I. Vendre son âme au diable.
Loritz était un exorciste puissant. Dans sa jeunesse il avait rapidement atteint le rang de Supérieur 2 et aurait sans aucun doute pu gravir un échelon supplémentaire s'il n'avait pas été aussi absorbé par son travail au laboratoire de la Section 13. Ce laboratoire était devenu sa hantise. Lui-même né du projet de clonage des Ba'al afin de créer des corps de remplacement pour ces derniers, il en était ressorti que lui ainsi que la quasi-majorité des autres copies ne pourraient pas remplir cette fonction. Beaucoup d'entre eux, tenus au secret de ces monstrueuses expériences par un contrat de Morinas, avaient choisi d'intégrer les équipes d'expérimentation en plus de leur travail d'exorciste et décidèrent de lancer les recherches pour créer l'Elixir, une médication permettant de régénérer les cellules du corps humain et prolonger l'état des corps que possédaient les démons. C'était ça, la fameuse Section 13.
Ces expériences étaient inhumaines. Abjectes. De quoi donner des frissons rien qu'à y penser. Beaucoup de scientifiques avaient sombré dans la folie, certains avaient même franchi le cap du suicide tant ces images les hantaient. Loritz était l'un des chercheurs de tête de ces horreurs. Il avait de nombreuses fois ôté la vie lors de ses expériences. La plupart des patients utilisés n'étaient que des enfants et pourtant l'homme n'avait jamais affiché le moindre signe de dégoût ou de regret dans son travail. Il avait causé la mort et la souffrance. Loritz était un monstre.
Jusqu'au jour où, envoyé en Europe par manque d'effectif dans une mission d'exorcisme, il rencontra une jeune femme. Lui qui n'avait jamais éprouvé la moindre forme d'attachement pour qui que ce soit se retrouva pourtant rapidement envoûté par sa collègue. La femme lui ouvrit son cœur, lui apprit la douce magie des sentiments dont il avait été privé si longtemps. Elle apprit à cet être vide à être humain. C'est à ce moment que tout bascula: Loritz devint rapidement inutile dans son travail de scientifique. Les horreurs qu'il réalisait auparavant avec tant d'aise le révulsaient, il se mit à refuser de mener ses tests, tenta de raisonner ses collègues au sein du laboratoire et semblait rongé d'une culpabilité immense. Chaque heure, chaque minute passée dans cet endroit le rendait malade et rapidement, l'envie de fuir s'empara de lui. Menaçant le secret du laboratoire et des recherches, il fut décidé par l'ensemble des chercheurs et des Ba'al de l'éliminer, à l'exception de deux personnes.
Mephisto, qui appréciait Loritz tant pour ses qualités d'exorciste, de chercheur mais également pour ses étranges qualités humaines décida d'épargner sa vie et de l'aider lui et sa bien aimée, jugeant qu'il avait été grandement utile dans les recherches et qu'il avait sûrement vu trop d'horreur dans sa vie que pour continuer. Épaule par Shiro, lui aussi étroitement lié à Loritz, Le Roi du temps organisa son évasion en totale discrétion, utilisant ses pouvoirs pour brouiller les pistes. Il installa le couple loin de l'Ordre, de la Section 13 et des regards dans une petite clairière de la Forêt Noire, en Allemagne. Un endroit que le démon appréciait particulièrement et qui lui avait déjà servi de refuge par le passé. La petite maison au bord du lac. Les trois hommes s'allièrent pour créer une barrière assez puissante pour repousser n'importe quel démon et camoufler la présence de quiconque se trouvait à l'intérieur. Loritz s'en souvenait comme si c'était hier... Le soleil couchant reflétait ses rayons orangés sur la surface du lac et donnait l'impression aux flots de brûler.
"La surface est devenue brasier"
"Magnifique spectacle, n'est-ce pas?"
"Mephisto, Herr Weiss, merci. Merci infiniment pour ce que vous avez fait pour nous."
"Ne me remercie pas, cher ami, tu as bien mérité un peu de tranquillité avant que ton âme damnée de scientifique fou ne finisse en enfer." Avait-il dit ironiquement.
"Qu'est-ce qu'une éternité dans la Géhenne après avoir connu tout ça..."
Le démon ricana.
"Tu as probablement raison"
Ils y eu un moment de silence durant lequel les trois amis contemplèrent la beauté du lac. La lumière commençait à faiblir.
"Nous ferions mieux d'y aller avant que la barrière ne se referme. Prends soin de toi, Loritz. Nous nous reverrons."
Franchir la porte de la petite maison fit remonter tant de souvenirs dans la tête du démon. L'intérieur était certes rénové mais il pouvait encore s'y imaginer dans le passé. Quel changement pour lui qui avait vécu dans le luxe et la richesse durant ces deux-cent dernières années. Loritz le pria de se mettre à l'aise et s'éclipsa dans la cuisine. En regardant autour de lui, Mephisto aperçut un perroquet blanc et jaune qui le fixait aux barreaux de sa cage. Loritz avait-il développé une passion pour les animaux de compagnie? Il posa son manteau blanc sur une belle table en chêne massif et pris une chaise. Depuis qu'il avait franchi le pas de la porte, il avait senti une présence en ces lieux. Non celle du perroquet, mais celle d'un démon. La présence venait du fond de la pièce. Il y remarqua une porte donnant sans doute accès à une chambre. L'idée qu'il puisse s'agir de la fille de Loritz lui traversa brièvement l'esprit mais il la chassa directement, persuadé qu'il s'agissait d'autre chose. Après tout, deux humains ne pouvaient engendrer une progéniture démoniaque et surtout, si ça s'était réellement produit, il en aurait été informé. Voyant Loritz revenir vers lui, il se dit qu'il aurait tout le temps d'aborder le sujet plus tard.
- "Jägermeister, la fameuse liqueur du pays!" S'exclama t-il en brandissant deux petits verts translucides dans lequel flottait un liquide brunâtre. "Je me souviens bien que Monsieur le directeur n'apprécie pas la bière, je pense que ceci est une bonne alternative, qu'en dis-tu?"
- "J'en dis que tu sais parler aux démons, mon cher!" Répliqua t-il en s'emparant du verre. "Puis ce n'est pas que je n'apprécie pas la bière..."
Il avala le shot de liqueur cul-sec. Sa longue langue vint lécher le contour de ses lèvres.
- "C'est juste qu'elle ne me fait aucun effet."
Il ricana en agitant le verre vide devant son clone et Loritz éclata de rire.
- "A ce rythme c'est la bouteille entière que je devrais te proposer!"
Les deux homme rigolèrent ensemble. L'endurance de Mephisto face à l'alcool était légendaire et souvent le sujet de blagues et moqueries en tout genre quand ils travaillaient encore ensemble avec Shiro. Ces petits souvenirs anodins faisaient partie des rares choses agréables qu'il lui restait de sa vie d'avant. Il sourit et resservit le démon.
- "Tiens, maintenant que j'y pense... Je ne vois pas ta délicieuse femme?" Demanda t-il, ce qui figea Loritz sur place.
L'humain lui afficha un regard désolé. Il posa son verre sur la table, s'assit dans le fond de sa chaise. Il était mal à l'aise, peiné. Visiblement quelque chose clochait.
- "Shiro ne t'a pas expliqué?"
Il secoua la tête. Shiro ne venait que très rarement sur le sujet, plaidant que leur discrétion était nécessaire pour éviter tout problème.
- "Elle est décédée peu de temps après la naissance de notre fille. Il y a eu des... complications."
- "Je suis désolé Loritz. Mes plus sincères condoléances."
Comment les condoléances d'un démon pouvaient-elles être sincères? Cette phrase était si fausse que le coeur de l'humain manqua un battement. Il savait que Mephisto ne lui disait ça que par politesse. Un démon ne pouvait pas comprendre la peine que la perte d'une personne aimée pouvait planter dans le coeur d'un homme. Pour eux, perdre un ami ou un frère était aussi insignifiant que d'écraser un insecte. La vie d'un homme n'avait que peu d'importance et Loritz était persuadé que même quand Shiro et lui viendraient à mourir, le démon ne serait pas peiné. C'était la triste réalité séparant leurs deux espèces mais pourtant, cela n'empêchait pas l'humain d'apprécier le démon et de lui faire confiance. Même si sa vie lui importait peu au final, Mephisto avait quand même apprécié son dévouement à son égard et sa compagnie, au point de lui offrir une deuxième chance de vivre sa vie. Il ne pouvait l'oublier.
Ce dernier avait eu le temps se resservir lui-même deux fois que Loritz était toujours perdu dans ses pensées. Il décida de couper court à cette ambiance désagréable en revenant sur la présence démoniaque qu'il avait senti derrière la porte. Il devait être de rang supérieur au vu de l'aura qu'il irradiait. Il haussa les sourcils en direction de Loritz et pointa la porte du doigt, attirant le regard de son ami.
- "Ton familier je suppose?"
- "C'était celui de ma femme. Il a décidé de rester et protège la petite en mon absence."
Il se leva en se dirigea en direction de la porte, Mephisto sur ses talons. Dès qu'il toucha la poignée du bout des doigts, un énorme grognement rauque retentit dans toute la petite maison.
- "Silence!" Prononça l'homme sur un ton sec.
Le râle cessa aussitôt. Il entreprit alors d'ouvrir la porte. Le bois grinça et la silhouette du démon apparut, postée devant le cadre. Il était énorme. Sa robe était brune, sombre comme l'ébène que deux yeux oranges brillants venaient trancher. Mephisto sourit à la vue de la bête. Le corps d'un énorme chien, la tête et les ailes d'un faucon...
- "Un Chamrosh, quelle rareté! Je pensais qu'ils avaient tous disparu depuis des siècles!"
- "Ma femme était spécialiste des démons du règne d'Azazel... Celui-ci était bien caché dans une montagne en Iran. Il protégeait un vieux tombeau en ruine et dévorait les pélerins qui s'en approchaient. L'Ordre nous avait envoyés pour l'exorciser mais elle a jugé qu'une si belle créature ne méritait pas de retourner dans la Géhenne et elle en a fait son familier. Quel spectacle, ça semblait si simple naturel pour elle."
Le Ba'al passait ses doigts dans sa fine barbiche, songeur.
- "Il me semble avoir lu le rapport sur cette mission. La jeune dresseuse des démons d'Air et d'Esprit, c'est ça? Tout bonnement fascinant."
Le Chamrosh les toisait d'un air féroce. Il n'appréciait pas la présence d'un intrus sur son territoire.
- "Sahin, écarte-toi."
Les yeux de la bête vacillèrent entre Loritz et Mephisto. Il paraissait hésitant à l'idée de laisser l'homme aux cheveux violet entrer. Loritz réitéra son ordre sur un ton plus autoritaire.
- "Sahin, obéis!"
Il recula d'un pas en fixant l'étranger puis après un court moment d'hésitation, revint se poster à sa place initiale, leur bloquant l'accès à la pièce. Ses griffes plantées dans le sol se crispaient alors que ses plumes et ses poils se dressaient sur son dos en guise de menace. Loritz semblait étonné de l'attitude du démon qui n'avait jamais contesté un ordre par le passé. Se méfiait-il donc si fort de Mephisto?
- "Et bien..." Souffla le Ba'al. "Il serait bon de rappeler à cette vilaine bestiole où est sa place."
Mephisto plongea son regard dans celui du Chamrosh. Le contact ne dura que quelques courtes secondes avant que la créature ne tourne la tête et ne s'aplatisse, visiblement soumis. Effrayé, il rampa sur le coté de la pièce, libérant finalement le passage aux deux hommes. Aucune bête démoniaque aussi puissante puisse t-elle être ne pouvait tenir tête à un roi.
Sans relever le comportement du familier, Loritz avança vers le fond la pièce et se pencha sur ce qui semblait être un berceau. La pièce était relativement grande, mais pourtant presque vide. Hormis quelques armoires de rangement contenant sans doute les affaires de l'enfant et un petit fauteuil, il n'y avait rien qui soit digne d'attention, ni même la moindre décoration. Mephisto repensa à l'inquiétude de son ami, qu'il jugeait totalement insensée et exagérée. Sûrement voulait-il éviter de s'installer et de prendre ses aises ici au cas où il aurait à quitter les lieux et fuir. Les humains s'inquiétaient décidément trop. Il resta en retrait en observant l'homme retirer délicatement la fine parure en tissu qui recouvrait le dessus du petit lit d'enfant. Il glissa doucement ses mains dans le berceau, retira quelques couvertures supplémentaires puis resta immobile quelques secondes. Un sourire discret se dessina sur ses lèvres et son regard semblait s'être adouci, comme lavé de tout tracas. Il plaça ses mains dans le fond du berceau et porta sa précieuse progéniture vers lui. Mephisto fixait la scène avec attention, surpris de la douceur dont l'homme faisait preuve. La première chose qu'il remarqua, outre les vêtements couleur crème de l'enfant fut sa tignasse brune. Cette minuscule humaine devait avoir 7 ou 8 mois mais abordait déjà une touffe de cheveux plus fournie que les enfants de son âge. Loritz la tenait délicatement contre lui d'un bras et lui caressa la joue du bout de sa main libre.
Il adressa un coup d'œil à Mephisto, lui faisant signe de s'approcher.
Le démon ne trouvait rien de spécial aux enfants et en particulier aux nourrissons. Il ne les voyait que comme des larves d'humains, incapables de se déplacer, communiquer ou de s'alimenter seuls, passant le plus clair de leur temps à geindre et dormir, totalement dépendants de leurs géniteurs. Des êtres faibles qui grandissaient lentement, dépourvus de tout intérêt durant les premières années de leur vie. C'était sa vision des choses, et cette petite qui dormait profondément dans les bras de Loritz ne faisait pas exception.
- "Mephisto, voici Lieve."
Il fixa le visage de l'enfant toujours profondément endormie.
- "Lieve..." répéta-t-il. "Quel charmant prénom."
Il ne répondit pas, occupé à caresser la joue de l'enfant qui gémissait faiblement, visiblement dérangée dans son sommeil. Ayant une meilleure vue sur la tête de la gamine, Mephisto y remarqua directement des reflets cuivrés dans ses cheveux marrons, très certainement un trait donné par sa mère, ainsi que quelques autres traits familiers... trop familiers.
- "Ah!" S'exclama t-il.
Au bout des paupières toujours fermées de l'enfant se trouvaient des traits noirs les parcourant de toute leur longueur. Exactement comme lui. Ces traits étaient apparus sur son corps il y a fort longtemps, lorsqu'il en prit possession. Son hypothèse étant que le corps de son hôte avait subit quelques dégâts lorsqu'il s'en empara et les fins vaisseaux sanguins des paupières avaient cédés, laissant place à ces taches foncées si particulières sous sa peau. Il en était de même pour ses ongles. Mais un détail lui échappait.
Pourquoi cette enfant présentait-elle cette anomalie et non pas son père?
Il lança un rapide coup d'oeil à Loritz pour s'en assurer, chose que l'homme ne manqua pas de remarquer.
- "Étrange, n'est-ce pas? Ce n'est pas tout."
Il agrippa délicatement l'une des mains de Lieve de façon à ce que Mephisto puisse la voir. Ses ongles étaient noirs. Elle n'avait pas les griffes caractéristiques des démons mais ses courts ongles présentaient tout de même le même défaut de pigmentation. Là encore, le démon ne pouvait l'expliquer. Les mains de Loritz étaient tout ce qu'il y a de plus normales pour un humain, sa femme était aussi une humaine sans ascendant démoniaque, alors comment cela avait-il pu arriver? Ses crocs se dévoilèrent alors qu'un immense sourire apparaissait sur son visage.
- "Très intéressant. Qu'en est-il de ses oreilles? Ses dents?"
- "Les oreilles sont normales, quant aux dents elles commencent à peine à pousser et là non plus, rien à signaler. Elle n'a aucun trait démoniaque, il semble simplement qu'elle ait hérité des défauts génétiques d'une certaine personne, comme si je n'étais pas réellement son père..."
Il prononça ces derniers mots sur un ton insistant. Le démon réagit directement à ce qui lui semblait être une pointe d'humour et explosa de rire.
- "Oh, sauve soit la mémoire de feu ta femme, je n'ai rien à voir là-dedans cette fois mon cher ami! Notre ADN est certes identique mais même moi ne connait pas les secrets infinis de la génétique. Partons du principe que ces petits défauts soient des gènes récessifs dormants chez toi mais qui ont malheureusement décidé de se montrer chez elle. Ceci étant dit, ça n'ôte rien au charme de cette petite, bien au contraire~"
Il agita sa main près de son visage, l'air hautain et fier.
- "Possible. Il suffit de voir les différences entre nous, tes clones. Nous étions tous différents."
Loritz soupira tout en jouant avec les minuscules mains de sa fille. Mephisto fut étonné qu'il décide de parler des événements de la Section 13. Il décida de ne pas argumenter sur le sujet.
- "Si nous nous écartons de la piste héréditaire, j'ai également ma petite idée. Le savais-tu, seule une âme assez puissante peut endommager le corps dans lequel elle se trouve. Hors ici, ce n'est encore qu'une jeune enfant, ce qui par conséquent implique..."
Il pointa un doigt vers le visage de Lieve.
- "Que c'est une petite fille spéciale que tu nous as fait là."
Il ne put s'empêcher de toucher son nez du bout du doigt, ce qui provoqua un sursaut chez la fillette endormie. Elle porta ses poings à son visage et se frotta les yeux d'une façon très peu coordonnée, émettant quelques sons typiques des nourrissons de son âge. Ses paupières se mirent ensuite à battre très légèrement, jusqu'à s'ouvrir pour dévoiler ses jolis yeux. Elle plongea ses iris verts forêt dans les siens et leurs couleurs se reflétèrent comme dans un miroir.
- "Une petite fille très spéciale." Rectifia t-il.
Il n'avait que faire des enfants humains. Il les considérait toujours comme des larves dénuées d'intérêt mais cependant celle-ci avait réussi à attirer son attention et c'était une grande première. Il se dit qu'avec un tel potentiel, il aurait sûrement le plaisir de pouvoir l'exploiter quand elle serait plus grande. Il avait tout le temps de réfléchir à un plan pour elle. En tout cas une chose était sûre; ce fut dommage qu'elle soit née humaine: cette petite aurait été un démon des plus intéressants.
L'intéressée bailla et se frotta de nouveau les yeux en gémissant. Visiblement, elle était encore fatiguée.
- "Combien d'heures par jour cette adorable chose dort-elle?" Se moqua le démon.
- "Pas assez, crois-moi. La nuit n'est pas une partie de plaisir."
- "Oh, ça explique donc les cernes~"
Il haussa les épaules, conscient de son apparence. Il déposa un baiser sur le front de sa fille avant de la remettre dans son berceau. Une image des plus singulières aux yeux de Mephisto.
Loritz était un monstre. Il avait causé la mort mais aujourd'hui, il était différent. Loritz avait crée la vie.
Alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie de la pièce, Mephisto remarqua que le Chamrosh, qui était resté tapis dans un coin jusque maintenant, s'était rapproché du lit de Lieve. Il posa sa tête sur le bord et fixa l'enfant. L'excentrique individu était sur le point d'intervenir quand il vit la petite main se poser sur le bec de l'énorme créature. Le démon ailé ferma les yeux, appréciant le doux contact de l'enfant.
- "Ta fille peut voir les démons."
Ce n'était pas une question mais une affirmation. Loritz se tourna vers le Ba'al qui regardait la scène avec un grand sourire aux lèvres.
- "Je ne jugeais pas utile de t'en parler mais elle peut les voir depuis sa naissance. Sahin étant le seul démon ici, je suppose que c'est lui qui lui a donné son traumatisme malin."
Il ne répondit pas. Il avait sa petite idée et se garderait bien de la partager. Sur un rictus mauvais, il suivit Loritz hors de la chambre. "Nous nous reverrons, petite princesse", pensa t-il à l'intention de Lieve.
S'en suivit une conversation plus détendue entre les deux hommes dans le salon, parlant de quelques connaissances communes ou se racontant quelques anecdotes et souvenirs qu'ils avaient pu partager il y a quelques années. Sur la demande de Mephisto, Loritz libéra hors de sa cage le curieux perroquet blanc qu'il avait repéré en arrivant. L'animal vint directement se poser sur l'épaule du démon, ce qui lui arracha un sursaut.
- "Encore une bête à plumes laissée par ta femme? Est-ce qu'il parle?"
- "Tout juste, un cadeau de la branche Australienne de l'Ordre. Pour son aptitude à la parole, je vais te laisser en juger par toi-m..."
"REGE SATANAAAAAAS!" (Règne, Satan) Hurla soudainement l'oiseau, ce qui fit éclater de rire le démon.
- "Amazing!" S'exclama t-il. Quelle créature divertissante!
- "Quelle bande d'imbéciles d'australiens, ils n'ont rien trouvé de mieux à lui apprendre..." Loritz se massa les tempes. "Si tu l'aimes tant, je t'en prie emmène-le loin d'ici. Il ne fait que répéter ce qu'il entend en hurlant, toute la journée."
- "Avec grand plaisir, il ferait sensation dans la salle des professeurs de l'académie!"
- "Il va rendre fous ces pauvres gens."
- "C'est le but."
- "Quel directeur horrible tu es... "
Les deux hommes discutèrent de l'animal qui s'amusait à répéter leurs deux noms. Mephisto tenta de lui faire dire diverses incantations démoniaques, ce à quoi son clone s'opposa catégoriquement. La bonne humeur avait gagné les deux amis. Ce fut cependant de courte durée car au fur et à mesure de la conversation, le sourire de l'humain faiblissait pour laisser place à une mine déconfite.
- "J'ai quelque chose à te demander." Dit Loritz sur un ton presque inquiétant.
- "Si c'est encore une demande en mariage je me dois de refuser cher ami, tu n'es pas assez ivre pour ça!" S'esclaffa Mephisto.
Il y eut un lourd silence.
- "Samaël. C'est très sérieux."
Le démon posa son verre, visiblement concerné. Loritz ne l'appelait jamais par son véritable nom et ça ne présageait rien de bon. Après avoir pris une grande inspiration, il s'accouda sur la table, la tête entre les mains.
- "Dis-moi tout."
Loritz resta silencieux quelques secondes avant de se lancer. Oh qu'est-ce que Mephisto aurait souhaité remonter le temps pour que cette conversation n'ait jamais lieu. Bien sûr il en avait le pouvoir et pourtant, il n'en fit rien. Ainsi le court du temps devait se passer.
- "Je sais que nous ne serons pas éternellement en sécurité ici. Un jour viendra où l'ordre ou tes hommes du laboratoire me retrouveront. Quand ce jour viendra, je sais que je n'aurais aucun échappatoire. Dans le meilleur des cas, l'Ordre m'arrêtera et me jettera en prison pour désertion et dans le pire... Je n'ose me l'imaginer."
Le démon soupira.
- "Cher ami, nous avons déjà eu cette conversa..."
- "Et je sais que tu vas encore me dire que tes plans sont infaillibles. Mais n'as-tu jamais connu l'échec au moins une fois dans ta vie, démon? Que se passera t-il s'il s'avérait que tu as faux? Je serais arrêté ou tué et tu passeras à autre chose en te disant "tant pis" comme tout bon démon ferait!"
Il tapa son poing sur la table, faisait tomber la bouteille de liqueur et les verres dans un vacarme assourdissant. Le roi du temps resta de marbre. La tournure des évènements de lui plaisait pas du tout.
- "Je te suggère de ta calmer, Loritz. Tu ne gagneras rien en t'agitant de la sorte."
L'homme ramassa la bouteille et avala le reste du liquide qui ne s'était pas répandu sur le sol. Mephisto la fit disparaître d'un claquement de doigts.
- "Non et non, confisqué. Pense à ta fille."
Il passa une main sur son front en tremblant, complètement perdu et effrayé. Sans attendre, le Ba'al enchaîna:
- "Quelle est donc cette chose si importante que tu voulais me demander, mon cher ami?"
Les yeux de l'humains plongèrent dans ceux du démon. C'est sur un ton des plus suppliants qu'il lui demanda:
- "Samaël. Si quelque chose m'arrive, prends soin de Lieve."
Cette phrase fit l'effet d'un choc aux oreilles du démon qui écarquilla les yeux. Il voulu répondre mais l'humain l'en empêcha:
- "Je te le demande en tant qu'ami. Je t'en supplie. Si je viens à disparaître, il ne doit rien lui arriver. Cette enfant est ce que j'ai de plus cher au monde, elle est mon pardon à toutes les âmes que j'ai blessées, à toutes les vies que j'ai ôtées. Cette petite est mon chemin vers la rédemption."
Il n'aurait jamais cru entendre ceci de la part de l'humain. La rédemption? De quoi voulait-il bien se repentir? Les expériences de la Section 13? Mephisto ne voyait nul besoin de se repentir pour ce qu'il avait commis. La notion de bien et de mal des humains le dépassait. Etait-ce donc cette crainte du ciel qui les poussait à agir de la sorte? Un démon est toujours en quête de plaisirs interdits, un démon fera ce qui lui plaît sans se soucier des conséquences et sans accorder d'importance à cette bienséance auxquels les humains semblent tant attachés. C'était ce qui qualifiait les humains d'humains hors un démon n'en était pas un. Certes, vivre à Assiah depuis tant d'années les avaient dotés d'un minimum d'empathie pour certaines personnes mais la rédemption était un concept idiot et inutile pour une créature de la Géhenne. Un démon n'avait pas à se sentir coupable d'agir selon la propre nature qui le définissait. Ces mêmes créatures qui n'existaient que pour s'opposer aux sentiments humains n'y comprendraient sûrement jamais rien, telle était la triste réalité des choses.
Loritz le fixait toujours désespérément, attendant sa réponse comme si sa vie en dépendait. Mais pouvait-il vraiment accepter ça? Et si un jour l'enfant se retrouvait vraiment sous sa responsabilité, qu'en ferait-il? Elle était certes très intéressante à ses yeux et il avait d'ores et déjà des plans pour elle mais de là à assumer la responsabilité de la protéger, était-ce ce dont il avait envie? Absolument pas. Cela ne pouvait pas arriver, il ne le permettrait pas. Mephisto était sûr de son plan pour cacher Loritz et ne permettrait à aucune faille de s'y glisser alors quel était le but d'accepter? Réconforter l'humain? Ces êtres fragiles et émotifs avaient constamment besoin d'être rassurés, après tout. Il allait donc lui dire ce qu'il voulait entendre pour laver l'inquiétude de son ami, mais pas sans en tirer profit.
- "Et bien... C'est une demande assez délicate que tu m'adresses là." Dit-il en se caressant la barbiche. "Tu sais que je n'apprécie pas les contraintes et les responsabilités, cher ami, et si par le plus grand des hasards il devait t'arriver quelque chose, -bien que les chances que cela n'arrive soient inexistantes- l'idée de me retrouver avec cette humaine sur les bras ne m'enchante pas. Sauf si..."
Toujours accoudé sur la table, il approcha son visage de celui de l'humain, ses fines pupilles sondant l'âme de son ami qui frissonna, mal à l'aise.
- "Sauf si...?"
- "Sauf si tu as quelque chose à me proposer en échange de ce lourd service, voyons~"
Loritz soupira: il aurait du s'en douter. Un démon reste un démon et ces créatures ne passaient jamais à coté d'une occasion de vous dérober quelque chose. Mephisto aimait les paris et les marchés et du plus loin dont il se souvienne, il avait toujours gagné. Loritz avait appris avec le temps à ne pas marcher dans les combines du démon mais aujourd'hui, il était dos au mur: il n'avait pas le choix.
- "Tout ce que tu veux. Tout sans exception." Répondit l'homme.
Au fond, qu'avait-il à perdre? Il avait perdu sa carrière, sa femme n'était plus de ce monde et il ne possédait plus aucun bien de valeur. Tout ce qui l'importait était la vie de sa fille. Si le démon pouvait trouver quelque chose à lui soutirer pour conclure son marché, il en serait gagnant peu importe l'issue. Mais ça... Mephisto le savait très bien.
Les crocs du démon se dévoilèrent à nouveau en un grand sourire malsain. Il n'y avait qu'une seule chose à laquelle Loritz tenait et il la voulait. Il se pencha à l'oreille de Loritz et murmura:
- "Je veux l'âme de ta fille."
L'humain se recula brutalement, bouche-bée.
- "Q... Quoi? mais tu ne peux..."
- "Tu m'as dit que je pouvais avoir tout ce que je voulais, n'est-ce pas?"
- "Tout sauf ça bon sang, Mephisto! C'est d'elle qu'il est question et tu voudrais lui voler son âme?!"
Le démon secoua la tête d'un air désolé.
- "Allons donc, je n'ai aucunement prévu de la tuer. Je pensais que même toi n'étais pas assez bête pour t'y méprendre. Laisse-moi t'expliquer: accepte mon marché et je te promets que ta fille aura la vie sauve quoi qu'il puisse se produire. Je prendrais soin d'elle comme tu me l'as demandé. En échange, l'âme qui l'habite m'appartiendra ce qui signifie que Lieve sera à moi et que j'aurais tous les droits sur sa vie."
Il pointa du doigt le perroquet sur son épaule.
- "Tout comme cette charmante bestiole t'appartient, elle m'appartiendra. Je te promets qu'elle aura une belle vie, après tout je prends toujours soin des âmes que je prends~"
La comparaison entre sa fille et un oiseau n'avait pas plu à Loritz. Encore moins l'idée que Lieve appartienne à Mephisto comme un animal à son maître. Mais au moins la vie de l'enfant serait sauve. Il réfléchit longuement sous le regard perçant du Ba'al.
- "C'est d'accord..."
La démon bondit hors de sa chaise, l'air ravi. Il lui tendit la main.
- "La vie sauve de Lieve et en échange, son âme m'appartiendra, marché conclu?"
- "Marché conclu."
Les deux hommes se serrèrent la main. Mephisto, de sa main libre, claqua des doigts.
- "Wunderschön! Par cette promesse, l'enfant vivra. Tu as ma parole, mon cher Loritz!"
L'humain resta silencieux, le regard vide. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou pleurer. Il décida finalement de s'écraser face contre la table.
- "Tu dois te régaler de l'image que je donne, n'est-ce pas?"
- "Je ne peux malheureusement lutter contre ma nature. Tu irradies le désespoir, c'est jouissif~"
- "Et c'est à ce genre de créature que je viens de confier l'âme de ma fille... "
S'il pouvait fusionner avec la table pour s'y cacher, il l'aurait fait pour sûr. Il n'en revenait pas d'en être venu à ce point. "Tu dois vraiment être au fond du gouffre pauvre abruti" pensa t-il pour lui-même. Il serait bien resté perdu dans ses pensées si un certain roi démon ne s'amusait pas à lui pousser la tête du bout des doigts. Il se releva brusquement en claquant la main de Mephisto.
- "J'ai cru que tu étais déjà mort~" Ricana t-il.
- "Ça t'aurais bien arrangé n'est-ce pas?" Lui répondit l'humain, irrité.
- "Loritz, cher ami, considère notre petit marché comme une assurance: tu as payé d'avance au cas où quelque chose t'arriverait mais au final, rien ne se produira et tu vivras ta vie tranquillement en te demandant plus tard pourquoi diable tu as passé ce marché. Je suis celui qui règne sur le temps et l'espace, Monsieur, et je te garantis que rien ne viendra troubler ta tranquillité. Je ne le permettrais pas, fais-moi confiance."
Faisait-il vraiment confiance au démon? Aussi stupide que ça puisse paraître: oui. Il lui avait même fait confiance au point de lui laisser sa vie et celle de sa femme entre les mains quelques années auparavant et jusqu'à maintenant, rien d'anormal ne s'était produit. Il n'avait d'autres choix que de croire aux paroles de Mephisto.
Il avait vendu une âme au diable.
Peu de temps après, Mephisto décida de rentrer. L'humain semblait abattu et n'était plus d'humeur à discuter. Le démon insista pour garder le perroquet, bien décidé à le ramener à l'académie. La nuit était tombée depuis un moment déjà et la lueur ardente du coucher de soleil sur le lac était maintenant remplacée par le voile argenté de la lune.
Alors que le démon allait franchir la barrière sacrée, il se retourna vers Loritz.
- "Ce fut un honneur de rencontrer Lieve et un grand plaisir de te revoir, mon cher ami."
- "Egalement pour moi, cher démon."
- "J'espère que ma visite aura suffit à apaiser ton inquiétude. N'oublie pas que tu as le Temps en personne de ton coté. Rien ne t'arrivera."
Il franchit la barrière, lui provoquant un frisson désagréable tendis que les saintes incantations parcouraient son corps. Il ne pouvait plus revenir en arrière maintenant. Alors qu'il marchait en direction de la forêt pour rejoindre son portail, il entendit Loritz lui demander:
- "Penses-tu que le Temps suffira à laver mes pêchés?"
Tout en continuant son chemin, il sourit.
- "Ta rédemption est illusoire, humain. Peu importe que tu serves le bien ou le mal, ton monde restera le même. A quoi bon se forcer à ne choisir qu'une voie en sachant que tout ce que tu dis ou fait finira par tomber dans l'oubli?"
- "Bien entendu, le monde restera toujours le même. C'est la façon dont tu le vois qui peut changer un homme."
Mephisto s'arrêta, incertain du sens de cette phrase. Comment peut-on voir le monde différemment s'il reste toujours le même? Les mots de Loritz n'avaient aucun sens. Alors qu'il reprit son chemin, les derniers mots de son ami parvinrent à ses oreilles:
- "Je te souhaite un jour de croiser la route de quelqu'un qui fera de toi un être meilleur et effacera tes peines. Ce jour là, mon ami, le monde tel que tu le connais disparaîtra pour laisser place à quelque chose de nouveau, gorgé de sens et de couleurs. Je te souhaite de pouvoir aimer, ne serait-ce qu'une fois dans ta vie, cher démon."
Le Roi du temps disparut dans la forêt, laissant son clone humain seul au milieu du silence et de l'obscurité de la nuit.
Quelques jours plus tard, à l'académie de la Croix-Vraie, bureau du directeur Johan Faust.
Un homme en habits religieux fixait le perroquet blanc, sagement installé sur son perchoir.
«Cher Loritz! Satanas!»
Le prêtre reconnut l'animal et savait aussi à qui il appartenait.
- "Tu as finalement été le voir? Enflure de démon, Mephisto, tu as plusieurs mois de retard! Comment ça s'est passé?"
- "Oh, nous avons parlé de choses et d'autres, nous avons brièvement évoqué ton endurance face à l'alcool, nous avons parlé génétique, j'ai volé l'âme de sa fille,..."
Pause.
- "Tu as QUOI?" S'exclama l'homme aux cheveux blanc, visiblement choqué.
- "Du calme Shiro, nous avons juste passé un petit marché qui n'aboutira jamais~ Vois-tu, notre cher ami s'inquiétait que l'Ordre ne lui tombe dessus malgré toutes les précautions que j'ai pu prendre. Je lui ai simplement dit ce qu'il voulait entendre pour le rassurer: s'il lui arrive un jour quelque chose alors je prendrai soin de sa fille et blah-blah-blah."
Il esquissa quelques mouvements las de la main et sirota son thé. Shiro soupira longuement. L'envie de gifler le Ba'al le démangeait trop souvent.
- "Abruti. S'il lui arrive vraiment malheur tu le regretteras amèrement."
Le Ba'al explosa de rire.
- "Elle est bien bonne celle-là! Bon sang, vous les humains êtes tellement naïfs. Penses-tu vraiment que je laisserais le moindre obstacle se mettre en travers de mes plans? Je suis le roi du t..."
- "Le roi des enfoirés qui n'a aucun scrupule à parier l'âme de ses amis."
- "L'âme de l'enfant d'un ami, nuance~ Oh, ne la trouves-tu pas adorable, au passage? Ses yeux sont à tomber~"
L'humain écrasa sa tasse the thé sur le bureau du directeur et pris le pas en direction de la porte.
- "Un jour tes conneries finiront pas te retomber dessus et ne compte surtout pas sur moi pour t'aider quand ça arrivera!"
Il n'eut comme seule réponse qu'un "maudit démon!" de la part du perroquet. Dépité, il adressa un regard assassin à l'oiseau avant de claquer la porte. Mephisto ricana. D'un claquement de doigts, les fragments de la tasse brisée se réunirent jusqu'à ce que le récipient revienne à son état d'origine. L'homme aux cheveux violet prit un biscuit et appela l'oiseau qui vint se poser sur son épaule pour déguster sa friandise.
- "Toi au moins tu m'apprécies, n'est-ce pas?"
En guise de réponse, le perroquet se contenta de lâcher une énorme fiente sur le costume hors-de-prix du roi du temps avant de s'envoler sur son perchoir à l'autre bout du bureau.
"Maudit démon!" Hurla l'animal.
Dans le courant de cette même semaine, plusieurs étudiants et professeurs reportèrent la présence d'un oiseau déplumé criant des insanités religieuses dans le domaine de l'académie. Le directeur nia toute implication dans cette affaire.
IMAGES: Pour voir Sahin le Chamrosh, rendez-vous sur DeviantArt et tapez précisément "Chamrosh Pluviam" dans la barre de recherche. Pour voir Mephisto et le joli perroquet blanc, tapez "Mephisto Pluviam" dans la barre de recherche. Encore merci à chirp-it pour ces illus!
Note de l'auteure: Voilà qui conclut le premier chapitre! J'espère qu'il vous aura plu et si c'est le cas n'hésitez pas à laisser une review! J'attendrai d'en recevoir quelques unes avant de publier le prochain chapitre. ;)
