Chapitre 19 : Beau-frère

Jacob:

Le soir même, Taïs et moi avions décidé de partir au cinéma. Bien sûr, ça me faisait extrèmement plaisir, c'était ma chérie qui me l'avait proposé, mais en fait, c'était pour m'éloigner de Paul et Rachel.

Oui, Rachel. Ma soeur était arrivée en début de soirée, elle avait passé de très longues vacances chez Rebecca et rentrait voir son "loup d'amour" à la Push... Berk berk... Du coup Taïs m'avait gentiment suggéré qu'on les laisse tranquille pour quelques heures.

Ne me demandez pas ce qu'ils vont faire. Je ne veux surtout pas savoir.

Beurk.

Bien entendu, la soirée cinéma se passa magnifiquement bien et mon imprégnée était contente, ça suffisait à mon bonheur.

Heureusement, lorsque nous rentrions, Paul et Rachel n'étaient pas là, ils étaient peut-être allés faire un tour sur la plage...

Cependant, je n'eus pas cette chance le lendemain, dans l'après-midi, Taïs et moi passions par hasard à la maison en rentrant de chez Emily, j'avais patrouillé avec Paul ce matin et j'étais particulièrement énervé après lui...
Devant la maison, j'entendis déjà un bruit caractéristique qui me mettait en rogne.

- Paul et Rachel sont là. Ronchonnai-je.

- Ah ? Me dit Tais avec un air innocent.

Elle me jeta un coup d'œil furtif.

Nous pénétrions dans la maison. Bon sang ! Cet ahuri avait déjà eut l'audace de s'imprégner de ma sœur ! Cela ne lui suffisait pas ? Il fallait qu'il vienne sous mon nez pour la bécoter ! J'attendis que Taïs rentre et claquai brutalement la porte, histoire qu'il ait la décence d'ôter ses sales pattes de Rachel mais bien entendu, il n'en fit rien. Nous apparaissions dans le salon, Rachel était assise sur Paul, ça me rendais dingue. Elle avait les bras autour de son cou, lui une main fourrée dans le dos de ma sœur, de l'autre, il caressait sa joue, surtout il ne se gênait pas pour l'embrasser à pleine bouche ! Berk ! Non mais bon sang ! Ils le faisaient exprès ! Aucun des deux n'avait bougé en entendant claquer la porte ! Paul était d'autant plus coupable car il nous avait sentis à deux lieues à la ronde et c'était lui qui s'était imprégné de ma sœur ! Ma sœur merde ! Je me plantai au milieu de la pièce et les fixai avec hostilité, bien sûr, ils ne prirent pas la peine de me regarder. Taïs me saisit la main et essaya de me tirer en avant, en direction de ma chambre. Tout en gardant sa main dans la mienne, je m'adressai à Paul, il n'était pas question qu'il reste ici, comme si de rien n'était, à embrasser ma sœur !

- Eh ! Tu m'as pas sentis peut-être ? Dis-je sur un ton sec.

Les deux tournèrent enfin la tête et daignèrent me regarder.

- Heureusement qu'aucun sang-froid ne passe dans les parages quand tu pelotes ma sœur ! Grondai-je.

- Je savais que c'était toi ! Tu sais bien que je ne laisserais personne lui faire de mal, sang-froid ou pas ! Répondit Paul avec agressivité en se levant.

- Parce que tu la protégeras de toi aussi ?

Je sentis que Taïs me tirait encore en arrière.

- Arrête ça Jacob ! Intervint Rachel en se levant à son tour.

- Qu'est ce que tu insinues ? Tonitrua Paul en s'avançant dans la pièce.

Il vint se poster face à moi, il était aussi grand et baraqué que moi, rien qui ne pouvait me faire peur. Rachel se précipita derrière lui. Qu'est ce qu'elle avait à être aussi béate avec lui et à le suivre comme ça nom d'un chien !

- Tu sais très bien ce que j'insinue ! Tu as toujours du mal à te contrôler !

J'avais raison, il se mit à trembler.

- Paul. Lui dit doucement Rachel.

Je tirai Taïs derrière moi, on ne savait jamais... Mon idiote de sœur, elle, se collait à Paul, cela m'exaspéra encore plus. Paul se calma et posa un bras sur son épaule, inutile de dire que cela m'excéda.

- Enlève tes sales pattes de ma sœur ! Grondai-je.

- Jacob ! Arrête ! Tu m'énerves ! Cria Rachel.

- Toi, ne te mêle pas de ça ! Répliquai-je avec un ton impérieux et cassant.

- Ne lui parle pas comme ça ! Vociféra Paul en lâchant Rachel et se rapprochant encore plus de moi, tremblant de tous les membres.

- Je le savais.

- Viens dehors. Ordonnai-je.

- Paul ! S'écria Rachel alors qu'il commençait à sortir.

- Reste là. Lui dit-il.

Encore heureux ! Elle l'écouta. Je posai mes baskets, Paul fit de même dehors. Taïs s'agrippa à mon bras pendant que ma sœur me hurlait dessus :

- Putain Jacob ! Fous nous la paix d'accord ?

- Jake ! Arrête, qu'est ce que ça peut faire, toi aussi tu t'es bien imprégné… Tenta de me convaincre ma princesse.

- JACOB ! ! Cria Rachel.

- Laisse-moi régler ça !

- TU N'AS PAS INTERET A BLESSER PAUL TU M'ENTENDS ?

- ET MERDE !

Paul était toujours dehors, tremblotant. Ses chaussures étaient posées sur le seuil de la porte fenêtre. Je le rejoignais, les filles se précipitèrent sur le seuil mais n'avancèrent pas plus, elles avaient compris que l'ambiance était tendue.

- J'en ai assez ! Grondai-je à l'adresse de Paul en traversant la pelouse. Je me suis déjà tapé vos ébats toute la matinée !

- Tu n'avais qu'à patrouiller avec quelqu'un d'autre ! ! C'est toi l'Alpha non ? Répliqua-t-il avec colère.

- Il fallait qu'on soit au moins 4 à cause des sangs-froids !

- Alors arrête de te plaindre ! On dirait que tu ne sais pas ce que je ressens ! !

- Je le sais bien oui ! Hurlai-je en tremblant à mon tour. Rachel ci, Rachel ça ! Les cuisses de Rachel ! Le ventre de Rachel ! La bouche de Rachel ! Le sourire de Rachel ! Le rire de Rachel ! La voix de Rachel ! On a prit notre pied avec Rachel ! Ce qu'elle est belle et intelligente Rachel ! Rachel m'a dit ci ! Rachel m'a dit ça ! Rachel m'aime ! Rachel me manque ! Rachel ! Rachel ! Rachel ! J'en peux plus ! Arrête de fantasmer sur ma sœur d'accord ?

- Parce que TOI tu ne fantasmes pas sur Taïs peut-être ? Beugla Paul à son tour. Oh ma puce, ma chérie ! Elle est douce ! Elle est belle ! Olala comme c'était bon l'autre jour ! Quand est-ce que je vais la retrouver ? J'ai hâte de la tenir dans mes bras ! Je me demande si elle préfère la douche ou le lit !

Je pris vraiment sur moi pour ne pas muter, je savais que Taïs entendait tout, décidément Paul m'horripilait ! Il avait bien trié mes pensées ! Je l'attrapai par le cou, il me repoussa vivement en tremblant de plus en plus, il était à deux doigts de muter. Il continua à vitupérer :

- Alors arrête ! Fous-moi la paix ! Et cause correct à ta sœur ! Moi aussi je supporte tes pensées ! Toi aussi tu t'es imprégné !

- MAIS PAS DE TA SŒUR ! ! Grondai-je en m'avançant vers lui, je claquai mon torse contre le sien avec provocation. J'EN AI ASSEZ DE REVOIR TES EXPLOITS A CHAQUE PATROUILLE ! ET EN PLUS TU LA PELOTE SOUS MON NEZ ? NON MAIS NE ME DIS PAS QUE TU NE LE FAIS PAS EXPRES ?

J'étais près de Paul, celui-ci muta, explosant son short, me lacérant involontairement une partie du visage et du torse, je fus éjecté en arrière et mutait de rage pendant la projection, déchirant mon short à mon tour. J'entendis les filles sursauter et pousser des soupirs d'inquiétude. Rachel se mit à m'appeler pendant que Paul et moi nous ruions mutuellement dessus, elle ne voulait pas que je le blesse. Je ne perçu que la rage de Paul à mon égard durant le combat. Nous roulions, grognons, heureusement que les maisons étaient assez éloignées. Nous nous dirigeâmes en combattant dans la forêt. Naturellement, je pris le dessus, j'étais l'Alpha. Cette remarque ne plut pas à Paul qui me croqua généreusement la patte droite. Je grognai de rage et le prit entre mes pattes, le griffai, le mordait. Nous entendions les filles qui parlaient, Taïs s'angoissait parce que Paul m'avait griffé le visage. Elle était adorable.

- Tu vois ? Gronda Paul tout en me mordant le flanc droit.

- C'est mon imprégnée !

- Et ta sœur est la mienne ! Il faut que tu t'y habitues maintenant !

- J'y arrive pas !

- Elle m'aime !

- Elle ne devrait pas !

- Tu sais que je l'aime plus que tout ! Que ça te plaise ou non ! Tu crois que j'ai choisi de m'imprégner d'elle ? C'est arrivé c'est tout ! Et je ne regrette rien !

- Forcément !

Nous nous battions de plus belle, je ne savais pas à quelle distance de la maison nous pouvions être, mais nous entendions toujours les filles. Rachel appela Paul. Les pensées de celui-ci me frappèrent de plein fouet. Il ne souhaitait que la retrouver, un peu comme moi avec Taïs. Punaise ! L'amour le vrai. Depuis cette foutue balade sur la plage ! Bon sang ! Que pouvais-je faire !

- Rien !

Je cessai d'agresser Paul, celui-ci arrêta également. Nous nous fixions un instant.

- Contente-toi d'arrêter de lui rouler des pelles sous mon nez. Ca me rend dingue. Prévins-je calmement.

- Très bien. Et toi arrête de la contrarier.

Nous mutions. Paul me fixa en s'esclaffant, je fis de même. On entendit les filles nous appeler. Rachel marmonnai à Taïs.

- Si Jake lui a ne serais-ce que cassé un ongle… !

Paul sourit, nous nous mîmes à courir à petite foulée, au bout d'un moment, il me dit :

- Tu vois bien qu'elle est folle de moi.

- Ne me tente pas trop quand même, si tu m'énerves encore, je vais te casser un ongle !

Paul et moi explosâmes de rire, nous arrivions à l'orée de la forêt. Les filles entendirent nos voix et restèrent perplexes.

- Rahh ! Grogna Rachel. Paul est bien trop gentil !

Je m'arrêtai avant qu'elles nous voient, Paul aussi, il ne fallait pas oublier qu'on était tous les deux nus. Il n'était pas question que Paul se pointe comme ça devant Taïs, cette idée me déplaisait, de même qu'à Paul qui n'avait pas spécialement envie qu'elle le voie comme ça.

- Reste ici, Rachel va t'amener un short.

- Tu n'as pas peur qu'elle me voie à poil ? Railla Paul.

Je lui en collai une, il se mit à rire.

- Tu l'as pas volée ! Fis-je en m'éloignant.

J'avançai jusqu'à la maison, ma sœur m'avait déjà vu nu et ma chérie aussi. Elles se précipitèrent sur moi en me voyant arriver.

Taïs leva les mains à mes joues pour vérifier que j'allais bien.

- Ca va ? Me dit-elle.

Elle était adorable, après tout, elle n'avait jamais assisté à un combat aussi violent, c'était la première fois qu'elle me voyait muter de rage.

- Bien sûr. Répondis-je en la prenant par les poignets.

Ma sœur nous interrompit, on aurait dit une hystérique.

- OU EST PAUL ?

- Là-bas. Va lui chercher un fut'.

- JACOB TU COMMENCES VRAIMENT A M'EMMERDER ! SI TU LUI AS …

- Aïe, je crois que je lui ai cassé un ongle !

Elle me regarda, furieuse, elle savait que je l'avais entendue. Elle courut dans la maison.

Taïs me dévisagea, stupéfaite.

- Tu n'as rien ? Me demanda-t-elle en enlevant son gilet et l'enroulant autour de ma taille, histoire de préserver ma pudeur.

- Mais non. Dis-je en lui caressant une joue.

- Ouah. C'est fou ce truc, tu t'es transformé à une de ces vitesse !

- Ouai, en plein vol, c'est mon truc, ça m'est arrivé plusieurs fois, ça étonne toujours Embry… Tu vois, quand je te dis que ça peut partir comme ça.

Rachel réapparut, l'un de mes shorts à la main.

- Hé pas celui-là ! Commençai-je en le voyant.

- La ferme ! Me dit-elle avec hargne.

Taïs poursuivit :

- Je ne pensais pas que c'était à ce point.

- Quand je te dis que je suis dangereux.

- Ca dépend pour qui… Remarqua-t-elle avec un sourire malicieux.

Elle se mit sur la pointe des pieds et murmura à mon oreille :

- Je préfère le lit.

Je reconnu la réponse aux paroles de Paul, un peu avant. Je déposai sur ses lèvres un baisé enflammé, Paul et Rachel arrivaient derrière nous. Paul avait placé un bras sur les épaules de Rachel, je l'avais entendue pester contre moi, Paul, lui, me défendait un peu, il était trop heureux de la serrer dans ses bras et l'embrasser de nouveau pour parler de mes états d'âme. Rachel força Paul à s'arrêter devant moi. Elle l'agrippa par le cou et lui roula un gros patin sous mon nez ! Hupf quelle peste ! Puis elle rompit le baiser, Paul en était tout retourné. Je me demandai si j'avais cet air là lorsque Taïs m'embrassait. Rachel me cria ensuite :

- Je t'interdis de le frapper tu m'entends ? On est ensemble ! Il faut que tu t'y fasses ! C'est comme ça ! Paul est incapable de me faire du mal.

Paul affichait derrière un air satisfait, un coup de poing dans son nez me semblait une bonne idée mais je me retins et répliqua à ma sœur avec un air jovial :

- Tu as raison, il met une énergie à guérir tes lèvres gercées qui me va droit au cœur !

Paul s'esclaffa et me tapa dans la main sous le regard agacé de Rachel :

- Sacré Jacob ! S'exclama-t-il.

Rachel ramassa ses chaussures et le fit rentrer dans la maison, mais Paul lui proposa plutôt d'aller faire un tour le long de la plage, elle accepta de mauvaise grâce.

Taïs et moi rentrions dans la maison, je revêtis un nouveau short et m'installai dans le canapé, à la place de Paul et Rachel juste avant. Taïs me rejoint, elle s'assit sur moi et posa ses paumes sur mes joues, m'embrassant avec passion. Je la serrai contre moi, ne pensait plus du tout à Paul et ma sœur, elle se recula lentement alors que je m'avançai, elle posa finalement une main sur mon ventre pour me repousser, mais elle se pencha à mon oreille et me dit :

- Alors ? C'est vrai ce qu'à dit Paul ? Tu penses à moi ?

- Tout le temps ! Assurai-je en raffermissant ma prise sur elle tout en avançant la tête pour atteindre sa bouche.

Elle se recula encore, me taquiner semblait l'amuser. Un sourire délicieux s'étirait sur ses lèvres.

- Alors ? Paul a caricaturé ? Ou c'était tes vraies pensées ?

- C'était ce que j'ai pensé mais il a bien trié, je ne pense pas non plus qu'à coucher avec toi. Dis-je en m'avançant encore pour l'embrasser.

Elle déposa un bref baisé sur mes lèvres et passa ses bras autour de mon cou en s'esclaffant.

- On ne dirait pas quand on te voit faire ! Rit-elle.

- Allé ! Chuchotai-je en déposant un baisé dans son cou. Embrasse-moi ! Réclamai-je.

- Au fait, tu es très possessif dis-moi.

- Non mais attends ! C'est ma sœur ! Tu as vu les galoches qu'il lui roule !

- Et alors ? Tu n'essayes pas de m'embrasser depuis tout à l'heure toi ? Dit-elle en riant.

- Ce n'est pas pareil. Remarquai-je en l'embrassant.

- Qu'est ce qu'il y a de différent ? Réussit-elle à articuler malgré le fait que mes lèvres restaient pratiquement collées aux siennes.

Je les en retirai cependant pour lui répondre :

- Toi, tu n'es pas la sœur de Paul. Poursuivis-je donc avant de plaquer avec une rapidité lupine mes lèvres contre les siennes, je fis en sorte de prolonger mon baisé.

Taïs n'eut soudain plus l'intention de me repousser ni de discuter. Lentement, je l'allongeai sur le canapé et me penchai sur elle, elle n'avait pas retiré ses bras d'autour de mon cou. Je sentis ses mains caresser mes cheveux et frissonnai de bonheur. Nous rompîmes cependant notre baisé, Taïs en profita pour me dire :

- Et alors. Tu imagines si Paul te faisais une crise à chaque fois qu'il te voyait avec moi ?

- Je lui en collerai une dans la tronche ! Répondis-je en l'embrassant dans le cou.

- Donc, tu reconnais que tu es injuste avec lui.

- Non.

- Jake !

J'arrêtai de l'embrasser dans le cou, elle s'était à moitié relevée. Tant pis, je cédai, nous avions mieux à faire que parler de Paul ! Elle pouvait me faire dire tout ce qu'elle voulait, j'étais faible !

- Oui, oui, tout ce que tu veux ! Acquiesçai-je en me ruant à nouveau sur son cou.

Elle éclata de rire mais ne rajouta rien.