Ohlala, j'ai encore eu plein de super commentaires pour la partie précédente! Vraiment merci à tous! Merci! Merci! (Oui je me répète mais je ne sais pas quoi écrire d'autre tellement ça m'emplit de joie... ce qui est un peu pathétique pour quelqu'un dont l'écriture est une des principales activités). Voilà donc la suite pour vous tous en espérant que ça continuera de vous plaire. Attention, changement de rating!

"***"

Entre Sam qui ne trouvait pas son portefeuille, Gabriel qui avait soudain décidé de changer de chaussures et de chemise, Ellen et Jo qui en avaient profité pour faire un petit tour du propriétaire et féliciter Dean sur ses bricolages maison, ils avaient mis plus de quinze bonnes minutes à quitter la cabane.

Dean avait fait de son mieux pour paraître patient et ne pas regarder sa montre toutes les dix secondes mais le temps lui avait semblé une éternité. Surtout que dès qu'il tournait la tête vers Castiel, il trouvait le géologue en train de le scruter, raide comme un piquet dans un coin de la pièce.

Lorsque Sam lui avait demandé les clés de la Hilux, il n'avait même pas fait toute une histoire et les lui avait glissées dans la main avant de l'accompagner avec fermeté vers la sortie.

_ On a prévu de picoler toute la nuit ! s'exclama Gabriel en passant à son tour le chambranle. Surtout ne nous attendez pas ! ajouta-t-il avec un clin d'œil appuyé et une petite tape sur l'épaule de Dean.

_ Ne plantez quand même pas ma voiture ! leur cria Dean en les regardant monter dans les véhicules.

Ellen avait été la première à démarrer et à s'engager sur le chemin de graviers. La Hilux la suivit quelques secondes plus tard. Penché à la fenêtre, Gabriel faisait de grands signes de main auxquels Dean répondit avec reluctance.

Lorsqu'enfin les feux rouges de l'arrière de la voiture disparurent dans un tournant et que le bruit du moteur se perdit dans les montagnes, Dean referma la porte. Il s'adossa au panneau de bois.

_ Pfiou, souffla-t-il. J'ai cru qu'ils ne partiraient jamais.

_ Moi non plus, répondit Castiel d'une voix aussi tendue que son corps.

Dean constata avec surprise que le géologue en avait profité pour se rapprocher. Il n'était plus qu'à trois pas de lui. Un gouffre si on comparait à ses habituels problèmes d'espace personnel mais suffisamment proche pour que Dean sente son cœur s'emballer.

Les yeux clairs du géologue étaient brillants et Dean sentit une goutte de sueur couler le long de sa tempe. C'était en train d'arriver. C'était réellement en train d'arriver.

Il avala sa salive et força un sourire. Ses mains tremblaient.

_ On ne va pas tourner des heures autour du pot, déclara-t-il d'une voix voilée.

_ Non, répondit laconiquement Castiel.

Il scrutait le visage de Dean comme s'il était la plus belle chose qu'il ait jamais vue.

_ Viens, murmura Dean en écartant les bras.

Castiel n'hésita pas et plaqua Dean contre la porte dans son empressement. Leurs dents s'entrechoquèrent maladroitement, leurs mains se crispèrent dans les vêtements et les cheveux.

C'était bâclé mais passionné et Dean sentit ses jambes fléchir. Il se raccrocha à Castiel du mieux possible pendant que leurs langues se trouvaient et que leur salive leur coulait sur le menton.

Un vrai baiser de débutant nerveux mais c'était bon, tellement bon. Dean appréciait le poids de Castiel contre son corps, la forme de ses muscles sous ses doigts ou l'odeur de sa sueur dans ses narines. Le souffle court, il ne put retenir un gémissement quand les mains du géologue caressèrent son visage, longuement, tendrement, contrastant étrangement avec l'ardeur de l'échange.

Lorsque l'air leur manqua trop, Castiel rompit le baiser mais garda son front contre celui de Dean, ses doigts enserrant sa mâchoire, ses pouces lui caressant les pommettes avec douceur.

_ Dean, murmura-t-il de sa voix rauque qui fit frissonner l'intéressé.

Les yeux toujours fermés, Dean savourait le contact sur sa peau, la respiration contre ses lèvres et le goût dans sa bouche. Avec révérence, presque timidement, il caressa le dos de Castiel.

_ Merci Cas, fit-il en le serrant contre lui.

Il enfouit sa tête contre son cou pour mieux encore le respirer. Il sentit Castiel se raidir contre lui.

_ Merci ? demanda le géologue. Pourquoi ?

Les doigts de Castiel frôlaient délicatement ses cheveux.

Dean aurait aimé lui parler de ce qu'il avait refoulé pendant tant d'années. Lui exposer cette partie de lui dont il avait eu honte toute sa vie. Et à quel point cette rencontre et ce premier baiser étaient importants pour son acceptation personnelle.

Mais il avait peur de paraître stupide ou mièvre. Et il craignait de ne pas trouver les mots adaptés. Parler de lui n'avait jamais été son fort.

Alors il embrassa Castiel dans le cou.

_ Merci, c'est tout.

Le géologue se recula pour le regarder. Il était confus, c'était évident.

_ Dean ? Tout va bien ?

Celui-ci opina. Il sentit son cœur se gonfler et ce trop plein d'émotions lui fit peur. Une fois de plus.

_ Ca va. Très bien. C'est juste…

Incapable de s'expliquer, il secoua la tête, maudissant ces sentiments qu'il ne parvenait à exprimer ni verbalement, ni physiquement.

_ Je ferais mieux d'aller me coucher, conclut-il, empêchant difficilement un chevrotement dans sa gorge.

Il piqua les lèvres de Castiel d'un baiser, pour bien lui signifier qu'il ne le rejetait pas et, tremblant de la tête aux pieds, il se réfugia dans sa chambre.

Sans même allumer la lumière, il se laissa tomber lourdement sur son lit qui craqua sous son poids. Il serra les poings. Mais il ne savait pas si c'était de satisfaction ou de frustration. Il l'avait fait. Il avait embrassé un autre type. Et puis pas n'importe lequel. Le plus séduisant et le plus attachant de tous les types qu'il ait connu. Et ça avait été formidable. Comme si soudain tout allait bien dans l'univers et que sa vie prenait enfin tout son sens.

Et c'était vraiment flippant, parce que jamais rien dans la vie de Dean Winchester n'était bien allé. Ou alors pas longtemps.

Il se frotta les yeux. La lune devait être cachée par les montagnes car sa chambre était vraiment sombre et il ne discernait même pas les planches inégales qui formaient le plafond.

Puis il soupira longuement. Même en tendant l'oreille il ne percevait rien. Où était passé Castiel ? Comment avait-il réagi à la fuite de Dean ? Sûrement pas très bien.

Dean pouvait le comprendre. La situation devait être vraiment floue pour le géologue. Demain, Dean lui expliquerait. Il serait plus calme et son corps pas plein de cette adrénaline brûlante qui le rendait complètement irrationnel.

Il retira ses bottes et pressa son visage contre son oreiller. Les paumes de ses mains étaient encore humides et il les essuya contre son drap. Il lui semblait encore sentir le goût de Castiel contre ses lèvres.

Dean n'avait pas besoin d'y réfléchir à deux fois pour savoir que c'était le meilleur baiser qu'il ait reçu de sa vie. Pas le plus technique, pas le plus travaillé mais le plus passionné certainement. Le seul en tout cas à lui avoir retourné le cerveau et le corps dans tous les sens. Au point d'en ressentir encore les frissons de longues minutes plus tard.

Il serra son drap contre lui. Un peu fin pour figurer le corps du géologue et c'était mieux que d'avoir les bras vides.

Il se repassa le film du baiser, encore et encore. Il savait qu'il ne parviendrait de toute façon pas à dormir. Il revoyait les yeux intenses de Castiel. Il ressentait sa chaleur. Et comme son corps avait été ferme sous ses mains, ses mèches douces entre ses doigts.

Puis au final son air confus lorsque Dean l'avait planté là.

Au fur et à mesure des minutes, l'extase s'étiola finalement pour laisser place à la frustration. Oui, le baiser avait été exceptionnel. Mieux que tout ce que Dean avait pu imaginer la veille après le fiasco dans la voiture. Mais il avait vraiment été un abruti. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'enfuir de la sorte ! A l'heure actuelle, il aurait pu être en train d'embrasser Castiel au lieu de s'accrocher désespérément à son drap.

Il savait qu'il avait eu de bonnes raisons sur le moment. Son cœur qui battait trop fort, son cerveau qui était en surchauffe et ses jambes qui ne le soutenaient presque plus. Mais à présent qu'il avait repris à peu près son calme, il regrettait d'avoir une fois de plus laissé ses angoisses le submerger.

Il se tourna en grognant. Encore. Et encore. La chambre lui paraissait trop petite, trop chaude, étouffante. Il se releva et ouvrit grand la fenêtre. Il entendit le bruit des animaux nocturnes et ferma les yeux quand une douce brise lui caressa la peau.

Il retourna au lit, un peu calmé. Mais sa quiétude ne dura pas et peu après, il était de nouveau fébrile, impatient, ses jambes emmêlées dans son drap et le dos en sueur.

Agacé contre lui, contre tout, il regarda sa montre. Il était au lit depuis presque deux heures et il était bien parti pour passer une nuit blanche.

Il était certain que Sam et Gabriel n'étaient pas rentrés. Il aurait entendu le moteur de la Hilux. Ils devaient encore se souler ou avoir déniché un coin calme où passer la nuit. Quant à Castiel, Dean n'avait pas la moindre idée d'où il se trouvait. C'était toujours le silence le plus total de l'autre côté de la porte.

Ne tenant plus, Dean se leva de nouveau. Il ferma la fenêtre d'un geste brusque. C'était idiot et ça ne servait à rien. Il savait pertinemment que le problème ne venait pas de là. Le problème venait de lui, de ses peurs et de ses hésitations. Et de son angoisse d'avoir déjà foiré quelque chose qui aurait pu être très chouette.

Aussi discrètement que possible, il colla son oreille à la porte. Il ne perçut rien. Il craignit un instant que Castiel soit parti. Ce qui était idiot. Sam et Gabriel avaient la Hilux et errer à pied dans les montagnes ne paraîtrait une bonne idée à personne de rationnel.

Lorsqu'il entrebâilla la porte, il constata que le noir le plus total régnait dans la cabane. Castiel devait être couché. Sur une impulsion, Dean se glissa silencieusement jusqu'à la porte du géologue. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait faire. Mais s'il restait une seconde de plus cloitré dans sa chambre à ressasser ses actes manqués, il allait devenir fou.

Il leva la main avant de stopper net. Devait-il vraiment frapper ? Si Castiel dormait, il allait le réveiller et c'était quelque chose qu'il ne voulait pas. Il pouvait peut-être entrouvrir la porte mais si le géologue ne dormait pas, ce serait très embarrassant.

Il hésita et se mordit la lèvre inférieure. Puis il réalisa avec horreur qu'à jouer les drama queen, il était allé se coucher sans se brosser les dents. Si jamais une petite chance lui était donnée, même s'il ne savait pas encore comment, d'embrasser Castiel ce soir, ce n'était pas très sympa pour le géologue. Mais s'il allait se brosser les dents maintenant et qu'ensuite par un quelconque miracle, il se décidait à rejoindre le géologue, ça ferait vraiment mec qui planifie avec son haleine trop fraiche.

Il passa nerveusement d'un pied sur l'autre, ne sachant que faire et songeant en dernier recours que retourner se coucher ne serait peut-être pas si mal que ça.

_ Dean ? C'est toi ?

La voix de Castiel le fit sursauter. Il se figea, n'étant pas certain de ce qu'il avait entendu. Peut-être que l'angoisse lui jouait des tours. Mais s'il commençait à avoir des hallucinations auditives, il était peut-être temps de se mettre au yoga ou quelque chose du genre.

_ Dean ? réitéra le géologue avec cette fois-ci une pointe d'appréhension dans la voix.

Tentant le tout pour le tout, Dean tira la poignée et passa le bout du nez à l'intérieur.

_ Oui, c'est moi. Désolé de t'avoir réveillé.

_ Je ne dormais pas, répondit Castiel en s'asseyant dans le lit de camp.

Un silence pesant s'installa entre eux, Dean ne sachant pas s'il devait entrer ou retourner dans sa propre chambre. Finalement, c'est le géologue qui reprit la parole.

_ Quelque chose ne va pas Dean ?

« Rien ! Rien ne va ! » eut envie de répondre Dean. Mais il savait que c'était un mensonge. Globalement, les choses allaient plutôt bien si ce n'était pour sa propre incapacité à gérer ses sentiments.

Il se racla la gorge, ne sachant même pas par quel bout commencer. Castiel tendit la main vers lui et se sentant plus épuisé que jamais par ses propres tergiversions, Dean céda et s'avança pour la saisir.

Le géologue l'attira jusqu'à ce que Dean s'asseye sur le bord métallique du lit qui émit un bruit inquiétant sous son poids. Ce vieux machin n'était pas fait pour supporter deux personnes.

_ Tu veux parler de quelque chose, Dean ? demanda Castiel dont la voix grave était chargée d'inquiétude.

Son pouce caressait la paume de Dean dans un geste apaisant.

Celui-ci secoua la tête. Il n'était pas sûr de grand-chose mais il ne voulait pas parler. Pas de lui en tout cas. Au moins Castiel ne semblait pas en colère et c'était déjà un énorme soulagement.

_ Je veux juste t'embrasser encore, admit-il dans un souffle.

Il n'était pas sûr que le géologue l'ait même entendu. Mais Castiel était peut-être doué d'une ouïe affutée car sa main remonta le long du bras de Dean pour se glisser autour de ses épaules et l'attirer tout contre lui.

Juste après, leurs lèvres se rencontraient et sans qu'il ne comprenne comment, Dean se retrouva allongé sur Castiel, leurs langues se mêlant et leurs doigts saisissant leurs cheveux.

Le lit de camp protesta plus fortement encore et manqua de basculer sur le côté lorsque Dean sursauta, surpris par les mains de Castiel sur ses fesses. Ils se séparèrent dans la précipitation, Dean finissant le derrière sur le parquet.

Dans la chambre sombre, ils ne devinaient que les contours de l'autre et le bruit de leurs respirations haletantes. Pourtant, ils pouffèrent au même instant.

_ Ton lit n'est pas très solide, déclara Castiel.

_ Celui-là non, admit Dean, mais…

Il hésita et grogna. Sérieusement, qu'est-ce qu'il avait à faire autant d'histoires ! Il était seul avec un homme magnifique à qui apparemment il plaisait. Alors pourquoi ne pas juste y aller. Bordel Winchester, ce n'était quand même pas si difficile que cela !

Dean prit une grande inspiration et caressa le visage de Castiel du bout des doigts.

_ J'ai un vrai lit à côté. Si ça se tente.

Castiel était debout avant que Dean n'ait terminé sa phrase. Et pour ce dernier, ce fut un miracle qu'ils arrivent jusqu'à sa chambre, emmêlés qu'ils étaient dans leurs caresses et leurs baisers, cognant contre les murs et se marchant sur les pieds.

Lorsque le bord du lit tapa dans les mollets de Castiel, le géologue s'allongea sans relâcher Dean qui s'étala de tout son long contre lui. Son lit était peut-être un vrai lit mais il était étroit. Peu importait. Dean n'avait pas l'intention de se décoller de Cas de si tôt.

Ils s'embrassèrent pendant de longues minutes, d'abord frénétiquement puis lascivement lorsque la passion laissa place au désir de la découverte. Les gestes de Castiel étaient sensuels et précis, ses doigts se glissant sous le t-shirt de Dean qui soupira d'aise. Lui-même appréciait les sensations nouvelles comme la musculature du géologue sous ses mains ou son début de barbe râpant contre son menton. Pour la première fois depuis des mois, il ne regrettait plus de ne jamais avoir embrassé Benny. Découvrir tout ceci avec Castiel était tout ce qu'il avait toujours voulu.

Le cœur et l'envie de Dean s'emballèrent de nouveau lorsque Castiel délaissa sa bouche pour s'attaquer à son cou. Il se cambra et gémit, se frottant contre la cuisse nue du géologue. Car si Dean était encore tout habillé, Castiel, quant à lui, ne portait que son caleçon et un t-shirt délavé. C'était encore trop pour Dean. Maintenant qu'il avait goûté, il en voulait plus.

Il attrapa l'ourlet de Castiel et tira dessus pour découvrir sa peau.

_ Retire ça, grogna-t-il en insistant.

Castiel se redressa pour le regarder. Dean se figea. Il était impossible de décrypter quoique ce soit dans ce visage impassible, surtout à la seule lueur des étoiles à travers la fenêtre. Mais Dean devina la tête penchée de côté, si caractéristique du géologue.

_ Pour un qui paraissait hésitant il y a encore quelques minutes, je te trouve d'un coup bien entreprenant.

Dean avala sa salive puis lécha ses lèvres déjà humides.

_ Ne me fais pas réfléchir à ce qu'il se passe, ok ?

Castiel opina et caressa son visage.

_ Ok, répondit-il avant de retirer son t-shirt.

Puis il saisit celui de Dean.

_ Je te signale tout de même que tu es beaucoup plus habillé que moi.

_ Ca te pose un problème ? répliqua Dean en espérant qu'un peu de provocation le ramènerait sur des territoires plus familiers et l'aiderait à se détendre.

Il était en train de prendre conscience du fait qu'il était dans un lit, avec un mec, qu'ils se dessapaient de plus en plus et malgré lui, ça le faisait vraiment flipper. Ca l'excitait aussi, c'était indéniable. Mais la trouille était bien présente.

_ Un gros, répondit Castiel dans un grondement.

Il se pencha pour voler un nouveau baiser à Dean tout en remontant petit à petit le t-shirt de ce dernier. Lorsque Castiel s'éloigna de lui non sans une dernière caresse sur son visage, Dean se redressa pour se déshabiller. Il constata du coin de l'œil que le géologue en faisait de même. Son caleçon venait de voler au sol et Dean se figea brièvement. C'était logique. Ils étaient deux adultes consentants. Ils n'avaient aucun raison de se comporter comme des mijaurées. Surtout que ce n'était habituellement pas son style.

Dissimulant une grande inspiration, il glissa ses doigts dans l'élastique de son boxer et le fit descendre le long de ses jambes. D'une secousse de la cheville, il le fit tomber sur le parquet et se rallongea, son dos épousant le matelas.

Castiel était toujours assis sur le bord du lit à le regarder. Dean lui attrapa le bras et le tira contre lui. Il frémit en sentant le contact de la peau contre la sienne et surtout l'érection du géologue contre sa cuisse. Il sentit son propre pénis tressauter.

Castiel resta quelques secondes silencieux, ses yeux fixés sur le visage de Dean.

_ Je te trouve vraiment beau Dean, murmura-t-il avant de l'embrasser une fois de plus.

Dean ferma les yeux et se laissa plonger dans les sensations, leurs corps glissant l'un sur l'autre et ses mains caressant paresseusement le dos du géologue.

Ce dernier dévorait sa bouche, son cou, le lobe de son oreille sans cesser de frotter son membre raide contre celui de Dean qui avait de plus en plus de mal à retenir des soupirs de plaisir. Ses doigts agrippèrent les épaules de Castiel.

_ Oui… murmura-t-il.

Castiel stoppa soudainement. Il était en sueur. Dean sentait la moiteur de sa peau sous ses paumes et ses mèches sombres collées contre son visage.

_ Dean, où sont tes préservatifs ? murmura Castiel contre son oreille, de sa voix rauque et haletante.

Dean rouvrit les yeux et crispa ses bras autour du corps du géologue.

_ Merde, souffla-t-il. J'en ai pas.

Castiel se redressa sur un bras pour le regarder comme s'il se demandait s'il s'agissait d'une plaisanterie ou pas.

_ Tu n'en as pas ?

Son ton était définitivement incrédule.

_ Je suis venu ici pour me remettre en question, pas pour m'envoyer en l'air, se défendit Dean. Et toi, tu n'en as pas ?

Il devina même dans la pénombre la moue du géologue.

_ Je suis venu ici pour explorer une grotte. Je ne m'attendais pas à avoir l'occasion de m'occuper un autre type de trou.

Dean tendit la main pour attraper un oreiller et en colla un grand coup sur le crâne de Cas.

_ On avait dit plus de vannes de trou, sale traître !

Castiel pouffa puis étouffa son rire au creux de l'épaule de Dean.

_ Pardon, ajouta-t-il. C'était vraiment tentant. Maintenant que je l'ai comprise, je ne vois pas pourquoi je n'en profiterais pas un peu moi aussi.

Dean soupira mais caressa tout de même ses cheveux. Il savait qu'il souriait bêtement. Il était juste bien.

_ Tu crois que Sam et Gabe ont ce qu'il faut dans leur chambre ? demanda Castiel après un long moment où ils restèrent l'un contre l'autre à profiter de leur présence respective.

_ Ils sont ensemble depuis des années. Je ne pense pas qu'ils utilisent encore des capotes.

_ Alors je suppose qu'on va devoir se contenter du minimum, grogna Castiel en l'embrassant dans le cou.

Lentement, il descendit jusqu'à ses clavicules, ses épaules qu'il effleura des dents, ses tétons qu'il titilla du bout de la langue puis de plus en plus bas.

Dean savait exactement où cela les menait. Il écarta d'avantage les cuisses et cambra les reins. Ses mains se perdirent dans l'épaisse chevelure de Castiel. Et lorsque le géologue le prit en bouche, ses encouragements se muèrent en gémissements.

De toute évidence, ce n'était pas la première fois que Castiel faisait ça. Il y avait de l'assurance et de la pratique dans ses gestes. Dean pensa fugacement qu'il allait être ridicule quand il allait devoir lui rendre la pareille, puis son cerveau cessa de fonctionner. Il n'y avait plus que les sensations de ces lèvres râpeuses qui allaient et venaient le long de son membre et cette langue soyeuse qui jouait avec le bout de son sexe.

_ Cas, lâcha-t-il dans un soupir.

Et lorsque le géologue lui répondit d'un grognement rauque, ce fut trop pour Dean. Son corps s'arqua, ses doigts empoignèrent violemment les mèches de Castiel et il se déversa dans la bouche de ce dernier.

Tremblant de satisfaction, il resta longuement immobile, à reprendre son souffle, sa sueur séchant dans la chambre soudainement beaucoup plus fraiche.

Quand il rouvrit les yeux, ce fut pour découvrir Castiel au-dessus de lui, le regardant avec intensité. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'il réalisa que le géologue se masturbait, le visage luisant et des sons inarticulés quittant sa bouche.

Avant que Dean n'ait pu dire quoique ce soit, Castiel se répandit sur son ventre dans un cri étouffé. Il resta pantelant, les paupières closes avant que Dean ne l'enlace de nouveau pour l'attirer contre son corps. Ils se nettoieraient plus tard.

_ J'aurais pu m'occuper de ça pour toi, souffla Dean, le nez enfoui dans ses cheveux.

Castiel se lova le plus possible contre lui.

_ J'ai remarqué que tu n'étais pas tout à fait à l'aise, confia le géologue, le timbre voilé. J'ai pensé qu'on pouvait prendre notre temps.

Un silence confortable s'installa entre eux.

_ J'avais jamais eu un autre type dans mon lit, avoua finalement Dean alors que le souffle de Castiel se faisait de plus en plus régulier.

_ J'espère avoir été à la hauteur, répondit celui-ci d'une voix pâteuse.

Dean resserra son étreinte.

_ Mieux que ça.

_ Alors il va falloir que j'assure pour le deuxième round.

_ Le deuxième round ?

_ Celui qui aura lieu quand j'aurai fait les achats nécessaires.

Castiel se redressa sur un coude et lui vola un baiser paresseux avant de se réinstaller.

_ J'ai hâte, murmura Dean, même si une partie de son cerveau criait encore d'angoisse.

Des années de refoulement ne se combattaient pas aussi facilement.

Il sentit Castiel qui s'endormait dans ses bras et il écouta sa respiration pendant de longues minutes, la tête pleine de questions, avant de trouver le sommeil à son tour.

« *** »

Lorsque Dean se réveilla, il n'avait plus qu'un souvenir très flou du reste de la nuit. Il savait qu'à un moment, il avait poussé Cas pour se rendre au petit coin et faire un brin de toilette et que lorsqu'il s'était recouché, le géologue avait grogné et avait passé un bras lourd autour de sa taille. Mais il n'avait même pas ouvert les yeux. Dean s'était rapidement rendormi après cela.

A présent que le jour était levé, il sentait la présence de Cas à ses côtés, il entendait le bruit de sa respiration, mais ils n'étaient plus enlacés.

Il tourna la tête pour éviter un rayon de soleil qui lui menaçait l'œil. Castiel était allongé tout contre lui, dos au matelas et les paupières toujours closes.

Dean sourit. C'était la première fois qu'il pouvait aussi librement admirer le profil du géologue. Habituellement il tentait d'être discret et les trois quarts du temps, il finissait par plonger dans son regard d'azur. Là, il pouvait à loisir détailler son abondante chevelure noire, la droiture de son nez, la courbe de ses lèvres ou encore la saillie de ses pommettes, soulignées par l'ombre d'une barbe naissante.

Castiel lui avait dit la nuit dernière le trouver très beau. Dean pouvait aisément lui retourner le compliment.

_ Un problème ?

L'œil de Castiel venait de s'ouvrir, surprenant Dean dont le cœur s'emballa. Il observa cette pupille bleue qui le scrutait de côté et se pencha vers le géologue pour l'embrasser tendrement sur la joue.

_ Non, je me disais juste que j'étais un type très chanceux.

Castiel tourna la tête, un seul coin de la bouche relevé dans cet étrange sourire tellement unique. Il ne dit rien mais il sortit une main de sous le drap pour caresser le visage de Dean.

Il commençait à faire chaud dans la cabane, preuve d'une heure assez avancée mais Dean n'avait aucune envie de s'éloigner de la peau tiède du géologue. Ca devait pourtant sacrément sentir le fennec dans la chambre.

Sa jambe se glissa entre celles de Castiel. Ils étaient tous deux légèrement poisseux. Mais paraissaient s'en contrefoutre autant l'un que l'autre.

La main de Castiel descendit de son visage à son cou puis sur son torse et Dean gronda d'appréciation.

Un bruit sourd venant d'une pièce voisine les interrompit.

_ Qu'est-ce que… grommela Dean en se retournant.

_ Sûrement Gabriel ou Sam qui a fait tomber quelque chose, déclara Castiel toujours focalisé sur Dean.

Ce dernier se tourna de nouveau vers lui.

_ Ils sont rentrés ?

Le géologue opina.

_ J'ai entendu le bruit d'un moteur tout à l'heure.

_ Tu es réveillé depuis quand ?

Castiel leva les yeux au plafond et fronça les sourcils comme s'il réfléchissait à la question.

_ Une bonne heure je pense.

_ Et tu es resté là sans bouger ?

Castiel pencha la tête de côté, la mine sérieuse.

_ Dean, tu dormais. Je ne voulais pas te réveiller.

Dean se sentit fondre et n'avait qu'une envie, c'était de se glisser dans les bras du géologue pour le serrer contre lui. Mais la présence de Sam et Gabriel juste à côté était un sacré coup de frein à son enthousiasme.

Il trouvait qu'il avait fait de sacrés progrès pendant la nuit, même s'il fallait bien reconnaître que Castiel s'était chargé du plus gros du boulot. Mais ce qu'il était capable de faire lorsqu'il était seul avec le géologue était très différent de ce qu'il était capable de faire avec de potentiels témoins à proximité.

Il ne put retenir un soupir et écarta le drap.

_ Je suppose qu'on va devoir se lever, grogna-t-il en tournant le dos à Castiel pour s'assoir sur le matelas.

Il chercha des yeux son boxer au sol avant de décider d'en prendre un propre. Mais avant qu'il n'ait pu se mettre debout, il sentit les lèvres de Castiel se poser quelques secondes sur sa nuque.

Ses bras se couvrirent de chair de poule et il ne put masquer un frisson.

_ C'était pour quoi ça ? demanda-t-il lorsqu'il fut certain que sa voix n'allait pas trembler.

_ Pour rien, répondit la voix rauque de Castiel juste contre son oreille. J'avais juste envie.

Son ton était presque désolé, comme s'il s'excusait de son geste.

A tâtons, Dean trouva sa main.

_ C'était une très bonne envie, conclut-il.

Et à contrecœur, il se leva.

Il ouvrit la fenêtre puis chercha dans sa commode un nouveau caleçon. Derrière lui, les ressorts grincèrent lorsque Castiel sortit du lit à son tour.

Dean le devina qui récupérait ses propres sous-vêtements pour les passer. Puis il si figea.

_ Dean, j'ai un problème.

La tête baissée, il tendait vers lui son t-shirt maculé de traces sèches. Dean se pencha pour étudier cela de plus près mais Castiel baissa précipitamment le vêtement.

_ Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce que c'est ? demanda Dean en cherchant sur son plancher une explication.

Castiel mit plusieurs longues secondes à lui répondre. Et lorsqu'il le fit, ce fut sans le regarder.

_ Hum… La nuit dernière… j'ai eu besoin de quelque chose pour… recracher, admit-il. Je n'avais pas de mouchoir, je ne voulais pas en mettre plein tes affaires alors… j'ai pris le premier truc à moi qui venait.

Le géologue avait la mâchoire tellement crispée que Dean avait presque du mal à comprendre ce qu'il disait. Il en saisit cependant l'essentiel et plissa le nez.

_ Oh Cas ! C'est dégueu !

Castiel prit une mine outrée.

_ Dean ! Ca vient de toi !

Dean ouvrit la bouche puis la referma. Il n'avait pas grand-chose à répondre à cela. Et il n'allait certainement pas se plaindre de la nuit que le géologue lui avait fait passer.

_ Ok, ok, j'admets. C'est en partie ma faute, conclut-il. Laisse ça dans un coin et je vais te prêter quelque chose.

Ils pourraient toujours faire un peu de lessive plus tard. Pour le moment, il sortit un vieux t-shirt des Ramones et le jeta à Castiel.

_ Merci, fit ce dernier d'une petite voix en le passant.

Il était un peu large pour lui mais à part ça, Dean aima plus qu'il n'aurait dû la vision du géologue dans ses vêtements.

Lorsqu'ils furent tous deux présentables, malgré leurs cheveux en bataille, Castiel posa la main sur la poignée de la porte. Dean l'arrêta d'un geste.

_ Euh… hum… hésita-t-il.

Il ne savait pas trop comment exprimer sa requête sans être vexant.

Castiel le dévisagea comme s'il cherchait une réponse dans ses joues rougies.

_ Ne t'en fais pas Dean, déclara-t-il finalement. Je ne suis pas non plus du genre à exposer mon affection en public.

Dean se sentit encore plus ridicule une fois les choses présentées ainsi. Surtout qu'ils n'étaient pas vraiment en public. Il ne s'agissait que de Sam et Gabriel qui se doutaient de toute façon déjà de ce qu'il se passait. Mais Dean préférait tout de même garder cela pour lui pour le moment.

_ Merci.

Son cœur lui disait d'embrasser Cas mais son cerveau lui pointait que son haleine ne devait pas rappeler le printemps. Alors il caressa juste ses doigts et ils sortirent ensemble.

« *** »

_ Alors, comment était l'exploration nocturne du trou de Dean ? Tu as encore découvert des merveilles ?

La voix de Gabriel les salua de la sorte dès qu'ils pénétrèrent dans le salon.

Celui-ci était tout sourire au milieu de la pièce alors que Sam était étendu sur le canapé, la mine plutôt grise.

_ Moins fort, grogna-t-il à l'encontre de son amant.

Gabriel se contenta de glousser.

_ Qu'est-ce qu'il a ? s'inquiéta Dean en s'avançant vers son frère.

_ Gueule de bois, expliqua Gabriel. Hier soir, on a vraiment picolé comme des… trous ! ajouta-t-il après une pause avec un clin d'œil flagrant à Castiel.

Dean roula des yeux. Ca ne s'arrêterait donc jamais !

_ Et toi tu n'as pas bu ? lâcha-t-il sans sympathie.

Gabriel piaffa et s'approcha de lui.

_ Deano, Deano, Deano. Je peux boire ou manger ce que je veux, en quantité que je veux. Jamais une gueule de bois ! Jamais malade ! Toujours au top de ma forme !

Il tapota la joue de Dean et passa un bras autour des épaules de Castiel.

_ Et vous alors, comment était votre soirée ? Racontez-moi !

_ Il n'y a rien à raconter, gronda Dean avant de s'avancer vers son frère.

_ Rien à raconter ! Si tu crois que je n'ai pas réalisé que vous êtes sortis de la même chambre ! lui lança Gabriel.

_ Et Cas porte un t-shirt à Dean, rajouta mollement Sam.

_ Ah ! lâcha Gabriel à la cantonade. Que de preuves ! Que de preuves ! Dean ! Raconte !

Mais Dean l'ignora.

Il s'assit à côté de Sam qui se passa une main dans les cheveux. Il avait des cernes presque jusqu'en bas des joues.

_ Gabriel a mis le nez dans la chambre de Cas lorsque nous sommes rentrés et nous savons qu'il n'a pas dormi dans sa chambre, fit-il d'une voix cassée.

Mais le sourire sur son visage était sincère.

Dean fit la moue. Il espérait que Sam n'était pas en état d'avoir une de ses fameuses conversations pendant lesquelles il voulait que Dean lui déballe ses sentiments.

_ Son lit n'est pas très confortable, répondit-il un peu agressivement.

Puis il se ravisa et d'une voix plus contrôlée, changea de sujet.

_ Et toi, tu as pris de l'aspirine ?

_ Deux avant de me coucher et deux en me levant. Mais ça ne suffit pas. Je n'avais plus picolé comme ça depuis la fac. Ellen a une sacrée endurance.

_ Vous avez dormi où ?

_ Un motel en ville. C'était plus prudent que de rentrer dans notre état.

_ Ouais, surtout dans ma voitu… approuva Dean avant d'être interrompu par un éclat de voix.

_ Mais je t'en avais acheté une pleine boîte l'autre jour en ville, bougre d'idiot ! piaillait Gabriel en agitant les bras face à un Castiel dépité. Je l'avais mise dans ton sac en me disant que tu la trouverais facilement. Bordel Cas, toi mieux que quiconque devrais savoir qu'il faut toujours avoir le matériel approprié quand on veut explorer un trou !

Dean eut envie de pousser un cri de baleine mourante. Mais à quoi pensait Sam en ramenant Gabriel ici !

_ Cas ! appela-t-il avant que ce dernier ne continue à débiter leur vie privée à la pire pipelette du coin.

Celui-ci se figea et opina.

_ Je vais prendre ma douche, déclara-t-il presque solennellement avant de tourner les talons et de s'enfuir à l'extérieur.

Dean leva les sourcils. Ce n'était pas la réaction à laquelle il s'était attendu puisqu'il avait été sur le point de proposer au géologue de déjeuner mais ça fonctionnait aussi et Gabriel resta seul et grimaçant au centre du salon.

« *** »

Les jours qui suivirent s'enchaînèrent à une vitesse folle pour Dean. Ellen avait tenu sa promesse et lui avait envoyé quelques touristes à la recherche de nouveauté. Castiel et lui avaient mis au point un programme de visite qu'ils effectuaient ensemble, Dean en apprenant grâce à lui de plus en plus sur les roches et leur formation.

Quand ils n'avaient pas de touristes, ils poursuivaient le plus souvent tous les deux l'exploration de boyaux secondaires que le géologue cartographiait avec précision.

Et lorsqu'il ne descendait pas avec Castiel, Dean était trainé à droite et à gauche par Sam et Gabriel qui s'occupaient de tout l'aspect légal de l'entreprise, lui faisant signer diverses paperasseries et assurances.

Heureusement pour Dean, d'après leurs propos, la législation était beaucoup moins stricte ici qu'aux Etats-Unis en la matière.

Sam s'était également mis en tête de monter un site grâce aux sublimes photos qu'Ellen leur avait fait parvenir. Mais pour ça, il avait décidé d'installer internet dans la cabane et ça demandait une liaison satellite et pas mal de complications au milieu des montagnes.

Bref, Dean avait l'impression de ne plus avoir une minute à lui et encore moins pour Castiel. A part quelques regards, des caresses discrètes et quelques baisers volés lorsqu'ils étaient seuls, ils n'avaient pas eu un moment d'intimité.

De toute façon, Dean était trop crevé le soir pour même avoir la force de faire quoique ce soit et puis Gabriel et Sam, le nez dans des bouquins de droit locaux, ne quittaient presque plus la cabane, si ce n'était pour se rendre à la bibliothèque et consulter d'autres bouquins encore plus rasoirs. La plupart du temps donc, impossible d'être seuls et dans de bonnes conditions.

Les uniques instants où ils étaient isolés étaient dans la grotte mais ils étaient tous deux bien trop occupés par l'ampleur de la tâche pour se consacrer à autre chose qu'à gratter des pierres ou rechercher des galeries. Et puis ce n'était pas très pratique de s'embrasser avec un casque, Dean l'avait appris d'expérience. Et Cas refusait absolument de se débarrasser du sien lorsqu'il était sous terre. La sécurité avant tout, comme toujours.

Ce jour-là, ils venaient de découvrir un passage dans la grande salle qui, selon Castiel, menait peut-être à la fameuse cascade souterraine qu'ils entendaient depuis le premier jour mais qu'ils n'avaient pas toujours trouvée. Le géologue sortit son stylo et jura en le secouant et en le frottant vivement sur le papier de sa carte.

_ Un problème ? demanda Dean en se penchant au dessus de son épaule.

_ Mon stylo ne marche plus, répondit Castiel, les sourcils froncés. Tu en as un ?

Dean fouilla les pochettes qui pendaient à sa ceinture sans rien trouver. Puis il soupira.

_ Je l'avais prêté à Gabe l'autre jour et j'ai oublié de le remettre dans ma combinaison. Il doit être dans mon sac, dehors. Je vais te le chercher.

_ Merci.

Dean se pencha et piqua le menton de Castiel d'un baiser. C'était le seul endroit où il pouvait l'atteindre sans qu'ils ne se cognent le casque. Le géologue avait toujours les yeux fixés sur le nouveau boyau mais il arborait désormais un petit sourire. Dean lui pressa l'épaule et se dirigea vers la sortie. Il était à présent suffisamment aguerri pour naviguer dans les principales parties de la grotte seul.

Traverser la fente ne lui posait plus aucun problème et il ne se rappelait même plus pourquoi il avait paniqué le premier jour.

Il franchit le premier couloir à grandes enjambées et saisit la corde d'un geste sûr. Lorsque sa tête sortit à l'air libre, il repéra tout de suite son sac à trois ou quatre mètres de là. D'un dernier effort, il se hissa jusqu'au bord où il s'assit quelques secondes pour reprendre son souffle. Ce n'était pas très intelligent de crapahuter au pas de course dans les galeries, même pour les beaux yeux de Castiel. Il sourit de sa propre attitude.

Mais lorsqu'il releva les yeux, il sursauta. Debout de l'autre côté du trou, deux hommes en noir l'observaient.

(à suivre…)