davantage de dignité.

- Remus l'est aussi, si tu veux tout savoir. Je suppose que c'est lui que tu viens voir, autrement tu ne te serais pas aventurée dans une région aussi dangereuse pour la pauvre petite chose que tu es. Surtout à cette heure-ci.

Moi, une pauvre petite chose ? Même en pensant objectivement, je ne pense pas mériter le qualificatif. Beaucoup ici me prennent pour ce que je ne suis pas, mais le qualificatif de « fragile » ne m'a jamais été attribué. Je ne suis pas d'apparence chlorotique, et surtout, si jamais quiconque osait s'en prendre à moi, mon nom suffirait à me donner autant de défenseurs dont j'ai besoin.

- Qu'importe, reprend Sirius en voyant mon absence de réaction, il va sortir dès qu'il aura trouvé un casque.

Je crois qu'il essaye de faire de l'humour. Qu'il veut me faire rire, en jouant sur le fait que son ami s'est pris une bonne gifle plus tôt dans la journée.

Malheureusement, suite à un reproche de Lupin, je me suis livrée à une introspection qui m'a laissée sur le constat que je n'ai aucun sens de l'humour, ni de l'autodérision.

Alors, je fais ce que je sais faire le mieux : ma bouche s'étire en un sourire, indéchiffrable, qui laisse croire à mon interlocuteur que j'ai saisi l'exacte nuance de ce qu'il veut entendre.

Sirius est intelligent. Peut-être a-t-il compris comment je fonctionne, peut-être que non. En tous les cas, il m'adresse un sourire, sincère lui, et se retourne vers son dortoir en braillant comme un nouveau-né.

Bon. Je veux parler à Lupin, mais pas au milieu du couloir. Je ne pense pas qu'un autre élève repassera par là avec son slip sur la tête – je suis toujours perplexe quant à ce comportement d'ailleurs – mais ce n'est ni l'endroit le plus confortable, ni le plus privé.

La salle commune sera bien mieux. Nous serons au regard de tous, nul ne pourra faire courir de fausse rumeur – sait-on jamais – et sur la même ligne je ne pense pas que nul ne nous dérangera.

Je descends donc, heureusement sans revoir l'élève auquel j'ai dû infliger la peur de sa vie, et m'installe dans mon coin fétiche. Les yeux fermés, je me concentre sur le pétillement du feu, ainsi que sur sa chaleur sur mon visage, pour éviter de sentir le poids des secondes qui s'égrènent lentement.

C'est cela, le stress.

- Tu voulais me voir Emma ?

Mon masque d'impassibilité en place, j'ouvre les yeux et lui fait face. Il vient de se laver les cheveux, quelques gouttes d'eau y perlent encore. Cela lui va bien, peu de choses ne lui conviennent pas de toute manière.

- J'ose espérer que le spectacle auquel j'ai assisté dans le couloir n'est pas coutumier, je dis avec un sourire conventionnel.

J'ai appris à ne pas commencer une conversation par son véritable but. Le sujet doit être introduit tout en douceur, comme un bateau glissant sur la plage pour finalement être mis à flot. Comme le soleil se lève. Avec certitude, mais non sans subtilité.

- Le petit blond de première année ? Si, on y a droit tous les soirs ou presque. Personne n'avait jusque-là osé lui dire que les filles peuvent monter dans nos dortoirs. Grâce à toi, je doute qu'il recommence.

Je suis l'héritière d'une longue lignée de grands personnages toujours au service de leur pays. Suivant son raisonnement et à une moindre échelle, je suis donc à leur hauteur.

- Où est ton casque ? je reprends après un silence.

- Je n'en ai pas trouvé, réplique-t-il avec un sourire. Est-il pour autant nécessaire ?

- Tout dépend si tu décides de m'énerver encore ou non.

On y est, et pour être franche, c'est assez angoissant. En giflant Lupin, je lui ai dévoilé une petite partie de moi-même, une que je contrôle mal pour l'avoir longtemps trop étouffée.

Lupin sait comment me blesser jusqu'à ce que je réagisse. Oh, je peux me défendre, oui, mais il est un homme, donc plus fort que moi. Avec mes seuls poings, je ne fais pas le poids. Reste la magie, mais je crains que Lupin, en tant que Maraudeur, ne soit encore plus fort que moi.

Je dois protéger mon esprit, et ne plus me laisser avoir. La conclusion à laquelle je suis arrivée avant de monter chez les garçons ne m'a pas beaucoup plu, mais c'est un passage obligatoire.

- Tu disais être patiente, j'ai voulu tester.

- Et qu'en as-tu conclu ?

- Que je t'ai blessée. A ce titre, je pense que les traces que ta manucure a laissées sur ma joue sont amplement méritées.

C'est gentil de sa part de dire cela, même si je n'ai jamais versé dans les châtiments corporels. Certes, une gifle ne vaut pas une torture, mais considérant que je ne réagis presque jamais, et que de surcroît mes ongles longs ont griffé son visage, je l'ai presque battu.

- Tu les as enlevées, je réponds simplement.

- Je pense avoir assez de cicatrices comme cela, inutile d'en rajouter.

Il ne s'en apercevra jamais, mais pour les filles – je n'ai peut-être pas beaucoup de jugement, mais un point de vue féminin tout de même – ces cicatrices lui donnent un air de mal-aimé des plus séduisants.

- Désolé de t'avoir vexée, reprend-t-il après un silence. Je ne cherchais pas ce résultat.

Trop tard. Il voulait une réaction, il l'a eue. Il est aisé de dire regretter ses actes après avoir pu en constater les conséquences.

- Pourtant j'ai réagi, je rétorque. C'est ce que tu voulais.

- Je n'avais pas envisagé que tu passerais d'un extrême à un autre.

Moi non plus. A dire vrai, je ne pensais même pas être capable de perdre mon sang-froid.

- Se faire traiter d'hypocrite n'est pas ce dont chacun rêve en se levant le matin.

La sincérité est une valeur à laquelle je tiens plus qu'à toute autre. Quand on refuse de mentir, sans pour autant avoir à dire la vérité, mieux vaut se taire.

- Tu ne l'es peut-être pas vis-à-vis des autres, réplique Lupin sur un ton lent, mais par rapport à toi-même c'est une autre mesure. Tu acceptes ce qui t'est dit sans contester, et je ne comprends pas.

Ah… Je ne le demandais pas, surtout. Lui et moi n'avons pas eu la même éducation, et quand bien même cela aurait été le cas, mon caractère et la fonction de mon père m'interdisent le moindre fléchissement envers mes tendances personnelles.

- Ce que tu ne comprends pas, toi, c'est que je n'ai pas moyen de contester. Je peux autant penser que je le veux, mais si je ne puis agir, l'obéissance n'en paraît que plus dure.

Il réfléchit. J'aimerais qu'un instant il comprenne que le poids qui est sur ses épaules, et celui qui repose sur les miennes, ne sont pas des mesures comparables. Maintenant, je commence à percevoir pourquoi il s'intéresse à moi.

Lui et moi sommes des cas à part. Nous ne sommes pas libres de nos mouvements, et cela pour des raisons dont il est impossible de se libérer.

Je le plains, lui aussi…

- Alors tu cesses de penser pour ne pas souffrir, murmure Lupin comme si c'était une fatalité.

Je crois, dans les faits, que ç'en est une.

- C'est ce qui résulte de mes réflexions.

Lesquelles me prennent une bonne partie de mon temps, m'endorment, et me réveillent même au milieu de la nuit.

- Je vois ce que tu veux dire, mais tu vaux tellement mieux que ça…

Aha. Certes. Mais valoir n'est pas forcément avoir.

- Emma…je sais ce dont tu as besoin.

J'espère.

ahem, le couloir des garçons à l'heure des douches. je crois bien être devenue tomate lorsque j'ai imaginé ça. enfin, dans ma tête, je voyais Emma dans ledit couloir dans une atmosphère très moite, un vrai sauna. et elle voulait voir Lupin. la seule solution était donc le couloir des garçons lors des douches (ayant été cinq ans en internat, je connais le climat, c'est particulier)

Bref. fin de ma page de vie. j'espère que ce chapitre vous a plu. le suivant arrivera bientôt et s'appellera Tu es ma lumière. d'ici là, n'hésitez pas à reviewer, je réponds facilement^^