Bonjour (enfin bonsoir) à tous ! Ouiiii, je sais, j'ai du retard, j'en suis désolée, j'ai eu un peu de mal à écrire ce chapitre, je ne suis pas ultra inspirée en ce moment ^^' mais bon, j'espère quand même qu'il vous plaira ;)

Comme d'habitude, un grand merci à Charliee3216, Swangranger et Kim pour leurs reviews sur ce chapitre :) et également, merci à tous les lecteurs, il y a une étonnante augmentation pour ce chapitre !

Bonne lecture !


RAR :

Kim : Ah ah, je ne suis pas sûre qu'on reverra Hermione ivre de sitôt mais ravie qu'elle t'ait plu ;) merci encore pour tes reviews, surtout ne t'arrête pas x) j'espère que ce chapitre te plaira !


Le mois de décembre se passa dans une ambiance un peu morose. Les attaques des Mangemorts prenaient de plus en plus de place dans les pages de la Gazette du Sorcier et Hermione évitait désormais de le lire au petit-déjeuner : découvrir qu'une énième famille de nés-moldus – ou de moldus tout court – avait été attaquée ou que tel sorcier avait disparu suffisait à lui miner le moral.

De leur côté, Ron et Ginny ne cachaient pas leur déception de ne pas rentrer voir leur famille pour Noël. Cependant, après en avoir longuement parlé à un déjeuner et avoir vu la tête d'Hermione qui, elle, n'avait aucune nouvelle de la sienne, ils s'étaient tus et discutaient désormais de ce sujet lorsqu'elle était absente.

Harry passait le plus clair de son temps libre avec Dumbledore. Le jeune homme n'était pas idiot et il avait bien vu que le directeur diminuait à vue d'œil. Lorsqu'il en avait parlé à ses amis, Ron s'était posé les mêmes questions que lui mais Hermione était restée évasive, blâmant le grand âge du vieil homme et s'attirant un regard soupçonneux de la part d'Harry. La jeune fille évitait désormais ce sujet de conversation, de peur que son ami ne lui demande carrément ce qu'elle savait. Elle détesterait lui mentir.

Drago quant à lui venait désormais à toutes les séances de l'A.D. et un soir, Hermione avait eu la surprise – comme beaucoup de ses camarades par ailleurs – de le voir aider Colin Crivey. Bon, il avait un peu élevé la voix lorsque Colin avait failli le toucher avec un sort, occasionnant sans le savoir des sueurs froides chez le jeune garçon, mais Hermione l'avait entendu lui donner d'excellents conseils et elle avait esquissé un sourire en les regardant.

A la mi-décembre, une sortie à Pré-au-Lard avait été prévue, sous haute surveillance avait cependant prévenu Dumbledore alors qu'il était exceptionnellement venu dîner dans la Grande Salle – son absence désormais systématique aux repas avait d'ailleurs fini par soulever des questions chez la plupart des élèves. Des aurors seraient présents pour assurer la sécurité des élèves qui, avec les habitants, seraient d'ailleurs seuls autorisés à circuler dans le village pendant l'après-midi. Hermione avait entendu un Serdaigle se demander pourquoi diable le directeur n'avait tout simplement pas annulé une sortie qui demandait de tels efforts de sécurité mais la jeune fille soupçonnait le vieil homme de faire de son mieux pour que les élèves aient l'impression que la vie suivait son cours. Et puis Dumbledore savait à quel point les élèves appréciaient cette sortie de décembre qui leur permettait souvent d'acheter leurs cadeaux de Noël.

Quoiqu'il en soit, les élèves ne devaient pas se déplacer à moins de trois et un couvre-feu très strict avait été mis en place pour la tombée de la nuit. Hermione et ses amis étaient néanmoins contents de pouvoir sortir un peu du château.

Surtout que beaucoup soupçonnaient que ça risquait d'être la dernière fois avant longtemps.


C'est donc avec plaisir qu'Hermione prépara son sac après le déjeuner ce samedi. Ses camarades de Gryffondor l'attendaient dans le hall et elle se contenta d'avaler son traitement avant de sortir de sa chambre.

Elle tomba sur Drago, Pansy et Blaise installés dans le salon. Le premier esquissa un léger sourire, la deuxième resta parfaitement neutre tandis que le dernier lança :

- Salut Préfète.

- Salut Blaise, répondit-elle en souriant. Bonjour Pansy, ajouta-t-elle après une seconde d'hésitation.

- Salut Granger.

- Vous n'allez pas à Pré-au-Lard ? s'enquit la Gryffondor.

A ces mots, elle vit Drago se renfrogner en regardant ses meilleurs amis.

- Ces crétins étaient censés y aller, si.

- On t'aime, tu le sais ça ?! répliqua aussitôt Blaise, provoquant une grimace chez le jeune homme.

- Je ne comprends pas, pourquoi tu n'y vas pas avec eux ?

- On ne peut plus se voir Granger ! répondit abruptement Pansy en la foudroyant du regard. Plus en public en tout cas.

- C'est trop dangereux pour eux, soupira Drago. Officiellement, Pansy et Blaise ne veulent plus rien avoir à faire avec un traître. C'est ce que doivent croire les Mangemorts.

- Et tu ne peux donc pas les accompagner, comprit Hermione.

Elle se mordit légèrement la lèvre. Pourquoi se sentait-elle coupable ? Ce n'était pas de sa faute après tout. Mais rien à faire, elle se sentait un peu mal d'aller passer un après-midi à Pré-au-Lard avec ses amis alors que pour voir les siens, le Serpentard était obligé de se cacher comme s'il faisait quelque chose d'interdit.

- Ne commence pas, grogna soudain Drago.

- De quoi tu parles ? demanda Pansy.

- Granger ici présente est en train de culpabiliser.

Hermione rougit brusquement et Blaise plaisanta :

- Et sinon, ça fait longtemps que chacun de vous peut lire en l'autre comme dans un livre ouvert ?

Les deux intéressés échangèrent un bref regard puis haussèrent les épaules. A habiter ensemble, ils s'étaient finalement côtoyé plus longtemps qu'ils n'auraient aimé l'admettre et oui, ils réalisaient qu'ils se « connaissaient » peut-être mieux qu'ils ne l'auraient pensé. Hermione avait décrypté avec une étonnante clairvoyance l'attitude de Drago tandis que lui semblait désormais capable de lire ses expressions faciales.

- Miss Granger, j'ai bien peur que vos amis ne s'impatient.

La voix provenait du tableau de Polly Mackenzie, une préfète-en-chef du XIXe siècle qui avait également été un professeur de potions très réputé et possédait ainsi un portrait dans l'escalier donnant sur le hall d'entrée. C'était une vieille femme qui somnolait la plupart du temps et qui, fatiguée des disputes de ses collègues, préférait son portrait du rez-de-chaussée. Mais il lui arrivait d'intervenir, quoique ce fut la première fois qu'elle le fit de cette façon.

- M. Weasley suggère de venir vous chercher, poursuivit Polly, sachant que vous n'êtes pas censée vous promener seule…

Le sous-entendu n'était pas très subtil. Si la jeune fille ne se déplaçait plus jamais seule une fois la nuit tombée et les couloirs vides, elle ne prenait pas autant de précautions au beau milieu de la journée.

- Tu veux que je t'accompagne ? proposa Drago après s'être éclairci la gorge.

- Non, non, c'est bon, répondit précipitamment Hermione.

La politesse et la « gentillesse » dont ils faisaient preuve l'un envers l'autre avaient encore parfois un côté emprunté et maladroit mais Drago faisait des efforts et Hermione lui en était reconnaissante.

- Bien sûr que si, vous allez l'accompagner, affirma William O'connell qu'Hermione trouvait décidément très bavard ces derniers temps. Vous n'allez pas prendre ce risque, n'est-ce pas ? C'est la guerre, jeunes gens, je vous le rappelle.

- Bon, allons-y, grommela seulement Drago en se levant, sans laisser le temps à sa colocataire de protester.

Le jeune homme soupçonnait surtout le défunt auror de regretter l'action et les péripéties qu'il avait sûrement connu durant sa vie, et de reporter sur eux ce besoin grandissant d'aventure.

Pansy et Blaise les regardèrent partir sans rien dire, mais ce dernier se tourna vers son amie une fois le passage refermé :

- Tu crois qu'ils finiront pas devenir amis ?

- J'espère bien que non, se renfrogna la jeune fille.

- Pff… jalouse !

- Evidemment que je suis jalouse, admit Pansy sans aucune gêne, Drago est mon meilleur ami. La seule fille que j'accepterai sera celle dont il tombera amoureux. Autant dire qu'avec Granger, il n'y a pas de risque.

Blaise esquissa un sourire et alluma une cigarette sans rien dire.


Dans le couloir, Hermione finit par lancer à Drago :

- Je suis désolée que tu ne puisses pas aller avec eux à Pré-au-Lard…

- Je ne vois pas pourquoi, répondit-il en haussant les épaules. Ce n'est pas comme si tu y étais pour quelque chose. Et puis de toute façon, j'ai déjà prévu mes cadeaux de Noël.

- Tu… tu restes aussi à Poudlard, j'imagine ?

- Je me vois mal rentrer au Manoir, ricana le jeune homme. Oui, je reste ici. Ce n'est pas la première fois. Et puis Blaise reste aussi. Pansy voulait mais ses parents ont insisté pour qu'elle rentre chez elle.

- Tu penses qu'ils vont lui poser des questions sur toi ?

Drago ne répondit rien. Bien sûr qu'il y avait pensé. Et quand Pansy lui avait montré la lettre de ses parents « Tu dois rentrer. C'est un ordre. », il avait passé une mauvaise nuit à se tourner et se retourner dans son lit en pensant à ce qu'il se passerait si Pansy se retrouvait face à sa tante ou, pire, face à Voldemort. La jeune fille était une bonne occlumens, mais pas de taille à affronter le Seigneur des Ténèbres s'il décidait de fouiller dans les méandres de son esprit. Pansy n'arrêtait pas de lui dire que tout se passerait bien, que ses parents n'allaient certainement pas la jeter en pâture aux autres Mangemorts et qu'elle pouvait parfaitement prendre soin d'elle, voilà que c'était à lui de culpabiliser. Par son revirement, il avait mis ses deux meilleurs amis en danger – et il préférait ne pas penser à ses parents.

- Il y a des chances, répondit-il finalement en fixant le sol. Mais ça va bien se passer.

- D'accord.

- Ah ! te voilà !

Les deux colocataires venaient de croiser Ron et Neville qui marchaient dans leur direction.

- Ca va faire dix minutes qu'on t'attend en bas ! lança le rouquin. Tu avais dit que tu n'en aurais pas pour longtemps.

- En fait, ça faisait à peine cinq minutes, corrigea Neville, mais Harry et Ron n'étaient pas rassurés à l'idée que tu descendes toute seule.

- Tout va bien, j'étais en train de l'accompagner, répliqua Drago.

- Hum… ouais… merci, lâcha Ron.

Drago faillit lui répondre que ce n'était pas la peine de le remercier puisqu'il ne l'avait pas fait pour lui, mais il était censé faire des efforts, et cette réplique était clairement désagréable. Alors il se tut et se contenta de hausser légèrement les épaules.

- On se retrouve pour travailler ce soir ? déclara Hermione.

- D'accord. A tout à l'heure, hum… amuse-toi bien.

- Merci.


L'arrivée d'Hermione fut accueillie avec des « aaah ! » de satisfaction par ses camarades, et ils se mirent tous en route pour Pré-au-Lard. Sur le chemin, Hermione réfléchit à ce qu'elle pourrait trouver au village pour Noël : sûrement quelque chose sur le Quidditch pour Harry et Ron. A défaut d'être original, elle savait que cela leur ferait plaisir. Quant à Ginny, elle avait lorgné sur un collier à la bijouterie lors de leur dernière sortie et Hermione espérait qu'il serait toujours en vitrine pour pouvoir l'offrir à son amie.

A côté d'elle, Lavande discutait avec Ron. La jeune fille était un peu déçue de rentrer chez elle pour Noël maintenant qu'elle savait que son petit ami resterait à Poudlard. Neville rentrerait également pour passer les fêtes avec sa grand-mère, mais Dean et Seamus avaient prévu de rester à l'école.

Le froid était vif, aussi la petite troupe ne s'attarda-t-elle pas dans les rues et ils se séparèrent rapidement en groupes de deux ou trois pour aller faire leur achats, prévoyant de se retrouver après aux Trois Balais pour se réchauffer autour d'une Bièraubeurre. Hermione partit avec Dean et Seamus. Puisqu'elle ne leur offrait pas de cadeaux, ce serait plus simple. Ron et Lavande partirent de leur côté, tandis qu'Harry et Ginny se rendaient chez Zonko avec Neville.

Si Seamus grogna un peu pour la forme quand Hermione leur suggéra de passer d'abord par la bijouterie, Dean y trouva des bracelets qu'il prévoyait d'envoyer à ses sœurs.

- Techniquement, je pourrais presque envoyer un paquet vide, plaisanta le jeune homme. Ma plus jeune sœur devient complètement folle dès qu'elle voit arriver un hibou ! il a fallu la calmer parce qu'au début, elle voulait systématiquement l'attraper pour lui donner un câlin et elle se faisait mordre à chaque fois.

- La pauvre ! s'exclama Hermione, non sans éclater de rire.

- Mon père est marié à une sorcière depuis vingt ans, ajouta Seamus, mais il n'a jamais réussi à s'habituer aux hiboux. Il sursaute dès qu'il y en a un qui tape à la fenêtre.

Hermione s'apprêtait à raconter la propre expérience de ses parents avec ces étranges facteurs lorsque soudain, des hurlements se firent entendre à l'extérieur. Ils se figèrent un instant, comme les autres clients de la boutique. Cependant, contrairement à la plupart des autres élèves qui avaient reculé vers le fond, ils avaient sorti leurs baguettes et s'étaient précipité dehors, ignorant les cris du bijoutier qui leur intimait de rester à l'intérieur.

Hermione sentit son cœur manquer un battement en arrivant dans la rue. Une vingtaine de silhouettes noires et encapuchonnées était apparue et elles n'avaient pas perdu de temps. Des élèves gisaient au sol, la plupart simplement stupéfixés remarqua-t-elle avec soulagement, tandis que les autres couraient dans tous les sens en hurlant, terrifiés. Les mangemorts étaient désormais en plein combat avec les aurors qui étaient accourus dès qu'ils avaient entendu les premiers cris.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Seamus, abasourdi. Où sont les autres ?

Contrairement au Trio, le jeune homme ne s'était jamais vraiment retrouvé au cœur d'une bataille. Et il comprenait maintenant ce qu'Harry ne cessait de leur répéter : c'était une chose de s'entraîner à contrer un sort mortel dans une salle de cours, c'en était une autre de se retrouver face à face avec un Mangemort qui ne vous donnerait pas de seconde chance.

- Il faut mettre les élèves à l'abri, décida Hermione d'une voix ferme.

Ses deux amis acquiescèrent et ils se mirent à crier pour entraîner les plus jeunes sur la route de Poudlard tandis qu'Hermione se précipitait vers le premier élève à terre.

C'était Colin Crivey.

Il n'était que stupéfixé et Hermione mit fin au sort avant d'aider le garçon à se redresser.

- Je… j'ai voulu leur lancer un petrificus, balbutia-t-il, encore sous le choc, j'ai levé ma baguette mais… mais…

- Ce n'est pas grave Colin, dit précipitamment Hermione qui n'avait pas le temps d'écouter les états d'âme de son jeune camarade. Est-ce que tu peux te lever ?

- Je… oui… je crois.

- Très bien. Lève-toi et rentre à Poudlard, tu y seras en sécurité.

- … Non ! Je veux vous aider !

- Colin, on a vraiment pas le temps pour ça ! je dois m'occuper des autres ! tu nous seras d'une très grande aide en raccompagnant les plus jeunes à l'école et en prévenant les professeurs – ils étaient probablement déjà au courant mais Hermione voulait lui donner une tâche bien précise – s'il te plaît.

En effet, se sentant investi d'une mission, le garçon hocha gravement la tête et se mit sur ses pieds avant d'aller prêter main forte à Dean et Seamus qui rassemblaient les élèves qui couraient dans tous les sens.

Entre-temps, Hermione avait ranimé deux autres élèves, des troisième année complètement perdus qu'elle avait enjoints à retourner le plus vite possible à l'école.

Malheureusement, les aurors n'avaient pas vraiment pris le dessus. Hermione avait dû invoquer déjà deux protego pour contrer des sorts perdus et bien qu'elle ait entendu un auror envoyer un patronus pour demander des renforts, ceux-ci risquaient de ne pas arriver tout de suite.

- Hermione !

C'était Ron, suivi de Lavande, qui courait vers elle. Elle se releva après avoir doucement poussé en avant une élève en pleurs pour qu'elle rejoigne ses camarades.

- Où est Harry ? demanda-t-elle aussitôt.

- Là ! s'écria Lavande en pointant du doigt derrière eux.

En effet, Harry et Ginny étaient aux prises avec deux mangemorts et, oubliant un instant les élèves perdus dans la rue, Hermione et ses amis se précipitèrent pour leur porter main forte.

Ron avait tourné un instant la tête vers la jeune fille et Hermione sut qu'il hésitait à lui dire de rester en arrière. Mais elle l'avait devancé et elle lança un stupefix au mangemort qui combattait Ginny. Le sort ne fit que le frôler mais eut l'avantage de le faire reculer en constatant qu'il faisait désormais face à deux adversaires.

Alors que Ginny brandissait sa baguette, prête à lancer un autre sortilège, un cri retentit et le mangemort transplana soudainement.

Les aurors du ministère étaient arrivés, de même que bon nombre de professeurs, et un à un, les mangemorts s'étaient volatilisé, prenant soin d'emmener avec eux leurs compagnons blessés ou stupéfixés.

Abasourdis, les adolescents baissèrent leur baguette. La scène avait à peine duré dix minutes.

Les habitants et les élèves réfugiés dans les boutiques commencèrent à sortir prudemment dans la rue. Hermione aperçut Neville dont la manche était déchirée, dévoilant une vilaine brûlure sur son bras gauche, Ginny s'était précipitée dans les bras d'Harry et Ron réconfortait une Lavande encore sonnée.

- Vous n'entendez rien ? demanda soudain Neville en tournant la tête vers une ruelle.

Tout le monde suivit son regard et c'est Hermione qui s'avança avec lui, baguette levée.

Mais dans l'impasse sombre ne se trouvait qu'une jeune Poufsouffle qui tenait dans ses bras le corps inanimé d'un de ses camarades en sanglotant. Tentant de garder son calme, Hermione se baissa et le regarda plus attentivement avant de prendre son pouls pour être sûre.

Finalement, elle secoua la tête et se pencha vers Neville pour murmurer d'une voix tremblante :

- Il est mort.

- Quoi ?! s'exclama son ami. Mais… ils n'ont lancé aucun sort mortel… ils…

Soudain, Hermione baissa les yeux et vit qu'un appareil photo moldu était accroché autour du cou de l'élève.

- Peut-être ne voulaient-ils pas prendre le risque de tuer des sang-pur… mais il était sûrement né-moldu et…

Entre temps, le professeur Chourave était arrivé et avec un étonnant sang-froid, elle se baissa vers la jeune fille en larmes qui n'avait pas lâché son ami et dit seulement :

- Miss Marrow, lâchez-le. Allons, laissez-le partir et venez avec moi.

Hermione pensait qu'elle protesterait, se débattrait, mais elle était encore sous le choc et ne dit rien lorsque le professeur lui détacha doucement les mains du cadavre avant de l'aider à se remettre sur pieds.

- M. Londubat, emmenez-la voir Mrs Pomfresh, je vous prie.

Neville hocha gravement la tête et entoura les épaules de la jeune fille pour l'éloigner.

Hermione resta seule avec le professeur Chourave qui contemplait le jeune mort d'un air désolé.

- Jimmy Knight…, soupira-t-elle.

- Il était né-moldu, n'est-ce pas ? demanda Hermione d'une petite voix.

- Oui, miss Granger, il l'était.

Elle leva sa baguette pour faire léviter le corps et elles sortirent de la ruelle.

La rue était étonnamment calme. Apparemment, seul un mort était à déplorer et la majorité des élèves avaient été ramenés immédiatement à l'école sous bonne garde. Les habitants étaient rentrés chez eux, à l'exception de quelques commerçants qui s'efforçaient de réparer les dégâts causés par les mangemorts. Hermione rejoignit ses amis, en grande conversation avec les professeurs Dumbledore et McGonagall.

- Ils n'ont lancé aucun sort mortel, racontait Harry lorsqu'elle arriva, on aurait dit qu'ils étaient juste là pour…

- Je crains qu'ils n'aient été là pour toi, Harry, soupira Dumbledore qui avait l'air d'avoir pris dix ans d'un coup. Cette sortie n'était pas un secret, ils se doutaient que tu serais là. Les autres élèves importaient peu mais ils avaient sans doute reçu l'ordre de ne pas tuer de sorciers…

- Ils l'ont pourtant fait, intervint Hermione en inspirant profondément pour refouler ses larmes, Neville et moi avons découvert le corps de Jimmy Knight. Je pense que c'est parce qu'il avait un appareil photo avec les lui. Les mangemorts ont su que c'était un né-moldu alors ils ont su qu'ils pouvaient sans problème le…

Elle se tut un instant, plus touchée qu'elle ne le pensait par la vision du jeune cadavre dans les bras de son amie. Harry lui entoura les épaules et la serra brièvement contre lui.

- Rentrez tout de suite à Poudlard, décida McGonagall. Il n'est plus question que les élèves quittent le château, même pour se rendre dans le parc. Rentrez immédiatement.

- Est-ce que les aurors ont attrapé un mangemort ? demanda Harry.

McGonagall le jaugea un instant en silence, semblant se demander si elle pouvait délivrer ce genre d'informations à un élève.

- Non Potter, ils ont été minutieux. Ils ont pris soin d'emmener leurs blessés pour être sûrs que nous n'aurions personne.

Tout le monde se tourna vers Maugrey Fol Œil qui arrivait près d'eux en claudiquant. Sans savoir pourquoi, Harry ressentit une vague de soulagement en apercevant le vieil auror, comme si sa présence, alliée à celle de Dumbledore, signifiait que tout allait bien se passer.

- Vous aviez placé le village sous ma surveillance, Albus, reprit l'auror de son habituelle voix bourrue. Et cette… débâcle… j'en prends l'entière responsabilité.

- Je ne cherche personne à blâmer Alastor, répondit le directeur d'une voix apaisante – ou fatiguée ? Hermione n'arrivait plus vraiment à faire la différence. Je suis celui qui a sous-estimé Voldemort et ce qu'il serait prêt à faire.

Il se tourna vers eux et lâcha seulement d'une voix incroyablement lasse :

- Rentrez vite à Poudlard mes enfants.


Sur le chemin du retour, tout le monde était silencieux. Hermione entendait Lavande renifler tandis qu'elle gardait les yeux rivés sur ses chaussures qui apparaissaient et disparaissaient en marchant. Certes, elle avait failli pleurer tout à l'heure. Mais maintenant, elle n'osait pas lever les yeux vers ses amis car elle n'était pas sûre qu'ils comprennent qu'elle éclate de rire.

Un rire nerveux et silencieux qui secouait doucement son corps – quand elle avait senti la main d'Harry sur son épaule, elle comprit qu'il pensait qu'elle pleurait. Mais non, la situation, la rapidité avec laquelle tout cela s'était passé, le choc… elle avait juste envie d'éclater de rire.

Elle ne se rendait pas compte. Elle venait de réaliser à cet instant qu'elle ne se rendait pas vraiment compte de la gravité de la situation. Elle savait qu'Harry avait songé à abandonner l'école cet été, à partir à la recherche des horcruxes. Il avait finalement abandonné cette idée, conscient qu'il avancerait tellement plus vite avec Dumbledore à ses côtés. Hermione s'était d'ailleurs employée à l'en persuader, mais elle savait très bien que, si Harry avait décidé de partir, Ron et elle l'auraient accompagné. Et peut-être que là, livrés à eux-mêmes dans le « monde réel », elle aurait réalisé à quel point la guerre faisait rage, une guerre pour l'instant silencieuse, cachée, fondée sur la peur, mais une guerre tout de même.

Mais voilà qu'ils étaient revenus à Poudlard, sa deuxième maison. Là où elle devait s'occuper des cours, de ses devoirs de Préfète-en-chef, où elle était logée et nourrie, où elle n'avait pas peur – tout du moins était-ce le cas jusqu'à l'agression de Goyle. A Poudlard, entourée de ses amis, elle se demandait si tout ce qui s'était passé à l'extérieur ne lui était pas apparu comme un écho lointain, de la même façon qu'on regarde avec horreur les images d'un massacre qui aurait eu lieu à l'autre bout du monde, sans que cela ne puisse réellement nous inquiéter.

Pourtant elle s'inquiétait, elle avait l'impression d'y penser tout le temps, et Merlin savait qu'elle consacrait tellement de temps aux recherches sur les horcruxes.

Mais peut-être n'était-ce pas assez.

Elle était même étonnée de ne pas s'être évanouie. Son esprit avait-il estimé que ce qui venait de se passer n'était pas assez « grave » ? Que l'émotion ressentie à la vue des élèves blessés et du cadavre du jeune Jimmy Knight n'était pas assez forte ?

Hermione n'avait soudain plus du tout envie de rire et elle se mordit violemment la lèvre.

Réveille-toi idiote.


Alors qu'ils gravissaient le chemin menant au château, Ginny sortit le gallion de l'A.D. Apercevant son geste, ses amis s'arrêtèrent et la regardèrent en silence, attendant qu'elle parle.

- C'est Neville, dit-elle seulement, il dit que tout le monde nous attend dans la Salle sur Demande.

- Ils doivent vouloir s'assurer qu'on va bien, suggéra Hermione.

- Allons-y, décida Harry en reprenant sa marche.

Ils montèrent jusqu'au septième étage sans s'arrêter. Les couloirs étaient étrangement vides pour un samedi après-midi, et ils n'avaient pas croisé âme qui vive dans le parc. McGonagall avait sans doute fait parvenir un message aux professeurs demeurés à Poudlard qui avaient dû faire rentrer les quelques élèves sortis braver le froid.

Enfin, ils arrivèrent dans la Salle sur Demande. Elle était pleine – Hermione remarqua qu'elle n'était pas aussi grande que lors de leurs entraînements, au contraire, elle était plus petite, plus intime, remplie de fauteuils sur lesquels s'étaient assis leurs camarades – mais ils remarquèrent rapidement l'absence d'Hannah Abbot. Ernie Macmillan l'expliqua avant même qu'ils ne posent la question :

- Elle était là aussi mais Neville est arrivé et nous a annoncé la mort de Jimmy… elle le connaissait bien, elle l'aidait souvent pour ses devoirs, alors…

Il se tut, comme s'il attendait qu'ils disent quelque chose. Mais ils ne dirent rien. Qu'y avait-il à dire de toute façon ? Harry s'était contenté de hocher la tête.

Le jeune homme n'avait pas fait de discours, il n'avait aucune envie de parler. Ses amis et lui s'étaient seulement dispersés dans la salle, ce qui donnerait probablement des versions différentes de ce qui s'était passé, songea Hermione, mais cela avait peu d'importance.

- Granger.

Elle se retourna brusquement en reconnaissant la voix.

Drago s'était détaché du mur où il était appuyé et s'avançait vers elle, mâchoires serrées.

Elle ne l'avait pas vu en entrant. Elle ne pensait pas qu'il serait venu.

- Salut.

- Tu n'as rien ?

- Je… non… ça va. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je suis un membre de l'A.D., non ?

Hermione rougit. Elle se sentait bête d'avoir posé la question. Elle hocha la tête et Drago soupira avant d'ajouter :

- Je voulais être sûr que tu… enfin que personne n'était blessé.

- Comment as-tu su ?

Il n'avait pas de gallion de l'A.D. Personne n'avait pensé à lui en donner un. La jeune fille songea brièvement qu'il faudrait y remédier, il l'avait mérité depuis tout ce temps.

- J'étais avec Pansy et Blaise quand on a entendu l'explosion.

Hermione haussa les sourcils. Elle ne se souvenait même pas avoir entendu une explosion, juste des cris, seulement des cris. Mais maintenant qu'elle y repensait, c'est vrai que le salon de thé de Mme Pieddodu était en très mauvais état.

- Je suis allé directement à la tour des Gryffondor, poursuivit Drago. Enfin… dès que j'en ai trouvé le chemin – Hermione retint un sourire. C'est vrai qu'aussi loin qu'elle s'en souvienne, il ne s'y était jamais rendu – évidemment la grosse Dame n'a pas voulu me laisser entrer mais Patil a fini par sortir. Elle m'a dit que tous les membres de l'A.D. étaient attendus dans la Salle sur Demande. Londubat a fini par arriver et… il nous a tout raconté.

Hermione se contenta d'acquiescer. Elle était touchée par sa sollicitude. Mais elle n'allait certainement pas le lui dire, sous peine de le voir se refermer comme une huître devant ce qu'il considérerait sans doute comme un « débordement d'affection ».

Soudain, elle sentit une main lourde et chaude se poser sur son épaule. Drago la fixait de son regard acier :

- Ca va ?

- Oui, je t'ai dit, je n'ai rien et…

- Je sais. Mais est-ce que ça va ?

Elle parut enfin saisir le sens de sa question et elle esquissa seulement un sourire un peu triste :

- Non. Mais c'est gentil de demander.


Et voilà ^^ bon, je ne suis pas très douée pour écrire les scènes d'action, donc j'ai presque envie de m'excuser pour la scène de l'attaque sur Pré-au-Lard que je trouve vraiment très moyenne mais bon... on va dire que ce n'est pas mon meilleur chapitre, je vais faire en sorte que les autres soient mieux ;)

Bien sûr, j'attends quand même vos avis, plaintes et complaintes éventuelles avec impatience !

A la semaine prochaine !