Bonjour à tous ! j'espère que vous allez bien, que ceux qui sont en vacances en profitent et que ceux qui bossent, euh... en profitent un peu aussi ^^'
Voici enfin le chapitre 15 ! il a mis du temps à arriver, j'en suis consciente mais cette fois, c'était tout simplement dû à un manque d'inspiration ! c'est un chapitre un peu transitoire mais nécessaire et on a quand même toujours des petites évolutions entre nos deux personnages préférés ;)
Merci à Madie0248 et . .door pour m'avoir ajouté en follow et favorite et surtout, comme de coutume un grand merci à Charliee3216, Swangranger et Kim pour leurs reviews :)
Bonne lecture !
RAR
Kim : Ah ah, je suis ravie que tu aies apprécié ce chapitre ! mais il ne faut pas en vouloir à Harry, ce n'est vraiment pas mon but d'en faire un personnage antipathique x) (oui Charliee3216, je me réfère aussi à toi qui as appelé ce pauvre Harry "le petit binoclard" ;p) il a quand même beaucoup de pression sur les épaules, il est triste et en colère et donc il a une réaction malheureusement assez naturelle : il se cherche un coupable uu bref, merci pour la review (et si tu as d'autres idées, n'hésite pas ;) parfois ça peut vraiment m'aider à débloquer un chapitre !) et bonne lecture :)
Le silence qui régnait dans la Salle sur Demande était à couper au couteau. Et pourtant il ne dura que quelques secondes. L'accusation d'Harry provoqua aussitôt une vague de cris : indignation, colère, stupéfaction se mélangeaient dans un brouhaha incompréhensible que Lupin et Maugrey tentaient vainement de calmer. Hermione était l'une des seules à ne pas avoir hurlé. Elle avait juste le souffle coupé.
Une partie d'elle refusait d'y croire. Drago n'avait pas pu faire ça. Pas après tout ce temps.
De toute façon, la partie rationnelle de son cerveau lui rappelait le contrat qu'avait signé le jeune homme sans en connaître les conséquences. Et c'est ce qui lui fit s'exclamer, une fois qu'un relatif silence se fut établi :
- Harry, ça ne peut pas être Malefoy !
- Hermione, ne sois pas idiote, ouvre les yeux ! s'écria son ami. Personne n'était censé savoir que Dumbledore se trouvait à l'hôpital à part l'Ordre du Phénix et nous !
La jeune fille recula d'un pas sous l'insulte. Jamais Harry ne l'avait traité d'idiote.
Le silence s'était d'ailleurs fait plus lourd dans la salle et même Ron lança un regard stupéfait vers son meilleur ami. Personne ne vit Drago serrer les poings en grimaçant.
Mais Hermione refusa de se laisser démonter :
- Je lui ai fait signer un contrat Harry ! répliqua-t-elle aussitôt d'une voix perçante. S'il avait parlé de quoi que ce soit à quelqu'un hors de l'Ordre du Phénix ou de l'A.D., il n'aurait pas cette tête, crois-moi !
- De quoi tu parles ? demanda Ron en fronçant les sourcils.
- Drago Malefoy a signé un contrat, expliqua la jeune fille à l'assemblée désormais plus attentive. S'il devait mentionner quoi que ce soit ayant trait aux horcruxes ou à notre mission à un étranger, son visage… – elle regarda ses camarades, puis les adultes, gênée – bon, tout le monde se souvient de Marietta Edgecombe ?
- Quoi ?! s'exclama Drago qui venait de comprendre.
Des murmures de surprise parcoururent la salle tandis qu'Harry fronçait les sourcils, confus. Hermione le regarda avec un air désolé. Elle n'arrivait pas à lui en vouloir pour son accès de colère. Elle ne pouvait imaginer ce que ressentait son ami en cet instant.
Enfin, Remus Lupin s'avança et déclara :
- Hermione ne fait que confirmer ce que je pensais déjà Harry. Il y a de nombreuses personnes à Sainte-Mangouste qui auraient pu révéler la présence de Dumbledore aux Mangemorts. Son état n'était plus vraiment un secret, Voldemort le savait. Il guettait seulement le bon moment.
- Malefoy aurait pu contourner le contrat…, maugréa Harry sans trop y croire.
Il était le premier à savoir qu'Hermione Granger n'était pas du genre à laisser des détails de côté.
- Je n'ai rien fait.
Tout le monde se tourna vers Drago qui se tenait toujours au même endroit, les joues rouges. De colère ou de honte, Hermione était incapable de le dire.
- Je sais que je fais le coupable idéal. J'étais avec Granger lorsqu'elle a appris que Dumbledore partait pour Sainte-Mangouste. Mais je n'ai rien dit. Je n'étais même pas au courant que son contrat était magique… s'il faut que je repasse sous veritaserum, je suis prêt à le faire.
- Je commence à douter des vertus de cette potion, grommela Maugrey.
Mais personne hormis McGonagall et Lupin à ses côtés ne l'entendit. Lorsque Drago reprit la parole, c'était en regardant Hermione droit dans les yeux :
- Je n'ai rien fait.
- L'Ordre est déjà sur l'affaire, reprit Lupin – McGonagall ne parlait pas, et Hermione la soupçonnait de refuser de le faire par peur d'entendre trembler sa propre voix– et nous allons trouver qui a vendu la mèche. Entre-temps, nous allons faire passer Drago sous veritaserum, bien que je sois personnellement déjà assuré de sa bonne foi.
L'intéressé hocha la tête en direction de l'homme qu'il se souvenait avoir méprisé des années auparavant. L'occasion de se rappeler cette bonne vieille époque où il n'était qu'un petit crétin.
Sous l'injonction de McGonagall, les élèves quittèrent la Salle en silence pour retourner dans leur dortoir. Harry quant à lui n'avait rien dit et il s'en alla rapidement. Echangeant un regard avec Ron, Hermione se mit aussitôt en tête de le suivre mais Ginny leur barra le chemin.
- Laissez, dit-elle doucement. J'y vais.
- Je comprends qu'il soit en colère, plaida Hermione, mais ça ne peut pas être Malefoy.
- Je le lui dirai, ne t'inquiète pas. Et je suis sûre qu'il regrette ce qu'il t'a dit.
Elle échangea un dernier regard avec son frère qui hocha la tête puis elle disparut à la suite des autres élèves.
Malefoy était également parti sans qu'Hermione ne le voie s'en aller et bientôt, il ne resta plus dans la Salle sur Demande qu'Hermione, Ron, Lupin et Maugrey.
- Que s'est-il passé ? demanda la jeune fille d'une petite voix.
- Les Mangemorts ont profité de notre inattention, grommela Maugrey dont la voix tremblait de rage. Cette folle de Bellatrix a stupéfixé les aurors qui gardaient la chambre de Dumbledore, elle est entrée et elle a coupé les tuyaux qui le maintenaient en vie…
- Il était tombé dans le coma, précisa Lupin.
- Elle a dit que puisqu'il aimait tant les Moldus, il mourrait comme l'un d'entre eux, acheva le vieil auror.
- Je revenais de la cafétéria avec Harry, reprit Lupin avec un soupir las. Nous avons juste entendu le rire de Bellatrix… Harry l'a immédiatement reconnue et il a couru jusqu'à la chambre. Mais elle avait déjà disparu et il a juste pu tenir la main de Dumbledore avant qu'il ne…
Hermione plaqua une main sur sa bouche pour étouffer un sanglot qui ne vint même pas tandis que Ron serrait les dents pour ne pas se laisser aller à l'émotion. Ils ne connaissaient pas Dumbledore comme Harry. Mais il restait pour eux davantage que le directeur de leur école. Il était une sorte de guide, d'ombre protectrice qui planait sur eux. Hermione avait toujours apprécié et estimé Dumbledore auprès de qui elle se sentait en sécurité. Ron était issu d'une famille où chacun admirait et respectait celui que le monde sorcier considérait comme le plus grand mage de son temps. L'un et l'autre auraient eu du mal à le décrire.
C'était juste Dumbledore.
Et il était mort.
Plus tard dans la soirée, lorsqu'elle pénètre dans la salle commune des appartements préfectoraux, Hermione n'a pas besoin de tourner la tête pour savoir que Drago l'attend, assis sur le canapé.
La jeune fille pousse un profond soupir en ôtant l'écharpe autour de son cou. Elle jette un bref regard vers les tableaux et Demelza Stilton lui envoie un sourire triste.
Elle sait. Elle a dû savoir avant tous les autres et elle a prévenu les portraits. C'est la seule explication au silence étonnamment lourd qui règne dans la pièce, ainsi qu'à l'air grave et solennel qu'arbore Tiberius Gold – qu'Hermione pense d'ailleurs avoir entendu renifler.
- Ca va ?
Elle se tourne vers le Serpentard d'un air las. Elle a l'impression d'entendre cette question à tout bout de champ en ce moment.
Elle s'avance vers lui et s'affale à ses côtés sur le canapé. Elle a vaguement envie de pleurer. Mais elle n'a pas envie de pleurer devant lui.
- Et toi ?
- Je n'ai rien fait, répète-t-il.
- Mm…
Elle a soudain très envie de dormir. Elle est lasse, triste, fatiguée, déprimée. Mais Drago n'entend pas se satisfaire de cette onomatopée. Il pose sa main sur l'épaule de sa camarade, la forçant à se tourner vers lui :
- J'ai besoin que tu me dises que tu me croies.
- Bien sûr que je te crois Malefoy, soupire-t-elle sans le regarder.
- Hermione.
Entendre son prénom, prononcé de sa voix calme et ferme, suffit à lui accorder l'attention de la Gryffondor qui le regarde soudain droit dans les yeux :
- Dis-le moi, vraiment. Que tu penses réellement que je n'ai rien fait.
- Qu'est-ce que ça peut faire ? souffle-t-elle, mal à l'aise.
Il ferme un instant les yeux, comme si ce qu'il va devoir dire lui coûte. Puis il rive de nouveau son regard acier sur elle :
- Parce que je me soucie de ce que tu penses de moi. Et je ne veux pas que tu croies que je t'ai trahie.
Hermione ne se rend même pas compte qu'elle a brièvement retenu son souffle. Elle ne sait pas ce qui l'a le plus touchée : que Drago admette qu'il se soucie de son opinion ou qu'il ait dit « que je t'ai trahie » et pas « vous ».
Elle bénit la pénombre qui dissimule ses joues qu'elle soupçonne rouges comme des pivoines et reprend d'une voix légèrement enrouée :
- Je ne crois pas que ce soit toi qui ais averti les Mangemorts. Pourquoi est-ce que je t'aurais défendu, sinon ?
- Tu m'as fait signer un contrat sans m'avertir des conséquences.
La seule intonation de sa voix suffit à lui faire comprendre qu'il est en colère et blessé. Une part d'elle-même veut s'excuser, prétendre qu'elle voulait tout lui dire.
Mais ce serait un mensonge.
- Je ne te faisais pas confiance à ce moment-là, admet-elle d'une voix neutre. Tu ne peux pas m'en vouloir d'avoir pensé à notre sécurité avant tout.
Il serre la mâchoire mais ne dit rien.
C'est encore lui qui reprend la parole après quelques minutes de silence :
- Que va-t-il se passer maintenant ?
- Je ne sais pas. Je… – elle hésite un instant puis finalement se décide – j'ai toujours pensé que tant que Dumbledore serait là pour veiller sur Poudlard, nous serions en sécurité. Maintenant, je ne sais plus…
- Je m'en suis toujours voulu, lâche Drago de la même voix pensive, un peu absente, pour ce que j'avais fait l'année dernière… quand je suis allé le voir pour intégrer l'A.D., je me suis excusé. Et évidemment, il m'a pardonné.
Hermione esquisse un léger sourire. Evidemment qu'il avait tout pardonné. Dumbledore semblait ne pas connaître la rancœur.
Elle a envie d'être seule tout à coup. Alors elle se lève lentement et sans regarder son camarade dit seulement :
- Je vais me coucher.
- Bonne nuit.
- Bonne nuit.
La jeune fille rentre dans sa chambre, enlève ses vêtements pour enfiler son pyjama, avale son traitement puis se met au lit. Mais alors qu'elle prend son pantalon pour le ranger dans son placard, une légère chaleur au niveau de la poche se fait sentir.
Elle sort le gallion de l'A.D. et se penche pour y lire les deux mots qui courent sur la tranche : pardon Hermione.
Ce n'est pas signé mais elle sait déjà qui c'est.
Harry qui se moque que tout le monde puisse lire son mea culpa.
Harry qui doit être complètement perdu, mais qui pense aux autres, à elle, avant tout.
Hermione garde le gallion serré entre ses doigts et s'allonge dans son lit.
Et enfin, elle s'autorise à pleurer.
Le lendemain matin, tous les élèves sont retenus dans la Grande Salle à la fin du petit-déjeuner. Le professeur McGonagall, nommée directrice par intérim, annonce alors le décès de Dumbledore à l'ensemble des élèves. A la table des Gryffondor, Hermione, Harry et Ron entendent à peine les cris, les pleurs par endroits. Ils se regardent tous les trois. Ils se regardent parce qu'ils doivent se rendre dans le bureau de la directrice des Gryffondor avant l'enterrement de Dumbledore – organisé en urgence dans l'après-midi. Et qu'ils savent qu'elle n'aimera pas ce qu'ils ont à lui dire.
A la table des Serpentard, Drago est assis entre Blaise et Pansy qui écoutent en silence le discours de McGonagall, tentant d'ignorer les sourires triomphants de certains de leurs camarades. Il est mort de peur.
Pas parce que Dumbledore est mort et que tout est remis en question.
Pas parce qu'il sent que la guerre, la vraie guerre, est plus proche que jamais.
Mais parce qu'hier soir, il a dû se faire violence pour ne pas prendre Hermione Granger dans ses bras et la serrer contre lui dans le fol espoir qu'elle pourrait aller mieux.
Il a peur parce qu'il vient de se rendre compte qu'il veut qu'elle ait besoin de lui.
Le soir venu, Hermione marche aux côtés d'Harry et Ron qui la raccompagnent à ses appartements après les funérailles de Dumbledore.
La jeune fille est épuisée. Juste épuisée. Elle n'a pas pleuré. Elle aurait presque voulu. Elle a tellement pleuré ces derniers temps, pourtant. Mais en regardant Dumbledore pénétrer dans sa dernière demeure, elle s'est juste sentie triste. Et elle a serré la main de ses amis entre les siennes. Parce qu'eux, ils sont toujours là. Ses parents sont loin, Dumbledore est mort, comme tant d'autres en ce moment, mais Harry et Ron sont toujours là, à ses côtés.
On reste ensemble, comme toujours.
- Tu es sûre que tu ne veux pas qu'on reste avec toi ? demande soudain Ron.
Hermione lui envoya un léger sourire.
- Non, ne t'inquiète pas. J'ai quelques choses à faire et je vais me coucher tôt.
Elle avisa Harry qui cheminait en silence, perdu dans ses pensées.
- Vous devriez en faire autant, vous avez une tête affreuse.
Le Survivant esquissa un sourire à son tour.
Enfin, ils arrivèrent devant le tableau du savant. Celui-ci se désintéressa un instant de sa fameuse potion pour les regarder et demander doucement :
- Comment était-ce ?
- Bien, répondit simplement Hermione avant de poursuivre, mandragore.
Le portrait n'insista pas et il s'ouvrit dans un léger grincement. Hermione salua une dernière fois ses amis puis rentra dans l'appartement.
Drago était dans la salle commune, en compagnie de Blaise. Les deux Serpentard se tournèrent vers elle dès qu'elle apparut.
- Salut, dit-elle en s'approchant un peu, sans s'asseoir cependant, vous êtes là depuis longtemps ?
- On n'a pas voulu s'attarder à la fin de la cérémonie, répondit simplement Drago.
Il n'ajouta rien de plus mais Hermione savait ce qu'il voulait dire. Tous les Serpentard n'étaient pas présents à la cérémonie et ceux qui y étaient avaient parfois reçu des regards peu avenants. Et Drago semblait supporter de moins en moins les regards noirs et les mines dégoûtées sur son passage.
- Comment tu te sens ? s'enquit doucement Blaise.
- Fatiguée.
- Je peux te prêter de la potion de sommeil sans rêve si tu veux, proposa Drago.
- Non merci.
Elle lui lança un regard significatif et Drago se frappa mentalement pour avoir fait une suggestion aussi idiote. Elle lui avait pourtant expliqué, à peine trois semaines plus tôt, qu'elle avait interdiction de prendre quelque médication que ce soit sans en référer au dr Jones. Mais il avait parlé sans trop réfléchir, parce qu'il voulait faire quelque chose pour elle, il voulait qu'elle se rappelle qu'il l'avait aidée.
D'une certaine manière, il voulait qu'elle soit reconnaissante.
Blaise n'avait rien perdu de cet échange silencieux mais il ne fit aucune remarque. Il avait rapidement compris qu'Hermione Granger avait un secret et que, pour des raisons qui lui échappaient, Drago et même Pansy en connaissaient le contenu. Lui aussi aurait bien aimé être dans la confidence mais ce n'était pas son genre de forcer les choses. Et il appréciait suffisamment la jeune fille pour ne pas lui arracher des confidences contre son gré.
Alors qu'Hermione esquissait le geste de se retirer, Drago, enhardi par la présence rassurante de son meilleur ami se lança :
- Ca te dérangerait qu'on s'appelle par nos prénoms ?
Après réflexion, il regrettait la présence de Blaise qui lui lança un regard stupéfait. Bien plus stupéfait que celui d'Hermione. Elle n'était pas tant surprise par la requête que par le fait que c'était lui qui l'avait formulé. Elle avait toujours pensé que ce serait elle qui franchirait ce pas de plus dans leur relation.
Mais elle n'en dit rien et hocha la tête :
- Non, bien sûr.
Il était plus à l'aise avec elle, c'était manifeste.
Et c'était tant mieux car Hermione craignait que dans un futur proche, leur fragile entente ne soit mise à rude épreuve.
Le lendemain matin, en entrant dans la Grande Salle, Hermione remarqua immédiatement que les tables étaient moins remplies que d'habitude. Elle était pourtant arrivée à une heure où la plupart des élèves se petit-déjeunaient encore.
Harry et Ron n'étaient pas là mais la jeune fille aperçut Neville et Ginny qui discutaient à voix basse, penchés l'un vers l'autre – ils n'étaient pas les seuls d'ailleurs, de nombreux autres élèves conversaient en petits groupes avec des airs de conspirateurs – et elle s'assit à côté d'eux en lançant :
- Bonjour.
- Ah, salut Hermione, répondit Neville avec un sourire fatigué. Ca va ?
- Comme vous j'imagine, pas très fort.
Elle jeta un coup d'œil à la salle derrière elle et demanda :
- Que se passe-t-il ? pourquoi ai-je l'impression qu'il manque du monde ?
- Tu n'as pas vu tous les parents qui étaient là hier pour l'enterrement ? demanda Ginny.
- Si bien sûr mais…
- Après la cérémonie, il y en a beaucoup qui ont ramené leurs enfants avec eux, expliqua sombrement Neville, ils ont peur. Parvati et Padma ont failli faire une scène mais elles ont fini par suivre leurs parents aussi.
- Nous ne sommes plus qu'à deux jours des vacances de Noël, soupira Hermione, ils reviendront sans doute à la rentrée…
- Pas tous à mon avis.
Hermione poussa de nouveau un profond soupir en se servant une tasse de thé. Tous les Weasley – à l'exception de Percy – ainsi que l'Ordre du Phénix étaient présents la veille, tant pour rendre un dernier hommage à Dumbledore que pour surveiller le bon déroulement de la cérémonie. Mais il n'avait pas été question de les retirer de Poudlard. Sans doute pensaient-ils qu'ils étaient plus en sécurité à l'école qu'au Terrier. Hermione soupçonnait Molly d'avoir été beaucoup plus secouée qu'elle ne l'avait montré par l'attaque du Terrier l'an passé, lorsqu'un Harry fou de rage et de chagrin s'était lancé à la poursuite de Bellatrix Lestrange. Et même si elle avait regretté pendant un court instant de voir repartir les Weasley sans eux – Molly en avait quand même profité pour lui donner les cadeaux qu'elle avait prévus pour eux, jugeant plus prudent de les remettre en mains propres à Hermione qui ne devait les délivrer que le matin de Noël, que de les envoyer par des hiboux désormais trop fréquemment contrôlés – elle savait que c'était la meilleure chose à faire. Leur plan aurait été plus difficile à mettre à exécution dans la maison des Weasley.
Poudlard ne connut pas une ambiance particulièrement joyeuse ce jour là, malgré les décorations de Noël et les armures qui chantaient au passage des élèves. Les classes étaient parsemées, surtout chez les plus jeunes et les professeurs ne semblaient pas plus d'humeur à faire la classe que les élèves à les écouter.
En potions, Horace Slughorn semblait à peine en état de faire cours. La mort de son vieil ami semblait l'avoir particulièrement touché et il ne cessait de se moucher, ponctuant à chaque fois d'un « ah, saleté de rhume ! ». Ron ne s'intéressait absolument pas au cours et quant à Harry, il coupait avec une certaine férocité ses racines de mandragore.
- Bon Harry, que se passe-t-il ? demanda Hermione avec humeur lorsqu'elle l'empêcha in extremis de faire exploser leur chaudron pour la troisième fois.
- McGonagall a prévenu Rogue ! lâcha-t-il finalement sous le regard interrogateur de son amie.
- Quoi ? chuchota Ron.
- Harry, je sais que tu te méfies toujours de lui…, commença calmement Hermione.
- Evidemment que je me méfie toujours lui ! s'emporta le jeune homme d'une voix basse mais tremblante de colère. Et s'il allait tout raconter à Voldemort ? s'il lui disait tout ce qu'on a prévu de faire ?
- McGonagall lui fait confiance, poursuivit la jeune fille sans se démonter. Et Dumbledore lui faisait confiance aussi.
- Eh bien pas moi ! répliqua Harry, buté.
Hermione et Ron échangèrent un regard mais ne dirent rien.
Harry était un garçon ouvert, tolérant, clément… mais pas quand il s'agissait de Rogue. Hermione l'avait vu changer progressivement d'avis sur Drago Malefoy – bon, si l'on exceptait la scène de l'avant-veille… – mais il gardait à l'égard de leur professeur de Défense contre les forces du mal une méfiance dont elle avait parfois du mal à expliquer l'origine. Elle non plus n'aimait pas Rogue. Elle le trouvait injuste à favoriser tout le temps les Serpentard, méchant et désagréable envers eux.
Mais elle faisait confiance à l'Ordre. Et Rogue était membre de l'Ordre, non ?
De l'autre côté de la salle, Drago fixait Hermione depuis un certain temps, sans se soucier de Blaise et Pansy à ses côtés – son meilleur ami était d'ailleurs en train de faire tout seul la potion du jour, sous les critiques de Pansy qui ne cessait de demander s'il était sûr de ce qu'il faisait.
Qu'est-ce qu'ils peuvent bien se raconter ? songea le jeune homme en regardant le Trio qui avait manifestement une discussion animée. Harry avait l'air furieux, Ron perdu et Hermione très calme.
Hermione…
Drago avait cru que ce serait étrange pour lui de devoir désormais penser à la jeune fille par son prénom mais cela s'était fait en fait le plus naturellement du monde dans son esprit.
Depuis le début de l'année, il avait souvent voulu lui demander d'où venait son prénom. Hermione. Quel prénom bizarre, quand même ! il se doutait d'une origine moldue et avait parfois songé à demander à l'un de ses – rares – camarades de Serpentard qui soient sang-mêlé. Mais rien ne lui disait qu'ils connaitraient la réponse, et puis ils auraient tout de suite compris de qui il parlait. Il n'y avait qu'une seule Hermione à Poudlard, et personne n'ignorait qui elle était.
Mais comme il était Drago Malefoy, Serpentard, et qu'on ne l'avait pas recruté parmi les enfants de chœur, il avait fini par choper un né-moldu de Serdaigle à la bibliothèque et lui avait clairement demandé l'origine du prénom. Le petit troisième année terrifié avait seulement couiné qu'il y avait un personnage appelé Hermione dans un livre : Le conte d'hiver écrit par un moldu, William Shakespeare au XVIIe siècle. Satisfait de la réponse, Drago lui avait tout bonnement lancé un « oubliettes » nonchalant avant de se faufiler discrètement au rayon de littérature moldue. Il avait lu le résumé au dos de l'ouvrage et avait jugé l'histoire complètement tirée par les cheveux. En plus c'était du théâtre, et il n'aimait pas le théâtre.
Il avait donc reposé le livre avec humeur, lancé un regard menaçant à un première année qui se baladait dans le coin et n'avait pu dissimuler son étonnement en voyant un Serpentard au rayon de la littérature moldue, et était reparti aussi sec. Mais étrangement satisfait de connaître un détail de plus sur la jeune fille.
Et quelques jours plus tard, il avait proposé à Hermione de s'appeler par leurs prénoms. Bien sûr, Blaise n'avait pas manqué d'intervenir une fois que la jeune fille disparut dans sa chambre.
- Alors c'est bon, tu t'es décidé ? sourit Blaise. Tu as fini de freiner des quatre fers ?
- Ne commence pas, grommela Drago sans le regarder.
- Non mais c'est vrai, ça devait commencer à être un peu ridicule vos « Malefoy » et « Granger », vu le temps que vous passez ensemble !
Drago renifla légèrement et se rengorgea :
- Ca ne pouvait pas être ridicule. Mon nom est génial.
- Ah oui, ton nom qui en français signifie grosso-modo que tu n'es pas une personne de confiance ? plaisanta Blaise en envoyant sa cigarette dans la cheminée.
Son ami lui lança un regard noir mais il l'ignora et poursuivit :
- Heureusement que Greengrass a une meilleure connotation !
Drago serra les dents à s'en faire mal. Il y avait vraiment des moments où il regrettait d'avoir raconté à son meilleur ami ce que lui-même avait appris en écoutant aux portes l'été dernier. Que ses parents avaient passé un accord tacite avec les Greengrass pour marier leurs enfants dans quelques années.
- Arrête de raconter des conneries, grogna-t-il finalement. Ce n'est pas gravé dans la pierre et je n'épouserai pas Astoria.
La perche était trop belle et Blaise s'en saisit avec joie :
- Pourquoi, tu as quelqu'un d'autre en tête ?
- C'est quoi ton problème ? tu m'expliques comment on en est passés de Gr… Hermione et moi décidant de s'appeler par nos prénoms à mon hypothétique mariage ?
- A toi de me le dire, répliqua Blaise qui s'amusait comme un petit fou.
Drago ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Avec l'ambiance pour le moins morose qui régnait à Poudlard ces derniers jours, son ami trouvait encore le moyen de faire des blagues. Il était peut-être la seule personne joyeuse dans l'école en ce moment même – à l'exception des jeunes Mangemorts qui devaient se réjouir de la mort de Dumbledore mais il préférait ne pas y penser.
Mais justement, cette pensée le fit se rembrunir et il reprit :
- De toute façon, avec ce qui se passe en ce moment, rien ne dit que je serai toujours là pour me marier à la fin de l'année.
Il n'avait pas eu besoin de tourner la tête pour savoir que Blaise avait fini par perdre le sourire.
Un léger coup dans l'épaule tira Drago de ses pensées. Les poings sur les hanches, Pansy le regardait d'un œil torve :
- Dis-moi, quand tu auras fini de reluquer le cul de Weasley, tu pourras nous aider ?
En effet, Ron, face à Harry et Hermione, leur tournait le dos. Mais Drago ne goûta pas vraiment à la plaisanterie et il lui lança un regard indigné :
- Ca va pas de dire ça ?
- C'est bon, pas la peine de t'énerver, répliqua la jeune fille en reniflant légèrement, j'ai bien compris que tu faisais une fixette sur Granger depuis tout à l'heure.
- Arrête.
- Tu n'avais qu'à rire à ma blague si tu ne voulais pas entendre la vérité.
Blaise lui lança un sourire mais Drago haussa les épaules.
Il ne faisait pas une fixette sur Granger.
Il regardait un peu trop Hermione, c'était entièrement différent.
Les jours qui suivirent apportèrent la preuve que la mort de Dumbledore avait tout changé.
Deux jours après les funérailles du directeur de Poudlard, l'A.D. apprit par l'Ordre du Phénix que le Ministère, déjà infiltré depuis un certain temps, était tombé définitivement sous l'égide de Voldemort. La Gazette du Sorcier, également sous contrôle étroit, s'était contentée d'annoncer la disparition du Ministre, Rufus Scrimgeour et son remplacement par un Mangemort avéré.
Les départs d'élèves s'étaient intensifiés à l'approche des vacances et on soupçonnait plusieurs familles, surtout les nés-moldus et les sang-mêlé, de quitter l'Angleterre.
Hermione s'efforçait quant à elle de ne pas trop se laisser atteindre par l'ambiance morose qui régnait au château et elle mettait ses affaires en ordre le plus discrètement possible.
Enfin, elle essayait.
Un soir, alors qu'il était tard et qu'elle pensait que son colocataire serait couché, elle tomba malheureusement sur lui en entrant dans la salle commune.
- Où étais-tu ?
La jeune fille inspira profondément. Elle essaya de ne pas se formaliser de son ton agacé. Drago lui faisait l'effet d'un père de famille obligé de veiller tard pour surprendre sa fille adolescente qui a fait le mur.
- J'étais à la bibliothèque directoriale, répondit-elle simplement.
- Seule ?
- Oui. Mais j'ai fait très attention en revenant.
- Et qu'est-ce que c'est que ça ?
Hermione rougit. Elle avait espéré qu'il ne remarquerait pas – trop – la pile de livres qu'elle portait tant bien que mal.
- Tu n'es jamais revenue avec des livres de là-bas, fit remarquer Drago, soupçonneux.
- Je ne sais pas qui sera le prochain directeur de Poudlard, répondit-elle précipitamment, et il se pourrait qu'il nous interdise l'accès à la bibliothèque. Alors j'ai préféré… emprunter quelques ouvrages avant, au cas où.
Drago fronça les sourcils.
Elle se fiche de moi ou quoi ?
Comprenant qu'il ne la croyait nullement, Hermione décida de changer de sujet :
- Ecoute, c'est très gentil de t'être inquiété pour moi mais tu peux aller te coucher maintenant.
Bingo. Drago rougit légèrement et répondit avec une mauvaise foi impressionnante :
- Je n'étais pas vraiment inquiet.
- D'accord. Bonne nuit.
Satisfaite d'avoir échappé aux questions, Hermione s'enfuit rapidement dans sa chambre tandis que Drago se maudissait en silence
Pansy avait raison… j'ai reniflé.
Bon Drago a de la chance, Hermione ne connaît pas encore son "tic de menteur" x)
Alors, ce chapitre ? il n'est pas forcément ultra-riche en émotions (quoique), mais on a quand même une bonne grosse évolution : l'utilisation des prénoms ;)
Bref, n'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé !
Le prochain chapitre est déjà prêt et je devrais le poster en rentrant de vacances (je pars une fois de plus dans un endroit sans internet) autour du 7-8 août ! je suis assez impatiente de vous le mettre parce que j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire : d'ailleurs dites-moi dans les commentaires, que pensez-vous qu'il va se passer ? (que ce soit dans le prochain chapitre ou même au-delà !)
Merci de m'avoir lue et au prochain chapitre :)
