Noël arriva plus vite que ne l'avait réalisé Harry. Certainement parce qu'énormément d'évènements étaient survenus en même temps, plus ou moins. Curieusement, même alors que tout se bousculait, sa relation avec ses parents n'avait eu aucun mal à se développer. Il y avait, bien entendu, encore des moments de gênes et de tensions mais, au moins, ils ne se comportaient, les uns avec les autres, comme des étrangers. Harry était heureux que tout se passe aussi bien. Rien ne le garantissait, après tout ! Mais, merci à Merlin, tout allait bien.

Les parents s'étaient même assez ressaisis pour sortir un peu hors de la maison. Ils n'étaient pas allés dans des lieux fréquentés. Selon l'avis de tout le monde… Harry n'avait pas tardé à réaliser combien cette idée était pertinente. Leurs quelques sorties avaient été de la folie. Aussi peu fréquenté que ces lieux avaient été, cela avait été suffisant pour qu'ils soient assaillis par les quelques passants qu'ils avaient rencontrés. Et, d'une manière ou d'une autre, leurs sorties finissaient relatées par les journaux ou les magasines. Cela avait eu le mérite de montrer aux parents d'Harry ce qui les attendrait. Toujours…

Leurs identités avaient, finalement, été restaurées officiellement et James était revenu à la tête de la famille Potter… et lorsque Sirius serait, de nouveau, en pleine possession de ses moyens (ce qui ne tarderait pas, Harry en était sûr), ce serait son tour.

Ensuite, pour le plus grand soulagement d'Harry, ses parents appréciaient la famille Weasley. Cela l'aurait chagriné que ce ne soit pas le cas. Quoi qu'il en soit, Noël avait été confirmé chez Harry. En fin d'après midi, donc, les Weasley avaient commencé à arriver. Les hommes avaient été chassés par Molly. Finalement, un grand match de quiddich avait été improvisé dans le champ qu'Harry avait acheté avec la maison. Tout le monde s'était amusé et l'ambiance était à la fête.

C'est avec une joie non simulée que tout le monde se mit à table alors que les anecdotes diverses s'échangeaient au-dessus des plats.

Sirius prit une profonde inspiration et se redressa avec maladresse et panique. Il repoussa les draps doux qui le recouvraient et regarda les lieux. Il essaya de se calmer, même alors qu'il ne reconnaissait pas cette chambre et que son dernier souvenir était d'être frapper par un sortilège de sa maléfique cousine. La respiration de Sirius se calme, enfin, lorsqu'il réalisa qu'il n'était, sans doute, pas en danger. il n'y avait aucun indice, dans cette chambre, à son grand dépit ! Bien qu'agréable et apaisante, cette chambre était neutre. Personne n'avait jamais occupé cette pièce avant lui. ca, au moins, c'était clair ! Sirius se frotta la poitrine pour tenter de faire disparaitre cette sensation glaciale et réalisa, à cette occasion, qu'il portait un pyjama confortable. Bien ! Au moins, il avait été bien traité ici. Sirius fit le point. Il devrait trouver un membre de l'Ordre, se renseigner sur Harry. Rien dans ces derniers souvenirs ne le rassurait sur le bien être de son filleul !

Sirius se leva avec prudence, prêt à aller explorer le reste de cet endroit, lorsqu'il entendit des bruits de pas qui se rapprochaient, accompagné de mumures.

« Il faut dormir, maintenant, Teddy. Le père noël va passer et tu auras pleins de jouets. »

Noël ? Combien de temps s'était donc écoulé depuis la bataille au ministère ? Les murmures s'estompèrent alors que l'homme s'éloignait. Il était dans la maison de quelqu'un avec un enfant ? Mais à quoi pensait l'Ordre ! Sirius entrouvrit sa porte et regarda vers le côté, par où était parti la personne. Là bas, à quelques pas seulement, une porte était entrebâillée ! Sirius écouta avec attention et parvint à entendre le propriétaire des lieux malgré sa voix basse. Il chantonnait.

Quand le jardinier rit, poussent les céleris.

Quand le jardinier dort, poussent les boutons d'or.

Quand le jardinier ronfle, les tomates se gonflent.

Quand le jardinier rêve, les salades se lèvent.

Tout jardinier sait bien qu'il est un magicien.

Il était évident que l'homme aimait profondément l'enfant. Pourquoi, alors, avoir accepté de recueillir Sirius dans ce cas ? Quoi qu'il en soit, tous les indices qu'avait pu recueillir l'animagus indiquaient qu'il était en sécurité avec cet homme. Sa décision fut prise ! Sirius n'était pas connu pour sa patience. A vrai dire : on lui avait reproché, à nombre d'occasions, son impétuosité. Alors, il sortit dans le couloir pour faire face à son hôte sans penser à la surprise qu'il pourrait lui causer.

Sirius ne saurait dire qui d'eux deux fut le plus surpris. Harry ou lui… En revanche, Harry se reprit rapidement.

« Sirius ! »

Le jeune homme bondit en avant et lui donna une forte étreinte à laquelle Sirius répondit par automatisme au premier abord.

« Harry ! Je craignais le pire… Mais, je ne comprends pas vraiment tout ce qui arrive. Où sommes-nous ? Qui est le gamin ? »

Harry grimaça et regarda vers les escaliers avant de se résigner, de toute évidence. Il entraina Sirius dans sa chambre et entreprit de lui relater ce qu'il avait manqué. Depuis la débâcle au ministère jusqu'à la défaite de Voldemort. Malgré sa détresse en apprenant la mort de ses amis, Sirius félicita Harry chaleureusement.

« Donc, tout le monde croyait que j'étais mort. »

Harry détourna la tête sous le coup de l'émotion avant de répondre.

« Oui, Dumbledore a bien gardé le secret. Tu es resté dans le coma jusqu'à ce soir. »

Sirius plissa les yeux. Harry et lui avaient été peu en contact mais il se plaisait à penser qu'il connaissait bien son filleul. Or, son instinct lui disait que quelque chose d'autre préoccupait Harry. Quelque chose de grand !

« Quoi d'autre, Harry ? »

« Dumbledore avait caché quelqu'un d'autre dans cette clinique. »

« Qui ? »

« Papa et maman. »

Sirius se sentit geler à cette annonce. Il n'eut même pas l'occasion d'avoir une quelconque réaction avant que quelqu'un à la voix familière ouvre la porte, en disant.

« Je viens aux nouvelles, Harry. On te trouvait long. »

Sirius eut le souffle coupé lorsqu'il eut face à lui son meilleur ami, James, au mieux de sa forme !

Voldemort regarda, avec satisfaction, les corps inconscients autour de lui. Cette partie du rituel de Sekhmet était certainement le plus facile. Des moldus de tous les âges. Voldemort avait été surpris que ce rituel obscur exige la participation de ces êtres de boue. Mais les vieux textes étaient clairs ! Si Voldemort voulait recevoir la force et le pouvoir qu'il désirait alors, il devait suivre les instructions à la lettre. Dans ce genre d'exercice, les erreurs n'étaient pas tolérées.

Aussi, Voldemort avait d'abord acquis l'immense dalle de pierres qui trônait, maintenant, au milieu de cette grange simpliste. Il l'avait purifié avec patience, pendant des jours avant d'inscrire avec son propre sang les runes d'un temps ancien. Ensuite, le moment était venu d'aller chercher les êtres à sacrifier.

Le rituel exigeait dix huit non-bénis (soit dix huit personnes qui ne disposaient pas de la magie) à cette date précise. Que Voldemort manque le bon alignement des astres et il pourrait attendre un an ! Les dix huit moldus avaient été facile à capturer. Bien sûr, le sorcier savait à quoi s'en tenir sur ce nombre. Il connaissait le symbolisme des nombres. Dix huit pour le secret et la destruction. Dix huit personnes dont le souffle vital appartiendrait à Voldemort.

Le mage noir fit le tour de la dalle et vérifia les runes. Tout était parfait ! Sur la dalle, les moldus commençaient à bouger, mollement. Ils se réveillaient. Il était temps de commencer. Voldemort ne craignait pas que les moldus gâchent le rituel, ils ne pourraient pas bouger de la dalle. Comme aucune magie ne devait être réalisée autour du lieu du sacrifice, Voldemort les avait liés avec une corde de gobelin. Rien n'était plus solide ! Vodemort se déshabilla, donc. Le rituel sommait la nudité pour les sacrifices. Voldemort ne s'était pas attarder sur le pourquoi. C'était un très ancien rituel païen, après tout. Et cela ne lui causait aucun problème !

La dague de griffondor avait soif de sang, comme son nouveau propriétaire. Voldemort s'agenouilla près du premier moldu. L'homme ouvrit les yeux avec difficulté lorsqu'il perçut une présence près de lui. voldemort prit plaisir à attendre que le moldu comprenne tout à fait la situation. Le mage sourit en grand lorsque la créature pathétique gesticula dans une piètre tentative de s'éloigner de lui. alors seulement, dans un geste fluide, trancha la gorge du moldu, indifférent au sang. Les runes peintes autour et sur la dalle du sacrifice s'illuminèrent d'un rouge sanguinaire alors que la magie opérait. Voldemort ne s'attarda pas davantage sur le corps agonisant du moldu avant de passer à sa prochaine victime. Il était plus satisfait à chaque coup porté parce qu'à chaque fois, il se rapprochait de son but ultime.