Bonjour à tous !

Alors bien évidemment, je voudrais tout d'abord m'excuser pour ne pas avoir posté la semaine dernière (et surtout ne pas vous avoir prévenus...) j'étais dans la dernière ligne droite pour la rédaction de mon mémoire, je pensais que j'aurais le temps d'écrire un peu (la fic, hein, pas le mémoire xp) et bien sûr, ça n'a pas été le cas :/ donc voilà, il est maintenant terminé (le mémoire, hein, pas la fic... ok, j'arrête ^^) et je peux donc vous mettre ce chapitre 12 ! Je suis pas ultra-satisfaite du dernier paragraphe que j'ai un peu écrit en 4e vitesse mais j'aime bien le reste et donc j'espère que vous aussi !

Merci à Charliee3216 et maraille qui m'ont ajoutée en follow, Eicka09 pour m'avoir mise en fav et surtout à Swangranger, Kim, Rose Caldin et Charliee3216 pour leurs reviews :D

Sur ce, bonne lecture !


RAR :

Kim : Oui, Drago est un peu chiant à freiner des quatre fers, je suis d'accord x) donc j'espère que tu apprécieras ce chapitre ;) merci pour ta review, ça me fait toujours terriblement plaisir ! :)


S'il y avait bien une chose que Pansy Parkinson n'aimait pas à Poudlard, c'était le portrait de ce vieux savant fou qui gardait les appartements des Préfets-en-chef. Celui-ci la regardait toujours avec un petit sourire hautain quand elle arrivait devant lui et lui demandait d'ouvrir le passage.

- Mot de passe ? demanda-t-il d'un ton doucereux ce matin là.

- Vous me voyez au moins deux fois par semaine ! s'écria-t-elle aussitôt. Vous savez très bien que je suis une amie de Drago, il n'est pas venu petit-déjeuner ce matin et le match de Quidditch commence dans une heure ! alors laissez-moi entrer !

- Croyez bien que j'en suis navré jeune demoiselle, répliqua le savant qui n'était pas navré du tout, mais sans mot de passe, je ne puis vous livrer passage. Libre à votre ami de venir vous ouvrir lui-même !

- Et s'il était malade, hein, espèce de vieux débris tout…

- Pansy ?

La voix provenait de l'autre côté du portrait et la jeune fille la reconnut comme étant celle d'Hermione.

- Ah Granger ! c'est pas trop tôt ! tu peux m'ouvrir ?

- Oui, bien sûr.

Le tableau pivota, découvrant la Gryffondor, apparemment déjà prête pour le match. Elle avait revêtu un pull rouge et des traits vermillons s'étalaient sur ses joues – Pansy ne dit rien, elle-même avait du vert sur la figure.

- Merci, marmonna Pansy avant de foudroyer le savant du regard.

Celui-ci le lui rendit bien volontiers avant de se détourner pour s'intéresser à la potion révolutionnaire qu'il préparait – la même depuis trois cent ans.

- Désolée pour le tableau, dit Hermione tandis qu'elles arrivaient dans la salle commune. Il n'est pas toujours très sympathique.

- Il est con, oui ! bon, où est Drago ?

- Hum… il n'est pas sorti de sa chambre depuis ce matin. Hier on s'est…

- Oui, je sais, Blaise m'a raconté.

- Il n'a peut-être pas eu le temps de te dire qu'on avait enfin eu l'engueulade que Malefoy attendait apparemment depuis une semaine.

Pansy s'offrit le luxe de hausser un sourcil.

- Ah bon ? Et alors ?

- Je lui ai dit ce que je pensais de lui, répondit simplement Hermione en haussant les épaules.

Elle n'avait pas envie de s'étendre sur leur dispute. Drago lui en parlerait s'il en avait envie.

- Il n'a pas dû apprécier, ricana en tout cas Pansy.

- Je ne crois pas.

- Bon, en attendant, son meilleur ami a un match à disputer et il va aller le soutenir. Drago ! s'écria la Serpentard en se dirigeant vers sa chambre.

Elle ouvrit brusquement la porte, découvrant son meilleur ami toujours au lit.

- Non mais c'est pas vrai ! qu'est-ce que tu fais encore couché ? s'indigna Pansy en pénétrant dans la pièce. Je te rappelle que le match commence dans une heure !

- Je n'ai aucune envie d'y aller ! grogna Drago tandis que son amie ouvrait violemment les rideaux.

- Ca, je m'en contrefiche ! Blaise compte sur nous pour le soutenir, alors tu vas te lever, te doucher et t'habiller ! on est partis dans quinze minutes !

- Fiche-moi la paix Pansy !

- Dans tes rêves ! il n'y a pas intérêt à ce que tu déprimes juste parce qu'une Gryffondor t'a balancé tes quatre vérités, je te préviens !

A ces mots, Drago fronça les sourcils, se redressa dans son lit et lança un regard noir vers la salle commune.

Heureusement, Hermione avait eu la sagesse de disparaître dès que Pansy avait ouvert la porte, s'épargnant ainsi une réflexion acide du Serpentard sur sa langue un peu trop pendue à son goût.

Constatant qu'il ne pourrait pas déverser sa rancœur sur sa colocataire, Drago se leva en grognant et se dirigea vers la salle de bains sous le regard satisfait de Pansy.


Hermione retrouva ses camarades de Gryffondor dans les gradins. Ravie de sortir un peu de l'atmosphère étouffante de l'appartement et d'assister au match en compagnie de ses amis, elle embrassa tout le monde sur la joue, riant lorsque Seamus demanda s'il ne pourrait pas en avoir un deuxième.

- Après le match, quand on gagnera ! répondit joyeusement Hermione en s'asseyant entre Dean et Lavande.

- De toute façon, sans Malefoy, ils sont morts ! commenta tranquillement la petite amie de Ron – c'était officiel depuis deux semaines maintenant.

- Zabini est bon, non ? tenta tout de même Hermione par acquis de conscience.

- Peut-être, répondit Dean, mais il ne risque pas de gagner le match à lui tout seul et de toute façon, le remplaçant de Malefoy ne fera pas le poids face à Harry.

Tout le petit groupe approuva bruyamment et quelques minutes plus tard, le coup de sifflet de Mme Bibine les fit se lever en chœur pour acclamer leurs camarades qui entraient sur le terrain.

Malgré l'intérêt très limité qu'elle ressentait pour le Quidditch, Hermione aimait voir ses amis jouer. Surtout Harry. Le jeune homme ne paraissait jamais si heureux ou serein que lorsqu'il était sur un balai et son amie se réjouissait qu'il lui reste encore une activité pour s'échapper un peu de tout ce qui se passait autour d'eux.

Le coup de sifflet annonçant le début du match se fit entendre, et Hermione se félicita que sa gorge soit suffisamment guérie pour lui permettre de hurler à tue-tête et encourager ses amis.


Le match avait duré à peine trois quart d'heure, se soldant par une écrasante victoire des Gryffondor, deux cent buts à vingt. Malgré Blaise qui avait marqué deux buts et Crabbe et Goyle – ce dernier avait été hué par les Gryffondor membres de l'A.D. avec une verve qu'Hermione avait trouvée presque gênante – qui s'en étaient donné à cœur joie avec les cognards, le remplaçant de Drago au poste d'attrapeur s'était révélé aussi peu à la hauteur que prévu.

Dans la tribune des vert et argent en face, Hermione avait vu Malefoy, à côté de Pansy qui criait à qui mieux mieux. Le jeune homme avait passé toute la durée du match à marmonner dans sa barbe en regardant les joueurs. Hermione était sûre qu'il se retenait pour ne pas leur hurler des instructions.

Le soir venu, Hermione rejoignit la tour des Gryffondor où une fête avait été prévue pour célébrer la première victoire des rouge et or. La jeune fille avait passé l'après-midi à la bibliothèque et n'avait fait qu'un saut à son appartement pour déposer ses affaires et mettre quelque chose de plus léger que son pull. Elle n'avait pas croisé son colocataire et en avait été soulagée. Si elle ne regrettait pas ce qu'elle lui avait dit la veille, elle ne se sentait pas encore prête à l'affronter.

La salle commune des Gryffondor était bondée et Hermione se laissa porter par la joyeuse ambiance qui y régnait. Des élèves avaient été faire une excursion aux cuisines et en étaient revenus avec assez de nourriture pour tenir un siège et des tonneaux entiers de Bièraubeurre.

Sans être réellement portée sur l'alcool, Hermione avait cependant demandé au docteur Jones s'il lui serait toujours possible d'en boire durant son traitement. La médicomage lui avait répondu par l'affirmative, non sans lui rappeler d'une voix digne d'un spot télévisé que « l'abus d'alcool est dangereux pour la santé miss Granger, ça ne vaut pas que pour les moldus ! ».

Toujours est-il que la jeune fille accepta-t-elle volontiers le verre que Neville lui mit dans les mains. Elle croisa Ron qu'elle serra dans ses bras :

- Tu as été fantastique ! s'écria-t-elle pour couvrir le bruit des conversations et de la musique en fond.

- Je n'ai pas eu à faire grand-chose, avoua modestement le jeune homme. Les Serpentard étaient tellement nuls !

- Ne dis pas ça, répliqua Hermione non sans un sourire amusé. Blaise a quand même mis deux buts !

- Tu l'appelles Blaise maintenant ?

Il souriait et Hermione comprit avec soulagement qu'il n'était pas en colère. Elle ne savait si c'était dû à l'alcool ou simplement à l'enthousiasme, mais elle en profita :

- Il est très sympa, tu sais !

- Ouais, ouais, je n'en doute pas.

Il l'entraîna dans un coin et poursuivit :

- Comment te sens-tu ? ça va mieux ?

- Très bien ! je suis contente d'être avec vous, répondit-elle sincèrement.

- C'est vrai qu'on ne te voit plus beaucoup ici, cette année. Tu nous manques.

- Vous aussi.

Elle avisa Lavande qui discutait avec Parvati et Padma un peu plus loin.

- Ca va avec Lavande ? s'enquit-elle avec un sourire malicieux.

Elle vit son ami rougir avant de répondre :

- Oui. Mieux que l'année dernière. Elle a… beaucoup changé cet été. Tu sais que son oncle et sa tante se sont fait attaquer en juillet ?

Hermione haussa les sourcils, stupéfaite.

- Son oncle est marié à une moldue, expliqua Ron en regardant sa petite amie qui éclatait de rire. Elle était chez eux lorsqu'ils ont été attaqués par une bande de mangemorts. Heureusement, l'oncle de Lavande est Auror et il a réussi à les tenir en respect le temps que des renforts arrivent. Mais je crois que ça l'a marqué.

- Tu m'étonnes…, soupira son amie.

Ron esquissa un sourire puis décida de changer de sujet. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de discussion avec sa meilleure amie, seul à seule.

- Et toi alors ?

Hermione mit un moment avant de comprendre la question et elle rosit à son tour.

- Avec les garçons tu veux dire ? Oh bon sang, s'esclaffa-t-elle, j'ai autre chose à faire cette année que de m'occuper de ça !

- Je me demandais, c'est tout, sourit Ron. Depuis Krum…

Oui, c'est vrai qu'Hermione n'avait pas eu de petit ami depuis Viktor Krum avec qui elle était sortie l'été de sa quatrième année. Mais, entourée de ses amis, elle n'en avait pas ressenti le besoin.

Alors que le volume de la musique augmentait, Lavande vint chercher Ron pour danser et Harry ne tarda pas à inviter Hermione qui accepta volontiers d'aller se déchaîner avec les autres.


- Drago ! ouvre-nous avant que je ne détruise ce maudit tableau !

Le Serpentard poussa un profond soupir et alla ouvrir le passage à Pansy et Blaise qui attendaient dans le couloir.

- Je commence à ressentir de la sympathie pour Sirius Black, marmonna seulement Pansy avant de s'enfouir dans le passage.

- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda Drago en les regardant s'asseoir sur le canapé.

- Oh mais c'est qu'il est désagréable ! sourit Blaise. Tu as complètement disparu après le match. Et moi qui attendais que tu viennes me consoler, acheva-t-il avec un clin d'œil. J'ai dû me rabattre sur Pansy, bonjour la galère.

Son amie lui donna un coup de poing dans l'épaule, l'air sévère, avant de se retourner vers Drago qui avait sorti son paquet de cigarettes et lâcha :

- Vous n'auriez jamais pu gagner. L'attrapeur qu'a trouvé Uquhart…

- Daniel Hockley, précisa Blaise.

- Peu importe son nom, vu son niveau, personne ne devrait s'en rappeler.

- C'est sûr que si tu ne nous avais pas lâchés…

Drago le foudroya du regard et Pansy intervint pour calmer le jeu :

- Ok, inutile de s'engueuler là-dessus, on est pas là pour ça.

- Si c'est encore à propos de Granger…

- Evidemment que c'est encore à propos de Granger. Enfin, c'est plutôt à propos de toi, reprit sa meilleure amie. Personnellement, je m'en fiche un peu de ta colocataire mais apparemment, vos rapports te mettent dans un état de tension qui devient franchement désagréable pour ton entourage.

- Elle veut dire nous, précisa de nouveau Blaise, s'attirant un regard torve de la part de la jeune fille qui poursuivit néanmoins sans broncher.

Drago se renfrogna.

Est-ce qu'on allait lui foutre la paix avec Hermione Granger ? Il n'avait pas l'intention d'aller lui déclamer son amitié dans la Grande Salle alors si ses amis pouvaient arrêter de…

- Selon moi, le plus gros problème, continua Pansy en tirant une bouffée de la cigarette qu'elle avait allumée, c'est que tu ne sais pas sur quel pied danser.

- C'est quoi ces conneries ? Grommela le jeune homme.

- Eh bien d'un côté il y a Granger qui apparemment a décidé d'être adorable quoiqu'il arrive, ne me regarde pas comme ça Drago, je n'ai pas dit que moi je la trouvais adorable et de l'autre, il y a toi qui ne peux pas t'empêcher d'être aussi désagréable que d'habitude.

Tu parles, si tu savais les efforts que je fais pour ne pas lui hurler dessus…

- Alors il va bien falloir choisir : ou vous choisissez de bien vous entendre, définitivement, ou vous revenez à vos rapports « houleux » du début d'année. Personnellement, sans te demander de devenir un distributeur de câlins – Drago grimaça – je ne te conseille pas de recommencer les engueulades à tout va, Granger n'est pas assez en forme pour ça, ça ne sera même plus drôle.

- Tu as fini ? soupira Drago.

- Non. Parce que je pense aussi, comme Blaise, que tu as la trouille, de t'ouvrir à quelqu'un d'autre et de…

- Si tu dis t'attacher, je me jette par la fenêtre.

- Ce n'est pas un gros mot, tu sais. Personne ne te demande de passer tes journées avec elle ou de faire des soirées pyjama – Blaise se mordit la lèvre pour ne pas rire – juste d'admettre que vous pourriez vous entendre.

- Mais justement, on ne s'entend pas ! s'exclama Drago. Elle m'agace !

- Parce qu'elle force les choses en étant gentille ?

- Non, parce qu'elle est agaçante tout simplement !

- Ce que tu peux être de mauvaise foi quand tu t'y mets ! pouffa Blaise. Elle est très sympa cette fille, elle est drôle et elle est intelligente, et après toutes ces années à te coltiner Crabbe et Goyle, un petit surplus de neurones ne pourrait pas te faire de mal.

- Je suis d'accord avec lui sur ce dernier point, intervint Pansy. Personnellement, je suis loin d'être fan de Granger mais merde Drago, vous vivez ensemble et si tu ne veux pas te faire jeter de leur petit club à coups de pieds au cul, tu vas devoir arrêter de tester ses limites. Il ne faudrait pas qu'elle te balance un deuxième coup de poing, tu ne crois pas ?

- Qu'elle essaye un peu ! grommela Drago qui n'avait aucune envie de se rappeler ce jour là.

Bon sang, l'humiliation qu'il avait ressentie après coup. Il aurait préféré que l'affaire ne se sache pas mais Crabbe et Goyle s'étaient empressés de tout raconter à Pansy et Blaise ce dernier avait mis des jours à se remettre de son fou rire.

- Tu as beau être solitaire et difficile d'accès, il va falloir discuter parce que je sais que tu préférerais avoir de meilleurs rapports avec elle.

- Pas du tout, répondit aussitôt Drago avec un petit reniflement dédaigneux.

- Ta mère et moi on ne te l'a jamais dit, poursuivit Pansy avec un léger sourire, mais dès que tu mens, tu fronces le nez.


Quelques heures plus tard, Hermione avait oublié qu'elle ne tenait pas vraiment l'alcool. Et que quatre Bièraubeurre suffisaient à la rendre beaucoup plus guillerette que de coutume. Elle avait dansé Harry et tous les garçons de son dortoir, ainsi que Ginny qui lui avait appris une chorégraphie parfaitement ridicule mais qui avait enthousiasmé Luna qui avait absolument voulu l'essayer à son tour.

Vers minuit, Hermione commençait cependant à fatiguer et elle se retrouva à somnoler dans le canapé, juste à côté de deux cinquième année fermement décidés à s'aspirer les amygdales.

- Hermione ?

La jeune fille entrouvrit les yeux et envoya un sourire éblouissant à Dean qui la regardait, les sourcils.

- Oui ? demanda-t-elle en s'attardant un peu trop sur le « i ».

- Ok, rigola son ami, je te ramène.

- Pas tout seul, souffla-t-elle. Il ne faut pas que tu rentres tout seul après, reprit-elle en bâillant.

Elle était peut-être joyeuse mais pas inconsciente.

- Oui, oui, ne t'inquiète pas. Eh Seamus !

Cinq minutes plus tard, après avoir souhaité bonne nuit à ses amis à grands renforts d'étreinte et de bisous, Hermione sautillait dans les couloirs en compagnie de Dean et de Seamus qui ne se privait pas de se moquer d'elle :

- Allez Hermione, avoue, c'est la première fois que tu es bourrée !

- Possible ! répondit-elle en riant.

- L'encourage pas, soupira Dean bien qu'il soit lui aussi plutôt amusé par le spectacle de la sorcière la plus intelligente de leur génération avec un petit coup dans le nez.

- Vous savez que je vous aime, pas vrai ?

- Tu l'as déjà dit sept fois mais ça fait toujours plaisir de l'entendre, admit Dean.

Ce dernier écouta patiemment Hermione raconter des sottises et Seamus la taquiner bruyamment durant tout le trajet jusqu'à l'appartement des Préfets-en-chef. Ils n'avaient franchement pas dû être discrets, songea-t-il en voyant Drago ouvrir le passage – tant mieux d'ailleurs parce qu'Hermione n'avait aucune intention de rentrer. Elle avait réveillé le vieux savant et tentait de lui expliquer, avec tout le sérieux dont elle était capable dans cette situation, pourquoi sa potion était « nulle ».

- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? grogna le jeune homme qu'ils avaient manifestement sorti du lit.

- On ramène la princesse dans sa tour, sourit Seamus, très fier de sa blague.

Il en oubliait d'être désagréable. Lui aussi avait un peu bu et Drago lui apparaissait soudain comme un interlocuteur tout à fait acceptable.

- Attendez… mais elle est ivre, là ?

- Ouh le vilain mot ! chuchota Hermione – du moins, elle crut qu'elle chuchotait.

- Bon, tu t'en occupes ? demanda Dean qui était décidément le seul à être encore en pleine possession de ses moyens. Je dois ramener l'autre catastrophe.

- C'est moi la catastrophe ?! s'indigna Seamus en portant une main à son cœur.

- Vas-y, soupira Drago en attrapant sa colocataire par le bras.

Il regarda partir les deux Gryffondor, le grand Dean qui marchait tout à fait droit, et Seamus, plus petit, qui zigzaguait un peu en racontant des bêtises à son meilleur ami.

Le Serpentard secoua la tête et entraîna Hermione dans l'appartement.

- T'as le droit de boire au moins ? demanda-t-il une fois dans la salle commune.

- Oui, oui, oui ! chantonna la jeune fille.

- Va te coucher Granger, grommela Drago. Bon sang, tu vas être bien demain matin.

Mais alors qu'il s'écartait, Hermione enroula soudain ses bras autour de lui et l'attira contre elle, posant tranquillement sa tête sur son torse.

- On peut savoir ce que tu fais ?

- Je te fais un câlin, répondit fermement la jeune fille. Après notre dispute d'hier – Drago se raidit mais elle n'en tint pas compte – je me suis dit que tu n'en avais peut-être pas reçu beaucoup alors voilà.

- Je te remercie mais je n'ai pas besoin de toi pour ça. J'ai des parents et des amis qui s'en chargent très bien.

- Pourquoi tu m'as embrassé ?

Elle avait toujours la tête posée sur son torse, les yeux fermés et Drago se figea.

- T'es bourrée Granger, va te coucher, dit-il en essayant de se détacher de son étreinte.

Mais elle était bien accrochée et elle insista :

- Dis-moi.

Drago serra les dents. Il était fatigué et n'avait aucune envie d'avoir cette conversation maintenant.

Il n'avait pas envie de l'avoir tout court d'ailleurs.

En même temps, d'ici à ce qu'elle s'en souvienne demain matin…

- J'en sais rien, soupira-t-il finalement. J'avais eu peur pour toi, tu m'avais soigné…

- C'était pour me remercier ?

- Oui… on peut dire ça comme ça.

- Tu as une drôle de façon de remercier les gens, fit-elle remarquer avec une pointe de sarcasme.

Puis elle s'écarta soudain de lui et partit tranquillement vers sa chambre.

- Bonne nuit ! chantonna-t-elle en trébuchant sur les marches.

Drago esquissa un mouvement vers elle mais elle se releva aussitôt et secoua la main vers lui avant d'ouvrir sa porte.

- N'oublie pas ton traitement !

- Déjà pris ! entendit-il derrière la porte fermée.

Le jeune homme poussa un énième soupir et retourna se coucher.


Lorsqu'Hermione se releva le lendemain matin, elle avait la bouche pâteuse et les idées en vrac. Elle se frotta longuement les yeux avant de se redresser dans son lit.

Et de le regretter puisque la fanfare dans sa tête venait de se mettre en marche.

La jeune fille enfila un gros pull au dessus de sa chemise de nuit et elle sortit de sa chambre en grognant.

Pour tomber sur Drago qui l'attendait, assis sur le canapé de la salle commune.

Hermione lui lança aussitôt un regard noir pour le dissuader de toute réflexion mais le Serpentard n'avait pas l'intention de se priver :

- T'as une tête atroce.

- Merci, je sais, grommela-t-elle en passant une main devant ses yeux.

Le soleil hivernal était un peu trop éclatant à son goût.

Drago lui tendit une fiole.

- Tiens, bois ça, ça t'évitera d'avoir des cognards dans la tête.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione d'une voix suspicieuse en la prenant.

- Une potion anti gueule de bois.

- Pourquoi ça ne m'étonne pas que tu aies ce genre de choses ?

Le Serpentard ne dit rien et la jeune fille regarda un instant le flacon avant de se décider à en boire le contenu. Elle grimaça. C'était dégoûtant.

- Il faut qu'on parle.

Hermione le regarda. Il n'avait pas l'air en colère ou agacé pour une fois, juste sérieux.

Elle s'affala sur un fauteuil.

- J'ai juste envie d'aller boire un litre de thé et de me gaver de toasts mais vas-y, soupira-t-elle.

- Tu te souviens de ce qu'il s'est passé hier soir ?

- Bien sûr que oui Malefoy, répondit tranquillement Hermione, la tête en arrière et les yeux fermés en attendant que la potion fasse effet. Il faut tout de même sacrément boire pour en arriver à la perte de mémoire. Comme je ne tiens pas l'alcool, je ne risquais pas d'en arriver à ce point.

Elle entrouvrit les yeux et vit son colocataire se tendre. Soupirant, elle décida de le rassurer tout de suite :

- Mais si tu ne veux pas qu'on parle, on n'en parle pas.

- Je ne préfère pas, en effet, admit le jeune homme avec soulagement.

- Très bien. Bon, et sinon ? Tu ne m'as pas fait asseoir juste pour me demander ça ?

- Non. Je voulais te parler de la dispute qu'on a eue hier soir.

- Oh.

Hermione rosit, légèrement gênée.

- Tu as… raison, reprit aussitôt son colocataire – bon sang ce que ça lui coûtait de l'admettre ! –, on ne peut pas continuer comme ça. Alors, je vais faire des efforts pour être plus aimable.

- Je suis contente de l'entendre.

Ils échangèrent un regard et Hermione sourit :

- Et ravie de savoir que tu as deux amis aussi convaincants.

- De quoi tu parles ? grogna-t-il aussitôt.

- Oh, je t'en prie. Ce n'est pas moi qui t'ai fait changer d'avis, enfin pas complètement. Blaise et Pansy sont venus ici hier soir, et n'essaye pas de nier, ce n'est pas toi qui fumes ces cigarettes, dit-elle en montrant un paquet sur la table.

Drago était sur le point de répondre mais elle poursuivit :

- Mais au fond, je m'en fiche. Tant que tu arrêtes de te comporter comme tu l'as fait.

- Bénéficierons-nous également de ce changement de caractère ? demanda Tiberius Gold d'une voix un peu hautaine, depuis son tableau.

- Ca dépend, vous vous sentez capables d'arrêter de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas ? répliqua aussitôt le jeune homme avec un sourire en coin que seule Hermione aperçut.

L'ancien préfet se redressa dans son fauteuil et déclama théâtralement :

- Sachez mon bon ami, que tout ce qui se passe au sein de cette demeure me concerne ! depuis des décennies, je veille sur elle et ses occupants, je suis un parangon de sagesse…

- Et de modestie ! ricana Demelza Stilton.

- Bon, je vais petit-déjeuner, déclara Hermione en se levant tandis que les deux portraits se lançaient dans une dispute qui promettait d'être particulièrement bruyante.

- Je t'accompagne, dit seulement Drago.

Hermione eut l'air surpris mais ne dit rien.


Lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle et que de nombreux regards se tournèrent vers eux – bien qu'il y ait moins de monde que d'habitude en ce dimanche matin – Hermione se rendit compte que c'était la première fois qu'elle entrait en compagnie de Malefoy. Malgré le fait qu'ils se séparèrent dès leur entrée dans la salle, ils avaient occasionné regards stupéfaits et chuchotements. Hermione décida de les ignorer royalement et elle rejoignit ses amis qui comataient devant leur petit-déjeuner.

Dean, Ginny et Lavande, frais comme des gardons, lançaient des regards amusés à Neville et Harry qui ne cessait de bâiller en grimaçant dès que des première année passaient en criant à côté d'eux. Ron marmonnait dans sa tasse de thé tandis que Seamus piquait régulièrement du nez, manquant à chaque fois de finir la tête dans ses tartines.

- Bonjour tout le monde ! lança Hermione à la ronde en s'asseyant à côté de Seamus qui se redressa brusquement pour comprendre ce qu'il se passait.

- Ca va mieux, on dirait ? plaisanta Dean.

- Oui, Malefoy m'a donné une potion anti-migraine ! d'ailleurs, merci de m'avoir ramenée hier soir !

- Je t'en prie, répondit le jeune homme en souriant. On a dû courir un peu au retour. Seamus parlait tellement fort qu'il a rameuté Rusard.

L'intéressé marmonna quelque chose sur un assurdiato qu'il avait pourtant lancé à deux reprises, sans qu'il ne fonctionne.

Alors qu'Hermione se plongeait avec délice dans une immense tasse de thé, les hiboux arrivèrent pour distribuer le courrier. Elle savait qu'elle ne recevrait rien aujourd'hui : la Gazette du Sorcier ne sortait pas de numéro le dimanche et ce n'étaient pas ses parents qui lui écriraient de là où ils étaient.

Elle ignora donc les enveloppes et autres colis qui tombaient ci et là, non sans un petit pincement au cœur.

En revanche, Ron et Ginny avaient chacun reçu une lettre de leurs parents ils froncèrent en même temps les sourcils au fur et à mesure de leur lecture.

- Eh bien, ça fait plaisir ! conclut finalement Ginny en reposant la lettre à côté de son verre de jus de citrouille.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Harry.

- Maman ne veut pas qu'on rentre pour Noël, répondit sombrement Ron en se massant la tempe droite, aucun de nous.

- Quoi ? mais pourquoi ? s'exclama le Survivant.

Passer Noël au Terrier était toujours un séjour qu'il attendait avec joie, et cette année encore plus que d'habitude.

- Elle dit que c'est trop dangereux, expliqua Ginny. Beaucoup de gens craignent que le Poudlard Express ne soit attaqué et Maman a encore plus peur que les Mangemorts ne tentent de s'en prendre à Harry alors qu'il est hors de Poudlard.

- Eh bien, vous n'avez qu'à y aller sans moi…, lâcha le jeune homme sans trop de conviction.

Ils savaient qu'il dirait ça. Harry avait cette « sale petite manie » de trop penser aux autres et pas assez à lui-même.

- C'est hors de question, trancha Ginny, de toute façon, Ron et Hermione sont presque autant en danger que toi. Tout le monde sait bien que…

- Oui, oui, on sait, grommela Ron en mordant rageusement dans une tartine.

Hermione n'avait encore rien dit. Mais à l'instar d'Harry, elle se sentait en fait terriblement triste à l'idée de ne pas pouvoir quitter Poudlard pour le Terrier pendant deux semaines. Revoir tous les Weasley, profiter des bons petits plats de Molly et jouir tout simplement de l'atmosphère familiale et bon enfant qui régnait là-bas… savoir qu'ils n'y auraient pas droit cette année lui avait un peu miné le moral.

D'autant que c'était un rappel supplémentaire que la guerre grondait au dehors.


Voilà voilà :) Alors qu'en avez-vous pensé ? A priori (je dis bien "a priori" ^^) Drago va arrêter de faire l'idiot mais bon, c'est Drago donc on ne sait jamais ;p

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, je suis toujours ravie d'avoir vos impressions et je vous dis (normalement, cette fois, c'est bon ^^) à la semaine prochaine ! :)