Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien :)
Voilà le chapitre 17, pas très long non plus mais l'inspiration me fait parfois un peu défaut quand il s'agit de relier des bouts d'histoire écrits depuis longtemps ^^ mais je ne suis pas mécontente de ce chapitre donc j'espère que vous non plus !
Un grand merci à Miadu50 pour m'avoir ajouté en favori et surtout à Madie0248, Charliee3216, Swangranger et . .door pour leurs adorables reviews :)
Bonne lecture !
Le lendemain matin, Drago se réveilla comme d'habitude à 7h. Grognant sous ses draps – aussi bien à cause du réveil que parce que le linge avait à son avis une odeur de moisi – il finit néanmoins par s'extirper du lit. Il s'était résigné à prendre le premier tour de garde la veille, préférant dormir d'une traite après que d'être à nouveau réveillé.
Il était mort de froid. Ils étaient en décembre et les matins étaient singulièrement frais, surtout sous la tente, qui malgré l'aspect d'un appartement en dur, n'en était pas moins peu résistante au froid.
Le jeune homme enfila un deuxième pull sur celui qu'il avait déjà mis au beau milieu de la nuit, remonta ses chaussettes sous son pyjama et après avoir passé une main machinale dans ses cheveux, il sortit de sa chambre.
Une odeur de bacon et d'œufs le conduit jusqu'à la cuisine. Il fut content de n'y trouver qu'Hermione qui cuisinait. Il n'avait aucune envie de croiser Potter et Weasley et d'être obligé d'être aimable avant d'avoir avalé au moins un litre de thé. C'était plus facile avec Hermione. Ils vivaient ensemble depuis plusieurs mois à présent : elle savait qu'il ne ferait pas la conversation dès le réveil, ils s'étaient l'un et l'autre déjà vu avec la tête dans le brouillard, alors il était plus à l'aise.
- Bonjour, dit seulement Hermione sans lever la tête de ses œufs brouillés qui cuisaient à petit feu.
Elle n'eut droit qu'à un grognement en guise de réponse mais ne s'en offusqua pas. Elle savait qu'à cette heure, elle n'aurait pu prétendre à mieux et s'estimait déjà satisfaite de cette onomatopée.
La jeune femme se contenta de verser le thé dans un grand mug et de le poser devant son colocataire :
- Tiens.
Il marmonna ce qui devait être un merci dans son langage matinal et but une grande rasade de théine. Il but la tasse entière en quelques instants et pour ne pas passer pour un mufle, se leva en vue de mettre un semblant de table pour le petit déjeuner – Hermione s'apprêtait manifestement à le faire, elle avait sorti toute la vaisselle nécessaire.
Ce n'est qu'une fois qu'il eut disposé maladroitement assiettes, couverts, verres et tasses qu'il réalisa… que c'était la première fois de sa vie qu'il mettait le couvert.
Hermione qui avait mis le bacon dans un plat avait l'air aussi choqué que lui. Elle le regardait, spatule en l'air, un sourcil haussé, l'air de dire « mais qu'est-ce que tu fabriques ? ».
- Quoi ? lança finalement Drago d'un air de défi.
- C'est la première fois que tu fais ça, pas vrai ?
Elle sourit tandis que le jeune Serpentard se renfrognait. Et se servait une autre tasse de thé.
Ron fut le troisième à arriver, avec la même mine embuée que Drago cinq minutes plus tôt, sauf que lui arrivait de l'extérieur puisqu'il avait pris le dernier tour de garde. Il alla embrasser Hermione à l'arrière du crâne. Elle ne se retourna pas mais esquissa un nouveau sourire en ôtant les toasts du grille-pain.
Drago les regarda d'un air pensif. Il avait longtemps pensé que Weasley et Granger finiraient ensemble.
Ou Potter et Granger.
Ou Weasley et Po…
Le jeune homme grimaça et s'efforça de chasser l'image qui lui venait en tête. Il n'avait encore rien avalé alors vomir ne serait pas une bonne idée. Il reporta son regard sur les deux amis : oui, il avait longtemps cru qu'ils finiraient ensemble, mais il avait fini par comprendre que Granger avait avec Potter et Weasley la même relation qu'il avait avec Pansy et Blaise : une profonde tendresse, un amour quasi-fraternel et cette amitié indéfectible, assez emmerdante au final, puisqu'elle vous entraînait apparemment dans les pires ennuis. La preuve, voilà qu'ils se retrouvaient sous une tente glaciale, dans le trou du cul de l'Angleterre, tout ça pour soutenir le Balafré dans ses galères.
J'ai besoin de plus de thé, songea le Serpentard en se replongeant dans sa tasse comme Hermione et Ron s'asseyaient à table.
- Bonjour Malefoy.
Drago lança un regard surpris à Ron qui venait de parler, d'une voix cordiale. Plus d'excuse, se rappela le jeune homme en lorgnant vers sa tasse de thé.
- Bonjour Weasley.
Ils se toisèrent un instant avant de s'attaquer respectivement au bacon et aux toasts. Drago savait parfaitement pourquoi Ron se montrait aussi aimable au réveil. Parce qu'il avait été éduqué ainsi.
La plupart des gens l'oubliaient souvent compte tenu de leur allégeance et de leur amour douteux pour les Moldus, mais les Weasley étaient des Sang-Pur et il n'y a pas si longtemps – bon deux-trois générations quand même… – ils étaient presque aussi riches que les Malefoy. Ils étaient cousins éloignés, comme tous les Sang-Pur d'ailleurs, même si Drago pas plus que Ron ne l'aurait avoué sous la torture. Et l'une des premières choses qu'avait apprises Drago, et certainement Ron maintenant qu'il y pensait, c'est qu'on ne se disputait jamais au petit-déjeuner.
On était aimable, on saluait cordialement le pire connard de la terre et on attendait le déjeuner pour se mettre sur la gueule. Sa mère le lui avait suffisamment ressassé pour qu'il se le rentre dans le crâne. Il en profitait avec Hermione parce que totalement ignorante du mode de vie des Sang-Pur, elle ne lui aurait jamais fait la remarque. Alors que Ron aurait probablement trouvé son mutisme d'une grossièreté sans nom et même si Drago se fichait pas mal de ce que Weasley pouvait penser de lui, il n'avait pas envie de passer pour quelqu'un de grossier.
- Vous êtes bien aimables ce matin, fit remarquer Hermione qui, inconsciente des années d'éducation qui pesaient en ce moment sur ses amis, se réjouissait d'une telle entente.
- C'est le petit-déjeuner, répondirent-ils seulement de concert avant de se foudroyer du regard... puis de sourire le plus hypocritement du monde.
Hermione les regarda un instant puis secoua la tête, perdue. Elle aussi elle avait besoin de thé.
Ron détourna son attention du Serpentard et dit à son amie :
- Tu nous as fait un repas de roi, dis-moi. Merci.
- Je me suis peut-être un peu enflammée en voyant les provisions de Mme Rosmerta, sourit faiblement la jeune femme, ne vous attendez pas à ça tous les jours.
Harry arriva à son tour et Drago se renfrogna. Ce n'était pas possible. Il n'en était qu'au premier matin du premier jour et l'idée de devoir passer un temps encore indéfini en compagnie de trois Gryffondors – enfin surtout de Potter et Weasley s'avoua-t-il en même temps – lui donnait des envies de meurtre.
Il trouva que le Balafré avait une tête à faire peur. Enfin, encore plus que d'habitude. Ses yeux étaient cernés, ses traits tirés, il n'avait clairement pas dormi. Il embrassa Hermione sur la joue et se servit une tasse de thé en bâillant.
- On part après le petit-déjeuner, déclara Harry après avoir bu une gorgée.
- Où ça ? demanda Drago, un peu agacé par le ton de petit chef que prenait Potter.
- N'importe où, répondit Hermione avant qu'Harry ne lance une réplique désagréable. Il ne faut pas qu'on reste au même endroit.
- Et pourquoi on ne transplane pas ?
- Je ne suis pas supposée transplaner. Les risques de désartibulation sont multipliés à cause de mon traitement. Hier soir, on était bien obligés mais maintenant…
- Ah.
Il se sentit un peu bête de ne pas y avoir pensé et détesta l'idée que Potter et Weasley aient l'impression qu'ils se souciaient plus du bien-être d'Hermione que lui. Et il détestait encore plus l'idée que les deux Gryffondor savaient des choses qu'il ignorait sur elle, des choses qu'elle leur avait dites parce qu'ils étaient ses meilleurs amis, qu'elle leur faisait confiance.
Ce que tu peux être con mon pauvre Drago. Depuis six ans, ils doivent en savoir dix fois plus que toi sur Hermione Granger. Ce sont ses meilleurs amis. Toi tu n'es rien, au mieux un bon camarade, au pire, une œuvre de charité qu'elle se sent obligée de protéger pour que tu ne te fasses pas tuer…
Drago sentit ses joues s'empourprer et il se leva en grognant pour quitter la pièce.
Soudainement, il se sentait de trop.
Un peu plus tard, Drago rangeait son pyjama dans son sac en vue du départ lorsqu'Hermione toqua doucement contre le bois de sa porte ouverte.
- Drago ?
L'agacement de la voir arriver ainsi car il la soupçonnait de vouloir parler de ce qui s'était passé au petit-déjeuner le disputait à l'étrange plaisir de l'entendre prononcer son prénom. Le jeune homme se composa donc un visage impassible et se retourna :
- Oui ?
- Ca va ?
- Bien sûr. Pourquoi tu me demandes ça ?
Tu voudrais lui tendre une perche que tu ne t'y prendrais pas autrement, crétin.
- Je ne sais pas, tu es parti tellement vite tout à l'heure, tu as à peine mangé.
Il ne savait pas quoi répondre alors il se contenta de hausser les épaules. Il vit Hermione inspirer profondément comme lorsqu'elle devait se donner du courage et lâcher :
- Je… je suis désolée de la façon dont les choses se sont passées la nuit dernière. On est partis très vite… je ne t'ai même pas laissé le temps d'écrire un message pour Blaise et Pansy…
Elle savait que si la même chose lui était arrivée, elle aurait été malade à l'idée de ne pas avoir pu prévenir Harry et Ron.
Elle avait l'air tellement gêné que Drago ressentit soudain le besoin impérieux de la rassurer :
- T'en fais pas pour ça, dit-elle de sa voix la moins abrupte, quand la nouvelle se répandra que vous avez tous les trois disparu, ils comprendront que je suis parti avec vous.
Même si je doute que Pansy comprenne pourquoi…
Hermione hocha légèrement la tête. Puis elle se tourna à demi vers le couloir d'où leur parvenaient les voix d'Harry et Ron et reprit :
- Je sais que ce n'est pas évident d'être coincé avec nous trois. Il faut excuser l'agressivité d'Harry, je crois qu'il ne sait pas trop comment se comporter avec toi parce qu'il s'en veut de t'avoir accusé pour la mort de Dumbledore. Il n'est pas comme ça d'habitude.
Arrête ton char, Hermione, il est toujours comme ça avec moi.
Voyant que Drago ne bronchait pas, Hermione s'apprêtait à repartir lorsqu'il lança :
- Ca ne me dérange pas d'être coincé avec toi, tu sais.
Elle se contenta d'esquisser un petit sourire et hocha la tête :
- C'est gentil.
A l'exception de Ron qui avait vu l'aube se lever, ses trois camarades n'avaient pas vu l'endroit où ils avaient campé. En quittant la tente, ils découvrirent donc une forêt aux grands arbres espacés, recouverte d'un lourd manteau de neige.
- On est où exactement ? s'enquit Ron en rangeant son sac dans celui d'Hermione.
- Dans la forêt de Dean, répondit-elle. C'est moi qui ai conseillé cet endroit à Harry. Je venais y camper avec mes parents.
- Pourquoi ? demanda soudain Drago.
Harry et Ron se tournèrent vers lui en fronçant les sourcils. Hermione, car elle avait déjà dû l'expliquer à d'autres sorciers, comprit cependant ce qu'il voulait dire et répondit alors qu'ils mettaient en marche vers le Sud, à un autre endroit de la forêt :
- Pour rien. Mais certains Moldus aiment bien faire du camping dans la nature.
- A quoi ça sert ?
Drago se sentit un peu stupide – surtout à voir le regard mi-surpris, mi-agacé du Survivant – mais maintenant qu'il était lancé, autant aller jusqu'au bout. Jusqu'au bout pour glaner un peu d'informations sur Hermione.
Tu perds complètement la boule, mon vieux…
- Ca ne sert à rien de particulier, expliqua patiemment Hermione. Enfin, juste à être dans la nature. Ils ne peuvent pas transplaner alors pour certains, ça prend beaucoup de temps d'y aller. C'est pour ça qu'ils décident d'y rester pour quelques jours…
Elle trouvait son explication un peu bête mais en même temps, si elle avait déjà dû expliquer des objets ou habitudes moldus à des sorciers – ses longues conversations avec Arthur Weasley dont elle se rappela avec nostalgie en témoignaient – quelque chose d'aussi « évident » que le camping lui apparaissait compliqué à décrire.
Mais elle se prit au jeu, et pour tester la réaction de Drago poursuivit :
- Mais les Moldus n'ont pas du tout le même genre de tentes que nous bien sûr. C'est juste de la toile, qui fait exactement la même taille qu'à l'extérieur.
Ca ne manqua pas. Si Drago se doutait que les Moldus n'avaient pas des « tentes-appartements » comme eux, il ne parvenait pas à comprendre l'idée de venir volontairement dormir au beau milieu des bois sous un abri digne du Moyen Âge.
- Et comment ils font pour se laver ?
- Mais les Moldus ne se lavent pas Malefoy, c'est bien connu ! s'esclaffa Harry.
Si Drago lui lança un regard noir, Hermione sourit. Parce que pour la première fois peut-être, la pique d'Harry était juste une plaisanterie. Sa voix était amusée et non pas ironique ou méchante. Mais bon, elle se doutait que Drago risquait de ne pas saisir la nuance au début.
- Très drôle Potter ! grommela le Serpentard en accélérant le pas, tentant d'ignorer les rires joyeux des trois amis.
Et en essayant d'ignorer aussi le sourire qu'il avait lui-même esquissé en entendant son rire à elle.
Cependant, la bonne humeur générale ne dura pas longtemps. Ils marchaient lentement, le froid était mordant et une heure après leur départ, ils cheminaient en silence en file indienne, Harry menant la marche. Même si le jeune homme pensait être discret avec ses amis derrière, Hermione le voyait frotter son front plus fréquemment que de coutume. Elle brûlait d'envie de lui en parler mais se refusait à le faire devant Drago. Harry lui en voudrait de mentionner ainsi son lien avec Voldemort devant quelqu'un d'autre que Ron et elle. Alors elle se taisait et se contentait de froncer les sourcils dès qu'il portait la main à sa cicatrice.
Malheureusement pour le Survivant, son secret n'était pas destiné à un grand avenir. Alors qu'ils descendaient une colline, le jeune homme poussa soudain un cri de douleur et il s'effondra dans la neige.
- Harry ! hurla Hermione, juste derrière, en se précipitant vers lui.
Son ami avait admis à contrecœur qu'il lui arrivait d'avoir des visions, de voir à travers les yeux de Voldemort, mais elle n'y avait jamais assisté, pas plus que Ron. Ils savaient cependant tous les deux ce qu'il se passait et échangèrent un regard angoissé.
Drago en revanche, était stupéfait. Entraîné par le mouvement autant que – il ne le réaliserait que plus tard – une sincère inquiétude, il s'était rué avec Ron près d'Harry qui se tortillait au sol, sous le regard désespéré d'Hermione qui ne savait pas quoi faire pour apaiser son évidente douleur.
- Qu'est-ce qu'il a ? souffla-t-il sans oser trop s'approcher.
- Rien, ça va passer, mentit lamentablement Hermione sans le regarder.
- Comment ça « rien » ?! s'énerva le jeune homme qui en avait marre d'être exclu des innombrables secrets qu'ils partageaient, on dirait qu'il est sous doloris, là !
- Malefoy, ferme-la, répliqua abruptement Ron qui avait aussi les yeux fixés sur son meilleur ami.
Et puis soudain, ce fut fini. Harry sembla reprendre ses esprits. La scène avait à peine duré une minute. Le regard qu'il lança à Drago fit comprendre à ce dernier qu'il aurait tout donné pour éviter qu'il ne le voie ainsi. Peu désireux de s'attirer l'ire du Survivant, il recula donc d'un pas et fit mine de regarder ailleurs.
Ron aida son ami à se remettre sur pieds, époussetant maladroitement la neige sur ses vêtements :
- Ca va, mon vieux ?
- Ouais… ça va…, marmonna Harry en réajustant ses lunettes sur son nez.
- Tiens, prends un peu d'eau, dit Hermione en lui tendant une gourde qu'elle venait de sortir de son sac.
- Merci.
Le jeune homme but une grande rasade puis se passa une main dans les cheveux, encore essoufflé.
- Allez, on y va.
- Certainement pas ! protesta immédiatement Hermione. On a bien cinq minutes pour que tu te reposes et…
- Oh la ! s'écria Ron en se précipitant pour la soutenir.
La jeune fille avait dangereusement chancelé. L'émotion suscitée par l'épisode d'Harry avait manifestement été plus forte qu'elle ne le pensait et elle serra les dents pour combattre le malaise qui la menaçait. Ron tenta une plaisanterie pour détendre l'atmosphère :
- Attends ton tour Hermione, c'est l'heure d'Harry là.
Malgré le faible sourire qu'esquissa son amie, sa blague tomba à plat, surtout que Drago s'était aussitôt approché et s'efforça de ne pas apostropher le rouquin trop violemment :
- Arrête avec tes blagues pourries Weasley.
- Quand j'aurai besoin de ton avis Malefoy, je te le ferai savoir.
Drago s'apprêtait à lui lancer une réplique acerbe mais il croisa le regard d'Hermione et abandonna son idée. Il vint prendre l'autre bras de la jeune fille qui se sentait pourtant en état de tenir debout seule, et lâcha seulement :
- Au moins maintenant, la question est réglée. Ils ont tous les deux besoin de se poser cinq minutes.
Harry lança un regard vers Hermione et hocha sèchement la tête.
La jeune fille s'assit contre un tronc et entraîna son ami à l'imiter. Il fallait qu'ils sachent ce que le Survivant avait vu dans sa vision mais il ne dirait rien tant que Drago serait dans les parages. Et à son avis, c'était moins une question de confiance que parce qu'il répugnait à se découvrir ainsi devant celui qui était encore son ennemi si peu de temps avant.
Aussi Hermione tendit-elle la gourde à moitié vide à Drago :
- Il y a un ruisseau pas loin… est-ce que ça t'embêterait d'aller chercher de l'eau fraîche ?
Le Serpentard se rembrunit aussitôt. Ils avaient encore de larges réserves d'eau et, comme le leur avait rappelé Hermione le matin même, les jolis ruisseaux cristallins qu'ils croisaient ne constituaient pas de bonnes sources d'eau potable.
- Si vous ne voulez pas parler devant moi, il faut le dire, marmonna-t-il.
- On ne veut pas parler devant toi, répliqua charitablement Ron, ignorant le coup de pied que lui envoya Hermione dans le mollet.
- Arrête Ron, soupira Harry avant de regarder Drago, s'il te plaît Malefoy, on a juste besoin de quelques minutes. C'est important.
Le jeune homme passa presque au-dessus du fait que c'était probablement la première fois qu'Harry Potter lui disait s'il te plaît et il se contenta de hausser les épaules avant de tourner les talons.
- Alors ? demanda aussitôt Ron en s'asseyant à son tour dans la neige.
- Alors Poudlard est tombé.
Ses deux amis avaient beau se douter que l'école ne résisterait pas longtemps à l'assaut des Mangemorts, l'entendre énoncer aussi froidement fut un choc.
- Qu'est-ce que tu as vu ? poursuivit Ron.
- Voldemort passant le portail… Rogue dans le bureau de Dumbledore…, acheva-t-il avec amertume.
- Oh Harry, gémit presque Hermione, ça fait partie de son rôle d'agent double, j'en suis sûre… il pourra protéger les élèves comme ça…
- Si tu le dis, marmonna son ami.
Sa cicatrice le faisait encore souffrir et il n'avait pas envie d'écouter Hermione défendre Rogue. Pas maintenant.
- Tu as vu des membres de l'A.D. ? reprit Ron.
- Non…
- C'est bon signe, lança Hermione d'une voix encourageante, si tu vois à travers les yeux de Voldemort, cela signifie qu'il ne les a pas vus… qu'ils ont pu s'enfuir ou se cacher !
Elle se tut et échangea un regard avec Harry et Ron. Ils avaient tous envie d'y croire. Mais la peur des faux espoirs les empêcha de sourire.
- Et s'il était parti tout seul ?
- Pansy, arrête. On sait tous les deux qu'il est parti avec eux, ça ne fait aucun doute.
Les deux Serpentard étaient blottis dans un coin de leur salle commune, conversant à voix basse, sans cesser de jeter des coups d'œil suspicieux autour d'eux. Malgré la résistance des professeurs et de nombreux élèves, Poudlard était tombée sous le joug des Mangemorts. Sous le joug de Voldemort. Rogue avait aussitôt été nommé directeur de l'école et deux Mangemorts, les Carrow, chargés de la discipline, un mot qu'ils avaient rapidement interprété à leur façon.
- Je veux parler à un membre de leur… club, reprit Pansy à voix basse. Je veux savoir où il est.
Blaise secoua doucement la tête en soupirant :
- Arrête Pansy…
- Ne me dis pas que tu n'es pas inquiet !
- Bien sûr que je suis inquiet. Mon meilleur ami a disparu et notre école s'est transformée en enfer, mais je refuse que tu prennes le risque d'être vue en compagnie d'un lion.
La plupart des rouge et or ayant combattu lors de l'attaque des Mangemorts, l'opprobre était retombée sur l'ensemble de la maison et les Gryffondor étaient devenus soudainement très impopulaires, pour ne pas dire pestiférés.
- De toute façon, poursuivit le jeune homme, tous les membres de l'A.D. que nous aurions pu connaître ont disparu.
- Ils ne sont pas partis avec Potter, je suis sûre qu'ils sont toujours dans l'école.
Ils échangèrent un regard. Ils pensaient tous les deux à la même chose. La Salle sur Demande dont Drago leur avait révélé l'existence à la fin de l'an dernier. Ils pensaient la même chose mais aucun ne se risqua à le dire à haute voix. Ils avaient beau prendre toutes les précautions – ils n'avaient pas une seule fois prononcé le nom de Drago qui était désormais recherché, au même titre qu'Harry, Ron et Hermione – ils se refusaient ne serait-ce qu'à chuchoter une telle information.
Un grand éclat de rire les sortit un instant de leur bulle et ils jetèrent un regard vers des sixième et septième année qui ne cachaient plus désormais leur appartenance aux Mangemorts. Blaise leur lança un regard dégoûté tandis que Pansy poussait un soupir angoissé :
- On est vraiment du côté des salauds on dirait…
- Oui… et j'ai l'impression que tout ce qu'on peut faire c'est attendre que les gentils nous sortent de la merde.
Voilà :) alors, ce chapitre 17 ? je tiens à préciser que tous les petits trucs que j'ai pu sortir pendant la "conversation" du petit-déjeuner entre Drago et Ron ne fait pas du tout partie du canon, je me suis un peu éclatée sur ce passage là x)
Quoiqu'il en soit, j'attends vos reviews avec impatience !
Concernant le prochain chapitre, il n'est pas encore écrit donc je vais essayer de le poster la semaine prochaine, mardi ou mercredi (je dis bien essayer parce que si l'inspiration n'est pas au rdv bah... ^^')
Bonne semaine à tous ;)
