hello!
je réponds d'abord à quelques reviews:
Kalahane: c'est vrai qu'il est mignon^^ il est en manque :p j'espère que ce chapitre te satisfera et merci de ta review!
Juliette: mes chapitres ne sont pas trop courts, ils font cinq pages word en moyenne!^^ bon, d'accord, je comprends quand même ce que tu ressens. ne t'inquiètes pas pour autant, je ne vais pas faire trop durer le stress. merci de ta review!
pour tous, je vous informe qu'il reste, après ce chapitre, trois autres à publier plus un bonus. merci de me lire et merci de vos reviews! le chapitre suivant s'ntitulera "Il y en a un ici qui mérite des félicitations", et arrivera d'ici quelques jours.
bonne lecture!
« Tu n'y retourneras plus ». Ces mots, prononcés par mon père il y a un mois, résonnent encore dans ma tête alors que je parcours les couloirs de l'Académie de Magie de l'Etat d'Italie. L'école est sur une petite île, celle de Lampedusa, loin de toute civilisation moldue ou sorcière.
Mes parents m'ont envoyée ici parce que je parle un peu l'italien. Seul Merlin sait pourquoi ils ont voulu que je prenne des leçons lorsque j'étais enfant. Je n'ai pas le physique du pays. Mes comparses ont majoritairement des cheveux noirs et la peau mate – un véritable archétype – alors que moi me distingue avec la peau claire inhérente à des cheveux roux.
De surcroît, je suis loin d'être bilingue. Il m'est même difficile de suivre les cours. Je n'y fais que de la figuration, et j'ose croire que les professeurs ont été informés de mon statut un peu particulier.
Je m'ennuie. Moi qui voulais ressentir, formuler des jugements, devenir autre chose qu'une coquille vide, je suis trop servie pour que ce soit satisfaisant.
Je m'ennuie. Mes camarades ne voient de moi que ce que je montrais déjà à Poudlard, sans pour autant en connaître la raison. Je suis souriante, égale, m'immisce peu dans les conversations, mais garde en tout point la même attitude calme.
Là où mes comparses britanniques mettaient mon éloignement sur le compte de mon statut dérogatoire, les Italiens, en revanche, pensent que je m'isole parce que je ne comprends pas leur langue. Certains tentent de m'intégrer à leur bande, de me faire progresser, communiquer, mais je ne retrouve pas parmi eux l'esprit qui régnait lorsque je fréquentais les Maraudeurs.
Enfin, parler d'intégration est vite dit… Les Italiens ne sont pas stupides, je suis certaine que quelques un parmi eux ont fait le lien avec mon arrivée tardive et les rondes régulières effectuées par deux cerbères dans le bâtiment.
Techniquement, ces personnages sont des Aurors. Ils sont gentils, mais peu communicatifs. Je leur parle un peu, leur adresse un mot poli le matin, et parfois même leur apporte quelque chose à manger différent de leurs sandwichs quotidiens.
Même exilée, je dois surveiller mon comportement. Remus me blâmerait pour cela, mais une fille de Ministre doit extrêmement surveiller ses relations publiques.
Ces Aurors ne sont pas d'une bien grande compagnie. Leur présence est avant tout justifiée par ma sécurité. Père a jugé préférable de m'envoyer au loin, couverte par le nom de jeune fille de ma mère, afin d'éviter au maximum que quiconque ne s'en prenne à lui en touchant à moi.
Je pense également que, dans son for intérieur – peut-être même l'admet-il parfaitement, qui sait – il est heureux de me savoir loin de Remus. Enfin, techniquement, pas de Remus précisément, mais simplement d'un loup-garou.
Je pourrais lui mettre l'évidence devant les yeux qu'il continuerait à me voir comme la parfaite oie blanche, et Remus comme le mal incarné. Le fait que je me sois jetée devant lui lors de l'attentat n'y a rien changé, et tel n'était d'ailleurs pas le but.
Je voulais simplement le protéger. J'aime mes parents, quoi qu'ils me fassent.
Le Feudeymon m'avait peu blessée, ce sont davantage les éclats de verre qui m'ont touchée. J'avais eu un gros choc à la tête, également, et il semblerait qu'un pied de fauteuil ait à moitié écrasé ma cage thoracique. Néanmoins, les guérisseurs ont fait des merveilles, et j'ai été sur pied au bout de trois semaines.
Et envoyée ici.
Que dire de ma vie, si ce n'est qu'elle m'ennuie ? Cela est mon jugement du jour, tout comme il était celui d'hier et sera celui de demain. Je m'ennuie. Mon courrier est filtré, seules sont admises les lettres de mes parents. Je dors dans une chambre individuelle, protégée par un passage secret, et Arsenik est tenu de veiller sur mon sommeil.
Arsenik… Lui est triste de me sentir ainsi, et voir ses oreilles tomber d'accablement me fait mal au cœur. Toutefois, je ne peux rien faire. J'ai promis à Père de ne chercher aucun contact avant la fin de l'année, et je m'y tiendrai, pour ne pas le décevoir. Arsenik a également été chapitré, il est prié de ne rien mettre en œuvre qui compromettrait ma sécurité.
D'où son état. Ne rien mettre en œuvre sous-entend de ne pas retourner à Poudlard ou y porter de courrier, alors que cela est bien la chose qui me tirerait de mon marasme.
En façade, je souris, mais en mon for intérieur, je ressens une telle douleur que j'ai dû longuement l'analyser pour savoir à quoi elle correspondait. Ce n'était pas le mal du pays, ni un regret d'avoir agi comme je l'ai fait, et encore moins une douleur physique comme j'en ai parfois encore du fait de mes blessures.
Non, ma conclusion a été que ma vie à Poudlard me manque. Je veux dire, pas celle que j'ai menée six ans durant, celle-là était convenable mais pas entièrement satisfaisante.
Je parlai de mon existence à compter du jour où j'ai fait le sacrifice le plus improbable de toute mon existence. Celui où j'ai laissé Remus Lupin pénétrer dans ma vie, comprendre mes ressentis, et au final m'aider à me relever.
- Miss Loxe, demande brutalement Arsenik sans pour autant réussir à me faire sursauter, voulez-vous que je vous aide à réviser pour votre diplôme ?
Nous sommes en pleine période d'ASPICS, même si ici ils portent un autre nom. Je suis autorisée à passer les examens en anglais, heureusement d'ailleurs, sans quoi j'aurais eu de sérieuses inquiétudes.
- Merci Arsenik, je réponds doucement avec mon sourire de toutes les situations, mais je pense avoir assez travaillé pour le moment.
Je n'ai que cela à faire pour éviter de me morfondre. Travailler.
Le seul point positif de cette affaire est que l'histoire de mon mariage est rejetée à un futur proche peut-être, mais suffisamment éloigné pour que je n'ai pas à m'en soucier pour le moment.
- Puis-je faire une suggestion Miss ? reprend mon elfe, enhardi.
- Fais, je réplique sur un ton presque atone.
- Monsieur le Ministre a prévu de vous faire revenir après vos ASPICS, Miss. Les épreuves seront achevées dans deux semaines. Rien ne vous interdira d'aller voir ce Monsieur Lupin que vous appréciez tant.
Dans deux semaines… Si Père me laisse circuler, oui, je pourrais. Toutefois, j'ai des doutes. Je l'ai senti réellement inquiet la dernière fois que nous avons parlé, inquiet pour moi.
Je crois qu'il ne se remet pas du fait que je l'ai sauvé. Mais qu'aurais-je pu faire d'autre ? Je n'allais pas le laisser mourir parce que les idées qu'il défend ne sont pas toujours en accord avec ce que je ressens. Il reste mon père, de toute manière, et je l'aime comme tel.
- Monsieur le Ministre ne veut pas que vous soyez malheureuse Miss, reprend Arsenik comme s'il lisait mes pensées. Si vous avez besoin de voir Monsieur Lupin, il vous laissera faire.
Besoin… Ai-je besoin de Remus ? Il me manque, oui, j'aimerai pouvoir le voir. Son aide m'a été précieuse, il m'a appris à voir le monde avec davantage de couleurs que je ne le faisais jusqu'alors.
Ne plus le voir n'est pas le plus dur, je dirais même que c'est un avantage compte tenu du fait que je ne vois pas ses cheveux si particuliers que j'en ai toujours envie de les toucher.
Non, j'aimerai davantage pouvoir lui écrire. Malgré nos différences, notamment du point de vue du milieu, nous avions toujours un sujet sur lequel discuter. Il me poussait à formuler un avis, à débattre, et parfois même à faire de l'humour. Je me suis révélée mauvaise élève en cette dernière matière, et pourtant j'ai fait de gros progrès.
Ces conversations me manquent, et le vide se fera plus cruel encore. Je ne dois toujours rien en montrer, mais je me suis tellement habituée à Eux, et spécialement à Lui, que ma solitude me pèse maintenant.
J'ai joué au bridge hier avec quelques-uns de de mes camarades. La partie était agréable, je me suis montrée plaisante, mais je n'ai pas retrouvé l'esprit qui m'avait tant plus le jour où, finalement, j'ai fait équipe avec Remus contre James et Sirius.
Nous les avions battus. D'un cheveu, mais c'était réussi tout de même.
Ici, rien n'est comme à Poudlard. Je ne retrouverai jamais le vieux château d'Ecosse, mais ceux qui y étaient, peut-être. Arsenik n'a pas tort dans le fond.
Encore deux semaines…
