Bonjours à tous ! Le voici, le voilà, moins de six mois après le précédent, un nouveau chapitre ! :)

Bon j'en fais tout un pâté mais en vrai, je ne suis qu'à moitié satisfaite de ce chapitre - ce qui devient embêtant parce que j'ai l'impression de dire ça à chaque fois en ce moment... - mais je vous le présente néanmoins !

Un grand merci à Swangranger, Mlle Petit Pois (bon c'était sur le chapitre 1 mais merci quand même ;p) et caro pour leurs reviews, ainsi qu'à Lolotetine2596, DaiiGoNa, et H223 pour m'avoir mis en follow ou favorite !

Bonne lecture !


RAR :

caro : Coucou :) Je ne sais pas si tu as remarqué mais quand tu as laissé ta gentille review, j'avais posté un chapitre peu de temps avant (même si, je te l'accorde, la fic avait été en pause pendant très longtemps) ! Enfin bref, je suis ravie que l'histoire te plaise et j'espère que la suite te plaira tout autant ! (par contre je ne sais pas s'il manque des mots à la fin de ta review ou si c'est une expression que je ne connais pas ^^) Bonne lecture pour ce chapitre ;)


Soudain, Drago s'arrêta brusquement. Quelques mètres derrière lui, Harry stoppa à son tour en fronçant les sourcils :

- Malefoy ?

- Eh ben c'est pas trop tôt !

Hermione retint un cri et agrippa violemment le bras de Ron. Une demi-douzaine de sorciers sortaient de derrière les arbres et s'approchaient d'eux, baguettes dressées. Tous séparés de plusieurs mètres les uns des autres, à l'exception d'Hermione et Ron, ils s'immobilisèrent, le souffle court.

Et leur cœur s'arrêta un instant lorsque celui qui avait parlé braqua son regard sur Hermione en souriant :

- Ça va faire un moment qu'on te cherche Granger !

Bien sûr, Hermione ne pouvait pas savoir que sa magie s'était tellement affaiblie que le sortilège d'oubliettes qu'elle avait lancé au docteur Jones n'avait pas tenu. Elle ne pouvait pas non plus savoir que son collègue Mark Hatner était lourdaud mais pas complètement stupide et que, soupçonneux après la scène de la veille, il avait assez facilement découvert que Bathilda Jones s'occupait depuis quelques mois d'Hermione Granger et il s'était empressé d'aller relayer cette information aux « autorités compétentes », n'hésitant pas à glisser au passage qu'il apprécierait une petite promotion pour son aide.

Hermione ne pouvait donc toujours pas savoir que Bathilda Jones avait vu surgir une bande de mangemorts à Sainte-Mangouste, qui l'avaient interrogée un peu rudement et en vain, avant de lui faire boire du veritaserum de force puis de fouiller dans ses souvenirs. Le malheur avait voulu qu'un sorcier reconnaisse la forêt près de laquelle il vivait étant enfant et les mangemorts avaient aussitôt envoyé leurs sbires ratisser les bois.

Et ils avaient fini par trouver ce qu'ils cherchaient.

Vêtu d'une longue robe sombre qui datait un peu, les cheveux sales et emmêlés, l'homme qui les avait interpellés avait pauvre allure mais était clairement le chef de la petite troupe. Hermione échangea un regard avec Harry et essaya de lui faire comprendre de baisser la tête. Comme eux, il avait son bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles, sa cicatrice était dissimulée mais il ne fallait pas qu'il soit reconnu, juste le temps de trouver un moyen de s'enfuir.

Même si elle refusait de s'avouer qu'il y avait peu de chances que leurs assaillants ignorent l'identité de ses compagnons de voyage.

D'autant que, malheureusement, il n'y avait pas qu'Harry qui jouissait d'une certaine célébrité dans leur petit groupe.

- Je reconnaîtrais cette couleur de cheveux n'importe où !

Le sorcier s'était approché de Drago tandis que ses acolytes restaient à bonne distance, sans cesser de les menacer de leurs baguettes. L'homme leva une main pour effleurer les cheveux du Serpentard qui recula brusquement en écartant son bras.

- Ne me touchez pas !

- Pas la peine de prendre tes grands airs Malefoy ! tu es un paria maintenant !

Le jeune homme se retourna et échangea un regard avec Hermione qui serra les dents à s'en faire mal.

- Qu'est-ce que tu espères faire avec tes petits copains ?

Hermione plissa les yeux puis resserra ses doigts autour du poignet de Ron. Il fallait agir, vite. Drago était découvert, ils n'allaient pas tarder à s'intéresser à eux. Et nul besoin pour l'un d'entre eux de porter la marque, il leur suffirait d'utiliser Drago pour appeler Celui-qui-pourrait-tout-fiche-en-l'air-s'il-se-pointait. Seulement, ils ne pouvaient pas transplaner tant qu'ils ne seraient pas assurés que le sorcier ne s'accrocher ait pas à l'un d'entre eux. C'était un coup à se désartibuler.

- Il va falloir transplaner, chuchota alors la jeune fille à son ami.

- Quoi ? lâcha Ron dans un souffle – Merlin merci, pour une fois, Ron Weasley était discret.

- Il va falloir transplaner, répéta-t-elle en se penchant vers lui pour ne pas risquer d'être entendue.

- On n'a pas de point de ralliement, on se retrouverait aux quatre coins de l'Angleterre et qui sait combien de temps on mettrait à se retrouver…

- Fais passer le message à Harry, lâcha Hermione d'une voix sans appel, à mon signal, on transplane.

Ron ne répondit rien. Il avait rarement entendu son amie utiliser un ton aussi calme et ferme à la fois, le genre de ton auquel on obéissait instinctivement.

Le jeune homme accrocha le regard d'Harry et désigna imperceptiblement Hermione. L'Elu commença par froncer les sourcils mais Ron parvint à lui faire comprendre les ordres de leur amie et il acquiesça imperceptiblement. La scène avait duré à peine une minute. Hermione de son côté tentait de croiser le regard de Drago mais celui-ci était face au sorcier qui jubilait manifestement d'avoir attrapé une telle proie.

- On va te faire la peau Malefoy… à toi et à tes copains.

- Hermione…, souffla Ron.

- Eh toi !

Un des hommes qui les entourait avait crié et son chef se redressa brusquement.

- Ils sont en train de parler ! reprit celui qui avait vu Ron articuler.

- Je crois qu'il est temps de s'intéresser à tes petits camarades, non ? lança le chef à Drago avec un sourire sardonique. Je suis sûr que l'un d'eux a un front particulièrement intéressant…

Il s'écarta du Serpentard et s'avança vers Harry. C'était le moment qu'Hermione attendait. Ces quelques secondes avant qu'il n'atteigne son ami et ne risque de s'accrocher à lui. Son regard croisa celui de Drago et elle acquiesça avant de hurler un mot, un seul, sur lequel reposaient tous ses espoirs :

- Pudding !

Elle eut à peine le temps d'apercevoir un éclair de compréhension dans les yeux gris du jeune homme qu'elle transplanait avec Ron.


Les deux amis réapparurent dans une ruelle qui sentait le poisson et Hermione s'écarta presque immédiatement pour s'appuyer contre un mur de pierre gelé et vomir.

- Hermione, ça va ?! tu n'as rien ?

Elle agita faiblement la main en direction de Ron qui, légèrement rassuré, leva sa baguette et sortit de la ruelle pour regarder autour de lui. Il se trouvait dans une petite rue quasiment vide qui descendait vers une minuscule plage de sable gris. Il manqua de bousculer une petite vieille qui passait avec son chien et son cabas et qui s'écarta en apercevant le visage sale et émacié du jeune homme. Ron évita son regard, renifla légèrement et retourna dans la ruelle où Hermione respirait de façon saccadée, appuyée contre le mur.

- Bon sang Hermione, comment pouvais-tu être sûre que la zone n'était pas sous anti-transplanage ?

- C'était… c'était un énorme pari, haleta la jeune fille. Ce n'était pas des mangemorts, juste des… des sbires et ils n'étaient clairement pas assez puissants pour lancer un sort pareil.

Ron sourit :

- Tu es géniale Hermione. Absolument géniale.

- Tu as vu Harry et Drago ?

- Non, ils ont dû arriver à un autre endroit du village. Viens.

La jeune fille glissa sa main dans celle de son ami et ils retournèrent dans la rue. Hermione regarda un instant autour d'elle, le temps de rassembler ses souvenirs, avant de désigner la rue qui montait à gauche.

- Par là. Il y a une sorte de promontoire en haut, on voit tout le village et ses environs.

Ils entamèrent l'ascension en silence, sans se lâcher la main – ce qui permettait à Hermione de s'appuyer sans vergogne sur son ami. Ron ne cessait de lancer des regards soupçonneux autour de lui, baguette levée. Hermione faillit lui dire de la ranger mais il n'y avait quasiment personne dans les rues et elle se sentait plus en sécurité ainsi.

- Tu es sûre que c'est un village moldu ? demanda soudain le jeune homme.

- Un village entièrement moldu… dans une région fréquentée… en immense majorité par des moldus, haleta Hermione qui n'aurait jamais cru qu'une ascension en pente douce comme celle-là puisse la fatiguer comme si elle avait couru un marathon. Ce qui ne nous empêchera pas de nous transformer un peu quand on retrouvera les garçons.

Une fois arrivés à l'entrée du village en haut de la colline, ils regardèrent autour d'eux. Personne. Hermione chassa l'inquiétude qui lui serrait le cœur et baissa les yeux vers le village qui s'étalait en contrebas. En ce jour de Noël, les rues étaient véritablement désertes et elle ne repéra ni la haute silhouette de Drago ni celle, légèrement plus petite, de Harry.

- Là, regarde !

Ron tendait le bras vers la plage. Hermione plissa les yeux et finit par apercevoir Drago qui marchait le long du rivage, en regardant vers les maisonnettes grises. Elle leva les bras pour lui faire de grands signes, bientôt imitée par Ron. Il lui sembla que le Serpentard hochait la tête et l'instant d'après, il transplana.

Il réapparut juste à côté d'eux et Hermione haussa les sourcils.

- Mais enfin, qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Le jeune homme était trempé, s'efforçant vainement de ne pas grelotter. Derrière elle, Hermione entendit distinctement le pouffement de rire de Ron mais ne dit rien.

- Je ne sais pas, grommela Drago qui lança un regard noir en direction du rouquin. Je me suis retrouvé le cul par terre, sur le sable, et deux secondes plus tard, une vague m'est arrivée sur la gueule.

La jeune fille fut faire appel à tout son self control pour ne pas laisser échapper un rire à son tour. Elle se contenta d'esquisser un léger sourire. Drago ne s'y trompa pas et il grimaça.

- Tu ne peux pas rester comme ça, reprit Hermione, pragmatique. Il faut te changer, tu vas attraper froid.

- Avec quoi ? Tous mes vêtements étaient là-dedans, répondit-il en montrant son sac à dos qui gouttait au sol.

Hermione faillit lui dire qu'il existait des sorts pour sécher tout ça très rapidement mais, à l'instar de Drago semblait-il, elle répugnait à faire de la magie tant qu'ils ne seraient pas en sécurité. Elle se tourna donc vers Ron qui fronça les sourcils.

- Quoi ? Ah non ! Hors de question ! Je ne vais pas lui filer mes fringues.

- T'inquiète Weasley, je préfèrerais mourir plutôt que d'enfiler ne serait-ce qu'une chaussette t'ayant appartenu !

Il esquissa un petit sourire méchant et renchérit :

- En plus, je préfère les miennes sans trous.

Au regard scandalisé que lui lança Hermione, il comprit qu'il était allé trop loin. La jeune fille avait prévu le coup et sans lâcher le Serpentard des yeux, elle leva une main en arrière pour stopper Ron qui serait volontiers allé lui mettre son poing dans la figure.

- Tu n'as qu'à tomber malade si ça t'amuse, lança-t-elle sèchement. En attendant, il faut trouver Harry.

- Je suis là.

Le jeune homme venait de transplaner à leurs côtés et, soulagée, Hermione s'approcha de lui pour l'enlacer brièvement.

- Je ne te le dirai jamais assez mais tu es un génie, lui souffla son ami alors qu'elle le serrait contre elle.

Drago les regardait en serrant les dents – et pas seulement pour éviter de les entendre claquer à cause du froid. Une petite voix insidieuse dans son esprit lui fit remarquer qu'elle ne l'avait certainement pas serré dans ses bras lorsqu'il était apparu. Et même s'il aurait aimé croire le contraire, ce n'était pas parce qu'il était trempé.

En plus de ça, agacé par la réflexion de Weasley, il avait fallu qu'il redevienne le petit con hautain et arrogant qu'Hermione avait méprisé pendant si longtemps. Il avait clairement fait une erreur de calcul en s'attaquant au rouquin. Il allait devoir se faire pardonner – auprès de la jeune fille seulement, hors de question de dire quoi que ce soit à la belette !

- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda finalement Ron.

Harry frotta machinalement sa cicatrice en regardant la mer. Ses trois compagnons le regardaient comme s'il avait forcément la réponse.

Tout le monde le regardait toujours comme s'il avait forcément la réponse.

Et bon sang, ce que c'était fatiguant.

- D'abord j'aimerais bien savoir comment les mangemorts nous ont retrouvés, marmonna-t-il sans les regarder.

Hermione poussa un profond soupir :

- Je crois que c'est de ma faute.

- De quoi est-ce que tu parles ? s'étonna Ron.

- Bien sûr que non, ce n'est pas de ta faute ! se sentit obligé de dire Drago.

- Je pense que si. Harry, hier soir, un de mes sortilèges s'est annulé, ma magie est en train de faiblir... et si je n'ai pas réussi à faire tenir une simple flamme, je doute que l'oubliettes que j'ai lancé au docteur Jones ait très bien fonctionné.

Les garçons se regardèrent, plus ébranlés qu'ils ne voulaient bien l'admettre. Si la magie d'Hermione s'affaiblissait, ils passaient à un autre niveau d'emmerdes. Sa maladie se rappelait soudainement à eux de manière particulièrement concrète.

- Je… bon, d'accord, reprit Harry qui ne savait pas comment réagir, mais ça n'explique pas pourquoi ils sont allés voir le docteur Jones !

Il lança un regard vers Drago qui était après tout allé à Sainte Mangouste mais celui-ci haussa les épaules. Il ne soupçonnait pas particulièrement Hatner, gardant juste le souvenir d'un gros lourdaud qui leur avait fait perdre du temps.

- Ça n'a pas d'importance maintenant, intervint Ron, Hermione dit qu'il faut qu'on se transforme.

- Ça devient trop risqué, renchérit la jeune fille, si on retombe sur des mangemorts, ils pourront nous identifier au premier coup d'œil.

- Elle a raison, approuva Drago, le docteur Jones m'a dit que nos têtes étaient placardées partout !

Harry lança un regard aigu en direction du Serpentard. Il avait développé une manie consistant à approuver la majorité de ce qui sortait de la bouche de son amie et il était partagé entre l'amusement et l'irritation, sans savoir encore s'il allait le lui faire remarquer à un moment – et si cela se passerait devant l'intéressée ou en privé…

Chassant de son esprit ses projets un rien machiavéliques, il hocha la tête :

- Hermione, tu es la meilleure en métamorphose, lâcha Ron.

Par réflexe, la jeune fille allait sortir sa baguette mais elle se ravisa.

- Non, soupira-t-elle, ma magie n'est plus aussi forte qu'avant. Nous ne pouvons pas prendre le risque que vos transformations ne tiennent pas.

Elle se tourna à demi.

- Drago peut s'en occuper.

A voir la tête franchement dubitative de ses amis, ils n'étaient pas enchantés à l'idée que Drago Malefoy décide de leurs nouveaux traits. Mais ni l'un ni l'autre ne protesta. Quoiqu'ils puissent penser du Serpentard, il était bon élève, bon combattant, et n'avait pas pu devenir Préfet-en-chef entièrement par hasard.

- Inutile de nous métamorphoser complètement, déclara Harry en venant se poster devant le jeune homme, contente-toi de modifier les traits du visage…

- Et la couleur de cheveux de Ron, ajouta Hermione.

Elle dut aussitôt s'expliquer en voyant le regard indigné de l'intéressé :

- Tu fais partie de la famille de roux la plus recherchée de Grande-Bretagne Ron. Pas la peine d'attirer l'attention.

Il se renfrogna mais ne dit rien.

Une fois sa tâche achevée, Drago recula d'un pas pour « admirer » son travail. Franchement, il trouvait qu'il avait embelli Potter et Weasley. Le premier avait des yeux bleus, un visage plus rond et il avait lui-même modifié la forme de ses lunettes – Drago avait suggéré qu'il les enlève mais apparemment, le Survivant était incapable de se repérer sans ses binocles ! Quant à Ron, c'était désormais un garçon blond à la peau plus tannée et dépourvue de tâches de rousseur. Ses lèvres étaient plus minces et son nez moins allongé empêchaient quiconque ne le connaissant pas extrêmement bien et étant à plus de un mètre de reconnaître Ronald Weasley.

Ça avait été plus difficile pour Hermione puisque Drago s'était rendu compte en levant sa baguette qu'il n'avait pas envie de transformer la jeune fille. Il avait donc simplement foncé la couleur de ses cheveux qui étaient désormais d'un brun tirant vers le noir, avait dissimulé – avec regret ? – ses taches de rousseur, légèrement modifié sa bouche et remplumé ses joues qui s'étaient un peu amaigries ces dernières semaines. Mais il n'avait pu se résoudre à toucher à ses yeux et sentit son cœur se réchauffer lorsque ceux-ci le fixèrent calmement pendant un instant.

- J'espère que tu ne m'as pas défiguré ! grommela Ron, mi-menaçant, mi-amusé en passant une main sur son visage.

- Tu es plus beau que jamais Weasley.

- Approche Malefoy, déclara Harry sans relever leurs piques, toi aussi il va falloir changer cette couleur de cheveux.

A son tour, le jeune homme faillit protester. Ses cheveux étaient l'une de ses grandes fiertés. Il prenait grand soin de cette marque de fabrique Malefoy et s'était toujours félicité de bénéficier de cette couleur particulière. Mais après ce qui venait de se passer, il était clair qu'il ne pouvait pas garder sa chevelure si reconnaissable.

Harry se contenta de foncer ses cheveux qui prirent une teinte blond vénitien on-ne-peut-plus-normale, de casser son visage anguleux avec une mâchoire plus crrée et de changer la couleur de ses yeux, désormais marrons. Drago Malefoy avait désormais l'air tout à fait banal.

Et c'est bien ce qui l'embêtait.


Les deux jours suivants se passèrent sans événements notables. Les adolescents bougeaient en permanence, plus prudents que jamais. Ils avaient décidé de ne jamais rester au même endroit trop longtemps et ils progressaient désormais jusque tard dans la nuit, ne s'arrêtant que quelques heures pour dormir avant de reprendre leur route aux premières lueurs de l'aube.

Même si les garçons tentaient d'être discrets, Hermione était au centre de l'attention. Ils abordaient surtout des sujets « légers » – ce qui au vu de la situation n'était pas aisée – et évitaient de se disputer devant elle.

Car la cohabitation n'était pas forcément de tout repos. Harry et Ron avaient beau être meilleurs amis et Drago faire des efforts – selon lui en tout cas – ils étaient tout de même coincés ensemble 24/24h et des tensions parfaitement futiles dignes d'une colocation d'étudiants apparaissaient ci et là. La principale étant que Drago avait tendance à laisser la salle de bains dans un parfait foutoir, ce qui mettait Ron hors de lui. Pour ne pas fatiguer davantage Hermione qui passait son temps à dormir, marcher et dévorer des bouquins – parfois les deux derniers en même temps – Harry était le médiateur forcé entre l'enfant unique pourri gâté qui découvrait la vie en communauté et n'était pas sûr d'apprécier et le fils issu d'une famille nombreuse qui ne comprenait pas le je-m'en-foutisme égocentrique dont faisait parfois preuve le Serpentard.

Néanmoins, personne n'avait encore sorti sa baguette ni ses poings et c'est en attendant la fin de cette semaine d'errance que les quatre adolescents avançaient sans but précis dans la campagne anglaise.

Hermione de son côté voyait bien les attentions dont la couvaient ses amis. Lors de leurs arrêts, elle ne pouvait plus rien faire sans que l'un des garçons surgisse pour le faire à sa place – ce qui la touchait autant que ça l'exaspérait – et il ne se passait pas une heure sans que l'un d'entre eux ne lui demande comment elle allait. Elle avait renoncé à leur expliquer que leur sollicitude devenait un peu lourde et se contentait donc d'un « très bien » sans suites, sans leur faire part de son inquiétude devant son stock de potions pour son traitement qui diminuait à vue d'œil.

Parfois, alors qu'ils marchaient en silence, Hermione se surprenait à fixer Drago. Elle se demandait comment le jeune homme vivait leur situation actuelle – et s'amusait toujours un instant de s'inquiéter des sentiments du Serpentard. Néanmoins, elle essayait de se mettre à sa place – obligée de fuir Poudlard en compagnie de Blaise Zabini et Pansy Parkinson – et savait que la situation ne devait pas être facile, d'autant que si Blaise était tout à fait sympathique, ni Harry ni Ron ne souhaitaient approfondir leurs relations avec Drago.

Elle se plaisait aussi parfois à noter tous les petits changements qui s'étaient opérés chez le jeune homme depuis le début de l'année. Il était clairement moins méchant et désagréable – même l'épisode avec Ron sur la falaise et les piques qu'ils s'échangeaient depuis montrait qu'il y avait encore du travail – et semblait apprendre peu à peu à vivre avec les autres : il aidait de plus en plus aux diverses tâches, qu'il s'agisse de mettre un semblant de table ou de cuisiner – sous les ordres précis de Harry, ce qui lui demandait sans aucun doute une bonne dose de self-control – et ne rechignait jamais lorsqu'il s'agissait d'aller chercher du bois ou de faire son tour de garde. Il faisait maintenant preuve d'une grande gentillesse avec elle et semblait se faire un devoir de ne pas la contredire.

En fait, Hermione n'était pas sûre que le Drago de sixième année aurait reconnu cet individu qui peu à peu se transformait maladroitement à leur contact.

Un individu qu'elle appréciait de plus en plus…


Fin un peu (carrément ?) gnangnan je vous l'accorde mais je voulais donner un petit peu le point de vue d'Hermione puisque j'ai l'impression d'avoir surtout privilégié celui de Drago dans les chapitres précédents !

J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à me laisser une review et merci beaucoup de m'avoir lue, j'espère poster le chapitre 22 dans pas trop longtemps !

A bientôt ;)