Bonjour à tous !

Je suis désolée de n'avoir rien mis pendant trois semaines :/ un manque d'inspiration et surtout beaucoup beaucoup de boulot qui m'ont empêché d'écrire... mais me revoilà, avec un nouveau chapitre où on retrouve nos quatre "randonneurs" ;p

Merci à invictus adrii, floeli, Sayrus, Nobuta-chuunyuu, JJ , IKNOX3, Caeme et Anandine de m'avoir ajouté en follow (et en fav pour certains :D) et surtout merci à tous ceux et celles qui ont laissé une review, ce chapitre a été particulièrement gâté (bon, c'est peut-être aussi parce que je suis partie longtemps mais bon ^^') : donc merci à Charliee3216, Swangranger, Madie0248, invictus adrii, Naty, Guest, Caeme et Ocane !

Bonne lecture !


RAR :

Naty : merci pour ta review ! les chamailleries continuent dans ce chapitre donc enjoy ;p à bientôt j'espère ! :)

Guest : salut :) je t'avoue que je ne sais pas si tu as déjà commenté ici, j'ai eu un guest qui trouvait mon Harry complètement stupide, c'est peut-être toi ;p en tout cas, merci pour ta review ! oui, ce n'est pas facile pour Drago mais personne ne se met du côté de Harry et Ron, pour eux non plus ce n'est pas génial d'être coincé avec un Serpentard qu'ils ont détesté pendant des années x) (bon, après, c'est vrai que Drago est tout seul et pas eux ^^)

Ocane : coucou, merci pour ta review, j'espère que l'histoire va continuer à te plaire :) à bientôt j'espère !


Après avoir marché quelques heures, le Trio et Drago s'arrêtèrent en début d'après-midi au beau milieu des arbres, dans une partie plus dense et sombre de la forêt. Tandis qu'Hermione lançait des sortilèges de protection en compagnie de Drago – qui s'efforça d'aller aussi vite que possible pour qu'elle ne se fatigue pas – Ron monta la tente tandis qu'Harry s'éloignait un peu pour aller chercher du bois.

Hermione le regarda partir avec tristesse. Tout s'était passé tellement vite depuis la mort de Dumbledore qu'elle n'en avait pas vraiment parlé avec son ami. Elle se demanda si lui avouer que le vieil homme se savait malade et proche de la fin aiderait son ami. Mais la peur qu'il lui en veuille pour avoir gardé un tel secret pour elle l'empêcha de le suivre pour lui raconter ce qu'elle savait.

On verra plus tard, décida-t-elle avant de rentrer dans la tente pour empêcher Ron et Drago de se disputer.

Mais ils se chamaillaient déjà dans la cuisine, la tête au-dessus du sac de provisions que leur avait donné madame Rosmerta. S'ils étaient tous les deux d'accord sur la quantité – entre Ron qui n'avait jamais connu que les bons petits plats de Molly et la cuisine de Poudlard et Drago qui n'avait jamais dû manquer de rien non plus, ils faisaient au moins la paire pour ça, songea Hermione avec amusement – le menu semblait diviser les opinions.

- Il est hors de question qu'on mange des navets, je déteste ça ! s'écria Drago.

- Tu n'es pas dans ton manoir où tu peux donner des ordres à tes elfes de maison, Malefoy ! répliqua immédiatement Ron. Et au cas où tu n'aurais pas remarqué, on n'a pas vraiment assez de provisions pour pouvoir se passer de navets ! il faudra bien les manger à un moment ou à un autre !

- On n'aura qu'à…

C- 'est bon, vous avez fini ? les interrompit Hermione qui les toisait d'un regard torve.

Drago avait beau faire d'énormes efforts, son mauvais côté enfant gâté ressurgissait encore par moments. Merlin savait que Ron l'avait aussi, mais à cet instant, Hermione lui donnait raison. Ils n'avaient vraiment pas de quoi faire les fines bouches.

Drago rougit furieusement, gêné de s'être fait surprendre par la jeune fille. Il se moquait bien que Ron le prenne pour un garçon pourri-gâté mais Hermione, non, il ne voulait pas qu'elle ait quoi que ce soit à lui reprocher. Il détourna la tête en apercevant le regard triomphant de Ron.

Hermione s'en rendit aussi compte et pour calmer le jeu, elle lança :

- Lequel d'entre vous cuisine ?

A ces mots, ils échangèrent un regard bref avant de se dandiner comme deux enfants pris en faute. Ron avait bien remarqué qu'elle se moquait gentiment d'eux mais cela n'enlevait rien à la triste réalité : l'un comme l'autre auraient été bien en peine ne serait-ce que d'éplucher correctement des pommes de terre.

- Je vais m'en occuper.

Harry était revenu et il passa devant Hermione avant d'aller farfouiller dans le sac.

- Tu n'es pas obligé, Harry, reprit aussitôt la jeune fille, je peux le faire.

- Non, c'est bon. Ce n'est pas parce que tu es la seule fille que tu dois t'occuper de tous les repas.

Hermione sourit, reconnaissante. Drago et Ron, eux, ne savaient plus où se mettre. La société sorcière, même chez les familles les plus ouvertes comme les Weasley, souffrait encore de quelques décennies de retard par rapport aux Moldus – Harry tenait cependant plus ses pensées d'égalité des sexes de la société moldue en général que de son ancien foyer : Vernon Dursley aurait été incapable de faire cuire des pâtes. Au Terrier, Molly avait toujours fait la cuisine, le ménage, les lessives… quant aux Malefoy, si Narcissa supervisait plus qu'elle ne participait réellement aux tâches ménagères, Drago se demanda si son père avait déjà mis un pied dans la cuisine.

- Je peux t'aider si tu veux ! suggéra Ron.

- Euh… ouais, pourquoi pas ! répondit Harry avec un enthousiasme un peu feint.

Bizarrement, il ne s'imaginait pas Ronald Weasley comme un grand cordon bleu.

Voyant que Drago se retrouvait une fois de plus coincé au milieu d'un groupe dont il ne pouvait que se sentir exclu, Hermione lâcha d'une voix satisfaite :

- Très bien ! vous vous occupez du déjeuner, Drago et moi on va en profiter pour aller travailler.

- Ne te surmène pas, lança seulement Harry alors qu'elle quittait la cuisine, un Serpentard reconnaissant sur ses talons.

Ils s'installèrent dans le salon où Hermione apporta la pile de livres et la liasse de notes qu'elle avait pris soin d'emporter.

- Tu veux commencer par quoi ? demanda Drago en parcourant rapidement une feuille des yeux.

- L'horcruxe mystère ? proposa-t-elle.

Depuis quelques semaines, un peu découragée par leurs maigres avancées concernant le médaillon et le diadème, Hermione s'était mise en tête de découvrir l'identité du dernier horcruxe. Elle avait ignoré Drago – approuvé pour une fois par Harry et Ron – qui lui avait charitablement signalé que cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Elle avait passé plusieurs heures avec Harry qui lui avait raconté tout ce qu'il avait vu de la vie de Voldemort par l'intermédiaire de la pensine, et en avait méthodiquement couché sur le papier les moindres détails. Les cinq autres horcruxes ne laissaient pas de place au doute : cet horcruxe, comme les autres, était forcément un objet de grande importance pour Voldemort, lié à sa famille ou à Poudlard. Et elle était persuadée que c'était en repassant en revue – dix, vingt fois s'il le fallait – les détails de la vie du mage noir qu'ils trouveraient la réponse à leurs questions.

- Encore ? soupira Drago.

- On est bloqués sur le diadème, maintenant qu'on n'a plus la Dame Grise sous la main, expliqua Hermione un peu plus sèchement qu'elle ne le voulait, et j'en ai marre de me casser la tête sur ce fichu R.A.B. !

- Eh bien moi je pense au contraire qu'on devrait continuer sur cette voie !

- On a déjà passé en revue toutes les familles liées de près ou de loin à l'Ordre du Phénix et à la résistance ! s'agaça Hermione que la fatigue rendait peu amène aux contrariétés. Plutôt que de continuer à faire du surplace, on devrait tenter de trouver des infos sur le dernier, il est aussi important que les autres !

- Bien sûr mais…

- Bon, c'est moi qui décide, d'accord ?!

Elle avait crié et Drago vit du coin de l'œil Harry passer la tête par l'encadrement de la porte de la cuisine, sans rien dire cependant. Le Survivant avait déjà vu sa meilleure amie agacée, exaspérée, mais en colère…

L'accès sembla d'ailleurs passer aussi vite qu'il était arrivé puisque, les joues rosies par l'embarras, Hermione releva la tête au bout d'un instant :

- Excuse-moi Drago, je ne sais pas ce qu'il m'a pris…

- Tu as pris ton traitement ? demanda abruptement le jeune homme sans tenir compte de ses excuses.

- Je… oui, ce matin, puis tout à l'heure…

- Et ta portion de midi ?

Hermione était stupéfaite par ces questions, pas moins d'ailleurs qu'Harry et Ron qui, décidés à ne pas s'en mêler – avant d'être sûrs que la colère de leur amie ne se retourne pas contre eux en tout cas – s'étaient cependant avancés jusqu'à la porte de la cuisine, chacun un navet et un économe à la main.

- J'allais le faire, répondit enfin Hermione.

Drago jeta un bref regard à la pendule cabossée accrochée au mur. Il savait pour l'avoir observée que la jeune fille prenait assidument sa potion à 12h30, au début du déjeuner.

Il était 13h18.

- Tu as du retard, reprit-il en la regardant. Tu l'as prise si souvent à la même heure que le moindre changement peut provoquer des accès de colère comme celui dont tu viens de me gratifier.

- Comment tu sais ça ? lança Ron.

- Je l'ai déjà vu, commenta simplement le Serpentard sans lâcher Hermione des yeux.

- Tu parles de Mrs Parkinson ? demanda doucement cette dernière.

Le jeune homme pâlit un instant et jeta un coup d'œil à Harry et Ron.

- Tu… enfin vous savez ?

L'air placide des deux amis montrait en effet qu'ils étaient parfaitement au courant.

- Pansy me l'a dit, en début d'année, quand elle a découvert pour mon cancer.

- Et naturellement, tu t'es empressée d'aller tout raconter à Potter et Weasley ?

Hermione ressentit un léger coup au cœur en entendant ce ton sarcastique et froid, presque méprisant, qu'elle espérait ne plus jamais entendre.

Drago aurait voulu ne pas être en colère contre elle. Mais il s'agissait de Pansy. Sa meilleure amie, sa presque sœur, qui s'était donnée tellement de mal pour garder ce secret. Qu'elle l'ait révélé à Hermione lui paraissait déjà stupéfiant, alors apprendre que la Gryffondor avait aussitôt fait passer l'information à Potter et Weasley le mettait en effet dans un état de rage qu'il s'efforça difficilement de contenir.

Hermione rougit brusquement, comme si le professeur Slughorn venait de lui apprendre que sa potion était ratée. Elle essaya immédiatement de s'expliquer :

- Je… j'avais dû leur expliquer…

- Tu n'avais rien à leur expliquer ! répliqua férocement Drago. Ce n'était pas, ce n'est pas ton secret ! Pansy ne l'a dit qu'à Blaise et moi. Tu sais ce que ça lui ferait d'apprendre que les autres personnes dans la confidence sont Potter et Weasley ?!

Aussi soudainement que la première fois, Hermione sentit la colère monter en elle sans qu'elle ne puisse la maîtriser :

- Eh bien elle n'avait qu'à pas me le dire !

Elle se détesta instantanément pour avoir dit une chose pareille. C'était enfantin, ridicule et faux. Le regard du Serpentard en cet instant lui rappela celui que lui avait lancé Harry en troisième année, lorsqu'il s'était vu confisquer son éclair de feu par McGonagall à cause d'elle. Parce qu'elle n'avait pas été fichue de tenir sa langue. Parce qu'elle pensait toujours qu'elle avait raison et que ce qu'elle faisait était la meilleure chose à faire.

Drago se leva brusquement, faisant grincer sa chaise sur le parquet usé.

- Drago…, commença aussitôt Hermione dont la rage avait de nouveau disparu aussi vite qu'elle était arrivée.

- Prends ton traitement, ça t'évitera de dire des conneries, grommela le jeune homme avant de quitter la pièce.

Elle sentit ses yeux se remplir de larmes mais ne fit rien pour le retenir. Harry et Ron qui avaient eu la sagesse de ne pas intervenir regardèrent le Serpentard claquer violemment la porte de sa chambre avant de reporter leur regard sur Hermione.

La colocation commençait bien.


Le déjeuner se passa dans un silence pesant et surtout à trois. Lorsqu'Hermione avait décidé une fois de plus de forcer les choses en allant voir Drago, Harry l'avait arrêtée.

- Laisse-le, avait-il soupiré, laisse-lui un peu de temps pour se calmer.

- Il ne va pas sauter le déjeuner ! argumenta aussitôt la jeune fille qui cherchait une excuse.

- Je n'ai pas dit ça.

Sous l'œil stupéfait d'Hermione, Harry assembla rapidement un plateau-repas et se dirigea vers la porte de la chambre du Serpentard. Sans même s'être consultés, Hermione et Ron se penchèrent d'un même mouvement pour le regarder frapper quelques coups à la porte avant de lancer :

- Malefoy, je t'ai mis ton repas devant la porte si tu le veux.

Un silence de mort s'ensuivit pendant quelques secondes avant qu'une réponse ne lui parvienne :

- Ok.

Harry n'avait rien ajouté et était revenu dans la cuisine où ils avaient rapidement déjeuné sans mentionner la dispute qui venait d'avoir lieu.


Plus tard dans l'après-midi, alors que Ron avait proposé – décision qu'il avait rapidement regretté – à Hermione de l'aider dans ses recherches, Drago en profita qu'ils s'étaient mis dans la chambre de la jeune fille pour s'éclipser discrètement de sa chambre. Il avait besoin de prendre l'air.

Mais en quittant la tente, il tomba sur Harry qui regardait pensivement un bout de papier élimé. Dès qu'il vit son camarade, le Survivant murmura quelque chose et referma rapidement ce qui semblait être une carte. Drago inspira profondément, en se répétant que ce n'était pas la peine de se sentir vexé, même si un soupçon d'amertume ne le quittait pas.

- Salut, dit seulement Harry.

- Hum… salut, répondit maladroitement Drago.

Il s'était attendu tout à l'heure à voir Hermione débarquer pour faire son mea culpa mais à vrai dire, il avait été plutôt soulagé qu'elle ne vienne pas. Cependant, quelle n'avait pas été sa surprise en entendant la voix d'Harry derrière la porte. Ca ressemblait fichtrement à des efforts, alors Drago décida d'en faire aussi.

- Merci au fait… pour le déjeuner.

- De rien.

- J'étais pas vraiment d'humeur à accueillir les excuses d'Hermione, poursuivit-il, mal à l'aise, comme s'il devait se justifier.

- Je m'en suis douté.

Ils restèrent silencieux quelques secondes puis c'est Harry qui reprit la parole :

- J'ai vécu toute mon enfance chez mon oncle et ma tante. Des Moldus. Ils me détestaient, mon statut de sorcier les répugnait et leur faisait peur. Mais ils m'ont gardé pendant onze ans, et ont continué de m'accueillir pendant les vacances après ça.

Il remarqua le regard de Drago qui avait l'air de dire « et sinon, pourquoi est-ce que tu me racontes ta vie… ? ».

- Tout ça pour dire que je sais ce que ça fait de se sentir de trop, reprit calmement le Gryffondor, d'être au milieu de gens qui s'entendent bien, qui s'aiment, et de se demander ce que tu fais là, d'avoir l'impression d'être un intrus.

Drago se contenta de hocher la tête.

Il avait rapidement su, par d'autres élèves, que le célèbre Harry Potter avait été élevé par des Moldus. Mais il ne pensait pas – en fait, il n'y avait pas vraiment réfléchi, vu qu'il s'en moquait pas mal – que ceux-ci avaient pu mal se comporter avec lui. En fait, il s'était toujours imaginé que les Moldus ayant eu des enfants sorciers devaient exploser de fierté, fascinés de découvrir le monde magique – non parce que franchement, il était cent fois mieux que le leur ! Il ne lui était pas venu à l'idée que certains Moldus pouvaient mépriser les sorciers comme lui avait pu le faire à leur égard.

Plongé dans ses pensées, il remarqua à peine qu'Harry s'était levé, époussetant légèrement la neige tombée sur son pantalon.

- Il ne faut pas en vouloir à Hermione tu sais, déclara-t-il en rangeant sa baguette dans sa poche. Même si elle ne fait pas toujours ce qu'il faut, ça part toujours d'une bonne intention. Et je te promets que ni Ron, ni moi, n'avons parlé de ça à qui que ce soit.

- Ouais enfin quand il faut garder le secret de Dumbledore, aucun problème mais celui de Pansy…

- Attends une minute Malefoy… quel secret ?!

Drago leva les yeux vers lui et se rendit compte de sa gaffe.

Oups.

Mais trop tard, Harry se précipitait à l'intérieur de la tente.


Hermione travaillait avec Ron – enfin, ils discutaient plus qu'autre chose – dans sa chambre lorsqu'Harry débarqua bruyamment, faisant claquer la porte contre le mur. Ses deux amis levèrent la tête vers lui, surpris, plus encore lorsqu'ils remarquèrent son air sombre et ses sourcils froncés :

- Tout va bien, mon vieux ? demanda Ron.

- Hermione, dis-moi que tu n'as pas gardé un secret concernant Dumbledore ?!

La voix était calme, mais dissimulait difficilement une colère grandissante. Hermione n'eut pas besoin de répondre, sa carnation le fit pour elle. Elle rougit violemment en entendant les mots de Harry, puis pâlit légèrement – ce qui la fit pendant quelques instants ressembler à un gyrophare – en voyant arriver Drago, l'air un peu ennuyé – mais pas trop non plus, il lui en voulait toujours un peu quand même !

- Désolé, j'ai gaffé, marmonna le Serpentard en fourrant ses mains dans ses poches.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? lâcha Ron, confus.

- Je suis désolée Harry, mais il m'a fait promettre de ne pas en parler, même pas à toi…, balbutia la jeune fille.

- Il est mort Hermione ! rugit férocement le Survivant. Alors, tu dois tout me dire, ça pourrait être très important !

- Ca ne l'était pas, enfin, ça ne l'est plus…

- C'est à moi d'en juger !

Hermione secoua la tête, ses cheveux ébouriffés se balançant doucement autour de son visage, et c'est d'une voix tremblante qu'elle répondit :

- Je savais. Je savais qu'il était malade, et je savais qu'il allait en mourir.

- Quoi ?!

- Bellatrix n'a fait qu'accélérer quelque chose d'inéluctable.

- Je… comment as-tu pu me cacher une chose pareille ?! s'égosilla de nouveau le jeune homme.

Comme Hermione, il avait les yeux brillants. Mais c'était tellement plus facile de cracher sa colère que son chagrin.

- Je voulais te le dire, mais il m'avait fait promettre… et malgré les instructions de McGonagall, je suis venue te chercher quand il a été emmené à Sainte-Mangouste !

- J'aurais pu…

- Tu n'aurais rien pu faire, Harry, intervint Ron. Ca n'aurait rien changé si tu l'avais su….

Sans vouloir se ranger dans un camp ou l'autre, tenta de calmer les choses – il y avait déjà eu suffisamment de cris et d'émotions aujourd'hui, surtout pour Hermione qui n'allait pas tarder à craquer si elle continuait à se faire hurler dessus.

- Bien sûr que si ! répliqua l'intéressé d'une voix forte, autant pour convaincre les autres que lui-même. J'aurais passé plus de temps avec lui, il aurait pu… il lui restait tellement de choses à me dire…

A court d'idées, il relança l'attaque contre son amie :

- Comment as-tu pu me faire ça, Hermione ?

- Harry, je t'en prie, je…

Elle n'eut pas l'opportunité de finir sa phrase et s'effondra dans les bras de Ron à ses côtés. Ce qui au moins le mérite de faire fondre la colère d'Harry comme neige au soleil et il se précipita vers son amie en même temps que Malefoy :

- Hermione !

- Tu étais vraiment obligé de lui hurler dessus comme ça ? lança Ron sur un ton de reproche.

Harry se contenta d'un léger grognement et aida Ron à l'emmener jusqu'au salon où ils l'allongèrent sur le canapé.

- On ne devrait pas la mettre dans sa chambre ? s'enquit ce dernier en coinçant un gros pull sous sa tête.

Harry haussa simplement les épaules et s'assit sur le fauteuil en face, le regard fixé pensivement sur son amie. Il savait bien qu'il n'aurait pas dû s'énerver de la sorte. Il se sentait un peu bête maintenant. Et se demanda s'il n'avait pas été un peu jaloux pendant un instant. Ce qui paraissait ridicule à présent. N'importe qui connaissant un tant soit peu Hermione aurait compris que Dumbledore ne lui avait pas confié ce secret, elle avait bien évidemment dû le découvrir toute seule, maligne et surtout curieuse comme elle était. Et quand Albus Dumbledore vous demandait de garder un secret, vous le gardiez.

Il se rendit compte que ce n'était pas tellement le fait qu'Hermione lui ait caché l'agonie de son mentor qui l'ennuyait. C'était de savoir que Dumbledore était condamné. Qu'il n'y avait rien qu'il aurait pu faire pour empêcher sa mort.

Et ça, bon sang ce que ça faisait mal.

- C'est normal qu'elle ne soit toujours pas réveillée ? Malefoy, c'est normal ?

Harry ignorait depuis combien de temps il était plongé dans ses pensées mais à voir l'air inquiet de Ron, plus longtemps qu'il ne le pensait. Hermione n'avait pas bougé d'un centimètre et il se tourna lui aussi vers Drago qui marmonna :

- Je… normalement, ça ne dure pas longtemps… il n'y a qu'une fois ou deux où elle était très fatiguée et donc…

- Il faut la réveiller, décida soudain Harry.

Ni Ron ni Drago n'osèrent protester – aucun des deux n'ayant d'idée de rechange – et ils restèrent de marbre tandis qu'Harry, soudainement angoissé, s'accroupissait près de son amie. Il la secoua doucement par l'épaule :

- Hermione… Hermione, réveille-toi.

Devant son manque de réaction, il la secoua un peu plus fort, finit même par lui donner des tapes sur les joues mais la jeune fille restait désespérément inanimée.

- Ok, je panique un peu, là ! prévint Ron en se levant d'un bond.

Il essaya à son tour mais sans succès. Il suggéra de lui lancer un seau d'eau froide en plein figure, s'attirant un regard noir d'Harry et de Drago.

- Attendons un peu, proposa finalement le Serpentard, elle a subi beaucoup d'émotions depuis hier, il lui faut peut-être un peu plus de temps cette fois…

Au bout d'une heure et demie, les trois adolescents durent se rendre à l'évidence : Hermione ne se réveillait pas.

Drago avait commencé à faire les cent pas dans le salon, rageant contre l'absence de cigarettes pour évacuer son stress, Ron restait debout devant son amie en se rongeant l'ongle du pouce. Harry quant à lui avait repris place dans le fauteuil et il la fixait presque sans la voir, perdu dans ses pensées.

- Il faut l'emmener à Sainte-Mangouste, déclara finalement Ron.

- T'es con ou quoi ? répliqua Drago que l'angoisse rendait décidément très aimable. Vous êtes probablement les trois personnes les plus recherchées du pays !

- Elle ne se réveille pas Malefoy ! Elle est malade ! s'époumona le rouquin en articulant chaque mot comme s'il parlait à un idiot. Tu es médicomage ? Parce que moi non ! mais je ne la laisserai pas…

- Ron a raison, trancha soudain Harry.

- Tu veux qu'on aille à Sainte-Mangouste ?! s'exclama Drago qui pensait vraiment que « l'Elu » avait plus de jugeote que ça.

- Non. Il va falloir que l'aide vienne à nous.

Voyant que ses camarades ne saisissaient pas le sens de ses propos, il soupira et reprit :

- Il faut trouver le docteur Jones.


Voilà ! bon , j'espère que vous n'êtes pas trop remontés contre Harry (je sais qu'il ne compte pas que des fans ^^) d'autant que Drago a aussi mis son grain de sel ;)

Dites-moi ce que vous en avez pensé, je suis impatiente d'avoir vos avis ! :)

Pour le prochain chapitre, je vais faire simple et ne pas donner de date, je préfère faire ça plutôt que de vous promettre un chapitre qui n'arrivera pas à la date dite :/ je vais en tout cas essayer de publier le plus tôt possible et surtout dans un délai de deux semaines !

Merci de m'avoir lue et à bientôt !