Bonjour à tous ! Voici le chapitre de cette semaine, j'espère qu'il vous plaira plus que celui de la semaine dernière puisque malgré près d'une cinquantaine de visites, je n'ai eu qu'une review :/ ( merci encore Rose Caldin ;) )
Bien évidemment, je ne m'attends pas à 10 reviews par jour, mais un avis de temps, c'est quand même encourageant, même et surtout si c'est pour me dire que vous avez trouvé tel ou tel passage mal ficelé ou autre, ça m'aide à m'améliorer :) (bien sur si vous laissez une review pour me dire que tout va bien, je prends aussi ^^)
Allez, j'arrête de vous embêter et je vous laisse à votre lecture !
Chapitre 3
Le lendemain, un samedi, Hermione attendait avec impatience la réunion de l'A.D. le soir venu. Elle espérait bien qu'ils allaient revoir le sortilège reducto.
Parce qu'elle avait terriblement envie de détruire quelque chose.
Elle passa la journée en compagnie d'Harry, Ron, Neville, Dean et Seamus ainsi que Ginny et Luna à Pré-au-Lard. Le parc commençait déjà à revêtir ses couleurs d'automne et Hermione respira à pleins poumons l'air frais alors qu'ils revenaient vers le château.
Un peu en arrière, elle vit Luna ralentir pour se mettre à sa hauteur. La jeune fille regardait d'un air intéressé les arbres avant de déclarer de son habituelle voix rêveuse:
- J'adore l'automne.
- Moi aussi, sourit Hermione.
- On dirait que c'est la saison des Gryffondors tu ne trouves pas ? Toute la nature se transforme en rouge et or.
Hermione n'y avait jamais pensé ainsi. Mais en même temps, personne ne voyait jamais les choses comme Luna. Elle sourit de nouveau :
- Oui, tu as raison.
- C'est tellement beau. Peut-être que ça t'aidera à supporter ta maladie.
La jeune avala mal sa salive et se mit à tousser. Elle leva un regard effaré vers son amie :
- Qu'est-ce que tu as dit ?
- Oh ne t'inquiètes pas, personne ne m'en a parlé et je ne le dirai à personne non plus, la rassura doucement la jeune Serdaigle, mais j'ai bien vu que quelque chose n'allait pas. Tu es malade, n'est-ce pas ?
- Hum…oui.
Elle ne voyait pas trop l'intérêt de mentir. Son fameux « secret » ne semblait pas promis à une très belle carrière, tel que c'était parti, dans trois mois la moitié de l'école était au courant et les Mangemorts avec.
- Tu veux en parler ? Reprit tranquillement Luna dont le regard s'était à nouveau perdu dans le lointain.
- Je…non. Pas pour l'instant en tout cas.
- Je comprends. Mais si un jour tu as besoin de moi, je suis là. Je sais bien que je ne suis pas forcément l'une des premières personnes à qui tu te confierais mais quand même…
Hermione la regarda avec un léger sourire.
Eh bien en fait je crois que si.
Le soir venu, ils se retrouvaient tous en salle sur demande et se mirent rapidement au travail. Ce fut surtout une séance de révisions, la plupart d'entre eux étant un peu rouillés.
Et c'est là qu'Hermione constata avec panique que la pratique longue et intense de la magie n'était plus possible. Au bout d'une heure, elle avait l'impression d'avoir couru dix kilomètres. Heureusement, elle s'entraînait avec Ginny qui d'un regard comprit le problème. Un autre signe à Harry et le jeune homme demanda à Hermione de bien vouloir passer dans les rangs pour aider les autres tandis que lui s'entraînait avec sa petite amie.
Ce qu'elle fit en retenant à grand peine des larmes de rage.
A la fin de la séance, tout le monde partit par petits groupes, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'Harry et Ron avec elle. Ce dernier s'approcha avec un sourire contrit et lui posa une main sur l'épaule.
Il ne lui demanda pas si ça allait, ce dont Hermione lui fut profondément reconnaissante. Ronald Weasley avait une fâcheuse tendance à mettre les pieds dans le plat mais l'âge avait apporté sa dose de sensibilité et de tact.
- Ce n'est pas définitif, lança Harry d'un ton rassurant.
Il sourit :
- Et puis tu restes la sorcière la plus talentueuse de cette génération.
- De ce siècle, tu veux dire ! Renchérit Ron qui voyait le sourire pointer sur les lèvres de la jeune fille.
Elle finit par éclater d'un rire bref.
- N'importe quoi ! Allez, on y va, on a une grosse journée demain.
Les garçons insistèrent pour la ramener jusqu'à ses appartements mais Hermione refusa gentiment. Si Dumbledore et plusieurs professeurs savaient pertinemment qu'ils avaient reformé l'A.D., tout le monde n'était pas au courant et la rumeur aurait tôt fait de se répandre si Rusard trouvait le trio infernal rôdant dans les couloirs à pas d'heure. Il ne servait à rien que les garçons fassent un détour qui augmenterait leurs chances de faire pincer.
Hermione pénétra dans le passage le plus discrètement possible. Il n'était pas loin de minuit et avec un petit peu de chance, Malefoy était…
- Décidément Granger, je vais finir par me demander si t'es pas plus rebelle que moi.
Elle sursauta. Elle ne l'avait même pas vu. Toutes les lumières étaient éteintes et seules les flammes mourant dans la cheminée lui permirent de distinguer la silhouette de Malefoy dans le canapé, une bouteille de bièreaubeurre dans la main.
- Pas sur, répliqua-t-elle du tac au tac. Je ne suis pas une alcolo, moi.
- Ce qui consoliderait l'hypothèse du bébé. Alors, t'étais où ?
Il parlait si normalement qu'Hermione avait presque oublié qu'ils s'étaient disputés. Mais la moutarde ne tarda pas à lui remonter au nez et elle répondit sèchement :
- Je croyais t'avoir fait comprendre hier que tout ce qui me concernait ne te regardait en aucun cas.
- C'est ce qu'on verra.
- Ok. Je vais me coucher.
Elle lui passa devant la tête haute et referma un peu plus violemment qu'elle ne l'aurait voulu la porte de sa chambre. Drago poussa un soupir. Il voulait y aller ce soir. Mais il n'y était pas parvenu. Il n'y avait vraiment que Pansy pour penser qu'il était courageux.
Bientôt.
J'y vais bientôt.
Le lendemain, Hermione se leva plus tôt que d'habitude. Elle voulait absolument travailler sur les horcruxes. Elle avait l'impression de ne pas avancer d'un iota. La fin de l'été avait été riche en découvertes : après avoir remonté la piste des horcruxes déjà détruits – grâce à des documents fournis très gentiment et très illégalement selon elle par l'ordre du Phénix – et avec les souvenirs de Dumbledore, ils avaient donc établi que Voldemort avait également volé à Hepzibah Smith un autre objet légendaire : la coupe d'Helga Poufsouffle. De là à en déduire qu'elle s'était transformée en horcruxe depuis, il n'y avait qu'un pas qu'ils avaient allègrement sauté.
Mais Hermione s'était vite découragée en constatant que la coupe était introuvable et avait préféré se concentrer sur l'identification du mystérieux R.A.B. qui leur avait gentiment laissé un horcruxe en toc.
Au final, depuis près d'un mois, elle pédalait littéralement dans la semoule. Si Harry et Ron lui proposaient souvent de l'aider, elle refusait gentiment la plupart du temps et se contentait de leur faire part de l'avancée de ses recherches.
La jeune fille alla se doucher, s'habiller, prendre bien sûr son indispensable traitement – qui décidément, était toujours aussi infect ! – et descendit dans la Grande Salle pour prendre un rapide petit-déjeuner. Pas de trace d'Harry ni de Ron bien sur. On était dimanche, il ne devait même pas être 8h30, Hermione savait que ses amis n'émergeraient pas avant un certain temps. En revanche, elle eut la surprise d'apercevoir Dean qui lui fit un signe de la main :
- Tu es très matinal, fit-elle remarquer en s'asseyant en face de lui.
- Je t'ai entendu dire aux garçons hier que tu te lèverais tôt pour bosser…je me suis dit que je pourrais t'aider.
- C'est très gentil, sourit sincèrement la jeune fille. J'aurais bien besoin d'aide et surtout d'une autre opinion. Je fais du sur-place.
Après leur repas, ils sortirent de la Grande Salle et Dean remarqua qu'Hermione ne portait aucune des affaires nécessaires à son travail qu'elle transportait généralement en assez grand nombre :
- On repasse par chez toi pour prendre tes notes ?
- Pas besoin, répondit-elle en prenant la direction opposée, tout est chez Dumbledore. Avec le colocataire que j'ai, je n'ai absolument rien laissé dans nos appartements qui puisse nous faire découvrir.
Dean acquiesça d'un air connaisseur et ils discutèrent de tout et de rien jusqu'à arriver à la bibliothèque privée de Dumbledore. Non loin du bureau du directeur, elle en était cependant séparée, ce qui évitait aux élèves de l'A.D. de passer par le bureau à chaque fois.
Hermione vérifia que personne n'était présent dans le couloir puis lança un silencio et prononça le mot de passe qui ouvrit la porte à double battant.
Les deux amis pénétrèrent dans une salle aux dimensions réduites mais qui compensait avec un très haut plafond. Deux grandes fenêtres donnant sur le lac illuminaient la bibliothèque comportant une galerie supérieure faisant tout le tour de la pièce et à laquelle on accédait par un petit escalier en colimaçon. Au centre de la pièce carrée, une grande table de travail entourée de six chaises et près d'une des fenêtres, un unique fauteuil plus très jeune mais l'air confortable accompagné d'un guéridon. Hermione y imaginait volontiers Dumbledore y rêvassant avec un livre et une tasse de thé.
De son côté, Dean qui n'avait encore jamais pénétré dans cette partie quasi-secrète du château observait la pièce avec admiration. Il est vrai que les boiseries qui la recouvraient du sol au plafond devaient être astiquées quotidiennement par les elfes de maison tant elles étaient brillantes et Hermione dut lui toucher le bras pour qu'il la suive jusqu'à la table.
- Alors, déclara Hermione en prenant une liasse de notes qu'elle avait prises dans un coffre posé dans un coin, j'ai une liste des livres qui ont déjà été lus pour qu'on ne reprenne pas les mêmes – elle leva le doigt – a priori, tous ceux qui nous intéressent sont dans la galerie.
- Qu'est-ce que je cherche ?
- Tout ce qui parle de magie noire, de sortilèges interdits, d'immortalité…
- Que du bonheur !
- Si tu ne veux pas particulièrement lire, tu peux aussi te pencher sur les problèmes du moment, sourit Hermione – elle fouilla dans ses notes pour en sortir une feuille – voici tout ce qu'on sur la coupe d'Helga Poufsouffle, elle a été volée par Voldemort en même temps que le médaillon et on a toutes les raisons de penser que c'est aussi un horcruxe.
- Et où est-elle maintenant ?
- C'est la question à mille gallions. Tu peux relire toutes les notes qu'on a prises jusqu'ici, nos hypothèses sur R.A.B., et essayer d'en faire de nouvelles…si tu as des idées sur d'autres horcruxes bien sûr, ne te gêne pas.
Le jeune homme lui envoya un sourire crispé. Hermione éclata de rire :
- Toujours content de m'avoir accompagné ?
- Bien sur que oui, lui sourit-il en retour, j'ai peur de ne pas être d'une très grande aide mais sait-on jamais ?
- Ah, il y a quelque chose où tu pourrais nous être très utile, répliqua Hermione en se levant. C'est faire un dessin de la coupe ! J'en ai vu une reproduction dans un livre et pour tous ceux qui viennent travailler, je pense que ce serait bien d'avoir une image au cas où.
-Ca je peux faire !
Une heure plus tard, Dean qui avait terminé son dessin s'acharnait à sortir des idées de sa tête, les yeux rivés sur les notes. Hermione qui en avait un peu marre de s'arracher les cheveux sur ces théories avait un peu honteusement laissé ce travail à son ami et « se contentait » de dévorer tous les ouvrages concernant de près ou de loin la sale petite manie de Voldemort.
Ils étaient tous plus déprimants et terrifiants les uns que les autres et surtout, plus elle lisait, moins Hermione découvrait de choses. Ces derniers jours, tout lui paraissait n'être qu'une répétition des deux ou trois premiers livres qu'elle avait parcourus…
- Hermione ?
- Oui ? Fit-elle en relevant brusquement la tête.
- J'imagine que tu y as déjà pensé mais si Voldemort a choisi le médaillon de Salazar Serpentard et la coupe d'Helga Poufsouffle pour ses horcruxes, pourquoi n'aurait-il pas également utilisé des objets en rapport avec Serdaigle et Gryffondor ?
- Oui, c'est vrai que j'avais déjà fait le rapprochement, sourit-elle, mais pour l'instant, le seul objet lié à Godric Gryffondor auquel j'ai pu penser est son épée, et depuis le temps que Dumbledore la possède, je pense qu'il aurait remarqué si c'était le suppôt d'un bout d'âme de Voldemort. Et comme je n'avais aucune idée pour Rowena Serdaigle, on avait un peu abandonné cette théorie.
- Voldemort détestait probablement les Gryffondor lorsqu'il était à Poudlard, alors peut-être qu'il n'a pas voulu « honorer » – il mima soigneusement les guillemets – notre maison en nous dédaignant dans sa sélection.
Hermione eut soudain l'air pensif.
- Je n'y avais jamais vraiment pensé de cette façon…mais en même temps, Poudlard ne serait pas vraiment Poudlard sans ses quatre maisons, pas vrai ? Y compris Gryffondor.
- C'est peut-être l'idée que Voldemort se fait de Poudlard ? Suggéra Dean. Son école idéale, sans Gryffondor.
- Mm…oui pourquoi pas, mais dans ces cas-là, quel serait l'objet lié à Rowena ?
- Aucune idée, admit le jeune homme en souriant. Mais ça vaudrait le coup de demander aux Serdaigle !
- C'est sur qu'on a rien à perdre ! soupira Hermione. Je leur enverrai un message pour qu'on se retrouve cet après-midi.
Elle se pencha sur sa lecture mais releva quand même un instant la tête pour taquiner son ami :
- Tu vois que tu peux te rendre utile !
Après le déjeuner, Hermione délaissa Harry, Ron et leurs camarades de dortoir qui avaient réussi à s'entre-motiver pour aller à la bibliothèque travailler sur leur devoir d'histoire de la Magie…à rendre pour le lendemain. Hermione les regarda partir en secouant la tête, mais un léger sourire aux lèvres. Au moins certaines choses ne changeraient jamais !
Elle devait repasser à l'appartement prendre sa cape, le temps s'étant sensiblement rafraîchi ces derniers temps et se dépêcha de monter les étages pour ne pas être en retard.
Elle n'entendit rien en pénétrant dans le passage mais s'aperçut en arrivant dans la salle commune qu'elle n'était pas seule.
Malefoy était assis sur le canapé et une jeune Poufsouffle qu'Hermione reconnut pour être une sixième année se tenait assise à califourchon sur lui. Sa queue de cheval n'était plus qu'un lointain souvenir, le haut de son chemisier était déboutonné et elle était absorbée par ce qui apparut à Hermione comme un examen buccal très…intense.
Les deux protagonistes s'arrêtèrent un instant en entendant quelqu'un arriver et Hermione lança froidement à la jeune fille :
- Dégage de là avant que je ne te mette une retenue.
La Poufsouffle fit la moue, mais voyant que le Serpentard n'intervenait pas, elle se releva en soupirant et s'en alla non sans avoir jeté un regard noir à la Gryffondor qui l'ignora royalement.
Drago passa ses deux bras derrière sa tête et étendit ses jambes sur la table basse :
- Serais-tu jalouse Granger ?
- Oh oui, absolument Malefoy ! répondit-elle d'un air distrait en attrapant sa cape posée sur un fauteuil. Je me consume d'amour pour toi, ça ne se voit pas ?
- Si, un peu.
Elle poussa un soupir agacé mais quand elle se redressa, le Serpentard se tenait à quelques centimètres d'elle, un sourire carnassier sur les lèvres.
- Si tu voulais prendre sa place, il te suffisait de demander, souffla-t-il contre son visage.
- J'ai vraiment pas le temps pour tes conneries. Répliqua-t-elle sèchement en le foudroyant du regard.
Elle déglutit lorsque le jeune homme s'empara d'une mèche pour la faire couler le long de son doigt.
- Alors pourquoi m'avoir interrompu ? Tu aurais pu te contenter de prendre ta cape et de t'en aller. Tu serais déjà en chemin…
- Les appartements des préfets sont interdits aux personnes extérieures, s'entendit-elle répondre d'une voix peu convaincante. Que tu amènes tes amis passe encore, mais que tu transformes ce salon en bordel, je ne l'accepterai pas.
- Je ne me souviens pas t'avoir demandé ton avis, murmura le jeune homme en se penchant dangereusement près de sa gorge.
Hermione secoua la tête pour reprendre ses esprits. Ce crétin s'amusait à la mettre mal à l'aise et non seulement ça marchait, mais en plus elle était en retard !
Aussi inspira-t-elle profondément avant de le repousser brusquement d'une main :
- C'est quoi ton problème ? Gronda-t-elle avant de s'écarter.
Malefoy la regarda s'en aller. Son sourire avait disparu et il entendit une petite voix dans sa tête. Cette petite voix très énervante qui répétait « Oui Drago, c'est quoi ton problème ? »
Le Serpentard poussa un soupir et se dirigea à son tour vers la sortie. Il était peut-être encore temps de rattraper la Poufsouffle.
Hermione revêtit sa cape et se hâta le plus discrètement possible chez Hagrid. Lorsque le garde-chasse lui ouvrit la porte, elle constata que tous les Serdaigle de l'A.D. étaient déjà présents. Elle fit abstraction de sa mauvaise humeur et pénétra dans la maisonnette en s'efforçant de sourire.
- Désolée, lança-t-elle en ôtant sa cape, vous attendez depuis longtemps ?
- On est arrivés séparément, expliqua Cho tandis que Padma regardait avec incrédulité l'assiette de biscuits/cailloux qu'Hagrid venait de poser à côté du thé. Et non ne t'inquiète pas, les premiers sont arrivés il y a un quart d'heure à peine.
- Alors, pourquoi tu voulais nous voir ? demanda Terry Boot qui tentait de faire abstraction de la gueule baveuse de Crocdur sur sa cuisse.
- Dean a eu une idée et je voulais vous en parler. Commença Hermione avant de prendre place autour de la table.
Elle remercia Hagrid lorsque celui-ci rajouta une tasse à son intention et attendit qu'il lui ait versé du thé avant de revenir aux cinq Serdaigle qui la regardaient avec attention.
- Etant donné que le médaillon de Salazar Serpentard est un horcruxe et que nous sommes surs à 99% qu'il en est de même pour la coupe d'Helga Poufsouffle, Dean m'a rappelé qu'il n'y avait aucune raison pour que des objets liés à Serdaigle et Gryffondor n'aient pas aussi été choisis. Le problème est de les identifier et c'est là que vous pouvez m'aider…auriez-vous la moindre idée de l'objet lié à Rowena Serdaigle qu'aurait pu utiliser Voldemort ?
Les Serdaigle échangèrent des regards d'interrogation pendant un instant. Padma se mordillait la lèvre en réfléchissant tandis que Terry et Michael Corner échangeaient des hypothèses à voix basse. Finalement, c'est la voix fluette de Luna qui s'éleva en premier :
- Pourquoi pas le diadème de Rowena ?
- Un diadème ? Répéta Hermione qui sortit immédiatement un calepin pour commencer à griffonner dessus.
- Oui, il appartenait à notre fondatrice.
- C'est une bonne idée Luna, lâcha maladroitement Cho. Mais il est perdu…depuis des siècles maintenant.
- Ca ne veut pas dire que ce tordu de Jedusor n'est pas parvenu à mettre la main dessus ! grommela Hagrid qui était resté silencieux jusque là.
- Hagrid a raison, approuva Hermione. J'ai déjà lu quelques trucs à propos de cet objet, je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé avant – décidément, elle allait demander au docteur si le traitement avait pour effet secondaire de lui réduire le cerveau en bouillie ! – Il est emblématique de Serdaigle et si Voldemort voulait un objet en rapport avec cette maison, c'est celui-ci qu'il aurait choisi.
- A supposer qu'il l'ait trouvé, lança Anthony. Je suis désolé, reprit-il alors que tous les regards se tournaient vers lui, mais c'est une hypothèse à envisager.
- Bien sur que oui, répondit Hermione d'une voix apaisante, mais c'est aussi une piste à suivre et je vais me pencher dessus, voir si je ne peux pas trouver des idées quant aux endroits où Voldemort aurait pu le cacher.
- Je connais quelqu'un qui saurait peut-être où il est.
Le silence se fit alors que toutes les têtes se tournaient d'un air stupéfait vers Luna qui sirotait tranquillement son thé.
- Pardon ? Articula Hermione.
- Helena Serdaigle. Répondit simplement Luna.
- La Dame Grise ? S'étonna Terry.
- Le fantôme de Serdaigle ? Reprit Hermione. Oui bien sûr, elle a volé le diadème à sa mère n'est-ce pas ?
- Oui, puis elle a été tuée par le Baron Sanglant que Rowena avait envoyé pour lui ramener sa fille qu'elle voulait voir une dernière fois avant de mourir. Expliqua Luna de son habituelle voix rêveuse. Mais Helena avait caché le diadème. Il est perdu depuis ce jour. Mais Tom Jedusor a très bien pu la convaincre de lui en révéler l'emplacement.
Hermione hocha la tête. De ce qu'elle savait, par Harry et d'autres personnes de confiance, Tom Jedusor ne manquait pas de charme et il n'était pas impossible qu'il soit parvenu à séduire Helena Serdaigle.
- Encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Lança Padma. De tous les fantômes de Poudlard, je crois bien qu'on a le moins concerné ! On ne la voit presque jamais et pour tout dire, elle n'a pas l'air assez engageant pour qu'on ait envie de parler avec elle.
Ses camarades acquiescèrent mais Luna protesta doucement :
- Elle est juste très timide. Je discute parfois avec elle et au fond elle a bon cœur.
Hermione n'en revenait pas et elle sentit que ses mains tremblaient presque d'excitation. Qu'elle avait donc été idiote de s'entêter à travailler seule ! Si elle avait proposé aux autres membres de l'A.D. de l'aider, c'était surtout parce qu'Harry et Ron l'avaient encouragée à le faire, elle préférait généralement travailler en solitaire – notamment parce qu'elle estimait qu'elle avançait bien plus vite – mais à peine demandait-elle de l'aide que c'est limite si un horcruxe ne lui tombait pas du ciel !
- Tu penses que tu pourrais présenter Harry à la Dame Grise ? Demanda-t-elle fébrilement.
Luna hocha la tête en souriant et dit simplement :
- Elle préfère qu'on l'appelle Helena.
Hermione acquiesça. Elle était prête à l'appeler Sainte Déesse du Divin Firmament si le mystérieux fantôme pouvait à les aider.
Une fois passé l'enthousiasme des premières heures lorsqu'elle s'était précipitée chez les Gryffondor pour prévenir Harry de la nouvelle, Hermione réalisa que cela risquait de prendre un peu plus de temps que ce qu'elle avait cru au premier abord.
La Dame Grise était sans doute l'un des fantômes les plus introuvables de Poudlard et Luna expliqua qu'il lui arrivait de la croiser lorsqu'elle se promenait le soir – lorsqu'il n'y avait pas trop de nargols, expliqua-t-elle très sérieusement à Ron qui avait froncé les sourcils, perplexe – mais que c'était alors toujours Helena Serdaigle qui l'abordait. Il fallait donc attendre la prochaine rencontre « fortuite » entre les deux jeunes femmes et chacun au sein de l'A.D. eut l'occasion de tester son niveau de patience.
Hermione constata assez vite et sans surprise que celui d'Harry était particulièrement bas.
Drago Malefoy sortit du cours de potions en bousculant violemment ce crétin de Londubat qui se contenta de lui lancer un regard noir mais ne réagit pas.
Le jeune homme n'attendit même pas ses amis et se dirigea vers le parc avec humeur. Il avait besoin de prendre l'air. Deux heures coincé dans une classe avec les Gryffondor lui avait donné la migraine.
Mais comment elle fait ? Songea rageusement le jeune homme en donnant un coup de pied à un caillou qui avait le malheur de se trouver sur son chemin.
Il ne comprenait toujours pas. Comment cette miss-je-sais-tout de Granger avait, encore une fois, pu briller en cours de potions ! Potter était étonnamment bon cette année mais c'était une nouveauté et Drago le soupçonnait de se reposer entièrement sur son bouquin à moitié déchiré dans lequel il avait aperçu des notes en grand nombre. Alors que cette sang-de-bourbe de Granger était peut-être la meilleure élève de l'école, et ce dans toutes les matières, et ce depuis la première foutue année ! Drago en était venu à se demander si elle n'était pas une sorcière adoptée par des Moldus. A ses yeux, c'était la seule explication qui faisait sens. Les sang-de-bourbe n'étaient pas vraiment des sorciers, ils étaient des erreurs de la nature, ils ne devraient pas avoir de baguette et certainement pas être encouragés à utiliser leurs médiocres capacités en magie en allant à Poudlard !
Drago se répéta mentalement les paroles de son paternel pour se calmer. Il ignorait pourquoi la réussite de Granger le mettait dans un tel état de rage…enfin si, il le savait, c'est parce qu'il détestait ne pas comprendre.
Et qu'il apprendrait plus tard qu'il détestait plus encore avoir tort…
Le jeune homme finit rapidement la cigarette qu'il avait allumée pour calmer ses nerfs et l'écrasa sous sa chaussure. Il avait autre chose à penser. Le maître lui avait donné une mission.
Et il n'avait pas d'autre choix que de la mener à bien.
Drago fixait sans les voir les cendres rougeoyantes de la cheminée depuis un petit moment. Il secoua soudainement la tête et poussa un grognement. Les souvenirs de l'an passé le tourmentaient beaucoup trop ces temps-ci, il allait finir par s'acheter une pensine.
Il poussa un profond soupir et se laissa aller contre les coussins du canapé. Il ne savait pas vraiment si ces souvenirs et les cauchemars qui les accompagnaient certaines nuits le faisaient culpabiliser ou le confortaient au contraire dans sa décision.
Le jeune homme finit par se lever et sortit de sa poche la potion pour un sommeil sans rêves qu'il avait volée un peu plus tôt à l'infirmerie. Avec un peu de chance, cette nuit, ses démons ne viendraient pas le visiter.
Deux jours plus tard, alors qu'elle se dirigeait vers ses appartements pour déposer quelques affaires avant le déjeuner, Hermione se heurta violemment contre quelqu'un et le livre qu'elle avait en mains tomba sur le sol.
- Désolée, marmonna la jeune fille en se baissant pour ramasser son ouvrage.
- Bon sang Granger, tu pourrais regarder où tu marches !
Reconnaissant la voix, Hermione se redressa rapidement pour regarder Pansy Parkinson qui soupirait.
- Ah…salut.
Pansy la regarda en haussant un sourcil et Hermione ne put que lui envoyer un sourire crispé. Depuis leur discussion de la semaine dernière, elle avait du mal à balancer des saletés à la tête de la Serpentard, d'autant que celle-ci ne l'avait pas attaquée.
Pansy semblait assez mal à l'aise en fait et elle lança d'un ton dégagé :
- Ca va ?
- Euh…oui, oui.
La Serpentard fronça les sourcils. Elle ne lui posait pas la question pour s'entendre répondre le « oui, oui » poli qu'on sort aux gens qui n'en ont rien à faire. Bon, non pas qu'elle se soucie véritablement de la Gryffondor mais Pansy s'était tellement impliquée dans l'épreuve qu'avait traversée sa mère qu'elle ne parvenait pas à rester totalement indifférente.
- Je t'ai demandé comment tu allais Granger.
Hermione la regarda un instant puis soupira :
- Pas fort. J'ai des nausées tous les matins et j'ai encore fait un malaise.
- Drago l'a vu ?
- Il était là quand je me suis réveillée, répondit Hermione qui se rappela justement qu'elle avait deux mots à dire à la Serpentard, d'ailleurs qu'est-ce que tu es allée lui raconter ? Il m'a dit que tu lui avais parlé de moi !
- Je lui ai juste dit de te laisser un peu tranquille.
- J'apprécie l'intention ! siffla la jeune fille. Mais maintenant, il est déterminé à découvrir mon « secret » !
Pansy haussa les épaules.
- Il finira par le découvrir tu sais. Faire le lien entre tes symptômes et la maladie de ma mère ne va pas lui prendre très longtemps. D'ailleurs je m'étonne qu'il n'ait pas encore fait le rapprochement. C'est fou ce qu'il peut être obtus parfois, soupira-t-elle.
- Ce n'est pas très sympa de parler comme ça de ton petit ami ! fit remarquer la Gryffondor avec cynisme – enfin, son petit ami polygame…
Pansy lui jeta un regard dédaigneux.
- Petit ami ? Ca va pas la tête ? Drago est mon meilleur ami, on a été élevés ensemble. Bien sur, nos parents rêveraient qu'on se marie mais franchement, ça ne fonctionnerait jamais, on est beaucoup trop proches pour…
Elle s'arrêta brusquement, furieuse de sa propre franchise.
- Oh et puis pourquoi je te raconte tout ça ! grogna-t-elle avant de regarder autour d'elle. Et merde, on nous regarde.
C'était vrai. Des élèves, en particulier des Serpentard, s'étaient arrêtés dans le couloir et observaient les deux jeunes filles d'un air soupçonneux.
Pansy envoya un sourire ironique à Hermione :
- Bon, il faut sauver les apparences, murmura-t-elle avant de reprendre d'une voix plus forte, regarde devant toi sang-de-bourbe ! tu dois quand même savoir marcher à ton âge, non ?!
Et elle s'en alla d'un air digne sous le regard surpris d'Hermione qui poussa un profond soupir avant de partir dans la direction opposée.
Mais tout en marchant, tête baissée, elle esquissa un sourire.
Le soir venu, alors qu'elle rentrait après le dîner, Hermione ne put s'empêcher de constater l'absence de son encombrant colocataire – elle avait même tendu l'oreille pour s'assurer qu'il n'était pas dans sa chambre.
Et pour cause, le Serpentard se trouvait à l'autre bout du château, en train de se dandiner devant une porte.
Drago hésitait depuis plusieurs minutes à frapper à la porte du bureau de Dumbledore. Il était déjà venu jusque là la veille, mais avait tourné les talons quelques mètres avant et était retourné rapidement d'où il venait.
Il avait quand même essayé de tuer Dumbledore l'année dernière, et à plusieurs reprises – le directeur avait fini par découvrir l'auteur de ces lamentables tentatives – et même si le vieux sorcier n'avait pas l'air du genre rancunier, le Serpentard savait qu'à sa place, il lui aurait bien balancé un doloris ou deux.
- Pourquoi t'entres pas Malefoy ? Tu as l'intention de te statufier ?
La voix bourrue qui lui parvint de l'autre côté de la porte fit presque sursauter le jeune homme et il se décida enfin à tourner la poignée et à pénétrer dans le bureau.
Il lui semblait bien avoir reconnu la voix qui l'avait interpellé mais Drago se raidit tout de même en apercevant la personne à qui elle appartenait. Maugrey Fol-Œil était assis en face de Dumbledore qui, les mains croisés, l'observait avec bienveillance, les yeux pétillants derrière ses lunettes demi-lune. Le Serpentard n'avait pas oublié la petite métamorphose dont il avait été victime en quatrième année et même s'il savait à présent que ce n'était pas le vrai Maugrey qui lui avait lancé ce sort, il se défiait toujours du vieil auror.
- Bonsoir Drago, déclara finalement Dumbledore en se levant. Tu souhaitais m'entretenir de quelque chose ?
- Hum…oui.
Le jeune homme jeta un coup d'œil à Maugrey qui n'avait pas bougé et Dumbledore se tourna alors vers lui et dit simplement :
- Je vous reverrai bientôt Alastor.
L'auror émit un grognement inintelligible et lança un regard méfiant à Drago qui s'efforça de ne pas ciller. Il n'avait pas peur de grand-chose et encore moins de grand monde mais il savait reconnaître un pouvoir supérieur lorsqu'il en voyait un. Et même s'il était plus fort que la grande majorité des élèves de cette école, il avait conscience de ne pas pouvoir écarter un auror comme Maugrey d'un simple coup de baguette.
Dumbledore attendit que Maugrey s'en aille en claudiquant pour désigner le siège qu'il venait de quitter :
- Je t'en prie Drago, assieds-toi.
Le jeune homme mit quelques secondes avant de réagir. La méfiance naturelle que lui avait inculquée son père avait du mal à partir. Il ne comprenait pas comme le directeur pouvait être aussi…aimable avec lui.
Dumbledore s'assit à son tour mais ne dit rien. Et Drago comprit qu'il attendait qu'il parle.
Super.
Il inspira profondément et se jeta à l'eau :
- Tout d'abord, je voulais vous dire que je suis…hum…désolé d'avoir…enfin d'avoir essayé de vous tuer l'année dernière…plusieurs fois.
- Je n'y pensais même plus.
- Ah.
Bon sang, il allait épuiser ses réserves d'humilité et de politesse pour deux mois au moins !
C'est un peu moins nerveusement que Drago poursuivit :
- Je veux changer.
- Tu m'en vois ravi, répondit Dumbledore d'un air tranquille, pourrais-tu être un peu plus précis ?
- Je veux combattre Voldemort.
Le vieux sorcier croisa ses mains contre ses lèvres dans un signe d'intense réflexion. Il ne souriait plus. Drago soutint longuement son regard bleu qui semblait le sonder sans hostilité.
Finalement, Dumbledore se redressa :
- Puis-je connaître tes raisons ?
- Suis-je obligé de vous les donner ?
- Pas immédiatement non, mais tu comprendras que nous devrons te soumettre au veritaserum.
- Oui, je sais. Mais je n'ai rien…enfin, plus rien à cacher.
Dumbledore se leva et se dirigea vers son phénix qui somnolait sur son perchoir. Il lui caressa les plumes d'un doigt distrait et reprit :
- Et que voudrais-tu faire exactement ?
On y est.
- Je sais qu'il n'y aucune raison pour que vous me fassiez confiance, déclara-t-il en se redressant sur son siège, et je sais qu'il faudra que je fasse mes preuves, mais je suis prêt à vous aider comme je peux et à accomplir n'importe quelle mission que vous me donneriez.
Il ne s'attendait pas à ce que Dumbledore laisse échapper un petit rire sans méchanceté :
- Tu as répété cette phrase n'est-ce pas ?
- Euh…oui, soupira finalement Drago tandis que ses épaules s'affaissaient, une bonne dizaine de fois.
- Tu as bien fait. Elle est assez convaincante.
Dumbledore revint s'asseoir.
- Nous te ferons passer le test sous veritaserum demain soir. Si tu es sincère et que tu veux véritablement rejoindre la lutte contre Voldemort, nous te mettrons au courant de certaines choses.
- Hum… « nous » ?
- Je sais que vos relations ne sont pas au beau fixe, mais tu comprendras certainement qu'Harry soit présent.
- C'est une blague ?! il me déteste ! veritaserum ou non, il ne me fera jamais confiance !
- Eh bien, comme tu l'as dit, il faudra faire tes preuves…bonne nuit Drago.
Le Serpentard comprit que c'était la fin de leur discussion et il se leva pour se diriger vers la sortie. Avant de franchir la porte cependant, il se retourna à demi et prit son courage à deux mains pour lâcher :
- Merci.
- Pourquoi ? Sourit Dumbledore d'un air innocent.
- Pour m'avoir écouté, pour ne pas m'avoir directement traité de menteur, pour ne pas m'avoir balancé par la fenêtre…enfin, vous voyez quoi.
- Oui, je vois. A demain Drago.
Alors qu'il marchait dans les couloirs sombres pour retourner à l'appartement des préfets, Drago inspira plusieurs fois le plus lentement possible, histoire de bien intégrer les évènements.
Je suis un traître.
Il releva à moitié la manche de son uniforme pour regarder son bras tatoué. La marque des Ténèbres était presque un pléonasme. Tout le monde savait que son père était un mangemort et un intime de Voldemort. Et qu'en tant que fidèle fils, il s'efforçait de suivre ses traces.
Plus maintenant. Parce que je suis un traître.
Il avait longtemps hésité avant de venir parler à Dumbledore.
En revanche, quand Voldemort avait tué sous ses yeux des moldus qui n'avaient commis d'autre crime que celui d'être au mauvais endroit au mauvais moment, et quand un peu plus tard, son père l'avait frappé pour en avoir fait la remarque, il n'avait hésité que quelques secondes avant de décider qu'il ne serait plus jamais au service de Voldemort.
Service.
Cela l'avait toujours agacé, humilié d'être un serviteur du Seigneur des Ténèbres. Mais il y avait son père si fier de lui, toute sa famille qui comptait sur lui…et puis la peur. Oui la peur de s'opposer au plus puissant mage noir de tous les temps, la peur de mourir…c'était facile pour les autres, lui il n'avait pas eu le choix, on avait planifié son destin avant même qu'il ne naisse. On avait choisi pour lui le camp du mal. Sous peine de mort.
Certains appelleraient ça de la lâcheté, lui il appelait ça de la survie.
Et Drago Malefoy n'aurait jamais honte d'avoir eu envie de vivre.
Lorsqu'il entra dans la salle commune des préfets, Drago vit qu'Hermione s'était endormie sur le bureau, la tête reposant sur son devoir de métamorphose.
Mais le bruit du tableau se refermant derrière lui la réveilla soudainement et elle releva la tête, le parchemin collé à sa joue.
Drago saisit la perche :
- Très sexy Granger.
- Ah c'est toi…, grommela-t-elle en décollant la feuille.
- Qui d'autre ? Tu attendais quelqu'un peut-être ? Tu t'es enfin trouvé un mec ?
- Ce que t'es con. Contrairement à toi, mon projet de dernière année n'est pas de visiter tous les lits de Poudlard.
- Ca te ferait pas de mal pourtant…et pour ton information, j'étais avec Dumbledore.
Le Serpentard fut assez satisfait en voyant la stupéfaction se peindre sur le visage de sa colocataire. Il arrivait difficilement à la surprendre.
Cependant, il savait que c'était idiot d'avoir dit ça. Même s'il mourrait d'envie de lui hurler à la figure qu'ils risquaient fort de se retrouver dans le même camp et qu'elle n'était pas la seule à avoir de l'honneur et un semblant d'amour-propre, elle ne le croirait pas.
D'ailleurs, Hermione haussa un sourcil d'un air un peu hautain :
- Et qu'est-ce que tu faisais là-bas ?
- Rien qui ne te concerne.
La jeune fille laissa échapper un rire désabusé en secouant la tête et Drago comprit qu'elle ne le croyait pas. Il essaya d'ignorer la colère qui montait en lui à la simple pensée qu'Hermione Granger, la miss parfaite, le prenait pour le pire individu sur Terre après Voldemort, et il s'en alla dans sa chambre en claquant la porte.
Il s'adossa un instant contre la porte et serra les dents.
D'abord il allait se battre pour le bien et ensuite il essaierait de devenir quelqu'un de bien.
Chaque chose en son temps.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu ! Certains d'entre vous trouvent sans doute que ça avance très vite, surtout du côté de Drago mais je voulais rentrer rapidement dans l'histoire et s'ils ne vous ont pas totalement ennuyé, je vais essayer de mettre plus de flash-back de Drago pour expliquer comment il en est arrivé là dès le mois de septembre (les prochains flash-back devraient être plus vivants que celui là ^^)
Je me répète mais n'hésitez pas à me laisser une petite review pour me dire ce que vous en pensez et à la semaine prochaine ! ;)
