Chapitre 22 : Divergeances d'opinions
Taïs:
Lorsque je me réveillai le lendemain matin, j'avais roulé au bord du lit. Jacob ronflait comme une chaudière.
Je me levai et contournai le lit en tentant de faire le moins de bruit possible, mais naturellement c'était raté. Avec une ouïe aussi fine, Jake m'entendit.
Il ouvrit donc un œil et marmonna :
- C'est quelle heure ?
- Neuf heures et demie. Dors encore. Lui dis-je en me penchant sur lui avant de l'embrasser doucement.
Il ne se le fit pas dire deux fois et je l'entendis ronfler pendant que je fermai la porte.
J'allais me laver ne doutant pas que Jake déjeunerait une fois qu'il serait réveillé, je pensais l'attendre.
Son père n'étant pas là, je me rendis dans la salle de bains et me lavai tout en songeant à ces sang-froids, j'imaginai Jake en train de les combattre et un frisson me parcourut. Je n'osai pas lui avouer mais j'avais peur pour lui, j'étais terrifiée même.
J'aurais bien aimée en être, me transformer en mouche pour le suivre ou plutôt en un animal agressif pour le protéger au cas où. J'étais stupide de penser à ça mais j'avais la trouille.
Je sortis de la douche après m'être pris la tête à ce sujet, m'habillais rapidement et profitais que Jake dorme encore pour me mettre un peu de mascara, pour une fois, ce n'était pas du luxe.
Puis je descendis dans la cuisine préparer le petit-dej à Jacob. Nul doute qu'il mangerait encore comme 15! Je me permis d'ouvrir le frigo et trouvai dedans des œufs, des lardons...
Je tirai une poêle, mis les lardons à cuire et cassai trois œufs dedans. Billy m'avait permit de faire tout ce que je voulais dans la maison, il m'avait même répété plusieurs fois que je pouvais me servir dans le frigo, même bouger les meubles de place si je voulais. Alors je le pris au mot et jetai également du fromage râpé sur les œufs. Je sortis des assiettes, des verres et la bouteille de jus d'orange du frigo. J'attendis que les œufs soient presque prêts, baissai la température de la plaque et montai rejoindre Jacob.
Quand j'ouvris la porte, il dormait encore, la bouche légèrement entrouverte, mon coeur se mit à battre plus fort et l'idée qu'il l'entende m'effleura l'esprit. Il était sur le coté et la couverture lui arrivait au ventre. Je m'approchai tout doucement, m'assis sur le lit et lui caressa la joue, il avait l'air si tranquille, si paisible. Il ne se réveilla pas. Je me penchai alors sur lui et déposa un baiser sur sa joue avant de chuchoter avec douceur :
- Réveille-toi mon cœur.
Il ferma la bouche et inspira fortement, un sourire s'étira sur ses lèvres. Il tâtonna le matelas et posa une main sur ma cuisse. Je me penchai encore, l'embrassa au bord des lèvres et me redressai. Il ouvrit les yeux et murmura d'une voix empâtée.
- Salut toi.
- Tu as bien dormi ? Demandai-je en lui passant la main dans les cheveux.
- Oui, comme d'habitude avec toi... Marmonna-t-il en se collant contre le bas de mon dos. Tu fais cuire des œufs et des lardons ?
- On ne peut rien te cacher, c'est pour toi, j'espère que tu as faim…
- T'es adorable. Fit-il en se redressant.
Il s'appuya sur mon épaule, je souris en l'entourant de mes bras. Il posa son menton dans le creux de mon cou.
- Toi, tu n'es pas très réveillé toi. Remarquai-je.
- Comment le sais-tu ? Murmura-t-il.
Je souris.
- Allez, viens sinon tes œufs vont être archis cuits.
Je me levai et il fit de même. Une fois dans la cuisine, je le fis asseoir sur une chaise, puis posai son assiette remplie de bonnes choses juste devant lui. Alors que j'allais m'asseoir en face de lui, il m'attrapa le poignet et recula la chaise de la table, me laissant de la place sur ses genoux. Je m'installai donc sur lui et posai un bras autour de son cou. Il m'attrapa par la taille et me serra contre lui puis colla sa joue contre la mienne.
- Merci Princesse. Murmura-t-il.
- De rien, allez mange, ça va être froid.
Tout en gardant un bras sur ma taille, il attrapa sa fourchette et se mit à manger avec appétit (pour changer !) il demanda la bouche pleine :
- Tu as déjeuné ?
- Non, je vais prendre une brioche.
Il me laissa me lever et me servir dans le placard. Il était tellement calme... Je repensai à cette histoire de sang-froid, je ne savais pas comment lui en parler, et pour dire quoi de toute manière ?
Nous devions aller chez Sam et Emily pour manger à midi, Jacob avait réuni toute la meute là-bas (sauf Leah et Jared qui avaient patrouillé la nuit dernière). D'habitude Emily demandait à tout le monde d'apporter sa ration ou quelque chose, sachant que les loups pouvaient engloutir la portion d'au moins quatre humains. Aussi je fouinai dans les placards et dénichai un paquet de riz. Jake partit se laver, lorsqu'il eut fini, nous partîmes.
Arrivés devant chez chez Emily, Jacob lança le cri habituel de la meute devant la maison, le fameux « waya » aigu.
Nous y pénétrâmes ensuite. Les autres nous saluèrent, tout le monde n'était pas encore arrivé, il y avait déjà Seth, Paul et Embry. Ce dernier se tenait près de la fenêtre, appuyé, presque derrière le rideau et regardait les autres assis sur le canapé.
Jake lança un « salut les gars », vint faire la bise à Emily et s'assit tranquillement à coté de Seth. Embry n'avait pas décroché un mot. Il avait l'air étrange, ça me faisait de la peine de le voir comme ça. Alors je fis le tour pour saluer tout le monde et m'approchai d'Embry. Il baissa la tête mais je lui fis la bise, alors il marmonna avec gêne :
- Salut…
- Ca va ? Demandai-je tout bas.
Il se contenta d'hocher la tête en silence. Je fis un pas pour rejoindre Jake et me retournai.
- Tu viens t'asseoir Em ? Lançai-je à mon beau-frère.
Il me suivit, je m'assis à coté de Jacob qui passa un bras autour de mes épaules. Embry s'installa sur un siège plutôt loin de nous. Je donnai un coup de coude dans les côtes de Jake et lui lançai un regard appuyé. Il comprit et regarda son frère en disant :
- Eh frangin, désolé pour hier, je n'aurais pas du m'énerver autant.
Embry parut surprit.
- C'est ma faute. Marmonna-t-il en évitant mon regard.
- Taïs et moi ne sommes pas de cet avis. En attendant, on a d'autres chats à fouetter. Bon sang que fait Quil ? Demanda Jake.
- Il gardait Claire ce matin, d'ici-là qu'elle lui ait fait une séance maquillage à la gouache. Dit Embry, un peu plus à l'aise.
Jake et Seth s'esclaffèrent. Paul lança le sujet des sangs-froids.
- Combien ils seront déjà ? Demanda-t-il.
- Une trentaine.
Oh non ! Trente sangs-froids nouveau-nés. Je devins livide, personne ne le remarqua sauf Emily, les garçons étaient absorbés par leur conversation sur les vampires. Emily se leva et me proposa de l'aider à préparer à manger, je la suivis dans la cuisine. Elle avait prévu de faire un gros plat de pâtes, pour changer. Elle me chargea de la cuisson des saucisses.
- Tu n'es pas très bavarde. Remarqua Emily.
- Toi non plus. Répondis-je avec un sourire.
- Tu as peur pour Jake, pas vrai ?
Je hochai la tête, un peu gênée car je ne souhaitai pas que les garçons entendent notre conversation.
- Ca me fait toujours ça, pour Sam.
Je la trouvai plutôt sereine.
- On s'y habitue. Se justifia-t-elle.
Je me demandai comment on pouvait s'habituer à cela, le fait que notre copain risque sa peau sans arrêt.
- Là, c'est quand même différent de d'habitude…trente vampires…
- Ils sont alliés aux Cullen. Je ne pense pas qu'ils soient vraiment en danger. Ils savent se battre tu sais.
- Hum. Marmonnai-je en commençant à retourner les saucisses que j'avais pu mettre dans la poêle.
- Jake est fort, plus fort que tu ne le penses.
- Si tu le dis… Répondis-je sans en être convaincue.
Dix minutes plus tard, Quil débarqua dans la cuisine et nous salua, il s'exclama en me voyant aux fourneaux :
- Grenouille aujourd'hui ?
- Ahah. Raillai-je.
Depuis que j'avais eu le malheur de dire que j'aimais les grenouilles (je n'étais pas à moitié française pour rien), il n'arrêtait pas de me charrier avec ça. Nous nous mîmes à table une fois que j'eus réussi à faire cuire toutes les saucisses et Emily les pâtes (qu'elle faisait cuire dans une immense casserole).
Les garçons passèrent l'après-midi à faire des prédictions. Seth, Sam et Quil partirent faire une ronde dans les bois, les autres se tenaient prêts au cas où. Jacob s'était installé dans le canapé du salon et discutait avec Embry des combats des Cullen.
Le soir même, ils devaient encore les rencontrer. Nous partîmes dîner avec Billy, après manger, je dis à Jacob :
- Bon, je te laisse y aller tout seul, inutile que je me pointe encore là-bas.
- Tu es sûre ? Ca ne gênera pas Embry tu sais.
- Non mais même, je ne vois presque aucun combat alors… autant que je reste là.
- Très bien. Ne m'attends pas alors.
- Oui, tu vas rentrer tard.
Il sourit et m'embrassa avant de sauter par la fenêtre.
Jacob:
Nous étions fin prêts pour combattre ces ignobles sangsues. Le corbeau avait dit qu'ils arriveraient la semaine prochaine, pile en plein pendant les vacances de février… Au moins les gens seraient partis en vacances et ne se promèneraient pas dans les bois. Nous avions prévu tout un plan. Ils seraient attirés au milieu de la forêt où nous les exterminerions, parfait.
Je rentrai chez moi, il était plus d'une heure du matin. Après avoir pénétré à l'intérieur et fermé la maison à clé, je montai dans ma chambre où Taïs était endormie. Elle était allongée au milieu du lit, sur le ventre, les cheveux déployés sur le matelas. Elle avait mit le chauffage plus fort, je ne pu m'empêcher de sourire à cause de cela et arrêta le radiateur avant de me glisser sous la couette avec elle. Je m'installai sur le ventre aussi, presque sur elle mais sans l'écraser, étendit mon bras sur ses épaules et posa ma tête contre son dos avant de m'endormir d'un sommeil profond.
Taïs:
Le lendemain, Jacob m'expliqua leur plan pour la semaine qui suivit et me fit comprendre qu'il vaudrait mieux que je reste chez moi.
- Oh non, allez… Commençai-je.
Pas question que je reste cloitrée chez moi alors qu'il risquerait sa peau, non mais et puis quoi encore? Pour qui il me prends?
- C'est trop risqué. Me coupa-t-il.
- Mais à vous entendre on dirait que vous allez les écraser en 5 minutes.
- Bien sûr qu'on va se les faire, mais je ne veux pas que tu te trouves dans les parages en même temps qu'une trentaine de vampires.
Ok alors où est le problème s'ils "vont se les faire" comme dit Jake ? Je ne devrais courir aucun risque, pas vrai?
- Tu m'as souvent dis que la Réserve était l'endroit le plus sécurisant parce qu'il y a votre odeur. Argumentai-je.
- Oui mais…
Il semblait réfléchir à l'excuse qu'il allait me fournir.
- Alors je ne vois pas le problème. Repris-je.
- Moi si. Me dit Jacob avec douceur en me prenant par la taille.
- Je te vois venir. « Je m'inquiète pour toi, je ne veux pas qu'il t'arrive malheur ». Marmonnai-je en embrayant sur ses mots.
- Quelle perspicacité ! Sourit-il. Alors tu saisis pourquoi je préfère t'éloigner d'ici.
- Non. Emily, Kim et les autres Quileutes, il ne leur est jamais rien arrivé.
Il ouvrit la bouche mais je ne lui laissai pas le temps de parler.
- En plus, la Réserve d'Hiver n'est qu'à une heure et quart d'ici, tu ne crois pas que je coure le même risque chez moi ? Si ce n'est plus car il n'y a pas vos odeurs là-bas !
Il ne répondit pas, j'avais tapé dans le mille. Je plantai mon regard dans le sien et poursuivis :
- Je préfère venir ici.
Il soupira.
- Très bien, mais tu ne bougeras pas de la Réserve.
La semaine suivante, c'était le début des vacances de février. Je vins chez Jake mais il fut très occupé, ce qui me laissa le temps de revoir mes cours et de lui faire quelques fiches pour son examen de fin d'année, je savais pertinemment qu'il n'aurait pas le temps d'en faire. Les sangsues devaient venir le dimanche soir.
Le vendredi, Jake fut appelé par Edward. Nous nous rendîmes dans la clairière dans l'après-midi. Edward ne se batterait pas, Bella avait réussit à le convaincre, j'aurais bien aimé pouvoir faire la même chose avec Jacob, mais inutile d'y songer, en plus il était l'Alpha.
Edward et Bella devaient camper dans la forêt, Jake dû l'emmener jusqu'au campement, pendant ce temps, Jasper sentait si son odeur pouvait être détectée. Jake se mit en rogne lorsque les vampires évoquèrent sa soit disant puanteur, moi plutôt parce que savoir Bella dans ses bras me "chagrinait", en fait, j'étais verte de jalousie mais je crois que Jasper a fait quelque chose pour y remédier...
Lorsqu'ils revinrent après avoir fait le tour de la forêt, Jasper reconnu qu'il n'avait sentit que « la senteur » de Jacob. Je questionnai Bella pendant qu'ils parlaient tous les trois, elle m'expliqua au cours de la conversation que, comme Edward entendait les pensées de tout le monde, il saurait s'il y avait un problème.
Une idée me vint en tête, je voulais me joindre à eux, je questionnerai Edward pour savoir comment irait Jake. Edward sembla m'entendre, heureusement pour moi, il avait la délicatesse de ne pas révéler les pensées de tout le monde à tord et à travers. Il sourit en entendant ma remarque. Lorsque nous nous saluâmes, il me chuchota cependant :
- Il ne sera pas d'accord, il ne le montre pas mais il est terrifié à l'idée qu'il t'arrive quelque chose.
- D'accord pour quoi ? S'écria Jacob en lâchant Bella (il était en train de lui faire une bise).
- Pour rien. Répondis-je.
Il me fixa puis s'adressa à Edward.
- Dis-moi. Ordonna-t-il d'un ton sans appel.
Jasper décida qu'il était temps de partir et s'éclipsa en quelques secondes.
Edward ne répondit pas tout de suite, Jake se tourna alors vers moi et vint me prendre les mains.
- Taïs. Dit-il en me lançant un regard pénétrant.
- J'aimerais bien rester avec Edward et Bella, dimanche soir. Avouai-je.
Hum aucune volonté. Et après on ose dire que l'imprégnation ne marque que dans un sens!
- QUOI ? S'exclama Jacob en insistant sur toutes les lettres, outré. Il n'en est pas question tu m'entends ? C'est beaucoup trop dangereux !
- Tout est prévu pour que Bella soit en sécurité non ? Si je me joins à eux… Plaidai-je.
- Tu n'iras pas avec eux ! Gronda Jacob, fou de rage sans que je sache pourquoi.
C'est vrai quoi, inutile de se mettre dans des états pareils pour "quelques sangsues tirées du berceau" (citation de Quil!).
- Qu'est ce que ça peut faire ? Je ne risquerai rien de plus qu'à la Réserve ! Continuai-je, décidée à rester avec Edward et Isabella ce jour-là.
- Tu seras trop près des combats !
- Et alors ? Plus on est près du danger, plus on est en sécurité ! Tu connais le proverbe !
- Celui qui a dit ça est un demeuré! Cria-t-il.
- Jacob. Intervint Edward d'une voix calme. Si elle veut rester avec nous, je veillerai sur elle, tu peux me faire confiance.
Jake le regarda comme s'il venait de proférer une absurdité. Puis il lui répondit si sèchement que j'en étais gênée:
- Toi mêle-toi de tes oignons !
Il s'écria ensuite en me regardant :
- Mais enfin pourquoi tu veux venir te fourrer dans la gueule du loup ? Tu pourrais très bien rester à la Réserve ! Ca ne changerait rien ! Tu verras bien Edward et Bella une autre fois !
- Ce n'est pas Edward et Bella que je veux voir, c'est toi ! Répondis-je, plus qu'agacée.
- Comment ça moi ?
- Edward me donnera de tes nouvelles.
Jacob éclata d'un rire nerveux.
- Mais je ne risque rien enfin ! M'assura-t-il en caressant une de mes joues.
- Ca c'est toi qui le dis ! J'ai un mauvais pressentiment Jake !
Bon, c'était peut-être un peu direct, mais il devait savoir que je me faisais du soucis pour lui.
- Tu t'inquiètes pour rien.
Je poussai un soupir. Comment le convaincre? Il était plus têtu qu'une mule!
- Toi aussi. Murmurai-je avec douceur. S'il te plait, laisse-moi rester avec Edward puisque je ne peux pas t'empêcher de combattre.
Il devait admettre que j'avais de bons arguments. Il racla la terre au sol et répliqua :
- Je ne peux pas. Ne me demande pas ça !
- Jake…
- Non !
- S'il te plait, c'est une faveur que je te demande… Insistai-je.
Je savais qu'il lui serait difficile de me refuser quoique ce soit, j'usai de l'imprégnation, je m'écœurai…mais c'était le prix à payer pour savoir si Jacob irait bien.
- Je…non. Répondit Jake.
- Tu m'interdirais d'y aller ? Le provoquai-je.
- … Oh Taïs ! Ne fais pas ça ! Clama-t-il, l'air torturé.
- Mais je ne risquerai rien de plus que Bella…
Il me fixa encore un bref instant puis m'attrapa par la taille et m'attira à lui.
- Je ne pourrai pas combattre si je m'inquiète pour toi ! S'exclama-t-il gravement.
- Tu n'auras pas à t'inquiéter ! Assurai-je en posant mes paumes sur ses joues.
- Si ! Bien sûr que si ! Ca sera plus fort que moi ! Je ne penserai qu'à toi ! S'écria-t-il en me prenant par les poignets.
- S'il te plait, Jacob ! Le suppliai-je en soupirant.
Je collai mon front contre le sien et fermai les yeux. J'utilisai tous les ressorts pour le faire craquer, quelle garce j'étais… Mes doigts glissèrent derrière sa nuque et je sentais les muscles de son cou qui saillaient.
- S'il te plait. Continuai-je. Je t'en prie.
- Tu ne sais pas ce que tu me demandes !
- Jake… Murmurai-je.
Il baissa la tête, marmonna :
- Je…D'accord.
Et immédiatement, fit un pas en arrière en hurlant presque.
- Non ! Non ! Pas question !
- Jacob… Soupirai-je en m'avançant petit à petit jusqu'à ce que je me retrouve juste devant lui.
- Je t'en prie ! Plaida-t-il.
Je secouai légèrement la tête en expirant.
Il posa une main sur ma nuque et m'embrassa à pleine bouche sans que je puisse faire quoi que ce soit, je ne connaissais même pas sa réponse, peut-être espérait-il me faire changer d'avis mais cela ne fit que renforcer mon idée : je voulais savoir en temps et en heure comment il allait. Je goutai sur sa bouche son tourment, quel baiser… Je décelai sa peine, son inquiétude, et me demandai s'il comprenait la mienne.
Ce combat semblait lui paraitre futile…cela me faisait peur. Il retira lentement ses lèvres des miennes, sans desserrer son emprise sur moi. Son front était barré d'un trait, il porta ses mains à mes épaules et m'écrasa contre lui, je posai les miennes dans le creux de ses reins. Alors qu'il fourrait son visage à la naissance de mon épaule, je l'entendis gémir :
- Je ne veux pas… je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Je ne pourrai pas te protéger…nous seront occupés avec les sangsues…
J'étais vraiment en dessous de tout. Jacob paraissait tellement troublé, peiné, effrayé, on aurait dit que je lui faisais subir un réel supplice, la culpabilité m'envahit, je tentai de l'apaiser, le rassurer :
- Chut… C'est ce que je veux moi, Jacob. Chuchotai-je à son oreille. Il ne m'arrivera rien. Tout est organisé…
- Tout peut déraper en un instant ! Reprit-il en se redressant.
Edward jugea bon d'intervenir, ouf, un peu d'aide me semblait appropriée.
- Jacob, je veillerai sur elle, je t'en fais le serment.
Ce qu'il pouvait être solennel lui aussi, c'était effrayant. Jake le fixa, les traits déformés par l'inquiétude. Il tourna la tête, me regarda, puis revint à Edward, jeta un coup d'œil au paysage alentour.
- Tu répondras d'elle ?
- Bien sûr.
Cette manie qu'ils avaient de nous rendre encore plus insignifiantes que nous l'étions déjà… Jacob me fixa, j'eus un faible sourire pour le rassurer. Il s'exclama à l'adresse d'Edward :
- Je resterai avec vous la nuit, Seth me remplacera à l'aube.
Il y eut un long silence, Edward et Jacob se regardaient, j'étais sûre qu'ils avaient une conversation mentale. Edward répondait par des hochements de tête grave, des « bien sûr »… Au final, Jacob lui dit :
- Je compte sur toi.
Il n'attendit pas qu'Edward et Bella partent. En un geste, sans que je me rendre compte de ce qu'il se passait, il se baissa, plaça un bras derrière mes genoux, l'autre dans mon dos, me souleva avec célérité et s'enfuit en courant à travers les bois, m'emportant avec lui.
Il ne s'arrêta que lorsque nous fûmes arrivés chez lui. Je ne savais pas quelle heure il était, presque 17 heures. Jacob me posa à terre sans un mot. Il me prit la main, m'entraina à l'intérieur alors que nous devions nous rendre chez Sam et Emily.
- Jacob… Commençai-je.
Il me mena dans sa chambre, je ne compris pas son intention. Il rentra, ferma la porte. Je restai pantoise au milieu de la pièce, pensant qu'il allait crier, me hurler dessus ou encore tenter de me convaincre, mais il n'en fit rien. Il porta ses deux mains à sa nuque et marcha dans la pièce à toute vitesse.
- Jake, dis quelque chose. Murmurai-je mal à l'aise.
Il ne répondit pas, posa une paume sur ses cheveux, l'air torturé. Je baissai la tête, me sentant coupable. Jacob se colla alors à moi et m'embrassa avec affliction. Il posa ses mains dans le creux de mes reins, me serra contre lui tout en avançant lentement, me forçant à faire des pas en arrière. Je me laissai basculer sur le matelas moelleux, un peu perturbée par le manque de parole de mon bien-aimé. Ses lèvres glissèrent dans mon cou, pour lui arracher au moins un mot, je murmurai :
- Jake, parle-moi…
- Je t'aime. Répondit-il dans un souffle en m'embrassant le cou tout en dégrafant mon pantalon.
Il me le retira rapidement ainsi que mes autres vêtements. Puis se releva, me laissant nue sur le lit après avoir avivé mon désir. Il ferma la porte à clé, me détailla du regard un instant, ôta son short et revint près de moi. Il se mit sur le coté, s'appuya sur un coude et laissa trainer une main vagabonde sur mon corps. Sur ses traits, je ne lu que l'affliction, le tracas, il était sérieux. Ses doigts remontèrent à mon visage, il effleura mes lèvres en les fixant, je le saisis par le poignet, portai sa paume sur mon sein gauche, mon cœur s'était emballé sous l'influence de ses caresses, il l'avait entendu j'en étais consciente mais cela ne l'empêcha pas de tressaillir lorsqu'il sentit sous nos chairs ses impulsions. Je lâchai son poignet et sa main resta à cette place. Mes doigts cherchèrent sa peau douce et chaude, je frôlai son torse avant de toucher sa taille, je l'attirai à moi. Il m'embrassa avec passion, se faufilant au dessus de moi, me prit dans ses bras, me prodigua des baisers et caresses comme il ne l'avait jamais fait, il était animé par une fougue, une sensibilité comme jamais. Il souffrait. J'étais la cause de son mal et son remède à la fois. Comme pour approuver mon sentiment, il me murmura :
- J'ai peur chérie.
- Je sais. Réussis-je à articuler malgré le plaisir qu'il me prodiguait.
Ce fourbe attendit le moment le plus opportun. Jamais il ne lâchait l'affaire ni ne laissait tomber le morceau. Sa passion dévorante me submergea toute entière et me transporta dans un état second. Il savait bien s'y prendre avec moi, j'aurais pu craquer lorsqu'il chuchota, la tête enfouie dans ma poitrine :
- N'y va pas… Ne va pas dans la forêt dimanche.
Les paroles mirent du temps à être comprises par mon esprit embrouillé, je ne songeai en cet instant qu'à faire évacuer mon bonheur par des soupirs d'extase. Jacob fit exprès de continuer, il voulait que j'aille dans son sens, il faisait tout pour ça et se fichait que je ne sois pas en pleine possession de mes moyens, au contraire, je n'en serais que moins butée. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que je réponde :
- Je veux…être avec toi. Soufflai-je en arquant le cou.
Cela raviva la passion de Jake et son acharnement à vouloir me tirer une promesse que je ne voulais pas lui donner, mais je ne cédai pas.
Lorsqu'il consentit à me laisser respirer un instant, il semblait partagé, à la fois heureux et triste, son visage lumineux passait à la mélancolie, de la peine à la joie. Contre moi, il réfléchissait. Il parla lentement :
- Tu ne m'aimes pas comme je t'aime…
- Pourquoi tu dis ça ? M'écriai-je.
- Tu n'irais pas. Tu m'écouterais. Répondit-il calmement en caressant ma taille.
- Si tu étais à ma place tu aurais eu la même idée !
- Non, si j'étais à ta place, j'aurais privilégié ma sécurité, pour toi. Tu ne m'aimeras jamais autant que...l'imprégnation…je le savais au fond…
- Jacob ! Tais-toi ! Grondai-je.
- Mais c'est normal, ce n'est pas naturel comme tu dis.
- Arrête.
Il leva la tête et planta son regard plein de tristesse dans le mien, comment pouvait-il dire des choses pareilles ? Osait-il y seulement y penser ?
- Mais ma puce, je ne t'en veux pas.
Me redressant, mes paumes vinrent toucher ses joues et je l'attirai à moi brusquement en m'écriant :
- Regarde comme je t'aime idiot !
Mes lèvres rencontrèrent les siennes avec fureur, je l'embrassai fougueusement, alors ses mains cherchèrent de nouveau mon corps avec frénésie.
- N'y va pas. Me chuchota-t-il avec impétuosité en effleurant mon cou.
Je ne répondis pas, il oublia d'insister.
