Harry s'arrêta, un bref instant, devant la porte de la chambre de ses parents. Il n'y avait pas un son mais cela n'avait rien d'étonnant. Il était encore tôt. C'était une habitude de son enfance qu'il n'avait jamais perdue. C'était tant mieux. Il avait beaucoup de choses à faire. Au moins, c'était les vacances ! Il aurait le temps de gérer les choses et de s'habituer à toute la situation. Ils le pourraient tous…
Harry secoua la tête et entra dans la chambre de Sirius. Harry frissonna en le voyant si immobile et s'avança rapidement. Il lança les charmes de soins habituels des guérisseurs. Puis, il s'installa dans un fauteuil près du lit.
« Eh, Sirius… On a gagné finalement ! Mais il y a tant de choses qui se passent. Tu es vivant, ainsi que mes parents… J'ai vraiment besoin de toi, Sirius. Et je pense que mes parents aussi. »
Harry retomba dans le silence. Il regarda son parrain pendant quelques minutes avant de soupirer longuement. Il murmura un salut avant de descendre à la cuisine.
Il venait de finir le petit déjeuner lorsque la cheminette s'activa.
« Andromeda ! » S'exclama Harry. « Viens, je t'en pris. »
Harry vint se poster près de la cheminette, prêt à prêter mains fortes à la sorcière. Il s'attendait à sa visite. Il n'avait pas tardé à l'avertir de la nouvelle situation. Il ne pensait pas qu'elle viendrait avec Teddy, cependant. D'un autre côté, il ne pensait pas qu'elle était en si mauvaise santé. En découvrant son teint pâle et ses traits tirés, Harry sentit sa gorge se nouer. Sa santé s'était vraiment, très vite, dégradée. Plus que ne l'avait estimé Harry.
Harry prit Teddy des bras de sa grand-mère et la guida vers une chaise de la cuisine.
« Androméda… »
« Ca va, Harry. Je suis venu te déposer les papiers. »
Harry cligna des yeux et intercepta de la main de Teddy qui essayait de s'emparer de ses lunettes en babillant. Il savait ce que signifiait vraiment la sorcière. Elle venait lui confier Teddy. A partir d'aujourd'hui, son filleul vivrait avec lui. Harry sentit sa gorge se contracter. Il nourrissait quelques craintes à ce sujet, bien entendu, mais c'était, surtout, de la joie qui l'envahissait. Il se sentait prêt, en vérité.
« Androméda… Vous êtes certaine de ne pas vouloir emménager ici ? »
« Oui, Harry. Je te remercie pour l'offre mais j'ai besoin de tranquillité. »
Harry hocha la tête et déposa Teddy dans sa chaise haute. Il entreprit de nourrir le petit garçon tout en discutant avec Androméda des derniers rebondissements de sa vie. Après une heure, la grand-mère de Teddy quitta la maison après avoir donné un baiser à Harry et Teddy.
« Et voilà, Teddy. Nous voilà ensembles ! Mais on ne va pas être tous seuls dans cette grande maison pour un long moment. Mon papa et ma maman… et oncle Sirius sont là, Teddy. Oui, je sais ! C'est une grosse surprise pour moi aussi… »
Teddy leva les yeux de son assiette et sourit autour de ses doigts. Harry sourit, facilement, et essuya, en douceur, la joue de son filleul. Il savait qu'il devrait bientôt avoir une des conversations sensible qu'il craignait d'avoir. Harry ne pourrait pas éviter cette conversation. Il ne pourrait pas parler de Teddy sans évoquer Remus. Bientôt, Harry devrait annoncer à ses parents que l'un de leurs meilleurs amis était décédé. Oui, Harry craignait vraiment d'approfondir cette discussion sur sa vie.
Harry s'occupait de Teddy et rédigeait quelques courriers à propos de ses parents lorsqu'il entendit, finalement, un bruit à l'étage. Ils se levaient.
Son père fut le premier à descendre. James Potter avait la démarche assurée malgré ses traits tirés par la fatigue. Harry avait entendu ses parents discuter tard hier. Quelque soit le sujet de leur discussion, cela semblait leur avoir fait du bien.
« He, papa. »
La voix d'Harry contenait un brin d'hésitation. Le mot était étrange dans la bouche d'Harry. Il l'avait rarement prononcé. C'était à peine s'il avait eu l'occasion de parler de ses parents.
« Harry. » Répliqua James avec un sourire.
James posa les yeux sur Teddy qui le regard avec un mélange de méfiance et de curiosité. Harry vit nettement la tristesse et le regret qui passa sur son visage. Bien sûr. Harry n'était pas beaucoup plus âgé que Teddy lorsque ses parents avaient été attaqués par Voldemort. Ils devaient souffrir de ne pas avoir vu Harry grandir.
« Ca doit être ton filleul. Hermione et Ron l'on évoqué. Comment s'appelle ce grand garçon ? »
James leva les yeux de l'enfant lorsque son fils tarda à répondre. Il déglutit lorsqu'il vit l'hésitation et le chagrin dans la posture de son fils. Il sut, dès lors, qu'il avait connu au moins l'un des parents du garçon.
« Comment s'appelle-t-il, Harry ? »
« Teddy Lupin. »
James ferma les yeux alors qu'un vertige s'emparait de lui. Remus… Son fidèle ami… Sur lequel il avait douté. Le loup-garou aurait mérité un peu de bonheur. Il aurait mérité de profiter de son fils.
Après quelques minutes, James rouvrit les yeux pour trouver Harry débout, hésitant sur la manière d'agir.
« Ca va, Harry. Il doit ressembler à sa mère. »
« Teddy est métamorphomage. Comme sa maman. En réalité, il ressemble beaucoup à Remus. C'est évident lorsqu'il dort. »
James rit lorsque Teddy babilla après eux. Lili arriva à ce moment là. James vit qu'elle ressentait le même sentiment de perte que lui lorsqu'elle posa les yeux sur Teddy mais elle se reprit, rapidement. Elle semblait interagir si facilement avec Harry alors qu'elle lui posait quelques questions anodines sur ses études, passées et futures, et ses exploits à Poudlard.
Pendant ce temps, Harry terminait ses courriers. Lorsqu'il croisa son regard curieux, le jeune homme grimaça.
« C'est pour la banque, le ministère et les médias. Je préfère prendre les devants. J'ai pris le contrôle des voûtes principales des Potter et des Black, il y a quelques mois seulement mais je suppose que ça va être un calvaire. »
James retint une grimace. Harry avait raison, les prochains mois allaient être épuisants pour chacun d'entre eux.
« Pourquoi les médias ? » S'alarma Lili.
L'expression de leurs fils se fit sérieuse et il sembla, soudain, prendre quelques années de plus.
« La famille est devenue assez célèbre après l'attaque de Voldemort à Godric Hollow… Et lorsque j'ai vaincu définitivement Voldemort, cela n'a fait que se renforcer… Les journalistes viennent à peine de se calmer… un peu. »
« Alors notre… résurrection va, de nouveau, les agiter. » Souffla Lili.
« C'est ça. Donc, après avoir un premier rendez vous avec la banque et le ministère, je donnerai une interview. » Lâcha Harry, la mort dans l'âme.
« Tout ça va prendre du temps. Le ministère a l'art de rendre les choses compliquées. »
« Oh, ça ira du côté du ministère. L'actuel ministère est un ami. C'était un auror. Il était membre de l'ordre du phénix à la deuxième guerre… Je m'inquiète plus de Gringotts. »
Lili et James échangèrent un regard surprit. En tant qu'héritier des Potter et de Black, deux riches et anciennes familles, Harry aurait dû être traité comme un roi.
« Pour vaincre Voldemort, nous avons dû fracturer le coffre des Lestrange. » Expliqua Harry, mal à l'aise.
A cela, il se leva d'un bond pour donner les lettres achevées à un hibou ébène alors que ses parents ne pouvaient que le fixer, stupéfiés.
A des kilomètres de là, un jeune homme d'une vingtaine d'année, séduisant analysait, avec satisfaction, son propre corps, indifférent aux corps, indifférent aux corps autour de lui. sa nudité l'indifférait pour le moment, il se délectait d'être en vie. Le sacrifice de sang perpétré par l'archéomagie avait fait son office. Le sorcier se déplaça jusqu'à une malle qu'il avait tiré là et étudia les vêtements qui s'y trouvaient. Ses pieds baignaient dans une flaque de sang qui s'était écoulé jusqu'ici mais il n'y accordait aucune importance. Il se vêtit avec calme, les yeux parcourant froidement la vingtaine de cadavre dont celui d'Emile Terafine. Plus rien ne le retenait plus ici. le mage noir se pencha et s'empara de la dague de Griffondor. Elle n'était plus qu'une dague ordinaire, maintenant. Plus aucune magie ne la parcourait mais elle n'en restait pas moins précieuse. La lame sanglante étincela sous le soleil matinal alors que Voldemort songeait à son prochain mouvement. Il n'avait reçu que peu d'informations de l'archéomage. Il savait, cependant, que son lui originel avait péris. Cela importait peu. C'était une épine de moins dans son pied. Il devait cependant en apprendre plus sur le pourquoi et le comment de sa chute. Et découvrir ce qui était advenu de ses autres horcruxes. Le sorcier ressuscité empocha la dague et, après un dernier regard autour de lui, disparut dans un claquement sec.
