Bonjour à tous ! Alors tout d'abord, j'ai bien l'impression que vous êtes de plus en plus nombreux à lire cette fic (plus de 75 pour ce chapitre si les statistiques ne me mentent pas ^^) donc merci à tous, ça me fait énormément plaisir ! :)
Je remercie particulièrement Maxine3482 et Rose Caldin qui ont toujours la gentillesse de me laisser leurs impressions ainsi qu'Eury qui m'a également laissé une review cette semaine ! :)
Ce sixième chapitre est un peu plus court que les autres, j'en suis désolée, je travaille beaucoup en ce moment avec la fin de l'année qui arrive et un mémoire ne s'écrit pas tout seul donc je risque d'avoir un peu moins de temps libre mais je vais faire de mon mieux pour continuer mon rythme de publication hebdomadaire !
Bonne lecture à tous !
Dumbledore avait accepté que les séances de travail des deux préfets-en-chef aient lieu dans leurs appartements. Ils seraient les seuls à travailler en permanence sur « la théorie » comme disaient Harry et Ron, les autres membres de l'A.D. ne venant aider que très occasionnellement – tout le monde préférait les entraînements et Hermione ne pouvait pas vraiment les en blâmer.
Leur première séance de travail commune arriva finalement deux jours après leur dernière conversation et Hermione traîna un peu des pieds en quittant la Grande Salle. Il allait falloir tout expliquer à Malefoy – même si une partie de son esprit se demandait s'il n'y connaissait pas déjà quelque chose, noir comme il était ! – Harry ayant catégoriquement refusé de le faire sous peine de « lui mettre mon poing dans la figure au cas où il m'énerverait trop » ce que Ron avait par ailleurs approuvé en hochant vigoureusement la tête. L'assurance que Dumbledore avait demandé à ce qu'Hermione s'en charge avait achevé leur argumentation et la jeune fille avait abandonné ses protestations d'un air résigné.
Lorsqu'elle entra dans la salle commune, Hermione aperçut Malefoy dans sa chambre dont il avait laissé la porte ouverte. Elle s'efforça de rester neutre et lança :
- Malefoy tu te rappelles qu'on a du travail ?
Il se leva aussitôt et vint la rejoindre dans la salle commune.
- Je n'avais pas oublié Granger. Dit-il en s'asseyant à la table de travail. Mais je me suis dit que si j'étais déjà là, tout prêt, tu allais trouver ça bizarre.
Hermione dut s'avouer que ce n'était pas faux. Elle aurait trouvé le Serpentard un peu trop pressé d'avoir des informations.
Chassant ces pensées suspicieuses de son esprit, elle soupira et vint prendre place en face de Drago qui attendait docilement qu'elle commence.
- Bon…je pense qu'Harry a du te dire que nous avions trouvé un moyen de vaincre Voldemort ?
- Quelque chose comme ça, oui. Et quel moyen ?
- Tu sais ce qu'est un horcruxe ?
- Non.
Il avait l'air sincère et Hermione en ressentit une pointe de soulagement. La connaissance de ce genre de magie n'était rassurante chez personne.
- Pour faire court, reprit-elle au bout d'un instant de silence, c'est un objet dans lequel on peut mettre une partie de son âme. Il « suffit » de commettre un meurtre et on peut ainsi déchirer son âme et en entreposer un morceau dans n'importe quel objet. Ainsi on ne peut pas mourir tant qu'un horcruxe survit.
- Voldemort a fait un horcruxe ?
- Non, six.
Drago hocha la tête d'un air pensif. Hermione ne savait pas vraiment pourquoi mais elle aurait préféré qu'il ait l'air un peu plus horrifié. Elle ne put s'empêcher de lui faire remarquer sa placidité suspecte :
- Tu n'as pas l'air très surpris.
Il haussa les épaules.
- Je vis avec des mangemorts et côtoie Voldemort depuis un certain temps. Alors apprendre qu'il a déchiré son âme en plusieurs morceaux en espérant atteindre l'immortalité ne me stupéfie pas, non. Mais si tu préfères, je peux prendre l'air choqué la prochaine fois.
- Très drôle ! siffla Hermione, irritée. Bon, en attendant tu as les informations principales. Nous recherchons les horcruxes pour les détruire. Lorsqu'il n'en restera plus, il n'y aura plus qu'à s'occuper de Voldemort.
- Plus qu'à, comme tu dis. Et vous en avez déjà trouvé ?
Hermione se redressa un peu sur sa chaise. Elle ne pouvait s'empêcher d'adopter la même attitude fiérote que lorsqu'on lui demandait si elle avait eu de bonnes notes à ses examens :
- Harry en a détruit un dans la chambre des secrets en deuxième année. C'était le journal intime de Voldemort lorsqu'il était à Poudlard. Dumbledore en a détruit un deuxième l'été de notre cinquième année, une bague ayant appartenu au grand-père de Voldemort. Et puis Harry et lui en ont trouvé un autre en juin dernier.
Elle se garda bien de faire remarquer que c'était la nuit où Drago avait fait entrer des mangemorts dans l'école mais elle n'en pensait pas moins. Ce que le Serpentard dut remarquer puisqu'il s'agitait sur sa chaise, apparemment pas très à l'aise.
- C'était un médaillon ayant appartenu à Salazar Serpentard. Il semble que Voldemort soit un de ses descendants. Le médaillon avait appartenu à sa mère qui l'avait vendu pour trois fois rien chez Barjow et Beurk peu avant la naissance de Voldemort. Celui-ci a travaillé là-bas après sa scolarité et il a retrouvé le médaillon chez une vieille sorcière, une cliente régulière. Bon, le problème, c'est que l'horcruxe qu'ils ont trouvé n'en était pas un. C'était un faux médaillon, placé par un certain R.A.B. qui possède donc le véritable horcruxe. On n'a pas encore réussi à l'identifier mais c'est en cours.
- Comment sais-tu tout ça ? Lâcha Drago dans un murmure.
Pour le coup, là, il était surpris. Il découvrait des pans entiers du passé de Voldemort, si secret et mystérieux.
- Deux mots, sourit presque Hermione, Dumbledore et la pensine.
Et sans un mot de plus, elle lui tendit une feuille de papier.
Par réflexe, Drago la prit. De sa petite écriture policée, la jeune Gryffondor y avait rédigé ce qui ressemblait fortement à un contrat dans lequel lui, Drago Malefoy, s'engageait à ne rien révéler concernant les horcruxes à qui que ce soit ne faisant pas partie de l'A.D. ou de l'Ordre du Phénix.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda Drago en relevant la tête vers Hermione qui le regardait calmement.
- Une preuve de ta bonne foi si tu acceptes de signer.
- Qu'est-ce que ça peut te faire que je signe ce bout de papier ? Rien ne m'empêcherait de briser ce contrat.
La jeune fille fronça les sourcils et il comprit qu'il avait fait une erreur tactique. Il aurait du se rappeler qu'il parlait à une Gryffondor. Pour elle, le déshonneur de briser une promesse était sans doute déjà une assez grande punition.
- Les Gryffondor et l'honneur ! grommela-t-il avant de griffonner sa signature au bas du papier. Voilà, tu es contente ?
- Oui.
Hermione reprit le contrat et le glissa dans ses affaires avec un petit sourire.
En effet, rien n'empêcherait Malefoy de briser la promesse qu'il venait de faire en signant son « bout de papier » comme il l'appelait, mais les effets qu'auraient sur lui une telle trahison ne seraient pas sans lui rappeler Mariette Edgecombe et sa petite défiguration temporaire en cinquième année. Ainsi, si Malefoy parlait et qu'il pensait pouvoir rester parmi eux pour récolter plus d'informations, ils le sauraient.
Hermione faisait confiance à Dumbledore. Mais elle préférait avoir une petite assurance en plus.
Alors qu'elle éparpillait les parchemins sur lesquels s'étalaient ses notes et ses idées, sans cesser de parler, le regard de Drago tomba sur un dessin à moitié caché par une liste d'horcruxes possibles
Il fronça les sourcils et prit le dessin pour le regarder de plus près.
- C'est quoi ça ?
- C'est la coupe d'Helga Poufsouffle, expliqua Hermione, on est quasiment sûrs que c'est un horcruxe. Mais impossible de savoir où il se trouve, il a disparu depuis que Voldemort l'a volé à la vieille sorcière dont je t'ai parlé, et j'ai beau me creuser la tête, pas moyen de…
- J'ai déjà vu cet objet.
Hermione cessa brusquement de parler et se tourna vers son camarade avec des yeux ronds.
- Excuse-moi ?
- Cette coupe. Je crois que je l'ai déjà vue. J'accompagnais ma mère déposer de l'argent pour ma tante Bella dans le coffre des Lestrange et…je suis quasiment sûr d'avoir vu cette coupe sur une étagère.
Hermione tenta de parler mais pour peut-être la première fois de sa vie, les mots avaient du mal à sortir :
- Je…que…pardon mais est-ce que tu es en train de me dire que tu sais où se trouve un des horcruxes ?
- Je crois. En tout cas, c'est là que la coupe se trouvait il y a un mois.
- Oh putain.
Drago eut presque l'air choqué en entendant Hermione Granger proférer de telles insanités mais sa colocataire s'était déjà levée et elle se ruait vers le passage. Voyant que le jeune homme n'avait pas également bondi sur ses pieds, elle s'arrêta un instant pour le regarder comme s'il était idiot :
- Qu'est-ce que tu fais planté là ?! Bouge-toi !
- Je croyais qu'on devait travailler ?
- Ne te fais pas plus bête que tu ne l'es Malefoy, une information pareille n'attendra pas une seconde de plus, alors BOUGE !
Cinq minutes plus tard, ils étaient devant le bureau de Dumbledore. Hermione avait laissé un message sur les gallions de l'AD à l'intention d'Harry et Ron en espérant qu'ils les verraient. Elle n'avait pas le temps d'aller les chercher, elle arrivait à peine à rester en place en attendant que l'escalier menant au bureau du directeur ne se découvre.
Dumbledore avait du les entendre arriver puisque, chose exceptionnelle, la porte de son bureau était ouverte.
- Miss Granger, M. Malefoy…entrez je vous en prie.
- Professeur ! haleta Hermione en se précipitant vers le bureau derrière lequel il était tranquillement assis, caressant distraitement Fumseck. La coupe d'Helga Poufsouffle…elle est dans le coffre des Lestrange à Gringotts.
A ces mots, Dumbledore se leva et Drago remarqua avec satisfaction qu'il avait abandonné son perpétuel air de ravi de la crèche et qu'il les écoutait attentivement.
- Expliquez-moi.
- Malefoy l'y a vue il y a un mois.
Le directeur se tourna vers le jeune homme qui inspira profondément. Il comprit que c'était l'épreuve du feu. L'ultime trahison qu'il pouvait commettre envers son ancien camp et le premier pas vers l'acceptation dans le nouveau.
Aussi répondit-il d'une voix ferme :
- J'accompagnais ma mère pour déposer de l'argent dans le coffre de ma tante, répéta-t-il, et je me souviens de cette coupe parce qu'elle était posée sur une étagère en hauteur, tout au fond. Lorsque j'ai demandé à ma mère de quoi il s'agissait, elle m'a simplement marmonné quelque chose sur un bijou de famille des Lestrange et m'a dit de ne pas m'en soucier.
Comme Dumbledore ne l'avait pas quitté des yeux, il poursuivit :
- Je suis prêt à tout répéter sous veritaserum Professeur.
- Et le fait que tu le proposes achève de me convaincre que c'est inutile. Sourit le vieil homme tandis qu'Hermione levait les yeux au ciel – quand est-ce que tout le monde allait comprendre que cette potion avait un million de failles ! – Je te remercie Drago, tu n'imagines pas à quel point cette information est importante.
Un grand fracas retentit derrière eux et ils se retournèrent tous les trois. Harry et Ron avaient manifestement essayé de passer la porte exactement au même moment et ils s'étaient cassés la figure, entraînant dans leur chute un guéridon sur lequel était posé un vase qui se brisa en mille morceaux.
Hermione se mordit la lèvre, partagée entre l'amusement et le désespoir tandis que Drago haussait un sourcil dédaigneux. Heureusement qu'il était arrivé, ils n'arriveraient jamais à vaincre Voldemort avec ce duo de bras cassés.
Quant à Dumbledore, il souriait comme s'il regardait une bonne comédie. D'un geste de baguette, il répara le vase et releva la table tout en déclarant :
- Harry, M. Weasley…approchez, j'ai une excellente nouvelle à vous annoncer.
Les intéressés se relevèrent aussi dignement que possible et s'avancèrent vers le bureau.
- M. Malefoy a été assez aimable pour nous indiquer l'emplacement de la coupe d'Helga Poufsouffle.
Harry et Ron tournèrent leurs yeux effarés vers le Serpentard dans un geste parfaitement synchronisé qui aurait volontiers fait sourire Hermione dans d'autres circonstances.
- Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? marmonna Ron qui s'attira un regard de reproche de la part du directeur.
- J'ai vu la coupe dans le coffre des Lestrange il y a environ un mois, répéta obligeamment Drago.
- Faites-le passer sous veritaserum, déclara fermement Harry qui n'avait pas lâché le Serpentard du regard.
- T'es lourd Potter ! soupira Drago.
Mais le jeune homme refusa de transiger et Malefoy finit par céder.
Dix minutes, un veritaserum et quelques questions plus tard, les quatre adolescents se tenaient devant Dumbledore. Celui-ci les regarda tour à tour avant de déclarer :
- Bien. Je vais informer l'Ordre de ce que nous venons de découvrir et nous mettrons sur pied une opération pour récupérer cet objet.
- Il faut y aller le plus tôt possible ! lança Harry. Ils pourraient le déplacer !
Il jeta un regard noir à Malefoy. Il l'aurait à l'œil. Si quoi que ce soit se passait mal, ce serait pour lui la preuve que le Serpentard était bien ce qu'il le soupçonnait d'être depuis qu'il était venu les voir la bouche en cœur : un putain d'espion.
Malefoy lui répondit par un sourire hypocrite et Dumbledore poursuivit sans tenir compte de leur joute muette :
- Nous ne pouvons pas nous lancer dans une telle opération sans un minimum de préparation Harry, tu le sais. Pénétrer dans Gringotts n'est pas une mince affaire, certains diraient même que c'est impossible…
Les élèves lui lancèrent un regard surpris.
- Mais à cœur vaillant rien d'impossible ! reprit-il d'un ton jovial. Nous trouverons un moyen.
Hermione se mordit la lèvre pour ne pas rire en entendant le directeur de Poudlard citer un moldu du XVe siècle* tandis qu'Harry et Ron échangeaient un regard incrédule. Drago quant à lui leva les yeux au ciel, retenant à grand peine un soupir. Apparemment, être l'un des plus grands sorciers de son temps ne vous empêchait pas d'être complètement fêlé…
*Pour ceux qui se posent la question, cette phrase était la devise de Jacques Cœur, grand argentier de Charles VII ^^
Deux semaines passèrent, et Hermione s'inquiétait.
Après le gigantesque bond en avant qu'ils avaient fait lors de sa toute première séance de travail avec Malefoy, leurs recherches faisaient du sur-place et l'opération visant à récupérer la coupe dans le coffre des Lestrange n'avait pas l'air d'avancer non plus.
Hermione était de plus en plus faible. Conjuguer ses cours et le travail que demandait la révision des ASPIC aux entraînements de l'A.D. auxquels elle continuait à participer et à ses recherches sur les horcruxes, ça commençait à faire beaucoup. Elle avait de plus en plus de mal à rester de bonne humeur toute la journée et Malefoy était souvent celui qui bénéficiait de son agressivité en fin de journée, ce qui donnait lieu à des disputes particulièrement bruyantes, auxquelles se mêlaient de temps à autre les portraits des anciens préfets-en-chef sur le mur du salon.
Hermione n'était d'ailleurs pas la seule à ne pas être au sommet de sa forme. Si elle n'avait pas beaucoup revu Dumbledore depuis leur discussion sur la coupe, deux semaines plus tôt, elle voyait bien que le vieil homme faiblissait. Il n'était plus que rarement présent lors des repas dans la grande salle et Harry lui avait fait part de son inquiétude concernant le directeur le jeune homme trouvait que son mentor avait perdu son feu habituel et Hermione se demandait si cela avait à voir avec son humeur massacrante.
Car pour couronner le tout, Harry avait changé ces derniers temps, et pas forcément en bien. Il se renfermait, dormait de moins en moins et enrageait de voir que leurs recherches avançaient si lentement. Ron était manifestement la cible de son agressivité et il avait commencé à s'éloigner, passant plus de temps en compagnie de Dean, Seamus et Neville, et Harry s'isolait. Alors Hermione s'efforçait de le voir le plus souvent possible, épuisant sa dose de bonne humeur et de motivation quand elle était avec lui. Elle n'ignorait pas quel fardeau son ami portait sur les épaules et se refusait donc à faire allusion à ses propres problèmes. Même Ginny ne reconnaissait pas son petit ami c'est ce que la jeune Weasley, en pleurs, avait confié à Hermione après s'être disputé avec son petit ami qui lui reprochait apparemment de trop penser à leur histoire et pas assez à leur combat contre Voldemort.
Quant à Malefoy, il suivait le mouvement de mauvaise grâce. Fatigué de la méfiance presque palpable lors des entraînements de l'A.D., il en avait manqué plusieurs, ce qui avait été l'occasion d'une nouvelle dispute avec sa colocataire ils se chamaillaient moins, mais suffisamment pour leur donner parfois l'impression que rien n'avait changé. Cependant, leurs disputes avaient changé de motifs : Hermione lui reprochait d'avoir encore ramené une fille pour la nuit, de s'être engueulé avec Seamus Finnigan lors d'un entraînement, d'être arrogant…de son côté, Malefoy multipliait les réflexions envers Hermione qui, selon lui, se tuait au travail et refusait de l'admettre, préférant jouer aux super-héroïnes que rien n'atteignait. Son entêtement orgueilleux agaçait profondément le Serpentard. Alors lorsqu'elle avait encore perdu conscience, Malefoy l'avait transporté dans son lit et lui avait jeté un sort de sommeil pour qu'elle prenne un peu de repos. Mais cela avait mis la jeune fille hors d'elle et il s'était donc abstenu de recommencer.
Etonnamment, les seuls moments où les deux colocataires pouvaient se parler sans risquer de se disputer, était lors de leurs séances de travail. Hermione avait réalisé que travailler avec Malefoy n'était pas aussi désagréable qu'elle l'aurait cru. Le jeune homme prenait manifestement leur tâche au sérieux et il ne se permettait aucune réflexion ni sous-entendus durant leurs séances de travail – bon bien sur, en dehors, c'était une autre histoire... – La plupart du temps, ils lisaient chacun de leur côté en silence avant de confronter leurs théories. Hermione réalisait avec le temps que Drago Malefoy, comme elle le soupçonnait, était intelligent. Il le cachait depuis des années derrière un masque d'arrogance et de méchanceté mais il était intelligent. Elle remarqua aussi qu'il ne l'interrompait jamais et écoutait toujours avec attention ce qu'elle disait, ce qu'Harry et Ron ne faisaient pas systématiquement.
Elle n'aurait su dire si ce numéro du bon élève la rassurait ou éveillait au contraire son côté paranoïaque qui cherchait désespérément le piège.
Et puis elle se raisonnait en se rappelant qu'en dehors de leurs séances de travail, Malefoy pouvait toujours se montrer parfaitement exécrable. Le dernier entraînement de l'A.D. avait été l'occasion pour Ron et lui de se balancer une flopée d'horreurs à la figure et Hermione avait refusé d'adresser la parole au Serpentard jusqu'au lendemain, quand leur séance de travail l'avait obligée à communiquer.
Deux jours après cet incident, Hermione rentra dans l'appartement des préfets en toussant. Drago était en train de fumer une cigarette sur le canapé sauf qu'il n'avait pas ouvert la fenêtre comme ils l'avaient fait la dernière fois et surtout, ce n'était pas la première de la journée comme elle le constata en avisant deux mégots jetés dans la cheminée éteinte.
- Malefoy ! protesta-t-elle en agitant inutilement sa main. Tu as l'intention d'asphyxier toute l'école ou quoi ?!
Il ne répondit rien et la jeune fille se dirigea avec humeur vers la fenêtre qu'elle ouvrit, avant de lancer un sort pour purifier un peu l'air. Un préfet-en-chef mort depuis bientôt trois siècles la remercia chaleureusement. Apparemment, ça faisait un petit moment que la fumée embuait son portrait.
Hermione songea à rentrer directement dans sa chambre – qu'elle devrait sans doute aérer également – mais l'air perdu de Malefoy la fit hésiter. Elle avait du mal à ignorer la détresse – ou ce qu'elle pensait en être – lorsqu'elle se présentait devant elle. En première année déjà, elle avait failli ignorer le petit Neville Londubat qui se lamentait sur la perte de son crapaud mais l'avait finalement aidé.
Aussi revint-elle vers le canapé pour se planter devant Malefoy qui lui lança un regard torve.
- Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Mis à part le fait que je ne peux pas fumer tranquille et que tu viens d'ouvrir la fenêtre alors qu'il fait pas loin de cinq degrés dehors, tout va bien. Répondit Drago d'une voix morne.
- Ne raconte pas de bêtises Malefoy, on est en octobre et il fait encore plus de dix degrés. Et puis je préfère mourir gelée qu'asphyxiée.
- Si tu le dis.
- Tu as passé une mauvaise journée ?
Malefoy se redressa un peu sur son séant et poussa un profond soupir avant de répondre :
- Granger, je sais que je suis celui qui a suggéré qu'on ait des relations plus cordiales mais se raconter nos journées respectives et nos petits secrets en gloussant comme des première année n'était pas vraiment ce que j'avais en tête. Alors fous-moi la paix.
Hermione lui lança un regard indigné. Il était schizophrène, elle ne voyait que ça. La veille au soir, il s'était montré parfaitement aimable durant leur séance de travail et voilà qu'il l'envoyait balader comme un chien trop collant. Elle était consciente que leur relation était étrange, carrément bizarre même et qu'apprendre à communiquer un tant soit peu normalement allait prendre du temps mais ses sautes d'humeur commençaient à l'agacer.
- Pardon d'avoir osé penser que je pourrais t'aider Malefoy ! J'aurais du me rappeler que tu n'avais besoin de l'aide de personne.
- Tu as tout compris. Maintenant si tu pouvais dégager…
- Va te faire foutre Malefoy.
- Si c'est avec toi volontiers.
Hermione ignora royalement sa dernière pique qu'il n'avait même pas agrémenté de sa voix de dragueur du dimanche et s'enfuit dans sa chambre, définitivement de mauvaise humeur.
Dans la salle commune, Drago garda quelques instants les yeux sur la porte avant de soupirer en se traitant d'idiot. Il ne voulait pas être aussi méchant. Enfin si, enfin non, enfin pas vraiment…
Il secoua la tête pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Ce n'était même pas contre elle qu'il était en colère. Mais s'intégrer dans le camp de ceux qui le considéraient comme un ennemi quelques semaines plus tôt s'avérait plus compliqué que prévu. En arrivant, il était persuadé qu'il se ficherait des regards noirs, de la méfiance perpétuelle. Mais en fin de compte, il n'avait pas tenu si longtemps que ça.
Alors qu'il quittait le cours d'arithmancie tout à l'heure, il avait aperçu Dean Thomas et Terry Boot qui chuchotaient en le regardant. Ils avaient éclaté de rire et lui avaient lancé un regard noir avant de s'en aller. Il y a quelque temps, Drago serait allé les voir pour leur demander si l'un d'entre eux avait envie de se prendre un doloris et au pire, leur aurait balancé son poing dans la gueule. Généralement, ça calmait les gens.
Mais maintenant, que pouvait-il faire à part tenter de les ignorer ? Rien évidemment. Mais il était rentré de fort méchante humeur, avait tenté de passer sa colère en fumant une, deux, puis trois clopes. Et lorsqu'Hermione, miss je-sais-tout, leader du parti « haïssons Malefoy » était arrivée, il s'était un peu défoulé sur elle. Alors qu'elle était peut-être la seule qui avait au moins la décence de faire semblant de l'accepter. Oh, bien sûr, elle le regardait toujours avec méfiance, surtout quand il s'entraînait au combat avait-il remarqué et l'incident qui s'était produit avec Weasley prouvait qu'elle défendrait toujours ses amis quoiqu'il arrive.
Elle est comme les autres ! décida finalement Drago en allumant une quatrième cigarette. Elle me regarde comme si j'étais le dernier des salauds…
Saleté de Gryffondor.
Bon, je ne suis pas ultra satisfaite de ce chapitre, j'ai l'impression que l'histoire n'avance pas trop mais je vais essayer de remédier à ça !
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser vos avis et impressions et à la semaine prochaine !
