Bonjour à tous ! Merci d'être toujours plus nombreux à lire mon histoire et merci à La plume d'or qui m'a ajouté en follow cette semaine :) Voici donc le 8e chapitre, pas grand chose à dire donc bonne lecture !
RAR :
Maxine 3482 : Je n'étais pas sûre de t'avoir répondu en privé donc je le fais ici ^^ Merci encore pour ta review, tu es sans aucun doute celle qui m'en aura laissé le plus donc merci d'être présente à chaque chapitre pour me laisser ton avis ou tes impressions, j'espère que l'histoire continuera à te plaire ;)
M : Ooooh, merci ! Rien ne me fait plus plaisir que les reviews enthousiastes comme la tienne ^^ Tu la voulais, voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira tout autant et que j'aurai de tes nouvelles au fil de l'histoire ;)
Lorsqu'Hermione se réveilla le lendemain matin, sa première pensée fut pour ses amis.
Elle se redressa avant de passer une main devant ses yeux, aveuglée par le rai de lumière qui traversait les rideaux. Elle chercha à tâtons sa montre et découvrit avec stupéfaction qu'il était plus de midi. Après avoir furtivement songé à tous les cours qu'elle avait raté, ses pensées revinrent vers Harry et Ron et elle se leva rapidement.
Elle descendit jusqu'à la salle commune en chancelant. Drago était assis dans le canapé, un livre entre les mains. Il se leva en l'apercevant.
- Ca va mieux ? S'enquit-il d'une voix qui se voulait indifférente mais où perçait un soupçon de gentillesse.
- Tu aurais du me réveiller. Grogna-t-elle seulement.
- Après la crise de nerfs que tu nous as faite cette nuit, je ne crois pas non. Tu avais besoin de repos.
Agacée par son ton sans réplique et paternaliste, Hermione faillit répondre méchamment mais elle n'avait vraiment envie de se disputer avec le Serpentard maintenant.
- Où sont Harry et Ron ?
- Weasley est à l'infirmerie, il a reçu un doloris donc bon…
- Quoi ?!
- Il n'est pas en train d'agoniser. La coupa Drago avec impatience. Et Potter est passé te voir il y a moins d'une heure avant d'aller déjeuner.
Hermione réalisa alors qu'elle était vêtue de l'habituel tee-shirt trop grand pour elle et du short en coton qu'elle mettait pour dormir au dessus de ses sous-vêtements. Son regard s'assombrit et elle regarda Malefoy avec suspicion.
- Ne t'énerve pas ! prévint celui-ci en levant les mains en l'air. C'est Potter et Weasley qui s'en sont chargés. Je ne suis pas assez suicidaire pour avoir pris la liberté de te déshabiller.
La jeune fille ravala une fois encore la colère qu'elle s'apprêtait à lui jeter à la figure et se contenta de demander :
- Tu n'es pas en cours ?
- Vu l'heure à laquelle on s'est couchés, moi aussi j'étais un peu trop crevé pour y aller ce matin…et puis il fallait bien que tu prennes ton traitement.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je me disais bien que tu n'avais pas l'air très réveillé, sourit légèrement le jeune homme, je t'ai, on va dire, « ranimé » ce matin et tout à l'heure, juste le temps de te faire avaler ta potion.
- Je ne m'en souviens pas.
- Je sais.
- Hum…merci.
Il esquissa un geste désinvolte de la main, probablement sa façon de lui dire que ce n'était rien jugea Hermione qui se contenta d'un dernier signe de tête avant de se diriger vers le passage. Elle devait aller voir Ron à l'infirmerie.
- Granger ?
La jeune fille tourna la tête vers son colocataire, agacée. Il n'allait quand même pas essayer de l'empêcher d'aller voir ses amis !
- Quoi ? Je vais voir Ron à l'infirmerie, ça te pose un problème ?
- Ca te posera un problème aussi si tu y vas dans cette tenue.
Elle baissa les yeux et rougit violemment.
Bon, se changer d'abord. Y aller après.
Drago ne put s'empêcher de ricaner à la pensée d'Hermione Granger déboulant en pyjama dans l'infirmerie. La jeune fille lui décocha un regard noir avant de se diriger vers la salle de bains.
Elle avait rarement eu autant envie d'une douche.
Quinze minutes plus tard, Hermione sortait en trombe de l'appartement des préfets et trottait dans les couloirs en direction de l'infirmerie.
Elle croisa Dean et Neville avec qui elle échangea quelques mots tout en marchant avant de les abandonner au détour d'un couloir menant à la Grande Salle.
Enfin, la jeune fille franchit les portes de l'infirmerie. L'odeur familière des onguents et des potions médicinales lui parvint aux narines et elle se rendit compte qu'à eux trois, ils avaient passé un sacré bout de temps ici.
Au fond de la salle, les rideaux étaient tirés. Hermione y découvrit Harry au chevet de Ron, les traits tirés mais bien vivant et apparemment pas trop mal au point. A la limite, Harry faisait davantage peur à voir avec ses bandages et les égratignures sur son visage.
- Salut…, souffla Ron en l'apercevant.
Il esquissa un bref sourire et Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux. Encore.
Elle vint s'asseoir de l'autre côté du lit et, tendant les mains, mêla ses doigts à ceux de ses meilleurs amis. Elle essaya de respirer calmement. Ils allaient bien, il n'y avait aucune raison de se remettre à pleurer comme une idiote comme elle l'avait fait la veille.
- J'ai vraiment passé une soirée de merde hier soir, finit-elle par lâcher dans une vaine tentative de plaisanterie.
- Si ça peut te réconforter, la nôtre était pas mal non plus ! répliqua Harry tandis que Ron laissait échapper un rire avant de grimacer – ses côtes cassées n'étaient pas encore totalement guéries.
- Que s'est-il passé ? S'enquit Hermione d'un air angoissé.
- Au début, tout allait bien, expliqua sombrement son ami, on avait réussi à entrer dans la banque grâce au gobelin – il n'avait pas l'air très fier à l'évocation de ce souvenir et Hermione aussi préférait oublier qu'ils avaient lancé un sortilège impardonnable – même s'il a fallu lui relancer le sort un après qu'on soit passés sous une cascade qui a effacé les effets…enfin bref, on était entrés dans la chambre forte…
- Heureusement qu'on avait un dessin de la coupe, l'interrompit Ron, parce que je peux dire que les objets rutilants et dorés, c'est pas ce qui manquait !
Hermione esquissa un faible sourire et reporta son regard sur Harry pour qu'il poursuive :
- Comme dit Ron, la chambre était remplie de bibelots. Le problème, c'est que quand on en a fait tomber un, y a plein de copies qui sont apparues ! et elles ont heurté d'autres objets qui se sont démultipliés à leur tour !
- Sortilège de duplication, marmonna machinalement Hermione.
- C'est ce qu'a dit Lupin, oui. Et évidemment, la coupe était au fond. J'ai bien cru qu'on allait mourir étouffés sous les objets. Mais finalement, Tonks a réussi à l'attraper.
La jeune fille aurait voulu se réjouir qu'ils aient atteint leur but mais elle se doutait bien que ce n'était pas la fin de l'histoire.
- Sauf que quand on est sortis, des mangemorts étaient arrivés.
A ces mots, Hermione se figea.
Si jamais tu as décidé de nous trahir…je t'en supplie, pas ce soir.
Il n'avait pas osé… ?
- Comment ? Demanda-t-elle seulement, la gorge nouée.
- Lupin pense qu'il y avait une sorte d'alarme reliée au sortilège de duplication, expliqua Harry. Ce n'était pas lui Hermione.
- Oui. Oui, je sais.
Bien sûr, ça ne pouvait pas être lui, songea la jeune fille en y réfléchissant à deux fois. Son visage était parfaitement normal ce matin.
Elle s'en voulut un peu d'avoir douté du Serpentard qui avait été presque gentil la veille au soir et qui faisait clairement des efforts pour prouver sa bonne foi. Mais c'était plus fort qu'elle, pendant une milliseconde, son cœur s'était arrêté à la pensé qu'elle avait eu tort, qu'il les avait trahis.
- D'ailleurs Bellatrix était là, poursuivit Harry, et elle avait franchement pas l'air content. On les a combattus. Mais ils étaient beaucoup plus que nous.
- Comment vous en êtes-vous tirés ? Souffla Hermione, un peu prise par l'histoire malgré elle.
- Avec un dragon.
Hermione écarquilla ses yeux noisette et pour le coup, Harry et Ron esquissèrent un même sourire.
- Il y avait un dragon devant la chambre forte des Lestrange et d'autres chambres de familles riches, reprit Harry, il est attaché et les Gobelins ne peuvent passer devant qu'en agitant une sorte de cloche qui le fait se recroqueviller dans un coin…
- Mais c'est horrible ! s'indigna Hermione.
- T'inquiètes pas, on l'a sauvé, sourit Ron. C'est Harry qui a eu l'idée.
- On est montés sur son dos et on a brisé ses chaînes. Je me suis dit que c'était le moyen le plus…rapide de sortir, fit le Survivant qui avait l'air un peu gêné, bon le problème c'est qu'il a défoncé la moitié de la banque.
- C'est Bill qui doit être content à cette heure là, plaisanta Ron.
- Bref, une fois qu'il est sorti de la banque, on a transplané et on est revenus, voilà.
Ils se turent tous les trois pendant un instant. Ron s'agitait pour tenter de trouver une position plus confortable, Harry avait l'air de ressasser les évènements de la nuit dernière et Hermione réfléchissait.
Finalement, elle inspira profondément et demanda calmement :
- Où est la coupe ?
- Détruite. Avec l'épée de Gryffondor.
La jeune fille laissa échapper un profond soupir de soulagement.
Ca, c'est fait.
Elle reporta son regard sur ses amis et sourit :
- Je suis fière de vous.
- Hum…et…Malefoy, on en parle ? Demanda soudain Ron en se raclant la gorge.
Harry hocha lentement la tête et Hermione leur lança un regard surpris :
- Comment ça ?
- Sans lui, on aurait jamais retrouvé la coupe, répondit le Survivant. Je vais le remercier.
- C'est vrai ?
- Ecoute, je ne l'apprécie toujours pas et je ne suis pas sûr que ça arrive un jour mais on ne peut pas nier qu'on a fait un gigantesque bond en avant grâce à lui. Et j'avoue ne pas voir l'intérêt qu'il avait à nous révéler l'emplacement de la coupe.
- Ca aurait pu être un piège, fit remarquer Ron.
- Evidemment, mais je ne pense pas, Dumbledore le lui a demandé quand il était sous veritaserum et à moins qu'il n'ait trouvé un moyen de prévenir les Mangemorts entre-temps…
Il secoua la tête et reprit :
- Non.
- Vous pourriez le faire pendant la prochaine réunion de l'A.D., en prévenant tout le monde, suggéra Hermione.
Non, sa proposition n'était pas du tout innocente. En remerciant officiellement Drago de les avoir aidés dans la lutte contre Voldemort, Hermione espérait ainsi le rendre un tantinet plus appréciable auprès des autres membres de l'A.D. dont la plupart n'étaient pas décidés à oublier que Malefoy avait fait partie de la petite brigade d'Ombrage en cinquième année.
Harry poussa un profond soupir, pas dupe, mais il acquiesça finalement avec un petit sourire.
Qu'est-ce qu'on ferait pas pour vaincre Voldemort…
Hermione fut ailleurs tous l'après-midi. Difficile de se concentrer sur le cours de métamorphose quand elle ne pouvait penser qu'aux horcruxes qui leur restaient à détruire. Le professeur McGonagall parut s'en rendre compte puisque, bien qu'elle ait remarqué son élève qui passait son temps à regarder par la fenêtre et à griffonner soudainement sur un bout de parchemin, elle ne lui fit aucune remarque.
Après son cours d'arithmancie en fin d'après-midi, Hermione se força à aller à la bibliothèque pour terminer un devoir de sortilèges sur lequel elle avait énormément de retard – c'est-à-dire qu'il était à rendre dans une semaine – et ce n'est qu'à 19h qu'elle repassa à l'appartement préfectoral avant de descendre dîner.
Drago était en train de travailler au bureau, tentant d'ignorer les remarques assez régulières que lançait le portrait de Tiberius Gold, un préfet-en-chef mort depuis près d'un siècle, et qui, seul parmi ses confrères accrochés au mur, se permettait de critiquer ce qu'il n'appréciait pas – beaucoup de choses – et d'intervenir dans les conversations quand il le jugeait utile – très souvent.
- Bonsoir M. Gold, marmonna machinalement Hermione qui avait pris l'habitude de saluer le portrait si bavard.
Elle savait que ce n'était pas forcément une bonne idée de l'encourager, et d'ailleurs, il en profita pour répondre joyeusement, s'attirant un regard torve de la part de Malefoy.
- Bonsoir miss Granger ! comment allez-vous ? Vous n'êtes pas trop fatiguée j'espère ? Une femme dans votre état…
La jeune fille lui envoya un sourire crispé mais elle avait cessé d'écouter. S'il y avait bien quelque chose que Drago et elle oubliaient en permanence, c'est que l'adage « les murs ont des oreilles » n'était jamais aussi vrai que dans les monde des sorciers, et plus encore à Poudlard où il était difficile de trouver une salle sans portraits sur le mur, et donc sans personne pour écouter soigneusement tout ce que vous aviez à dire.
Alors lorsque Drago avait appris qu'Hermione était malade – et le lui avait fait bruyamment savoir – la demi-douzaine de portraits dans la salle commune en avait également été informés, et la Gryffondor s'était retrouvée un soir au beau milieu d'un débat médical, l'une des Préfètes-en-chef accrochées au mur, Demelza Stilton ne manquant jamais de rappeler qu'elle avait été directrice de Sainte-Mangouste ; mais comme elle avait vécu dans les années 40, elle ignorait tout du cancer, ce qui ne l'avait pas empêchée de donner son avis, déclenchant l'intérêt de Tiberius Gold qui avait toujours quelque chose à dire, même s'il n'y connaissait absolument rien. Les quatre autres portraits avaient mollement participé et Hermione et Drago avaient décidé d'aller faire leur ronde pour échapper aux réflexions de Tiberius, un peu misogyne sur les bords, et les hurlements indignés de l'ancienne médicomage.
Toujours est-il que Tiberius, misogyne mais galant selon lui, prenait régulièrement – trois fois par jour – des nouvelles de la santé d'Hermione. L'intention l'avait touchée au début, maintenant, cela commençait à l'agacer.
Voyant qu'elle ne répondait pas, Tiberius Gold s'était de toute façon tu et Drago se tourna vers Hermione :
- Comment va Weasley ?
- Euh…bien ! répondit Hermione au bout d'un instant, un peu surprise malgré elle. Il avait quelques côtes cassées à cause d'une fuite…mouvementée, mais Pomfresh l'a bien rafistolé, il sera sorti demain matin.
- Ok. Acquiesça simplement le jeune homme avant de se repencher sur son travail.
- Hum…Malefoy ?
Le Serpentard releva la tête vers elle, un sourcil haussé en signe d'interrogation.
- Je…je voulais te remercier personnellement ! dit précipitamment Hermione.
- Pardon ?
- Oui, pour nous avoir donné l'emplacement de l'horcruxe…on aurait jamais deviné où il était sinon.
- Tu n'as pas à me remercier. C'est normal. Marmonna Drago.
Hermione remarqua qu'il avait l'air mal à l'aise. Une partie d'elle-même avait pensé qu'il se rengorgerait de ses remerciements et y répondrait avec une ou deux plaisanteries douteuses mais non. Il avait juste l'air…gêné.
- D'accord. Dit alors Hermione. Eh bien en tout cas, tu nous as bien aidés. Merci.
Elle fit la moue, hésita à dire autre chose, puis partit finalement s'enfermer dans sa chambre.
- C'était la conversation la plus gênante que j'aie vue de toute ma vie. Déclara Tiberius d'une voix monocorde.
- Ca vous arrive de la fermer ! grogna Drago en direction de la toile.
Demelza Stilton laissa échapper un ricanement et Tiberius, drapé dans sa dignité, renonça à répondre.
Impatient d'annoncer la bonne nouvelle à leurs amis, Harry avait avancé la réunion de l'A.D. de quelques jours. Si Ginny était bien sûr déjà au courant, Ron et lui n'avaient rien dit à leurs camarades de dortoir et encore moins aux autres, aussi Harry attendait-il avec impatience que la Salle sur Demande se remplisse. Il était d'excellente humeur depuis quelques jours, il avait enfin l'impression d'avancer et même la vision de Drago Malefoy qui entrait à la suite d'Hermione ne suffit pas à atténuer sa joie.
Ernie McMillan lança un regard noir au Serpentard qui le lui retourna volontiers mais Harry remarqua qu'Hermione n'avait prononcé qu'une seule phrase qui suffit à faire se détourner le jeune homme qui décida d'ignorer le Poufsouffle et alla se poster sagement dans un coin de la salle.
- Bonsoir, déclara Harry une fois que tout le monde fut arrivé, merci d'être venus à cette réunion imprévue, elle ne sera de toute façon pas longue mais Ron, Hermione et moi tenions à vous faire savoir qu'il y a deux jours, nous avons détruit un horcruxe.
Il ne s'attendait pas à de tels cris de surprise d'abord, puis de joie de la part de ses camarades. Certains d'entre eux se serraient même dans les bras pour fêter la nouvelle et Ron se demanda ce que ça serait lorsqu'ils vaincraient Voldemort. Il vit Hermione qui remerciait encore Dean pour son dessin de la coupe tandis que Neville et Seamus avaient sauté sur Harry pour le féliciter.
- Pourquoi vous ne nous en avez pas parlé avant ? Demanda cependant Colin Crivey une fois qu'ils furent calmés.
Dumbledore nous avait demandé de ne rien dire, mais maintenant que c'est fait, je peux vous en parler, d'autant que… – il échangea un regard avec Hermione qui hocha imperceptiblement la tête – il y a quelqu'un que nous devons remercier pour nous avoir dit où était l'horcruxe.
- Qui ? Demanda Seamus.
- Drago Malefoy.
Ron se demanda si le silence aurait pu être encore plus pesant.
Pas sûr…
Tout le monde s'était tu et se tournait vers Drago qui était pourtant derrière le groupe et essayait de ne pas se faire remarquer. Celui-ci se racla la gorge en voyant que le monde le regardait et il se redressa tandis qu'Harry poursuivait :
- Malefoy avait vu la coupe dans la chambre forte des Lestrange cet été et il l'a aussitôt reconnue grâce au dessin qu'en avait fait Dean – Anthony Goldstein donna une claque dans le dos de l'intéressé qui sourit légèrement – nous avons monté une opération avec l'Ordre et y sommes allés.
Sous l'insistance de ses camarades, il dut raconter toute l'histoire, aidé par Ron qui ajoutait des détails ici ou là. Chacun fut impressionné par leur fuite pour le moins spectaculaire même si Harry dut insister sur le fait que Drago n'y était pour rien dans le fait que les Mangemorts les avaient surpris – le Serpentard s'était attiré bon nombre de regards soupçonneux lorsqu'Harry avait parlé du comité qui les attendait à la sortie de la chambre des Lestrange.
Quand il eut fini, le Survivant répéta :
- Tout cela n'aurait vraiment pas été possible sans Malefoy donc je voudrais le remercier.
La petite foule s'écarta comme un seul homme et Drago qui songea que franchement, il aurait bien aimé être ailleurs, vit Harry se diriger vers lui pour lui tendre la main. Ron l'avait suivi et il vit Hermione un peu plus loin qui l'encourageait du regard.
Drago serra donc la main du Survivant puis celle de Ron dans un silence cependant plus léger qu'avant.
Comme si la situation n'était pas assez gênante pour lui, Luna s'avança vers lui pour lui adresser ses propres félicitations de sa voix éthérée, auxquelles Drago répondit en grommelant, plus mal à l'aise que jamais.
Si y en a encore un qui vient me faire part de ses bons sentiments, je m'en vais.
En tous les cas, il y eut définitivement un avant et un après. Que ce fut sincère ou non, Drago remarqua rapidement qu'il récoltait moins de regards soupçonneux et de rires étouffés de la part des membres de l'A.D. Neville Londubat avait même accepté de s'entraîner avec lui à la séance d'entraînement suivante et Drago avait failli répliquer qu'il préférait quelqu'un qui ne soit pas un boulet mais il fut surpris de trouver en face de lui un adversaire moins pataud qu'il ne s'y attendait.
De même, Harry et Ron semblaient moins hostiles à son égard et lorsque Drago était rentré à l'appartement préfectoral un soir et qu'il y avait trouvé Harry et Ron en compagnie d'Hermione, ceux-ci l'avaient salué sans animosité. Bien sûr, ils continuaient de s'ignorer royalement dans les couloirs – autant pour la couverture de Drago que parce qu'ils n'avaient pas grand-chose à se dire – mais le Serpentard trouvait la situation moins pesante cela s'en ressentait dans son humeur vis-à-vis de sa colocataire qui le trouvait étonnamment cordial.
En revanche, du côté des Serpentard, ce n'était pas aussi rose. Si Drago ne se rendait quasiment plus dans la salle commune des verts et argents – y entendre Crabbe et Goyle déclamer leur amour du Seigneur des Ténèbres devant les plus jeunes élèves ébahis lui donnait envie de leur refaire le portrait – Blaise et Pansy avaient les oreilles qui traînaient et faisaient part à leur meilleur ami des doutes que suscitait son inaction concernant Hermione Granger. Drago leur soufflait des rumeurs à faire courir au sein des jeunes mangemorts mais il doutait de plus en plus que sa couverture tienne.
Une semaine plus tard, alors qu'elle rentrait des cours en fin d'après-midi, Hermione vit que quelqu'un patientait devant le tableau menant à leurs appartements. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Blaise Zabini qui tentait de convaincre le vieux savant de le laisser entrer, sans succès. Le visage du jeune homme s'éclaira un instant en voyant la Gryffondor s'avancer prudemment vers lui.
- Ah ! Salut Préfète ! Ca va faire dix minutes que j'attends ce crétin de Drago, tu ne saurais pas où il est par hasard ?
- On est jeudi, il ne rentrera pas avant une demi-heure environ, répondit la jeune fille.
A force de vivre avec le Serpentard, elle avait fini par mémoriser sa routine et sans connaître le détail de ses activités, elle savait qu'il ne rentrait jamais avant elle ce jour là.
Elle eut la surprise de voir Blaise Zabini lui lancer le genre de sourires que font les enfants lorsqu'ils veulent obtenir quelque chose d'un adulte.
- Tu ne me laisserais pas attendre dans votre salle commune par le plus grand des hasards ? Ces couloirs sont pleins de courants d'air et je ne voudrais pas attraper froid.
La jeune fille haussa un sourcil, l'air légèrement amusé.
Elle ne connaissait pas Blaise Zabini. Elle ne lui avait même jamais parlé avant ce jour. Elle savait depuis longtemps qu'il était le meilleur ami de Malefoy mais elle n'avait jamais eu à faire à lui et s'interdisait donc de porter un trop mauvais jugement sur sa personne. Bon bien sur, dans une foule – ou même une salle de trois personnes… – il n'était probablement pas celui vers lequel elle irait spontanément mais elle ne s'en méfiait pas comme elle avait pu le faire de Malefoy ou Parkinson.
- Si tu veux, répondit-elle donc avec un léger haussement d'épaules.
Elle lança un assurdiato avant de prononcer le mot de passe et le laissa passer devant elle, ce dont il la remercia avec un sourire.
Son caractère semblait à cent années lumière de celui de Malefoy, jugea Hermione en le regardant évoluer dans le couloir menant à leur salle commune. Il avait souri en l'apercevant, s'était montré on-ne-peut-plus poli et n'avait pas fait une seule fois allusion à tout ce qui aurait pu entraîner une confrontation.
Une fois dans la salle commune, Blaise prit place dans un fauteuil et s'étira un instant avant de demander :
- Alors, comment ça se passe avec Drago ?
- Ca se passe.
Elle ignorait qui Drago avait mis au courant de son changement d'allégeance, aussi jugea-t-elle plus prudent de continuer à faire comme si le jeune homme n'était à ses yeux qu'un mangemort à éviter comme la peste.
- Il n'est pas toujours facile à vivre, admit Blaise de son côté, il faut juste le temps de s'habituer.
La jeune fille faillit éclater de rire et dissimula son hilarité derrière une toux feinte. Blaise la regardait en souriant comme s'il avait parfaitement compris son manège.
- Et comment se passe sa reconversion ?
Hermione fit la moue. Etait-ce un piège ou savait-il réellement de quoi il en retournait ? Ce ne serait pas étonnant sachant qu'ils étaient meilleurs amis mais elle n'osait pas penser à la réaction de Malefoy s'il apprenait qu'elle avait malencontreusement vendu la mèche.
- De quoi tu parles ? Demanda-t-elle d'une voix dégagée.
- Je suis au courant tu sais. Drago ruminait cette idée depuis quelques mois. Il a même voulu qu'on l'accompagne, Pansy et moi.
- Et pourquoi ne pas l'avoir fait ?
- Je n'ai pas la même expérience que Drago avec tout ça. Lui il est né au cœur du problème si je puis dire. Mes parents sont des Sang-Pur mais ils étaient pas franchement politiques et j'ai été assez préservé pendant mon enfance. C'est surtout en arrivant à Poudlard et en rencontrant Drago que je me suis familiarisé avec ça. Et puis quand mon père est mort, ma mère s'est remariée après un an de deuil, puis il est mort, et elle s'est encore remariée…enfin bref, son 3e mari – l'actuel, hein – est un mangemort. Je ne pense pas que ma mère soit amoureuse, enfin j'espère pas parce que c'est vraiment un con, mais elle a sans doute jugé que c'était mieux de se rapprocher de ce qu'elle voit comme le camp des gagnants.
- Et toi ?
Blaise releva la tête vers Hermione qui le sondait d'un air réservé.
- Et toi, reprit-elle, tu penses aussi que c'est le camp des gagnants ? Tu adhères à leur idéologie ?
- Si j'adhérais vraiment à leur idéologie ma chère Granger, je ne t'aurais pas approchée à moins de cinq mètres, fit remarquer le jeune homme avec un léger sourire, et je ne serais certainement pas en train de discuter avec toi. J'ai pas été élevé comme Drago, je te l'ai dit. Bon bien sûr, on m'a appris qu'il y avait plusieurs sortes de sorciers et que, socialement en tout cas, il valait mieux en fréquenter certains que d'autres, mais toute cette histoire de sang, franchement…alors quand je suis en présence de mangemorts, je joue le jeu mais sinon, non, je ne pense pas qu'être née de parents modlus fasse de toi une sorcière inférieure. Tu es même l'exemple parfait pour démontrer le contraire – Hermione ne put s'empêcher de rosir sous ce compliment voilé – après, je ne sais pas qui va « gagner », si tant est qu'il y ait quelque chose à gagner, mais je ne vous rejoindrai pas. J'aurais bien trop peur que le connard fini qui me sert de beau-père ne s'en prenne à ma mère si ma trahison se savait.
Il se tut un instant, sans doute pour reprendre son souffle après une tirade qu'Hermione ne pouvait se défendre de trouver étrangement convaincante. Elle se rendit compte avec surprise qu'elle ne dépréciait pas le Serpentard. Sans doute était-elle trop naïve – Harry et Ron ne le disaient pas mais il leur arrivait de le penser, elle le voyait bien – mais Blaise Zabini ressemblait à un garçon pas foncièrement mauvais que les circonstances avait amené du mauvais côté.
- Comment est ton niveau d'occlumancie ? Demanda-t-elle soudainement.
- Pardon ?
- Tu sais que Drago nous a rejoints, alors qu'est-ce qui se passera si Voldemort essaie de fouiller ton esprit ?
Blaise laissa échapper un petit rire.
- Je ne sais pas ce que tu t'imagines Granger mais je ne passe vraiment mes vacances avec lui…en fait, je ne l'ai jamais rencontré.
Hermione haussa les sourcils, sincèrement surprise. Bon, c'est vrai qu'en y repensant, elle voyait mal Voldemort faire des petites soirées avec toute une clique de mangemorts, un verre à la main et prenant des nouvelles du petit dernier. Mais tout de même.
- J'ai quelques notions d'occlumancie mais par rapport à Drago, je suis une vraie quiche mais mon beau-père n'est pas legilimens et je croise rarement Bellatrix Lestrange qui, de toute façon, ne m'a jamais accordé d'attention. Et Pansy est plutôt une bonne occlumens alors…
- D'accord. Fit Hermione pour couper court à la discussion, un peu gênée.
- Blaise ?
Comme pris en flagrant délit, les deux adolescents se retournèrent brusquement vers Drago qui venait d'apparaître dans le salon et les regardait d'un air soupçonneux.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda le Serpentard dont le regard passait alternativement d'Hermione à Blaise.
La jeune fille nota qu'il n'avait pas l'air particulièrement ravi de la voir discuter le coup avec son meilleur ami. Ce dernier en revanche, n'avait pas l'air gêné le moins du monde et il se leva en souriant :
- Ah, t'es là ! c'est pas trop tôt, je t'attends depuis vingt minutes et Granger a eu l'amabilité de me tenir compagnie.
- C'est ce que je vois… t'étais pas obligée de le laisser entrer, dit-il à la Gryffondor.
- Oui, je trouve aussi ! lança le Tiberius Gold, d'une voix hautaine. Ce n'est pas une salle commune ici mais vous faites entrer des étrangers comme dans un moulin !
- La ferme, vous ! grogna Drago en direction du tableau qui eut l'air profondément offensé.
- Je n'allais pas le laisser dans le couloir, argua Hermione en se levant, mal à l'aise.
Elle lissa inutilement les plis de sa robe et se dirigea vers sa chambre en lançant seulement :
- Bon, hum, je vous laisse…bonne soirée.
- A bientôt Préfète ! répondit Blaise, amusé.
Drago la suivit du regard tout le long. Sans vraiment pouvoir se l'expliquer, il n'était pas sûr d'être ravi à l'idée que la Gryffondor faisait la conversation à son meilleur ami. Pourtant, Blaise, bien plus ouvert et sympathique que lui, aurait sans doute aidé la Gryffondor à l'accepter, mais cela créait à ses yeux une sorte de lien entre eux, et il n'était pas du tout dans ses intentions qu'Hermione Granger fasse partie de son entourage proche. D'abord Pansy, maintenant Blaise…est-ce que lui tenait la jambe de Potter et Weasley pour discuter quidditch ?
Il se demandait même s'il n'était pas un peu jaloux, sans décerner cependant si cette jalousie provenait du fait que sa colocataire s'entendait avec son meilleur ami, ou du fait que dès leur première rencontre, Blaise était parvenu à parler avec Hermione sans s'engueuler.
- Hum… ?
Drago reprit rapidement ses esprits. Perdu dans ses pensées, il avait gardé les yeux fixés sur la porte de la chambre qu'avait refermée la Gryffondor et il croisa le regard interrogateur et goguenard de Blaise.
- Vous avez parlé de quoi ? Lança Drago un peu sèchement.
Blaise esquissa un sourire et répondit avec un clin d'œil :
- De toi, bien sûr.
Voilà pour cette semaine :) Que pensez-vous du personnage de Blaise ? trop gentil ? pas assez ? (bon, je serais étonnée que vous ne le trouviez pas assez mais sait-on jamais ^^)
N'hésitez pas à me donner votre avis en laissant une review et à la semaine prochaine ! ;)
