Chapitre 12 : Explications
Jacob :
C'était fait. Je venais de me transformer devant mon imprégnée. J'avais l'impression de jouer ma vie à pile ou face.
En me voyant loup, Taïs écarquilla les yeux comme des soucoupes. Elle fit quelques pas en arrière, vacilla et s'appuya à un arbre. Elle semblait avoir peur. Son cœur battait la chamade. Peut-être qu'elle réfléchissait sur la bonne conduite à adopter. Elle ferma les yeux et les rouvrit, puis elle marmonna :
- Oh non je n'ai pas rêvé… Si, si, c'est un rêve Taïs, tu vas te réveiller…
Je poussai un petit grognement qui la fit sursauter. J'avançais lentement vers elle. Elle ne réagit pas puis sembla sortir de sa rêverie et fit un pas en arrière. Ne sachant pas quelle position adopter pour l'effrayer le moins possible, je m'assis par terre et posai ma tête sur mes pattes avant. Taïs ne m'avait pas quitté des yeux, il faut dire qu'en loup, je faisais sa taille, c'était impressionnant pour un non-initié. J'émis un petit jappement du fond de la gorge pour monter que j'étais inoffensif. Taïs frémit en l'entendant.
Plusieurs minutes s'écoulèrent pendant lesquelles elle ne cessait de me fixer. J'allais me retransformer en humain lorsqu'elle se mit soudain à parler :
- Jacob ?
Je relevai et hochai la tête en la regardant.
- C'est bien toi ?
Je hochai frénétiquement la tête, je devais avoir l'air d'un loup bien étrange.
- « Quoi qu'il arrive je reste moi »… Marmonna-t-elle pour elle-même. Tu peux me comprendre ?
Encore une fois, j'acquiesçai et me mit sur mes quatre pattes cette fois. Mais elle ne semblait plus me craindre. Elle s'approcha très lentement, peu convaincue que le loup était moi. Puis elle tendit une main tremblante et commença à me caresser. Très agréable. Je me mis à ronronner. Elle prit confiance et me caressa encore et encore, elle entortilla ses doigts dans mes poils en s'exclamant :
- Ouaoh. T'es beau !
Quil, qui malheureusement entendait mes pensées à ce moment là ne put s'empêcher de mettre une barrière à mes fantasmes.
- Ca va Jake ! Tu peux te retransformer maintenant !
- Laisse-moi, je profite !
Finalement, pendant que Taïs était en train de me caresser la tête, je repris ma forme humaine, et ma belle se retrouva tout près de moi, nu cela va de soi, elle était en train de me caresser les joues. Me voyant en face d'elle en humain, elle rosit et baissa les yeux avant de les relever rapidement. Quant à moi, je ne perdis pas de temps pour remettre mon short...
Pour détendre l'atmosphère, j'haussai les épaules et pris un air détendu :
- Alors ? Qu'est ce que t'en penses ?
- Tu t'es transformé en loup! S'écria-t-elle avec stupéfaction, retrouvant ses capacités.
- Oui…
Elle me regardait, éberluée.
- J'y crois pas! Soupira-t-elle en s'appuyant encore le dos contre un tronc d'arbre.
Je m'approchai et lui dit :
- Si tu veux discuter…des détails… rentrons. Tu sauras tout.
- D'accord. Accepta-t-elle, avide de savoir.
Nous rentrâmes et nous nous installâmes dans ma chambre pour être tranquilles.
La curiosité et l'entrain avaient prit le dessus sur n'importe quelle forme de répugnance que Taïs aurait pu éprouver. Elle était assise en tailleur sur le lit et s'était appuyée le dos contre le mur.
- J'ai pleins de questions à te poser. Me prévint-elle.
- Fais-toi plaisir. Répondis-je en m'installant à coté d'elle et en prenant soin de maintenir une certaine distance entre elle et moi.
J'avais peur qu'elle me rejette maintenant qu'elle savait tout, même si instinctivement elle ne l'avait pas fait, il se pouvait qu'après en avoir parlé, elle décide d'en rester là.
- Tu peux te transformer depuis longtemps ?
- Depuis un an à peu près…
- Et…Tu es…modifié génétiquement ?
- Sûrement, je n'ai jamais fait d'analyses je ne peux pas te dire…
- Alors c'est pour ça que tu guéris rapidement… Comprit-elle.
- Ouai, c'est un truc de loup… Marmonnai-je en regardant le parquet de la chambre. C'est pareil pour la chaleur de ma peau… Je fais toujours 42, 43°…
- Ouah… S'exclama-t-elle avec surprise. Je comprends mieux maintenant pourquoi tu te balades toujours torse-nu.
Il y eut un moment de silence, puis elle reprit :
- C'est comme dans les légendes… Murmura-t-elle avec enthousiasme. « Les Quileutes descendent des loups »…
- En fait, les loups sont les descendants directs de Taha Aki.
- Les loups ? Il n'y a pas que toi… Elle réfléchit. Bien sûr ! Dit-elle. Embry aussi est un loup. Affirma-t-elle. Et… Sam ?
Je hochai la tête en silence.
- Quil ? Seth ?
- T'es douée. Comment t'as deviné ?
- Ils étaient tous bouillants et torse-nus quand je les ai vus…
- Tu es très perspicace. Dis-je avec un vague sourire sur les lèvres.
-Mais vous n'est pas comme les loups normaux n'est ce pas ?
- Non, on est déjà bien plus grands comme tu as vu, on court plus vite…
J'avais une boule dans la gorge qui m'empêchait de raconter tout ce que j'aurais voulu à propos des loups. Taïs s'enfonça dans le matelas du lit. Elle resta silencieuse un moment et poursuivit la conversation sur une note plus grave :
- Dans… Elle s'éclaircit la voix. Dans les légendes, les loups défendent la tribu contre les vampires…
- C'est le cas.
- Quoi ? Tu veux dire que les vampires existent vraiment ?
- Malheureusement oui. Mais ils sont très différents de l'image qu'on a d'eux. Ils sont tous beaux, enfin si on aime les cachets d'aspirine, ils courent à une vitesse folle, leur peau est dure comme le marbre et froide comme la glace. Bien sûr, ils se nourrissent de sang… Le seul moyen de les tuer est de les démembrer.
Taïs frémit.
- Et moi qui pensai vivre dans un monde normal… Plaisanta-t-elle.
- Détrompe-toi.
- Et… tu as d'autres anomalies génétiques ?
- Non, juste que j'ai une ouïe, un odorat surdéveloppé en tant qu'humain. Je guéris très vite. Oh et tu comprends donc pourquoi je suis aussi musclé sans avoir jamais soulevé un haltère de ma vie.
- Je pensais que tu t'étais musclé à force de porter des pièces de voitures !
Je m'esclaffai.
- J'aimerais bien !
- Tu n'es pas content d'être loup ?
- J'ai parfois un peu de mal avec ça… Je n'ai rien demandé tu comprends ? Mais c'est comme ça… En plus, en tant qu'Alpha j'ai des décisions à prendre qui ne sont pas faciles…
- Attends, c'est toi l'Alpha ? Tu veux dire le chef de meute ?
- Ouai.
Elle me lança un regard pétrit d'admiration.
- Héé bééé.
- Le second est Sam, c'était lui l'Alpha jusqu'à il y a trois semaines… J'avais abdiqué en sa faveur et j'ai repris mes fonctions. Expliquai-je.
Elle resta silencieuse un instant et demanda :
- Est-ce que Bella sait que tu es un loup ?
- Oui, elle est au courant.
Taïs se renfrogna. Je me sentis obligé de me justifier :
- Elle est au courant parce que nous étions proches au moment où j'ai muté, je l'ai mise sur la voie, elle a deviné ce que j'étais devenu cela dit, elle était plus préoccupée par son vampire de petit-copain.
- Son copain est un vampire. Répéta Taïs comme pour assimiler l'information.
- Oui, un pur sang-froid qui mène, lui et son clan, une vie différente des autres sangsues. Ils se nourrissent du sang des animaux… Les Cullen… Mon arrière grand père avait conclu un pacte de non agression avec eux. Il tient encore aujourd'hui, mais il y a des jours ou ce n'est vraiment pas facile…
- Ca devait être dur lorsque tu étais amoureux de Bella. Répondit Taïs avec un air sceptique.
Il semblait qu'elle détestait Bella d'emblée.
- Ouai…
- J'imagine la situation : le triangle amoureux : Dit-elle en dessinant un triangle dans le vide. Arthur-Guenièvre-Lancelot Marc-Yseult-Tristan… La vieille intrigue…
- Ce n'était pas un triangle amoureux, vu que Bella n'a jamais voulu avouer qu'elle était amoureuse de moi.
- Mouai, ça n'empêche pas qu'elle l'est.
- Qu'elle l'était tu veux dire.
- Non, qu'elle l'est. T'as pas vu comme elle me regardait l'autre jour.
- Laissons Bella où elle est. Franchement, on s'en fout. Lui dis-je en me rapprochant d'elle.
Eh oui c'était plus fort que moi…
- T'as raison. Répondit-elle pendant que je passais un bras autour de ses épaules.
Je collai ma tête contre la sienne et commençai à la câliner. Elle se mit à éclater de rire, me laissant pantois.
- Qu'est ce qu'il y a ?
- Quand même, ta Bella là…
- Oh arrête avec elle !
- Non mais, je n'arrive pas à comprendre… Elle a pas les yeux en face des trous pour préférer un vampire à toi !
Je jubilai.
- C'est gentil ça! Lui chuchotai-je à l'oreille avant de me pencher sur elle pour l'embrasser.
- C'est gentil pour toi, pas pour elle. Me fit-elle remarquer avec malice.
Je poussai un grognement avide et me ruait sur elle avant de l'embrasser dans le cou. Elle s'esclaffa de plaisir. Mais mes doutes me revinrent dans la tête. Je me redressai brusquement et me rassit sur le bord du lit. Je demandai gravement :
- Ca ne te fait pas peur ? Que je sois un loup…
- Ca devrait ? Me dit-elle avec amusement.
- Tu ne te rends pas compte… Ca peut-être dangereux…
Taïs resta silencieuse.
- Tu as vu Emily ? Les cicatrices qu'elle a ? C'est Sam…
- Je croyais que tu restais toi quand tu étais loup. S'inquiéta-t-elle.
- Oui, bien sûr.
- Alors comment lui a-t-il-fait ça si vous restez-vous-mêmes ?
- Lorsqu'on commence à muter, on est prit de fièvre, on est mal à un point… Et on devient irritable…Le problème c'est qu'on se transforme lorsqu'on est énervé.
- Comme ça ? Tu t'énerves et paf tu te retrouves loup ?
- Au début, oui. Maintenant, on a tous apprit à nous contrôler mais ce n'est pas une science exacte.
- Tu as encore du mal à te contrôler ?
- Généralement, je m'en sors bien. Mais, je ne peux rien garantir tu vois… Bon, par contre il y a des signes avant-coureurs à la mutation, on se met à trembler notamment.
- Donc si je te vois trembler… Commença-t-elle avec légèreté.
- Tu t'éloignes de moi immédiatement. Dis-je sur un ton catégorique.
- Mais, tu trembles beaucoup ou c'est pas grand-chose ?
- Tu te rappelles la première fois qu'on s'est vus ?
- Quand tu as fait ta crise d'hypoglycémie ?
- C'était pas une crise d'hypoglycémie.
- Je m'en doute. C'était quoi ?
- J'ai eu…un genre de crise due à mes...capacités lupines.
- Une crise de quoi ?
Je ne me sentais pas vraiment prêt pour lui parler de l'imprégnation maintenant.
- Une crise. Je me suis mis à trembler. Tu as vu ?
Elle acquiesça silencieusement.
- Eh bien c'est comme ça.
- Mais tu n'étais pas énervé…
- Si, je m'étais disputé avec mon père…au téléphone…juste avant. Mentis-je.
- Et tu te transformes quand tu veux alors.
- Oui, on n'attend pas la pleine lune. Expliquai-je.
- Qu'est ce qu'il lui est arrivé à Emily ?
- Sam s'est énervé et il n'a pas réussit à se contrôler… Emily était trop près.
Taïs resta sans voix un instant puis dit :
- La pauvre. Heureusement que Sam ne l'a pas laissée tomber après…
- C'est…Ce n'est pas le genre de Sam. Dis-je simplement.
- Je suis contente que tu m'aies tout raconté. S'exclama-t-elle joyeusement en me prenant une main.
- Tu ne crains pas que je te fasse du mal ?
- Je n'ai pas peur du grand méchant loup si c'est ça que tu veux dire ! S'esclaffa-t-elle.
- Ahah très drôle ! Raillai-je. Mais tu te rends compte… Si je te blessais… Repris-je d'un ton très sérieux et inquiet.
- Tu ne me feras rien. Dit-elle sérieusement, elle aussi.
- Si je perdais mon calme… Soupirai-je en prenant sa deuxième main.
- Je te fais confiance… Non sans rire, je ne t'ai encore jamais vu énervé. Déclara-t-elle fièrement.
- Ne sois pas si pressée ! Dis-je en entourant ses épaules de mon bras.
C'était encore mieux que ce que je pensais. Taïs semblait apprécier de sortir avec un loup-garou, elle me couvait du regard avec un vague sourire. Elle avait envie d'en savoir plus et ça me flattait.
- Au fait, il parait que je suis beau en loup ?
- Pas qu'en loup mais, oui, tu es très beau en loup, j'adore ton pelage. Marron-roux, c'est magnifique.
Je me délectai de ses révélations.
En fin d'après-midi, nous eûmes la visite de Bella et pour mon plus grand déplaisir, d'Edward. Je les avais sentis à des kilomètres.
- Bella arrive avec la sangsue. Annonçai-je à Taïs.
- Comment tu le sais ?
- Je le sens.
Elle me fixa sans comprendre.
- Odorat lupine. Lui rappelai-je.
- Ok ! Dommage je croyais que tu me faisais une blague !
Je savais que Bella allait arriver seule et me demander de venir rejoindre Edward à la limite de la frontière. Je pris la main de Taïs et l'entrainai dehors.
- Je croyais qu'Isabella et Edward arrivaient ? Dit-elle.
- Oui, on va les rejoindre. Edward ne peut pas franchir la frontière. Ce serait considéré comme une violation du traité.
- A ce point ?
- C'est très sérieux tu sais.
Nous atteignions bientôt la frontière. En apercevant Edward, quelque chose me revenait en tête.
- Fais attention à ce que tu penses, le sang-froid peut entendre tes pensées.
- Quoi ?
- Ils ont parfois des pouvoirs... Celui-ci entend les pensées des gens.
- Oh non j'étais en train de critiquer Bella dans ma tête !
Je m'esclaffai.
- Si tu savais toutes les choses qu'il a surprises dans mes pensées !
- C'est-à-dire ?
- Je ne peux pas m'encadrer sa sœur ! Lui non plus d'ailleurs…
- Lui non plus ne peut pas encadrer sa sœur ? Me dit Taïs avec un sourire.
-Non, je ne peux pas me l'encadrer lui !
Je posai une main dans le creux de ses reins et nous continuâmes à avancer.
Arrivés à la limite de la frontière, je saluai Bella et ignorait Edward. Naturellement, Bella connaissait déjà Taïs. Elle s'avança pour l'embrasser et Taïs fit de même avec Edward. Je me raidis. Edward tenait la main de Bella, moi, je ne pus m'empêcher de poser un bras sur les épaules de ma belle.
- Marchons. Dis-je en m'éloignant de la Réserve avec Taïs sans attendre le sang-frois et Bella.
Je ne sais pas si c'était volontaire, mais Edward plaça Bella au centre, c'est-à-dire que nous marchions dans cet ordre : moi, Taïs, Bella et Edward. Ainsi j'étais le plus éloigné du sang-froid, je ne craignais pas grand-chose, je savais qu'il ne s'attaquerait pas à Taïs d'autant plus qu'il aurait affaire à moi s'il n'osait que la regarder de travers.
- La meute a-t-elle prit une décision ? Commença Edward, sachant que Taïs était au courant de tout car il avait du le lire dans ses pensées.
- Non.
- Et pour l'intrus ? Nous avons du nouveau. Jasper et Emmett ont trouvé des traces au Nord, et près de la maison de Bella.
- Chez Bella ? M'étonnai-je.
- Il est rentré dans sa chambre. Mais les deux odeurs sont différentes, celle de la forêt n'est pas celle de l'intrus.
- Je vais passer chez toi Bella. Dis-je.
Bella acquiesça en silence, je crois que le sang-frois voulait effectivement que je passe chez elle, sinon il ne serait pas venu me prévenir.
- Il faut que je sente l'odeur répugnante de ce buveur de sang, comme ça si on le croise, on lui fera sa fête. Expliquai-je à Taïs en la serrant contre moi.
Edward ne fit pas attention à ma provocation. Taïs passa un bras autour de ma taille. Elle voyait bien que l'ambiance était tendue.
- Quand comptes-tu passer ? Demanda Bella.
- Le temps qu'on prenne la voiture.
Il était hors de question que je gâche mon après-midi avec Taïs à cause de sangsues.
- On a la Volvo. Dit Bella. Vous n'avez qu'à venir avec nous…
- Jacob ne veut pas monter dans ma voiture Bella. Lança Edward en lisant dans mes pensées.
- J'ai peur d'être asphyxié par ta puanteur. Répliquai-je, et je voyais Taïs ouvrir de grands yeux à cause de mon insolence.
- Oh Jake, il n'y en a pas pour longtemps ! Dit Bella en empêchant Edward de me lancer une réplique cinglante.
- Très bien soupirai-je. J'ouvrirai la fenêtre.
Nous nous rapprochâmes de la voiture. Je contemplai la Volvo en cachant mon envie. Ca me faisais du mal de l'avouer mais j'adorai les voitures des Cullen, sauf celle de Blondie et son gars. Edward ne fit pas de commentaire. Bella me laissa monter devant, je ne sais pas trop pourquoi d'ailleurs, peut-être pour que je sente moins l'odeur d'Edward qui semblait envahir l'habitacle. J'ouvris la fenêtre en grand, le vampire avait fait de même de son coté. Les filles s'étaient attachées.
- Qu'est ce que t'attend pour démarrer le Mou du genou ? Demandai-je.
- Attache ta ceinture Clébard, je m'en voudrais s'il t'arrivait quelque chose par ma faute. Me dit-il avec hypocrisie.
Je l'ignorai et ne m'attachai évidemment pas, juste pour le provoquer. La Volvo avait l'air d'être une bonne bagnole. Elle roulait bien mieux que la mienne en attendant. Heureusement, le sang-froid ne poussa pas le vice jusqu'à m'envoyer la tête la première dans le pare-brise.
- Ne crois pas que je n'y ai pas pensé. Me dit-il en claquant la portière de la voiture après que nous nous soyons arrêtés.
Je souris. C'était de bonne guerre.
- Les filles, inutile de monter avec nous, ça sera rapide. Dit Edward à Bella et Taïs qui s'apprêtaient à sortir.
- Je n'en ai pas pour longtemps. Dis-je à Taïs avant de sortir à mon tour.
Elles restèrent à l'arrière de la Volvo. Edward avait prit les clés de la maison à Bella. Il ouvrit la porte. J'avais senti l'odeur de l'intrus depuis l'extérieur. J'attendis qu'il monte le premier à l'étage, ne jamais tourner le dos à un sang-froid. Je le suivis. Il entra dans la chambre et l'arpenta.
- Il est venu là, a prit ce truc dans les mains, et…
- Je sais je le sens ! Répliquai-je agacé en parcourant la pièce. Nous ne connaissons pas cette odeur.
- C'est bien ce que je pensais. C'est un inconnu.
- Bien, dis-je, ayant fini d'humer la puanteur. On s'en occupera.
- Inutile. Répondit Edward avec son air supérieur. Préviens- nous juste si vous sentez…
- Comment ça « préviens nous juste » ? Vous autres, buveurs de sang, vous nous prenez pour vos chiens de garde ? Va te faire foutre ! Grognai-je en sortant de la pièce sans me presser plus que de coutume.
Il me rattrapa et posa une main sur mon épaule, sa fraicheur me dérangea.
- Ne me touche pas. Grondai-je.
- Ce ne sont pas tes affaires clébard ! Répliqua-t-il en me lâchant.
- Les vampires sont mes affaires !
- Ca concerne Bella !
- Justement. Nous protégeons les humains nous !
Il avait l'air furieux.
- Je croyais que tu avais l'intention de lui foutre la paix maintenant que tu sortais avec Taïs ? S'enquit-il.
Heureusement, il ne parla pas de mon imprégnée avec mépris sinon j'aurais perdu le contrôle de mes nerfs.
- Elle reste mon amie.
Même si je sais qu'elle cherche à m'utiliser pour que la meute accepte qu'elle soit vampirisée. Songeai-je.
- Qu'est ce que tu racontes ? Elle n'a jamais été aussi triste que maintenant ! Parce que tu la rejette !
- Moi ? Je la rejette ? N'inverse pas les rôles ! Elle n'est venue me voir que pour me demander de lui venir en aide ! Maintenant que je ne suis plus amoureux d'elle j'ai ouvert les yeux figure-toi ! Mon sort ne l'a jamais vraiment perturbée…
- Tu ne sais pas… Tu as tout faux. Me contredit-il. Elle ne dit rien mais je sais que tu lui manques.
Un rictus se forma sur mes traits.
- Ne crois pas que ça m'enchante. Poursuivit Edward.
- Taïs pense qu'elle est amoureuse de moi. Dis-je en sachant qu'il n'en était rien.
Edward ne répondit pas tout de suite.
- Je pense qu'elle ressent une forte amitié pour toi, elle ne sait plus trop où elle en est.
- Ah ouai ? C'est des conneries tout ça ! Si elle avait vraiment été amoureuse de moi elle ne m'aurait jamais fait ça…
J'entendais par là ce qu'elle m'avait fait l'année dernière : se barrer en Italie pour le rejoindre lui, qui l'avait complètement ignorée pendant 6 mois.
- Ne remet pas ça sur le tapis clébard ! Grogna Edward en entendant mes pensées.
S'il n'était pas content, il n'avait qu'à ne pas piocher dedans! On a son intimité tout de même!
Je descendis les escaliers, après tout cette conversation n'avait aucun intérêt, pourquoi je me forçai à lui parler à lui ? Je sortis sur le pas de la porte, Edward derrière moi, furibond. Il ferma la porte à clé et me dit :
- Je m'occupe de la sécurité de Bella, ne t'en mêle pas.
- Pauvre abruti ! M'énervai-je. Et si le buveur de sang revient dans le coin et s'attaque aux voisins ?
Ma remarque hérissa Edward qui se courba légèrement, presque en position de combat. Je lui fis face, remuant le cou, histoire de ne pas muter tout de suite quand même...
- On ne peut pas protéger tout le pays ! Dit-il simplement.
Evidemment, le pays regorge de petits clans comme les leurs qui attaquent les gens sans défense...c'est répugnant.
- Bien sûr, pour vous c'est tellement normal de tuer, c'est dans votre nature ! Vous vous en foutez des ravages que vous pouvez faire autour de vous ! Continuai-je. Tant que c'est Bella, ça va, ça serait quelqu'un d'autre, il pourrait crever, ça ne te poserait pas de problème ! Tss, puisque tu approuves ça, comment ça se fait que tu veuilles éliminer cette sangsue ? Entre vampire, on devrait se serrer les coudes!
- Pas quand l'un d'entre nous s'en prend à quelqu'un auquel on tient ! Siffla-t-il.
- Ah ouai, je vois le genre, vive la solidarité ! Le provoquai-je, réprimant un frisson qui parcourait mon échine.
Il était vraiment hypocrite ce type!
- Ne me fais pas croire que si Taïs était menacée par un loup tu ne la protègerais pas ! Répliqua-t-il.
Je me tendis, rien que le fait d'imaginer Taïs en danger me fit sortir de mes gonds. Je commençai à être secoué des tremblements de plus en plus forts.
- Ca ne peut pas arriver ! Nous sommes liés ! Répondis-je cependant.
- Bien sûr ! Et toi qui connais tout de la vie tu crois sans doute que vous êtes les seuls ? Il y a d'autres tribus indiennes en Amérique !
Les tremblements s'intensifièrent.
