Bonjour à tous ! j'espère que vous allez bien :)
Je vois le compteur de lectures monter de plus en plus donc merci à tous ceux qui continuent de lire cette fic et surtout, merci à tous les reviewers du chapitre précédent, c'est sans doute celui sur lequel j'ai eu le plus de retours jusqu'à maintenant ! donc merci à Maxine3482, prune noire, Swangranger, Rose Caldin, Kim et enfin kikibenz29 :)
Aujourd'hui, un chapitre qui se concentre (encore ?) pas mal sur la relation entre nos deux personnages principaux qui décidément, ont du mal à savoir ce qu'ils veulent ;)
Bonne lecture !
RAR :
Kim : Euh, merci pour ta review très flatteuse et très très enthousiaste apparemment ^^ j'espère que ce chapitre te plaira :)
La séance suivante de l'A.D., deux jours plus tard, fut pour le moins animée. Tout le monde semblait au courant de ce qui était arrivé à Hermione et Ron lui avoua qu'ils l'avaient raconté aux autres :
- Ils doivent savoir ce qu'il se passe.
Hermione ne dit rien. Il avait raison.
Elle ignorait si Harry et Ron avaient également parlé de l'intervention de Malefoy mais quoi qu'il en soit, celui-ci avait l'air un peu plus à l'aise au milieu de ses camarades. Hermione l'avait vu discuter avec Luna – enfin, plutôt l'écouter longuement avant d'essayer de la convaincre d'une voix exaspérée que, non, le Ronflak Cornu n'existait pas ! – qui était pour l'instant la seule à accepter de lui parler, mais personne n'avait fait de mouvement de recul ou ne s'était écarté s'il apercevait le Serpentard à côté de lui.
Il y a du progrès…
Une fois que tout le monde fut présent, Harry vint prendre sa place habituelle devant eux et déclara :
- Bon, je pense qu'on sait tous ce qui est arrivé à Hermione, maintenant…
Des murmures de colère s'élevèrent dans la foule mais Harry n'en tint pas compte et poursuivit :
- Je suis d'accord qu'on a sous-estimé la menace. On ne pensait pas que les Mangemorts – il avait soigneusement évité de dire Serpentard, ce pour quoi Drago lui fut reconnaissant – oseraient agir à l'intérieur de l'école. Maintenant qu'on le sait, il va falloir faire attention… tous ! précisa-t-il d'une voix un peu plus forte. Ne vous baladez plus seuls dans les couloirs, on ne sait pas de quoi ils sont capables !
- Bah si, justement…, marmonna Ron pour lui-même.
Seule Hermione l'entendit et elle ne put retenir un léger sourire.
- Et Goyle ? demanda soudain Seamus d'une voix sombre.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- On va le laisser s'en tirer comme ça ? grommela le jeune homme, approuvé à voix basse par plusieurs camarades.
- Seamus, tu as vu sa tête, je crois qu'il a compris la leçon.
- Tu es sûr ? Parce que sinon, je me ferai un plaisir d'accompagner Malefoy pour une petite piqûre de rappel.
Quelques rires un peu faux retentirent dans la salle et Hermione vit Drago esquisser un sourire amusé. Alors ils savaient. En même temps, Goyle, sorti de l'infirmerie la veille, n'avait pas retrouvé un visage vierge de toutes blessures malgré les soins de Mme Pomfresh, et toute l'école avait pu apercevoir sa figure abîmée, Harry avait donc sans doute dû expliquer à l'A.D. qui l'avait mis dans cet état.
Cependant, la plupart des autres élèves en ignoraient la raison et les rumeurs les plus folles couraient sur les raisons de l'altercation qui aurait mené quelqu'un à le frapper avec une telle violence. Dumbledore avait fait un discours au dîner et assuré qu'ils recherchaient le coupable qui serait puni avec la plus grande sévérité, Goyle ayant refusé de parler. Hermione était presque sûre que son regard perçant s'était arrêté sur Drago une seconde – ses jointures gardaient encore quelques marques – mais il n'avait rien dit de plus et Hermione avait appris que les tableaux présents dans le couloir qui auraient pu distinguer quelque chose avaient déclaré n'avoir rien vu.
- Merci Seamus, répondit finalement la jeune fille. Mais comme je te l'ai dit hier et avant-hier – le jeune homme lui envoya un clin d'œil en souriant – ce ne sera pas nécessaire.
Harry se tourna vers Luna :
- Luna, as-tu rencontré la Dame Grise ?
- On s'est croisées il y a une semaine, mais ça n'a pas duré longtemps, elle n'était pas de bonne humeur. Mais je lui ai dit que tu voulais lui parler.
- Vraiment ? Et elle est d'accord ?
- Elle m'a dit qu'elle reviendrait vers moi pour me dire si elle acceptait, où et quand.
Hermione vit Harry serrer les dents. Elle savait qu'il trouvait que les choses n'avançaient pas assez vite et elle savait que le lien qu'il avait avec Voldemort rendait les choses encore plus difficiles. Mais ils avançaient, ne cessait-elle de lui dire, et bientôt – c'était quand, ça, bientôt ? – Voldemort ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
- Merci Luna, répondit Ron à la place de son meilleur ami qui réfléchissait. Bon, on s'entraîne ?
- Oui, allons-y.
Les élèves hochèrent la tête et commencèrent à se mettre par deux. Voyant que Ron s'était mis avec Lavande et Ginny avec Luna – Harry, comme souvent, déambulait entre ses camarades pour les aider – Hermione se dirigea plus naturellement qu'elle ne l'aurait cru vers Drago :
- On se met ensemble ?
Le jeune homme lui lança un regard soupçonneux. Il n'avait jamais fait équipe avec la Gryffondor, pour la simple et bonne raison que d'habitude, elle faisait comme Harry et passait entre les groupes. Le docteur Jones lui avait clairement fait comprendre que se prendre des sorts à répétition n'était pas conseillé alors la plupart du temps, elle restait de côté. Si elle s'entraînait, c'était le plus souvent avec Colin Crivey qui, malgré toute sa bonne volonté, et ses progrès évidents, ne lançait pas encore de sorts assez puissants, et surtout rarement dans la bonne direction. Elle avait parfaitement le temps d'invoquer un protego.
Mais résultat, elle n'était pas sûre qu'elle, elle progressait.
- Hermione, qu'est-ce que tu fais ? demanda Harry en s'approchant d'eux.
- J'aurais bien voulu m'entraîner.
- Après ce qui t'est arrivé ? Ca va pas la tête ?
Harry lança un regard noir à Drago, comme s'il était responsable de l'inconscience de son amie. Le Serpentard leva les deux bras en signe de défense :
- Du calme Potter. Je ne lui ai pas répondu oui et j'allais justement lui dire qu'elle n'était pas censée s'entraîner.
- J'espère bien. Elle ne peut pas se prendre des petrificus à tout bout de champ.
- Dites donc, ça vous ennuierait de ne pas faire comme si je n'étais pas là ! intervint Hermione d'une voix forte. Je voudrais m'entraîner. Drago aurait pu m'envoyer des sorts blancs, pour que je travaille mes protego.
- Des sorts blancs ? lâcha Harry en fronçant les sourcils.
- C'est comme des balles à blanc, Harry, le sortilège n'aura aucun effet mais je pourrais le voir arriver et m'entraîner à le repousser.
Les deux garçons s'entre-regardèrent sans rien dire. Hermione soupira et expliqua :
- Ils sont utilisés pour former les Aurors. J'ai trouvé ça en lisant Les sortilèges méconnus.
Le fait d'apprendre qu'elle avait trouvé ça dans un livre sembla tout de suite donner plus de sens aux paroles de la jeune fille et Harry hocha la tête, avant de s'écarter d'un pas mais sans s'en aller. Il était curieux de voir ça.
- La formule est nichilo. Déclara tranquillement Hermione.
- Nichilo ! lança Drago sans conviction en agitant sa baguette.
Aussitôt un rayon presque transparent sortit de sa baguette et se dirigea vers Hermione qu'il se contenta de traverser. Harry avait haussé les sourcils, assez impressionné tandis que Drago regardait sa baguette en fronçant les siens.
- Elle n'est pas cassée tu sais, lança Hermione avec un sourire amusé. C'est normal. Le sort en lui-même n'est pas compliqué à lancer, seules dépendent la vitesse et la précision.
- C'est super ! s'enthousiasma Harry. Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant ?
- Je suis tombée dessus il y a trois semaines à peine. Je voulais t'en parler mais ça m'est sorti de la tête.
- Ecoutez ! lança Harry à la ronde.
Leurs camarades s'arrêtèrent et Harry décidé de changer l'assignement. Nombre d'entre eux maîtrisaient mal ou même pas du tout les protego et le sortilège d'Hermione leur permettrait de s'entraîner sans craindre un trop-plein de sortilèges offensifs. Enthousiasmés par l'idée, tout le monde testa une ou deux fois le sortilège avant de se remettre bruyamment au travail.
Quant à Hermione, elle se retrouva face à Drago qui, une fois la surprise du premier essai passée, était en position de combat.
- Alors Granger, voyons un peu ce que vaut ta défense ! lança-t-il avec un sourire carnassier.
La jeune fille ne put s'empêcher de sourire et se positionna à son tour. Sûr de ne pas la blesser avec les sorts blancs, Drago n'avait pas l'intention d'y aller de main morte.
On va quand même y aller doucement pour commencer…
- Nichilo !
- Protego !
Hermione avait contré le sortilège sans trop de difficultés mais elle comprit que le jeune homme avait été gentil.
La deuxième fois, la jeune fille fut trop lente et le sortilège la traversa rapidement.
Bon sang, il est fort ce con.
Au bout de quatre fois à manquer son sortilège de défense, Hermione pinça les lèvres, très agacée. Le sentiment de défaite ne lui était pas vraiment familier. Elle ratait rarement quelque chose.
Elle se rappela que c'était parce qu'elle détestait ça.
- Bon sang Granger, t'es au courant que ma grand-mère pourrait te battre ? railla Drago. Et au passage, elle est morte !
- Oh ça va Malefoy, épargne-moi les phrases de coach du dimanche ! grimaça-t-elle en levant de nouveau sa baguette. Vas-y.
- Nichilo !
- Protego !
C'est pas possible d'être aussi rapide ! songea furieusement la jeune fille qui refusait surtout d'admettre qu'elle-même ne l'était pas tant que ça et surtout que, comme l'en avait averti le docteur Jones, le traitement affaiblissait ses capacités. Drago aurait eu beaucoup plus de mal face à Harry et même Ron lui-même lui aurait donné du fil à retordre.
- Comment se fait-il que tu sois aussi rapide ? demanda-t-elle à contrecœur.
Drago avait bien remarqué que la jeune fille était furieuse de ne pas parvenir à lancer correctement son sortilège. Il savait pourtant pour l'avoir vu qu'elle s'en sortait mieux que la majorité des élèves en duel, grâce à son expérience, mais il était clair qu'elle manquait de rapidité.
- Je ne suis pas si rapide que ça Granger, répondit le jeune homme en haussant les épaules. Potter est plus fort que moi.
- Vu son niveau, Harry n'est pas vraiment dans la moyenne.
- Bon d'accord, mais je ne suis pas si…
- Mais toi non plus, tu n'es pas dans la moyenne. Je t'ai observé.
- Je sais.
- Tu ne t'es pas contenté de suivre les cours de DFCM. Tu te bats trop bien pour ça.
- Rogue m'a aidé…, grommela le jeune homme qui n'avait manifestement aucune envie d'avoir cette conversation.
- Mm… qu'il t'ait donné des cours en potions, d'accord, mais qu'il ait aussi…
- Bon, ma tante m'a entraîné, d'accord ?! lâcha-t-il finalement d'une voix forte.
Le bruit des conversations diminua et quelques têtes s'étaient tournées vers eux pendant un instant. Le jeune homme se renfrogna tandis qu'Hermione comprenait qu'elle avait touché un point sensible.
Un peu plus loin, Harry les regardait calmement et ses yeux croisèrent ceux de Drago qui fronça les sourcils.
Je suis sûr qu'il a tout entendu…
Hermione le fixait sans rien dire, les joues rosies par la gêne.
- Je ne voulais pas…, commença-t-elle.
- Je m'en vais, déclara soudain le Serpentard en rangeant sa baguette.
- Quoi ?
- Tu en as assez fait pour ce soir, et moi aussi je pense.
Le jeune homme se dirigea vers la porte d'un pas rageur et Hermione se contenta de lancer à Ron qui se battait près d'elle :
- Ron, je rentre avec Malefoy. A demain !
- Quoi ? lança le jeune homme qui avait mal entendu, en tournant la tête.
Son inattention permit au sort blanc de Lavande de le traverser – pour la première fois – ce qui aurait dû la faire sauter de joie mais eut le don de l'agacer :
- Ron !
- Oui ? demanda-t-il en revenant vers elle.
- Tu n'es pas concentré.
- Euh… si, si. Mais tu n'as pas vu Hermione partir avec Malefoy ?
- Et toi tu n'as pas entendu leur conversation ? s'étonna Lavande qui n'en avait personnellement pas perdu une miette.
- Comment ça ?
La jeune fille secoua doucement la tête. Qu'est-ce qu'il pouvait être tête en l'air parfois…
Hermione dut presque courir pour rattraper Drago qui était sorti dans le couloir et marchait droit devant lui.
- Malefoy ! Malefoy, attends-moi !
- Qu'est-ce que tu veux Granger ? grommela le jeune homme sans s'arrêter.
Elle arriva enfin à sa hauteur et lâcha tout en marchant :
- Je suis désolée.
- Pourquoi ? s'enquit Drago avec une incroyable mauvaise foi.
- Parce que j'ai manifestement ranimé de mauvais souvenirs.
Il haussa les épaules et continua d'avancer.
Drago Malefoy n'aimait pas sa tante, la fanatique et à son avis complètement folle Bellatrix Lestrange. Il ne l'avait pas connu étant enfant et ne l'avait rencontrée que lors de sa quatorzième année, lorsqu'elle s'était échappée d'Azkaban et était venue se cacher chez les Malefoy. La première fois que Drago l'avait vue, elle lui avait fait peur, avec ses tics permanents et sa manie de partir soudain dans des fous rires déments.
Et puis il avait fini par s'habituer à sa présence. Sa tante ne le dépréciait pas et elle l'appelait souvent « mon petit Drago » quand elle était de bonne humeur, « mon cher Drago » quand elle était en colère. Et l'été de sa cinquième année, son père lui avait annoncé que Voldemort avait demandé à sa plus fidèle disciple d'entraîner celui qu'il voulait pour futur assassin d'Albus Dumbledore.
Les premières séances avaient été un calvaire. Il n'était alors pas un duelliste chevronné, loin de là, et Bellatrix n'avait cessé de se moquer de lui, de lui hurler dessus, brandissant sans cesser la menace d'un doloris, qu'elle n'avait jamais mise à exécution. Drago savait que sa mère lui aurait sans doute arraché les yeux si elle s'y était risquée.
Et puis, il y avait l'occlumancie. Lorsque sa tante était entrée violemment dans sa tête pour la première fois, Drago avait hurlé. Et ça n'avait pas été la dernière.
D'autant qu'elle se servait de ce qu'elle avait vu, elle s'en servait contre lui, avec délectation, et il avait haï chaque seconde de ces cours bien particuliers.
Il avait travaillé chaque jour pendant deux mois avec sa tante. Prise par ses « obligations » envers le Maître, Bellatrix pouvait débarquer à n'importe quel moment, parfois même tard dans la nuit, lui faisant cesser toute activité ou le réveillant pour l'emmener dans une pièce du manoir qu'il avait fini par détester, et le pousser chaque jour plus loin.
Alors forcément, il avait fini par s'endurcir, repoussant avec de moins en moins de difficultés les sorts de plus en plus dangereux qu'elle lui envoyait. Elle ne l'entraînait pas de gaieté de cœur, il le savait, elle avait autre chose à faire comme elle le lui faisait parfois remarquer mais le Maître lui avait demandé, alors elle s'exécutait avec ardeur.
Bellatrix Lestrange ne le saurait jamais, mais elle avait fait partie de ceux qui l'avaient fait changer d'avis sur la question du sang. L'entendre en parler lui faisait peur, le dégoûtait même parfois et la folie de sa tante l'avait mis face à sa propre image. Deviendrait-il comme ça ? se demandait-il souvent. Cette espèce de dément fanatique qui ne vivait plus que pour « servir le Maître » ?
Alors, non, Drago Malefoy n'aimait pas sa tante, et il aimait encore moins avouer que c'était grâce ou à cause d'elle qu'il était si bon. Surtout pas devant Potter dont Bellatrix avait tué le parrain, surtout pas devant Londubat dont Drago se rendait maintenant compte qu'elle avait détruit la famille.
Et surtout pas devant Granger.
Parce que, réalisa-t-il avec un mélange d'appréhension et de colère, il avait un peu peur de ce qu'elle penserait de lui après.
Les deux adolescents entrèrent dans la salle commune dans un silence de mort. Hermione n'avait pas insisté, ce dont Drago lui avait été reconnaissant. Il n'avait aucune envie de s'épancher et redoutait la réaction de sa colocataire, craignant son mépris mais plus encore sa pitié. Mais la jeune fille avait compris qu'il ne se confierait pas, aussi avaient-ils rejoint leur appartement sans un mot, perdus dans leurs pensées.
- Drago…, murmura Hermione alors qu'il allait s'enfermer dans sa chambre.
Le Serpentard se figea un instant. C'était la seconde fois qu'elle utilisait son prénom. La nuit où il l'avait sauvé, il s'était rappelé après coup, alors qu'il tentait de dormir, qu'elle l'avait appelé Drago.
Et sans savoir pourquoi, ça lui avait foutu une trouille pas possible.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en se tournant vers elle.
- Je ne t'ai pas remercié… de m'avoir sauvée l'autre nuit.
- C'est rien.
- Ne dis pas ça. Tu m'as sans doute sauvé la vie, ne rends pas ça insignifiant s'il te plaît.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit, j'ai juste…
- Merci.
Elle le regardait droit dans les yeux et il déglutit légèrement.
Bon sang, si elle reparle de ce qu'il s'est passé après, je me jette par la fenêtre.
- Je t'en prie, s'entendit-il répondre d'une voix blanche.
Satisfaite de sa réponse, Hermione esquissa un sourire puis se retourna dans sa chambre.
Et Drago poussa un profond soupir de soulagement.
La dernière semaine de novembre se déroula aux yeux de Drago avec une lenteur insupportable.
Il n'avait pas remis les pieds dans la salle commune des Serpentard. Même s'il savait que tous ses camarades n'étaient pas affiliés à Voldemort et encore moins à ses idées, il n'avait pas envie de se retrouver face à un groupe de jeunes mangemorts.
Il avait reçu une lettre de son père, sèche, courte, lui ordonnant de cesser cette « trahison », auquel cas il ne le considérerait plus comme son fils. Drago avait profondément inspiré en lisant ces mots et avait tenté de garder en mémoire que le courrier de son père était contrôlé. Qu'il l'ait pensé ou non, il ne pouvait rien écrire d'autre.
Lucius Malefoy aimait son fils. D'une façon parfois un peu brusque et maladroite, mais il l'aimait. Et Drago se raccrochait à cette idée.
Il avait aussitôt brûlé la lettre et n'en avait parlé qu'à Blaise et Pansy. Il redoutait trop la pitié d'Hermione s'il se risquait à la mentionner.
Ses relations avec la Gryffondor le mettaient dans un état qui s'apparentait presque au stress. Ils ne s'étaient pas disputés depuis une semaine, n'avaient effectué qu'une seule séance de travail – il avait honteusement évité la seconde en prétextant une immense fatigue – mais le comportement de sa colocataire le mettait mal à l'aise et l'agaçait.
Il savait bien que c'était lui qui avait suggéré qu'ils arrêtent de se sauter à la gorge, mais la jeune fille avait troqué son agacement et son détachement pour quelque chose qui passait presque pour de la gentillesse. Drago savait que c'était pour elle une façon de le remercier de l'avoir sauvée. Mais la vérité, c'est qu'il ne savait plus vraiment s'il l'avait aidée parce qu'elle était en danger ou parce qu'il rêvait de refaire le portrait de Goyle depuis un certain temps sans doute un peu des deux.
Toujours est-il qu'Hermione s'adressait à lui avec une amabilité qu'il avait du mal à lui rendre. Mais elle ne formalisait pas de ses réponses sèches et ignorait sa froideur. C'était à la fois reposant et profondément irritant.
Et par-dessus tout, ce qui l'énervait, c'était d'avoir découvert à deux reprises Blaise qui l'attendait dans ses appartements discutant tranquillement avec la jeune fille. Il lui arrivait de les entendre rire en arrivant et cette proximité grandissante, il n'en voulait pas. Blaise était plus calme, plus gentil que lui, plus ouvert, il l'avait toujours su. Et surtout moins affilié aux Mangemorts. C'était sûrement pour ça qu'il n'avait jamais eu droit à un regard méprisant de la miss je-sais-tout, lui.
Il s'en était ouvert à Pansy – qui elle ne communiquait avec la Gryffondor que par le biais de regards appuyés dans les couloirs, qu'au fond, il trouvait encore plus étranges que les discussions franches de son meilleur ami – qu'il avait retrouvée un soir dans la cloître :
- Non mais je te jure, tu les entendrais glousser comme des première année ! ça me met sur les nerfs, tu peux pas savoir !
Pansy avait pris le temps de souffler un nuage de fumée avant de cendrer sa cigarette dans un coin et de demander avec un petit sourire :
- Entre nous Drago, de qui es-tu jaloux ? De Blaise ou de Granger ?
Furieux, il n'avait pas répondu et sa meilleure amie avait fini par changer de sujet.
Le vendredi soir, Drago rentrait de la bibliothèque, fatigué mais satisfait d'avoir terminé ses devoirs pour la semaine prochaine. Il allait pouvoir passer un week-end tranquille et avait prévu d'aller voler un peu, sa démission de l'équipe de Quidditch l'ayant privé de ce plaisir hebdomadaire.
Lorsqu'il entra dans la salle commune, il entendit avant même de les voir les rires d'Hermione et de Blaise.
Non mais c'est pas vrai ! je vais finir par proposer à Blaise de prendre ma chambre !
Mais quelle ne fut pas sa surprise en arrivant dans la salle de réaliser qu'à côté de sa colocataire et de son meilleur ami qui semblaient rire à une bonne blague se trouvait Ginny Weasley qui les regardait en souriant.
C'est décidé, je retourne chez les Mangemorts.
- Ah, te voilà ! sourit Blaise en le voyant arriver. Il va falloir que tu finisses par me donner ton planning de travail, ça m'évitera de me retrouver coincé avec deux Gryffondor !
Il fit un clin d'œil à Hermione pour lui faire comprendre qu'il plaisantait, geste qui eût l'air de choquer profondément Drago.
- Qu'est-ce qu'elle fait là ? demanda le jeune homme en désignant Ginny.
- Elle fait comme Zabini, elle est venue voir sa meilleure amie, répondit la jeune Weasley en fronçant les sourcils. Pourquoi, ça te pose un problème ?
- Il posait juste la question, intervint Hermione d'une voix apaisante.
Sa façon de le défendre agaça Drago à un tel point qu'il eut soudain envie de s'engueuler avec elle.
Mais vraiment.
Une bonne grosse engueulade.
Blaise s'aperçut qu'il était sur le point de s'énerver et il se leva immédiatement :
- Allez viens Drago, on va faire un tour.
Le jeune homme salua Hermione, lança une réflexion amusée à Ginny qui répondit du tac au tac et ils ressortirent.
Ils marchaient dans le parc depuis quelques minutes sans rien dire lorsque Drago se décida :
- Elle te plaît Granger ?
Blaise ne lui demanda pas ce qu'il voulait dire. Ce n'était pas son genre de tourner autour du pot, ni de jouer les innocents.
- Pas de la façon à laquelle tu penses, répondit-il tranquillement.
- Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?
- Ca veut dire qu'une fois qu'on est passés au dessus du fait que c'est une rouge et or, elle est sympa et très intéressante.
- Tu plaisantes ?
- Avec elle oui, là, non.
- Oui, ça je sais que vous plaisantez, reprit Drago d'une voix un peu plus forte, dès que j'arrive, vous êtes en train de ricaner comme des gosses.
Blaise s'arrêta subitement, forçant son meilleur ami à l'imiter. Il haussa un sourcil :
- Je croyais que ça allait mieux entre vous deux, alors pourquoi ça te dérange tant que ça que je m'entende bien avec elle ?
Drago serra les dents et lâcha finalement :
- J'ai pas envie que Granger se lie avec toi, voilà ! je ne veux pas d'elle dans notre cercle, je ne veux pas avoir ce genre de… « liens » avec elle !
Le jeune homme le regarda un instant puis il pouffa de rire :
- Drago, tu es mon meilleur ami. Hermione Granger, maintenant, c'est au mieux une bonne connaissance. Ce n'est pas parce que je m'entends avec elle que ça va diminuer l'amitié que j'ai pour toi.
- Ca va, je suis pas une fille non plus.
- Et moi, je ne suis pas le genre de mec qui pense que ce comportement soit typique d'une fille, répliqua Blaise. Tu as juste la trouille parce qu'une nouvelle personne essaie de rentrer dans ton petit monde.
- C'est bon ? Tu as fini avec tes analyses de psychomage à deux mornilles ?
Drago recommença à marcher et Blaise haussa les épaules avant de le suivre.
Dans la salle commune, une fois que les deux Serpentard eurent disparu, Ginny se tourna vers Hermione :
- C'est quoi son problème à Malefoy ?
- Il m'en veut d'être gentille avec lui, analysa tranquillement la jeune fille.
- Pardon ?
- Je suis en train de forcer la barrière et il n'aime pas ça. Je dirais même que ça l'énerve profondément que je reste calme et sympa quand il se montre froid et antipathique. Mais j'ai décidé que j'en avais assez de m'engueuler avec lui pour tout et n'importe quoi. Je sais qu'il n'est pas foncièrement mauvais comme j'ai pu le croire pendant des années. Il n'est pas véritablement gentil, en tout cas pas avec moi, mais je l'ai entendu parler avec Parkinson ou Blaise. Il est capable de l'être.
Ginny laissa échapper un léger rire.
- Et quoi ? Tu penses qu'à force, il va devenir tout mignon avec toi ?
- Non. Mais qu'il arrête de se braquer et de me repousser dès que j'essaie d'être sympa, j'espère bien, oui.
La rouquine hocha la tête sans rien dire. Hermione avait dû penser à tout ça pendant un certain temps pour lui sortir une telle analyse. Et sans y croire à 100%, elle était cohérente.
- Il n'est pas ravi que tu t'entendes bien avec Zabini, pas vrai ?
- Non, sourit légèrement Hermione. C'est son petit côté égocentrique. Il doit s'imaginer que je parle avec Blaise en espérant l'atteindre.
- Et ce n'est pas le cas ?
- J'aime bien Blaise parce qu'il est sympa, Ginny. Même toi tu l'as vu, tu es restée à parler avec nous pendant vingt minutes.
- Il est drôle, admit la jeune fille. Mais je m'en méfie toujours un peu. Même si je sais qu'il n'est pas véritablement affilié aux Mangemorts, c'est toujours un Serpentard.
- Tu dis juste ça parce que vous êtes rivaux au Quidditch.
- Pff… on va les écraser demain ! et je t'interdis de consoler Zabini quand ça arrivera !
Les deux amies échangèrent un regard amusé avant d'éclater de rire.
Quand Hermione rentra à l'appartement après le dîner, elle trouva le vieux savant qui pressait un mouchoir contre son nez.
- Tout va bien ? demanda-t-elle avec étonnement.
- Ce sale petit garnement a recommencé à fumer sa pipe ! répondit le portrait d'une voix étouffée.
La jeune fille ne lui fit pas remarquer que ce n'était pas une pipe mais une cigarette, mais elle constata effectivement que l'odeur de nicotine sentait jusque dans le couloir.
Elle inspira profondément. Drago voulait la faire sortir de ses gonds.
Allez, respire ma fille – enfin pas trop, vu l'atmosphère – et reste calme. Tu as décidé de ne pas t'énerver, alors ce n'est pas parce que Monsieur Malefoy a envie de cracher sa bile que tu vas lui faire ce plaisir.
Le tableau s'ouvrit et elle s'engagea dans le passage enfumé.
Drago était assis tranquillement sur le canapé, une cigarette à la bouche, au milieu de ce qui commençait à ressembler à un aquarium. Hermione le soupçonnait même d'avoir lancé un sort pour rendre la fumée plus dense.
Le jeune homme la regardait avec un petit sourire cynique et elle serra les dents.
Elle lança un sort pour évacuer l'air vicié et alla ouvrir la fenêtre sans rien dire.
Puis elle repassa devant son colocataire et s'apprêtait à se rendre dans sa chambre lorsqu'une voix furieuse la cloua sur place :
- Sérieusement ?!
Elle soupira et se retourna vers lui :
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'ai enfumé tout l'appartement, même moi j'ai du mal à respirer et tu ne me dis rien ?
- Je n'ai pas envie de me disputer avec toi, même si Merlin sait que tu fais tout pour.
- Bien sûr que si, tu en as envie !
- Non. Désolée Malefoy mais je vais continuer d'être le plus sympa possible.
Le jeune homme se leva brusquement et s'avança vers elle :
- C'est ce que tu ne comprends pas Granger ! je n'ai pas envie que tu sois sympa avec moi !
Ok. Là, il commençait à l'agacer.
- Et pourquoi pas Malefoy, hein ?! Dis-moi pourquoi ?
- Parce que ce n'est pas toi, ce n'est pas moi, ce n'est pas nous ! explosa Drago. S'engueuler, c'est notre mode de communication ! parce que je t'énerve et que bon sang, toi aussi ! tu m'énerves quand tu traînes avec mon meilleur ami, que tu te persuades que tu es la plus forte alors que tu es malade et fatiguée, que tu prends tes petits airs supérieurs en classe quand tu donnes la bonne réponse, que tu stresses comme une folle avant un examen alors que tout le monde sait que tu vas avoir la meilleure note, et plus encore, tu m'énerves quand tu te montres gentille et compréhensive avec moi !
Voilà qu'il criait maintenant. Hermione ne leur donnait pas trente secondes avant que les tableaux ne s'en mêlent.
Elle le fixa d'un air stupéfait pendant un instant. Puis soudain, secoua la tête comme pour reprendre ses esprits et lâcha d'une voix sèche mais calme :
- Tu es complètement schizophrène mon pauvre Malefoy. Tu demandes à ce qu'on ait des relations, je cite, « plus cordiales », tu me sauves la vie et maintenant quoi ? tu te rends compte que tu as été trop loin et tu tentes de faire marche arrière par peur de t'attacher à quelqu'un d'autre ? Eh bien non ! je ne veux pas faire ça ! je refuse de revenir à notre « mode de communication » comme tu dis, il a changé, et c'est très bien comme ça !
- Oui, et c'était plus agréable pour tout le m…
- Taisez-vous Tiberius ! tu veux que je te dise ce que j'en pense Malefoy ?
- Non !
- Tant pis. Je vais quand même le faire. Déjà, je pense que tu as peur ! que tu es mort de peur à l'idée de laisser quelqu'un te connaître ! et en plus de ça, je pense que tu ne t'aimes pas, que tu te détestes même parce que tu n'arrives pas à te pardonner ton passé et toutes les erreurs que tu as pu y faire. Et à cause de ça, tu ne supportes pas que quelqu'un puisse voir le bon en toi – elle commençait à élever la voix et Drago songea que, finalement, il avait réussi à l'énerver – mais c'est trop tard ! tu n'avais qu'à pas changer, tu n'avais qu'à rester le petit con arrogant qu'on a tous connu pendant des années et surtout, tu n'avais qu'à me laisser avec Goyle !
Elle avait hurlé cette dernière phrase et, sans un regard pour son colocataire planté au beau milieu du salon, elle rentra dans sa chambre dont elle claqua violemment la porte, faisant tanguer les tableaux qui protestèrent bruyamment avant d'échanger leurs avis sur ce qu'il venait de se passer et la psychologie somme toute compliquée du jeune Serpentard.
Et au milieu de ce vacarme, Drago Malefoy tentait de savoir s'il était plus en colère que jamais ou tout simplement soulagé.
Voilà, voilà :)
Bon, comme vous pouvez le voir, c'est loin d'être réglé entre une Hermione qui commence à se fatiguer des disputes et un Drago qui n'aime clairement pas le changement ^^
Merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me donner vos impressions et à la semaine prochaine !
