Chapitre 6 : Départ
Jacob:
Heureusement que j'avais mis mon réveil, sinon je me serais levé à deux heures de l'aprèm je crois ! J'étais fatigué, pourtant, je ne faisais pas grand-chose de mes journées, mais je ne dormais pas beaucoup...
Ce matin, j'avais décidé de me botter le derrière, quoi de mieux qu'un footing ? En fait, un footing « humain » ne m'intéressait pas, je ne voyais pas l'intérêt de couri l'heure mais je devais me contenter de ça car une idée me trottait dans la tête.
J'avais tout simplement l'intention de faire un footing à proximité de chez Taïs…
J'annonçai à ma cousine que j'allais courir, comme prévu elle ne ressentit pas le besoin de m'accompagner. Teruk n'était pas très motivé non plus, génial ! Seul hic au tableau, hic qui n'en était pas vraiment un en fait, mon oncle décida de m'accompagner, cela me surprit. Quel bonheur de n'enfiler de nouveau qu'un short (bon d'accord ajouté d'un caleçon et des baskets mais quand même), personne ne trouve étrange qu'un type qui fait un footing se balade torse nu !
Marc ressemblait à mon père, il avait les mêmes réponses, les mêmes mimiques, le même regard. Nous partîmes courir tous les deux, il parlait plus qu'il courait en fait. Je le soupçonnai d'être venu avec moi pour ça.
- Je te trouve bien silencieux Jacob ! Avant quand tu venais, on n'arrivait pas à te faire taire… C'est parce que tu as muté…
- Non jte rassure ! M'esclaffai-je. Je réfléchissais c'est tout.
- A quoi ?
- A Embry.
Mon oncle savait de qui il s'agissait, mon père lui en avait parlé naturellement, et depuis longtemps semblait-il.
- Ton demi-frère. Dit-il gravement.
- Mon frère. Le repris-je.
Comme les autres membres de la meute d'ailleurs.
- Qu'est ce qu'il y a ? Demanda mon oncle.
- Sa mère n'est pas au courant qu'il a muté, alors comme nous autres il sèche les cours et sors le soir pour patrouiller… Conclusion, c'est punition sur punition pour lui, et bien-entendu, il ne peut rien faire pour remédier à la situation.
- Pourquoi ?
- Sam tient au secret.
- Sam Uley ?
- Ouai, c'est notre Alpha.
- Tu as abdiqué en sa faveur. Comprit mon oncle.
- Ouai.
Marc se mit à réfléchir. Au bout de quelques minutes, il déclara :
- Embry ne peut rien faire, mais une personne est en mesure de l'aider.
Je fronçai les sourcils, je devinai qu'il pensait à moi mais je ne voyais pas comment j'étais en mesure de passer outre les ordres de Sam.
- Toi Jacob ! S'exclama-t-il. C'est toi l'Alpha.
- Il n'est pas question que je dirige la meute.
- Pourquoi ?
- Je ne me vois pas donner des ordres à mes amis.
- Et pourtant c'est toi qui donnera les meilleurs, tu es né pour être Alpha.
- Admettons, comment je ferais pour aider Embry ?
- Tiens tête à Sam, ou va révéler à sa mère ce qu'il est vraiment.
- J'ai déjà essayé de contourner un ordre de Sam et de révéler ce que j'étais, je n'ai pas pu.
- C'est différent aujourd'hui. Nom de nom Jacob, tu sais que tu en es capable ! Je t'ai observé ces derniers jours.
Marc n'avait pas tord… Depuis que je m'étais imprégné, je me sentais plus fort, c'était étrange. Il m'encra cette idée dans la tête que s'il n'y avait que moi qui pouvais aider Embry…de quelque manière que ce soit, il fallait que je le fasse.
- Et pourquoi Embry ne le pourrait pas lui ? C'est mon demi-frère, on a le même père après tout !
- C'est toi l'aîné.
- Oui, Embry est du 28 juin, moi du 17 mai…
- Tu as ta réponse.
Je courrai au ralenti pendant que mon oncle s'essoufflait.
- Mais…haleta-t-il. Je…ne…comprends pas…pourquoi…
Il s'arrêta.
- Attends-moi Jacob !
Il respira un grand coup et poursuivit son idée.
- Je ne comprends pas pourquoi tu n'as rien dit avant pour aider Embry, après tout tu as déjà du être en désaccord avec Sam et puis ce problème d'ordre là… C'est n'importe quoi Jake. Tu le sais, maintenant que tu as réglé tes…problèmes, tu peux te concentrer sur ceux de la meute.
Je restai muet, je ne comprenais pas pourquoi Marc insistait à ce point.
- La meute n'a aucun problème. Rétorquai-je.
- Embry en a bien lui ! Répondit-il en se remettant à courir.
Il m'avait cloué le bec. Je m'empressai de le rejoindre.
- Le problème d'Embry ne… Je ne finis pas ma phrase, conscient de proférer une énormité.
J'allais dire que le problème d'Embry ne concernait pas la meute entière mais il était clair que c'était faux, nous entendions tous ses pensées comme les nôtres. Il prenait ça tellement bien… Moi ça me rendait dingue d'entendre que sa mère lui faisait des reproches alors qu'il n'y était pour rien, mais jusqu'à maintenant j'avoue que j'avais autre chose en tête, mais encore l'autre jour, quand je m'étais disputé avec Embry à cause de notre père, je savais qu'il était heureux d'avoir un parent au courant de sa mutation. Ce que j'aurais aimé savoir, c'est comment mon père avait pu ignorer Embry comme fils durant toutes ces années. C'était une question à laquelle il ne souhaitait pas répondre, en vérité, je pensais que mon père avait honte d'avouer qu'il avait du apprendre à faire sa vie sans son fils.
Je suivis le chemin que j'avais voulu emprunter, c'est-à-dire la route qui menait près de chez Taïs, j'avais l'impression que mon oncle avait prévu de passer par là… Après tout, il était ami avec le père de Taïs je crois...oui, c'est évident étant donné qu'ils sont tous les deux au conseil de la Réserve.
Marc:
J'étais parti faire un footing avec Jake. Qu'est ce que je n'avais pas fait là ! Non mais franchement quelle idée j'ai bien pu avoir ? Ce gamin court trois fois plus vite que moi ! Il fait un pas j'en fais 4 ! Heureusement qu'on va arriver chez les Enos, je vais y faire une halte, je crois que ça ne dérangera pas mon cher neveu… Et puis Janek me payera surement quelque chose à boire…
Jacob:
J'en avais déjà marre de courir, mon oncle était une vraie tortue. Heureusement, l'air était doux et je commençais à sentir une odeur qui m'était plus qu'agréable, celle de mon imprégnée. Marc emprunta le chemin qui menait à la maison des Enos et je le suivis sans protester. Il s'arrêta devant la porte et frappa. Ce fut la mère de Taïs qui ouvrit, bon sang ! Y'avait bien un air de famille ! J'entendis des pas à l'étage supérieur, je savais que Taïs y était. En attendant, sa mère accueillait mon oncle à bras ouverts :
- Marc ! Comment ça va ? S'exclama-t-elle en s'avançant pour lui faire une bise.
- A merveille ! Ironisa-t-il. Mon neveu m'a fait courir ! J'en peux plus !
- Ton neveu ? C'est ton neveu ce grand gaillard ? Continua-t-elle en me faisant la bise.
- Oui… Confirmai-je dans un murmure à ma belle-mère pendant que Marc s'écriait :
- Oui ! Bien sûr ! C'est Jacob.
- Le fils de Billy ?
- Hum hum confirma-t-il.
- Comme il a grandi !
Elle s'adressa ensuite à moi :
- La dernière fois que je t'ai vu tu avais, je ne sais pas, une dizaine d'années !
Elle échangea quelques paroles avec Marc jusqu'à ce que Janek, le père de Taïs apparaisse à son tour, et voila-t-y pas qu'on refait les présentations… Ensuite ils nous proposèrent quelque chose à boire (je crois que Marc attendait un peu après ca !) et nous entrainèrent dans la cuisine. La conversation s'orienta vers mon père… « Et comment va Billy ? » « Et que deviennent tes sœurs ? » « Ca leur fait quel âge maintenant » « J'en reviens pas comme t'as grandi ».
J'entendis les pas de Taïs se rapprocher et son arôme m'envahit de plus en plus. Je savais qu'elle était juste derrière le mur, je le sentais…mais qu'est ce qu'elle attendait ? Pourquoi restait-elle derrière la porte?
- Alors Jake ? Demanda mon oncle.
J'étais tellement perturbé par mes ressentis que j'avais décroché de la conversation et je n'avais pas écouté la question que Janek venait de me poser.
- Pardon ?
- Ton père va toujours pêcher à Trisa Mount ?
- Oui, quelques fois…
- Faudrait qu'on s'organise un petit week-end Marc, avec Billy, ça fait longtemps que je ne suis pas retourné là-bas. S'exclama joyeusement Janek. Et puis, j'aimerais bien que Billy me raconte tous les potins de la Réserve d'Eté !
Taïs:
J'avais presque fini de me préparer. Je voulais me sécher les cheveux lorsque j'entendis une voix grave à l'entrée. C'était le père de Kano. J'ouvris la porte de la salle de bains et tendis l'oreille. J'hallucine ! Jacob est là ! Je courrai vers ma chambre pour me changer, j'avais revêtu un vieux short et un débardeur blanc qui ne m'allaient pas très bien… Je retournai dans la salle de bains pour m'arranger un peu… Puis je descendis les escaliers et m'arrêtai derrière la porte de la cuisine pour m'assurer de la présence de Jacob. Après quoi, je respirai un bon coup et me décidai à y pénétrer. J'affichai un sourire étonné quand j'entrai dans la cuisine, genre « Oh mais quelle surprise ! Vraiment, je me demandais à qui appartenaient ces voix ! » Ahah. Mentalement, je perdis de ma superbe en apercevant Jacob torse nu... ce type est tellement beau...
Jacob:
Taïs était enfin arrivée ! Elle était resplendissante, comme toujours ! Elle vint faire la bise à mon oncle et bien sûr, à moi après. Elle s'assit à coté de moi, quel bonheur ! Nous échangeâmes quelques mots pendant que Marc et Janek discutaient de la pêche abusive des thons rouges. Je glissai à Taïs qu'il serait « sympa » qu'on fasse quelque chose ensemble avec Kanoa l'après-midi…parce que les courses avec Kanoa, ça me rendait dingue.
Elle était d'accord, nous cherchâmes ensuite une occupation pour l'aprèm sans en trouver une.
A 11h15, Marc décida qu'il était temps de partir, perso, j'étais plutôt bien moi, à coté de Taïs, en plus ses parents étaient vraiment sympa, je n'avais aucune envie de partir, mais bon… puisqu'il le fallait… Je me levai, saluai à mon tour mon imprégnée et ses parents, Janek me chargea de passer le bonjour à mon père et de lui proposer une partie de pêche lorsqu'il en aurait le temps, je suivis mon oncle à l'extérieur de la maison puis nous rentrâmes chez lui…sans courir naturellement.
J'avais l'impression de m'empâter, j'étais partagé entre le désir de rentrer et de rester ici auprès de Taïs, mais je savais que je n'aurais pu me résoudre à partir… Et pourtant, je n'allais pas tarder à rentrer chez moi, il était hors de question que j'envahisse mon oncle et ma tante. Je devais repartir, mercredi.
Je parlai à Kanoa, bien que n'ayant pas d'idées précises sur ce que nous allions faire cette après-midi, elle voulu envoyer un message à Taïs pour lui proposer de venir chez elle.
Je m'empressai de lui dire :
- Attends, je vais y faire !
Ainsi, je saisis mon téléphone et tapai le message, très bonne technique pour avoir le numéro de Taïs et pour qu'elle ait le mien… Je lui donnai rendez-vous chez Kanoa en début d'après-midi.
Nous mangeâmes vers midi, ma tante avait préparé des pommes noisette et des haricots, délicieux à mon goût. Après manger, je pris sur moi et attendis patiemment que Taïs arrive… Nous nous assîmes devant la télé, ma cousine regardait un programme idiot, une femme racontait qu'elle avait « beaucoup souffert d'être trop belle, car personne ne voyait sa beauté intérieure… » Pff quelle connerie ! Je m'endormis devant quelques minutes jusqu'à ce que ma cousine s'écrie :
- Mais tu te rends compte Jacob !
- Humm ? Marmonnai-je, encore à moitié endormi.
- Cette nénette ! Elle a décidé de s'enlaidir pour voir si ça allait lui changer la vie !
Devant le peu d'intérêt que j'accordai à son émission, ma cousine laissa tomber ses commentaires surpris. A 14h30, on sonna… Je connaissais déjà l'identité du visiteur…
Je me levai en deux temps trois mouvements et allais ouvrir la porte alors que ma cousine ne s'était pas encore extirpée du canapé. Taïs était sur le seuil, elle me sourit puis s'exclama :
- Salut !
Elle me refit la bise pour mon plus grand plaisir. Kanoa apparut alors derrière moi en ronchonnant :
- Décidément Jacob, que d'entrain.
Taïs me questionna du regard.
- Toutes les occasions sont bonnes pour éviter d'avoir à subir l'enlaidissement d'une cruche ! Rétorquai-je piqué au vif.
Mon imprégnée se mit à rire en silence.
- Ne me dit pas que tu lui a fait subir « Ma vie vous passionne » ? Demanda-t-elle à Kanoa.
- Oh, subir, tout de suite les grands mots… Marmonna cette dernière. On a regardé un morceau…
- Pauvre Jacob ! Poursuivit Taïs. C'est fini j'espère ? S'empressa-t-elle d'ajouter à mon intention.
Je secouai la tête.
- Pas encore. Dis-je avec gravité.
Taïs s'esclaffa pendant que Kanoa levait les yeux au ciel.
- Bon ça va ! On va faire autre chose !
Nous nous assîmes dans le canapé, Kanoa m'avait laissé à coté de Taïs, j'étais refais. Taïs feuilleta quelques magasines qui trainaient sur la table basse. Les filles se mirent à discuter des vacances de Kiuara… Personnellement je m'en moquais totalement, en plus, j'étais tellement subjugué par Taïs que j'avais presque oublié Kiuara. Quoi qu'il en soit, à un moment – je n'avais même pas remarqué qu'elles avaient changé de sujet de conversation – Kano proposa de jouer au jeu du dictionnaire. Je restais sceptique, je n'avais jamais entendu parler de ce jeu. Le but était de gagner un maximum de point en élaborant des définitions ou en découvrant la définition d'un mot donné. Nous jouâmes à trois, ce qui était dommage car cela aurait été plus intéressant si nous avions été plus mais qu'importe, c'était très drôle. Taïs choisit en premier le mot gandin, Kanoa et moi devions inventer une définition (les filles m'avaient expliqué qu'il fallait que les définitions que nous inventions ressemblent à celle d'un vrai dictionnaire), j'avais élaboré quelque chose d'intéressant, Taïs pouffa en lisant mon papier, elle fit de même en voyant celui de Kanoa. Après avoir laissé libre court à notre créativité et surtout après avoir rit comme des baleines pendant 2 heures, nous arrêtâmes de jouer pour faire un tour dehors. Kanoa parlait peu, elle semblait m'observer, ce qui m'agaça au plus haut point. A un moment, elle et Taïs partirent dans une discussion concernant quelqu'un que je ne connaissais pas. Cela me permit de réfléchir un instant.
J'hésitais à expliquer à Taïs avant de partir que j'étais complètement amoureux d'elle et même plus que ça. Je savais que j'allais rentrer chez moi bientôt et que par conséquent, elle allait terriblement me manquer. Incapable de prendre une décision, je repris le fil de la conversation et m'y intéressait. Nous passâmes une après-midi…exquise. Encore plus que les jours d'avant, je ne voulais pas que Taïs rentre chez elle.
Le fameux mercredi arriva. Je devais rentrer dans l'après midi. Je n'avais pas vu Taïs depuis deux jours. Je ne pouvais décemment pas partir comme ça. Il fallait que je la voie, que je lui parle. Je n'aurais plus aucune excuse pour revenir la voir après cette semaine.
J'avais dit à ma tante que je mangerai avec eux à midi et que je partirai ensuite, vers 15h. Kanoa devait me poser au train. Après manger, je rassemblai mes quelques affaires et allait voir ma cousine, je voulais lui apprendre que j'avais l'intention d'aller voir Taïs avant de partir.
- Tiens donc ! Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Tu veux y aller quand ? Railla-t-elle.
- Avant d'aller à la gare.
- Ok, ben je t'attendrai dans la voiture… Dit-elle en me jetant un regard appuyé.
- T'es vraiment géniale ! Tu le sais ça ? Souris-je.
- Mouai… A ton service ! Répondit-elle en faisant un salut militaire. Alors on part plus tôt, dans une demi-heure.
Je m'assis avec mon cousin et discutait avec lui, j'aurais bien aimé créer la conversation que j'allais avoir avec Taïs dans ma tête. Je voulais lui proposer de venir chez moi, mais je ne savais pas comment lui présenter cela. J'envoyais un message à Taïs pour lui demander si je pouvais passer chez elle dans une demi-heure, pour lui dire au revoir, elle me répondit rapidement, elle était d'accord.
Une demi-heure plus tard, Kanoa me conduisit chez Taïs. Elle se gara et je sautais limite de la voiture. Kanoa se mit à appeler Kiuara au téléphone, histoire de passer le temps, ça tombait bien car ça me faisait une excuse pour me retrouver seul avec Taïs, les voitures de ses parents n'étaient pas garées devant la maison, elle devait être toute seule. Je frappai à la porte.
Taïs m'ouvrit. Elle était vêtue d'un jean et d'un dos nu vert/bleu un peu décolleté et avec des petites broderies, elle était tellement belle...
- Euh salut ! Murmurai-je une fois que je repris mes esprits.
- Salut ! Dit-elle en se déplaçant pour que je pénètre dans la maison. T'es tout seul ?
- Ouai… Répondis-je. J'avais mes mains dans mes poches, je ne savais comment tourner mes phrases en m'adressant à elle. Kanoa est dans la voiture, elle est au téléphone.
- Ah ok ! S'étonna Taïs en passant la tête à travers la porte pour voir Kanoa.
Elle l'aperçut et lui fit signe, puis elle rentra et ferma la porte.
- T'es toute seule aussi ? M'enquis-je en jetant un coup d'œil à travers la mezzanine bien que je sache pertinemment que ses parents étaient sortis car je ne sentais pas leurs odeurs.
- Ouai, mes parents sont au boulot…
Un bref silence s'installa.
- Alors, prêt pour repartir ? Demanda-t-elle.
- Ben…faut bien… Dis-je avec amertume.
Taïs sourit. Elle continua :
- On dirait que ça ne t'enchante pas de rentrer.
- C'est un peu ça… Enfin, c'est juste que certaines personnes vont me manquer.
Que de sous-entendus… J'ai pas trouvé mieux pour l'instant… Un faible sourire s'étirait sur les lèvres de Taïs. Elle me subjuguait, je tentai de mémoriser ses traits au maximum.
- Ca va te manquer de ne plus regarder « Ma vie vous passionne » avec Kano. Plaisanta-t-elle.
Je m'esclaffai :
- Comment t'as deviné ?
- Question d'intuition ! Poursuivit-elle en entrant dans mon jeu. Tu veux boire quelque chose ?
- Non, merci, j'ai pas beaucoup de temps… Eludai-je. Je voulais juste te dire au revoir avant de partir… Et puis, je me disais que si ça te dis de venir un de ces quatre chez moi, pour deux ou trois jours, ça me ferait vraiment…vraiment plaisir… Avouai-je. Où même, si ton père…je sais pas…viens pêcher…passe me voir.
- Ben écoute, ouai…Pourquoi pas, si tu m'invites… Dit-elle en conservant son beau sourire. Ca peut être sympa…
- Je t'enverrai un message ! Ajoutai-je.
Quelle pitoyable déclaration, et moi qui avait préparé tout un discours dans ma tête dans la voiture… D'habitude j'étais moins tarte et disais tout haut ce que je pensais, mais ici, j'avais trop peur de perde la fille de ma vie.
- Ouai ! D'acc.
- Bon ben… je vais y aller… Sinon j'arriverai plus à partir… Marmonnai-je en songeant que l'heure tournait et que je devais conserver mon secret devant Kanoa, elle trouverait étrange que je rentre chez moi à pied.
Maintenant que je voyais Taïs, je n'avais aucune envie de partir, c'était rien de le dire ! Je me dirigeai vers la porte, Taïs m'accompagna. J'hésitai, je ne savais pas ce que je devais faire… Je ne pouvais pas partir comme ça quand même ! Non mais non, c'est pas possible, pas comme ça ! Elle était si jolie et moi j'étais là, devant la porte, sur le point de partir… Non, non, non!
Je posai une main sur son épaule pour lui faire la bise et je frissonnai. Je lui fis une bise puis, sur un coup de tête et avec une rapidité lupine qu'elle ne pouvait concevoir, je fis glisser ma main sur sa joue que j'attirai à moi, avant de plaquer avidement mes lèvres contres les siennes. Bon sang ! Le paradis sur ses lèvres.
Je plaçai ma main libre sur sa nuque, comme pour me préserver d'un recul de sa part. Je lui caressai la joue et ses cheveux de mon autre main libre, je ne voulais rien perdre de cet instant, même si j'allais probablement me prendre une bonne baffe ensuite.
Comment allais-je partir à présent ? Etant incapable de regretter ce que j'étais en train de faire, je me concentrai sur ce que je ressentais: un sentiment de béatitude infini.
Son arôme m'envoutait totalement, ses cheveux soyeux sentaient divinement bon, ses joues étaient douces et ses lèvres tièdes, délicates, exquises.
Je ne voulu pas prolonger le baiser trop longtemps, Taïs semblait tendue. Son téléphone se mit à sonner, mais elle ne fit aucun mouvement qui supposait qu'elle allait répondre, elle semblait pétrifiée.
Finalement, sans dire un mot de plus, je la lâchai en bredouillant « Excuse-moi », et m'enfuyait comme un voleur avant qu'elle ait eu le temps de reprendre ses esprits, la sonnerie du téléphone résonnait dans la maison. J'eus juste le temps d'entendre Taïs tapoter le clavier et répondre d'une voix toute troublée.
Note : Je sais que le Jacob "fuyard" ne colle pas tellement avec l'histoire originale mais bon, là il s'agit de son imprégnée qd même!... on fait moins le malin Jake hein? A part ça j'espère que le chapitre vous a plu et j'attends vos réactions avec... impatience et appréhension !
Ciao ciao^^
