Le sorcier s'agenouilla et fouilla le sol en fredonnant. Il était seul sur le terrain de fouille, les autres étaient allés manger avant de prendre une bonne nuit de sommeil. Pour sa part, Emile Terafine s'était contenté de sandwichs et de thé froid. Il savait que les autres archéologues avaient perdu l'espoir de découvrir quoi que ce soit qui en vaille la peine. Emile, cependant, ne pouvait pas s'avouer vaincu ! Il était certain que se théorie était juste. Il était certain qu'ici même, le rêve des fondateurs de l'école Poudlard était né. Emile avait mis la main sur d'anciennes correspondances entre les fondateurs. Ils faisaient souvent référence à l'enseignement qu'ils avaient prodigué avant Poudlard. A travers les écrits des fondateurs, il avait découvert que les célèbres sorciers avaient enseigné aux enfants de leur village. Selon une lettre de Serdaigle à Poufsouffle, ils auraient même spécialement construis une petite bâtisse pour cela.

C'était passionnant !

On savait, finalement, peu de choses sur les fondateurs. En particulier de l'époque où, justement, ils n'étaient pas encore fondateurs. En vérité, tout ce qu'on savait vraiment de leur vie avant Poudlard, c'était qu'ils étaient amis depuis l'adolescence et qu'ils avaient vécu dans le même village de sorciers. Il avait fallu des années à Emile pour trouver cette piste.

Et le voilà, maintenant, à l'emplacement même du bâtiment qui avait précédé Poudlard. Du moins, c'est ce qu'il espérait ! Ils avaient bien déterré les vestiges d'un bâtiment de la taille d'une ferme mais aucun objet laissant penser que des sorciers l'avaient utilisé. Encore moins les fondateurs !

Emile le brossa en douceur puis l'effleura des doigts. Emile les retira vivement lorsqu'il eut l'impression qu'un fluide glacé parcourrait ses veines. Toutefois, l'archéologie se reprit lorsque la sensation étrange s'estompa en quelques secondes.

La respiration d'Emile se fit plus superficielle alors que l'envi d'ouvrir le coffret s'accroissait. C'était contre le protocole. Il le savait très bien ! Il y avait énormément de choses à faire avant d'ouvrir le coffret… Mais ce fut plus que lui.

Emile ouvrit le coffret avec prudence mais empressement et ce qu'il vit lui coupa le souffle. La dague de Griffondor ! Emile ne parvenait pas à croire. Il s'agissait là d'un trésor perdu ! Très précieux ! Son équipe et lui deviendrait célèbre.

Emile contempla ce précieux artefact. Jamais il n'aurait cru pouvoir poser les yeux sur cette dague un jour.

Emile songea avec merveille à toutes les légendes qui s'y reportaient. Il y en avait tellement ! L'une disait que Griffondor l'avait confié à un enfant illégitime. Une autre racontait qu'elle avait fini dans le ventre d'un dragon que le sorcier avait affronté. Une autre encore racontait qu'elle avait joué un funeste rôle dans la séparation de Serpentard avec le reste du groupe. Griffondor se serait défendu d'une attaque de Serpentard qui, blessé, aurait quitté le château avec la dague.

Mais toutes les légendes s'accordaient sur une chose : Griffondor avait encore sa dague lorsqu'il logeait à Poudlard. Et les tableaux de Griffondor authentifiaient cette partie des légendes. Alors, comment cette dague était-elle parvenue ici ? Dans un coffret qui ne datait que de quelques décennies ?

Plus Emile s'interrogeait, plus la dague le fascinait. Il ne voulait rien de plus que de se saisir de cette arme légendaire et cela contre toutes ses valeurs d'archéomagie.

Emile céda, finalement, au chant envoutant de la dague et referma sa main autour de la poignée. Le sorcier retint, inconsciemment, sa respiration pour quelques secondes alors qu'une sensation glacée le parcourrait de nouveau. Le chant de l'arme se renforça et séduisait définitivement l'archéomagie.

Des lueurs lointaines attirèrent le regard d'Emile. Le camp ! Ces fainéants de collègues et d'étudiants qui avaient préféré l'amusement au travail ! Ils allaient lui voler sa gloire ! Emile abaissa les yeux sur la dague. Un sourire de fou apparut sur son visage quand la dague lui chanta une idée. Oui, c'était la solution idéale pour mettre fin à cette possibilité.

Emile se leva lentement et, sans relâcher son étreinte autour de l'arme, il prit la direction du camp. Tout était calme, on entendait que les grillons. Il ne restait plus que les lanternes, tout le monde dormait. Emile leva légèrement le bras. Les rayons lunaires attrapèrent, un bref moment, la lame et la firent étinceler. Mais, la seconde suivante : Emile était entré dans la première tente, un sourire fou toujours sur les lèvres.

A son retour, Harry avait aussitôt été abordé par Hermione qui lui avait résumé leur explication. Harry fut reconnaissant que ses amis se soient chargés d'une partie de l'histoire. Il les salua alors qu'ils les quittaient pour le petit appartement du quartier sorcier de Londres. Harry s'étonnait qu'après tout ce temps, il en apprenne encore sur le monde magique. Il y a encore un mois, il ignorait encore que tout un quartier de Londres accueillait uniquement des familles sorcières. Ron et Hermione s'étaient installés dans un appartement là bas. Ensemble. En d'autres temps, leur déménagement aurait pu paraitre rapide mais une guerre venait de prendre fin et, en dépit d'être courte, elle avait fait des ravages. Les couples s'étaient formés rapidement. Tout le monde voulait profiter de cette paix.

Ses amis partirent rapidement, laissant Harry seul avec ses parents.

« Je suis désolé pour mon départ. J'avais besoin d'un moment. »

« Pas de soucis, Harry. Nous comprenons. Nous aussi, nous avons du mal avec tout ce qui se passe. »

Harry sourit faiblement à sa mère. Il était évident qu'elle était déchirée. Elle hésitait, évidemment, à venir le serrer fortement et garder ses distances. Quant à son père, il semblait l'étudier.

« Je suis certain que vous avez des questions. Je peux y répondre si vous voulez… Et vous donnez certains journaux. »

« Comment va Rogue ? » Intervint, soudain, son père.

Lili donna un coup de coude à son mari qui les décocha un regard insulté. Harry sourit à l'interaction. Il haussa, cependant, les épaules à la question de James.

« Rogue est… Rogue. Je ne sais pas trop ce qu'il pense de votre… retour. Mais il m'a laissé décharger mes problèmes et il a été de bons conseils. »

James ouvrit la bouche avec l'intention de continuer sur le sujet mais un regard de sa femme le dissuada. Lili tourna son attention sur Harry.

« je me demandais qui t'avait élevé. Tes amis ont laissé entendre que Sirius n'avait pas pu s'en charger. Etait ce Alice ? »

« Alice ? » Releva Harry.

« Londubat. C'est ma meilleure amie. »

Harry retint une grimace et ferma, un bref instant, les yeux.

« Non. Elle n'a pas pu, non plus. Dumbledore m'a confié à tante Pétunia. C'était nécessaire pour me protéger de Voldemort. »

Lili pinça les lèvres et James grogna légèrement. De toute évidence, ils n'en étaient pas satisfaits.

« Que leur est-il arrivé ? A Sirius et Alice ? » Exigea de savoir le père de Harry.

« Sirius a été accusé, à tort, de vous avoir trahi et d'avoir tué plusieurs moldus. Les Londubat… Ils ont été torturés à la folie par Bellatrix Lestrange. »

Lili enterra, aussitôt, son visage contre la poitrine de son mari en retenant vaillamment ses larmes. James resserra ses bras autour d'elle.

« Harry dit nous tout. »

C'est ce que fit Harry à contre cœur. Il raconta les retombés de la première guerre et ce qu'il n'était passé lorsque Voldemort avait commencé à retrouver ses pouvoirs. Cependant, il s'arrêta à la dernière année. Il ne pouvait pas encore parler, à voix haute, de tout ce qui s'était passé cette dernière année. Il voulait éviter de trop penser à toutes les pertes. Heureusement, ses parents semblèrent le comprendre… ou, alors, ils avaient eu suffisamment à penser déjà. L'une ou l'autre raison, c'était égal à Harry.

Finalement, Lili afficha un sourire courageux et se pencha en avant.

« Dis nous en plus sur toi. Dans quelle maison étais-tu ? Qu'est ce que tu aimais faire ? Oh ! Qu'est ce que tu fais maintenant ? »

Harry sentit la tension sur ses épaules se relâcher puis il se lança dans la discussion. Il se sentait plus heureux à chaque minute qui passait alors qu'il apprenait à connaitre ses parents.