James et Lili avaient dévoré les documents qu'Harry leur avait remis avant de partir pour la conférence de presse. A chaque journal, le cœur des deux parents avait sombré. Les années qui avaient suivis l'attaque de leur maison avaient été à la fois dévastatrices et bénites. Ces années de paix étaient été une bonne chose pour ceux qui avaient pu s'épanouir mais, d'après les documents qu'ils avaient sous les mains, cela n'avait pas été le cas de leurs amis les plus proches. Remus avait été un peu plus réprimé à cause de sa nature de loup-garou, Sirius avait été emprisonné pour douze longues années… Et les loups-garous, Sirius avait été emprisonné pour douze longues années… Et les Londubats étaient devenus fous. Et Harry… Harry avait dû vivre chez sa tante qui détestait tout ce qui approchait, de prêt ou de loin, la magie. Harry avait soigneusement évité d'évoquer sa vie de famille. Il n'avait pas hésité à parler de ses aventures à Poudlard mais il n'avait même pas évoqué sa tante. James et Lili avaient respecté son choix. Ils avaient bien compris que Harry n'avait pas été heureux avec sa famille sang. C'était un point qu'ils devraient aborder, c'était certain, mais le couple avait d'autres choses à intégrer. Des points importants sur lequel ils devaient réfléchir. Comme ce qu'ils feraient dans l'avenir et sur ce qui s'était passé durant leur absence… Comme le fait que leur fils était une célébrité dans le monde des sorciers, dans son intégralité… Pour avoir vaincu l'un des plus dangereux mages noirs ayant existés. Deux fois ! C'était difficile à intégrer. Même avec les preuves sous leurs yeux !

James repoussa un journal qui relatait la dernière bataille à partir des différents témoignages. Des témoignages d'adolescents et de professeurs pour l'essentiel. James était dégoûté ! En dehors des rares aurors de l'Ordre du Phénix, il n'y avait eu aucun professionnel sur les lieux. Personne ou presque ne s'était révolté contre la prise de pouvoirs de Voldemort. Le mage noir avait pris bien plus facilement le contrôle du ministère que lors de la première guerre. Durant cette année de paix, le ministère était devenu si corrompu qu'il avait suffis à Voldemort de claquer des doigts pour être au commande du pays. Comment pouvait-on en venir à ça ?

James leva les yeux et regarda Lili. Sa femme lisait les comptes rendus des procès qui avaient suivi la défaite du mage noir. Elle avait voulu s'en informé après que Harry ait laissé échappé qu'il avait défendu plusieurs autres personnes en plus de Rogue. Et à son expression, elle était surprise par certains noms. Finalement, elle repoussa certains des papiers et se frotta les yeux avec lassitude.

« Ca va, amour. » Souffla James en lui prenant la main.

« Oui. C'est dure, tout simplement… Harry est un homme bon. Et je suis assez certaine qui s'est élevé seul. Pourtant, il est assez bon pour défendre des sorciers qui ont agis pour Voldemort. »

« Vraiment ? » S'étonna James.

« Des jeunes de son âge ou même plus jeune pour la plupart. A vrai dire, les seuls sorciers d'âge mûr pour qui Harry a plaidé : c'est Severus et Narcissia Malefoy. »

« Harry est certainement plus mûr que moi à son âge. »

Lili rit simplement et resserra son emprise sur la main de son mari. Pendant quelques temps, le silence perdura seulement entrecoupé par les soupirs de Teddy, couché près d'eux.

« On va y arriver, James. Il nous faut un peu de temps, c'est tout. On a la chance d'être en vie. le mensonge que Harry est en train de démanteler aurait très bien pu être vrai. »

James hocha la tête et souleva la main de sa femme pour l'embrasser. Lili disait vrai. Comme toujours, elle avait raison. au début, James n'y croyait pas vraiment mais le moment qu'il avait passé avec son fils, à juste jouer au quiddich avait changé sa façon de voir les choses. Au cours de ce moment, il avait été évident que Harry voulait vraiment d'eux dans sa vie.

La cheminette s'activa, soudain, et Harry en sortit, agité. Il se laissa, aussitôt, tomber sur un siège.

« Dur moment ? »

« Ca a été comparé à d'autres avec eux. Ils se sont calmés depuis que je les ai menacés de les poursuivre en justice la dernière fois. Etre l'héritier de deux puissantes familles de sorciers a du bon ! »

James ricana et Lili lui donna, aussitôt, une tape sur le bras. Il surprit, néanmoins, un sourire attendrit de Harry avant qu'il ne détourne la tête. Son regard se posa sur la table basse où s'accumulait divers papiers. Harry grimaça légèrement puis revint sur ses parents.

« Je pensais à quelque chose pour nous changer les idées… Que diriez vous de décorer la maison pour noël. »

« J'en serais ravie, Harry. » S'enthousiasma Lili.

« Tu as ce qu'il faut ? »

« La famille Weasley va me donner quelques unes des leurs. je devais passer noël chez eux mais avec ce qui est… Bref, on a décidé que ça se ferait ici. Ginny va venir me les amener. Elle veut vous rencontrer. »

James et Lili échangèrent un regard. Ginny. Bien sûr, ils avaient déjà entendu ce nom à plusieurs reprises. La petite amie, très sérieuse, de leur fils. Ils ne savaient pas grand-chose de la jeune femme, aussi étaient-ils, eux aussi, curieux de la rencontrer.

« Dit nous en un peu plus sur elle. » S'exclama, aussitôt, Lili.

Harry rougit violemment et chercha soutient auprès de son père qui sourit simplement. James se laissa aller en arrière.

« Oui, dis nous en plus ! Comment vous êtes vous rencontrés ? Comment vous vous êtes réunis ? »

« Je voudrais savoir quand. » L'aborda Lili.

Harry soupira mais se plia, volontiers, à l'interrogatoire de ses parents… qui ne s'acheva pas même lorsque Teddy se réveilla. Lili s'appropria, aussitôt, le jeune métamorphomage. Lorsque le sujet de Ginny se fut tari, Lili ne tarda pas à lui donner des conseils pour Teddy. Le père de Harry se mêlait à la conversation lorsque, finalement, Ginny arriva.

James pouffa, malgré lui, lorsqu'il vit la jeune fille. Bien entendu, il s'attira aussitôt des regards irrités de tous les autres.

« James ! » Siffla sa femme.

« Désolé… C'est juste qu'on dirait vraiment qu'il y a une malédiction chez les Potter. »

« Une malédiction ? » Releva Ginny.

« On tombe amoureux de magnifiques rouquines ! bonjour, Ginny. On est heureux de te rencontrer. »

Ginny sourit et retourna l'accolade de père de son petit ami comme elle l'avait fait pour sa mère. Elle était soulagée que les parents de Harry l'approuve.

Finalement, Ginny resta pour la décoration. Elle profita de ce moment pour dévoiler quelques anecdotes gênantes sur sa propre famille et sur Harry.

« Après avoir fait son invitation à Fleur, Ron n'a plus levé les yeux de son assiette pendant des jours. »

Ginny retira, doucement, une boulle de noël des mains de Teddy sans cesser de rire. Harry était heureux que Ginny soit resté. Elle avait l'art de détendre l'atmosphère sans en avoir l'air. Harry savait qu'il ne pourrait pas toujours utiliser quelqu'un comme tampon mais, après la matinée qu'il avait passé, le sursit était bienvenu.

« Avec qui est-il allé, finalement ? » Demanda Lili.

« Après avoir essuyé mon propre refus, j'ai demandé à une fille de notre année qui avait une sœur jumelle. Ron est allé avec elle. »

« C'était une horrible soirée, de toute façon. » Grommela Ginny.

Au regard curieux de son père, Harry murmura que la première fille qu'il avait invité était son ex. l'explication fut suffisante pour James. Il donna une tape amicale à son fils et dévia la conversation. Harry retourna, avec enthousiasme, à la décoration de sa famille, en paix.

Le mage n noir se redressa et, d'un coup de baguette rageur, brûla les documents qui s'étalaient devant lui. un témoignage de son échec. Une partie de lui avait été vaincu par un simple adolescent ! et avant cela, ce même sorcier l'avait fortement affaibli alors qu'il n'était qu'un nourrisson ! Comment cela avait-il pu arriver ? Après tous les efforts qu'il avait fournis ! Comment un sorcier aussi médiocre avait-il pu le vaincre ?

Voldemort rageait de ne pas en savoir plus. Trop de choses restaient dans l'ombre à son goût. Lorsqu'il avait, finalement, mis la main sur la dague de Griffondor dans un immonde musée moldu, Voldemort n'avait pas hésité à réaliser un autre horcruxe.

D'après la chronologie qu'il avait pu établir avec ces journaux, il avait créé cet horcruxe miraculeux environs un an avant qu'il ne se rende chez les Potter. Pourquoi était-il allé là bas ? Il avait conclu, après la conférence de presse de la matinée, que ce n'était pas après les parents qui l'avaient intéressé mais bien leur nourrisson ! Il comprenait un peu l'idée derrière le sortilège Somnus Morthus. Peu le savait mais il permettait, un peu, au lanceur de puiser dans la magie de ses victimes. Toutefois, être allé après cette famille de cette manière… Qu'avait-il pu découvrir pour que cet enfant en vaille la peine ? Voldemort ne l'avait pas découvert. Le secret avait été bien préservé par ses ennemis… Si jamais ils l'avaient, eux-mêmes découvert.

Voldemort avait du mal à établir un plan d'action. Il ne savait presque rien des circonstances qui l'avaient conduis à sa défaite. Tout ce qu'il savait, avec certitude, c'était que c'était sa dernière chance ! Il n'y avait plus d'Horcruxe… A moins que son autre lui les ait déplacés (ce dont il doutait), ils avaient, certainement, été détruis. Il ne pouvait plus en faire d'autres, non plus… Ce serait suicidaire !

Que faire ? Il n'avait plus de soutiens…. Ces mangemorts étaient morts ou enfermés… Et comment savoir s'ils seraient vraiment fidèles ? Le seul dont il avait retrouvé la trace l'avait trahi d'après les journaux qu'il avait recueillis.

Voldemort devrait se montrer discret. Trouver le moyen de devenir plus fort, plus puissant. Il avait lu certains écrits interdits, il y a longtemps. Des rituels très sombres, long à préparer. Peut-être valaient-ils la peine qu'il les étudie, aujourd'hui.

A l'époque, il avait été impatient. Cela avait été sa perte lorsqu'il était allé après ce bébé, très clairement ! Et l'orgueil avait été la raison de sa défaite, il y a quelques mois. Cette fois ci, il prendrait son temps. il ne sous estimerait pas ses adversaires. Il ferait les choses, seul.

Les rituels de sang l'avaient bien servi jusqu'à maintenant. D'autres le rendraient plus puissant. Il devrait se replonger dans ses vieux grimoires. S'il les avait sortis de sa cachette, il en trouverait d'autres. Il prendrait le temps de sa préparer.

Voldemort regarda les cendres des journaux s'envoler. C'était beau à voir ! Voldemort se délecta de la sensation de paix qui l'envahissait, heureux d'être en vie.