Chapitre 17 : Etape relationnelle

Taïs:

Lorsque Jake rentra, il s'approcha du canapé pour me voir. Seulement cette fois, je restais distante et ne fit aucun mouvement quand il se pencha sur moi par dessus le dossier du sofa pour m'embrasser.
Il s'aperçu rapidement que quelque chose clochait et il ne fut d'ailleurs pas le seul, je remarquai le regard en coin d'Embry et Quil. Tant pis je m'en fichai.

Jake, un peu surprit, s'assit à mes cotés et me serra contre lui malgré tout, il fut encore plus déconcerté en voyant que je restai froide et distante (autant que je le pouvais). Il me posa quelques questions en aparté auxquelles je ne répondis que par des hochements ou secouement de tête. Il finit par me proposer de rentrer chez lui assez vite, j'acceptai et, 5 minutes plus tard, nous avions salué tout le monde et marchions en direction de chez Billy dans un silence de plomb.

- Qu'est ce qui se passe ? Me demanda Jake avec inquiétude, une fois que nous étions assez loin de la maison d'Emily.

Face à mon mutisme, Jake m'avait prit la main mais j'avais lâché la sienne, je crois que ça lui a déplut.

- Pourquoi tu ne m'as pas parlé de l'imprégnation ? M'enquis-je froidement.

Il resta perplexe avant de se mettre à rire.

- C'est juste ça ? Tu m'as fait peur !

Voyant mon expression, il se retendit :

- Je ne sais pas, j'allais le faire, mais j'ai préféré attendre.

- Par rapport à Isabella ?

- Qu'est ce que Bella vient faire là-dedans ? C'est de toi que je me suis imprégné ! S'écria Jake, presque énervé.

- Justement, grâce à elle. Répliquai-je sèchement.

- Hein ? S'étonna-t-il.

- Tu es venu à la Réserve d'Hiver pour la fuir n'est-ce pas ? Dis-je en sentant que ma tristesse prennait le dessus sur ma contrariété. Je battit inutilement des paupières pour retenir mes larmes, en vain.

Jacob :

Les larmes se mirent à couler des joues de ma Princesse et brusquement, mon coeur se serra, j'avais rarement ressentis une telle douleur. La voir pleurer m'était insupportable. Je fis un pas pour la prendre dans mes bras et la consoler, mais elle me repoussa avec détermination.

- Qu'est ce que ça peut faire ? Demandai-je sans comprendre.

Je ne voyais pas pourquoi le fait que je l'ai rencontrée en "fuyant" Bella soit si important que ça...et en même temps, une petite voix dans ma tête me disait "si tu ne lui a pas parlé de l'imprégnation avant, il y a bien une raison".

- Rien, si ce n'est que notre histoire repose uniquement sur le fait que tu l'aies fuit et que oh par chance tu m'aies trouvée pour te distraire ! Répliqua-t-elle.

- Tu n'es pas une distraction ! Taïs, je suis fou amoureux de toi ! M'écriai-je, paniqué à l'idée qu'elle puisse imaginer de telles élucubrations.

Encore une fois, je m'approchai avec l'intention de la serrer dans mes bras, de lui faire comprendre une bonne fois pour toutes qu'elle était ma raison de vivre, elle et personne d'autre. Mais elle se recula et cela me fit mal de voir qu'elle refusait le moindre contact avec moi.

- Jusqu'à quand ? Demanda-t-elle en reculant encore.

Je tremblotai de frustration, ses larmes étaient une vraie torture pour moi, je ne savais pas comment réagir face à cela.

- Comment ça ? M'enquis-je.

- Tu m'as dit que si les Cullen s'éloignent, vous redevenez probablement des gens normaux. Une fois que tu redeviendras toi, que tu ne seras plus loup, tu retomberas amoureux d'Isabella. Dit-elle, avec colère cette fois.

- Ca n'arrivera pas ! Je ne suis plus amoureux de Bella ! Criai-je presque.

Je suis sûr que les gars ont dû m'entendre...

- Tu le seras de nouveau !

- Non ! Non jamais !

- Elle est encore amoureuse de toi elle ! Si j'ai bien compris faudra que je me console avec Edward. Souffla alors Taïs avec mépris.

Mes tremblement augmentèrent, il fallait que je me calme. J'étais surpris car je n'étais pourtant pas en colère contre elle. Mais rien que le fait de l'imaginer avec la Sangsue - bien que je sache que c'était impossible - me mettait l'âme à l'envers. Je fermai les yeux et me concentrai pour penser à autre chose et éviter de muter, ce n'était vraiment pas le moment...

Pendant ce temps, Taïs ne m'attendit pas et se rua chez moi. Lorsque je m'en aperçu, je me dépêchai de la rejoindre, en deux enjambées je l'avais rattrapée.

- Taïs ! L'appelai-je en saisissant son poignet.

Le contact de ma peau contre la sienne me fit un bien fou, mais rapidement, elle se déroba, sans pour autant s'éloigner de moi.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit hein ? Pourquoi tu ne m'en a pas parlé avant ? C'est bien que tu étais conscient de ça. Marmonnait-elle en marchant rapidement.

- J'en sais rien ! Je n'ai pas voulu te faire peur avec ça… J'avais l'intention de t'en parler…

- Me faire peur ? Non mais attend toutes les filles rêveraient d'un prince charmant ! Pourquoi voudrais-tu que j'ai peur ?

- Parce que je suis prêt à tout pour toi ! Je deviendrai un autre si tu me le demandais !

Elle me fixa, grimaça. J'avais raison, cette idée l'effrayait. Finalement, elle marqua une longue pause et me répondit dans un soupir :

- Pour l'instant tout ce que je te demande est de me reconduire à la gare.

Je me mis à paniquer, c'était plus fort que moi. Il me semblait que tous les malheurs du monde se dirigeaient vers mes épaules.

- S'il te plait, tu ne veux pas en discuter plutôt ? M'écriai-je avec affolement.

Taïs soupira une nouvelle fois et essuya une larme.

- …non.

Je restai immobile un instant, incapable de comprendre ce qu'il m'arrivait. Mon imprégnée me jeta un regard et sembla s'adoucir, je devai avoir l'air misérable.

- C'est bon fais pas cette tête. Ajouta-t-elle. Je veux juste rentrer plus tôt que prévu, pour digérer ça.

- Tu ne veux pas que je vienne avec toi ? Je t'expliquerai tout, je t'assure je...

- Tu m'expliqueras tout plus tard… Marmonna-t-elle en s'arrêtant devant la porte d'entrée de chez moi.

Je soupirai, ça me déchirai le cœur qu'elle veuille partir. J'ouvris la porte de la maison en respirant calmement, mon imprégnée ne pouvait pas me laisser...en fait si... Oh bon Dieu! Qu'allais-je faire sans elle?
Elle fit ses affaires rapidement, regarda les horaires des trains et en choisit une.
J'étais déboussolé, durant tout le trajet, je tentai de la convaincre de rester. Rien à faire, le nom de Bella revenait bien trop dans la conversation à mon goût, je me posai mille questions, Taïs devait bien m'aimer pour être si jalouse… Je l'accompagnai sur le quai où je lui pris les paumes, elle baissa alors la tête.

- Reste. Je t'en prie. La suppliai-je.

- Non, je préfère réfléchir seule.

- Je suis désolé, j'aurais du t'en parler avant !

- Oui.

- A quoi veux-tu réfléchir ?

- J'en sais rien. A cette imprégnation…à Isabella. Murmura-t-elle.

- Est-ce que ça veut dire que tu envisages…de me quitter ? Articulai-je avec difficulté tant cette idée m'était insupportable.

- Mais non. Répondit-elle au bout de plusieurs secondes. Je veux juste…j'en sais rien, penser à tout ça…

Je lui caressai la joue en soupirant :

- Je t'aime. Ne l'oublie pas s'il te plait.

Elle hocha la tête, déposa un baiser sur ma joue et grimpa dans le train avec son sac.


Les jours qui suivirent, je lui envoyai quelques messages dans lesquels je m'excusai, elle ne répondait pas, ou juste pour me dire qu'elle était au courant et qu'elle aurait aimé que je lui en parle avant.

Je passai mes journées à me torturer mentalement, j'hésitais à allez chez Taïs en douce pour savoir comment elle allait mais je me doutai que ça ne lui aurait pas plu...

Finalement quelques jours plus tard, n'y tenant plus, je mutai et me rendis chez elle.

Je me sentis déjà mieux après avoir inhalé son odeur, j'étais dehors sur la terrasse en face de sa chambre. Je commençai à réfléchir à la possibilité de rester devant sa maison cette nuit mais mon coeur fit un bon dans ma poitrine. Taïs était sortit et fermait ses volets de chambre. Elle n'avait plus son badage au poignet, je m'étonnai que sa guérison ait été si rapide, cela devait-être surement à cause de mon sang...
Je n'en pouvais plus d'être tenu loin d'elle. Alors je l'appelai, lui disait que c'était moi, cependant elle referma les volets d'un coup sec.
Je me demandais si je devais repartir ou non. J'entendis alors des bruits dans l'escalier de la maison. Elle ouvrit la porte d'entrée, fit quelques pas prudents sur la terrasse, dans ma direction.

- Je ne vois pas les autres filles, il n'y a que toi. Je ne veux que ton bonheur… Je me contrefous de Bella. Je t'aime, toi. Lui assurai-je d'une voix implorante.

Elle m'avait observé jusqu'à maintenant. Peut-être que mes paroles l'avaient touchée car elle se rua dans ma direction et se précipita dans mes bras.

- Je suis désolée ! Me dit-elle. Je suis désolée.

Je la soulevai du sol et lui caressai les cheveux, mais je ne pouvais savourer pleinement ce moment car elle pleurait, de joie semblait-il. Je lui adressai des paroles réconfortantes :

- Calme-toi, je t'aime. Je t'aime. Répétai-je en lui saisissant le menton pour la forcer à me regarder dans les yeux malgré la pénombre.

- Je suis désolée. J'ai été nulle. Continua-t-elle à plaider cependant.

J'étais trop heureux et amoureux pour lui reprocher quoi que ce soit. Elle était mon imprégnée, elle aurait pu me faire n'importe quoi, j'aurais continué à l'aimer. Puis j'avançai lentement mes lèvres dans sa direction, elle m'embrassa avant que je ne l'aie atteint. Je resserrai mon étreinte sur elle. J'avais bien fait de venir. Elle rompit le baiser et me tira à l'intérieur de la maison, elle inventait un bobard devant ses parents (son père marmonna quelque chose comme « Ah tiens je croyais que Taïs avait des peines de cœur...») et nous montâmes dans sa chambre. Je n'y étais jamais rentré mais l'arôme qui s'en dégageait m'invitait à y pénétrer. Taïs alla se changer, plus rapidement que d'habitude, et se glissa dans le lit tout contre moi. J'étais incroyablement bien. Je la pris dans mes bras en m'exclamant :

- Tu m'as tellement manqué…

Elle me demanda timidement :

- Tu m'en veux ?

- Je ne t'en voudrai jamais. Assurai-je.

- Parce que je suis ton imprégnée ?

- Oui, entre autre. Tu pourrais me faire les pires crasses, je serai toujours amoureux de toi.

- T'es sérieux ?

- Oui.

- Et ton libre arbitre là-dedans ? Demanda-t-elle.

J'ai cru qu'elle allait se remettre à grogner après l'imprégnation, mais elle semblait avoir réfléchi et m'avoir pardonné de ne pas l'avoir connu avant Bella.

- Tu ne comprends pas… C'est…

Je tentais de lui expliquer ce que l'imprégnation représentait pour moi.

- Ce serait un crime contre ma nature de vouloir quelque chose de négatif pour toi. Tu fais partie de moi.

Elle me regardait intensément avec un air perplexe.

- Le monde pourrait s'écrouler, tant qu'il ne t'arrive rien, j'irai bien. C'est… c'est de la passion. Tu es mon centre de gravitation tu vois, c'est toi qui me détermine.

- Ca me fait peur ce que tu me dis-là…

- Mais non. M'esclaffai-je.

- Si, c'est étrange, c'est trop fort, c'est même plus de l'amour c'est de la rage.

Je souris :

- Oui, on peut dire ça comme ça.

- Tu…tu serais prêt, à faire quoi pour moi ? Je veux dire, jusqu'où tu irais ? Demanda-t-elle en fixant le mur en face avec une drôle de voix.

- Je donnerai ma peau pour toi. Assurai-je sincèrement.

Son cœur se mit à battre la chamade, elle frissonna puis se blottit contre moi.

- Ca me fait peur. Répéta-t-elle.

- Il n'y a pas de raison, tu n'y es pour rien après tout.

- Tous mes faits et gestes ont une influence sur toi ?

- Sur moi…et sur les autres.

- Hein ? S'inquiéta-t-elle.

- Si quelque chose arrive à l'une des imprégnée, la meute est perdue.

- Comment ça ? Demanda-t-elle en se blottissant encore plus contre moi.

- Nos pensées sont communes. Si quelque chose devait arriver à une imprégnée, celui qui s'est imprégnée d'elle serait…détruit et refilerai ses « ondes négatives » aux autres.

- C'est dingue ce truc.

- Ouai.

- Enfin je vous plains quand même, être obligé d'aimer n'importe qui.

- Ce n'est pas n'importe qui, c'est la bonne, c'est la personne qu'il nous faut, la seule qui peut nous rendre heureux à ce point. Je te jure que pour l'instant, les imprégnés n'ont jamais été aussi heureux qu'après l'imprégnation, regarde même Quil et pourtant il s'est imprégné de Claire.

- La gamine ? Intervint-elle.

- Ouai.

Elle grimaça.

- Ah mais, c'est quoi ce truc c'est pervers !

- Ce n'est pas comme ça que Quil voit les choses… Tout ce qui lui importe c'est qu'elle aille bien. Il adore s'en occuper, il joue avec elle pendant des heures, comme il ne vieillira pas, il l'attendra, je l'ai vu faire coucou et gazougazou pendant une heure sans se lasser, si elle veut bien de lui lorsqu'elle aura l'âge, il sera le plus heureux des hommes. Pour l'instant, il est ravi de se contenter de ça, d'ailleurs je lui ai suggéré une fois de sortir avec d'autres filles en attendant qu'elle grandisse…je ne m'étais pas encore imprégné de toi, sinon j'aurais jamais dit une connerie pareille… je lui ai dit, qu'elle comprendrait surement, qu'elle ne lui en voudrait pas, mais il n'en a pas envie, il n'y a qu'elle, tu comprends ?

- Hum… C'est vraiment bizarre. Si elle ne veut pas de lui ?

- Ca ne changera rien, il sera toujours là pour elle.

- Même si ça le rend malheureux ?

- Oui. Comment t'expliquer…le seul fait de la voir, de la sentir, de l'entendre, le rend heureux.

- C'est pareil pour tous les loups ?

- C'est pareil pour tous. Une minute passée avec notre imprégnée c'est…magique tout simplement, ça l'es encore plus quand elle veut de nous.

Nous continuâmes à parler de l'imprégnation, puis elle me demanda en changeant de sujet :

- Tu es allé parler avec les Cullen ?

- Oui, le corbeau n'avait pas vu que vous vous feriez attaquer à Seattle, maintenant elle va surveiller ça de près.


Les jours suivant me paraissèrent beaucoup plus supportables. Même si nous cherchions la rouquine tout en nous tenant sur nos gardes, j'avais la bête impression qu'il ne pouvait rien m'arriver de bien méchant, j'avais déjà failli perdre mon imprégnée deux fois et je ne voyais pas - mais alors vraiment pas! - ce qui pouvait m'arriver de pire.

La meute surveillait de près les infos de Seattle, et tout ce que nous pouvions en conclure, c'était que des buveurs de sang devaient avoir débarqué en ville car il y avait de plus en plus de disparitions inexpliquées. Sam et moi voyions ça d'un très mauvais oeil mais quand on y réfléchissait bien, il n'y avait aucune preuveque ce soit des buveurs de sang qui enlevaient les gens, bien qu'il soit facile de déduire qu'ils devaient prendre des gens au hasard et les saigner jusqu'à la moelle.

"Mais nous ne pouvions pas protéger toute l'Amérique" disait parfois Embry, une réflexion que je trouvais typiquement Edwardienne... Il avait pourtant raison, nous devions veiller sur nos frontières, alors chaque soir, deux loups étaient de garde, un troisième était "d'astreinte", si l'on pouvait utiliser ce terme...


Plusieurs semaines plus tard, Embry et Paul patrouillaient dans la forêt. J'en avais profité pour m'accorder une journée entière de "congé", une journée à passer avec Taïs, autrement dit, le paradis avant l'heure. Nous avions mangé chez Emily avec les autres et avions passé l'après-midi tous les deux, à se promener main dans la main sur la plage, à échanger des baisers à rire bêtement... C'était merveilleux. Une minute avec elle suffisait à me combler.

Le soir, mon père passait la soirée chez Sue en compagnie de Charlie. Nous nous retrouvions tous les deux, Taïs et moi. Encore mieux. Après avoir mangé, nous montions nous coucher et regardions un film. Taïs s'était allongée contre moi.

Une fois le film fini et l'ordi éteint, j'embrassai mon imprégnée pour lui dire bonne nuit, mais avec un peu plus de passion que d'habitude, il faut dire que je ne l'avais pas vue depuis quelques jours, et j'avais encore en mémoire notre violente dispute d'il y a quelques temps.
Elle me rendit mon baiser en posant une main dans mon cou, je profitais de ce rapprochement pour lui caresser la joue.
Taïs fit des petits mouvements avec son pouce qui glissait sur la peau de ma nuque. J'en frissonai. Rien que le contact de sa peau, son odeur, les battements de son coeur me mettaient dans un état second. Je l'aimai tellement. J'avais envie de plus, beaucoup plus. Inconsciemment, je me penchai sur elle, recouvrant sa peau avec la mienne. Lorsqu'elle comprit mon intention, elle eut un instant d'hésitation et arrêta de m'embrasser.

- Ne t'inquiète pas. Dis-je pour la rassurer.

Elle se mordit la lèvre - qu'est ce qu'elle pouvait être belle - et murmura:

- J'appréhende Jake. Encore plus depuis que tu m'as dit que la meute voyait tes pensées…

- Je ferais de mon mieux pour ne pas y penser. Promis-je avant de l'embrasser de nouveau.

Elle sourit et je sentis ses lèvres se mouvoir sur les miennes avec sensualité. Je ne sus comment je faisais pour garder mon calme, elle me rendait complètement fou. Mes mains cherchèrent son petit ventre. Je le caressai tout en remontant son débardeur, elle était un peu mal à l'aise, moi j'allais de mieux en mieux, j'étais raide dingue d'elle. Elle m'aida cependant à enlever son haut de pyjama et croisa les bras devant sa poitrine. Je m'emparai de ses lèvres une nouvelle fois; avec lenteur, je lui pris les mains et les plaçai autour de mon cou. Elle se laissa faire et se remit à passer ses doigts dans mes cheveux avec un sourire délicieux. Son touché était plus qu'agréable, j'adorai quand elle faisait ça, le désir me submergea. Avec aisance, je me débarrassai de mon short de nuit, pour Taïs ce fut plus difficile, mais au bout d'un moment, elle consentit à ce que je la déshabille entièrement. Elle était incroyablement gênée.

- Tu es magnifique. Assurai-je dans un souffle.

- Tu dis ça pour me faire plaisir. Réussit-elle à répondre malgré le fait que je l'assaille de baisers.

Ainsi, tout en la couvrant de baisers, je laissai mes mains parcourir son corps et je la sentai tressaillir malgré ma chaleur. Je guettai ses moindres mouvements, m'enivrai de son souffle et de son odeur. J'étais à l'affut de ses réactions...

- Je t'aime. Déclarai-je en l'embrassant sur le ventre.

- Moi aussi je t'aime. Répondit-elle en caressant mes cheveux.

Mes lèvres ne se séparèrent plus des siennes, j'étais enflammé, je ne sentais qu'elle, ne voyais qu'elle. Ses genoux remontèrent le long de mes cotés, je lâchai enfin ses joues et ma main glissa sur son ventre et ses cuisses, pendant que de l'autre, je la câlinai, j'effleurai ses bras, ses hanches, la moindre parcelle de peau à ma portée. Tout en douceur, je la fis mienne. Je ne pensai pas pouvoir ressentir quelque chose dans ce genre-là un jour. Taïs était parfaite. Absolument parfaite. Elle eut un peu mal malgré tout, et ça me déchirait le coeur d'en être à l'origine. Cependant, je parvins à lui faire oublier rapidement la douleur et à partir de ce moment-là nous passâmes un moment...merveilleux.

Lorsque je m'installai à coté d'elle, je remarquai qu'elle était haletante et un sourire se dessina sur mes lèvres.

- Ca va ? Demandai-je.

- Oui. Répondit-elle dans un souffle.

Elle s'allongea sur le coté et me regarda, je ne pouvais m'empêcher de sourire, j'avais tellement de chance. Je me tins face à elle et posa un doigt sur son épaule, descendant lentement le long de son coté pour m'arrêter vers son bas-ventre, puis je me penchai sur elle et déposai un baiser sur ses lèvres. Elle sourit, se rapprocha et m'embrassa puis colla son front contre le mien. Elle était adorable. J'avais un petit peu l'impression qu'elle et moi ne faisions qu'un désormais, nous étions des alter-égo, des androgynes. Je croisai mes mains derrière ma tête et regardai Taïs. Elle me jeta un regard furtif.

- Viens là. Proposai-je en tendant un bras.

Elle s'installa contre moi, se blottit, mais elle ne dit rien, je l'enserrai de mes bras, un peu perturbé.

- Tu ne dis rien. Tu m'en veux ? M'enquis-je avec inquiétude.

- Bien sûr que non. Je… c'est moi.

- Dis-moi. Demandai-je en collant ma tête contre la sienne. Qu'est ce qu'il y a ?

- C'est juste que…je me sens …nulle.

- Nulle? Taïs, tu es une merveille !

Elle sourit, se colla encore plus contre moi et m'embrassa brièvement. J'en restai étourdi.

- Et toi, tu es tout sauf objectif. Dit-elle en emmêlant ses jambes avec les miennes.

- Je n'ai jamais prétendu le contraire. Mais je t'aime, c'est suffisant non?

Elle éclata de rire et m'embrassa une nouvelle fois, sur le nez.

- Je m'en contenterai pour le moment. Plaisanta-t-elle en posant sa tête contre mon torse.

Je remontai les couvertures pour être sûr qu'elle n'ait pas froid en tenue de Vénus. Elle sombra dans le sommeil dans mes bras tandis que je me laissai bercer par le son de sa respiration.


Au milieu de la nuit, elle se mit à bouger, j'ouvris un œil, elle avait posé sa tête sur mon épaule, je sentais son souffle dans mon cou, une de ses mains était sur mon ventre je l'entourai toujours de mon bras, je plaçai alors ma main libre sur son avant-bras, le caressant. Elle se mit à sourire, je collai mon front contre le sien avant de me rendormir.

Lorsque je me réveillai, nous n'avions pas changé de position. Je fis d'infimes mouvements pour tenter de me dégager sans la réveiller. Un petit déjeuner au lit me semblait une excellente idée. Je descendis, prépara un grand plateau avec presque tout ce que je pouvais trouver de mangeable dans les placards de la cuisine. Lorsque je remontai, je savais que Taïs s'était levée, je rentrai dans la pièce en annonçant :

- Le petit-déj' est servit !

Taïs sursauta en me voyant rentrer, elle était après fouiner dans la pièce, elle portait une simple culotte.

- Tu m'as fait peur. Dit-elle.

Je posai le plateau sur le lit et vint la prendre dans mes bras.

- Bien dormi ?

- Très bien. Sourit-elle.

- Tu as faim ?

Elle hocha la tête.

- J'ai une faim de loup. Déclara-t-elle.

- Ahah ! Je te prends au mot ! M'esclaffai-je en l'attirant vers le lit.

- Attends, je cherche mon haut de pyjama… Elle rougit en ajoutant : Où est-ce que tu l'as collé hier ?

- Il a du atterrir quelque part, tu es sûre que tu veux mettre quelque chose ? Demandai-je avec avidité.

Elle s'esclaffa à son tour et me répondit :

- Oui, j'aimerais bien.

Je fouillai dans mon placard et en sortis un de mes tee-shirt, il lui serait bien trop grand mais la voir dedans me procurerait un sentiment d'intense contentement.

- Génial. S'exclama-t-elle avant de le revêtir.

Elle nageait dedans, il lui tombait à peu près aux cuisses. Je me mordais les lèvres avec délectation :

- Tu es belle ! Tu devrais d'habiller tout le temps comme ça !

- Juste devant toi alors.

- Cela va de soi ! Répondis-je en la saisissant par la taille.

Ses douces lèvres vinrent se coller contre les miennes, je passai une main dans son dos, remontant son tee-shirt, enfin le mien. Elle me demanda avec malice :

- Et ton déjeuner ?

Je levai la tête en arrière en m'exclamant :

- Excuse-moi, j'ai oublié que tu étais en train de dépérir.

Elle éclatait de rire. Je lui pris la main et nous nous remîmes au lit pour manger.

- Merci pour le ptit dej, c'est trop mignon. Me dit-elle.

Nous avalâmes rapidement ce que j'avais apporté, enfin, j'engloutissais le plus gros. Taïs me demanda :

- Tu dois aller patrouiller à quelle heure ?

- A midi.

- Il faudra qu'on fasse à manger avant. Remarqua-t-elle avant de jeter un coup d'œil au réveil qui affichait 10h35.

Après avoir mangé, nous nous allongeâmes et glandâmes quelques instants. A 11h10, Taïs se leva et voulu prendre le plateau pour débarrasser.

- Laisse ça ! Je m'en charge ! L'en empêchai-je.

Elle posa le plateau et m'embrassa en s'exclama joyeusement :

- Je vais me laver alors !

Elle se dirigea vers la salle de bain. Je m'exécutai et descendit avec le plateau, rangeant tout. J'entendais la douche qui coulait. Je remontai les escaliers, Taïs coupa l'eau, lorsque je passai devant la salle de bain, elle m'apostropha :

- Jake ?

- Oui ?

- Tu veux venir avec moi ?

Je ne me le fis pas dire deux fois.