Chapite 5 : Je t'apprécie
Jacob:
Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin. La musique s'arrêta, le DJ fit un speech de fin de soirée… Je n'arrivai pas à la lâcher, je ne voulais pas la lâcher. Je crois que j'aurais pu passer ma vie ainsi, à la serrer dans mes bras. Lorsque tous les couples se furent séparés autour de nous, je fus bien obligé de desserrer mon étreinte et de la laisser m'échapper.
Nous allâmes rejoindre Kanoa qui nous attendait, seule.
- Qu'est ce que t'as fait des deux abrutis ? L'interrogeai-je.
- J'en sais rien, ils ont dit qu'ils devaient partir… Sympa vous deux de me laisser toute seule avec eux ! Fit-elle remarquer à juste titre en se redressant.
- Désolé, la prochaine fois on se fera un slow à 3. Proposai-je.
- Je m'en voudrais de te déranger Jake…
Ahah cool le vieux sous-entendu pourri… Bon, je l'ai mérité pour l'avoir laissée avec les deux comme une vieille chaussette, mais quand même…
Kanoa se pencha sur moi et chuchota à mon oreille :
- T'appelle ça un slow ? Moi j'appelle ça un câlin.
Je ne pris pas la peine de répondre, j'étais trop euphorique pour ça. Mais la soirée était terminée… Je ne voulais pas me séparer de ma belle, pas maintenant, c'était trop tôt… Apparemment, il était prévu que mon oncle vienne nous chercher et qu'il ramène Taïs, Kanoa n'avait pas pris la voiture car ses parents en avaient besoin, ils avaient été invités par des amis ce soir et leur deuxième auto était inutilisable pour le moment, mon oncle m'avait demandé d'y jeter un coup d'œil ce matin, ce que j'avais fait, mais je n'avais pas eu le temps de la réparer entièrement.
Kanoa tira son téléphone portable de sa poche et appela sur le téléphone de son père. Elle patienta et raccrocha au bout d'un moment.
- Mon père ne répond pas… Ca passe peut-être pas là où i sont… On attend 5 minutes et je rappelle…
La Réserve d'hiver était à 3km. Autant dire qu'en courant ou même en marchant un peu rapidement j'y étais en moins de 5 minutes… Mais ma principale préoccupation était de gagner du temps… Kanoa se mit à râler :
- C'est toujours comme ça ! Ils ne font jamais attention à leurs téléphones ! Ils savent que je dois les appeler mais y'a rien à faire !
Perso, je trouvais bien pratique que mon oncle ne réponde pas au téléphone ! Mon ventre cria famine. Je prévins les filles que j'allais m'acheter quelque chose à manger. Nous n'avions mangé qu'un plat de pâtes avant de partir et ça faisait une semaine que je crevais la dalle car ma tante ignorais que j'étais un loup et que les loups mangent le double de nourriture voire le triple que les autres… inévitablement, j'avais un creux constant à l'estomac. Je descendais m'acheter une barquette de frites à la buvette. Je choisis la portion la plus grande, évidemment. J'aperçus les deux blancs-becs près de la buvette. Je les ignorai et continuai mon chemin en petites foulées. Avec tout ce boucan, je n'arrivais pas à entendre la conversation des filles alors qu'en temps normal, j'en étais capable. Elles s'étaient assises sur le mur. Je ralentis dès que je saisis une bribe de leur discussion…Eh, je sais être discret parfois.
- …mouai… Marmonnait Taïs.
- Arrête! Ca crève les yeux!
- C'est pas parce que j'ai dansé avec lui…Ca veut rien dire enfin! Répliquait Taïs.
Oh non…certainement pas…
- Moi je te dis que si ! Assurai Kanoa.
- Il t'as dit quelque chose ? Demandai Taïs mine de rien.
Ma cousine hésita. Fais gaffe à ce que tu vas dire Kano… Il était clair qu'elle avait envie de parler et de confier notre conversation de l'autre jour à son amie, elle s'y retint cependant pour mon plus grand soulagement, je ne voulais pas brusquer les choses, ni qu'elle me serve de médiatrice.
- Je ne peux rien dire… Soupira-t-elle finalement. Mais il m'a parlé de toi.
- Allez Kano… il est pas là…
Ma cousine restait muette.
- Allez balance!
- Tiens donc! Ca t'intéresse bien en fait!
- Pff laisse tomber. Finit par dire Taïs en closant définitivement le sujet.
- Je ne comprends pas, je tombe directement sur le répondeur… Grommela ma cousine en appuyant sur les touches de son téléphone.
J'attendis un instant puis je décidais de réapparaitre. Je m'assis à coté de Taïs (elle était la plus près de moi…et puis de toute façon j'avais envie de me mettre là mince!).
- Alors Kano, t'as pu appeler ton père ?
- Nan… Il ne doit plus avoir de batterie…
Je tendis ma barquette de frites à Taïs et lui en proposa. Elle me remercia et piocha dedans. Je fis de même avec ma cousine. Tout en mangeant, je réfléchissais…
- Vous êtes fatiguées les filles ?
- Pas spécialement. Répondit Taïs.
- Moi non plus… Dit Kanoa.
- Et si on rentrait à pied ? Proposai-je.
Je savais qu'elles venaient souvent au lac à pied et Kanoa m'avait confié que Taïs aimait marcher.
- T'es sérieux ? Demanda Kano.
- Ouai. Ton père ne répond pas de toute façon.
- Moi ça me dit bien ! S'exclama joyeusement Taïs.
-Mouai… Ronchonna Kanoa.
Je me levai et demandai :
- Alors, on se met en route ?
Taïs se leva à son tour, Kanoa aussi et nous nous mîmes en route.
Le trajet fut…extra.
Taïs et moi ne faisions que de discuter de tout et de rien. J'en appris plus sur elle, elle sur moi. J'étais bien, je plaisantais, elle riait… Il n'y avait personne sur la route que nous avions empruntée, nous marchions au milieu, à gauche, à droite, comme on voulait, j'étais loin des galères de Forks, je me sentais léger, amoureux.
Kanoa:
Bon… Je suis bien contente que mon cousin et une de mes meilleures amies s'entendent bien tous les deux et plus si affinités… mais là je me sens un peu de trop… Je n'irai pas jusqu'à dire que je tiens la chandelle mais j'ai l'impression que c'est pas loin… C'est dingue quand même comme Jake fait avec elle, il la connait depuis une semaine et…je ne sais même pas comment expliquer ça, c'est trop bizarre. Je crois que j'ai été témoin d'un coup de foudre ou je sais pas…
- Bah alors ? Tu dis rien Kano ? Tu fatigues ? Me dit Taï.
Ah quand même, on me reparle !
- Ouai, un peu j'avoue…
- Tu parles ! On est à la moitié du chemin, vivement qu'on arrive j'aurais pas du mettre ces tongs!
Jacob:
Je me sentais de plus en plus proche de Taïs, par l'esprit. On était en mouvement, on se déplaçait sur tous les cotés de la route, c'était drôle. Je marchais du coté gauche de la route, Taïs était à droite, Kanoa au milieu, elle prit part à la conversation. Sur le ton de la discussion, Taïs lâcha soudain :
- La vache, vous trouvez pas que ça caille ?
- Ben moi j'ai mis ma veste parce que c'est vrai que j'ai pas chaud… Dit Kanoa.
Ma belle avait froid et la réchauffer, c'était dans mes cordes.
- Moi je suis bien. Dis-je.
- Forcément ! Toi t'es toujours brûlant ! Répliqua Kanoa.
- C'est un truc de famille, mon demi-frère c'est pareil.
- Quoi ? C'est un genre de maladie génétique ? S'inquiéta ma cousine.
- Mais nan ! Ris-je en me rapprochant d'elle, je la contournai, posai mon bras gauche sur ses épaules et tendis le bras vers Taïs pour qu'elle se mette de l'autre coté, elle vint à ma droite, je la pris par les épaules et lui frictionnai le bras, elle avait la chair de poule, à mon contact, elle disparut vite…contrairement aux battements de mon coeur qui s'intensifièrent.
- Punaise mais c'est vrai… t'es bouillant ! S'exclama Taïs.
- Forcément t'es gelée ! Tu me trouves brûlant ! Et puis ca vous arrange bien les filles ! M'esclaffai-je.
Taïs:
C'est bizarre, Jacob est bouillant, dès qu'il approche on se réchauffe, on dirait qu'il irradie… J'ai jamais vu un truc pareil…
Jacob:
Nous fîmes plusieurs mètres comme ça, puis Kanoa se détourna. J'hésitai à retirer mon bras des épaules de Taïs…oh mais non, elle aurait froid… Ahaha la bonne excuse. Je ne m'y résolu pas et restai dans cette position elle ne se détournait pas…j'étais ravi. Nous continuâmes à discuter… Au bout de ¾ d'heure, nous arrivâmes chez Kano. Ses parents n'étaient pas encore rentrés. Je me décidai à laisser Taïs m'échapper. Kanoa proposa à Taïs de rester dormir, mais celle-ci déclina l'invitation :
- Non, c'est gentil mais j'ai aucune affaire et puis j'ai dit à mes parents que je rentrais…i vont pas comprendre s'ils me trouvent pas demain matin… Je vais y aller…
- Tu vas pas rentrer à pied ? S'étonna Kanoa.
- Ben si… maintenant que je suis lancée…Bon allez, bonne nuit ! Dit-elle en se reculant.
- Rentre bien ! Bonne nuit ! Lança Kanoa.
Je la regardai partir avec regret et hésitation.
- Qu'est ce que t'attends ? S'exclama Kanoa à mon adresse. La porte sera ouverte !
Je lui souris et me mit à « courir » pour rejoindre Taïs, « courir » était un bien grand mot, je ne fis que quelques pas et en prenant mon temps.
- Taïs ! L'appelai-je.
Elle s'arrêta et se retourna, étonnée.
- Qu'est ce qu'il y a ? Me demanda-t-elle avec son charme naturel.
- J'te raccompagne ! Dis-je en tentant de cacher mon excitation.
Merde, si ça se trouve elle n'en a pas spécialement envie… Mais…j'ai l'impression qu'elle m'aime plutôt bien… J'émis une réserve :
- Enfin…sauf si t'en a pas envie bien sûr…
- Non non…c'est cool. Répondit-elle en souriant.
- T'es sûre ? Si tu veux pas tu peux me le dire, je vais pas me vexer ! Assurai-je.
- Non mais ça me fait plaisir ! Mais te sens pas obligé de me raccompagner, si tu veux aller te coucher vas-y…
- J'ai pas sommeil… et puis, je n'aime pas laisser une fille rentrer toute seule en pleine nuit… Mais c'est juste que… je ne voudrais pas que tu me surnommes « Jeff » si tu vois ce que je veux dire…
Elle éclata de rire.
- T'inquiète ! Y'a aucun risque ! Dit-elle en se remettant à marcher.
- Tant mieux !
Je rayonnai.
- Plutôt sympa cette soirée… J'ai bien aimé mettre des bâtons dans les roues de l'autre abruti. Ricanai-je.
- Oh t'es mauvais ! Railla-t-elle. N'empêche tu m'en as débarrassée deux fois ! Je sais pas comment je vais te remercier ! Plaisanta-t-elle.
- Aahah ! J'étais assez remercié en voyant la tronche que faisait ce minable ! Ca m'a fait plaisir de t'aider!
Taïs m'adressa un grand sourire. Décidément, c'était la meilleure soirée que je passais depuis… Non, c'était la meilleure soirée que j'avais jamais passé. Je ralentissais l'allure, Taïs marchait plutôt vite, j'avais remarqué que les filles (elle, Kano et Kiuara) faisaient de grandes enjambées, mais ce soir, je n'avais pas envie de faire de même, je pris mon temps, obligeant Taïs à ralentir l'allure elle aussi.
Nous discutâmes sincèrement, j'en vins même à lui parler des raisons qui m'avaient poussé à venir ici : la trahison (je le prenais comme ça) de mon père, le fait que mon meilleur ami soit en fait mon demi-frère et j'évoquais rapidement Bella qui allait se marier, en omettant délibérément d'ajouter qu'elle m'avait sollicité pour parler à Sam de sa transformation gnagna… Elle fut compréhensive, et m'écoutait attentivement. Elle ne blâma pas mon père, eut de la peine pour ce qu'Embry avait subit et compris que j'avais eut les nerfs... Lorsque je lui expliquais le problème Bella TRES simplifié, elle écouta longuement ce que j'avais à dire, je lui confiai mes ressentis, mon amertume aujourd'hui disparue… Elle alla dans mon sens et finit par conclure en assurant :
- Si elle a préféré partir avec l'autre c'est qu'elle te mérite pas va ! Laisse-là avec son mec et fais ta vie comme si elle n'existait pas !
Je l'adore cette fille! Elle est trop ! Mais je ne pouvais pas faire comme si Belle n'existait pas, elle était trop impliquée dans mon monde peuplé de loups-garous et sangs-froids ! Mais je ne pouvais pas dire tout ça à Taïs, encore moins que Bella ne m'intéressait plus car elle avait prit sa place dans mon cœur et même la première place à jamais.
- Ouai…Marmonnai-je. Mais en même temps c'est une amie tu vois…
- Hum. Répondit-elle brièvement, elle devait avoir quelque chose en tête mais refusait de me le confier. Cela m'intriguait…
Taïs:
« C'est une amie » qu'i dit. Une amie ne te traite pas comme ça… Elle te dit pas « j'ai besoin de toi ne m'abandonne pas, tu sais que je t'aime » pour ensuite t'annoncer le lendemain qu'elle va épouser celui qui l'a laissée tomber… Elle doit être sacrément allumée celle-là pour préférer un autre type à Jacob…
Jacob:
J'attendis qu'elle m'explique plus précisément ce qu'elle pensait, elle n'en fit rien…
- C'est bizarre de se marier à 17 ans… Dit-elle lentement.
- La san…Le buv…Son gars est de la vieille école. Réussis-je à prononcer. Nom d'une pipe ! Il faut que je fasse gaffe à ce que je dis !
- Ouai, enfin quand même…
- C'est ce que je pensais…au début.
- Au début ?
Quand tu as trouvé la bonne personne, celle de tes rêves…et que ça se passe bien, que t'as du mal à t'en séparer ne serait-ce que pour une heure… et quand tu sais pertinemment que tu l'aimeras toujours, pourquoi ne pas se marier ? Dis-je avec un air vague, j'étais perdu dans mes pensées, je faisais en fait référence à ce que je ressentais.
Mon sérieux troubla Taïs.
- Tu crois vraiment qu'à 17 ans tu peux savoir avec qui tu finiras ta vie ?
- J'en suis sûr. Affirmai-je.
Taïs expira en souriant.
- En fait t'es un grand romantique toi… Remarqua-t-elle avec légèreté.
Je souris en expirant à mon tour.
- Tu n'imagines même pas…
Nous avancions assez rapidement, nous arrivâmes chez Taïs bien trop tôt à mon goût… Nous descendîmes devant la porte, elle introduisit les clés dans la serrure et se retourna vers moi.
- Bon…ben… A plus et puis… Elle tendit le cou pour me faire la bise, je ne me le fis pas dire deux fois et déposai un baiser sur sa joue, elle se recula et continua : Merci bien!
- De quoi ? De t'avoir accompagnée ? Demandais-je en faisant quelques pas en arrière.
- Ouai.
- C'était un plaisir ! Assurai-je en reculant encore.
Je lui tournai le dos et m'arrêtai, je sentis son regard posé sur moi, elle n'avait pas bougé, à la distance à laquelle elle était, je pouvais entendre son souffle et les battements de son cœur. Je tournai la tête à droite sans la regarder et j'avouai :
- Taïs, je t'apprécie beaucoup tu sais.
Sans lui laisser le temps de réagir, je me mis en route avec la rapidité d'un homme normal plutôt pressé…
Taïs:
Nondidju ! Jacob viens de me dire qu'il m'apprécie ! Non mais ça veut rien dire après tout, c'est juste gentil quoi… Mais si c'est juste ça pourquoi j'ai l'impression que c'est un sous-entendu ? Tin faut que je trouve un truc à dire ! Viiitte Taïs trouve quelque chose à répondre ! Tu vas pas rester là plantée ! Jacob a déjà fait au moins 5 mètres !
- Moi aussi Jacob ! Baragouinai-je en parlant trop bas pour qu'un individu normalement constitué entende.
"Moi aussi"… J'aurais pu trouver autre chose, ça fait un peu « moi aussi je m'apprécie » la fille pas égocentrique déjà ! Ahah ! De toute manière il a rien entendu, il s'en va.
Jacob:
Elle a dit qu'elle «m'appréciait » aussi ! Génial ! Elle a pas du le dire fort… C'est super d'être un loup-garou dans ces cas là ! Je ne su pas ce qui me retins de retourner la voir et de la prendre dans mes bras… Peut-être la peur de tout gâcher, un sens plus aigu des choses me poussait à m'éloigner plutôt qu'à tenter n'importe quoi tout de suite (comme je le faisais avec Bella).
Je ne pouvais me permettre de commettre la moindre erreur avec Taïs, elle était trop précieuse à mes yeux pour cela. J'accélérai le pas, en moins de 5 minutes, j'étais rentré chez mon oncle et ma tante, avant eux qui plus est. Ma cousine était couchée. Je fermai la porte à clé et allais me coucher directement. J'aurais aimé retourner chez Taïs, ce que je faisais chaque soir, mais j'étais trop éreinté et peut-être trop éprouvé…je me forçais à rester ici… Après tout, je passais la moitié de mes nuits à m'imaginer Taïs dormir…ou pas je l'avoue.., à écouter battre son cœur. Je sombrai dans le sommeil très rapidement.
Le lendemain matin, même si j'en avais très envie, je ne racontais pas à ma cousine ce que Taïs m'avait dit car je n'étais pas sensé le savoir… Je me mis à regarder la télé avec Teruko. Je reçu un message d'Embry, il voulait que j'appelle mon père. Je tapai nonchalamment la lettre « P » dans mon répertoire et appuyai sur la touche centrale du téléphone, je n'eus pas à attendre longtemps, mon père décrocha tout de suite. Bon sang ! J'avais eu raison de compter sur Embry pour tout lui expliquer, mon père commença par me reprocher de ne pas l'avoir appelé plus tôt puis il enchaîna par :
- Embry m'a TOUT raconté !
Il était tellement joyeux c'en était incroyable. Il m'annonça qu'il était ravi que je me sois « enfin » imprégné et « en plus c'est la fille de Janek ! Il faut que je lui téléphone ». Je ne tentai même pas de le convaincre de ne pas le faire, après tout, c'était pour me rendre service… Remarque, j'aurais pu parler moi-même à Janek… Pour lui dire quoi ? C'était à sa fille que je devais parler… Mon père ne cessait de me poser des questions sur moi, ma santé, mon imprégnée, mes pensées, mon humeur…bref le toutim. Je m'éloignai des oreilles indiscrètes pour répondre à tout ça, une fois que sa curiosité fut rassasiée, il partit dans une logorrhée verbale pour me démontrer à quel point il était heureux pour moi, j'allais « enfin remonter la pente », « voir le bout du tunnel »… J'écoutai attentivement…bon d'accord, peut-être pas… ce qu'il racontait, puis je lui demandai de me passer Embry, je supposai qu'il était là-bas. Gagné ! Je dis au revoir à mon père et entendit ensuite mon…demi-frère.
- Hey Jacob ! Alors comment ça va avec ta demoiselle ?
- Ben écoute… Commençai-je en ne parvenant pas à m'empêcher de sourire. Je crois qu'elle m'aime bien.
- Ah ! S'esclaffa Embry. Quand est-ce que tu nous l'amènes ?
- J'en sais rien, si ça ne tenais qu'à moi je l'aurais déjà embarquée...
J'entendis Embry expirer et je devinais son sourire à l'autre bout du fil. Il y eut un silence, il se mit à parler :
- Tu sais…mine de rien…tu nous manques Jake. Franchement, j'ai hâte que tu reviennes.
Je ne m'attendais pas vraiment à ça…et pourtant, je devais avouer que ça me touchait énormément, Embry avait toujours été mon meilleur ami ainsi que Quil…malgré tout, c'était d'Embry que j'étais le plus proche et ce depuis que Quil s'était imprégné de Claire.
- Toi aussi tu me manques frangin. Soufflai-je dans le téléphone, ému.
- Comment ça se passe en ce moment, avec ta mère ?
- La routine, elle croit dur comme fer que je suis en pleine crise, maintenant elle dit que je suis perturbé parce que j'ai retrouvé mon père… C'est pas la joie entre pa…Billy et elle. Avant-hier, j'étais de garde, elle m'a fliqué, elle a attendu que je rentre, je me suis fait engueulé et je suis punis pour le week-end, c'est pas de bol, j'avais justement promis à Quil de l'arranger et de prendre son tour samedi soir…enfin elle gueulera encore et voila…
Cette situation me rendait dingue ! La mère d'Embry croyait qu'il était un délinquant parce qu'il fuguait la nuit, celui-ci ne pouvait rien lui dire car Sam le lui avait ordonné, comme à chacun des membres de la meute, nous étions tous tenus au secret, heureusement pour certains d'entre nous, comme moi, Quil, Seth et Leah, nous avions des parents qui étaient au courant de la véracité des légendes Quileutes.
- Ah… Il faut que tu en parles à Sam.
- Il le sait, qu'est ce que tu veux faire… C'est comme ça… Marmonna Embry.
Il avait commencé à se faire à l'idée, jamais sa mère ne serait au courant de ce qu'il était vraiment, Embry était persuadé qu'elle le trouvait médiocre et que cela ne changerait pas. Je pris des nouvelles de Quil et des autres, après quoi je raccrochai et retournai m'affaler sur le canapé en compagnie de mon cousin tout en songeant à Embry. Moi aussi j'avais eu ce problème… Lorsque je voulais prévenir Bella de ce qu'il m'était arrivé, Sam m'avait interdit de lui en parler. Finalement, elle avait découvert par elle-même, elle était déjà au courant qu'il existait des créatures inhumaines, alors le fait que je sois un loup-garou ne l'avait pas choquée outre mesure… Cela ne serait pas le cas de la mère d'Embry… Le secret, le secret avant tout.
Ma tante nous appela pour mettre la table, Teruko se leva en râlant, je le suivis pour l'aider tout en continuant de réfléchir au problème d'Embry, malheureusement, je ne trouvai aucune solution. Nous mangeâmes des pizzas maison, mais il n'y en avait encore pas assez à mon goût…
L'après-midi, ma cousine insista pour qu'on aille faire les courses, enfin les magasins. Elle me traina dans les boutiques, inutile de préciser que l'achat de vêtements n'est pas ma principale activité, je m'habille avec un short la moitié de l'année et les 6 autres mois, je l'accompagne d'un tee-shirt. De plus, je ne dis pas que ma cousine est inintéressante…mais si elle avait convié Taïs à l'excursion, j'avoue que j'y aurai mis une meilleure volonté… Heureusement je réussi à convaincre Teruko de venir avec nous. Nous prîmes la voiture, Kanoa conduisit jusqu'au centre commercial, elle nous entraina dans une première boutique, puis une deuxième, elle trouva plusieurs fringues à son goût… Le temps passa longuement, pendant qu'elle essayait ses habits, Teruk et moi étions carrément réquisitionnés, je devais attendre qu'elle sorte de la cabine pour lui dire ce que je pensais de ses essayages et mon jeune cousin était chargé de procéder à la substitution de certains articles qui ne convenaient pas à Kanoa.
Pendant qu'elle recherchait ses nippes, je déambulai dans le magasin, laissai mon regard trainer sur certains articles et commença à me demander lesquels Taïs aurait trouvé à son goût, l'imaginer dans certains qui me plaisaient. Deux heures après, nous partîmes cette fois direction « la ville », Kanoa ne cessait de s'extasier sur ses nouvelles tenues dans la voiture. Nous arrivâmes enfin en ville, ma cousine trouva une place non loin des magasins.
Nous sortîmes dans la rue et Kanoa nous traina encore dans quelques boutiques, je n'avais encore jamais vu de magasins ouverts le dimanche, il n'y avait que ma cousine pour en trouver, elle savait dénicher les bonnes adresses. Nous fîmes la fermeture des magasins et rentrâmes à 20h10. Après manger, nous regardâmes Troie, excellent film, puis, je me rendis chez Taïs, comme tous les soirs...
Bon, il est un peu moins bien que les autres, je pense que le suivant vous plaira davantage car les "vacances" de Jacob chez son oncle se terminent bientôt... J'en dis pas plus, Ciao ciao!
