Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien :)

Le petit nouveau est là, il vient d'être terminé et je vous le poste directement (sinon après je vais oublier ^^), j'espère qu'il vous plaira !

Merci à modigou29 pour m'avoir ajouté en follow, RedArzenic en favori et un grand merci à Charliee3216, Madie0248, Swangranger, Caeme et Oceane (je suis désolée, je viens de me rendre compte que j'avais un peu écorché ton nom dans le dernier chapitre ^^') pour leurs reviews :)

Bonne lecture !


RAR :

Oceane : eh oui, Merlin sait que Drago a des défauts donc il peut, entre autres, se montrer assez perfide comme tu dis ! mais c'est sous le coup de la colère ! et pour Hermione, je te laisse à la lecture du chapitre ;) merci pour ta review et à bientôt :)


Bathilda Jones referma la porte de son bureau en soupirant. La journée n'était pas finie et pourtant, elle se sentait déjà terriblement lasse. S'occuper de sorciers blessés par des attaques de mangemorts n'était pas vraiment une bonne façon de commencer son après-midi.

La jeune femme s'assit derrière son bureau tout en se massant les tempes avant de parcourir une pile de parchemins du regard.

- Dr Jones ?

L'intéressée poussa un cri de surprise et fit un brusque mouvement en arrière. Un homme d'une cinquantaine d'années aux cheveux grisonnants venait d'entrer dans son bureau. Il portait des vêtements moldus et la fixait, en attendant qu'elle reprenne son calme sans doute.

- Qui êtes-vous ?

- Ca n'a pas d'importance, j'ai des questions à vous poser.

Bathilda haussa un sourcil. A la frayeur avait succédé l'agacement.

- Ecoutez Monsieur, si vous n'avez aucun problème de nature médicomagique, je vais vous demander de bien vouloir quitter mon bureau, dit-elle en se levant pour lui indiquer elle-même la sortie.

- Avez-vous déjà entendu parler d'Hermione Granger ?

La jeune femme se figea pendant un très court instant avant de répondre avec humeur :

- Hermione qui ? Ah, vous voulez parler de l'amie d'Harry Potter ? Oui, j'ai déjà entendu son nom, comme tout le monde.

- Vraiment ? On dit pourtant qu'elle est une de vos patientes.

Cette fois, heureusement, Bathilda parvint à garder une expression neutre, tandis que son esprit s'affolait. Hermione ne s'était jamais cachée en venant la voir et répéter cette information ne tenait pas strictement du secret médicomagique… mais elle ne pouvait croire qu'un de ses collègues avait pu la, les vendre aux Mangemorts.

- Navrée mais je n'ai jamais vu miss Granger de ma vie, répondit-elle fermement.

- Vraiment ?

- Je pense que je m'en souviendrais si c'était le cas. Ce sera tout ?

- Oui, je vous remercie.

Pendant une fraction de seconde, Bathilda crut que l'homme allait sortir sa baguette pour lui jeter un sort – elle-même avait porté la main à sa manche – mais il se contenta de sortir une fiole de sa poche et s'avança vers elle pour la lui montrer.

- Dr Jones, je suis Drago Malefoy et je viens de la part d'Hermione.

La jeune femme écarquilla les yeux puis les baissa vers sa main qui tenait une fiole. Une fiole de traitement contre le cancer qu'elle avait donné à sa patiente, quelques semaines plus tôt.

La frayeur passée, la jeune femme sentit une nouvelle colère monter en elle et même si elle ne parvenait pas à décerner derrière l'homme d'âge mûr l'adolescent dont elle connaissait l'apparence, c'est en connaissance de cause qu'elle lui lança sévèrement :

- Vous êtes complètement fou d'être venu ici M. Malefoy ! il y a des avis de recherche à votre effigie jusque dans les couloirs de cet hôpital !

- Je sais, je les ai vus. Pas vraiment mon meilleur profil… d'où l'utilisation du polynectar.

Bathilda crut déceler une pointe d'amusement dans la voix calme de son interlocuteur, ce qui eut pour effet de l'agacer plus encore. Comment ce jeune idiot pouvait-il trouver cela drôle ?

C'est cependant d'une voix plus grave qu'il reprit :

- Justement, nous n'avons pas beaucoup de temps, je vais reprendre mon apparence dans une quinzaine de minutes et il faut que nous retournions à l'aire de transplanage. Hermione s'est évanouie et elle n'a pas repris conscience, vous devez venir avec moi, nous ne savons plus quoi faire.

- « Nous » ?

Le jeune homme lui lança un regard significatif et elle manqua de s'étouffer :

- Vous êtes en cavale avec Harry Potter ?

- Et Ron Weasley. Croyez-moi, ce n'est pas par plaisir. Ils sont avec Hermione en ce moment et ils nous attendent.

Secouant légèrement la tête pour reprendre ses esprits, Bathilda ôta sa robe verte de guérisseur et se dirigea vers un placard pour en sortir une trousse de premiers secours.

- Depuis combien de temps est-elle inconsciente ? demanda-t-elle tout en fouillant parmi ses fioles.

- Près de deux heures. Vous savez ce qui lui arrive ?

- Je ne peux faire aucun diagnostic avant de l'avoir vue. Allons-y.

Elle alla ouvrir la porte de son bureau et jeta un coup d'œil dans le couloir avant de reculer.

- Très bien, allez-y d'abord. Je suis juste derrière vous. Où allons-nous ?

- Je ne peux pas vous le dire, il va falloir supporter un transplanage d'escorte.

Le docteur hocha la tête. Oui, bien sûr. Les adolescents avaient beau lui faire confiance jusqu'à venir la chercher, ils n'allaient pas non plus lui révéler le lieu de leur cachette.

- Vous vous souviendrez de ma tête ? s'assura le jeune homme. Quand je suis arrivée, l'aire était bondée, il ne faudrait pas que vous vous trompiez.

- Je ne risque pas de vous oublier, vous avez aux joues une rougeur qui trahit un alcoolisme prononcé.

Drago laissa échapper un rire bref et après un signe de tête, il disparut dans le couloir. Bathilda s'accorda juste quelques secondes pour s'appuyer contre le mur. Ces derniers jours, elle s'était efforcée d'accomplir son métier sans se mêler de près ou de loin à ce qui se passait et comme beaucoup de monde, elle avait assisté, impuissante, à l'arrestation de plusieurs de ses collègues nés-moldus. Et pourtant, elle n'avait pas hésité une seconde lorsque Drago Malefoy, recherché par tous les Mangemorts de Grande-Bretagne et d'Irlande était venu la voir pour lui demander de l'aide pour Hermione Granger, encore plus recherchée, actuellement en cavale avec Harry Potter, déclaré ennemi public n°1.

La jeune femme inspira profondément. Elle avait bien conscience de foncer la tête première dans les problèmes. Mais elle avait fait un serment, voilà plus de dix ans, et ce n'était pas le moment de reculer.

Bathilda se redressa, attrapa sa trousse de secours tombée à ses pieds et partit rejoindre Drago Malefoy.


A peine sorti du bureau du docteur Jones, Drago retrouva la nervosité qui ne l'avait pas quitté depuis qu'il avait laissé une Hermione toujours inconsciente aux « bons soins » de Potter et Weasley. Ils avaient dû aller vite. Ron avait transplané dans un village moldu lambda et subtilisé quelques mèches de cheveux sur un habitué du pub local avant de revenir dans la forêt où Drago et Harry l'attendaient avec une fiole de polynectar qu'Hermione avait eu l'intelligence – sur le moment, tous trois s'étaient même accordés à dire le « génie » – d'emporter dans leurs bagages – lorsque Drago avait demandé où est-ce qu'elle avait bien pu en dénicher, Harry lui avait répondu avec un grand sourire qu'il espérait bien qu'elle était allée dévaliser la réserve de Rogue.

Une fois la potion prête, il avait fallu décider qui se rendrait à Sainte-Mangouste pour en ramener la guérisseuse.

- Je vais y aller, lança immédiatement Harry.

Drago était sûr que le « Survivant-qui-risquait-de-ne-plus-survivre-très-longtemps » allait se proposer, grand prince. Ron pensait apparemment la même chose puisqu'il échangea un regard avec le Serpentard avant de répliquer :

- Arrête Harry, on sait très bien que s'il y en a un qui est hors-jeu, c'est toi.

- Pas du tout, protesta aussitôt le jeune homme. Je…

Mais Drago l'interrompit presque immédiatement :

- On n'a pas le temps pour ça. Potter tais-toi et Weasley, donne-moi la potion, je vais y aller.

- Il y a cinq minutes, tu refusais de mettre le moindre orteil hors de cette tente ! lança le rouquin avec un sourire sarcastique.

- Ca me paraissait juste très con que vous vous rendiez tous les trois dans un endroit public. Ce qui laisse moi.

- Tu es recherché aussi, fit remarquer Harry.

- Peut-être mais, même si ça me fait mal de l'admettre, je suis beaucoup moins important.

Harry et Ron avaient échangé un regard puis sans un mot, ce dernier lui avait donné le polynectar.

Tout en marchant dans les couloirs de l'hôpital, Drago ne put s'empêcher de jeter un coup par-dessus son épaule. Le docteur Jones le suivait, une dizaine de mètres derrière. Elle remarqua son manège et lui lança un regard noir pour lui signifier de se retourner, ce qu'il fit en déglutissant difficilement.

Il était parfaitement familier avec le sentiment qui le tenaillait en ce moment même. Car contrairement à ce qu'il laissait croire, il l'avait déjà suffisamment ressenti pour en reconnaître l'amère saveur.

Une effroyable peur.

Il aurait aimé se dire que la connaissance d'Hermione en danger était seule responsable de cet état mais c'aurait été mentir. Il avait beau avoir d'éphémères et spontanés accès de courage, il avait bien l'impression d'être toujours un lâche. En arrivant à Sainte-Mangouste, il avait été bousculé un mangemort qu'il avait aussitôt reconnu pour l'avoir déjà croisé au manoir, et il avait dû faire appel à tout son sang-froid pour ne pas partir en courant, se rappelant juste à temps que personne n'était censé le reconnaître.

Derrière lui, Bathilda n'était elle-même pas très à l'aise. Elle s'efforçait de sourire aimablement aux collègues qu'elle rencontrait, mais sans s'arrêter, pour éviter les conversations, qui amèneraient des questions.

- Vous allez quelque part Jones ?

La jeune femme sentit son cœur se glacer en voyant se dresser devant elle Mark Hatner, du service d'empoisonnement par potions et plantes, et qu'elle soupçonnait – comme la moitié de Sainte-Mangouste – d'être un parfait connard, aux opinions ni très claires, ni très honorables.

Il fallait que je tombe sur lui…

- Non pas que ça vous regarde Hatner, répondit-elle d'une voix qu'elle espérait calme et ferme, mais j'ai une urgence. Vous m'excusez ?

- Une urgence ? vous n'avez jamais d'urgence.

Il était vrai qu'au service des virus et microbes magiques, les urgences médicales demandant la présence immédiate d'un médicomage n'étaient pas fréquentes. Cette vérité, ajouté au fait que Bathilda savait qu'Hatner avait des vues sur elle depuis qu'elle avait intégré Sainte-Mangouste ne l'arrangeait vraiment, mais alors vraiment pas.

- Je sais, mais j'ai un patient qui fait une crise et ses parents n'osent pas le déplacer, répliqua-t-elle précipitamment en tentant de le contourner.

Elle croisa le regard de Drago qui s'était bien sûr arrêté en les entendant – Mark Hatner ne savait pas parler posément et ses interventions tenaient plus de discours politiques hurlés à une foule en délire que d'une discussion normale. Bathilda fixa Drago. Ce petit crétin avait sa main dans sa poche et dans le doute qu'il ne sorte sa baguette pour lui venir en aide, elle secoua imperceptiblement la tête.

- Ca vous dirait d'aller prendre un verre après le boulot ?

Bathilda sentit sa gorge se serrer. Ce gros lourdaud de Hatner faisait une tentative environ une fois par mois et il fallait que ça tombe maintenant. Elle n'avait pas le temps, bon sang !

Elle s'en tirait d'habitude avec une mauvaise excuse qu'elle avait de plus en plus de mal à rendre crédible mais si elle répondait par la négative, elle se savait partie pour une négociation d'une bonne dizaine de minutes. Et franchement, c'était sans doute de la paranoïa mais elle se demandait si le Drago poivre et sel ne venait pas de gagner quelques cheveux blonds.

C'est donc en pensant très fort à sa patiente et à son serment de guérisseur qu'elle s'efforça de sourire et répondit :

- Oui, pourquoi pas !

Vu l'air absolument stupéfait de son interlocuteur, elle se demanda un instant si elle aurait dû y aller aussi directement. Mais avec un peu de chance, Hatner n'avait pas assez de jugeote pour se méfier de ce revirement suspect.

Elle profita de sa surprise pour passer devant lui en lançant un simple « on en reparle tout à l'heure » et repartit presque en courant.

Maintenant, elle en était sûre, Drago Malefoy était en train de redevenir blond.


Quelques minutes plus tard, Bathilda retrouvait un Drago Malefoy désormais plus sel que poivre à la zone de transplanage. Slalomant entre les sorciers qui arrivaient brusquement et ceux qui repartaient, elle se posta à côté du jeune homme qui marmonna sans la regarder :

- C'était qui ce crétin ?

- Un crétin avec qui j'ai dû accepter d'aller prendre un verre, grinça-t-elle seulement avant de saisir discrètement son poignet. Allons-y par Merlin, vous êtes en train de vous retransformer.

- Je sais, merci. Bon, vous fermez les yeux, je vous fais confiance.

Elle se contenta de hocher la tête et obéit. Elle ouvrait la bouche pour parler mais ils transplanèrent brusquement.

Lorsqu'ils réapparurent, la jeune femme se rappela pourquoi elle détestait – comme tout le monde, non ? – les transplanages d'escorte et elle retint un haut-le-cœur. Elle regarda la forêt autour d'elle puis avisa la tente à quelques mètres d'elle. Sans attendre Drago qui achevait de reprendre son apparence normale, elle se dirigea d'un bon pas vers l'abri et entra sans cérémonie.

Et c'est dans une petite pièce vieillotte sentant l'humidité qu'elle découvrit les trois sorciers les plus recherchés d'Angleterre.

Elle identifia rapidement Harry Potter, assis sur un fauteuil en face du canapé et Ron Weasley, agenouillé près du même canapé où reposait Hermione Granger. Elle était anormalement pâle et Bathilda inspira profondément avant de poser sa trousse sur la table pour l'ouvrir :

- Messieurs Potter et Weasley je présume, déclara-t-elle tout en farfouillant dans son désordre. Docteur Jones, enchantée.

- Où est Malefoy ? demanda Ron.

Bathilda s'apprêtait à répondre mais son jeune compagnon la prit de vitesse en entrant dans la tente, un sourire ironique aux lèvres :

- Tu t'inquiètes pour moi Weasley ?

Le rouquin se contenta de le foudroyer du regard tandis que le docteur Jones, après avoir posé plusieurs fioles sur la table, vint s'agenouiller auprès de sa patiente.

- Que s'est-il passé ? s'enquit-elle en prenant son poignet pour tester son pouls.

- On s'est, hum… disputés, avoua Harry, pas très fier. Et elle s'est évanouie.

- Ca lui est déjà arrivé avant ! intervint Ron. Quand elle a eu des émotions trop fortes comme la peur, la colère…

La jeune femme leva vivement un doigt pour les faire taire, le temps d'écouter la respiration d'Hermione :

- Bien, elle respire normalement, soupira-t-elle en se redressant. Je vais lui donner une potion mais ça devrait aller.

- C'est tout ? s'étonna Drago.

- Non, ce n'est pas « tout » M. Malefoy ! ce que je craignais est arrivé, un trop-plein de stress a fait augmenter son rythme cardiaque de manière anormale et son corps a décidé qu'il en avait assez, alors il a décidé de faire une pause. Longue. La potion que je vais lui donner est extrêmement puissante et ne pourra être réadministrée avant un mois au moins ! inutile de vous dire que je ne pourrai pas reproduire ce miracle tous les quatre matins !

Elle s'arrêta un instant pour regarder les trois personnes qui lui faisaient face. On avait beau dire ce qu'on voulait sur le « Survivant », ses amis ou encore le « fils Malefoy » mais tout ce qu'elle voyait en cet instant, c'était trois adolescents fatigués, effrayés et qui avaient l'air un peu perdu à vrai dire. Elle s'adoucit un peu et reprit :

- Elle subit beaucoup trop de stress, elle ne peut pas continuer comme ça.

Harry serra les mâchoires et lâcha :

- Allez dire ça à Vold…

- NON !

Le hurlement de la jeune femme les fit tous sursauter et ils la fixèrent un instant, choqués par son ton de sincère terreur. Elle avait immédiatement tourné la tête vers l'entrée de la tente et personne ne parla pendant plusieurs secondes avant qu'elle ne pousse un profond soupir de soulagement :

- Désolée… j'ai entendu des mangemorts en parler ce matin. Ils veulent mettre en place un sortilège pour repérer les… les résistants. Dès que le nom de Vous-savez-qui est prononcé, une sorte de… d'alarme se déclenche et ils apparaissent.

- Quoi ?! s'exclama Drago, stupéfait.

- Je ne sais pas encore s'ils l'ont déjà mis en place mais dans le doute…

Elle porta une main à sa poitrine pour tenter de calmer les battements désordonnés de son cœur. Une véritable terreur l'avait saisie pendant un instant et elle attendit quelques secondes avant de s'agenouiller près d'Hermione. Elle sortit sa baguette et déboucha la fiole avant de se tourner vers les garçons :

- M'autorisez-vous à lui administrer le traitement ?

- Pardon ? demanda Harry.

- Oui, oui, répondit précipitamment Ron.

- De quoi elle parle ? reprit son ami.

- C'est dans le code médicomagique sorcier, marmonna Drago tandis qu'à l'aide d'un sort, la jeune femme faisait ingurgiter la potion à sa patiente. Aucun sorcier ne peut être forcé de prendre quelque traitement que ce soit. Dans les cas où il est incapable de choisir comme ici, ses proches doivent donner l'autorisation.

- Et nous n'avons pas vraiment le temps d'aller consulter ses parents, ajouta Bathilda en se relevant. Je vais rester jusqu'à ce qu'elle reprenne conscience. Ca ne devrait pas être long.

Elle se détourna un instant d'Hermione et les regarda avec détermination :

- Je ne vous dirai pas à quel point c'est de la folie de l'avoir entraînée dans votre petite escapade…

- Non, parce que vous savez très bien ce qui serait arrivé si elle était restée à Poudlard ! répliqua aussitôt Drago.

- Elle ne nous aurait jamais laissé partir sans elle, de toute façon, soupira Harry en regardant son amie.

- Je crois que vous sous-estimez sa maladie. J'avais prescrit une absence de stress. Ce n'était pas à prendre à la légère. Je suis consciente que les évènements actuels ne sont pas de votre fait mais vous devez comprendre que chaque augmentation de son rythme cardiaque combat les effets du traitement. Si je faisais des examens à cet instant même, je doute de voir une tumeur ne serait-ce qu'un tant soit peu diminuée.

- Et qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse, hein ? grogna Ron. On n'arrête pas de lui dire de se reposer, de ne pas trop en faire… mais c'est Hermione, c'est plus fort qu'elle.

- Je connais assez miss Granger à présent pour deviner qu'elle n'acceptera pas d'être mise de côté, admit le docteur Jones, mais ce qu'elle n'accepte pas peut lui être imposé. Dans la mesure du possible, gardez les mauvaises nouvelles pour vous et plus de disputes ! – elle lança un regard sévère en direction d'Harry qui semblait trouver l'accoudoir élimé de son fauteuil absolument passionnant – enfin bref… restez optimistes.

Elle se sentit stupide d'avoir dit ça. Optimistes, comment auraient-ils pu l'être ? Le mage noir venait de prendre le contrôle du pays et son seul but était de tuer un adolescent de dix-sept ans qui avait dû fuir comme une bête traquée, accompagné d'un groupe de jeunes qui auraient dû être en train d'étudier leurs ASPIC plutôt que de crapahuter dans la forêt pour tenter d'échapper à la mort. Consciente de la vacuité de ses paroles, elle leur envoya un sourire empli de compassion.

Mais ils ne la regardaient plus et quand elle vit leurs yeux fixés derrière elle, elle comprit qu'Hermione s'était réveillée.

Elle ne put s'empêcher de remarquer que le jeune Malefoy s'était aussitôt précipité auprès d'elle et l'aidait à se redresser.

- Docteur Jones ? balbutia Hermione en reconnaissant la jeune femme.

- Bonjour miss Granger.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle d'un ton alarmé.

- Rien de grave, répondit aussitôt Bathilda d'un ton rassurant. Un malaise un peu plus long que les autres, vos amis se sont inquiétés et M. Malefoy est venu me chercher.

- Quoi ?! s'exclama Hermione en lançant un regard stupéfait vers le jeune homme qui se racla légèrement la gorge. Tu es allé à Sainte-Mangouste ?! Mais tu es fou ou quoi ?

- On a utilisé une de tes portions de polynectar, expliqua Ron, aucun problème, personne ne l'a vu.

- Et en plus vous avez utilisé du polynectar pour ça ?!

Harry s'apprêtait à intervenir à son tour mais un regard du docteur lui fit comprendre que c'était exactement le genre de situations stressantes qu'il fallait éviter, surtout face à une Hermione capable de s'affoler toute seule en quelques minutes.

Le jeune homme déclara donc de sa voix la plus calme :

- Il reste d'autres fioles, ne t'inquiète pas. Tout s'est bien passé, tu vas bien, c'est le principal.

Elle voulut protester mais se contenta finalement d'acquiescer tandis que le docteur Jones regardait sa montre :

- Je dois retourner à Sainte-Mangouste. Je ne peux pas rester absente trop longtemps.

- Bien sûr, dit Hermione en se levant lentement. Je vais vous raccompagner.

Les trois garçons ne l'en empêchèrent pas mais lui emboîtèrent le pas alors qu'elle suivait la jeune femme hors de la tente. Ils marchèrent quelques instants et Drago finit par réaliser qu'ils étaient en dehors de la zone protégée par les sortilèges lorsqu'il se retourna. La tente avait disparu.

Finalement, Hermione s'arrêta et tout le monde l'imita. Le docteur Jones soupira puis lui envoya un sourire :

- Faites attention à vous miss Granger. Vous aussi, ajouta-t-elle à l'attention des garçons qui hochèrent la tête.

- Merci d'être venue, déclara Harry.

- Ce n'est rien.

- Harry a raison, merci à vous, insista Hermione. Et désolée.

- Pardon ?

La jeune fille inspira profondément, sortit sa baguette et, sous le regard ébahi de ses amis, la pointa vers la jeune femme :

- Oubliettes.


Voilà voilà ! bon, ce n'est pas un chapitre très long et je n'ai pas l'impression qu'il se soit passé énormément de choses mais ça avance petit à petit (dans ma tête en tout cas ^^')

J'attends en tout cas vos reviews avec impatience (qu'avez-vous pensé de la fin ?) :)

Le prochain chapitre est partiellement écrit donc j'ai bon espoir de le publier avant deux semaines - celui-ci n'a mis que dix jours à arriver donc ça devrait aller ;p - je vais en tout cas me pencher dessus entre deux séances de travail !

Merci de m'avoir lue et bonne fin de semaine !