hello!
j'espère que le chapitre précédent vous a plu. la pauvre Emma n'est pas très bien partie, non? m'est avis qu'elle mériterait une bonne paire de claques. bonne lecture!
- Emma, soupire mon père en s'approchant du piano. T'es-tu vue ?
Je cesse de jouer, et lève les yeux avec une parfaite indifférence. Honnêtement, je ne vois pas ce dont il veut parler. Depuis l'obtention de mes ASPICS, je me suis en tout point montrée fidèle au modèle qu'il désire que je sois.
Je suis allée assister aux essayages de la robe de mariée de Narcissa, la conforter sur sa beauté, et lui promettre que Lucius la considère comme la huitième merveille du monde, le tout avec une exquise politesse.
Je suis allée à son mariage, ensuite, ai souri pour les photos, dansé, offert un cadeau de grande valeur. En quelques mots j'ai tenu mon rang.
J'ai fait de la figuration à la garden-party du Ministère. Mon sourire était conventionnel, mes gestes étudiés, j'ai dit des banalités avec un vocabulaire des plus châtiés.
J'ai été belle. J'ai souri. Je ne vois pas ce qu'il peut me demander d'autre maintenant. Comble de la satisfaction, il y a deux semaines, je lui ai fait part de ma décision d'accepter le prochain prétendant que Mère me proposera.
Je ne sais encore de qui il s'agira. J'ose seulement espérer que ce sera quelqu'un de convenable.
De Remus, point de nouvelles. Je sais que je l'ai blessé, probablement autant que je l'ai été moi-même en prononçant ces mots, mais je le devais. Au regard des troubles actuels, je ne pouvais rajouter un souci de plus sur les épaules de mon père. S'il pense que ma sécurité passe par le mariage, alors je me soumettrai.
Sans discussion, même si je crains que pareille décision n'ait entièrement enterré mon amitié avec Remus. Père doit en être satisfait, il n'approuvait pas cette relation, même si elle n'était qu'amicale. Certes, il l'avait acceptée, mais pour me faire plaisir seulement, parce que je semblais y tenir.
Tout cela me paraît maintenant tellement dérisoire… J'ai renoncé à ce que j'avais commencé à construire, à mon intelligence, et au changement. Puisque la stabilité rassure mes parents, je choisis cette voie en tout état de cause.
- Voyez-vous un motif d'être insatisfait de mon comportement ? je lui demande.
A cette heure-ci, je le croyais au Ministère. Lui ne doit rien en voir, bien entendu, mais je suis surprise et inquiète de sa présence à Loxe House à cette heure de la journée.
- Aucun, et plusieurs à la fois, réplique mon père sur un ton sec en commençant un va-et-vient dans la pièce signe chez lui de grand énervement.
- En quoi puis-je vous aider alors ?
- Ne joue pas ta carte de l'imbécilité. Tu vaux cent fois mieux que ce que tu montres.
Aha. Vraiment. Il a remarqué cela. Soit. Toutefois, j'aimerais savoir s'il le pense sincèrement, ou bien si son désir est de me forcer à révéler la vérité en me poussant dans mes retranchements.
Ce n'est pas un comportement très paternel, mais je ne lui en veux pas. Depuis que je lui ai évité de mourir, Père agit très étrangement à mon égard, comme s'il ne m'avait jamais vue et découvrait soudain mon existence.
La comparaison est mauvaise, mais je sens souvent son regard peser sur moi lorsque je lui tourne le dos. Mon comportement est pourtant toujours égal, toujours fidèle à ce qu'il était, mais il me semble que Père voit les choses d'une façon toute différente maintenant.
Il m'observe, et je me laisse faire. Merlin seul sait exactement ce qu'il déduit de mon comportement, mais j'estime que la solution la plus prudente serait de ne pas lui montrer ce dont je suis capable. Le changement serait trop brusque pour lui, et je me suis tellement accoutumée à la situation qu'il me serait difficile de voir les choses autrement maintenant.
- Vous me prêtez plus de valeur que je n'en ai réellement, je dis sur un ton doux en me tournant vers lui.
- Moi je pense au contraire que tu as beaucoup plus de capacités que tu ne le montres en société.
- Vous voulez probablement dire que je suis celle que vous voulez que je sois.
Silence. Il a compris, soit. Alors j'accepte de lui parler à cœur ouvert. Il ne saura pas mes plus profondes pensées, mais je veux bien interagir comme me le dicterait ma véritable personnalité.
Pour autant que je réussisse à le faire bien sûr. Je me suis tellement contrôlée que je doute de réellement savoir quel serait mon caractère sans tous les liens qui me tiennent.
En revanche…parler sincèrement… Je le puis un peu. Je veux dire, je suis toujours sincère, autrement je me tais, mais là je parle de communiquer davantage. Cela devrait entrer dans le domaine du possible, Remus m'y a un peu exercée jadis.
Remus… Tout ce qu'il m'a aidée à bâtir ne sera pas d'une grande utilité, mais par Morgane… Je choisis le parti de voir cela comme une expérience. Une expérience à reléguer dans les profondeurs du passé pour ne pas être tentée de la renouveler, sous peine d'avoir mal.
- Vous et Mère avez voulu que j'obéisse aux règles de notre monde, je reprends. Vous m'avez élevée pour que je sache tenir un rang et sourire, mon visage devait me suffire. Je ne fais qu'être comme vous le désirez.
- Cela pouvait peut-être convenir à une époque, mais maintenant ce n'est plus le cas.
Je ne comprends pas. Au contraire, il me semble à moi qu'en paraissant idiote, je ne suis pas un danger. Si Père tient tellement à ma sécurité, alors il choisira pour moi quelqu'un de riche, de puissant, de brillant, auprès duquel je remplirai parfaitement ma fonction de décoration sans anicroche d'aucune sorte.
Quelqu'un comme Sirius.
- Ta mère et moi sommes tombés d'accord pour te marier, reprend Père au bout d'un silence.
Ah. En traduisant, cela signifie qu'ils ont arrêté leur choix.
Je ne veux pas savoir. Non, plus clairement, je ne veux pas me marier. Je ne serai pas heureuse dans un rôle de décoration pure, un rôle vite effacé par le travail des années sur mon visage.
Pourtant, il va me le dire, d'ici une minute au plus. Je resterai immobile, sans autre réaction que celle de l'acceptation, et je ne m'accorderai même pas une larme lorsque je serais seule.
Je me soumettrai. C'est toujours ce que j'ai fait, et je continuerai tant qu'il le faudra si cela peut tranquilliser mes parents.
- Nous avons…Nous avons choisi Remus Lupin.
HEIN ? Il a dit… Merlin… Remus ?
- Je sais qu'il représente l'exact opposé de ce que nous voulions pour toi, reprend mon père. Toutefois, la donne a changé. Tu es très forte pour cacher ce que tu ressens Emma, mais j'ai senti que tu tiens à lui.
Silence. Moi…Et Remus…
- Nous préférons, continue ma mère entrée sans que je ne la voie, que tu sois avec quelqu'un que tu aimes. Tu es notre seule enfant, Emma, et quelles que puissent être les conventions de notre monde, nous préférons te savoir heureuse. Les temps à venir seront sombres, nul ne sait quand cette période s'achèvera. A ce titre, ton père et moi avons jugé qu'il était préférable que tu aies à tes côtés quelqu'un en qui tu mets aveuglément ta confiance, et qui te respecte plus que tout au monde.
Remus…Ils veulent me donner à Remus…
- Même si c'est un loup-garou, termine Mère.
- Je lui ai parlé, reprend un père en déposant un baiser silencieux sur mon front. Je lui ai parlé, et l'ai jugé parfaitement apte à te donner la vie que tu mérites. Il tient énormément à toi et te respecte, aussi lui ai-je accordé ta main. Tu es libre de le refuser, mais il viendra te faire sa demande directement d'ici quelques jours. Sois heureuse.
Il ne me laisse pas le loisir de répondre, et disparaît dans la cheminée en un tourbillon de flammes.
Remus… Moi et Remus… Ensembles… Non…
c'est pour ça que je dis que le Ministre est quelqu'un de bien. il tient à sa fille. les Loxe ne sont pas méchants, juste assez vieille école. mais pas trop quand même.
merci d'avoir lu! le chapitre suivant sera un Bonus et s'intitulera "Si vous voulez ma fille je vous la donne". je crois que c'est assez clair^^
