Cela faisait six mois que la guerre avait pris fin. Six mois que Voldemort avait trépassé. Durant les dernières semaines, on se préparait à fêter noël. Les décorations coloraient déjà les rues et l'intérieur des maisons.
Dans une petite maison, à l'extérieur de Londres, en pleine campagne, une demeure était aussi décorée de toutes les couleurs. Un petit jardin le devançait, parfaitement entretenu, mais enseveli sous la neige pour l'heure. C'était une belle maison. Grande mais simple. Certains auraient été surpris de connaitre l'identité de son propriétaire. Mais ceux qui connaissaient réellement le jeune homme qui vivaient entre ces murs n'en étaient pas été surpris.
C'était Harry Potter qui vivait dans cette maison sans prétention.
Après la guerre, Harry avait pris le temps de se reposer, de faire le point. Durant deux mois, sur la proposition de Molly et Arthur Weasley, Harry était resté au terrier. Pendant ce temps, il avait renoué des amitiés et sa relation amoureuse avec Ginny…
Et puis, il y avait Rogue. Car Rogue avait survécu. Après la bataille, Harry était retourné à la cabane hurlante. Il avait découvert que le sorcier, contrairement à ce qu'il croyait, n'était pas mort. Mais il avait été proche de ne plus voir un autre jour. Pomfresh avait travaillé d'arrache pied mais elle avait réussit à le sauver. Et, à la grande surprise d'Harry, il s'était adouci à son encontre. Il avait, tous les deux, battis une relation fragile et cordiale en seulement quelques mois.
C'est après deux mois au Terrier qu'Harry s'était suffisamment rétablis pour commencer à se construire une vie bien à lui. Cette période, le jeune sorcier l'avait mise à profit pour réfléchir sur son avenir. Il avait compris qu'il en avait fini avec les combats. Il avait, donc, abandonné l'idée d'une carrière d'auror pour celle plus tranquille de médicomage. C'était parfait. Ce métier remplirait son désir d'aider les autres et il resterait plus sûr que celui d'auror. Sa décision prise, il avait commencé à suivre des cours. Des cours dans lesquels il s'était plongé avec enthousiasme. De plus, Rogue avait accepté de lui donner des cours de potions et que celles-ci se déroulaient bien.
Il s'était aussi acheté une maison à trois étages. Cinq chambres, deux salles de bain, salon, cuisine et salle à manger composaient la demeure. Le troisième étage n'était pas installé mais Harry pensait en faire une salle d'entrainement et un laboratoire.
Harry ouvrit les yeux sur le chant des oiseaux. Un sourire fendit son visage. Il aimait ces réveils. Il n'y avait plus de cris de sa tante, plus de visions… Il avait des cauchemars de la guerre, parfois, mais ils se faisaient de plus en plus rares à présent.
Harry s'étira puis se leva, détendu. Il n'avait rien de prévu pour aujourd'hui et les prochains jours. Pour la première fois depuis un moment. Ces dernières semaines avaient été stressante. Avec l'école et Teddy…
Androméda avait mal pris la mort de son mari et de sa fille. Sa santé était maintenant fragile. Trop fragile pour prendre soin d'un enfant de neuf mois. Donc, très bientôt, Harry ne serait plus seul dans la maison. La chambre de Teddy était déjà prête.
Harry descendit à la cuisine et se prépara une tasse de thé. Il ne savait pas, alors, que ce jour-là allait voir sa vie chambouler, encore une fois.
Lorsqu'il entra dans la cuisine, un hibou l'y attendait déjà. Il était fauve et clairement fier. Il se tenait droit sur le perchoir qu'Harry avait installé à l'attention des oiseaux messages. Lorsqu'il vit Harry arriver. Il tendit immédiatement sa patte.
Ne connaissant pas l'oiseau, Harry hésita. Son hésitation ne perdura pas longtemps, toutefois. Les protections autour de sa maison détournaient tous courriers suspects. Celui était donc sûr. Il s'en empara donc et s'installa à table pour la lire sans accorder d'attention au volatile qui s'envolait.
Il fronça immédiatement les sourcils, perplexe quant au destinataire.
« Clinique médicale de l'arbre aux fées, Newbury »
Une clinique ? Harry regarda sans comprendre l'enveloppe. Il n'avait jamais traité avec une clinique. Il aurait pu être donateur dans une clinique.
Après la guerre, il avait eu un entretien avec les Gobelins de Gringotts. Ceux-ci lui en voulaient pour le vol de la banque. Mais, le fait qu'il était l'un de leurs plus importants clients les avait incités à ne rien faire contre lui. Son entretien avec les gobelins avait, donc, été tendu mais il s'était, tout de même, bien déroulé. Ce jour là, Harry avait découvert l'immense fortune qui se cachait derrière la seule voûte qui connaissait. Une voûte qui avait été mis en place par ses parents pour ses études uniquement. Lors de cet entretien, Harry avait découvert qu'il était milliardaire et actionnaire de grandes entreprises moldus et sorcières. Il avait aussi découvert qu'il avait un fort pouvoir politique en tant qu'héritier des familles Black et Potter… Ajouter à cela qu'il était le Survivant et le Vainqueur d'un puissant mage noir.
Une autre source de stress, donc. Parce qu'il y avait énormément de choses que Harry devait apprendre lié à son héritage.
Quoi qu'il en soit, il savait qu'il n'était pas donateur à une clinique. Saint Mangouste, oui, mais pas une clinique !
Troublé, Harry ouvrit l'enveloppe et commença à lire la lettre formelle qu'elle contenait.
« Cher monsieur Potter,
Conformément à la volonté de monsieur Albus Dumbledore, nous nous permettons de prendre contact avec vous.
Monsieur Dumbledore nous avait demandé de prendre contact avec vous six mois après la disparition de vous-savez-qui et de vous communiquer les informations suivantes.
Au jour du 11 novembre 1981, nous a été confié par Albus Dumbledore, James et Lily Potter… »
A cela, Harry dû faire une pause. Ses parents ! Ils avaient survécu à l'attaque de Godric Hollow ?! Comment Dumbledore avait pu lui cacher cela ! Cacher ça au monde ! Harry, après une inspiration tremblante, reprit sa lecture.
« Un examen approfondi a révélé que monsieur et madame Potter avait été soumis au maléfice LongSommeil.
Ce maléfice plonge ses victimes dans un profond coma dont ils ne peuvent sortir que si le lanceur le brise ou décède. Monsieur Dumbledore mit, dès lors, monsieur et madame Potter au secret.
Nous avons le plaisir de vous annoncer que vos parents sont sortis de leur coma magique et sont, aujourd'hui, en parfaite santé. »
Harry, le souffle coupé, fit une nouvelle pause. Ils étaient en vie ! Ses parents étaient en vie depuis tout ce temps. Harry baissa les yeux sur la lettre et craignait presque de l'achever. Presque.
« Durant l'été 1996, monsieur Dumbledore nous a confié un nouveau patient. Monsieur Sirius Black, après un séjour prolongé derrière le voile, est encore, à ce jour, dans le coma. »
Cette fois, Harry sentit le souffle lui manquer. Sirius ! Non, impossible ! Harry effleura le nom de son parrain sur le parchemin. Pouvait-il prendre cette lettre au sérieux ? Etait-ce une mauvaise blague ? Harry mordilla sa lèvre inférieure et acheva la lettre.
« Cependant, monsieur Black montre des signes certains de réveil. Contactez nous dans les plus brefs délais afin de fixer une rencontre.
Je vous souhaite à vous et aux vôtres de très joyeuses fêtes de fin d'année.
M. Jules Stonel, Directeur de la clinique médicale de l'arbre aux fées, Newbury »
Harry resta longtemps à seulement contempler la lettre. Puis, il se mit en action. Il lui fallait des réponses, des conseils. En une heure, il était prêt. Alors, la lettre dans une poche, il fila dans la cheminé et lança :
« Le Terrier ! »
