Bonsoir à tous !

Alors tout d'abord, je voudrais remercier .Prince qui m'a ajoutée dans ses favoris, qui m'a mise en follow ainsi qu'à ceux qui m'ont laissé une review, c'est toujours aussi agréable :)

Cette semaine, un chapitre assez calme, beaucoup de conversations et pas beaucoup d'action mais il en faut bien de temps en temps et même si ça ne se ressent pas forcément, l'histoire progresse à petits pas ^^

Bonne lecture !


Le mois de novembre arriva et avec lui une vague de froid qui encouragea la plupart des élèves à abandonner le parc pour leurs salles communes durant l'heure du déjeuner ou en fin d'après-midi. Hermione qui allait parfois regarder Harry et Ron s'entraîner au stade de Quidditch – Harry avait voulu abandonner au début de l'année mais tant Hermione que Ron et Ginny l'avaient convaincu de continuer à pratiquer ce sport qu'il adorait – avait rapidement renoncé et mettait ces heures à profit pour travailler avec Malefoy, et seule les soirs où lui-même s'entraînait avec son équipe.

Ce soir là justement, Hermione terminait avec satisfaction son devoir de potions lorsqu'elle entendit le passage s'ouvrir. Elle vit arriver Drago, encore en tenue. Il n'avait pas l'air de bonne humeur et il jeta son balai avec colère.

Hermione fronça les sourcils, hésitant à parler. Il n'aurait pas du revenir avant deux bonnes heures. Elle regarda par la fenêtre il faisait nuit mais le ciel était clair, l'entraînement n'avait pas pu être annulé à cause de la pluie.

- Hum…vous avez eu un problème ? Se décida-t-elle finalement à demander.

- Je me suis cassé.

- Qu…comment ça ?

Drago inspira profondément en serrant les poings, comme s'il essayait de maîtriser sa colère et il articula :

- J'ai démissionné de mon poste d'attrapeur.

Hermione referma son livre.

- Pourquoi ? Tu…tu adores le Quidditch, non ?

- Parce que j'en pouvais plus de jouer avec des connards entérinés ! Urquhart passe son temps à faire des réflexions à la con, Crabbe et Goyle sont cons tout court, j'ai craqué et j'ai dit à Urquhart que j'abandonnais et qu'il n'avait qu'à se trouver un attrapeur qui, comme lui, passerait plus de temps à cracher sur les nés-moldus qu'à voler sur son balai !

- Tu ne lui as pas dit nés-moldus au moins ? Lâcha Hermione d'une toute petite voix. Ce n'est pas très…

- Je sais plus Granger ! J'ai pas réfléchi au vocabulaire sur le moment, tu m'excuseras !

- Malefoy, je comprends que tu sois en colère mais ne t'en prends pas à moi, je n'y suis pour rien.

La jeune fille avait fini par savoir que lorsqu'il était en colère, le Serpentard passait ses nerfs sur le premier venu. Après avoir servi de défouloir plusieurs fois, elle en avait un peu marre et avait décidé de ne plus se laisser faire.

Drago lui lança d'ailleurs un regard morne et grogna :

- Je sais.

Hermione savait que cela avait valeur d'excuse et décida de s'en contenter.

- Et Blaise ? Reprit-elle.

- Quoi Blaise ?

- Bah, il est, hum…poursuiveur non ? Il est resté ?

- Oui.

Il lui lança soudain un regard noir et demanda d'une voix un peu agressive :

- Et puis depuis quand tu l'appelles Blaise, bon sang ? Vous vous êtes croisés deux fois et c'est bon, vous vous appelez par vos prénoms ?

La jeune fille récupéra ses affaires et se leva.

- Bien. Tu es de mauvaise humeur, j'ai compris, je vais me coucher.

- Attends, Granger…, soupira Drago en levant mollement la main.

Mais elle l'ignora et partit dans sa chambre sans un mot.

Le jeune homme poussa un léger cri de rage et donna un violent coup de pied dans un fauteuil. Il n'avait pas prévu d'abandonner le Quidditch. Mais lorsqu'ils étaient entre eux au stade, les joueurs de Serpentard ne se privaient pas pour la plupart de parler des agissements des mangemorts avec joie, multipliant insultes et réflexions sur les nés-moldus et ce soir, il avait bien failli mettre son poing dans la gueule d'idiot de Crabbe.

Alors il était parti. Avec l'amère impression d'avoir fait une erreur.


Le lendemain était un samedi et Hermione retrouva Ginny à la bibliothèque. C'est donc la jeune fille qui apprit en premier la nouvelle de la démission de Drago.

- Il a lâché son poste d'attrapeur ?! chuchota la rouquine, stupéfaite.

- Oui. Il m'a dit qu'il n'en pouvait plus de ses coéquipiers.

- Eh bien je ne sais pas s'il est transformé mais il a clairement changé ! fit remarquer la benjamine Weasley en sortant ses affaires de son sac. Ca va faire plaisir à Ron, ça.

- Pardon ?

- L'équipe de Serpentard ne comptait que trois bons joueurs selon lui : Vaisey, Zabini et Malefoy. Même si Malefoy n'est pas au niveau d'Harry, il se défendait, mais maintenant, ils ne trouveront jamais un remplaçant à la hauteur. Le match Gryffondor/Serpentard va être une partie de plaisir.

Hermione secoua légèrement la tête en souriant. C'est sûr que vu comme ça…

Soudain, la jeune fille aperçut justement Blaise Zabini qui venait de s'installer seul à une table un peu plus loin. Elle fronça les sourcils puis se décida à aller lui parler et se leva :

- Je reviens.

La Gryffondor se dirigea vers les étagères, lâchant un regard lourd de sens en passant devant Blaise qui acquiesça imperceptiblement avant de se lever à son tour quelques secondes plus tard. Ginny n'avait pas perdu une miette de leur manège et elle fit la moue.

Je me demande si Harry est au courant qu'Hermione parle à Zabini…

Le Serpentard retrouva Hermione au rayon de l'histoire antique de la magie, généralement vide, d'autant plus un samedi matin. Il jeta un dernier coup d'œil par-dessus son épaule pour s'assurer que personne ne les observait puis s'approcha de la jeune fille.

- Salut Préfète. Tout va bien ?

- Malefoy a quitté l'équipe ? Lança-t-elle immédiatement.

Le jeune homme grimaça.

- Oui. Autant dire qu'on est fichus maintenant.

- Que s'est-il passé ?

- Comme d'habitude, tous les membres de l'équipe viennent de familles de mangemorts alors quand on est tous seuls au stade, ils s'en donnent à cœur joie et balancent toutes les horreurs possibles et inimaginables.

- Et ? Insista Hermione qui voulait connaître le déclencheur.

- Bah…Crabbe a fait un sous-entendu comme quoi Drago n'avançait pas beaucoup avec toi…pour te…

- Me tuer, oui.

- Drago a rien dit et Crabbe en a rajouté en disant qu'il comprenait parce que s'il était lui, il serait trop dégoûté pour s'approcher d'une sang-de-bourbe. J'ai dû retenir Drago pour qu'il ne se jette pas sur lui.

- Oh.

- Heureusement, Crabbe est tellement idiot qu'il a pensé qu'il lui en voulait pour avoir dit qu'il n'avançait pas. Mais Urquhart a demandé à Drago quel était son problème et c'est à ce moment là qu'il a décidé de partir.

Il passa une main dans sa nuque et reprit en grimaçant :

- Sauf que quand il est parti, les autres ont commencé à dire qu'il était bizarre ces temps-ci.

- Tu crois qu'ils se doutent de quelque chose ?

- Contrairement à ce que tu pourrais croire, tous les Serpentard ne sont pas forcément des crétins congénitaux, répondit Blaise avec un sourire ironique. Drago ne vient quasiment plus dans les cachots, il discute à peine avec certains qui composaient sa clique il y a un an…même Goyle a fini par voir qu'il n'était pas « dans son état normal » – il avait mimé soigneusement les guillemets – alors, oui, je pense qu'ils se doutent de quelque chose.

- Ah vraiment ?

Hermione et Blaise se retournèrent d'un même mouvement, un air coupable sur le visage. La jeune fille songea brièvement qu'il fallait qu'ils arrêtent de réagir comme des enfants pris en faute tandis que Ginny Weasley les observait tranquillement, bras croisés et un sourcil haussé.

- On peut savoir ce que vous faites à discuter comme deux gosses entre les étagères ?

- Ca ne te regarde pas Weasley, grimaça Blaise.

La jeune fille et le Serpentard se faisaient un devoir de ne pas s'apprécier, étant tous deux poursuiveurs et donc rivaux sur le terrain de Quidditch. Ginny lança un regard perçant à Blaise pour lui faire comprendre que malgré l'emploi du pluriel, la question ne lui était pas destinée et Hermione intervint :

- Je voulais juste savoir pourquoi Malefoy avait quitté l'équipe…

- Et il ne te l'a pas dit ?

- Je voulais savoir ce qui s'était vraiment passé et…

Soudain, Pansy arriva, les toisant d'un œil noir. Hermione vit Mrs Pince passer devant le rayon avec un regard soupçonneux, trouvant sans doute qu'il y avait un peu trop d'élèves intéressés par l'histoire antique de la magie pour que ce ne soit pas étrange.

- Non mais qu'est-ce que vous foutez ?! siffla la Serpentard.

- Bonjour, put seulement dire Hermione, s'attirant un regard stupéfait de la part de Ginny.

- Crabbe et Goyle sont juste derrière moi ! poursuivit Pansy sans prendre la peine de lui répondre. Dégage de là avant qu'ils ne te voient !

- Je suis surprise qu'ils connaissent le chemin de la bibliothèque, commenta Ginny de son côté.

Pansy la foudroya du regard, l'air de dire « c'est pas vraiment le moment, là » et elle se contenta de faire un signe de tête à Blaise qui la suivit sans discuter.

Ginny se retourna vers Hermione qui faisait mine de s'intéresser à Les sorciers et la mythologie.

- Bon, et maintenant tu peux me dire avec combien de Serpentard tu copines en ce moment ?


Hermione apprit au déjeuner que décidément, Ginny avait du mal à ne pas dire un secret à Harry et qu'Harry en était tout simplement incapable vis-à-vis de Ron. Elle était presque soulagée de constater qu'ils ne l'avaient pas raconté au reste de l'A.D. A voir la tête de ses deux meilleurs amis avec entre eux Ginny dont la moue hésitait entre la culpabilité et la suspicion, elle comprit qu'elle était probablement partie pour une leçon de morale.

- Décidément Ginny, on ne peut rien te dire, grogna-t-elle en s'asseyant.

- Je te rappelle que tu ne m'as rien dit, Hermione, fit calmement remarquer son amie en se servant de pommes de terre, je vous ai surpris, c'est entièrement différent.

- C'est vrai que Malefoy a quitté l'équipe ? Intervint Ron.

- Oui.

- Génial. Tu me feras penser à le remercier à la prochaine séance de l'A.D.

- Certainement pas ! s'offusqua Hermione. Il est déjà suffisamment en rogne comme ça, pas la peine de lui rappeler qu'il a dû abandonner un sport qu'il adorait.

- Il a bien fait.

Hermione lança un regard surpris à Harry qui la regardait calmement.

- Tu trouves ?

- Si les raisons qu'il t'a données sont vraies, je trouve surtout ça rassurant. Commenta pensivement le Survivant en jetant un coup d'œil à la table des Serpentard.

Son regard croisa brièvement celui de Malefoy qui haussa un sourcil en signe d'interrogation et le Gryffondor détourna la tête pour revenir à ses amis.

- Par contre, depuis quand tu es pote avec Zabini ?

- Harry, je vois qui je veux et de toute façon, on n'est pas « potes » ! grimaça Hermione en mimant les guillemets. On s'est parlés deux fois mais c'est le meilleur ami de Drago alors je voulais juste lui demander comment ça s'était passé.

- Et il n'aurait pas pu le suivre quand il s'est cassé, son meilleur ami ? Plaisanta Ron. Ca aurait rendu le match de la semaine prochaine encore plus facile !

Ses trois amis le regardèrent un instant dans un silence flottant jusqu'à ce que Ginny pouffe de rire tandis qu'Harry esquissait un sourire. Ca allait lui faire du bien de battre Urquhart et sa bande de sales mangemorts à plate couture.

Hermione les regarda en secouant doucement la tête d'un air désespéré.

- Oh, ça va, on rigole ! Reprit Ginny en la voyant. Si on ne peut même plus se moquer des Serpentard…d'ailleurs, pourquoi tu as dit « bonjour » à Parkinson comme si vous vous connaissiez ?

A ces mots, Harry et Ron plongèrent la tête dans leurs assiettes, trouvant soudain un grand intérêt à leurs petits pois. Hermione leur avait fait promettre de ne rien dire à propos de la mère de Pansy et pour une fois, ils avaient tenu leur langue.

Ginny avait parfaitement remarqué leur manège et elle leur lança un regard noir tandis qu'Hermione faisait un grand sourire innocent.

Elle détestait quand ils faisaient ça…


Après le déjeuner, Hermione retourna à ses appartements prendre quelques affaires. Elle voyait cet après-midi le Dr Jones et Dumbledore l'attendait donc dans son bureau pour qu'elle utilise sa cheminée, la seule de Poudlard à être connectée au réseau de cheminettes.

Elle espérait que Drago n'y serait pas, pour s'éviter des questions, mais évidemment, c'était trop demander et le jeune homme discutait dans le salon…avec Pansy Parkinson.

Génial…

Les deux amis tournèrent la tête vers elle quand elle entra et Pansy lui lança un regard noir, comme si elle la tenait personnellement responsable de ce qui était arrivé le matin même dans la bibliothèque.

- Salut. Marmonna Hermione avant de se précipiter dans sa chambre.

Elle y récupéra un dossier et une fiole qu'elle fourra dans son sac, sa cape, puis ressortit rapidement. Drago haussa un sourcil en la voyant enfiler sa cape et regarda dehors. Il pleuvait des trombes d'eau.

- Tu vas te balader Granger ? Lança-t-il d'un ton un peu goguenard.

Hermione s'apprêtait à répliquer que oui – elle préférait ça plutôt que de lui dire la vérité en fait – mais c'était sans compter sur la toujours très aimable Demelza Stilton qui considérait plus ou moins Hermione comme sa patiente et s'empressa de voler à son secours.

- Miss Granger a rendez-vous avec le docteur Jones à Sainte-Mangouste M. Malefoy.

Les trois élèves se tournèrent vers elle, surpris, surtout Hermione qui ne se souvenait pas avoir parlé de ça devant elle. La médicomage les fixa un instant avant de hausser les épaules.

- J'ai aussi un portrait dans la salle de réunion des médicomages.

- Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Demanda Malefoy.

La jeune fille leva les yeux au ciel avec la mauvaise impression d'entendre un disque rayé. Elle remarqua cependant avec amusement que Pansy avait eu la même réaction qu'elle.

- On ne va pas recommencer cette conversation Malefoy, répondit-elle finalement. On est colocataires, au mieux camarades, mais certainement pas assez proches pour que je te prévienne dès que je sors.

- Elle a raison Drago. Intervint Pansy. Fiche-lui la paix.

Agacé de voir les deux jeunes filles se liguer contre lui, Drago se renfrogna et ne dit rien. Mais Pansy reporta son regard sur Hermione pour lancer :

- Tu n'as rien oublié ?

La Gryffondor aurait dû s'y habituer mais non, rien à faire. Pansy Parkinson qui lui posait ce genre de questions, ça lui apparaissait encore comme une blague et c'est limite si elle n'attendait pas un petit rire sardonique qui prouverait que la Serpentard n'en avait en fait rien à faire.

- Euh, non, je ne crois pas, répondit-elle cependant d'une voix égale. J'ai pris mon dossier et une fiole pour faire des tests, comme elle me l'a demandé.

- D'accord.

Hermione s'attendait à ce qu'elle rajoute quelque chose mais non. Elles se regardèrent un instant sous l'œil stupéfait de Drago qui, décidément, n'arrivait pas à les cerner, puis Hermione les salua d'un geste vague de la main et s'en alla.

Une fois qu'elle fut partie, Drago s'autorisa un ricanement :

- Et après c'est avec moi qu'elle a des conversations bizarres !


Une heure plus tard, Hermione se triturait les ongles dans le bureau du docteur Jones. Celle-ci lui avait fait passer plusieurs examens et elle regardait à présent les résultats en faisant la moue. C'est la gorge sèche qu'Hermione attendit qu'elle veuille bien lui faire part de ses observations.

- Bien miss Granger, soupira-t-elle finalement en reposant le dossier. C'est un bilan assez mitigé.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire que j'ai tendance à penser que vous n'avez pas vraiment suivi mes recommandations concernant le repos et l'absence de stress.

Hermione déglutit légèrement.

- J'ai essayé…

- Je ne vais pas vous mentir, j'ai reçu quelques messages quelques minutes avant de vous recevoir.

La jeune fille se figea.

- Des messages ?

- Oui. Provenant de vos amis. Manifestement, ils me jugent plus à même de vous raisonner et m'ont fait savoir que selon eux, vous aviez vraiment besoin d'y aller plus doucement.

Hermione inspira profondément et vit rouge.

Ils n'ont quand même pas osé…

- De qui viennent ces messages ? Lâcha-t-elle, les dents serrées.

- Hum…, commença la jeune femme en s'éclaircissant la gorge – elle commençait à se dire que sa révélation n'avait pas été une très bonne idée – j'en ai reçu un de messieurs Potter et Weasley.

Oh bon sang, je vais les tuer.

- Ainsi qu'un de votre colocataire apparemment.

- En effet. Je cite : « étant donné que Granger n'est pas capable de prendre soin d'elle-même, en tant que docteur, vous arriverez peut-être à lui faire comprendre que ce n'est pas en se tuant au travail qu'on va y arriver. »

Mais il est fou ! Il ne veut pas écrire clairement « Voldemort » tant qu'il y est ?!

Le docteur Jones la regarda un instant avec hésitation avant de reprendre :

- Vos amis essaient de vous aider, miss Granger…

- Je ne suis pas sûre qu'ils en auront toujours la capacité après ce soir.

- Je n'ai pas l'intention de m'immiscer dans votre vie privée…

Ca fait au moins une personne.

- Mais il est clair que la situation n'évoluera pas si vous ne faites pas des efforts. Je vous l'ai dit et je le répète : vous devez vous ménager. Si vous ne reposez pas votre corps, votre magie aura plus de mal à combattre le cancer, malgré l'aide apportée par le traitement.

Hermione n'avait aucune envie de se disputer avec son médicomage. Elle prit sur elle et répondit aimablement :

- Je vous assure que je n'ai pas l'impression de me tuer au travail. Oui, je suis fatiguée, mais vous m'aviez dit que c'était normal…

- Avez-vous eu beaucoup de malaises récemment ?

A ces mots, Hermione se remémora l'un des derniers, lorsque Malefoy avait eu la mauvaise idée de prendre une initiative… :

" - La prochaine fois que tu t'amuses à faire ça Malefoy, je te balance du haut de la tour d'astronomie ! avait-elle hurlé en se réveillant le lendemain.

- Facile à dire ! Tu t'effondres comme une chiffe molle au milieu du salon et moi je dois gérer ce crétin de Tiberius Gold qui répète en boucle « est-ce qu'elle va bien ? est-ce qu'elle va bien ? » tandis que cette plaie de Stilton me chante les louanges du bouche-à-bouche moldu ! alors, oui, je t'ai mise dans ta chambre ! je ne t'a même pas touchée si c'est ça qui t'inquiète, tu as lévité !

- Ne me prends pas pour une idiote Malefoy ! Je parle du sort de sommeil que tu m'as lancé après ça !

- C'est pas parce que tu te prends pour une super-héroïne que t'en es une Granger ! tu t'es à moitié endormie dans ton assiette hier soir ! t'es malade et t'es censée te reposer alors tu t'es évanouie et j'ai juste…disons prolongé ton sommeil. "

- Non, pas tant que ça, répondit finalement la jeune fille. Enfin, parfois je me réveille sur mon bureau pendant que je travaille. Mais je ne sais pas si c'est parce que je me suis évanouie ou assoupie. La plupart du temps, ils arrivent après une forte émotion.

- Oui, c'est généralement le cas. Soupira la médicomage. Bien, je veux que vous continuiez votre traitement aux mêmes doses que d'habitude, je ne veux pas augmenter les effets secondaires. Mais j'exige que vous fassiez des nuits de neuf heures minimum.

Hermione se renfrogna. Ca voulait dire se coucher beaucoup plus tôt que d'habitude. Elle ne se rendait pas compte du travail qu'elle avait.

- Je voudrais vous revoir dans deux mois, à la rentrée de janvier. Il faut impérativement que votre tumeur ait diminué. Plus qu'elle ne l'a fait ces deux derniers mois en tout cas.

- D'accord.

- Et, miss Granger…ne soyez pas trop dure avec vos amis. Ils prennent soin de vous, c'est tout.

La jeune fille esquissa un mince sourire.

Ils vont quand même m'entendre…


Lorsqu'Hermione réapparut dans le bureau directorial en époussetant sa cape, Dumbledore était assis derrière son bureau, plongé dans un livre.

- Vous voilà rentrée miss Granger, sourit-il en se redressant tranquillement. J'espère que tout s'est bien passé ?

Hermione eut un pincement au cœur en voyant son visage ridé portant les stigmates d'une immense fatigue. Mais elle sourit et répondit :

- Très bien, je vous remercie.

- Mon bureau a reçu un nombre singulièrement élevé de visites cet après-midi, vous savez.

La jeune fille haussa les sourcils puis comprit. Bien sûr, les messages des garçons n'auraient jamais pu arriver aussi rapidement s'ils avaient utilisé des hiboux. Ils les avaient fait passer par le réseau de cheminées !

- Je suis désolée qu'ils soient venus vous déranger pour ça, lâcha-t-elle avec une moue gênée.

- Pas le moins du monde. Même si M. Weasley s'est demandé à de multiples reprises si vous apprécieriez le geste.

- Je pense qu'il connaissait déjà la réponse, plaisanta à moitié Hermione.

Le directeur laissa échapper un léger rire, bien vite pris de vitesse par une quinte de toux. Hermione se mordit la lèvre, hésita quelques instants puis se lança :

- Professeur…

- Oui ?

- Depuis combien de temps êtes-vous malade ?

- Oh, je pense que vous connaissez la réponse à cette question miss Granger.

Elle hocha maladroitement la tête.

- C'est l'horcruxe, n'est-ce pas ? Celui que vous avez détruit au début de l'année dernière ? C'est pour ça que votre main…

- En effet.

- Mais n'y-a-t-il rien que vous puissiez faire ?

Le vieil homme l'observa un long moment à travers ses lunettes demi-lune, semblant peser le pour et le contre quant à sa réponse. Il soupira finalement :

- J'ai bien peur que non. Et comme vous l'avez sans doute remarqué, mon état s'empire.

- Harry sait-il… ?

- Non, Harry ne sait rien. Je n'ai pas vu l'utilité de vous mentir, après tout, n'êtes-vous pas la sorcière la plus intelligente de votre génération ? – Hermione rosit mais ne dit rien – mais je n'ai pas souhaité le dire à Harry et je vous demanderai de garder tout cela pour vous.

Il se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et reprit :

- Sachez seulement qu'il va avoir besoin de vous plus que jamais quand je ne serai plus là…

- Ne dites pas ça, intervint aussitôt Hermione.

Mais il leva une main pour l'empêcher de poursuivre.

- Personne n'est éternel miss Granger, je le sais mieux que personne. J'ignore exactement combien de temps il me reste, j'ai déjà duré plus longtemps que je ne le pensais, grâce au professeur Rogue…mais je pars l'esprit tranquille, en sachant qu'Harry est si bien entouré.

Il ne dit rien de plus et Hermione comprit qu'il lui donnait congé. Elle hocha lentement la tête en direction du vieil homme qui sourit et elle s'en alla d'un pas lourd.


Hermione progressait lentement dans les couloirs. Comme l'avait dit Dumbledore, elle se doutait qu'il était malade bien sûr, et quelques recherches ciblées lui avaient aussi permis de découvrir que la bague de Salazar Serpentard en était sûrement la cause. Mais l'idée qu'il pourrait les quitter dans si peu de temps – les quitter tout court d'ailleurs – lui donnait des nausées. Albus Dumbledore avait toujours été là, comme une figure immuable, un soutien sur lequel ils savaient pouvoir se reposer. Lorsqu'Hermione songeait à Voldemort et à la guerre qui se profilait, elle se disait souvent que, tant que Dumbledore était là, tout irait bien.

Elle songea à Harry qui était si proche du vieil homme. A cette pensée, toute la colère qu'elle avait ressentie envers lui et ses amis en quittant Sainte-Mangouste s'estompa et c'est l'air pensif qu'elle rentra dans la salle commune des Préfets-en-chef.

Elle aurait dû s'en douter mais c'est quand même avec surprise qu'elle découvrit Harry et Ron assis sur le canapé. La porte entrouverte de la chambre de Drago lui apprit qu'il était sur son lit, mais il s'était redressé en entendant le passage s'ouvrir.

- Comment ça s'est passé ? Demanda innocemment Harry.

Et Hermione comprit qu'ils ignoraient que le docteur Jones lui avait parlé de leurs « interventions ».

- Bien…, commença-t-elle prudemment alors que Drago ouvrait la porte l'air de rien.

Elle lança un regard significatif à Demelza Stilton qui ouvrait déjà la bouche pour l'interroger. La médicomage comprit immédiatement et se tint coi.

- La tumeur a diminué ?

C'était Drago qui avait posé la question. En voyant l'air étonné de Ron, il fut assez satisfait de se dire que, grâce à Pansy, il avait plus de connaissances sur le sujet que le rouquin.

- Non, soupira Hermione. Le docteur pense que je ne me ménage pas assez…

Elle jeta un regard soupçonneux aux garçons mais ceux-ci étaient manifestement décidés à jouer les innocents.

- Je me demande bien d'où elle a pu sortir cette idée ! reprit-elle avec la voix d'une mauvaise comédienne.

Il n'en fallut pas plus aux garçons pour comprendre et Ron marmonna à Harry :

- Je t'avais bien dit qu'on allait se faire griller.

- Parce qu'en plus, vous espériez qu'elle me ferait la leçon sans me dire que vous vous en étiez mêlés ?

- On espérait surtout que tu comprendrais que tu dois arrêter de faire comme si tu allais bien. Asséna Drago.

Ron lui lança un regard torve :

- Rappelle-moi pourquoi t'es là, déjà ?

- T'es chez moi Weasley, grommela le Serpentard, et contrairement à toi, je vis ave Granger, alors je connais un peu mieux sa routine que toi !

- Ne prétends pas connaitre Hermione mieux que nous !

- Arrêtez ! s'écria Harry. On est pas là pour se battre, mais pour soutenir Hermione – il glissa un regard vers Malefoy avant d'ajouter – enfin, Ron et moi en tout cas…

- Bon, les garçons ! intervint l'intéressée d'une voix ferme. Je sais que c'est moi qui vous ai parlé de ma maladie et je vous suis très reconnaissante de vouloir m'aider, mais franchement, faire ça dans mon dos comme si j'étais une enfant incapable de prendre soin d'elle, je n'ai pas apprécié. Je n'ai aucun problème pour vous demander de l'aide et quand j'en aurai besoin, je le ferai. D'ici là, laissez-moi gérer.

- Tu ne gères rien du tout, gronda Drago, toujours appuyé au chambranle de sa porte, on a tous vu que t'étais crevée, tu veux tout faire en même temps mais dans ton état, c'est pas possible ! et si tu ne laisses même pas tes amis, t'aider, on ne s'en sortira jamais !

- D'autant que vous êtes censé la tuer.

Tout le monde se retourna vers le portrait de William O'Connell, un vieil auror mort depuis pas loin de trois cent ans et qui ne se mêlait quasiment jamais aux conversations. Mais il avait l'art de mettre le doigt sur les problèmes.

- On peut savoir pourquoi les tableaux parlent ici ? S'étonna Ron.

- Parce qu'apparemment, on n'est pas deux mais huit à vivre dans cet appartement, grogna Drago. Et je ne suis censé rien du tout ! reprit-il d'une voix forte en direction du portrait. Si vous écoutiez plus que ce qui vous arrangeait, vous sauriez que ce n'est pas dans mes intentions !

- C'est toujours bon à savoir, commenta Harry.

Étonnamment, Hermione n'aurait su dire s'il plaisantait ou non. Mais elle était satisfaite de voir qu'ils avaient changé de sujet. Même si c'était pour passer de sa santé à l'arrêt de mort qui planait sur elle.

- Mais c'est vrai que ma couverture ne va pas tenir bien longtemps, rajouta le jeune homme à contrecœur.

- C'était à prévoir, fit remarquer Hermione avec un soupir. On vit ensemble, me tuer n'aurait pas du être bien compliqué.

- Le problème c'est que si je ne fais rien, d'autres vont s'en charger. Blaise m'a dit que d'autres Serpentard reçoivent des instructions.

- Quel genre ? Demanda aussitôt Harry.

- Découvrir ce que vous faites, enfin ce qu'on fait, nous en dissuader. Pour l'instant, je suis le seul à avoir reçu l'ordre de tuer Granger mais j'ai peur qu'avant longtemps, Voldemort mette plus de personnes sur sa liste.

- Si ça arrive, on s'en occupera. Déclara fermement Harry. En attendant, il faut juste être prudent. On est en sécurité à Poudlard.

Les quatre adolescents échangèrent des regards mornes. Ils avaient tous terriblement envie de croire Harry.

Mais lui-même n'avait pas semblé très assuré en disant ces mots.


Voilà :) Bon, je vous l'avait dit, c'était tranquille cette semaine x) J'avais hésité à mettre la discussion entre Hermione et Dumbledore mais je voulais montrer qu'il s'affaiblissait (parce que oui, malgré le fait qu'il soit encore vivant dans ma version, je n'ai pas oublié qu'il n'était pas censé durer encore dix ans ^^) et qu'il n'en avait plus pour très longtemps.

Merci de m'avoir lue et dites-moi ce que vous en avez pensé !

A la semaine prochaine :)