Bonsoir à tous ! J'espère que vous allez bien :)

Cette semaine, voilà le chapitre 10, que j'ai personnellement beaucoup aimé écrire, donc j'espère qu'il vous plaira aussi ;)

Merci à Casey Jun et Lily-Sana de m'avoir ajouté en follow et en favoris, ainsi qu'à Rose Caldin et Swangranger pour leurs reviews qui me font toujours autant plaisir ^^

Sur ce, bonne lecture !


Hermione rêvait.

Elle se trouvait au Terrier avec Harry et les Weasley. Tout allait bien : Molly venait de déposer sur la table un énorme gâteau garni de bougies pour l'anniversaire d'Harry et tout le monde s'apprêtait à chanter quand soudain, Fred, en face de la jeune fille, se mit à hurler.

Elle s'agita dans son sommeil, tendit le bras vers son ami qui continuait de crier comme un dément. Et puis elle comprit que le son n'était pas dans son rêve et elle se réveilla.

Et les hurlements continuaient.

La jeune fille secoua la tête pour reprendre ses esprits puis elle se leva en grognant. Les cris provenaient de la chambre de Drago.

Mais qu'est-ce qu'il fiche, bon sang ?!

Elle sortit de sa chambre, descendit les quelques marches menant à la salle commune et la traversa sous les grommellements des portraits qui avaient également été tirés de leur sommeil.

- On n'a pas idée de hurler à une heure pareille ! s'indigna Tiberius Gold qu'Hermione ignora avant de frapper quelques coups puis d'ouvrir la porte de la chambre de Drago.

Ce n'est qu'en voyant son colocataire s'agiter dans tous les sens dans son lit qu'elle comprit qu'il faisait un cauchemar.

Elle hésita un instant mais finit par s'approcher du jeune homme et lui toucha doucement le bras – il s'agitait tellement qu'elle n'osait pas trop s'approcher, par peur de se prendre un coup :

- Malefoy…Malefoy, réveille-toi, murmura-t-elle d'une voix endormie.

Le contact contre sa peau sembla ranimer le jeune homme qui se redressa brusquement avant de regarder autour de lui, comme pour savoir où il se trouvait.

- Tout va bien Malefoy, dit calmement Hermione. Tu as juste fait un cauchemar.

- Granger ?

- Oui, c'est moi. Tout va bien, répéta-t-elle sans bouger. Tu es dans ta chambre, à Poudlard.

Essoufflé, le Serpentard poussa un profond soupir et ramena ses genoux contre lui pour y enfouir sa tête un instant. Ne sachant pas comment réagir, Hermione resta là, les bras ballants, à le regarder sans rien dire.

Finalement, il releva la tête et marmonna seulement :

- Désolé de t'avoir réveillée.

- C'est pas grave, répondit-elle en réprimant un bâillement – bon sang, quelle heure était-il ? – je voulais juste…

- T'assurer que j'arrête de gueuler comme un fou.

- Non, répliqua-t-elle un peu sèchement. Je voulais juste être sûre que ça allait.

- Ok. Merci.

- De rien. Bonne nuit.

Ils se regardèrent l'espace d'une seconde puis Hermione fit un léger signe de tête et sortit en refermant doucement la porte.

- Merci miss Granger, lança une voix qu'elle identifia comme celle de Demelza Stilton.

- De rien, répéta-t-elle machinalement avant de retourner dans sa chambre.

Malheureusement pour elle, elle était parfaitement réveillée lorsqu'elle se recoucha. Depuis quand Malefoy avait-il ce genre de cauchemars ? Elle ne l'avait encore jamais entendu auparavant, mais elle savait qu'il chapardait des fioles de sommeil sans rêve à l'infirmerie – elle était tombée sur un flacon à moitié vide dans la salle de bains une fois. Il avait dû oublier de prendre sa dose ce soir. Hermione savait que lorsqu'on était habitué à ce genre de somnifères comme l'était Malefoy, l'oublier pouvait s'avérer désagréable.

Je me demande quand même bien de quoi sont faits les cauchemars d'un Malefoy…


Le lendemain matin, Hermione croisa Drago en sortant de la douche. En se rappelant les événements de la nuit passée, elle se sentit obligée de poser la question.

- Ça va mieux ? Demanda-t-elle d'une voix dégagée.

- Oui, oui. J'avais plus de potion, je croyais que ça irait mais…

- Avec un sevrage aussi brusque, il y avait peu de chances, lâcha-t-elle, plus pour elle-même que pour son colocataire qui lui lança un regard étrange.

Il haussa les épaules.

- Je vais essayer d'en récupérer aujourd'hui.

- Pourquoi tu ne demandes pas tout simplement à Pomfresh ? Elle n'est pas idiote, elle va bien finir par se rendre compte que son stock diminue.

- Elle le sait déjà. La semaine dernière, j'ai dû lancer toute une série de contre-sorts sur une armoire juste pour un flacon. Mais si je lui demande, elle va vouloir savoir pourquoi j'en ai besoin et j'ai pas franchement envie de lui raconter ma vie.

- Je comprends. Mais il va bien falloir que tu en parles à quelqu'un.

- T'inquiètes pas pour ça.

Il jeta un coup d'œil à la jeune fille, enveloppée dans une large serviette qui lui tombait presque jusqu'aux pieds.

- Va t'habiller, tu vas prendre froid, dit-il brusquement avant de disparaître dans le passage.

Hermione baissa la tête vers sa tenue et haussa les épaules avant de retourner dans sa chambre pour se préparer.

Elle avait bien compris que Drago n'était pas vraiment ravi qu'elle l'ait surprise à un tel moment, alors qu'il était à nu, en position de faiblesse.

Elle avait tellement de mal à définir leurs rapports que ça lui donnait la migraine à force d'y penser. Ils n'étaient pas amis, ça, c'était clair. Étaient-ils camarades ? Le mot lui paraissait encore trop fort pour décrire le début de cette relation étrange, fragile et empotée qu'ils avaient difficilement construite. Dès que Drago se croyait pris en flagrant délit de gentillesse, il se renfermait aussitôt et Hermione de son côté, hésitait constamment entre l'agressivité et la prévenance. Comme si elle s'attendait à ce qu'à tout moment, il redevienne le garçon qu'elle avait connu pendant toutes ces années, celui qui se moquait d'elle et qui l'insultait. Mais ça n'était pas arrivé. Et les événements de la nuit où Harry et Ron étaient partis chercher l'horcruxe montrait bien que leur relation évoluait… pas vrai ?

Elle n'avait pas voulu insister tout à l'heure mais elle se demanda si ça ne vaudrait pas le coup de glisser un mot à Blaise. Son meilleur ami était sans doute un des mieux placés pour faire parler le Serpentard qui en avait selon elle cruellement besoin.

Je pourrais toujours demander à Pansy…, songea-t-elle en enfilant son pantalon.

Non, pas Pansy. C'est déjà suffisamment bizarre quand on se parle, pas la peine d'en rajouter une couche.

La jeune fille finit de s'habiller, avala son traitement puis attrapa son sac et sortit de sa chambre pour se rendre dans la Grande Salle.


La matinée se passa tranquillement. Hermione se concentrait sur ses cours et prenait scrupuleusement ses notes, même en histoire de la magie, seule classe où elle avait l'impression de travailler au beau milieu d'un dortoir.

A la pause de midi, alors qu'Hermione se dirigeait en compagnie d'Harry, Ron et Lavande vers la Grande Salle, des exclamations attirèrent leur attention et ils bifurquèrent dans un couloir.

Neville, Seamus et Dean se trouvaient face à un groupe de Serpentard. De nombreux élèves les entouraient et le Trio dut jouer des coudes pour atteindre le premier rang.

- Répète un peu ce que tu viens de dire ! beuglait Seamus qu'Hermione n'avait jamais connu pour son sang-froid.

Face à eux, Crabbe, Goyle et Uquhart les toisaient, un sourire cruel flottant sur leurs lèvres.

- Tu m'as très bien entendu Finnigan ! reprenait le capitaine de l'équipe des Serpentard en détachant ses mots comme s'il parlait à un idiot. Londubat est tellement inutile qu'il ferait aussi bien d'aller rejoindre ses parents…

Dean se mit aussitôt en travers de son ami pour éviter qu'il ne se jette sur son adversaire, mais il n'avait pas prévu que Neville, fou de rage, se précipite également vers Uquhart en brandissant sa baguette.

Sans hésiter, Harry et Ron pénétrèrent dans le cercle et atteignirent leur ami, juste avant qu'il ne balance son poing sur le nez du Serpentard.

- Calme-toi Neville, le raisonna Harry. Il n'en vaut pas la peine.

Hermione parcourut la foule des élèves attroupés autour d'eux. Elle aperçut Drago, Blaise et Pansy qui assistaient à la scène en silence. La jeune fille ne savait pas vraiment si elle aurait préféré que son colocataire se jette dans la mêlée pour défendre Neville. Probablement pas, c'aurait été avouer qu'il avait changé de camp. Mais elle ressentit tout de même une pointe de déception et lorsque son regard croisa celui de Drago, elle sut qu'il l'avait compris.

- C'est ça Potter, retiens-le ! ricanait Uquhart de son côté. Si je m'en occupe, il va se retrouver à Sainte-Mangouste en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « doloris » !

Quelques cris d'indignation ou de surprise retentirent en entendant ce sous-entendu à peine voilé et Neville tenta une fois de plus de se dégager de l'étreinte de ses amis.

- Dégage de là Uquhart ! cracha Ron. Va plutôt essayer de monter sur ton balai, ça t'évitera peut-être de te ridiculiser complètement au prochain match !

La pique avait fait mouche et Hermione vit le visage du poursuiveur rougir pendant un instant. Crabbe et Goyle ne disaient rien mais ils s'étaient rapprochés de leur capitaine avec un air menaçant.

- A ta place Weasley, je ferais gaffe ! siffla soudain Uquhart. Vous allez bientôt vous rendre compte que vous n'êtes pas de taille face à…

Le jeune homme fut soudain incapable de finir sa phrase et il ouvrit la bouche plusieurs fois, comme un poisson hors de l'eau. Seamus, baguette en l'air, le regardait avec un mauvais sourire.

- Oups !

La foule autour d'eux éclata de rire en réalisant que le Gryffondor avait lancé un sortilège sur son adversaire, même si la majorité ne savaient pas de quel sortilège il s'assurait. Et pour cause, il s'agissait du sort de bloclang qu'Harry avait découvert dans le manuel du Prince de Sang-Mêlé et qu'il avait appris aux garçons de son dortoir, un soir où ils s'amusaient. Hermione ne put s'empêcher d'esquisser elle-même un sourire et vit que plusieurs Serpentard assistant à la scène avaient aussi l'air de trouver ça drôle, même s'ils ne s'étaient pas esclaffés comme leurs camarades.

- Que se passe-t-il ici ?

La voix sèche fit s'enfuir les élèves en un rien de temps. Rogue s'avançait vers le groupe, l'air furieux et Hermione vit Drago et ses amis s'en aller, entraînés par le flot d'élèves qui avait compris que le spectacle était terminé et se dirigeait maintenant vers la Grande Salle.

- Potter et sa clique, bien évidemment…, lâcha Rogue d'un ton doucereux. Félicitations, vous avez tous récolté une retenue.

- Quoi ? s'écria Lavande qui aurait mieux fait de se taire.

Rogue ne l'avait manifestement pas aperçue mais il se tourna lentement vers elle.

- Tiens, miss Brown… vous les accompagnerez.

- Mais…

- Et j'enlève dix points à Gryffondor pour usage de la magie dans les couloirs.

Après un sourire triomphal lancé au petit groupe, Uquhart, Crabbe et Goyle, réalisant qu'ils n'étaient pas en danger, s'étaient éclipsés.

- Vous rejoindrez M. Rusard dans la salle des Trophées, ce soir à 20h, précisa Rogue avant de s'en aller sans un regard en arrière.

Les adolescents échangèrent des regards interloqués et Ron grogna :

- Quelqu'un peut-il me rappeler que Rogue est de notre côté ? Parce que parfois, j'ai vraiment du mal à y croire…


Lorsqu'elle rentra à ses appartements à la fin de la journée, Hermione ruminait encore les événements de la journée. Elle n'arrivait pas à croire que Rogue puisse faire preuve d'un tel favoritisme !

Ça leur avait pris la moitié du déjeuner pour calmer Neville, fou de rage et blessé, mais plus encore Seamus qui était aussi remonté contre les trois Serpentard que contre Rogue et son sens approximatif de la justice. Le jeune irlandais avait passé tout le repas à lancer des regards noirs en direction de la table des verts et argents ou Uquhart – qui avait malheureusement retrouvé l'usage de la parole – et ses amis ne se privaient pas de ricaner en le montrant du doigt.

Drago travaillait avec Blaise au bureau près de la fenêtre quand elle entra et les deux garçons se tournèrent vers elle.

- Alors ? demanda seulement Blaise sans s'embarrasser d'explications.

- On est tous en retenue ce soir, marmonna la jeune fille. Enfin, seulement les Gryffondor bien sûr !

Ils ne répondirent rien. Quoiqu'ils disent ne ferait sans doute qu'agacer davantage la jeune fille.

- En plus, on devait faire notre ronde hebdomadaire ce soir ! ajouta Hermione, encore plus énervée à l'idée que Rogue l'empêchait de remplir ses devoirs de préfète.

- Je la ferai tout seul, c'est pas grave, répondit Drago. De toute façon, je devais passer à l'infirmerie…

Blaise esquissa un léger sourire mais c'est l'air neutre qu'Hermione hocha la tête avant de s'affaler sur le canapé, l'œil noir.

- Tu voulais que j'intervienne ?

La jeune fille tourna la tête vers son colocataire. Blaise faisait mine d'examiner son devoir de potions mais Hermione voyait bien qu'il écoutait attentivement.

- Pardon ?

- J'ai vu comment tu m'as regardé ce matin, reprit Malefoy. Tu espérais que j'intervienne ?

- Non, je… – elle soupira – peut-être, je ne sais pas.

- Ça n'aurait servi à rien.

- Je sais.

- Si je veux que ma couverture tienne encore ne serait-ce qu'un tout petit peu, je ne pouvais rien faire.

- Je sais. Laisse tomber, c'est pas grave.

Un silence de mort suivit sa déclaration et on entendit les mouches voler jusqu'à ce que, une fois n'est pas coutume, la voix de Tiberius Gold se fasse entendre :

- Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qu'il s'est passé ?


Après le dîner, Hermione qui avait pris son repas avec Ginny et les filles de son ancien dortoir quitta la Grande Salle en compagnie de Lavande. Elles cheminèrent en silence dans les couloirs. Si elles s'entendaient plutôt « bien » cette année, les deux jeunes filles s'étaient rarement retrouvées seules et chacune hésitait à parler.

- Hum… ça se passe bien avec Ron ? finit par demander Hermione qui trouvait le silence pesant.

- Oui, oui, tout va bien… il passe beaucoup de temps avec Harry.

Elle se retint de rajouter « et toi » mais Hermione savait qu'elle n'en pensait pas moins. Mais maintenant qu'elle était parvenue à s'entendre avec la jeune fille, elle n'avait pas envie de repartir dans des disputes de midinettes aussi lança-t-elle un assurdiato autour d'elles avant de se justifier :

- C'est à cause de l'A.D. et de… de tout ça, quoi.

- Je sais. Répondit-elle tranquillement.

Elle avait l'air sincère et Hermione se détendit.

- Et toi avec Malefoy ?

Ah, la tension était revenue.

- Comment ça ?

- Bah, vous vivez ensemble et maintenant qu'il nous a rejoints, vous travaillez ensemble. Je ne sais pas, j'ai l'impression que ça va mieux non ? Je veux dire, ce n'est pas encore un joyeux luron mais il s'est amélioré.

Elle sourit et ajouta :

- Bon, en même temps, ça ne pouvait pas être pire !

- C'est vrai, s'esclaffa Hermione. Disons qu'on arrive à cohabiter et que ce n'est pas trop horrible de travailler avec lui. A côté de ça, il peut encore se comporter comme un crétin congénital, mais de moins en moins avec le temps.

- Ça ne m'étonne pas.

Les deux jeunes filles papotèrent jusqu'à leur arrivée dans la salle des trophées. Hermione était agréablement surprise de se rendre compte que la conversation avec Lavande s'était poursuivie naturellement. Il est vrai qu'elle n'avait jamais cherché à la connaître vraiment durant toutes ces années et l'avait vite placée dans la catégorie des filles « pas méchantes mais superficielles » ces filles dont Hermione se demandait si elle n'avait pas été un peu jalouse inconsciemment, jalouse de voir que certaines de ses camarades pouvaient se permettre de s'intéresser à des choses aussi futiles que les habits ou les garçons quand elle, son quotidien c'était mangemorts et détraqueurs en folie.

Bien sûr, Lavande était toujours très coquette mais elle avait gagné en maturité et c'est donc en discutant tranquillement que les deux Gryffondor entrèrent dans la pièce où se trouvaient déjà Harry, Ron, Neville, Dean et Seamus.

Rusard ne tarda pas à arriver à son tour, accompagné de miss Teigne qui leur lança un de ces regards qu'Hermione trouvait beaucoup trop expressif pour un chat.

Le concierge prit leurs baguettes puis leur laissa de quoi nettoyer soigneusement tous les trophées de la salle avant de s'en aller en marmonnant sur d'anciens châtiments médiévaux beaucoup plus appropriés.


La retenue passa beaucoup plus vite et fut surtout plus amusante qu'Hermione ne s'y attendait. Même si le nettoyage des trophées ne fut pas une partie de plaisir, ils passèrent la soirée à discuter, d'abord sur l'A.D. et les horcruxes avant de dévier sur des sujets plus légers. La jeune fille se rendit compte qu'elle regrettait un peu de ne plus être dans les mêmes appartements que ses amis. Elle venait rarement jusqu'à la salle commune des Gryffondor le soir et à part Harry, Ron et Ginny, elle ne croisait les autres qu'entre les cours ou lors des séances de l'A.D. et la gentillesse de Neville, l'humour de Dean et la vivacité de Seamus lui manquaient un peu.

Finalement, ce n'est qu'à 23h passées que Rusard réapparut et leur rendit à contrecœur leurs baguettes après avoir examiné la moitié des trophées pour s'assurer qu'ils étaient brillants comme des sous neufs. Seamus se retint de lui préciser qu'ils avaient amoureusement craché sur les chiffons pour les astiquer au mieux et ils quittèrent la salle en riant.

Quelques minutes plus tard, Hermione quittait ses amis au détour d'un couloir, leur assurant qu'elle n'avait pas besoin d'une garde rapprochée pour rentrer jusqu'à ses appartements qui étaient très proches. Peut-être même croiserait-elle Drago qui devait finir sa ronde à cette heure-ci.

Contre toute attente ravie de sa soirée, Hermione repartit d'un pas léger. Elle avait bien envie de prendre une bonne douche avant de s'enfouir dans son lit.

Mais alors qu'elle n'était plus qu'à trois ou quatre couloirs de l'appartement préfectoral, Hermione entendit des pas derrière elle. Elle se retourna, l'air soupçonneux, mais ne vit personne. Pas très rassurée néanmoins, elle accéléra le pas, impatiente de voir apparaître le tableau du vieux savant.

Mais le bruit se rapprochait et, refermant ses doigts sur sa baguette dans sa poche, elle finit par se retourner pour faire face à la silhouette trapue qui se tenait au beau milieu du couloir.

Goyle.

Elle était presque soulagée de voir que ce n'était que lui.

- Salut Sang-de-Bourbe.

- Qu'est-ce que tu me veux Goyle ? Soupira-t-elle.

Avec une vitesse qu'elle n'aurait pas soupçonnée chez quelqu'un de sa corpulence, Goyle se précipita vers elle et la plaqua violemment contre le mur. Elle poussa un léger cri de douleur lorsque sa tête heurta la pierre.

- Juste faire passer un petit message ! souffla le Serpentard à son oreille.

Elle tenta de le repousser mais il avait une poigne de fer et sa baguette était tombée au sol lorsqu'il l'avait attaquée. Il appuya son bras contre sa gorge et l'air commença à lui manquer.

- Vous n'êtes pas autant en sécurité à Poudlard que vous le pensez, Sang-de-Bourbe. Tu diras à Potter que s'il continue ses magouilles, c'est toi qui en pâtiras. Après ce sera sa petite copine traître à son sang, après ce bon à rien de Weasley…

Hermione suffoquait. Des points blancs apparurent devant ses yeux et elle se débattit désespérément, griffant inutilement la robe du jeune homme qui reprit d'une voix rendue plus forte par la colère :

- Quoiqu'après tout, tu n'auras peut-être pas le temps de le transmettre, ton message… si Drago n'est pas fichu d'accomplir sa mission, je peux m'en char…

Et puis soudain, de l'air.

Hermione tomba violemment au sol, les yeux en larmes et prise d'une quinte de toux. Elle leva faiblement la tête pour comprendre ce qui venait de se passer.

Ce qui venait de se passer, c'était Drago Malefoy qui, sans baguette ni magie d'aucune sorte, avait foncé sur Goyle qu'il avait projeté au sol. Se jetant sur son adversaire, il lui asséna un violent coup de poing au visage.

- Arrête ! Lança la jeune fille d'une voix éraillée.

Mais Drago ne l'entendait pas ou avait choisi de ne pas l'écouter. Les coups pleuvaient sur Goyle et Hermione prit peur.

Mon Dieu, il va le tuer…

Elle se leva en trébuchant et se jeta sur le jeune homme.

- Malefoy, arrête !

En vain, il la repoussa sans ménagement et Hermione songea à appeler à l'aide. Mais sa gorge en feu lui interdisait de crier. Elle ne pensa même pas à utiliser sa baguette se rendrait-elle compte plus tard.

Elle attrapa le bras du Serpentard et s'y accrocha avec l'énergie du désespoir. Il parut enfin se rendre compte de sa présence et il tourna la tête vers elle, le regard fou de rage.

- S'il te plaît Drago…, souffla-t-elle. Arrête.

Il la fixa un long moment, les mâchoires serrées. Une veine tressautait sur son front mais Hermione ne le lâcha pas du regard et enfin, après une minute qui lui parut interminable, il libéra sa victime et se laissa tomber en arrière, hors d'haleine.

Hermione jeta un coup d'œil à Goyle et se mordit la lèvre pour ne pas pleurer. Il semblait inconscient et son visage n'était plus qu'une pulpe sanguinolente. Son œil droit commençait déjà à gonfler et elle se demanda s'il n'avait pas perdu une dent.

C'est à quatre pattes qu'elle alla chercher sa baguette, quelques mètres plus loin. Elle se releva avec difficulté et prononça un sort pour faire léviter le corps de Goyle.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Malefoy la regardait sans comprendre, adossé au mur opposé.

- Il faut l'emmener à l'infirmerie, on ne peut pas le laisser comme ça, répondit-elle seulement.

- Ce salaud t'a attaquée ! laisse-le crever, c'est tout ce qu'il mérite !

- Non. Il a besoin de soins. On va le déposer devant la porte de l'infirmerie, je ne pense pas que Pomfresh soit déjà couchée à cette heure là.

Son colocataire l'observa un instant puis poussa un profond soupir et se releva en grimaçant parce qu'il s'était appuyé sur sa main blessée.

- Laisse-moi faire ! grogna-t-il en s'approchant pour abaisser doucement son bras. Tu n'es pas en état de faire de la magie pour le moment et je refuse que tu gaspilles ton énergie pour ce connard.

Elle hocha mollement la tête et le laissa prendre en charge le corps inconscient de Goyle. Heureusement, ils ne croisèrent personne jusqu'à l'infirmerie et Drago se contenta de lâcher le corps de son ancien sbire devant la porte avant de frapper à grands coups puis de partir en courant. Il ralentit en retrouvant Hermione au détour d'un couloir. La porte s'ouvrant et le cri de stupéfaction de Mrs Pomfresh fut tout ce qu'ils entendirent avant de s'éloigner en direction de leurs appartements.

Le trajet de retour se passa dans le silence le plus complet. Hermione gardait la tête baissée, tandis que Drago lui jetait de temps à autre des coups d'œil inquisiteurs. Elle avait l'air tellement… calme. Et puis il se rappela que ce n'était certainement pas la première fois qu'on s'en prenait à elle. Elle avait dû apprendre à gérer, songea-t-il avec amertume.

Hermione aussi glissait des regards vers Malefoy. Elle n'en revenait toujours pas de la scène à laquelle elle venait d'assister. Non pas qu'elle fut réellement surprise que Drago l'ait aidée. Mais la violence dont il avait fait preuve l'avait figée sur place un instant. Ils étaient dans le monde sorcier, elle était plus habituée à voir les gens utiliser leur magie, même pour faire souffrir autrui. Et un doloris ne laissait aucune trace… visible. Alors que voir le sang, les bleus, le visage défiguré de Goyle lui avait un peu retourné l'estomac.

Une fois revenus dans leurs appartements, Hermione avisa la main de son colocataire dont les jointures étaient à vif. Elle s'éclipsa un instant dans la salle de bains et revint avec une petite trousse de secours qu'elle gardait au cas où.

- Assieds-toi.

Drago obéit sans protester et il se laissa tomber sur le canapé, les yeux perdus dans le vague. Hermione vint s'asseoir à côté de lui et elle prit sa main qu'elle tapota avec du désinfectant.

Drago ne dit rien mais poussa un léger cri de douleur.

- Ne bouge pas, repritHermione d'une voix tranquille, les yeux rivés sur son travail.

Le jeune homme l'observa et pâlit légèrement en remarquant la trace violacée qui commençait à apparaître sur le cou de la Gryffondor.

- J'aurais dû venir te chercher.

Hermione leva un regard surpris vers Drago qui semblait parler tout seul. Il avait l'air furieux contre lui-même.

- Ne dis pas de bêtises, répliqua doucement Hermione qui étalait maintenant de l'onguent réparateur en couche épaisse sur ses jointures. Personne n'aurait pu prévoir ça.

- Bien sûr que si. Avec tout ce qui s'est passé dernièrement… j'aurais dû m'en douter.

- Arrête de bouger.

- Et j'aurais dû le tuer.

Là, le regard d'Hermione se fit dur et elle toisa sévèrement le Serpentard :

- Certainement pas.

Drago fit la moue mais ne répondit pas tout de suite. Pendant une minute, il avait bien vu qu'elle avait eu peur de lui.

- Merci de m'avoir arrêté.

- Je t'en prie.

Elle entreprit d'envelopper ses jointures dans un bandage et l'attacha sans trop serrer pour ne pas irriter les blessures avec la gaze. Satisfaite, elle jeta un coup d'œil à ses mains toutes collantes d'onguent. Elle avait besoin de les laver. Et de prendre une douche.

Mais alors qu'elle allait se lever, Drago la retint par le poignet. Il la regarda un long moment puis posa une main sur sa joue et l'embrassa.

C'était un baiser très chaste, léger, et Hermione n'eut aucun mal à s'écarter.

- Arrête. Dit-elle gentiment en le repoussant avec douceur.

Le jeune homme ne dit rien et se laissa aller contre le dossier du canapé.

Elle en profita pour se lever rapidement et s'enfuit dans la salle de bains tandis que Drago se prenait la tête entre les mains.

- Vous faites vraiment n'importe quoi.

Le jeune homme se tourna vers le portrait de Tiberius Gold qui venait de parler. Il le foudroya du regard mais retint la réplique acerbe qui lui brûlait les lèvres et se contenta de détourner les yeux.

Parce qu'au fond, il avait raison.


Le lendemain matin, Hermione avait à peine dormi. Elle avait passé longtemps sous la douche. C'était plus facile : elle ressentait moins ses larmes sous le jet d'eau brûlant. Si elle s'était montrée parfaitement calme et stoïque après coup, une fois seule dans la salle de bains, elle avait craqué. Elle avait eu tellement peur. Bien sûr, ce n'était pas la première fois que quelqu'un l'attaquait mais ça faisait assez longtemps pour qu'elle ait baissé sa garde, d'autant plus à Poudlard où, comme l'avait dit Goyle, elle se croyait en sécurité. Et puis il y avait une différence entre voir un sort foncer vers vous et sentir les mains de votre adversaire autour de votre cou, de sentir votre oxygène s'enfuir et votre vie s'atténuer.

Lorsqu'elle était sortie de la salle de bains, Malefoy était retourné dans sa chambre et la porte en était fermée. Soulagée, Hermione s'était dépêchée d'aller se coucher.

Elle avait à peine repensé au baiser qu'ils avaient échangé. C'avait été une étreinte brève, sans réel désir, elle avait presque l'impression qu'il l'avait embrassée pour la remercier. Elle avait passé bien plus de temps à ressasser cette scène horrible où le Serpentard avait réduit le visage de Goyle en bouillie. Et à se demander ce qui serait arrivé si elle ne l'avait pas arrêté.

En descendant dans la Grande Salle pour petit-déjeuner, Hermione hésitait encore à tout raconter à ses amis. La fraîcheur du mois de novembre lui avait permis de s'enrouler le cou dans une écharpe, dissimulant ainsi les traces douloureuses laissées par son agresseur alors elle doutait qu'ils soupçonnent quoi que ce soit si elle gardait ça pour elle.

Mais la voix de la raison lui soufflait qu'elle allait bien devoir leur en parler. Après tout, cette agression ne concernait pas qu'elle. Tous les membres de l'A.D., Harry et Ron en particulier, étaient visés et il fallait qu'ils soient sur leurs gardes.

Mais à l'instant où elle avisa ses deux meilleurs amis, assis au bout de la table des Gryffondor, Hermione sut qu'ils étaient au courant.

Harry avait un air sombre et Ron sa mine des mauvais jours. Elle tourna un instant la tête vers la table des Serpentard mais n'y aperçut pas Goyle. Après ce que lui avait fait Malefoy, il était sûrement toujours à l'infirmerie, pensa-t-elle avec soulagement. Son regard dériva un instant vers Malefoy qui discutait à vois basse avec Blaise. Leurs yeux se croisèrent et si son colocataire resta de marbre, Blaise lui envoya un léger sourire.

- Hermione ?

Harry venait de l'apercevoir et il se levait pour s'avancer vers elle. Il leva une main hésitante et effleura l'écharpe qu'elle portait autour du cou.

- Ça va ? put-il seulement demander.

- Oui.

Sa voix était encore un peu enrouée constata-t-elle.

Elle vit Ron se dandiner sur son siège en attendant qu'ils le rejoignent et elle soupira :

- Malefoy vous a raconté ?

- Evidemment qu'il nous a raconté ! gronda Harry en l'entraînant vers le banc pour qu'elle s'assoie. Pourquoi, tu n'avais pas l'intention de le faire ?

- Si, bien sûr, murmura-t-elle sous son regard accusateur.

- Tu n'aurais pas dû l'arrêter.

La jeune fille secoua la tête et but une gorgée de thé qui lui brûla la gorge.

- Je ne sais pas ce qui me retient d'aller finir ce que Malefoy a commencé !

- Arrêtez avec ça. Nous ne sommes pas eux. Nous ne sommes pas des assassins, répondit Hermione d'une voix apaisante.

- Ça pourrait changer, grommela le jeune homme. Mais crois-moi, il a de la chance d'être déjà à l'infirmerie.

Hermione décida de changer de sujet pour éviter que ses amis ne se montent mutuellement la tête et ne finissent par aller bel et bien visiter le mangemort.

- Ce qui s'est passé hier prouve qu'on est sur la bonne voie ! déclara-t-elle.

- Mais aussi que Voldemort devient plus dangereux. Répliqua Harry.

- C'est vrai, mais il s'affaiblit à chaque fois que l'on détruit un horcruxe. A priori, il ne nous en reste que deux à trouver. On approche du but.

- Je ne suis pas rassuré, marmonna Harry en jetant des coups d'œil méfiants autour d'eux. Il va faire quelque chose, j'en suis certain.

Hermione le regarda, la gorge nouée, mais ne le contredit pas.

Parce qu'elle pensait la même chose.


Drago revenait de son cours de métamorphose lorsqu'il sentit une présence derrière lui. Autre que celle des élèves qui déambulaient dans les couloirs en cette fin d'après-midi.

Inspirant profondément, il se retourna vers les Serpentard qui le suivaient. Uquhart, Crabbe et Vaisey le toisaient d'un regard mauvais, baguettes en main.

- Alors, c'est vrai ? lâcha seulement Uquhart.

- De quoi tu parles ? s'enquit poliment Drago.

- On sait que c'est toi qui as cassé la figure de Goyle ! lança Crabbe.

- Crois-moi, si on ne m'avait pas arrêté, j'aurais fait plus que ça. Ce connard a eu de la chance.

- Tu nous as trahis ! cracha Uquhart. Et ça, je peux t'assurer que tu vas le regretter !

- C'est ce qu'on verra.

- Ton père va avoir honte de toi ! s'écria Crabbe qui cherchait manifestement quelque chose de méchant à dire.

Malgré le léger pincement au cœur, Drago haussa les épaules. Il était hors de question de montrer quelque émotion que ce soit devant eux.

Voyant qu'il ne réagissait pas à leurs attaques, les Serpentard s'approchèrent de Drago. Ils se toisèrent un long moment sans rien dire, jusqu'à ce qu'Uquhart balance un violent coup de poing dans la mâchoire de Drago avant de cracher au sol et de s'en aller avec ses deux acolytes, sous le regard stupéfait des élèves qui passaient.

- Drago !

Le jeune homme était tombé au sol, une main sur sa mâchoire qu'il faisait doucement bouger pour vérifier qu'il n'y avait rien de cassé, et il releva la tête vers Pansy qui accourait vers lui.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle en l'aidant à se relever.

Drago lança un œil sombre vers le couloir où les Serpentard avaient disparu et il répondit simplement :

- Ils savent.


Voilà, voilà :) alors, qu'en avez-vous pensé ? S'il y a clairement un niveau de franchi pour Drago qui a perdu sa couverture, la relation entre Hermione et lui a peut-être moins avancé qu'on ne pourrait le penser après ce qu'il s'est passé, mais ça progresse quand même ;)

J'attends avec impatience vos avis et je vous dis à la semaine prochaine !