Chapitre 13 : Discussions

Bella:

J'étais restée dans la voiture avec Taïs, la…copine de Jake. Pfiou, ça me faisait bizarre de dire ça, et je devais avouer qu'une infime partie de moi l'enviait. Elle ne semblait pas m'apprécier plus que ça. Les garçons venaient de monter à l'étage. Taïs devait me haïr pour avoir gâché son après-midi en tête à tête avec Jake.
Le silence s'installait, j'étais un peu gênée, je le rompis finalement :

- Il semble que notre présence n'était pas requise.

- Ces machos. Répondit Taïs avec un rire. « Les filles restez dans la voiture vous ne servirez à rien là-haut ».

Je me détendis.

- Peut-être qu'Edward voulait dire des choses à Jacob sans qu'on le sache. Dis-je en songeant que c'était tout à fait possible.

- Tant qu'ils ne s'entretuent dans ton salon. Plaisanta Taïs.

- Jte dis pas la tête de mon père s'il arrivait et voyait sa table basse renversée !

- Tu m'étonnes !

Un silence moins lourd s'installa alors dans la voiture.

- Est-ce que Jake t'as raconté ? Pour Edward, moi, lui… Demandai-je d'une petite voix.

- Ouai. Marmonna Taïs avec amertume. Il m'a dit que tu étais sortie avec Edward, qu'il t'avait lâchée à un moment, puis Jacob est tombé amoureux de toi et tu es quand même retournée avec Edward lorsqu'il est revenu. Déclara-t-elle d'une voix atone.

- Oua. Vu comme ça, j'ai le mauvais rôle. M'exclamai-je.

- Ca peut-être vu autrement ?

Inutile de préciser que j'étais plutôt mal à l'aise.

- J'aime Edward. Voulu-je me justifier. Mais Jacob est mon ami.

Elle fixait le siège devant elle.

- Tu sais comment il est, son caractère. Il est toujours joyeux… Je ne sais pas comment je m'en serais sortie sans lui…quand Edward m'a abandonnée. Continuai-je.

- Pourquoi l'a-t-il fait puisqu'il est tant amoureux de toi ? Dit-elle un peu sèchement.

- Pour me protéger de son monde.

- Les vampires.

- Oui.

Silence. Je devinai qu'elle me prenait pour une salope.

- J'en étais malade de faire souffrir Jake. Dis-je lentement.

- Alors pourquoi l'as-tu fait ? Répéta-t-elle et je me retins de lui dire d'arrêter de me juger.

Je décidai finalement de poursuivre mon explication.

- Je n'ai pas pu faire autrement. Je ne pouvais me passer ni de l'un ni de l'autre. Jake était son propre soleil, le mien c'était Edward, c'est aussi simple à comprendre.

- Alors... pourquoi as-tu tant besoin de Jacob ? Demanda-t-elle d'une petite voix, presque triste.

- Je… Je l'ignore.

- Moi je crois que tu es amoureuse de lui.

Oh non, elle aussi se mettait à croire ça?

- Pas du tout ! Je t'ai dis qu'on était amis !

Je ne SUIS PAS amoureuse de Jake! Merde à la fin ! Pourquoi tout le monde semble penser le contraire? Heureusement qu'Edward sait que je l'aime beaucoup plus que mon ami.

- Hum.

- De toute façon maintenant la question ne se pose plus. C'est toi maintenant son « soleil ». Déclarai-je en sachant qu'il s'était imprégné d'elle.

Elle n'était pas convaincue. Jake ne lui en avait peut-être pas parlé...

- C'est à cause de ça que tu me détestes ? Repris-je.

Un rictus se forma sur son visage.

- Je ne te déteste pas. Je suis jalouse que Jacob t'ai tant aimée et triste qu'il en ai souffert…

- Sincèrement, je pense qu'il est heureux avec toi. Il le mérite.

- Ouai. Mais il aimerait que vous restiez amis.

- Moi aussi je le veux.

- Avec Edward… comment ça se passe? C'est juste pour rire ou ils se détestent vraiment ?

- Eh bien, ils se haïssent littéralement. Avouai-je.

- Toi, tu as la mauvaise position entre les deux.

- C'est rien de le dire. D'autant plus qu'Edward est immortel, j'aimerai devenir vampire à mon tour, ça pose des problèmes avec la meute.

- Pourquoi ?

- Les Cullen ne se nourrissent que d'animaux, c'est un pacte avec la meute, ils n'ont pas le droit de mordre un humain, sinon la trêve est rompue.

Elle ne dit rien.

- Tu ne comprends pas mon envie de devenir vampire. Compris-je.

- J'ai du mal. Je ne vois pas comment tu peux vouloir devenir une tueuse assoiffée de sang…

Aucun doute, elle était bien faite pour Jake!

- Je ne pense qu'à rester avec Edward.

Taïs hocha la tête en signe de compréhension.

- On devrait essayer de les rabibocher. Dit-elle soudain. Maintenant que Jacob n'est plus amoureux de toi, enfin, je l'espère, Edward ne devrait plus être jaloux et Jacob non plus…

- C'est vrai alors.

- De quoi ?

- Tu ne me détestes pas.

- Puisque je te le dis. Assura-t-elle.

- Ca ne te dérange pas que je voie Jacob ?

- …Je pense que ça lui ferait plaisir alors… Dit-elle avec un haussement d'épaules.

Je souris, elle aussi, j'avais peur qu'elle m'empêche de voir Jake car il serait prêt à tout pour son imprégnée, même à me rayer de sa vie si elle le lui demandait... Soudain notre attention fut détournée par des bruits dehors. Je regardai par la fenêtre pendant que Taïs se penchait en avant.

- On dirait que le rabibochage n'est pas pour demain… Dis-je en riant. Oh c'est pas vrai!

Edward était en position d'attaque et Jake, en face, tremblait comme un dément. Je sortis en trombes de la voiture et rejoignait Edward, Taïs me suivit et sembla un instant perplexe quant à l'attitude à adopter.

- Bella rentre dans la voiture ! Me lança Edward, ce qui eut pour effet d'agacer encore plus Jacob qui tremblait de plus en plus fort.

Quelques secondes plus tard, Taïs se tourna vers Jake qui tentait de se maîtriser, il serrait les poings et les jointures de ces doigts étaient blanches.

- Taïs recule-toi, il ne se maîtrise pas ! Prévint Edward.

- Je ne lui ferai jamais de mal ! Rugit Jacob en bougeant la tête, je savais que c'était pour se détendre et s'empêcher de muter.

Edward voulu rajouter quelque chose mais je le tirai en arrière, il se laissa faire. C'est dingue, les mecs ne sont pas diplomates pour deux sous. Pendant ce temps, Taïs s'était rapprochée de Jacob et avait détourné son attention d'Edward. Elle s'empara de la main de Jacob et lui dit doucement :

- Calme-toi Jake.

Jacob respira un bon coup et les tremblements cessèrent.

Jacob :

Bon sang ! A cause de cet abruti de sangsue j'ai failli muter devant les filles! Quel idiot j'aurais pu les blesser!
Je soupirai et gardai la main de mon imprégnée dans la mienne, Taïs m'apaisait, elle était vraiment faite pour moi. Je passai devant Bella, la saluait, fusillai Edward du regard et je leur annonçai qu'on allait rentrer à pieds. Taïs me lâcha pour aller faire la bise à Bella, elles semblaient mieux s'entendre, étrange; elles s'adressèrent des sourires entendus. Edward devait comprendre. Ma belle le salua aussi, cela m'agaça. Elle vint à coté de moi et je lui emprisonnai de nouveau la main. Nous fîmes demi-tour pendant qu'Edward et Bella rentraient dans la Volvo. Avant qu'ils ne partent, je me retournai et m'adressai à Edward sans animosité :

- Eh, la sangsue.

Un trait barra son front.

- Quoi ? Siffla-t-il.

- Je n'aurais pas du m'énerver. Lui dis-je.

Ce qui était vrai, en fait. Le sang-froid se détendit.

- Moi non plus clébard. Déclara-t-il avant de refermer la portière.


Taïs abordait un large sourire quand nous partîmes en marchant. J'avais gardé sa main dans la mienne, c'était radical cette méthode anti-mutation, une parole de son imprégnée et hop tout rentre dans l'ordre! Si ça avait pu être si simple au début... Néanmoins il n'était pas question qu'elle prenne le moindre risque pour m'aider à me maitriser.
Le sourire de ma belle s'effaça quand je m'adressai à elle sur un ton de reproche.

- Je croyais t'avoir dit de t'éloigner de moi quand je tremblais !

Taïs me fit sa moue adorable.

- J'ai pensé que je pourrais t'aider à te calmer…

- Ne réessaye pas la prochaine fois ! Répliquai-je d'un ton catégorique.

- Tu as dit à Edward que tu ne me ferais jamais de mal… Ca a bien marché pourtant… Plaida-t-elle.

- Non ! M'arrêtai-je. Ca peut-être dangereux ! J'ai dis ça parce qu'il me gonflait ! Là ça allait que je n'étais pas trop énervé parce que sinon je peux partir au quart de tour tu comprends ?

Elle ne dit plus, rien, sans doute agacée. Je lâchai sa main et posai mon bras sur son épaule. Elle fit passer son bras derrière mon dos et posai sa main sur ma taille tout en gardant le silence.

- Je t'ai vexée ? Demandai-je vivement tant ce silence me pesait déjà.

- Mais non. Dit-elle avec un faible sourire.

- Ce n'est pas contre toi, j'ai peur de te blesser. Je ne veux pas te faire de…

- J'ai compris. Soupira-t-elle.

- Tu ne m'en veux pas ? J'ai été un peu sec…

J'avais tellement peur qu'elle m'en veuille...

- Ca va ! Assura-t-elle en riant.

Pour prouver sa bonne foi, elle s'arrêta et m'embrassa sur la joue et je sentis des milliers de papillons dans mon ventre. Quel idiot! Je réagis comme un adolescent pré-pubère, Embry va bien se foutre de ma gueule s'il l'apprend celle-là!
Nous reprîmes notre marche.

- Au fait, désolé du coup on doit rentrer à pied. Si ça te gave, je peux te porter et courir. Proposai-je.

- J'adore marcher. M'annonça-t-elle.

- Je sais. Génial alors!

*/*\*

Un détail me revint alors en tête, pendant que nous longions la route des falaises.

- Tu m'as appelé Jake tout à l'heure ! M'exclamai-je joyeusement.

Taïs rosit.

- Euh…oui. Pourquoi ?

- Rien, ça me fait plaisir c'est tout.

Et encore, c'était un faible mot pour décrire ce que je ressentai. Quand elle m'avait appelé comme ça, j'avais eu l'impression d'être à la bonne place, je veux dire, j'avais eu l'impression de lui appartenir, d'être à elle, rien qu'à elle, c'était un peu comme si en m'appelant par mon surnom elle revendiquait le lien qui existait entre nous, et dieu sait s'il était fort.

- J'aime bien aussi. Et puis, Bella n'arrêtait pas de t'appeler comme ça, ça m'a agacée… Avoua-t-elle en regardant ailleurs.

Je m'esclaffai.

- Jalouse ? Toi ?

- Ben quoi ? Ronchonna-t-elle.

- Je t'adore. Lui dis-je.

Là aussi, le mot était faible.

Soudain, j'entendis son téléphone vibrer dans sa poche.

- Quelqu'un t'appelle. Marmonnai-je d'une voix atone.

- Ah.

Elle tira son téléphone de sa poche et soupira en refusant l'appel.

Je n'en pouvais plus. Ca faisait déjà longtemps que la curiosité me rongeait. J'en avais déduis que soit Taïs avait une quelconque relation avec un autre mec – ce qui ne me réjouissait pas mais j'accepterai tout venant d'elle -, soit elle avait des ennuis. Si ça avait été quelqu'un qu'elle appréciait, elle aurait répondu. Avide de savoir qui l'appelait, je lui posai enfin la question :

- Mais c'est qui qui t'appelle si souvent ?

- Oh… C'est… euh…

Elle était gênée. Je voyais venir le pire… Le hic c'est que j'étais tellement accroc à elle qu'elle aurait pu me faire n'importe quoi, cela ne m'aurait pas empêché de l'aimer. Elle me rassura cependant lorsqu'elle m'expliqua enfin qui était à l'autre bout du fil :

- C'est Jason… Un type qui…je ne dirais pas qu'il me harcelle mais là ça commence à devenir gonflant.

- Qu'est ce qu'il te veut ? Dis-je en tentant de me calmer car je commençais à trembloter, comme pour tout ce qui concernait mon imprégnée, cela m'atteignait plus vite que le reste et si ce Jason avait mit ses sales pattes sur elle, je ne garantissais rien quant à ma réaction.

- Il veut sans arrêt passer chez moi, il dit qu'il est amoureux de moi… Il est un peu marteau je pense… J'étais dans sa classe l'année dernière, il avait l'air normal, je ne lui parlais pas spécialement… il ne m'a jamais regardée. Une fois, pendant les vacances, je l'ai croisé, on a discuté et on a échangé nos numéros de téléphone. J'aurais mieux fait de me casser une patte ce jour là ! Expliqua-t-elle.

- C'était y'a longtemps ?

- Non, à peu près deux mois.

- Mais…tu ne lui a pas… enfin je veux dire, tu ne lui a donné aucune raison de se comporter de la sorte ? Demandai-je faiblement.

- Tu me prends pour qui ? Une espèce de gourgandine ? Me reprocha-t-elle. Je lui ai fait comprendre que je n'étais pas intéressée et des fois je lui répond un peu sec et tout mais c'est limite s'il me raccroche au nez et le lendemain je reçois un message : « Désolé pour hier, t'es méchante mais j'arrive pas à t'en vouloir… »

Je restai sans voix et pensai que si cet ahuri avait le malheur de me croiser… il allait falloir que je me contienne…

- C'est lui que tu as eu au téléphone l'autre jour, quand Bella est passée ?

- Oui, je lui ai dit que j'étais chez un pote pour qu'il me foute la paix mais il a voulu savoir qui t'étais… J'ai pas répondu à sa question, il m'énerve à toujours vouloir savoir ce que je fais et avec qui je suis... à la fin ça l'a gavé et il a raccroché.

Naturellement, je savais déjà tout ça… Quel connard ce type ! Et il osait importuner mon imprégnée! Si je le croise, ça va chauffer pour ses miches...

- La prochaine fois qu'il t'appelle, laisse moi décrocher. Dis-je calmement.

- Qu'est ce que tu veux lui dire ? Me demanda-t-elle méfiante.

- Rien, dis-je innocemment en posant un bras sur ses épaules. Juste mettre les choses au clair…

Elle me sourit et se serra contre moi. Je continuai à lui poser des questions sur ce Jason. Ce n'était pas un proche de la famille ni rien, très bien, je pourrai tout à fait lui faire comprendre qu'il n'avait rien à espérer avec Taïs. J'appris aussi que Kanoa le connaissait et je fus surpris qu'elle ne m'en ait même pas parlé.


Nous fîmes une petite halte aux falaises, j'étais un peu rassuré, et puis ça faisait tout de même plaisir de savoir que mon imprégnée était là, avec moi, et non avec ce connard d'harceleur téléphonique. Il n'y avait personne sur la plage. Je proposai à Taïs de se baigner mais elle ne voulait pas se mouiller parce qu'elle était toute habillée. Moi, je me jetai dans l'eau et en sortis, trempé. Puis ce fut la course poursuite sur la plage, quand mon imprégnée me vit avec un rictus, elle se mit à courir pour ne pas que je la mette à l'eau. Autant dire que je l'avais rattrapée en deux-deux. Je la soulevai avec une facilité qui la déconcerta et la portai, comme la dernière fois.

- Oh non Jacob ! Je vais rentrer trempée chez toi ! Dit-elle pour tenter de me dissuader de la mouiller.

- Et alors ?

- Ben… rien mais bon...

Bon sang elle était vraiment trop mignonne.

- Tu es…indisposée c'est ça ? M'enquis-je avec une grimace, bizarre que je ne l'ai pas senti...

- Non. Et puis quand bien même, je peux me baigner pendant cette période. Rit-elle.

- Ok ! Tu viens de gâcher ta dernière chance ! Tu n'y couperas pas !

Elle soupira avec un vague sourire. Qu'est ce qu'elle était belle. Je n'avais jamais vu un être aussi parfait que Taïs. Ses éventuels défauts étaient tous des qualités. Je l'aimais. Je l'aimais à en perdre la raison.

- Bon, d'accord, je craque. Monte sur mes épaules. Abdiquai-je finalement.

- Pourquoi ? Je vais t'écraser…

- Tu plaisantes ? Je te rappelle que je suis un loup, je te soulève d'une main si je veux, allez !

Je me baissai, elle s'exécuta. Elle portait un genre de short /pantacourt. J'empoignai ses mollets et retournai dans l'eau. J'avançai le plus loin possible pour qu'elle ait les pieds dans l'eau. Finalement, mon imprégnée me dit:

- Attend, je vais essayer de descendre sans tomber à la flotte.

- Ah tiens, maintenant tu veux te tremper ? Ricanai-je.

- Chut. Pas de commentaires navrants s'il te plait ! Dit-elle en riant.

Elle tenta de lever une jambe pour descendre mais je pensai que cela allait être laborieux.

- Pourquoi tu ne sautes pas directement ?

- Je ne voudrais pas me mouiller les cheveux.

- Oh mille excuses ma dame ! Tu ne veux pas mouiller tes cheveux mais ton jean oui ! Décidément je ne comprendrai jamais les filles… Plaisantai-je en prenant une voix précieuse.

Elle s'esclaffa.

- Attend ma belle, laisse-moi faire. Dis-je.

Elle ne bougea plus. Je levai les bras en arrière et l'attrapai par la taille, la soulevai avec facilité et la fis passer par-dessus ma tête, puis lentement, je la mis dans l'eau.

- Elle est fraîche ! S'exclama-t-elle.

- On est près de Seattle tu le sais ? Souris-je.

Quand elle fut mouillée au niveau du ventre, je la retournai face à moi.

- Attention, je te lâche.

Je la lâchai quand elle fut presque totalement immergée.

- Ah mais j'ai pas pied. Se plaignit-elle. T'es vachement grand en fait !

- C'est maintenant que tu le remarques ?

- Euh, non ! Bon ça te dit d'aller à un endroit où j'ai pieds ? En plus ça me permettrai de me réchauffer un peu je suis gelée.

Naturellement qu'elle était gelée ! Elle était face au large et moi j'étais derrière, avec le courant, elle ne profitait pas de ma chaleur.

- Non j'ai une meilleure idée.

Je la repris dans mes bras et me tournai dos au large.

- Ca fait une sacrée différence ! Ce que t'es chaud ! Euh...enfin tu vois ce que je veux dire. Balbutia-t-elle ensuite.

J'étais mort de rire.

- Arrête de te foutre de moi ! Plaida-t-elle.

- Je ne me fous pas de toi Princesse !

Finalement, elle déposa un rapide baisé sur mes lèvres.

- C'est tout ? Marmonnai-je. Attention, tes cheveux peuvent encore êtres mouillés !

- Oh du chantage !

- Désolé, mais c'est comme ça ! Continuai-je.

Elle rapprocha son visage du mien et posa une main sur ma joue, puis elle m'embrassa encore une fois. Je prolongeai le baiser au maximum, c'était tellement fort, tellement...oh je ne pourrais jamais trouver les mots, c'était juste merveilleux. Au bout d'un moment, je sentis quand même que Taïs avait froid à force de ne pas bouger. Alors je lui dis de monter sur mon dos, ce qu'elle fît, et je la ramenai sur la berge.

Puis nous rentrâmes chez moi, trempés. Enfin, plutôt trempée car personnellement, mon pantalon de survet avait rapidement séché. Taïs n'osait pas rentrer dans la maison car elle disait qu'elle allait mouiller le sol. Je vous jure, les filles, ces maniaques!

- Je m'en voudrai de me fâcher avec la fée du logis. Assura-t-elle.

- Certes ! Fis-je en prenant l'air outré. Cendrillon t'en voudrait énormément en effet !

- Tu veux pas aller chercher ma serviette dans mon sac ? Comme ça je m'essuie dehors…

- J'y vais.

Je montai les escaliers quatre à quatre et rentrai dans ma chambre. Le sac de « voyage » de Taïs était par terre derrière mon lit. Je l'ouvris et fouinai dedans malgré moi. Je tombai sur un soutien-gorge, hum intéressant…- calme-toi Jake -, des débardeurs, un sachet rempli de quelques tampons… Je tirai la serviette et descendis la remettre à Taïs qui m'attendait devant la porte, je l'enroulai dans la serviette.

- Merci ! Claironna-t-elle.

Elle remit ses tongs car elle avait les pieds sales et monta à l'étage. Je la suivis.

- On va être tout collants de sel, faudrait qu'on se lave. Dis-je. Tes vêtements ont besoin d'être rincés.

- Vas-y en premier si tu veux. Me proposa-t-elle.

- La douche est assez grande pour deux. Suggérai-je avec un sourire.

Elle resta sans voix. Je m'empressai d'ajouter :

- Non mais je veux dire, ça sera le moyen de rincer tes fringues et mon fut', après je dégage de la salle de bains et je te laisse te doucher tranquille !

Elle soupira, de soulagement certainement. Flute, je n'avais pas spéacialement prévu de faire quoi que ce soit avec elle dans cette douche! - enfin pas tout de suite du moins - je voulais juste rester encore un peu avec elle! J'espère qu'elle ne vas pas me prendre pour un pervers maintenant! C'est déjà une chance qu'elle ait bien pris ma condition de loup...si je me mettais à lui sauter dessus comme ça...ça serait mal Jake. Très mal...oh oui.

- D'accord. Dit-elle avec un sourire craquant.

J'entrai dans la salle de bain, elle derrière. Nous pénétrâmes dans la douche tout habillés, nous étions un peu serrés, c'était génial. J'actionnai la poignée et l'eau s'écoula de la pomme de douche, gorgeant nos vêtements. Nous nous mîmes à rire comme des baleines. Au bout d'un moment, je voulu sortir de la douche pour laisser Taïs se laver. Je n'avais pas réfléchi à tout mais mon bas de survet était trempé et je ne voulais pas en mettre plein la salle de bain, eh oui moi aussi je suis un peu maniaque sur les bords depuis que j'ai découvert le ménage.

- Euh excuse mais je vais enlever mon bas pour l'essorer… Ca te gêne ? Demandai-je.

- Euh… non non.

- Je n'ai rien en dessous… Précisai-je ennuyé.

- Je m'en doutais. Rit Taïs.

Ah bon? Elle sait que je me balade sans caleçon?

- Tu sais… c'est pas que j'ai envie de jouer les exhibitionnistes, mais de toute façon, il faudra bien que tu t'habitues, quand je me transforme je suis obligé de tout enlever sinon j'explose tous mes fringues.

- T'inquiète Jake. J'avais compris. Me dit-elle.

Décidément, « Jake » dans sa bouche avait une autre saveur que dans celle des autres. Je me tortillai dans la douche pour enlever mon short improvisé.

Je l'enlevai, me ruai hors de la douche laissant mon short par terre, sur le tapis de bain, et me saisis d'une serviette que je mis autour de ma taille. Pendant ce temps Taïs avait pris mon short et l'essorait. Elle me le tendit et posa sur moi un regard approbateur, son coeur s'affola et par la même occasion, le mien.

- Merci. Dis-je avant de l'embrasser. Je te laisse tranquille. Je sors de la salle de bain. Assurai-je en songeant que j'aurais vraiment préféré y rester...

- Ca marche! Sourit-elle avant de fermer le rideau.

Oh bon sang. Je vais devenir dingue... Pourquoi y'a-t-il fallu que je sorte de cette douche ? Je traversai le couloir, frustré et cette sensation d'agacement fut décuplée quand j'entendis le téléphone de mon imprégnée vibrer à nouveau. Oh toi...