Chapitre 8 : Copine
Contrairement à ce que je pensais, l'affaire était close pour Sam, et pour Emily aussi soit dit en passant. Après le duel, nous nous réunîmes chez Emily où nous passâmes une super soirée, seul Seth était absent, il était de garde. Ils voulaient tous tout savoir sur mon imprégnation, même s'ils en avaient eu une petite idée à travers mes pensées un instant plus tôt. Chacun me fit part de ses idées et ses sarcasmes. J'avais l'impression que seuls Emily et Paul me comprenaient sincèrement.
Je rentrai chez moi à 1h.
Le lendemain, même si j'avais été élu officiellement Alpha, je n'étais pas dans mon assiette. J'allais effectuer mon tour de garde, je rentrai à midi, dévorai littéralement ce que mon père avait préparé et m'affalai dans le canapé.
Ce fut des coups à la porte qui me réveillèrent. C'était Paul et Jared. Jared voulait m'avertir qu'il prenait le tour de garde de Seth dans l'après-midi. Paul voulait prendre de mes nouvelles. Il me demanda d'un ton joyeux :
- Alors ! Alors ! Tu l'as appelée ?
- Non. Grognai-je.
- Oh Jake…
- Je ne sais pas quoi faire ! Marmonnai-je-en m'appuyant sur la table de la cuisine.
Jared et Paul passèrent une heure à discuter de l'imprégnation avec moi, histoire de me remettre les idées en place, raté! Lorsqu'ils partirent, j'étais encore plus déprimé qu'avant. Je saisis mon portable et commença à taper un message. J'écrivais, j'effaçais j'effaçais, j'écrivais. Au bout d'un quart d'heure, je laissai tomber et cherchai Taïs dans mon répertoire. Je l'appelai.
Ca sonnai…
Une fois…mon cœur battait la chamade…
Deux fois…Faites qu'elle ne décroche pas…
Trois fois…qu'elle ne décroche…
Quatre fois… pas.
- Allo ?
Ohh non ! Qu'est ce que je vais dire ?
- Allo Taïs ? C'est Jacob…
- …Salut. Ca va ? Me demanda-t-elle.
Je sentais une certaine appréhension dans sa voix, visiblement l'un comme l'autre avions des choses à nous dire, sans en être capables.
- Euh…oui. Balbutiai-je. Je voulais te parler… Non, en fait, je suis tellement mal que j'espérais tomber sur ton répondeur.
Tans pis, la sincérité avant tout ! Je l'entendis s'esclaffer à l'autre bout du fil.
- T'es sérieux ? S'étonna-t-elle.
- Je t'assure, j'avais préparé un mini discours…
- Tu veux que je raccroche ? Plaisanta-t-elle.
- Je veux bien. Mais ne le prend pas mal…
- Non t'inquiète. Bon…alors a plus Jacob ! Me dit-elle un peu surprise.
- Salut Taïs.
Elle raccrochait. Quelle situation étrange, appeler quelqu'un pour lui dire de raccrocher! Elle allait me prendre pour un dingue!
Mais elle était vraiment géniale cette fille ! Je rappelai. Elle ne décrocha pas, me laissant le loisir de laisser un message. Je fis un long monologue hésitant, pas du tout comme quand je m'adressai à Bella, en même temps ce n'était pas mon imprégnée, je ne risquai pas "ma peau" avec elle, parce que si Taïs décidai de tirer une croix sur moi, autant aller rendre visite à la Sangsue tout de suite.
- Salut…euh ça y est, maintenant je parle au répondeur… Dis-je d'une voix claire. Heureusement que tu as raccroché parce que je me sentais mal à l'aise, même si y'a pas de quoi en fait… Voila Taïs… D'abord, je voulais te présenter mes excuses pour t'avoir embrassée, sans ta permission je veux dire, parce que je t'avoue franchement que je ne le regrette absolument pas, j'en avais trop envie…et puis, j'allais partir…bref…c'était plus fort que moi. En fait, j'étais venu pour te dire – et puis j'ai pas osé, j'avais peur que ça fasse tarte, mais maintenant je me suis collé dans le pétrin en t'embrassant contre ton gré - donc j'étais venu te dire que tu me plais beaucoup… Maintenant tu t'en doutes certainement vu que je t'ai embrassée… et donc, j'aimerais que tu me rendes visite pour qu'on en parle… je peux venir te chercher au train… ou même passer chez toi…Ca ne t'engage à rien jte rassure…Enfin quoiqu'il en soit, même si je ne t'intéresse pas… "amoureusement" j'entends, j'aimerais vraiment, vraiment qu'on devienne amis. Alors ce que je te propose, parce que j'ai déjà regardé les trains sur internet, si...tu veux…hum disons tenter quelque chose avec moi…que ça soit une amitié…ou plus…viens dimanche chez moi, y'a un train qui part de chez toi à 17h24 et qui arrive à 18h00. Je t'attendrai à la gare quoiqu'il en soit… Euh…prends des affaires pour une semaine…ben oui, ça serait bête de payer le train pour quelques heures… Pfiou, je ne sais pas si tu as compris un traitre mot de ce que je viens de raconter…J'espère que j'ai été assez clair. Donc je t'attends à la gare de Seattle à 18h00…j'espère que tu viendras… Euh, évite de me rappeler…sauf si tu as mal compris l'horaire du train…Je préfère, comment dire, avoir la surprise…Je… Bon je te laisse. Bisous et ...j'espère à dimanche.
Je raccrochai, soucieux. C'était fait. Maintenant je n'avais plus qu'à patienter jusqu'à dimanche pour connaître sa réponse.
Hum « je n'avais plus qu'à » était facile à dire. L'attente était insoutenable… Je devins exécrable avec mon père et avec la meute. Je prenais les rondes de tout le monde, ça me changeait les idées et me permettait de me défouler contre quelque chose. Je me mis à ranger la maison de fond en comble et me découvris une véritable vocation pour le ménage.
Lentement, les jours s'écoulèrent…
Enfin, le soleil se leva sur ce fameux dimanche. Ce matin là, j'ouvris mon placard, bien décidé à trouver autre chose qu'un pantalon de survêtement. Malheureusement, je n'avais décidément pas grand-chose… je pris donc le plus beau d'entre eux, un long noir et pas resserré aux chevilles par un gros élastique…et j'enfilai avec ça un tee-shirt. Je me regardais dans la glace, mes cheveux avaient poussés… comme je ne savais pas comment Taïs les préférait, je m'abstins d'aller demander à Emily de me les couper.
Je ne tenais pas en place, cela faisait d'ailleurs bien rire Embry qui était venu m'observer pour "connaître les effets dévastateurs de l'imprégnation sur ma santé mentale". Quel idiot! Il ne faisait qu'accentuer mon stress!
A 17h30, je pris la voiture et filai à la gare. Une fois arrivé, je me garai pile en face des portes du batiment, il était 17h50. J'entrai dans la gare, regardai l'arrivée des trains… Finalement, n'y tenant plus, je retournai à la voiture et m'appuyais contre, face aux portes de la gare en humant l'air.
Au bout d'un moment, des gens en sortirent, un train devait être arrivé. Je tendis le cou et inspirait fortement pour voir si Taïs faisait partie du groupe qui arrivait, non. Ca m'a fait le coup plusieurs fois. Il devait y avoir plusieurs trains et de nombreux voyageurs...
Soudain je sentis sa délicieuse odeur et mon estomac se retourna. Je l'aperçu alors derrière une vitre… Non, c'était peut-être mon imagination qui me jouait des tours… Elle regarda dehors et me vit. C'était bien elle ! Elle se dirigeait à présent vers les portes, tout comme moi. Je les franchis avant elle et la rejoignai en m'écriant :
- T'es venue !
Elle m'adressa un large sourire.
- Oui…ça a l'air de t'étonner…
- J'avais peur de t'avoir effrayée avec mon message. Marmonnai-je.
Fou de joie, je la pris dans mes bras, et oui j'accueille toujours les gens chaleureusement.
- Ben… Pendant un moment je me suis demandé si c'était pas une grosse blague et puis après je me suis dit que non. J'ai eu un peu peur quand je ne t'ai pas vu sur le quai je me suis dit « ça y est tu vas te retrouver toute seule, paumée... ».
- T'inquiète, je ne t'aurais pas laissée en plan ici quand même.
Je remarquai avec joie qu'elle avait un gros sac…genre un sac que l'on prend quand on part au moins pendant une semaine. Je m'empressai de le lui prendre, je n'allais pas la laisser porter ça jusqu'à la voiture!
- Alors, je n'ai pas trop manqué à ma cousine ? Demandai-je pour détendre d'atmosphère car mon imprégnée semblait quand même mal à l'aise.
- Ah si! Forcément ! Plaisanta Taïs.
- Ahah ! J'en étais sûr ! Faut dire aussi qu'y'a que moi pour supporter les débilités qu'elle regarde !
Taïs éclata de rire. Nous étions arrivés à la voiture, je déposais son sac dans le coffre.
- Je te le confirme! Je pense qu'elle voulait tester tes limites. S'esclaffa-t-elle.
Je riais à mon tour, ravi. Je m'installai au volant, elle s'assit à ma droite. Son cœur battait très fort, je me demandai si j'en étais la cause.
Taïs:
Ca y est, j'y suis. J'avais longtemps hésité à venir, heureusement que Kanoa m'y avait poussée enfin elle m'avait carrément obligé à venir. Jacob était venu me chercher, il abordait sa bonne humeur et son beau sourire. Et dire qu'il m'avait embrassée une semaine plus tôt, quand j'y repensai, je me demandai si je n'avais pas rêvé. Mais le message que j'avais sauvegardé sur mon répondeur me servait de preuve, au cas où, ça me rassurait en quelque sorte, j'avais même pris soin de le recopier, c'était tellement chou. J'avais étrangement chaud dans cette voiture, ça devait être parce que je n'avais pas encore réalisé ce qu'il m'arrivait : Jacob, venir me chercher à la gare, moi! Eh oui, comme quoi tout arrive… Je ne sais pas si c'est parce que je ne l'avais pas vu pendant une semaine, mais je le trouvais encore plus beau que d'habitude, ses cheveux semblaient avoir poussés, mais surtout, il était adorable. Il m'a porté mon sac dès que je suis sortie du train et dans la voiture, il ne cessait de me demander si la musique me convenait… Nous engageâmes un débat sur chaque chanson qui passait à la radio, quand ce n'était pas à propos de l'interprète, cela concernait les paroles, la musique, tout et n'importe quoi. A la fin, Jacob se mit à brailler plus qu'à chanter sur Sunday with a Flu. C'était bien drôle! J'appréhendai quand même, je me demandai ce qu'il allait me dire, vu qu'il voulait me voir pour "parler" et tout, étant extrêmement réservée, j'avais hâte d'y être et en même temps, pas tellement.
Jacob:
Nous arrivions chez moi. Mon père était là et Embry m'avait prévenu qu'il passerait dans la soirée pour voir « ma demoiselle », je dois dire que cette appellation me plaisait bien. Taïs descendit de voiture. J'avais déjà fait de même et mis son sac sur mon épaule. Je m'engageai dans le chemin mon imprégnée sur mes talons, j'entendais Embry d'ici, il était en train de dire à mon père que j'étais arrivé…avec Taïs. Il ouvrit la porte et s'appuya contre le battant, bras croisés, en raillant :
- Alors Jake ! Tu as trouvé ce que tu es allé chercher ?
- Toi la ferme! Lui dis-je en plaisantant.
Taïs, qui était derrière paraissait étonnée et un peu mal à l'aise. Je désignai Embry et lui expliquai :
- Taïs, je te présente Embry, mon demi-frère.
- Ah salut ! S'exclama-t-elle simplement.
- Content de te rencontrer enfin. Claironna Embry.
Elle s'avança et lui fit une bise, cela sembla surprendre mon frère (très frenchy cette salutation). Je rentrai dans la maison, Taïs me suivit ainsi qu'Embry. Ce dernier en profita pour lui chuchoter:
- Jake n'arrête pas de parler de toi.
Bien sûr, j'avais tout entendu :
- Embry… Fais gaffe à ce que tu racontes ! Menaçai-je.
- Humpf ! Je ne t'ai pas parlé à toi ! Répliqua Embry, ce qui fit sourire Taïs.
- J'espère que c'est en bien au moins. Lui dit-elle.
Embry hocha la tête dans mon dos en silence.
Nous rentrâmes tous dans la maison. Mon père s'était avancé, je lui présentai également Taïs. Il discuta avec elle, demanda des nouvelles de ses parents, sa sœur et de la Réserve d'hiver en général… (Comment va ton père ? Il faudra qu'on aille à la pêche un de ces quatre ! Ta sœur est toujours à l'université de Denver ? Oh je me souviens de ce délicieux plat que ta mère nous avait cuisiné…un genre de gratin…- Un gratin dauphinois ? – Oui ! Délicieux ! Ca me met l'eau à la bouche rien que d'y penser ! Tu sais les faire ? - Oui j'en ai déjà fait un ou deux…) Une fois qu'il était convenu que Taïs nous cuisinerait un gratin dauphinois, il se mit à raconter l'une de mes expériences culinaires pendant laquelle j'avais cassé un œuf par terre, puis il s'exclama :
- Au fait Jacob ! Où est ce que tu as rangé le sopalin ?
D'habitude, le sopalin trainait nonchalamment sur un plan de travail de la cuisine, je l'avais rangé dans un placard.
- Sous l'évier. Répondis-je.
- Ah d'accord ! S'exclama mon père. Taïs, heureusement que tu es venue, tu as transformé mon fils en vraie fée du logis ! Samedi, il a passé la journée à faire le ménage et à tout nettoyer ! Ajouta-t-il joyeusement. Comme s'il avait eu une révélation !
- Papa ! Chuchotai-je agacé.
Etait-il si important de préciser cela ? Les lèvres de Taïs s'étirèrent en un large sourire alors qu'Embry s'esclaffait bruyamment. Elle dit à son tour en me fixant :
- Je ne savais pas que tu étais maniaque.
- Lui maniaque ? Dit mon père avant d'éclater de rire.
Avant que mon frère puisse rajouter quelque chose, je coupai court à la conversation en m'adressant à Taïs :
- Si ça te dit, on peut aller faire un tour sur la plage…
- Oui, d'accord. Approuva-t-elle.
Embry ouvrit la bouche pour réclamer le droit de venir avec nous, mais je déclinai sa proposition en lui écrasant correctement un pied. Nous laissions mon père et mon frère seuls.
Taïs avait enlevé ses chaussures et marchait avec moi le long de la plage de la Push, les pieds dans l'eau.
- Ton frère aurait pu venir avec nous… Fit-elle remarquer sur le ton de la conversation.
- Non. Je voulais te parler seul à seul… Expliquai-je en lui prenant la main.
- Ah…
Elle semblait avoir compris de quoi je voulais l'entretenir, elle ne retira pas sa main de la mienne, c'était plutôt bon signe et ça m'encouragea. Il était inutile que je tourne encore autour du pot.
- Il faut bien que je me lance, alors voila…
Je m'arrêtai devant Taïs, la forçant à stopper net sa route, je la fixai dans les yeux avec sérieux.
- Tout ce que j'ai dit dans le message, c'était vrai.
Ses joues avaient rosies, elle était gênée, mais il fallait que je la force à me dire ce qu'elle ressentait pour moi, car oui, j'espérais que je lui faisais de l'effet tout de même! J'aurais bien aimé entendre ses pensées à ce moment-là, comme la sangsue, sauf qu'il n'entendait pas les pensées de Bella, donc ce n'était pas si intéressant que ça finalement.
- Je sais que ça doit te paraitre dingue mais…je suis amoureux de toi Taïs. Je l'ai su dès que je t'ai vue…
- … t'es sérieux là ? Me dit-elle avec incrédulité.
- Bien sûr ! M'offusquai-je. Pourquoi ? Tu en doutes ?
- Je me disais que t'avais peut-être fait un pari avec Kano…
- Quand même, on n'aurait pas poussé le vice jusqu'à te faire payer le train pour une connerie…
- Ouai…
Je ne dis rien, attendant qu'elle me parle.
- …mais… ce n'est pas un peu…enfin je veux dire…on ne se connait pas depuis longtemps.
J'hésitai. Devais-je tout lui dire maintenant ? Je m'y refusai.
- Je sais…c'est…un genre de coup de foudre… Appelle-ça comme tu veux… Lui dis-je en lui prenant son poignet à la place de son autre main (car elle portait encore ses tongs).
Elle détourna la tête et regarda la mer avec un air songeur.
- A quoi tu penses ? M'enquis-je avec inquiétude.
- Je me demande… si tu dis ça à toutes les filles que tu dragues. Dit-elle d'une petite voix et avec un faible sourire, comme s'il lui en coûtait de me demander ça.
Ces paroles me firent mal au cœur. Je m'approchai d'elle.
- Tu me prends pour un dragueur qui joue avec les filles ? Je ne suis pas comme ça, tu peux demander à qui tu veux, mon frère, mon père…, tu peux même fouiller ma chambre, regarder dans mon téléphone, demande-moi tout ce que tu veux, je serai sincère avec toi. Et, puisque tu en parles, je ne dis pas ça à la légère. Je sais que ça parait étrange, mais je te jure que je n'ai jamais dis ça à une autre fille, d'abord parce que je n'ai jamais eut le coup de foudre pour qui que ce soit avant toi, et ensuite parce que je n'ai eut qu'une vraie copine avant l'histoire avec Bella, enfin…c'était il y a un moment, et c'était une conne.
Taïs semblait gênée. La détendre me sembla être une bonne idée.
- Pourquoi tu m'as demandé ça ? J'ai l'air d'un tombeur ? L'interrogeai-je avec un air plaisantin.
- Ben… Ouai.
Je ne pouvais m'empêcher de m'esclaffer.
- Sérieux ? Pourquoi ?
C'était plutôt flatteur.
- Je ne sais pas, t'as l'air… tellement sûr de toi…
- Oui, je sais que je ne manque pas de toupet… mais est ce que c'est rédhibitoire selon toi? Tu remarqueras que je ne porte pas de chaussures pointues… Plaisantai-je pour la mettre plus à l'aise.
Elle hésita, cherchai quoi me répondre, j'enchaînai pour mettre toutes les chances de mon coté.
- Tu veux que je te dise ? Quand je suis arrivé avec Kano à la fête de Lamalas et que je t'ai vue avec les deux demi-portions, j'étais jaloux comme un pou, ça n'a pas pu t'échapper ! Et le coup du ciné avec la gourdasse ! Tu crois que je lui aurais fait croire que je sortais avec toi si tu ne m'intéressais pas ?
- Tu as dit que c'était pour lui clouer le bec…
- J'ai menti. J'avais envie que ce soit vrai…je voulais voir ta réaction, et tu m'as catalogué dans les « impossible ». Pourquoi ?
- Ben… Tu m'as vu franchement ?
- C'est quoi ces conneries ? Tu as une de ces visions des mecs… Assurai-je avec une voix douce.
- J'en connais quelques uns, et quand je les entends parler de fille, ça me rend dingue…
- Je ne suis pas comme ça. Je sais que, les circonstances ne jouent pas en ma faveur, mais…je te jure, je ne t'ai pas embrassée à la légère, j'en avais vraiment envie j'en ai toujours envie, et je te promets, c'est totalement désintéressé. Plaidai-je en portant une main à sa joue.
- Je…je ne sais pas quoi dire… Balbutia Taïs, mal à l'aise.
- Dis-moi si ça t'as fait la même chose. Dis-moi si je te trouble autant que tu me troubles.
Taïs eut un rictus.
- Eh bien… La première fois que je t'ai vu, tu m'as…intriguée. Et puis… c'est vrai que t'es plutôt mon genre enfin en même temps, tu es le genre de tout le monde…et…t'es sympa…t'es drôle…
Elle reprit sa respiration, plus gênée que jamais.
- En résumé…Tu m'aimes plutôt bien. Synthétisai-je pour la détendre.
- Ouai. Avoua-t-elle en regardant ses pieds.
Je penchai la tête et lui caressa le menton avant de le relever pour qu'elle me regarde, puis je m'approchai d'elle.
- Je t'aime bien, tu m'aimes bien… Dis-je avec un ton malicieux. Alors qu'est ce qu'on fait ?
- Je ne sais pas… Bredouilla Taïs.
- Est-ce que tu veux sortir avec moi ? Demandai-je enfin avec appréhension.
Elle eut un mouvement de tête puis répondit avec un sourire et les joues roses :
- Euhh…
Elle semblait chamboulée, son cœur battait la chamade. Elle hésita et dit finalement :
- Oui, d'accord… on peut tenter le coup.
Décidément j'étais chanceux pour une fois, ça est, c'était officiel. Taïs et moi étions ensemble, c'est ma copine ! Talalam! J'étais aux anges. Je voulu la prendre dans mes bras, elle était un peu tremblotante, cela me donnait encore plus envie de la serrer contre moi, mais elle me dit avec empressement, comme si elle voulait se libérer d'un poids :
- Il faut que je te dise quand même, j'ai jamais eu de copain tu vois…et…je n'ai pas vraiment d'exp…
Je mis un doigt sur ses lèvres pour l'empêcher de finir sa phrase, mon autre main vint se loger au creux de ses reins et la colla contre moi, sous le choc, elle laissa tomber ses tongs au sol.
- C'est génial, je suis ravi d'être le premier. Affirmai-je.
Ce qui était vrai, je n'aurais pas supporté l'idée d'imaginer Taïs en compagnie d'un ex… Je lui pris les mains et les plaçai autour de mon cou de façon à ce qu'elle l'enlace de ses bras, puis glissai mon autre main dans son dos. Je souris, son cœur battait la chamade et je savais que je produisais cet effet sur elle, j'embrassai sa joue avec joie. Elle me sourit à son tour, mais son sourire se figea lorsque j'approchai mon visage du sien avec convoitise.
Doucemeent, je plaquai mes lèvres contre les siennes avant de lui prodiguer un baiser plus langoureux. Lorsque nous nous séparions, elle avait le teint d'un rose soutenu.
Après quoi, nous nous promenâmes sur la plage, main dans la main, le cœur léger pour ma part. Je tentai de lui montrer que je n'étais pas un de ces connards qui allait la larguer dans deux mois. Nous parlâmes de tout et rien, c'était super. Rien qu'elle et moi. Ma copine et moi. J'avais l'impression d'être dans un de mes rêves. Si seulement mon père m'avait envoyé plus tôt chez mon oncle...!
Merci d'avoir lu et n'oubliez pas: tout commentaire est intéressant! Evitez juste de me descendre si vous n'aimez pas, merci :) Soyons objectifs !
A suivre^
