James se tenait assis dans un fauteuil d'une des chambres d'amis de son fils. A regarder par la fenêtre.
Ca faisait quelques heures qu'ils étaient arrivés chez Harry. Arthur les avaient quittés peu après leur arrivée. Non sans hésitation. James avait du mal à évaluer la relation d'Harry avec Arthur. Elle était plus forte que celle qui existerait si Arthur n'était que le père de son meilleur ami pour Harry. Arthur avait, finalement, quitté la maison… Et les choses étaient devenues maladroites. Aucun d'eux ne savait comment réagir à la situation. Enfin, devant l'évident épuisement émotionnel de Lili, Harry les avait conduis à une chambre et leur avait remis une potion calmante.
Lili dormait toujours, des traces de larmes sur les yeux. Il y a une demi-heure, James avait entendu la cheminette s'activer. Puis des voix briser le silence de la maison. Il n'avait pas honte de dire qu'il avait espionné. C'était de son fils qu'il s'agissait ! James était curieux de le connaitre. James avait rapidement réalisé que les deux visiteurs devaient être les meilleurs amis de son fils. Le relâchement d'Harry à leur arrivée le prouvait. James avait senti son cœur se serrer lorsqu'il avait entendu son fils éclater en sanglot. Son fils lui avait paru si fort, si indépendant à l'hôpital ! Il avait pris en charge leur transfert et celui de Sirius sans beaucoup d'aide du rouquin. Avec une redoutable efficacité ! James et Lili avaient remarqué le respect et la certaine peur que leur fils avait inspiré au directeur de la clinique et s'en étonnaient. A quoi était-ce dû ?
Quoi qu'il en soit les sanglots d'Harry l'avaient surpris. Il avait été gêné d'écouter mais il n'avait pas pu s'en empêcher. Finalement, grâce à cette écoute, il avait appris combien la relation d'Harry et ses amis était étroite et profonde. Il avait aussi appris qu'Harry avait grandi chez Pétunia. Chez la sœur de Lili, de toutes les personnes ! Cela n'aurait pas du arriver ! Où était Sirius, alors ? Et Alice ? Ils étaient ses parrains et marraines ! Ils auraient dû s'en occuper !
Bon sang ! James avait tant de questions.
Plongé dans ses réflexions, il sursauta lorsque la cheminette s'activa deux fois, à deux minutes d'intervalle. Il trouva son courage et descendit au rez-de-chaussée. Dans le salon, il trouva une jeune femme et un jeune homme. Tous trois avaient sensiblement le même âge que son fils. Il était clair que deux d'entre eux étaient des enfants Weasley. Tous les trois étaient penchés sur une civière sur laquelle reposait Sirius.
En voyant son meilleur ami, James sentit sa gorge se nouer. Son ami avait tellement changé. Et ce n'était pas seulement dû à son état comateux. Non… Son ami semblait hanté. Il n'y avait pas d'autres mots pour décrire les traits tirés de son ami, même de son sommeil.
Les jeunes gens ne l'avaient pas remarqué. Plongés dans leur discussion et dans la contemplation de Sirius.
« Comment réagis Harry ? »
« Il a pleuré. Et, il est très en colère contre Dumbledore. Harry lui a pardonné beaucoup de choses mais, cette fois, je ne crois pas qu'il pourra. Mais, il se focalise sur l'avenir. Sur Sirius et ses parents. »
Le garçon avait donné toutes ces explications. L'autre fille prit la parole.
« Ca va être difficile pour tout le monde… Mais penses à James, Lili et Sirius. Aux parents d'Harry, surtout ! Toutes ces années… Et avec tout ce qui s'est passé. »
« Ils vont avoir du soutient, Hermione. Ca ne va pas être facile mais ça finira par aller bien. Mais je suis inquiet pour Harry… »
Le roux hésita, comme si il allait révéler un secret mais continua.
« Androméda est malade. Harry va avoir la garde complète de Teddy. »
« Quoi ! »
« Les choses ne sont pas encore faite mais c'est quasiment certains. Il y a ça mais aussi le harcèlement du ministère qui veut faire entrer Harry comme Auror. »
« Et maintenant, il va falloir qu'il gère le retour de ses parents et de son parrain. Rien que d'un point de vue juridique, ca va être éprouvant. » Murmura Hermione.
« Ca va aller, il nous a. Et, on peut dire qu'il a des amis haut placés. »
En déclamant cela, Ron avait relevé la tête avec un rire. Ce faisant, il avait repéré James, toujours immobile à l'entrée… Et son rire s'était arrêté net. Bien entendu, cela avait attiré l'attention sur « le revenant ». Les yeux s'écarquillèrent et ils se firent hésitants. Ce fut la dénommée Hermione qui, au final, réagit. Elle s'avança avec un sourire hésitant.
« Monsieur Potter ! Comment allez-vous ? »
« Assez bien au vue des circonstances. »
« Je suis Hermione, la meilleure ami d'Harry depuis notre entrée à Poudlard. Et voici, Ron Weasley, son autre meilleur ami. »
Là, Hermione hésita comme les autres. James étudia leur visage. Les deux jeunes gens ne voulaient pas l'accabler avec tout ce qu'il avait raté, à l'évidence. Il avait déjà tant raté de la vie de leur fils !
Les jeunes sorciers se détendirent et ils s'activèrent de nouveau. Jame aida Ron à soulever la civière de Sirius tandis que Hermione fermai la marche. Apparemment, ils devaient pratiquer au minimum la magie près de Sirius tant qu'il ne serait pas réveillé.
Alors qu'ils installaient Sirius sur le lit, James réalisa que le meilleur ami de son fils l'examinait avec attention. Ron, découvert, lui expliqua rapidement.
« Tout le monde dit qu'H arry vous ressemble mais je ne trouve pas que c'est flagrant. »
« Ron… Harry a beaucoup changé à ses seize ans. Je pense qu'il a pris beaucoup de madame Potter à partir de là. » Expliqua Hermione.
« S'il vous plait. Appelez nous Lili et James. » Demanda une voix féminine.
James se tourna vers sa femme qui, après un regard apeuré à Sirius inconscient, regardait les amis de son fils avec un sourire.
« D'accord, Lili. » Reprit Hermione.
Ils restèrent dans la chambre de Sirius. Aucun d'eux ne voulait encore le quitter, en réalité. Ils étaient à la fois anxieux pour lui et heureux de le revoir.
Alors, ils restèrent et chacun des plus jeunes évoqua, avec sincérité, leur rencontre avec Harry. Après un temps, James intervint.
« J'ai réalisé que Harry était assez célèbre à la clinique. »
Le couple échangea un regard que les deux parents ne comprirent pas tout à fait.
« C'est une chose qu'il va falloir évoquer avec Harry, directement. » Déclara, finalement, Ron.
« Mais si vous pouviez essayer d'attendre un peu. Le temps que les choses se tassent… avec retour et tout ça. »
Avant que les Potter puissent répondre, les lumières de la maison clignotèrent et certains objets s'entrechoquèrent. James et Lili échangèrent un regard surpris lorsqu'ils sentirent la magie crépiter autour d'eux.
Hermione et Ron se levèrent aussitôt et Hermione souffla.
« Harry est vraiment furieux ! »
« Les choses ont du mal se passer à clinique. »
Estomaquée, Lili demanda si c'était vraiment Harry qui était la cause de tout cela. Les deux jeunes acquiescèrent, plongeant les parents dans la stupeur. Ils ne pensaient pas leur enfant si puissant !
Ils descendirent pour trouver le jeune Potter à faire les cents pas dans le salon. Lorsqu'il réalisa que ses parents et ses amis étaient réunis, son expression se fit anxieuse. Mais, la colère et l'indignation refirent surface dès qu'on lui demanda des explications.
« Ils ont le culot de me demander de leur faire de la pub ! Vous vous rendez compte ! Ils ne m'ont averti de rien à propos… A propos de ma famille. Bon sang ! Dumbledore n'était, en aucune façon, mon tuteur. Comment peuvent-ils…
« Harry ! On n'a pas le temps pour ça. Il faut prévenir le ministère et Gringotts de la situation. Et il faut que tu prennes les devant sur la presse ! » Le coupa Hermione.
Harry se figea et son regard se posa sur ses parents puis une étrange expression passa sur son visage.
« Bon sang ! Rogue ! Il faut que je lui dise en premier ! »
Sur ces mots, il attrapa sa veste et fila, rapidement, ignorant Ron qui s'exclamait :
« Mais tu viens de revenir ! »
Sa seule réponse fut le claquement de la porte. James fut le premier à réagir après le départ abrupt d'Harry.
« Est-ce qu'il a dit, Rogue ? » Souffla-t-il, ahuri.
Les amis de son fils se tournèrent vers lui avec une légère grimace en prévision des explications qu'ils allaient devoir donner.
