Bonjour à tous, voici le chapitre 2 avec de nouveaux personnages notamment ; il sera un peu plus long que le premier et vous donnera une idée de la taille que devraient avoir les prochains chapitres :)
Merci beaucoup à Maxine 3482 et Rose Caldin qui ont pris la peine de me laisser un petit commentaire pour me dire ce qu'elles avaient pensé du 1er chapitre, ainsi qu'à ceux qui m'ont ajouté en favori et en follow !
Bonne lecture ;)
PS : je m'excuse par avance mais étant encore novice sur ce site, je n'arrive pas enregistrer les espaces entre les paragraphes donc je me suis contentée de lignes entre les paragraphes principaux mais le tout fait un peu bloc, désolée ^^
Chapitre 2
Le lendemain matin, Hermione se leva sans enthousiasme. Elle se dirigea vers le tiroir en bas de son armoire, fermée par une clé et un sortilège et y saisit une des innombrables fioles qui s'y trouvait. Chaque fiole contenait cinq portions à prendre dans la journée, le matin, en milieu de matinée, à midi, dans l'après-midi puis le soir. Elle déboucha le flacon et en avala un peu avant de grimacer. Le Dr Jones l'avait prévenu, mais cela n'enlevait rien à l'immondice du goût. Elle but un grand verre d'eau pour faire passer le tout puis fila sous la douche en espérant que cela la réveillerait un peu.
Un quart d'heure plus tard, elle en sortait, un peu plus fraîche et habillée. Mais alors qu'elle se dirigeait vers sa chambre pour prendre ses livres avant de descendre petit-déjeuner, la porte de l'autre chambre s'ouvrit.
Elle vit avec stupéfaction une jeune Serdaigle en sortir, reboutonnant son chemisier à moitié ouvert, les cheveux en bataille, l'air pas très frais mais un air de ravie de la crèche sur le visage. Et derrière elle, Malefoy, fier comme un paon, vêtu d'un unique caleçon, qui s'étirait avec délectation.
- Tiens Granger ! Sourit le jeune homme avant de bâiller à gorge déployée.
Hermione se demanda si la nausée qui montait était due au médicament où alors à la pensée de l'acte qui avait occasionné le gloussement hystérique qu'émit la jeune Serdaigle avant d'envoyer un regard enamouré à Malefoy…que celui-ci ne lui retourna certainement pas et c'est donc avec une moue déçue qu'elle s'en alla en trottinant.
Hermione cligna plusieurs fois des yeux, comme pour se convaincre qu'elle rêv…non cauchemardait, mais la voix de Malefoy la ramena rapidement à la réalité :
- Alors Granger, bien dormi ?
Il savait qu'il y avait très peu de chances qu'elle ne réagisse pas à celle-là.
Et ça ne rata pas.
- Non mais tu déconnes ! Explosa la Gryffondor en pointant du doigt le passage par lequel s'était éclipsée sa conquête. On est pas là depuis dix jours que tu t'envoies déjà en l'air avec une fille dans notre appartement ?!
- Quoi, ses gémissements t'ont empêché de dormir ? Railla le jeune homme.
- Ca va pas être comme ça toutes les nuits quand même !
- Qui sait…, bâilla Drago, mais tu sais, si tu te sens seule, tu es libre de nous rejoindre.
Hermione ouvrait déjà la bouche pour lui lancer une réplique de son cru mais soudain, sa tête se mit à tourner et avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qui lui arrivait, elle s'effondra lourdement au sol, sous le regard à la fois surpris et dédaigneux de Malefoy qui se contenta de hausser un sourcil, baissant la tête au rythme de sa chute.
- C'est pas vrai ! grogna-t-il. Eh Granger, c'était une blague !
Il soupira et s'accroupit près de la jeune fille qui ne bougeait plus. Il poussa sa tête à l'aide d'un unique doigt comme on touche prudemment un objet trouvé par terre, espérant qu'elle se réveillerait et qu'il pourrait se moquer d'elle et de sa pudibonderie. Mais voyant qu'elle restait immobile, il fit la moue et se contenta de la soulever pour la mettre sur le canapé.
- Granger ! Appela-t-il de nouveau.
Aucune réaction. Il la secoua un peu.
- J'espère que t'es pas morte ! poursuivit-il en se redressant. C'est pas que ça me dérangerait mais le balafré et la belette vont trouver le moyen de tout me mettre sur le dos et j'ai pas besoin de ça en ce moment…
- Une sang-de-bourbe en moins pour toi…
Ces mots avaient été soufflés tandis que la jeune fille papillonnait des yeux. Drago recula d'un pas, les mâchoires serrées. Il ne riait plus du tout.
Il se contenta de lâcher d'une voix hargneuse :
- Arrête de raconter des conneries Granger et bouge de là.
Puis, sans plus se préoccuper d'elle, il s'en alla dans la salle de bains dont il claqua violemment la porte, achevant de ranimer Hermione qui porta la main à sa tête. Elle s'était demandée quand arriverait le premier malaise. Et de toutes les hypothèses, celle de s'évanouir devant Drago Malefoy n'était pas sa préférée.
Loin de là.
Hermione ignora royalement son colocataire durant toute la journée. Même quand il la fixa avec un air goguenard durant tout le cours de potions.
Le soir, elle passa plusieurs heures à la bibliothèque et c'est alors qu'elle en sortait qu'elle sentit une chaleur dans sa poche et elle découvrit sur le gallion de l'A.D. qu'Harry avait prévu une réunion après le dîner dans la salle sur demande. La jeune fille sourit et se hâta vers la grande salle.
Elle y retrouva Ginny et Parvati qui discutaient à voix basse. Elle s'assit à côté d'elles et demanda aussitôt en se servant de la salade :
- Vous avez vu ?
- Oui, répondit aussitôt Ginny.
- Tu as une idée de ce dont il veut nous parler ? demanda Parvati à Ginny avec curiosité. Je veux dire, c'est la première réunion depuis...
- Aucune idée, soupira la rouquine, je l'ai à peine vu aujourd'hui, il est tout le temps fourré chez Dumbledore. C'est ridicule, je deviens jalouse d'un homme âgé de plus de cent ans.
Ses amies se mordirent la lèvre pour ne pas rire et elles se terminèrent leur repas en s'efforçant de parler d'autre chose.
En sortant de la grande salle, elles croisèrent Ernie McMillan, Hannah Abbott et Susan Bones qui se dirigeaient comme elles vers les étages. Echangeant un regard entendu, les trois Poufsouffle ralentirent le pas pour laisser passer les Gryffondor devant eux et prendre de l'avance.
Elles ne rencontrèrent presque personne durant leur ascension et le septième étage semblait vide.
- C'est bête qu'on n'ait pas tous une carte du maraudeur, fit remarquer Parvati en jetant des coups d'œil anxieux par-dessus son épaule tandis que Ginny passait trois fois devant le mur.
Hermione lui répondit par un faible sourire et elles entrèrent rapidement par la porte qui venait d'apparaître.
Elles pensaient être en avance mais pourtant, il y avait déjà du monde. Harry discutait à voix basse avec Dean et Neville tandis que Ron et Seamus semblaient expliquer quelque chose à Anthony Goldstein et Terry Boot. Cho, Luna et Padma patientaient sur des coussins un peu plus loin, et cette dernière se leva en apercevant les trois Gryffondor.
- Je me demandais si tu avais eu le message ! lança Padma à sa sœur en s'approchant.
- Vous êtes là depuis longtemps ? S'enquit Ginny en les regardant.
- Non, on vient d'arriver. On attend encore beaucoup de gens ?
- Lavande ne devrait pas tarder, répondit Parvati. Et Ernie, Susan et Hannah étaient juste derrière nous.
Justement, ils entraient en compagnie de Lavande et des frères Crivey. Harry attendit que Justin Flinch-Fletchley et Michael Corner arrivent à leur tour pour rassembler tout le monde. Ron et Hermione s'étaient tout naturellement postés à côté de lui et lorsqu'Harry fit l'erreur de proposer un siège à son amie, elle le foudroya du regard.
- Bonsoir à tous, déclara précipitamment le jeune homme pour échapper à son regard noir, je sais que ça fait longtemps que nous n'avons pas eu de réunion mais je suis heureux de voir que presque tous les anciens membres sont là.
Il se tut un instant pour reprendre son souffle, puis poursuivit d'une voix ferme :
- Je pense qu'il est inutile d'épiloguer sur le contexte actuel. On sait tous ce qui se passe à l'extérieur. Mais vous devez savoir que depuis l'année dernière, Dumbledore et moi avons trouvé le moyen de vaincre Voldemort. Définitivement.
Sa remarque fut accueillie par des cris de surprise et de triomphe de la part de ceux qu'Harry n'avait pas encore mis au courant – tous en fait à l'exception de Ron, Hermione, Ginny et des garçons de son dortoir.
- Qu'est-ce que c'est ?! demanda aussitôt Cho les yeux brillants.
Harry les regarda d'un air grave.
- J'imagine que personne n'a entendu parler des horcruxes ?
Dix minutes, beaucoup de questions et des cris de stupéfaction plus tard, Harry avait expliqué la situation à tous les membres de l'A.D. Lavande avait plaqué ses mains sur sa bouche à plusieurs reprises et Dennis Crivey avait légèrement verdi. Quant à Luna, elle n'avait rien exprimé pendant la totalité du discours mais Hermione avait bien vu que ses grands yeux clairs avaient perdu leur apparence innocente teintée de douce folie.
- Alors il nous reste quatre horcruxes à trouver ? Lâcha finalement Ernie.
- C'est ce qu'on pense, oui, répondit Harry, il aurait été difficile pour Voldemort d'en faire plus de six…le problème est de les identifier.
- Jusqu'ici, ceux qu'on a trouvé semblaient être en lien avec la famille de Voldemort, poursuivit Hermione, son journal intime – Ginny ne put s'empêcher de frissonner – la bague de son grand-père et le faux médaillon de sa mère qui aurait également appartenu à Salazar Serpentard.
- Vous pensez que c'est le cas de tous les horcruxes ? demanda Anthony Goldstein.
- Pas forcément, reprit Harry, mais il est clair que les horcruxes n'ont pas été choisis au hasard, de même pour leur cachette.
Dennis Crivey, le plus jeune du groupe se mit à bomber le torse pour lancer d'une voix forte :
- Dis-nous ce que tu attends de nous Harry !
Tout le monde sourit mais ils ne s'en tournèrent pas moins vers Harry en quête d'une réponse. En effet, quel était le but de cette réunion ?
- Merci Dennis, répondit Harry qui avait clairement du mal à se retenir de rire, eh bien d'abord, si vous êtes d'accord, je souhaiterais que nous reprenions les entraînements de l'A.D…avec Rogue en DFCM, je me méfie – Hermione leva discrètement les yeux au ciel. Quand allait-il enfin se défaire de sa méfiance envers leur exécrable mais loyal professeur ? – Et puis…on a besoin de toute l'aide possible sur les horcruxes. Je sais que vous avez d'autres choses à faire et je ne vous demande pas de passer vos soirées sur le problème mais si vous avez des idées, un peu de temps pour aller à la bibliothèque…
- Dumbledore m'a donné l'autorisation pour travailler dans sa bibliothèque personnelle dès que je le souhaite, déclara Hermione, si de temps en temps l'un de vous veut m'accompagner…
- Bien sur ! sourit chaleureusement Cho. Moi en tout cas je veux bien !
D'autres approuvèrent bruyamment et Hermione dut leur faire comprendre gentiment qu'elle ne pourrait emmener qu'une personne à la fois. Ils ne pouvaient décemment pas se rendre à quinze chez le directeur sans attirer les soupçons.
Harry leva les mains pour faire cesser le vacarme et conclut :
- Gardez un œil sur vos gallions pour le prochain entraînement. Et entre temps n'oubliez pas, à l'extérieur de cette salle, nous ne sommes pas amis, enfin, je ne vous empêche pas de vous voir mais il y a des risques pour qu'Hermione, Ron et moi soyons surveillés alors le mieux pour les non-Gryffondor est de prétendre que nous ne sommes que de simples connaissances.
Tandis que tout le monde hochait la tête, Hermione avait buté sur sa dernière phrase et elle regardait ses deux meilleurs amis avec stupéfaction. Ron lui fit comprendre qu'elle allait devoir attendre la fin de la réunion pour des explications.
Après s'être assuré que chacun était reparti sans problème vers sa salle commune, Harry vérifia une dernière fois la carte du maraudeur avant de sortir dans le couloir avec Ron et Hermione. Cette dernière n'attendit pas longtemps avant de chuchoter furieusement :
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de surveillance Harry ?!
- Dumbledore et moi n'en sommes pas surs à cent pour cent, la calma le jeune homme, mais c'est fort possible.
- Toi d'accord mais pourquoi moi ? Ou Ron ?
- Parce que tout le monde sait que vous êtes mes meilleurs amis et qu'il n'y a rien que je sache que vous ne sachiez également.
- Mais qui nous espionnerait ?
- Des élèves, des jeunes mangemorts ou des mangemorts en devenir en tout cas. Dumbledore a catégoriquement refusé de contrôler les hiboux mais je reste persuadé que Voldemort a des espions qui lui envoient des informations sur Poudlard, sur Dumbledore et sur nous.
Hermione poussa un profond soupir. Elle se sentait soudain terriblement fatiguée.
- Tu crois que Malefoy en fait partie ?
- J'imagine, soupira Harry, en tout cas il est clair qu'il faut le tenir à l'œil.
- Tu n'as rien remarqué de suspect ? Demanda Ron.
- A part qu'il a déjà commencé à exploiter toutes les fonctions de son lit, non.
Ron grimaça tandis qu'Harry levait les yeux au ciel. Les frasques de Malefoy n'étaient un secret pour personne mais s'il devait être honnête avec lui-même, cette année, il avait bien d'autres choses à faire que de se chamailler avec le Serpentard comme les années précédentes. Alors il pouvait bien s'envoyer en l'air avec la moitié de Poudlard, tant qu'il n'en profitait pas pour les recruter dans les rangs de Voldemort, il s'en foutait comme du premier tee-shirt de Dudley.
- Garde-le simplement à l'œil, conclut le Survivant en soupirant derechef, et si tu vois quoi que ce soit…
- Je vous préviendrais, assura Hermione.
Dans leur entreprise de surprotection, ses deux amis refusaient qu'elle fasse quoi que ce soit de « fatigant ». S'occuper de Malefoy s'il s'avérait aussi dangereux que d'habitude était classé dans cette catégorie et au premier signe, ils étaient prêts à mettre Hermione de côté pour prendre le relais.
Bon, évidemment, ils ne l'avaient pas présenté comme ça…
Les jours suivants passèrent calmement. Très en avance sur ses devoirs – et le programme mais elle avait refusé de le dire aux garçons de crainte qu'ils ne se moquent d'elle – Hermione en profitait pour se reposer. Enfin, se reposer à sa façon. A savoir se mettre au lit avec une pile de bouquins sortis discrètement de la bibliothèque de Dumbledore et tenter de trouver des informations pour éliminer le plus grand mage noir de tous les temps.
Elle évitait Malefoy autant que possible mais à vrai dire, il n'avait plus trop l'air d'humeur à l'agresser. En fait, Hermione trouvait même qu'il avait mauvaise mine. Il avait l'air préoccupé et de ce qu'elle savait, il n'avait pas eu d'autre visite nocturne.
Harry quant à lui passait le plus clair de son temps libre avec Dumbledore. Elle savait qu'ils discutaient beaucoup, se plongeaient parfois dans la pensine…Ron l'accompagnait quelquefois.
Le jeudi soir, alors qu'Hermione rentrait à l'appartement des préfets après le dîner, elle trouva Drago sur le canapé, fixant le feu en se rongeant l'ongle du pouce.
C'est presque sans s'en rendre compte qu'elle lâcha :
- Malefoy, tu es sur que ça va ? Tu as une petite mine ces jours-ci.
Il eut l'air aussi surpris qu'elle et la regarda en fronçant les sourcils, cherchant le piège ou la pique dissimulée. Voyant qu'elle attendait vraiment une réponse, le jeune homme se leva et s'enfuit dans sa chambre en la gratifiant d'un « t'occupes Granger » qui lui fit serrer les dents. C'était bien la dernière fois qu'elle essayait d'être gentille avec ce petit con !
Elle partit se coucher et ne vit donc pas Drago se faufiler dans le passage pour sortir.
Le Serpentard attendait depuis cinq bonnes minutes dans le cloître lorsqu'une silhouette mince s'avança dans la lumière de la lune.
- C'est pas trop tôt.
Pansy Parkinson envoya un sourire au jeune homme et alluma une cigarette avant d'en tirer une profonde bouffée.
- Arrête de râler Drago. Tout le monde n'a pas un appartement privé. J'ai du attendre que Crabe et Goyle quittent enfin la salle commune pour m'éclipser sans attirer les questions.
- Et Blaise ?
- Et Blaise sait parfaitement où je suis, cesse de le prendre pour un idiot. Mais il est assez mature pour ne pas piquer une crise comme une ado de treize ans qui voit sa BFF copiner ailleurs.
Elle tira une autre bouffée et vint s'asseoir face à son ami, adossé à une colonne.
Drago la regarda un instant sans rien dire et c'est elle qui brisa le silence :
- Alors ?
- Je pense que je vais le faire.
- Tu es sur ?
- Ca va faire des mois que j'y pense. Alors non, je ne serai jamais totalement sûr mais c'est le moment ou jamais. Plus j'attends, moins ils me feront confiance.
- Et s'ils ne veulent pas de toi ?
- Ce serait compréhensible en même temps. Qu'est-ce que tu dirais si Potter se pointait soudainement en te demandant où signer pour devenir mangemort ?
- Ce serait drôle.
Mais son absence de sourire démentait ses paroles. Pansy poussa un profond soupir et posa une main sur celle de Drago.
- Je veux seulement être certaine que tu ne vas pas le regretter…
- Oh, il y a très probablement des moments où je vais le regretter. Ricana le jeune homme. Quand il va falloir communiquer avec le Balafré autrement qu'à coups de sectumsempra…
- Qu'il faudra être aimable avec la Belette et toute sa tribu de rouquins…, poursuivit Pansy.
- Ou quand je devrais faire comme si Londubat n'avait pas une tête de con. Acheva Drago.
Ils éclatèrent de rire et Pansy se pencha vers l'extérieur pour écraser sa cigarette dans l'herbe.
- Pourquoi tu ne veux pas venir avec moi ?
La jeune fille se redressa lentement. Depuis que son ami d'enfance, entraîné par les événements de l'an passé et la multitude de doutes qu'ils avaient apportés, avait décidé de trahir son camp, il avait également essayé de les convaincre, Blaise et elle, de l'imiter. Pansy avait lâché un non catégorique, mais elle savait que Blaise était plus partagé. La célèbre Mrs. Blazini était connue pour choisir le coté sécurité dans la vie. Après le décès de son dernier mari, elle avait préféré se ranger dans le camp des Mangemorts, mais il y en avait peu qui croyaient à sa sincérité.
Drago la regardait toujours. Pansy lui envoya un sourire las :
- Tu es plus courageux que moi, tu sais.
- On m'a donné beaucoup de qualificatifs mais jamais celui-là, fit remarquer le jeune homme pour plaisanter.
- Tu es courageux, mais tu es aussi mort de peur.
Il ne répondit rien. Elle avait raison, bien sur. Pansy avait souvent raison.
Elle poursuivit :
- Tu as peur et tu as envie que je te tienne la main pendant que tu vas t'excuser auprès de tes petits camarades pour toutes les crasses que tu as pu leur faire – Drago grimaça, il détestait quand elle prenait ce ton paternaliste, d'autant plus pour lâcher la vérité – mais je ne suis pas ta mère Drago, si tu veux vraiment le faire, tu dois le faire tout seul.
Elle lui reprit la main et la serra un peu avant de conclure avec un mystérieux sourire :
- J'arriverai sans doute un peu en retard, alors ne m'attends pas.
Le lendemain, alors qu'Hermione sortait des toilettes des filles pour se rendre en cours, elle s'arrêta un instant devant une fenêtre pour tenter d'arranger un peu sa tignasse - ça ne marchait jamais mais ça ne l'empêchait pas de continuer d'essayer ! Elle remarqua à peine que quelqu'un venait se placer à ses côtés.
- Tu devrais faire attention à tes affaires Granger.
Le ton était indifférent mais Hermione sentit tout de même son cœur faire un bond magistral dans sa poitrine en voyant Pansy Parkinson lui tendre son flacon. Celui qu'elle pensait avoir correctement remis dans son sac après avoir bu sa deuxième portion de la journée.
Elle aurait sans doute du la remercier mais la peur la fit plutôt lui arracher la fiole des mains en glapissant :
- Où est-ce que tu as trouvé ça ?!
- Dans les toilettes. Répondit la jeune Serpentard, toujours aussi stoïque en la regardant enfouir vivement le flacon dans sa poche. Tu l'avais laissé tomber sous le lavabo. Tu as de la chance, la plupart des gens ne savent pas ce que c'est.
Ces derniers mots tombèrent sur Hermione comme des rochers de onze tonnes chacun. Elle releva vivement la tête et s'efforça de prendre un air naturel :
- De quoi est-ce que tu…
- Ma mère a eu un cancer il y deux ans. Lâcha Pansy pour couper court à toute tentative de mensonge.
Hermione ne savait pas quoi dire.
« Désolée » ? Ca paraissait un peu surfait.
« Tant pis pour elle » ? Oh elle n'était pas méchante à ce point là.
Ne rien répondre lui semblait un peu grossier.
- Désolée, je ne savais pas…, s'entendit-elle dire finalement.
Pansy haussa les épaules :
- Personne ne l'a su. Chez les sorciers et plus encore chez les Sang-Pur, la maladie est considérée comme une terrible faiblesse. Ma famille ne pouvait pas vraiment se permettre d'être pointée du doigt.
Hermione essayait de ne pas penser à l'étrangeté de la situation. Elle était tout de même en train de discuter – plutôt normalement d'ailleurs – avec Pansy Parkinson. Serpentard, probablement affilée aux Mangemorts, amie de Malefoy et elle en passait…
Et pourtant. La voix de Pansy n'avait plus le fiel qu'elle avait contenu toutes ces années auparavant. Bon bien sur, elle n'était pas particulièrement amicale non plus, elle était même un peu brusque, mais elle discutait calmement, comme avec quelqu'un qu'elle venait de rencontrer et sur lequel elle n'avait pas encore d'opinion.
- Alors un conseil, poursuivit Pansy qui ne semblait pas avoir remarqué sa réflexion, ne le dis pas à n'importe qui. T'es peut-être née moldue mais tu restes une sorcière et beaucoup de gens ne te regarderont pas de la même façon s'ils l'apprennent.
La jeune Gryffondor tiqua sur l'appellation.
- Tu m'as appelée… née-moldue ? Plus de sang-de-bourbe ?
- J'ai grandi et j'ai appris à me faire ma propre opinion comme tout le monde, répondit Pansy qui ne put se défendre d'un petit reniflement dédaigneux cependant, les théories ringardes et les conneries sur la pureté du sang, c'est plus trop mon truc.
- Hum…tu t'appelles bien Pansy Parkinson ?
Hermione s'en voulut presque d'avoir dit ça et d'ailleurs, aussitôt après, elle se mordit la lèvre. Pansy quant à elle esquissa un petit sourire cynique :
- Quoi, ça t'étonne que je ne te crache pas au visage ? Surtout en ce moment alors que les gens comme toi sont pourchassés dans toute l'Angleterre ?
- Oui un peu.
- J'ai changé Granger. Te fais pas d'illusions, j'ai pas plus envie de devenir amie avec toi que toi avec moi mais contrairement à ce que toi ou tes potes pouvaient penser, à Serpentard on n'adhère plus tous aux idées du Seigneur des Ténèbres et puis…
Elle soupira.
- Enfin bref, tu m'as comprise – Hermione sourit doucement et hocha la tête – tout ça pour te dire de faire gaffe avec ton traitement ! reprit-elle brusquement comme si elle avait peur d'être prise en flagrant délit de gentillesse. C'est cher ces conneries.
Hermione s'éclaircit la gorge.
- Hum…et ta mère, ça va mieux ?
Pansy la regarda un instant avant de répondre :
- Ca va. Mais je te préviens, tu vas en chier Granger. T'as déjà du commencer à sentir les effets. Ca va être de pire en pire. Pour l'instant t'as pas encore eu trop de malaises et…
- Comment tu sais ça ? la coupa vivement Hermione.
Pansy haussa un sourcil comme si c'était évident et la Gryffondor laissa échapper un petit rire désabusé en secouant la tête :
- Malefoy…
- T'as le balafré et la belette, moi j'ai Drago. Répliqua simplement Pansy. D'ailleurs il se demande ce que tu as.
- Tu as l'intention de lui dire ?
- Il y a un an j'aurais couru le faire. Maintenant non. Mais Drago s'étonne parce que tu ne réponds plus à ses réflexions, alors qu'apparemment il multiplie les provocations.
- Ca oui…, soupira Hermione.
Pansy haussa de nouveau les épaules.
- Il savait pour ma mère donc à ta place, j'essaierai d'être un peu plus réactive, sinon il ne va pas tarder à faire le rapprochement.
- Merci du conseil. Il est vraiment la dernière personne que je voudrais mettre au courant.
Pansy esquissa un sourire un rien diabolique.
- Je ne voudrais pas non plus que mon pire ennemi sache ce genre de choses !
- Drago n'est pas mon pire ennemi, rétorqua tout naturellement la jeune fille.
A ces mots, la Serpentard éclata de rire et se retourna pour s'en aller.
- Ne lui dis jamais ça, ça lui ferait de la peine ! Plaisanta-t-elle avant de disparaître au détour du couloir.
Alors ça, si je m'attendais…
C'était probablement la conversation la plus étrange qu'Hermione avait eu depuis des mois.
Au moins.
Encore agitée par cette étrange rencontre, Hermione traîna avec le cours d'arithmancie et arriva légèrement en retard en cours de potions mais Slughorn ne dit rien et elle s'installa sans un mot à la table de Ron et Harry qui lui avaient gardé une place. En s'efforçant de ne croiser le regard ni de Pansy et encore moins de Malefoy qui discutait à voix basse avec elle.
Alors qu'elle sortait son chaudron, Ron se pencha vers elle et chuchota :
- Tout va bien ?
Elle s'efforça de sourire.
- Oui pourquoi ?
- Parce que tu n'arrives jamais en retard en cours, fit remarquer Harry comme si c'était évident.
La jeune fille soupira puis tout en continuant de sortir ses ingrédients pour la potion qu'ils devaient préparer, elle souffla :
- Vous devez me promettre de n'en parler à personne. Même pas à Ginny ou Dumbledore…personne, d'accord ?
Les garçons échangèrent un regard puis hochèrent la tête.
Hermione leur raconta alors la discussion qu'elle venait d'avoir avec Pansy. Son histoire eut l'effet escompté. Harry et Ron n'en croyaient pas leurs oreilles.
- Parkinson ? Répéta Ron lorsqu'elle eut fini en jetant un coup d'œil à l'intéressée qui mélangeait sa potion.
- Je sais, soupira Hermione, à un moment je me suis même demandée si ce n'était pas quelqu'un sous polynectar. Mais c'était bien elle...je crois. Seulement elle était…pas sympathique mais moins hostile.
- Après avoir soutenu sa mère durant sa maladie, elle a peut-être de la compassion pour toi, suggéra Harry tandis qu'ils coupaient leurs racines.
- On parle de Pansy Parkinson ! rappela Ron.
- Il y a autre chose, poursuivit Hermione sans tenir compte de l'intervention de son ami, elle m'a appelé « née-moldue », et elle m'a plus ou moins dit qu'elle ne croyait plus à toutes ces histoires sur la pureté du sang. Et d'ailleurs…même Malefoy fait la grimace dès que je prononce le mot sang-de-bourbe.
Là, ses amis commencèrent à s'inquiéter. Harry fronça les sourcils.
- Fais attention Hermione. Peut-être que Pansy te ment pour se rapprocher de toi, obtenir des informations sur l'ordre…
- Et comment aurait-elle su ce que contenait mon flacon ?
- Elle en avait sans doute déjà vu…
Hermione secoua la tête.
- Non, écoutez, elle avait l'air sincère. La maladie de sa mère, son changement…elle n'a aucune envie de devenir amie avec moi, elle me l'a dit.
Le regard de Ron s'assombrit. Hermione s'obstinait à voir le bien partout et la rédemption chez tout le monde, c'était une de ses qualités. Mais Merlin savait que ça pouvait se retourner contre elle.
Harry jeta un regard autour de lui pour s'assurer qu'on ne les écoutait pas avant de lâcher d'un air grave :
- Ecoute Hermione, pour autant qu'on sache, Parkinson pourrait très bien être un mangemort à la solde de Voldemort. Je te rappelle qu'on sait de source sure qu'il a des informateurs au sein de l'école, à savoir des élèves. Alors je t'en prie, fais attention.
- Et s'il te plaît, réduis tes contacts avec elle et Malefoy au minimum, ajouta Ron. On ne peut pas lui faire confiance et on ne voudrait pas qu'il t'arrive quelque chose.
Hermione faillit répondre que de toute façon, elle n'avait pas prévu de revoir Parkinson pour se boire un verre avec elle mais elle hocha mollement la tête et se concentra sur sa potion. Elle savait qu'elle devait tenir compte de l'avertissement de ses amis mais elle ne pouvait s'empêcher de se poser des questions. N'aurait-il pas suffi à Pansy de lui lancer un imperium pour obtenir des informations ? Même si cela n'aurait probablement pas fonctionné puisqu'Hermione avait appris comme tous les membres de l'ordre à résister au sortilège impardonnable, cela ressemblait davantage aux mangemorts que de faire amie-amie avec l'ennemi, espérant qu'elle révélerait les secrets de l'ordre lors d'une soirée pyjama.
Hermione mélangea sa potion trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre en poussant un profond soupir. Peut-être que le traitement lui embrouillait l'esprit après tout, ou faisait baisser sa vigilance.
- Ah miss Granger, je ne suis jamais déçu avec vous !
La Gryffondor leva la tête vers le professeur Slughron qui se penchait vers son chaudron où la potion avait pris une belle couleur bleue comme prévu. Elle sourit faiblement et retourna à sa préparation. Elle inspira profondément et l'odeur de la mixture lui emplit les narines.
Super, j'ai envie de vomir maintenant.
En fin de journée, Hermione méditait encore sur le problème Parkinson en revenant à ses appartements. Et aux conseils qu'elle lui avait donnés sur Malefoy.
Qui buvait un verre sentant le whisky à dix kilomètres, affalé sur le canapé.
Hermione aurait voulu ne pas réagir mais là…elle se contenta de soupirer en levant les yeux au ciel et continua à avancer.
- Un problème Granger ?
Bon, elle l'avait peut-être un peu mérité.
Elle plaqua son sourire le plus hypocrite sur son visage et se retourna vers son colocataire qui la regardait d'un air morne.
- Nooon, du tout…tu te bourres la gueule à cinq heures du soir, moi ça me va ! – si ça peut te permettre de me foutre la paix, marmonna-t-elle ensuite entre ses dents pour elle-même.
- Pardon ? Répliqua aussitôt le Serpentard.
- Rien.
- J'ai pas l'impression de t'avoir tellement emmerdé ces derniers jours !
- Et je remercie le Ciel tous les soirs pour ce répit bienvenu !
- « répit bienvenu » ? l'intello de service en aurait-elle marre de se tuer au travail ?
- Quel rapport ? Et puis ça te va bien de dire ça, rétorqua-t-elle en haussant les épaules, tu passes presque autant de temps que moi à la bibliothèque !
Bon, même si elle savait qu'il en utilisait la moitié pour draguer les filles et les peloter entre les étagères…mais il travaillait aussi beaucoup, elle le savait, même s'il tentait de le cacher sous son masque de séducteur du dimanche.
La jeune fille était tellement occupée à réfléchir – et à tenter de trouver sa prochaine pique aussi – qu'elle ne se rendit même pas compte qu'elle s'évanouissait.
Lorsqu'Hermione se réveilla, elle recula instinctivement la tête en réalisant que Malefoy était assis près d'elle, la fixant de son regard bleu métallique.
- Bon, à table Granger.
- Pardon ?
- Dis-moi ce que t'as.
Elle laissa échapper un rire amer :
- De quoi est-ce tu parles Malefoy ? Grimaça-t-elle en se redressant pour s'asseoir sur le canapé où elle avait encore atterri « par miracle ».
- Du fait que t'es amorphe depuis la rentrée, que c'est pas parce que tu fais disparaître toutes les traces dans la salle de bain que je t'entends pas vomir, et que c'est la deuxième fois que je te ramasse sur la moquette. T'es en cloques ou quoi ?
Hermione fronça les sourcils puis s'approcha de Malefoy, jusqu'à ce que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Le Serpentard recula immédiatement devant cette proximité :
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Ah bah non, je suis pas aveugle, constata-t-elle en reculant, tu es bien Drago Malefoy.
- Bravo, 5 points pour Gryffondor. Où est-ce que tu veux en venir ?
- Au fait qu'on n'est pas amis ! Asséna Hermione en se levant. Je ne te dois rien. Et certainement pas des explications.
- Ca m'arrache la bouche de le dire mais on habite ensemble Granger, je suis un peu concerné ! Lança Malefoy dans son dos.
- Absolument pas. C'est pas parce qu'on est forcés de cohabiter que je vais te balancer ma vie intime. Si ça te soule tant que ça, tu n'as qu'à me laisser par terre la prochaine fois, je t'en voudrai même pas.
- C'est bien ça le problème.
Hermione allait s'éloigner lorsque son colocataire la prit violemment par le bras pour l'obliger à se retourner. La jeune fille referma aussitôt ses doigts sur sa baguette dans sa poche et le foudroya du regard :
- Lâche-moi immédiatement. Articula-t-elle froidement.
Il obéit mais croisa les bras sur sa poitrine pour lui montrer qu'il n'abandonnait pas.
Hermione sentit la moutarde lui monter au nez. S'il voulait qu'elle se montre agressive, il allait être servi.
- C'est quoi ton problème Malefoy ?! Ca t'énerve que la petite sang-de-bourbe t'ignore ?! Tes réflexions ne sont plus aussi drôles si je ne réponds pas ?!
- Peut-être bien mais y a pas que ça qui me dérange. Parce que pour que Pansy me dise, je cite « n'emmerde pas trop Granger, elle a pas besoin de ça en ce moment », ça doit être quelque chose de gros.
La jeune fille se força à conserver un air naturel. Et merde mais qu'est-ce que Parkinson était allée lui raconter ?! Elle lui avait pourtant dit qu'elle garderait son secret et Hermione avait été assez bête pour la croire.
Malefoy continuait de la fixer et Hermione prit donc une échappatoire.
- Tu vas devoir continuer à te poser des questions Malefoy ! Lança-t-elle avant de se précipiter vers sa chambre.
Elle claqua la porte et la ferma à clé. Heureusement, son homologue ne tenta pas de l'en empêcher mais sa voix goguenarde franchit sans peine les murs :
- T'aurais pas du me dire ça Granger ! Maintenant, je peux t'assurer que je vais le trouver ton petit secret !
Hermione se laissa glisser contre la porte. Elle retint les larmes qui humidifiaient ses yeux et la grosse boule qui lui montait dans la gorge. Elle se sentait soudain très déprimée.
De l'autre côté, elle ne vit pas Malefoy pousser un long soupir avant de se traiter mentalement d'idiot. Ce n'était pas en se la mettant à dos qu'il allait aboutir dans son projet.
Son putain de projet.
Voilà :) Alors, qu'avez-vous pensé de ce deuxième chapitre ? Trouvez-vous que l'histoire avance trop vite (ou au contraire pas assez ^^) ?
Concernant la fréquence de publication, je devrais poster un chapitre tous les vendredis normalement, d'autant que j'en ai déjà quelques-uns en réserve!
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé et à la semaine prochaine !
