Il n'y avait plus que ces deux êtres qui se regardaient. L'un souriait, l'autre transpirait à grosses gouttes. Et cette personne avait beau tenter de comprendre le ressentiment ambiant, elle ne voyait qu'un puits sombre dans ses orbites. C'était comme si une lumière les éclairait, oubliant les autres, plongés dans un néant triste et sans cœur. Le squelette se gratta le crane avant de dire de sa voix grave :
« Ben quoi ? J'vois pas où est le problème.
-Attends, tu rigoles là ? Je ne t'ai jamais donné mon nom ! »
Il eu un moment de silence où un vent glacial sembla tourner, décrivant des cercles dans la pièce.
« De quoi tu parles buddy, je n'le connais pas ton nom.
-Et tu te fous de moi en plus, dit Frisk les sourcils froncés décrivant son agacement.
-Eh calme, j'ai rien dis mec.
-Si ! Tu as dis Frisk ! »
De nouveau, le bruit succomba dans les ténèbres. Son rire résonna, contrastant à lui seul tout un monde de silence.
« Ton prénom quoi.
-Oui mais je ne te l'ai pas donné !
- Pourquoi tu devrais me le donner ? Tu vas bien ? Peut-être devrais-tu te faire OSpitaliser.
-Stop les blagues ! Dis-moi ce que tu sais de moi ! »
La main du squelette balança jusqu'à la poche de la veste, il baissa la tête.
« Tu as besoins que je te dise cela ? Pour savoir si je sais qui tu es ou pour être sûr de savoir qui toi, tu es ?
-La ferme ! Je m'en fous de ta philosophie à la con, répond à ma question ! » Cria Frisk en ce levant de sa chaise, surprise de tenir debout dans les ténèbres.
Sans lui fit signe de se rasseoir, calmant l'atmosphère tendu du lieu. La femme ne savait pas si s'était les événements, le caractère du squelette ou la peur mais la colère semblait lui monter sans pouvoir redescendre.
« Bon, si t'insistes...
-Racontes tout ce que tu sais de moi.
-J'ai dis d'accord. Bon. Tu te nommes Frisk, tu es un humain, tu es un enfant, tu porte un t-shirt rayé...
-Quoi ? Mais je suis...
-Tu es arrivé, d'après Tori, en tombant de la montagne. Tu as traversé les ruines, tu as fais les puzzles de Papyrus, tu es arrivé à Snowdin...Faut-il vraiment que je te raconte tout ? Dit il en regardant le sol dans un soupire d'épuisement, bon on saute tout le truc ennuyant. A la fin, tu tue Asgore, tu passes la barrière »
Frisk fut prise d'un expression étrange, coincée entre la culpabilité, la surprise, la colère, la peur, tout cela créant une crispation sur tous les muscles de son visage.
« Je n'ai pas tué Asgore !
-Si tu le dis, dit le squelette en levant les épaules.
-Je te le promet ! Jamais je ne...
-Ok, si tu le dis. Puis voilà, fin de l'histoire. »
Mais quelque chose était étrange dans ses mots. Quelque chose qu'elle avait du mal à comprendre.
« Mais tu dis que je suis Frisk, le jeune humain.
-Ouaip.
-Mais tu te rends compte que je suis adulte.
-Quand tu auras quelques os en plus peut-être, dit-il dans un rire doux.
-Sans, je suis sérieuse.
-Alors regarde et dis-moi »
Prenant dans cette phrase le défit existant, elle voulu descendre du tabouret. Frisk avança son pied pour le poser à terre mais ne le rencontra pas. La tabouret bascula vers l'avant et elle tomba au sol dans un fracas terrible. Sans ne tourna pas la tête et un soupire se fit entendre.
«Tu vois kiddo. »
Frisk ne réagit pas directement, restant quelques secondes au sol, regardant dans le vide. Elle se releva avec difficulté pour regarder le tabouret qui semblait avoir doublé de taille. Elle ne comprenait tout simplement pas. La femme regarda ses main, réduit à la taille de celle d'un enfant. Puis ses jambes, plus courtes qu'avant. Touchant la peau de son visage, elle n'avait jamais été aussi lisse et douce. Elle se demanda si cela n'était pas un masque.
« Mais... »
Elle tourna deux trois fois sur elle-même, commençant à paniquer.
« Quoi quoi quoi quoi quoi...
-Y'a un problème ?
-Mais je n'étais pas comme ça !
- T'es drôle comme personne Frisk, dit-il alors qu'il prit une bouteille rouge dans ses mains.
- C'est la vérité ! »
Et dans l'obscurité, ou seul se distinguait les corps des deux protagonistes par un jeu de lumières et d'ombres, une lumière bleu éclaira un point de l'œil du squelette. Frisk sursauta, il y avait quelque chose de menaçant.
« Y'a toujours pleins de vérités avec toi.
-Sans ?
-Et quand tu les a tous tué, tu vas me dire que c'est aussi un mensonge ? »
Le silence était pesant, écrasant. Frisk sentit son cœur battre, s'accélérer, se cogner violemment contre sa cage thoracique comme si lui-même voulait en finir. Elle recula de quelques pas, s'enfonçant d'elle-même dans les ténèbres. Sa voix fut tremblante, prise dans une peur incontrôlable.
« Mais...Je n'ai tué personne... »
Un rire résonna de nouveau, il sauta de sa chaise, les mains dans les poches.
« Si tu parles d'Asgore, ce n'est pas moi ! Je te le promets ! »
Il s'avança de quelques pas, la regardant fixement. Sa voix fut grave, suave et effrayante.
« Asgore, Undyne, Toriel, Mettaton, moi et mon frère...Tout le monde.
-C'est faux ! Ferme-là !
-Parce que tu crois que tu peux tout effacer comme ça Frisk ?
-Je n'ai tué personne ! C'est Flowey ! Ce n'est pas moi ! »
Frisk, dans l'espace d'une seconde ferma les yeux. Il n'était plus là, il n'y avait plus personne, seul un porte demeurait devant elle. Une porte ouverte, des murs de pierres gris, un sol de la même couleur. Le silence demeurait encore. Elle regarda ses mains, elles étaient aussi petites qu'avant, elle se sentait légère alors que son cœur lui portait le poids de l'univers. L'adulte ou l'enfant se sentit pleurer, elle avait peur, simplement peur. Sa petitesse actuel semblait être un point face à la situation seule. Ressuyant alors le coin de ses yeux, elle s'avança vers l'entré, découvrant une grande silhouette, large, lui souriant doucement. Sa cape recouvrait son habit, ses grandes cornes semblaient s'élever plus haut que le haut. Elle reconnu sur lui le blason de la famille royal. Ce fut d'une grave et douce voix qu'il prononça ces mots.
« Tu es prêt ? »
Frisk le fixait, les pieds plantés dans le sol, elle ne le laisserait pas faire une nouvelle fois.
« Non », répondit-elle tandis que son cœur se remplissait d'un sentiment inconnu.
Les yeux du monstres se remplirent de surprise puis il soupira alors.
« Alors reviens quand tu auras finis...
-Non, répéta-t-elle.
-Humain, que veux-tu alors ?
-Je veux que vous sortiez d'ici, pas de combat, il y a ici, non loin de là, un être qui souhaite vous tuer. »
La créature se rapprocha de l'enfant, intrigué par ses paroles et ses mots.
« Que veux-tu dire par là ? »
Frisk attrapa la grande main d'Asgore, la tirant avec impatience. Si elle pouvait le sauver, elle le ferait. Les mots de Sans l'avaient transpercé et tout ce qui faisait partit de sa vie devenait de plus en plus futile, disparaissant de ses yeux.
« Il faut partir. Je vous en pris.
-Humain...Je suis désolé mais...Dit le roi alors que ses yeux se perdaient dans la profondeur de la barrière.
- Depechez-vous, on peut encore changer la fin de l'histoire !
-Écoute petit, je suis désolé mais...Je dois les libérer, ils comptent tous sur moi. »
Il recula de quelque pas, des bocaux sortir de la terre, chacun contentant l'âme d'un humain. Un jeu de couleurs et de vies perdues. Et de sa cape, une arme vit le jour, rouge, grande, perçant le monde à elle-seule. Le roi avait le regard bas, la culpabilité emprisonnant son sourire d'antan.
« Humain, je suis heureux de t'avoir rencontré. »
L'enfant avait le regard plein de terreur, il se mordit la lèvre et fit volte-face, courant dans le sens inverse d'où il était venu. Il cru entendre un cri au loin, lui disant de revenir, il ne sut dire s'il s'agissait du monstre ou du destin agacé de s'être encore détourné du chemin définit. Il couru encore, aussi loin de ses jambes pouvaient l'emporter, le cœur suffoquant, elle passa le couloir gris.
Que fais-tu Frisk ?
« Je sauve quelqu'un, ça ne se voit pas?! » dit-elle dans un cri prit entre un souffle court et une endurance limitée.
Non, tu sauves ta propre peau là, retourne-y !
« Non ! Et peu importe les pouvoirs que tu possèdes ! »
Tu sais très bien qu'on ne peut changer un destin comme ça !
« Bien sûr que je le sais... »
Elle se stoppa d'un coup, manquant de tomber, se trouvant juste devant la porte. L'enfant recula. Sa main se porta à sa bouche, retenant un cri de surprise. Devant lui, se trouvait un autre être, un autre humain. Lui-même, d'un regard impassible, presque vide. Il se rapprochait de lui et Frisk reculait rapidement, ne pouvait lâcher le regard de la personne en face. Mais prenant pendant une demie-seconde son courage, elle s'arrêta, affrontant son clone qui continuait à avancer. Ils étaient proches à présent et la collision fut imminente.
Mais non. Il la traversa. Continuant son chemin.
« Mais...Eh ! Revient ! N'y va pas ! »
Aucune réponse.
« Ecoute-moi ! »
Mais bientôt, l'autre Frisk ne fut plus qu'un point. L'enfant resta planté, abasourdit. C'était comme si rien ne pouvait être changé. Comme si le fatum ne faisait que planer au dessus de leur tête comme dans les tragédie grecques.
Tu vois.
« Je ne vois rien du tout »
Et tout sombra dans le noir. Devant-elle poussa à une grande vitesse une fleur bleue. Elle se développa et s'ouvrit. Frisk la toucha et une voix en résonna.
« Heu...Quelqu'un m'entend ? Enfin, on va dire que oui. Héhé, cette fleur est vraiment pratique. C'est fou comme les végétaux ici sont utiles. Enfin bref, je divague. C'est un message pour Frisk, le petit humain.
Derrière-toi. »
