Bonsoir à tous ! j'espère que vous allez bien :) voici, encore une fois avec un petit retard - j'en suis désolée ^^' - par rapport à la date prévue le chapitre 14 !
Merci à ChairBaldorf pour m'avoir ajouté en follow et en favori :) et surtout, un grand merci aux très fidèles Charliee3216, Swangranger et Kim pour leurs reviews qui illuminent ma semaine ;p
/!\ ATTENTION : je préfère le dire maintenant parce que je me dis que certaines personnes ne lisent peut-être pas les notes de fin ; je pars en Irlande vendredi pour une durée de deux semaines et il est donc très peu probable que je publie un nouveau chapitre pendant ce temps là :/ si vraiment j'ai été inspirée (et que j'ai eu le temps d"écrire) je posterai comme d'habitude entre le vendredi et le dimanche soir mais je le redis, il y a peu de chances. Je voulais juste vous prévenir (pour une fois que j'y pense) ^^
Sur ce, bonne lecture !
RAR :
Kim : merci pour tes reviews toujours super expressives qui me font bien marrer ;) j'ai pris note de ta suggestion et je te laisse donc lire ce chapitre, je suis impatiente de savoir ce que tu en penses... ;)
Hermione avait insisté pour que Drago et elle travaillent comme ils avaient prévu de le faire ce soir là. Et puis elle avait fini par s'endormir – ou s'évanouir, il n'arrivait plus vraiment à faire la différence – sur la table de travail. Et ça faisait bien dix minutes que le jeune homme l'observait en griffonnant pensivement sur un parchemin.
« Je suis allé directement à la tour des Gryffondor »…
Menteur.
Et il en était parfaitement conscient. Il était un menteur et un lâche. Surtout quand il fallait admettre des sentiments qui le dérangeaient.
- Vous avez terminé votre devoir de sortilèges ? demanda Pansy en s'étirant.
- Non, répondit Blaise avant de sourire, mais je suis sûre que Granger, si. Tu ne saurais pas où elle l'a mis Drago ? On pourrait y jeter un œil ?
- Tu parles ! ricana l'intéressé. Déjà qu'elle fait celui de Weasley et probablement de Potter alors si en plus…
Soudain, un bruit sourd retentit et Pansy fronça les sourcils :
- C'était quoi, ça ?
Mu par un terrible pressentiment, Drago bondit sur ses pieds et se rua à la fenêtre.
- C'est Pré-au-Lard ! rugit-il en apercevant une fumée noire s'élever des maisonnettes qui se découpaient au loin.
Il avait ouvert la fenêtre et, même à cette distance, l'écho de cris effrayés leur parvint.
- Tu crois que ce sont les Mangemorts ? s'écria Blaise qui s'était levé à son tour.
- Qui d'autre ?
Drago avait pris sa baguette posée sur la table et il se dirigea aussitôt vers le passage mais Pansy lui barra la route :
- Qu'est-ce que tu fais ?!
- Qu'est-ce que tu crois ?! J'y vais !
- Certainement pas ! tu es fou ?! dès qu'ils te verront, ils essaieront de te tuer !
- Je ne peux pas rester là ! qui sait combien de mangemorts il y a là-bas ?! Et Granger est…
- Avec ses amis et parfaitement capable de se débrouiller toute seule !
- Tu as tort ! elle est…
- Elle est quoi ? demanda soudain Blaise. De quoi est-ce que vous parlez ?
Drago lui jeta un bref coup d'œil. Il ne savait pas. Et Hermione ne le lui pardonnerait pas s'il vendait la mèche.
Satisfaite de voir qu'il avait été coupé dans son élan, Pansy s'efforça de reprendre plus calmement :
- Le village est bourré d'aurors et si on a entendu l'explosion, les professeurs aussi. Ca ne sert à rien de foncer tête baissée, ne te comporte pas comme un Gryffondor, s'il te plaît ! ta présence là-bas ne changera rien !
- Elle a raison, Drago, soupira Blaise.
- Alors quoi, je reste là à attendre ?!
- Tu n'as qu'à aller à la tour des Gryffondor, peut-être qu'ils savent quelque chose…
Drago toisa ses deux amis d'un œil noir pendant quelques secondes, puis hocha sèchement la tête et se précipita dans le passage.
[…]
- Ouvrez-moi espèce de…
- Ne vous avisez pas de m'insulter jeune insolent ! s'écria la Grosse Dame d'une voix suraigüe en portant une main offensée à son cœur. Cela va faire dix minutes que je me tue à vous le dire : vous êtes un Serpentard, je préférerais mourir que de vous livrer passage !
- C'est aussi ce que vous avez dit à Sirius Black ? répliqua Drago d'un ton perfide.
- Oh ! comment osez-vous…
Mais avant qu'elle ne puisse terminer sa diatribe, le passage s'ouvrit et Drago était sûr d'une chose : jamais il n'avait été aussi content de poser les yeux sur Parvati Patil.
- Malefoy ? s'étonna-t-elle en découvrant son camarade de Serpentard. Qu'est-ce que tu fais là ?
- A ton avis ?! j'ai entendu l'explosion ! que s'est-il passé ?
- Je n'en sais rien, répondit-elle, surprise par sa hargne. J'ai juste reçu un message, tout le monde se retrouve dans la Salle sur Demande… tu n'as qu'à venir, dit-elle après un instant d'hésitation.
Après un trajet beaucoup trop long au goût des deux adolescents qui n'avaient absolument rien à se dire, ils arrivèrent dans la Salle sur Demande et Parvati se précipita immédiatement vers sa sœur qui était apparemment à Pré-au-Lard.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Parvati en serrant brièvement Padma contre elle.
- Une attaque de mangemorts, souffla celle-ci sans tenir compte de Drago qui se tenait près d'elles pour écouter la conversation, je n'ai quasiment rien vu, on nous a tout de suite évacués…
- Tu as vu Granger ? lança Drago qui ne pouvait plus se retenir.
- Je… oui, répondit Padma, surprise qu'il lui adresse la parole. Enfin, je l'ai juste vue s'occuper des blessés.
- Elle allait bien ?
- Elle avait l'air, oui.
Le jeune homme se rendit compte qu'il fallait qu'il arrête de parler. Les jumelles le regardaient déjà comme s'il venait de leur demander des nouvelles de Voldemort. Il se rendit compte qu'il avait peut-être l'air un peu trop inquiet. Il se renfrogna et s'éloigna d'elles, ignorant le brouhaha qui grandissait dans la salle au fur et à mesure qu'entraient les élèves.
Enfin arriva Neville. Etant celui qui leur avait envoyé le message, chacun se doutait qu'il aurait des informations et les conversations cessèrent aussitôt.
- C'est terminé, commença aussitôt celui-ci pour n'effrayer personne. Les mangemorts ont attaqué Pré-au-Lard mais les aurors ont reçu des renforts du ministère et ils se sont tous enfuis. Harry va bien, les autres aussi.
- Est-ce qu'il y a eu des morts ? demanda aussitôt Anthony Goldstein.
Même Drago parut surpris par une question aussi brusque. Mais Neville ne broncha pas et inspira profondément avant de répondre :
- On a retrouvé le corps de Jimmy Knight.
Aussitôt, un cri de stupeur suivi de sanglots étouffés se fit entendre et chacun se tourna vers Hannah Abbot qui pleurait dans les bras d'Ernie Macmillan qui lui tapotait maladroitement le dos.
Alors que les murmures enflaient, Drago resta calme. Il ne savait même pas qui était Jimmy Knight. Probablement un jeune élève puisqu'il connaissait plus ou moins les noms de tous les septième année et quelques sixième année. A en croire la réaction d'Hannah, ce devait être un Poufsouffle. Le jeune homme soupira et allait se retirer dans un coin de la salle, à l'ombre – c'est fou comme, dès que les problèmes arrivaient, il redevenait un mangemort aux yeux de ses camarades.
Mais Neville avait fini de parler et même s'il n'était jamais très à l'aise face au Gryffondor – il ne pouvait s'empêcher de se demander si, dès qu'il parlait, Neville pensait à sa tante et à ce qu'elle avait fait à ses parents – il était avec les autres.
- Londubat ! l'interpella-t-il en s'avançant.
Le jeune homme se retourna et lui lança un regard las.
- Tu étais avec Granger, dit-il aussitôt, comment va-t-elle ?
- J'étais avec Hermione, oui Malefoy. Elle n'a rien, elle s'est à peine battue et…
- Comment ça, elle s'est battue ? bondit aussitôt le Serpentad. Je croyais que tous les élèves avaient été renvoyés à Poudlard ?!
- Ils étaient venus pour Harry. Elle ne l'aurait jamais laissé, répondit simplement Neville.
- Mais elle n'a rien ?
- Non. Mais elle est sans doute sous le choc. C'est avec elle que j'ai trouvé Jimmy Knight.
- Elle ne s'est pas… évanouie ni rien ?
Il voyait bien que le jeune homme commençait à le trouver agaçant mais les mots sortaient de sa bouche avant qu'il n'ait pu y réfléchir :
- Pourquoi se serait-elle évanouie Malefoy ? C'est Hermione Granger. Elle a probablement vu autant si ce n'est plus d'horreurs que toi. Et puis, pourquoi tu ne lui poses pas la question à elle ? Ca me paraît plus logique que de venir quémander des informations alors qu'on ne s'est jamais vraiment parlés, tu ne crois pas ?
La réplique prit Drago au dépourvu et il marmonna une phrase inintelligible avant de s'écarter pour aller s'isoler dans un coin de la salle.
Lorsqu'ils étaient arrivés, il avait dû se faire violence pour ne pas se précipiter vers elle. Il l'avait regardée de loin, de la tête aux pieds. Elle n'avait pas l'air d'avoir pleuré, c'était déjà ça. Malgré l'inquiétude qu'il avait ressentie, ils n'étaient pas amis, il ne se sentait aucune légitimité pour se jeter sur elle et s'assurer qu'elle allait bien.
Ils n'étaient pas amis mais, Merlin savait pourquoi, il était tout de même prêt à y se jeter dans la gueule du loup, juste pour pouvoir l'aider.
- Malefoy ?
Hermione s'était réveillée et Drago se rendit compte qu'il la fixait depuis tout ce temps, perdu dans ses pensées.
Bien joué Drago, maintenant elle va s'imaginer des trucs.
- Tu aurais dû me réveiller, dit simplement la jeune fille en se massant la nuque.
- Tu n'as pas dormi longtemps, ne t'inquiète pas.
Hermione esquissa un léger sourire. Il ne s'en rendait sans doute pas compte, mais il lui arrivait de parler d'une voix très douce, qu'elle ne l'avait jamais entendu utiliser avant cette année, et qu'il avait parfois lorsqu'il parlait à Pansy. Une voix grave et rassurante.
Comme d'habitude lorsqu'il se sentait gêné – Hermione avait fini par repérer les déclencheurs – Drago avait allumé une cigarette qu'il fumait fébrilement. Elle l'observa un instant en silence puis lâcha seulement :
- Tu sais, tu es plus beau depuis que tu as abandonné ton masque d'arrogance.
Bon sang Hermione mais qu'est-ce qu'il t'a pris de dire ça ?!
Elle n'était pas la seule à le penser puisque Drago parvint à s'étouffer à moitié avec la bouffée qu'il aspirait alors.
- Qu'est-ce qu'il te prend de dire ça ?
- Je ne sais pas. Je voulais juste que tu le saches.
- Hum… non, vos cheveux sont toujours trop blancs.
Hermione éclata de rire en entendant la voix de Tiberius Gold. Drago lança un regard scandalisé à sa colocataire :
- Parce que tu trouves ça drôle en plus ?
- Bah oui ! répondit-elle sans cesser de rire.
Le jeune homme la regarda un instant puis finalement, il laissa échapper un sourire.
Et il se rendit compte qu'Hermione Granger avait un rire contagieux.
La semaine suivante, Hermione ne travailla pas un seul instant sur les horcruxes. Les professeurs les avaient noyés sous les devoirs à l'approche des vacances de Noël et ne cessaient de parler des APSIC – même si à chaque fois, Hermione ne pouvait s'empêcher de se demander si elle les passerait, qui savait ce qui pourrait arriver en six mois.
Les deux séances de travail hebdomadaires où elle retrouvait Malefoy n'avaient donc pas eu lieu, mais c'est presque naturellement que les deux préfets-en-chef s'étaient retrouvés dans leur salle commune. Ils avaient travaillé toute la soirée en silence, chacun de leur côté, et Drago s'était surpris à ne pas ressentir la gêne d'autrefois. Ils n'avaient pas parlé mais il n'était pas mal à l'aise, pas plus qu'Hermione. Ils n'avaient pas reparlé de ce qu'elle lui avait dit, mais l'un et l'autre étaient reconnaissants que Tiberius Gold ait, bien malgré lui, « brisé la glace ».
Le vendredi soir, Drago n'ayant plus entraînement de Quidditch – il n'en parlait jamais et Hermione s'était donc bien gardée de le faire elle-même – les deux préfets faisaient donc leur ronde – très tardive puisqu'ils avaient d'abord travaillé et n'étaient sortis qu'à 23h – dans le château. Drago avait allumé une cigarette sous le regard réprobateur de la jeune fille.
- Quoi ? demanda-t-il, étonné, en attrapant son expression sévère.
- Tu fumes trop.
- Comment ça, je fume « trop » ? fit-il en haussant les épaules. Toi aussi, tu fumes.
- Rarement et c'est une mauvaise habitude, je le sais. Tu es conscient de ce que ça fait à tes poumons ?
- Oui. Ma mère m'a surpris à fumer il y a quelques mois et le lendemain, Merlin seul sait comment, elle avait déniché des articles moldus sur les méfaits de la cigarette. Elle me les a plantés sous le nez et m'a demandé pourquoi, parmi tous ce que les moldus avaient pu créer, j'avais décidé de goûter à la pire.
Aussi étonnée qu'amusée, Hermione secoua doucement la tête. Elle aussi se demandait bien comment Narcissa Malefoy qui n'avait jamais dû entrer dans un magasin de presse moldu ou voir un ordinateur de sa vie avait bien pu trouver ça. Mais les mères étaient toujours étonnantes lorsqu'il s'agissait de protéger leurs enfants, elle en savait quelque chose…
Elle cessa de parler un instant, le temps de se rappeler le visage de ses parents, le sourire de sa mère et le rire de son père.
- Ils te manquent.
Ce n'était pas une question. Et Hermione s'étonna une fois de plus de la perspicacité de son colocataire la concernant.
- Bien sûr qu'ils me manquent…, soupira-t-elle. J'ai dû leur enlever tout souvenir de moi et les envoyer à l'autre bout de la planète pour qu'ils n'aient pas à souffrir des choix que j'ai fait.
- Des choix que tu as fait ?
- Devenir amie avec Harry, expliqua la jeune fille avec un léger sourire, et choisir de continuer et de renforcer cette amitié. Ce n'est pas comme si je n'avais pas compris dès la première année qu'il avait une certaine poisse et une propension à attirer les problèmes…
Elle laissa échapper un léger rire à cette idée.
- Je me suis souvent demandé comment est-ce que tu avais pu devenir amie avec Potter et Weasley, grommela Drago en fourrant ses mains dans ses poches. Je veux dire, franchement, qu'est-ce que vous avez en commun ? Tu es la miss-je-sais-tout – Hermione lui lança un regard torve et il se reprit – d'accord, la fille la plus intelligente de cette école et probablement la seule raison pour laquelle Weasley a pu passer à chaque fois dans l'année supérieure, Potter est fan de Quidditch alors qu'apparemment, ce sport t'ennuie comme pas possible…
- Blaise et toi êtes très différents aussi, fit calmement remarquer la Gryffondor. Et pourtant, c'est ton meilleur ami, non ?
Agacé de s'être fait moucher, Drago se contenta de hausser les épaules, non sans un grognement de confirmation.
- C'est vrai que je ne sais pas si Harry, Ron et moi serions devenus amis s'ils ne m'avaient pas sauvé la vie, souffla Hermione pensivement, presque pour elle-même. Mais c'est comme ça. Ils sont gentils, courageux, intelligents quoique tu puisses en penser… ils sont presque comme mes frères et quoiqu'il arrive, je ne les abandonnerai pas.
Un silence suivit sa déclaration et Drago, plus admiratif qu'il ne voulait bien se l'admettre à l'écoute de cette tirade, se dissimula derrière un cynisme moqueur :
- Tu devrais faire un spot publicitaire pour les Gryffondor, Granger.
Consciente qu'il cachait sa gêne derrière l'ironie, Hermione se contenta de lui donner une légère tape sur l'épaule avant de sourire.
Si elle n'aurait probablement jamais prononcé ce petit discours devant Harry ou Ron – ils auraient de toute façon étaient aussi, si ce n'est plus gênés que Drago – elle en pensait chaque mot et rien que cette pensée lui réchauffait le cœur.
Alors que les deux préfets déambulaient sans véritable but dans les couloirs, ils entendirent soudain des pas précipités, accompagnés de voix alarmées qui n'avaient manifestement aucune intention de se cacher.
Ils froncèrent en même temps les sourcils et s'avancèrent vers la source du bruit.
Ils étaient arrivés sans s'en rendre compte à proximité du bureau directorial et c'était sans doute la destination du professeur McGonagall, vêtue de son habituelle robe de chambre écossaise, qui se pressait dans le couloir à la suite de Mrs Pomfresh dont la voix à la fois paniquée et agacée s'entendait sans peine :
- Il m'a demandé de venir vous chercher, mais je vous préviens Minerva, si vous ne le convainquez pas de se rendre à Sainte-Mangouste, j'appellerai moi-même les médicomages !
- Je sais Pompom, je m'en charge…
Hermione ne pouvait plus se cacher et elle s'avança à la lumière du clair de lune alors que les deux femmes passaient devant eux.
- Professeur…
- Miss Granger ?! s'exclama McGonagall, stupéfaite – et à vrai dire, un peu mal à l'aise de croiser la jeune femme maintenant. Mais que faites-vous hors de vos appartements à cette heure là ?
- La ronde hebdomadaire, vous savez…
- Ah, euh… oui, en effet.
Elle était clairement mal à l'aise et Hermione demanda :
- Professeur, que se passe-t-il ?
- Je suis désolée miss Granger, répondit Mrs Pomfresh d'une voix inhabituellement aigüe, mais cela ne vous concerne pas !
- Laissez Pompom, soupira McGonagall, elle finira bien par le savoir.
Hermione se rendit alors compte que Drago était resté dans l'ombre. Trop préoccupée, les deux femmes n'avaient pas pensé à s'étonner qu'Hermione soit toute seule et cette dernière s'en félicita. Elle craignait que la présence de l'ancien mangemort ne rende pas son professeur de métamorphose peu encline aux confidences…
- Le professeur Dumbledore va très mal, répondit finalement la vieille femme, il doit être transféré à Sainte-Mangouste.
- Oh ! s'écria Hermione avant de secouer la tête pour garder son sang-froid. Je… je dois prévenir Harry.
- Non, miss Granger, je ne pense pas que…
- Si, insista la jeune fille. Professeur, je sais que le professeur Dumbledore est malade et qui sait combien de temps il a encore – Mrs Pomfresh poussa un léger cri de stupeur, comme indignée qu'elle puisse mentionner une telle éventualité mais Hermione le remarqua à peine – et Harry ne me le pardonnerait pas s'il savait que j'étais au courant et que…
- Bien. Je comprends. Allez-y. Alastor est de garde ce soir, je vais lui demander de se rendre dans le hall pour accompagner M. Potter à Sainte-Mangouste.
- D'accord, merci Professeur.
McGonagall hocha la tête puis repartit précipitamment en compagnie de Mrs Pomfresh. Sans se retourner, Hermione entendit Drago sortir du recoin où il s'était dissimulé.
- Je t'accompagne, dit-il simplement.
- Tu ne pourras pas entrer dans la salle commune, répondit-elle d'une voix absente, le regard rivé sur les dalles de pierre.
Le moment était-il arrivé ? Dumbledore allait-il… ?
- Je sais. Mais je ne vais te laisser te balader toute seule dans les couloirs.
- Allons-y, dit simplement Hermione en s'arrachant brusquement à l'admiration du sol.
Ils partirent en direction de la tour des Gryffondor d'un pas rapide, en courant presque. Hermione entendit finalement Drago demander d'une voix qui se voulait dégagée :
- Ca fait longtemps qu'il est malade ?
- Il m'a demandé de n'en parler à personne, Malefoy. Pas même à Harry.
- Ah… d'accord.
Lorsqu'ils arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame, il fallut bien la réveiller, ce qui occasionna non seulement des grognements et interpellations agacées de la part des tableaux voisins, mais aussi de la Grosse Dame, furieuse d'être ainsi dérangée à une heure « parfaitement indécente » – il est vrai qu'il était minuit passé.
- Qui ose… miss Granger ? Que se passe-t-il ? s'effraya-t-elle soudain. Le château est attaqué ? Oh… vous êtes bien mal accompagnée si je puis me permettre !
Drago ne put se retenir de lui envoyer un sourire sarcastique, ce qui fit soupirer Hermione qui se contenta de lancer un assurdiato vers son colocataire avant de prononcer le mot de passe.
Laissant le Serpentard à l'extérieur, elle se faufila rapidement dans le passage et traversa sans un regard la salle commune – deux ou trois élèves s'y trouvaient encore et ils regardèrent passer avec stupéfaction la préfète-en-chef, d'autant plus lorsqu'elle prit l'escalier menant au dortoir des garçons.
Une fois devant la porte, elle tendit un instant l'oreille, mais il semblait que les garçons étaient tous couchés et c'est non sans une certaine gêne qu'elle se glissa dans le dortoir. Il y faisait noir comme dans un four.
- Lumos, chuchota-t-elle.
Elle ne s'était pas rendue assez souvent dans le dortoir des garçons pour se souvenir dans quel lit dormaient Harry et Ron – si ce dernier n'accompagnerait pas Harry, elle était sûre qu'il lui en voudrait si elle ne le prévenait pas également.
Au centre du dortoir, elle promena lentement sa baguette autour d'elle et finit par identifier la forme d'Harry, d'autant plus reconnaissable que ses lunettes se trouvaient sur la table de nuit.
Elle se dirigea vers lui et le secoua doucement par l'épaule après avoir éteint sa baguette – la faible lueur provenant de la porte entrouverte suffisait à se repérer dans la pièce :
- Harry… Harry, réveille-toi…
- Hermione ?
- Oui. Il faut que tu te lèves. Dumbledore est à Sainte-Mangouste.
- Quoi ?!
Le jeune homme avait parlé plus fort qu'il n'aurait dû et des grognements étouffés se firent entendre dans les autres lits. Harry se redressa et prit ses lunettes avant de poursuivre :
- Quand ? Comment le sais-tu ?
- Je faisais ma ronde quand on a croisé McGonagall et Pomfresh. McGonagall m'a tout expliqué et elle m'a dit que Fol-Œil t'attendrait dans le hall pour t'y emmener.
- D'accord. Je vais m'habiller.
- Harry ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
C'était la voix de Dean. Ron quant à lui, ronflait toujours comme un bienheureux dans le lit voisin mais Hermione se pencha vers lui.
- Ron… Ron ! réveille-toi !
- M'man…, grogna-t-il d'une voix plaintive, laisse-moi dormir…
- Ronald ! insista-t-elle.
Il finit par ouvrir les yeux et elle lui expliqua rapidement de quoi il en retournait. Aussitôt, il se leva à son tour – Harry de son côté finissait de lacer ses chaussures. Mais tout ce remue-ménage avait fini par réveiller leurs camarades.
- Qu'est-ce que tu fais là Hermione ? insista Dean.
- Ron vous expliquera en revenant ! répondit-elle précipitamment tandis que Ron prenait juste une paire de tennis et un pull pour les accompagner. Je suis désolée, on doit y aller, on ne sera pas longs !
- Mais…
Harry sortit de la salle commune en trombe et esquissa d'abord un léger mouvement de recul en apercevant Drago. Hermione qui arrivait derrière lu déclara aussitôt :
- On faisait tous les deux notre ronde quand on a rencontré McGonagall. Et Malefoy m'a accompagné jusqu'ici.
Le jeune homme se contenta de hocher la tête d'un air neutre et partit en direction du hall, suivi par ses amis.
- McGonagall t'a dit ce qu'il s'était passé ? demanda Ron alors qu'ils descendaient un escalier du deuxième étage.
- Non. Je crois qu'elle n'en savait rien. Pomfresh est venue la chercher et elle l'a prévenue que si elle ne persuadait pas Dumbledore d'aller à Sainte-Mangouste, elle appellerait des médicomages elle-même.
Ils continuèrent à discuter, sans vraiment remarquer Harry qui était singulièrement silencieux.
Il savait que Dumbledore n'allait pas bien. Il savait que sa santé avait décliné et plus que tout, il avait fini par comprendre que le vieil homme n'était pas éternel. Mais Dumbledore faisait partie de sa vie depuis tellement longtemps. Il avait été son mentor, faisait partie de ceux qui avaient guidé ses premiers pas dans le monde sorcier.
Et puis, il y avait encore tellement de choses qu'il ne lui avait pas dit…
Harry jeta un coup d'œil à Malefoy qui marchait aux côtés d'Hermione. Il avait toujours vu Dumbledore comme le plus grand sorcier de son temps, comme un homme invincible presque. Mais il y avait un moment où il avait eu peur de le perdre. Ce soir là, en haut de la tour d'astronomie. Lorsque le lâche et manipulable Drago Malefoy avait pointé sa baguette sur le directeur, en vue de le tuer.
Le Survivant inspira profondément pour refouler la colère qui menaçait de poindre. Le Serpentard avait fait amende honorable. Il avait changé de camp, avait décidé de les aider… il les avait aidés. Mais penser à Dumbledore en si mauvaise posture faisait forcément ressurgir des souvenirs similaires.
Lorsqu'ils arrivèrent dans le hall silencieux, ils ne virent personne.
- Vous croyez que Fol-Œil n'est pas encore arrivé ? chuchota Ron.
- T'inquiète pas Weasley, je suis là.
Hermione poussa un léger cri de frayeur en voyant l'imposant auror sortir de l'ombre aussi soudainement que s'il avait transplané. Maugrey les regarda tour à tour, avant d'arrêter son regard étrange sur Drago.
- Alors, c'est vrai ? On fait équipe avec un Malefoy maintenant ?
- On a pas le temps pour ça, le coupa Harry. Il faut se rendre à Sainte-Mangouste, tout de suite.
- On y va Potter, on y va…
Harry se retourna brièvement vers ses amis et Hermione le serra dans ses bras tandis que Ron lui donnait des tapes un peu gênées dans le dos.
- Je suis sûre qu'il va s'en remettre, murmura Hermione pour lui remonter le moral.
- A demain.
Hermione et Ron le regardèrent partir aux côtés de Fol-Œil qui claudiquait, Drago se tenait derrière eux, silencieux.
Finalement, Ron soupira et passa une main dans le dos d'Hermione pour l'entraîner vers les escaliers.
- Allez viens Hermione, il faut que tu ailles dormir.
Elle n'eut même pas le courage de protester.
Lorsqu'ils rentrèrent à l'appartement, les deux préfets furent aussitôt apostrophés par Demelza Stilton.
- Enfin vous voilà ! le directeur est à Sainte-Mangouste !
- Nous savons Mrs Stilton, soupira la jeune fille en esquissant un geste las de la main.
- Tu crois qu'il va s'en sortir ?
Elle se tourna vers Drago qui se dandinait, mal à l'aise. Le jeune homme n'aimait pas parler de Dumbledore. Penser de quelque manière que ce soit au vieux sorcier le ramenait toujours irrémédiablement à cette nuit. L'un des moments les plus honteux de sa vie et surtout l'un dont Hermione, Harry et Ron savaient tout. Il ne prononçait jamais le nom du directeur devant eux, par crainte que l'un d'entre eux ne lui balance ses erreurs à la figure. Mais en cet instant, il ne voulait pas que sa camarade le croit indifférent. Parce qu'il ne l'était pas. Il ne voulait pas que le vieil homme meurt.
Car cela rajouterait encore à sa culpabilité. Et Merlin savait qu'il en avait déjà bien assez.
Hermione le regarda un instant puis répondit précipitamment :
- Bien sûr qu'il va s'en sortir, il va aller mieux, je suis sûre qu'il sera de retour demain !
Drago grimaça.
Il avait appris que lorsque la voix d'Hermione partait dans les aigus, cela signifiait plusieurs choses : elle était en colère, elle avait peur…
Ou alors elle mentait.
Ce n'est que le lendemain soir qu'Harry revint à Poudlard.
De nombreux membres de l'A.D. l'attendaient dans la Salle sur Demande et c'est avec appréhension qu'Hermione vit la porte s'ouvrir.
A sa grande surprise – et celle de toute l'assemblée – le Survivant apparut en compagnie d'Alastor Maugrey, Remus Lupin et Minerva McGonagall – beaucoup d'élèves toussotèrent avant de reculer un peu, comme pour se cacher. Le couvre-feu était passé, ils étaient tous supposés être dans leurs maisons.
Mais personne n'eut le temps de parler.
Car le regard d'Harry se posa immédiatement sur Drago et il se précipita vers le Serpentard en hurlant :
- Malefoy ! Sale traître !
Mais Hermione fut plus rapide et elle leva aussitôt sa baguette :
- Protego ! s'écria-t-elle.
Un large bouclier invisible apparut entre les deux adolescents et Harry lança un regard noir à son amie.
- Harry, qu'est-ce qu'il se passe ?! s'écria Ron. Où est Dumbledore ?
- Dumbledore est mort.
Des cris de stupéfaction accueillirent sa déclaration et Hermione vit que McGonagall gardait tant bien que mal une expression calme.
- Bellatrix Lestrange l'a tué, reprit sombrement Harry avant de se retourner vers Drago. Et c'est à cause de Malefoy !
Voilà :) le chapitre suivant devrait reprendre à cet instant précis donc on en saura un peu plus sur ce qu'il s'est passé à Sainte-Mangouste.
Rendons à César ce qui est à César : l'idée du POV de Drago pendant la bataille de Pré-au-Lard m'a été suggéré par Kim qui, j'espère, aura apprécié ce passage ;) si vous avez des suggestions, n'hésitez pas à m'en faire part, ça peut parfois vraiment m'aider :)
Allez, une petite review pour me dire ce que vous en avez pensé ? ^^
Merci de m'avoir lue et à bientôt, j'essaierai de poster le chapitre 15 le plus vite possible :)
