Chapitre 14 : Réplique
Jacob:
Je pénétrai dans ma chambre et mon regard se posa sur le sac de ma belle, j'entendai le portable vibrer à l'intérieur. De plus en plus agacé, je fouillai dans le sac et regardai sur l'écran du téléphone qui cherchait à joindre ma belle. Jason. Je tremblotai. Sans trop savoir ce que j'allais faire ni si Taïs était d'accord, j'acceptai l'appel et répondis à la place de mon imprégnée :
- Allo ? Dis-je avec une voix sans doute un peu plus grave qu'à l'ordinaire et qui ne donnait pas vraiment envie à mon interlocuteur de parler.
- Allo ? Ce n'est pas Taïs. Remarqua une voix de garçon.
C'est qu'il est intelligent dis-donc…
- Non, elle est sous la douche. Répliquai-je sèchement.
- Sous la douche. En plein après-midi ? S'étonna-t-il.
Et merde pourquoi j'ai dis qu'elle était sous la douche ? L'autre du-cul a forcément relevé… J'espère qu'il n'est pas en train de l'imaginer sous la douche parce que ça va chauffer !
- Elle est allée à la plage, l'eau est salée donc elle se douche. Et elle n'a pas de comptes à te rendre. Répliquai-je.
- Mais c'est qui là ? Demanda-t-il bêtement
- Son copain.
- Son copain ? Elle a un copain ? Ronchonna-t-il. Elle ne me l'a pas dit !
Je faisais de mon mieux pour ne pas broyer le téléphone de ma Princesse, ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Heureusement que ce type n'était pas en face de moi…
- C'est récent.
Et pourquoi je me justifiai devant cet abruti ?
- C'est chez toi qu'elle était la semaine d'avant la semaine dernière ? S'enquit-il.
Non mais de quoi je me mêle ! Si ça se trouve ce type est dangereux ! S'il la surveille comme ça… J'étais bien plus rassuré que mon imprégnée soit chez moi en ce moment.
- Qu'est ce que ça peut te faire ? M'énervai-je alors. Oui elle était chez moi ! Maintenant tu vas lui foutre la paix et arrêter de la fliquer !
- Sinon quoi ?
Non mais à quoi il joue le coco ? Il veut jouer les durs ? Il ne sait pas dans quoi il s'embarque.
- Sinon tu vas m'avoir sur le dos ! Le menaçai-je avec mépris. Et j'te préviens je suis bien moins patient qu'elle.
- Elle ne m'a pas dit qu'elle sortait avec toi… Si ça se trouve tu te fous de ma gueule.
Pauvre type. Il en devenait pathétique.
- T'es vraiment trop con toi ! Alors écoute-moi bien le freluquet, je vais faire court. Taïs n'est pas pour toi, ok ? Si elle avait voulu être avec toi, elle aurait cédé, elle serait venue te voir, t'aurais invité chez elle… et tu serais avec elle depuis un moment. T'as eu ta chance, maintenant elle sort avec moi et ça va durer très longtemps alors…
- Qu'est ce que tu en sais ? Me coupa-t-il.
Dieu, venez-moi en aide, donnez-moi la force de tarter ce type de l'autre bout du fil, même s'il est à des kilomètres… Il ose m'interrompre ! Pour dire que Taïs et moi n'allons pas rester ensemble longtemps ? Il veut mourir ou quoi ?
- Je le sais c'est tout ! Grognai-je. Espèce d'abruti ! Je suis dingue de cette fille et j'ai pas l'intention de la laisser partir avec un demeuré comme toi !
- Tu ne me fais pas peur. Si Taïs veut venir avec moi je ne vois pas en quoi tu pourrais l'en empêcher.
Comme si j'allais la retenir de force. Non mais il a le q-i d'une moule celui-là.
- Je ne l'en empêcherai pas. Mais t'inquiète va, elle est bien trop intelligente pour aller avec toi. Tu ne saurais pas la rendre heureuse, la preuve, tu es trop centré sur ta petite personne, tu préfères la harceler plutôt que de la laisser en paix…t'es invivable alors que tu sors même pas avec elle.
- Et toi tu parles comme si ça faisait des années que vous étiez ensemble. Faut relativiser mon gars ! Vous êtes pas mariés non plus !
Il était incapable de comprendre les ficelles de l'imprégnation… comment dire…
- Bon tu sais quoi ? Tu commences à me gonfler sévère ! Je vais te donner un petit conseil, tu vas lâcher l'affaire et arrêter d'appeler ma copine sans arrêt parce que je te jure que ça me coure sur le haricot. Alors tu lui fous la paix, tu te trouves une autre nana et tout le monde est content.
- Et si je ne veux pas ?
- Si tu ne veux pas un de ces quatre tu risques de me voir débarquer et t'auras intérêt à courir ! Criai-je presque. T'as compris ?
- Ouai ouai. Grogna-t-il, un peu agacé.
Je pense que le message était passé.
- Bon je t'ai dis ce que j'avais à dire, t'as pas intérêt d'y oublier. Salut.
J'allais pour raccrocher mais je l'entendis murmurer :
- Attends… Taïs est sortie de la douche ?
Grrr! Je lui raccrochai au nez. Non mais quel con ! J'étais passablement agacé et respirait à grandes bouffées, heureusement l'odeur de mon imprégnée suffit à me calmer.
Je posai le portable de ma chérie et allais passer un bas de survet'.
Un moment après, Taïs apparut, enroulée dans une serviette. Pfiou. Mon imagination déborda. « Sublime » ne convenait pas pour la décrire, sa beauté allait bien au-delà.
- J'ai oublié de prendre des fringues… Se justifia-t-elle avec gêne.
Je hochai la tête avec un rictus, quel heureux hasard !
- Jason t'as appelée. L'informai-je.
- Ah ? Quel dommage, j'étais sous la douche ! Plaisanta-t-elle.
- J'ai répondu. Annonçai-je en détournant mon regard de ses épaules nues car je savais que cela allait avoir un effet désastreux sur moi.
- Sérieux ? Sourit-elle.
- Puisque je te le dis.
- Il a dit quoi ? M'interrogea-t-elle avec curiosité.
- Il m'a demandé si tu étais ici y'a deux semaines, non mais de quoi il se mêle ? En plus il n'a pas voulu me croire quand je lui ai dit que tu sortais avec moi parce que « elle ne me l'as pas dit ». Finis-je en l'imitant.
Ma prestation fit sourire Taïs, qui avait à présent ses habits à la main, elle se dirigea vers la salle de bains en marmonnant :
- C'est un vrai boulet ce type.
Elle rentra dans la salle de bain et ferma la porte derrière elle.
- Il a réussi à me gaver en 5 minutes. Expliquai-je à travers la porte.
Elle se mit à rire.
- J'ai été un peu sec, j'espère que ça l'aura dissuadé…
- Tu l'as jeté ? S'intéressa-t-elle.
- Franchement ? Non. S'il n'a pas comprit, la prochaine fois je serai plus clair…
Taïs finit de s'habiller, sortit de la salle de bains et vins s'asseoir à coté de moi. Nous nous mîmes à discuter de mon statut de loup-garou. Je ne lui parlais pas de l'imprégnation, je ne sais pas vraiment pourquoi… elle venait juste d'apprendre que j'étais loup, je n'allais pas lui faire peur avec l'imprégnation… Nous passâmes carrément la fin de l'après-midi à parler de ça, elle s'y intéressait beaucoup, cela me faisait plaisir. Je lui expliquai que nos pensées et nos souvenirs étaient liés quand nous étions loup…Elle me posa aussi quelques questions sur les sangs-froids et sur mes relations avec Edward.
- Maintenant que tu n'es plus jaloux de lui… ça devrait s'arranger… Dit-elle en me jetant un coup d'œil comme si elle voulait s'en assurer.
Je lui pris les mains et me mit à sourire :
- Bien sûr, je ne suis plus jaloux de lui puisque je n'aime plus Bella. Mais Edward reste un sang-froid, et mon ennemi héréditaire.
- Pas si héréditaire que ça puisque ton arrière-grand père a fait un traité avec les Cullen. Fit-elle remarquer avec un rictus.
Elle me cloua le bec. Je souris certainement bêtement et lui lâchai une main pour lui caresser une joue. Puis je rapprochai mon visage du sien, m'enivrai de sa douce odeur, ma main se rapprocha de sa nuque pour finir par s'y loger cependant que ses lèvres se collaient aux miennes. Un instant plus tard, notre baiser touchait à sa fin, mais je ne voulais pas que ça s'arrête. Je posai mes deux mains sur les joues de mon imprégnée et ramenai son visage près du mien. Elle ne s'en plaint pas et entoura mon cou avec ses bras, ses mains atteignaient mes cheveux, j'adorai ça. Je me rapprochai d'elle et posai une main dans le creux de ses reins, la rapprochant ostensiblement de moi. Finalement, nous nous séparâmes, un peu troublés.
Nous passâmes le reste de la journée à discuter, à rire, c'était magique cette imprégnation, je comprenais enfin Sam, Jared ou Paul, Taïs et moi étions vraiment…des âmes sœurs. C'était comme si nous nous complétions dans certains domaines et que nous étions égaux dans d'autres. Mon père arriva en fin d'après-midi. Nous étions après parler avec lui lorsque je sentis une odeur que je connaissais, et des pas bien trop rapides pour que ce soit quelqu'un d'autre qu'un membre de la meute.
- Jared arrive. Dis-je.
Un instant après, Jared apparut à la porte. Il paraissait préoccupé, je savais lire sur ses traits, comme tous les autres membres de la meute et devinait que quelque chose clochait.
- Jared ? Demandais-je. Ca va ? Y'a un problème ?
- Ouai ça va… Non pas de problème, enfin si mais pas de nouvelles de nos chers sangs-froids.
Jared vint serrer la main de Billy et frapper dans la mienne puis il s'adressa à Taïs en lui faisant la bise :
- Salut Taïs ! Jake m'a parlé de toi, j'te souhaite bien du courage pour le supporter !
- Merci. Répondit Taïs en riant. Ca rassure.
Jared s'esclaffa mais redevint vite sérieux.
- Je voulais te voir Jake, la grand-mère de Kim a fait une attaque en début d'aprèm…
- Ah merde ! Elle est …
- Nan, elle est à l'hôpital, mais du coup c'est pas vraiment la joie… Je me demandais si tu pouvais prendre mon tour de garde de demain après-midi… Kim voudra aller la voir alors…
- Euh… Ouai… Répondis-je avec hésitation en regardant Taïs. Je savais que Billy ne serait pas là le lendemain après-midi et la laisser toute seule m'ennuyais. Tu as demandé aux autres avant ?
- Seth a un cours de soutien en maths, Leah et Sam patrouillent cette nuit, Embry a fait la nuit dernière, je crois que Quil doit garder Claire…
- Et Paul est parti voir Rachel pour deux/trois jours. Bon ben écoute,…d'accord. Ca ne te dérange pas ? Demandai-je à Taïs.
- Non, non pas du tout. Assura-t-elle.
J'espérai qu'elle soit aussi déçue que moi, mais je ne pouvais pas empêcher Jared d'aller voir Kim pour la soutenir. Ce dernier sourit à Taïs et l'embrassa sur une joue.
- Merci bien, je suis désolé, je sais que ça vous gâche la journée mais ça m'ennuyait de laisser Kim… Dit-il en sortant de la maison à reculons.
- T'inquiète. Lui dis-je.
Jared salua mon père de loin et disparut à l'extérieur.
- Et embrasse Kim de notre part ! Ajoutai-je en sachant qu'il m'entendait encore.
Je soupirai et prit la main de Taïs en l'entrainant à l'étage. J'entrai dans ma chambre et fermai la porte sans lâcher la main de mon imprégnée. Je lui pris la deuxième.
- Je suis désolé. Dis-je. Kim sort avec Jared, je me voyais mal lui refuser…
- J'avais compris. C'est normal. Y'a pas de problème.
- Si y'en a un. Même deux, je ne vais pas être avec toi demain aprèm, et mon père n'est pas là non plus… Tu pourrais aller chez Sam et Emily…
- Non mais ça la fout mal, i seront tous les deux tranquilles, j'ai pas envie de les déranger…
- Mais tu ne les dérangeras pas ! Je vais les appeler.
- Non sérieux, ça va me mettre mal à l'aise Jacob.
Je souris. Décidément, on ne se ressemblait pas sur ce point-là.
- Je resterai ici, je trouverai bien un moyen de m'occuper, et sinon, j'irai faire un tour le long de la plage.
- Ca m'ennuie de te laisser toute seule.
- Je m'en remettrai tu sais. Assura-t-elle.
- Je penserai à toi en patrouillant. Avouai-je en lui caressant une joue.
Elle sourit et détourna la tête, gênée.
- Moi aussi je te mets mal à l'aise. Remarquai-je.
Je voyais bien que mes compliments la gênaient.
- Un peu. Je…je ne suis pas habituée à ce que les mecs me fassent des compliments.
- Il faudra quand même que tu t'habitues aux miens. La prévins-je avec sérieux.
Elle m'adressa encore un immense sourire, me lâcha les mains et vint se loger dans mes bras. Un sourire s'étira sur mes lèvres. Je fourrai mon nez dans ses cheveux et respirait à fond sa délicieuse odeur puis déposait des baisers dans sa nuque. Nous passâmes une super soirée, de toute façon, il suffisait que je sois avec mon imprégnée pour que ça soit super.
Le lendemain matin, j'étais d'humeur morose. Forcément puisque j'allais quitter Taïs en début d'aprèm. Mon père était déjà partit. Taïs m'accompagna dans le jardin, devant la forêt. Je l'embrassai et elle regardait ma mutation. Une fois que j'étais loup, elle s'approcha de moi, se mit à me caresser et m'embrassa sur la tête. J'étais ravi. Finalement je détalai et m'enfonçai dans la forêt pour entamer ma longue après-midi de patrouille.
Taïs:
Jacob était parti et je devai m'occuper toute seule, je décidai donc de m'épiler les jambes. Je pris mon temps, j'étais d'humeur joyeuse, je mis de la musique et me disperçai quelque peu. Au bout de ¾ d'heure, le téléphone de Jacob se mit à sonner. Je regardai sur le portable qui l'appelait : « Bella ». Je ne pensais pas qu'il m'en voudrait et je répondis.
- Allo ?
- Allo Taïs ?
- Oui, salut Isabella, désolée Jacob n'est pas là… Marmonnai-je.
- Ah, non c'est pas grave.
- Tu veux que je lui fasse passer un message ? M'enquis-je.
- Non, non, j'étais toute seule cet aprèm, Edward est partit à la chasse et je ne savais pas si tu étais rentrée chez toi alors j'allais proposer à Jake de passer le voir.
Ce que ça pouvait m'agacer quand elle disait « Jake ».
- Ben là il patrouille.
- Tu es toute seule aussi ? Demanda-t-elle.
- Euh oui.
- Je peux venir ?
- Si tu veux…
Comment refuser, après tout ça pouvait être sympa. Nous conclûmes la conversation puisqu'Isabella allait bientôt arriver.
J'allais la rejoindre dehors dès que j'entendis la voiture. C'était étrange, j'avais l'impression d'être la femme de la maison qui accueillait une invitée.
Nous décidions d'aller faire un tour le long de la plage. Au début, nous nous mîmes à parler de choses et d'autres, de nous, j'appris qu'elle était de Floride à la base, je lui parlai de ma vie, aussi peu trépidante soit-elle. Puis le sujet dévia sur Jake, longuement et vira à Edward. L'après-midi défila assez rapidement. Isabella m'avait parlé de son problème avec sa transformation, je ne prétendais pas la comprendre mais essayais. Nous avions passé une excellente après-midi et cela nous avait surpris aussi bien l'une que l'autre.
Vers la fin de l'après-midi, mon téléphone sonna, c'était Jason.
- Allo ? Fis-je avec un soupir.
- Ah ! C'est toi qui réponds cette fois, la dernière fois c'est un gars que j'ai eu. Répliqua-t-il sévèrement.
- Je sais il me l'a dit.
- C'est qui ce type ? Grogna-t-il.
- C'est mon copain, il t'en a parlé je crois.
- Tu sors avec lui depuis quand ? Tu aurais pu me le dire tu crois pas ? Je me suis fais jeter par ton mec alors que j'ai rien fais dans l'histoire ? Il m'a menacé et tout, je ne sais pas que ce que t'es allé lui raconter mais…
- Rien de spécial, il s'étonnait que tu m'appelles si souvent c'est tout. Mentis-je.
- Ouai c'est ça… T'es qu'une salope ! Et moi qui t'appelle et tout ! T'en as vraiment rien à foutre des autres !... Commença-t-il.
Il continua à me déblatérer des insultes pendant une bonne minute, il parlait tout seul. A la fin, j'étais blessée par ses paroles et je lui raccrochai au nez non sans avoir tenté de répliquer. Bella, surprise par mon comportement, me demanda ce qu'il se passait. Nous étions toutes les deux assises le long de la plage. J'étais en train de lui expliquer l'histoire lorsque Jacob arriva en courant vite, très vite. C'était un truc de dingue à quel point il courrait vite. Il n'y avait personne d'autre que nous sur la plage, heureusement. Jacob s'arrêta à notre hauteur et s'affala à coté de moi en s'exclamant joyeusement :
- Salut les filles !
Puis il passa un bras autour de mon épaule et me rapprocha de lui en murmurant dans mon oreille :
- Je t'ai manqué ?
- Bien sûr. Chuchotai-je en souriant.
Jacob s'écria :
- Je ne m'attendais pas à vous trouver ici toutes les deux ! J'ai été surpris de sentir vos odeurs au même endroit…
- Mais tout arrive Jacob ! Plaisanta Isabella.
- Isabella voulait passer te voir, et comme tu n'étais pas là et Edward non plus, nous avons passé l'après-midi entre filles. Expliquai-je.
- Oh hé bien, reprenez, faites comme si je n'étais pas là. De quoi parliez-vous ?
- Du marteau qui harcèle Taïs. Répondit Bella.
- « harceler », n'exagérons rien…Dis-je.
Jacob :
J'avais l'impression que Taïs n'avait pas envie d'aborder le sujet mais la question me démangeait :
- Il t'a rappelée ? Demandai-je à brule-pourpoint.
- Ouai y'a un moment…
Je me mis à marmonner des jurons et Bella comprit que sa présence était de trop. Elle se leva et nous salua, et bien que Taïs et moi lui disions le contraire, elle retourna à sa voiture et rentra chez elle.
- Alors ? Demandai-je d'une voix douce. Qu'est ce qu'il t'a dit l'autre ?
- Je lui ai confirmé que je sortais bien avec toi et il s'est mis à me traiter de tous les noms. J'ai cru qu'il allait se calmer, au bout d'un moment ça m'a gavé, j'ai raccroché.
- Ce connard a osé t'insulter ! Rugis-je en me levant car la colère pouvait me faire muter.
- Ca ne fait rien. Marmonna Taïs. De toute façon je n'ai rien à voir avec ce type, je ne le vois jamais alors…
Il ne servait à rien que je m'énerve de nouveau contre l'autre au téléphone, mais je me demandai comment lui faire comprendre de se calmer.
- La prochaine fois qu'il t'appelle… Commençai-je.
- Il ne m'appellera plus, je lui ai raccroché au nez.
- Tant mieux ! Parce que sinon je te jure que…. ! Grondai-je.
Taïs s'était levée et m'avait rejoint. Elle me prit une main et me dit avec une douceur qui m'apaisa aussitôt.
- T'es trop chou.
- J'adore l'expression. Ris-je.
Nous nous asseyions de nouveau sur la plage.
- Comment s'est passé ton après-midi avec Bella ? Tu l'as supportée ? L'interrogeai-je en sachant qu'elle n'aimait pas trop Bella.
- Ecoute, très bien. Assura-t-elle. Je ne pensais pas… En fait on s'entend bien.
- Tu n'es plus jalouse d'elle ? Demandai-je avec curiosité.
Elle me fixa et avoua :
- Si, bien sûr.
- Oh. Mais pourquoi ? Marmonnai-je.
- Pourquoi ? Répéta-t-elle dans un souffle avec amertume. Parce qu'elle est super bien foutue et que tu as été amoureux d'elle pendant combien de temps ? Un an ? Deux ans ?
- Mais je ne suis plus amoureux d'elle ! Déclarai-je.
- Hum. Dit-elle simplement.
Elle n'était pas convaincue. Je la forçai à me regarder en posant ma main sur son menton et en l'orientant vers moi.
- Je te jure que je ne suis plus amoureux d'elle. Promis-je.
- Si tu le dis. Dit-elle en se détournant. En plus ça m'agace quand elle est là « Et oui Jake ci Jake ça », elle te connait plus que moi, ça me gave quand elle t'appelle Jake !
- Ah ! Ah ! Mais pourquoi ?
- J'y peux rien ça m'agace c'est tout.
- Bon arrêtons de parler de Bella, vous vous entendez bien, tant mieux, passons à autre chose.
- T'as raison. Ta patrouille ?
- Rien et encore rien. Je n'ai pas senti de sangs-froids dans le coin. J'ai tourné et viré mais que d'ale.
- Remarque, tant mieux. Dit-elle avec un sourire.
- Ouai. Je n'aurais pas aimé les savoir là alors que tu es chez moi en ce moment.
- Il y en a de partout en fait.
- Oui, enfin ils se déplacent.
- Tu crois qu'on a des loups aussi à la Réserve d'hiver ? S'enquit-elle avec légèreté.
- C'est possible, tu devrais demander à ton père.
- Pourquoi mon père ?
- Il est au courant que je suis un loup, puisque c'est le sous-chef de la Réserve d'hiver.
- Sérieux ? S'étonna-t-elle. C'est pour ça qu'il m'a posé plein de questions sur toi et ce que tu faisais ! Je me demandais pourquoi…
- Tu crois que tes parents vont m'accepter ? Je fais souvent péter les cours à cause des patrouilles, je ne suis pas très doué pour les cours d'ailleurs. En fait le seul truc dans lequel je suis bon c'est la mécanique.
- Oh pourquoi ils ne t'accepteraient pas ? Mon père t'adore déjà.
- Parce qu'il sait ce que je fais. Mais les autres ? Ta mère ?
- Je pense qu'elle t'aime bien aussi. Et puis, on s'en fous, on inventera un truc pour les autres.
- Mais je ne suis pas très doué en cours…
- Je te remettrai à niveau, toi tu n'auras qu'à m'apprendre à conduire. Qu'est ce que t'en dis ?
- Euh… La perspective de bosser des cours…pendant que tu seras avec moi ne me tente pas plus que ça…
Elle affichait un rictus.
- Bon d'accord d'accord. Je te remets une médaille si j'arrive à avoir une bonne note grâce à toi.
- Mais bien sûr que tu y arriveras. Dit-elle avec un sourire.
Je me levai et lui tendis une main.
- On y va ?
Elle me saisit la main et nous rentrâmes chez moi.
